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Davière Robert

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Découvrez ici l'histoire de Robert Davière et ses œuvres emblématiques

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Robert Davière - Joaillier pour les ateliers Boivin

Le nom de Robert Davière est irrémédiablement associé à celui de la prestigieuse maison Boivin où l’on recense un grand nombre de ses créations emblématiques qui ont contribué à développer le style et l’image de cette joaillerie.

La maison Boivin, fondée en 1890 par René Boivin, est à l’origine un atelier de fabrication de bijoux pour de grandes maisons de joaillerie telles que Meller ou encore Boucheron. Cependant au début du XXème siècle, elle se développe fortement afin de proposer des productions originales au sein de sa première boutique parisienne, rue des Pyramides.

Dès 1904, Robert Davière rejoint cette maison en tant qu’artisan joaillier et s’inscrit dans le « style Boivin ». Ce dernier se démarque par un travail d’association innovante de matériaux bruts et polychromes, assemblant de façon sobre et élégante sur des montures en or jaune ou en or émaillé noir, des pierres préciseuses telles que des améthystes, des topazes et des diamants roses. Il est aussi tout à fait intéressant de souligner le rôle des arts extra-européens et antiques dans le choix des formes et des motifs des joailliers de la maison Boivin.

La maison Boivin est marquée en 1917 par le décès prématuré de son créateur, René Boivin, et voit apparaître ce qu’on appelle « l’atelier des dames » c’est-à-dire la direction de la maison par plusieurs femmes successives comme Jeanne Boivin, Juliette Moutard ou encore Germaine Boivin. Dès la période de création dirigée par Jeanne Boivin, l’épouse de René Boivin, se développe des formes plus arrondies et sphériques insistant sur le volume des pièces que l’on retrouve sur de nombreuses productions de Robert Davière. Ces caractéristiques géométriques voire architecturales sont typiques du style Art déco des années 1910 et 1920 très ancrées dans la maison Boivin et en partie présente chez Davière avec néanmoins des particularités dans le style du joaillier.

Le style de Davière

Le poinçon de Robert Davière est visible sur des bijoux Boivin de 1904 aux années 1980. Le style de ses bijoux est très reconnaissable, avec une véritable inspiration de la nature et de formes naturalistes, comme dans sa collection de boucles d’oreilles « Passementerie » datant des années 1950. Ses bijoux peuvent être inspirés de feuille de platane, de lilas ou encore d’ammonite, en contrepied du goût Art déco jusque-là emblématique de la maison Boivin.

Ainsi le style de Robert Davière est reconnaissable dans la production de cette maison aussi bien pour ses boucles d’oreilles que pour ses broches toujours très raffinées où les formes végétales ne sont là que pour sublimer la femme qui les porte.

Il a également traité les thèmes du corps et du vivant dans des collections plus tardives entre les années 1950 et 1980.

Les bijoux signés Davière présentent comme caractéristique commune d’utiliser des matériaux de qualité comme l’or et les pierres précieuses dont le diamant et le saphir : toujours dans une filiation stylistique avec la maison Boivin. Néanmoins, Robert Davière remet aussi au goût du jour l’utilisation des pierres semi-préciseuses.

La cote des bijoux Davière

Les créations de Robert Davière sont souvent estimées aux alentours de 10 000 euros. En effet la plupart de ses bijoux sont des boucles d’oreilles rarement adjugées en-deçà de 8 000 euros et certaines pièces atteignent les 12 000 euros comme une broche à motif végétal de l’époque René Boivin poinçonné par Robert Davière.

On peut aussi noter quelques ventes exceptionnelles. En 2009, une paire de clips d’oreilles Passementerie en saphirs et diamants sur une monture en or jaune, datant des années 1950 et portant le poinçon de maître de Robert Davière pour René Boivin, a été adjugée pour 27 400 euros.

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Lalique René

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Découvrez ici l'histoire de René Lalique et ses œuvres emblématiques

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René Lalique

René Lalique (1860 – 1945) commence son apprentissage à seize ans au sein de l’atelier du joaillier Louis Auroc, avant de partir étudier en Angleterre pendant deux ans. Durant cette période, il apprend toutes les dernières techniques du travail des métaux et de la conception de bijoux.

À son retour, il devient dessinateur-concepteur indépendant pour certaines des plus grandes maisons de l’époque telles que Boucheron, Cartier ou encore Jacta. René Lalique travaille aussi pour Henri Vever jusqu’en 1898. C’est auprès de ce dernier qu’il aprend la technique du plique-à-jour, qui deviendra la signature de ses pièces Art nouveau. Cette technique consiste en l’application d’une pâte de verre sur un support métallique ajouré, permettant d’en laisser passer la lumière.

En 1885, il reprend l’atelier du joaillier Jules Destapes et ouvre sa propre maison. Il commence à présenter ses propres collections. Ayant pignon sur rue, il gagne en célébrité et propose diverses pièces à une clientèle sensible au japonisme et aux tendances qui constituent le creuset de l’Art nouveau. Ses pièces mêlent or et pierres précieuses à la nacre, l’ivoire, la corne ou encore l’émail et le verre, dans un véritable élan de renouveau.

Lors de l’Exposition Universelle de 1900, René Lalique propose des pièces encore plus ancrées dans l’Art Nouveau. Au-delà de la technique et des matériaux employés, ce sont maintenant le style et les formes de ses bijoux qui s’incarnent dans ce courant artistique. Admirés par tous, ses compositions ondoyantes mêlent nature, aussi bien la faune que la flore, et fantastique.

Parmi ses clients les plus notables, on trouve ainsi la comédienne Sarah Bernhardt et le riche financier Calouste Gulbenkian. Ce dernier possède plusieurs pièces dont un peigne orné d’une orchidée en ivoire, corne et topaze dont le travail de ciselure fait vibrer la matière de lumière, créant l’impression d’une végétation tout en courbes et contre-courbes, figée dans la corne.

Fort de cette clientèle prestigieuse et d’une reconnaissance qui le porte aux nues, René Lalique ouvre en 1905 une boutique sur la mythique place Vendôme, au numéro 24. Il y expose des bijoux ainsi que des objets en verre. En effet, sa production se diversifie et ne saurait être envisagée qu’au prisme de la joaillerie. Le parfumeur François Coty lui propose notamment une collaboration pour créer des flacons de parfum. Après cette première expérience de production industrielle, René Lalique décide d’orienter son travail vers celui du verre industriel, dont l’appréciation se fait de plus en plus grande, à mesure que l’Art Déco se diffuse. C’est ainsi qu’il ouvre une usine de verrerie en 1922, devenant production de référence dans la création verrière de luxe.

Lalique et l’Art nouveau

L’Art nouveau est un courant artistique qui naît vers 1890 et s’achève vers 1910 et qui prend ses racines dans les arts décoratifs et l’architecture. Il se caractérise par des formes courbes, asymétriques, qui reproduisent les mouvements de la nature. Les sujets traités sont souvent la végétation, les animaux et des couleurs florissantes.

L’œuvre de René Lalique en est particulièrement représentative, qu’il s’agisse de ses bijoux ou de son travail sur le verre. Les formes ondoyantes, figures animalières et féminines finement incisées ou travaillées en bas-relief sur des matériaux tels que l’écaille, l’ivoire ou le verre en sont des exemples flagrants, s’inscrivant en parallèle des productions d’Émile Gallé et des autres grands joailliers parisiens.

En ce sens, le diadème coq, réalisé vers 1897, illustre son œuvre. La tête du coq, finement travaillée dans une résille d’or, le montre le bec ouvert, offrant à la vue du spectateur une imposante améthyste taillée en facette. Ciselures, plique-à-jour et autres techniques d’orfèvreries constituent le langage de cette pièce d’exception dont les couleurs se déploient dans un camaïeu de bleus.

Les bijoux René Lalique sur le marché de l’art

Les pièces uniques et poétiques de René Lalique sont très prisées pour leur esthétique et pour la qualité de leur réalisation. Ces bijoux sont très reconnaissables, et ceux datant de la période Art Nouveau atteignent souvent des enchères à cinq ou six chiffres. Le résultat exceptionnel de 183 280 euros a été obtenu en 2017 avec un pendentif Art nouveau représentant quatre libellules, daté entre 1900 et 1908.

Les créations verrières de Lalique sont souvent adjugées entre 5000 et 6000 euros pour les pièces exceptionnelles, comme en 2007 avec un vase « Formose » en verre rouge soufflé-moulé à décor de poissons chinois datant d’au moins 1924, adjugé pour 5 300 euros. Les bouteilles de parfum en partenariat avec Coty sont également des objets assez prisés et obtiennent des résultats compris entre 100 euros et 2 000 euros.

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Grasset Eugène

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Découvrez ici l'histoire d’Eugène Grasset et ses œuvres emblématiques.

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Eugène Grasset (1845-1917)

Eugène Grasset est un graveur, affichiste, décorateur, dessinateur et architecte franco-suisse.

Formé au dessin et à l’architecture, il clôt sa formation avec un voyage en Égypte qui marquera ses productions à venir. À partir de 1871, il fournit des modèles pour des manufactures de mobiliers, tapisseries, céramiques et joaillerie. Très vite, il reçoit de nombreuses commandes pour plusieurs projets d’aménagement, dont la salle à manger de l’hôtel de Charles Gillot, situé au 79 de la rue Madame (VIème arrondissement) à Paris, désormais déposée et reconstituée au Musée des Arts Décoratifs.

Grasset gagne très vite une renommée mondiale et révolutionne l’approche de l’Art nouveau dans les arts décoratifs avec une conférence qu’il donne à l’Union centrale des arts décoratifs en 1897. L’Art nouveau se caractérise par l’emploi de motifs issus du monde végétal, stylisés par des lignes courbes et sinueuses. Ce mouvement offre une vision vivifiante et mouvementée de la Nature. Dans la conférence intitulée simplement « Art nouveau » qu’adresse Eugène Grasset, celui-ci s’applique à prévenir ses contemporains contre une imitation sans aucune forme d’imagination, à bannir des industries de l’art. En effet, celles-ci se contenterait de reproduire des modèles anciens, sans faire preuve de nouveauté ou d’inventivité. Selon lui, ces industrices ne cherchent que le profit et s’adressent à une clientièle qui se sent à l’aise avec des modèles classiques. Cet art industriel, marqué par une spécialisation outrancière des ateliers, réduirait la place de l’imagination et de la création, et donc la possibilité de créer un “art nouveau”. Grasset encourage donc les artistes  à trouver de nouveaux modèles pour s’en inspirer. Cet art nouveau doit être fonctionnel mais servir les besoins de la société contemporaine en usant d’un « emploi raisonné de la matière ainsi qu’un usage des ornements tirés de la nature ». Grasset prône ainsi un art élégant mais tout à la fois fonctionnel et économique.

Les bijoux Eugène Grasset

L’implication d’Eugène Grasset dans la joaillerie passe par sa collaboration avec Henri et Paul Vever. La Maison Vever est, au XIXème siècle, une maison de haute joaillerie qui jouit d’une grande célébrité et qui met à l’honneur l’esthétisme de l’Art nouveau en utilisant le génie et le talent de créateurs tels qu’Eugène Grasset. Ce dernier leur fournit en effet des dessins exclusifs pour la création de bijoux.

Eugène Grasset et la Maison Vever  ont notamment collaboré pour l’Exposition Universelle de Paris en 1900. Pour cet événement, Eugène a créé certaines de ses œuvres les plus emblématiques, comme la broche Apparition ou encore la broche Marguerite

Dans ces compositions joaillières, on retrouve un style propre à Eugène Grasset, avec des motifs inspirés de la nature et des lignes courbes d’inspiration Art nouveau. De plus, Grasset traite les figures féminines et la composition générale de manière japonisante, témoignant ainsi de son intérêt pour ce pays. Enfin, on retrouve également un goût pour l’historicisme inspiré par le travail de Viollet-le-Duc que Grasset a découvert en arrivant à Paris. Par exemple, pour la boucle de ceinture Syracuse, Eugène Grasset puise dans le répertoire numismatique et représente un profil féminin dans un médaillon, marqué par une esthétique antique.

Grasset, maître de l’Art nouveau

L’Art nouveau est un courant artistique né à la fin du XIXème siècle qui prend ses racines dans les arts décoratifs et l’architecture. C’est un mouvement de contestation en réaction à l’industrialisation croissante de la société. Ce courant souhaite un retour à la nature et prône ainsi sa beauté et sa vivacité dans toutes ses formes de représentation.  Il est caractérisé par des formes arrondies, asymétriques, qui reproduisent les mouvements de la nature. Les sujets sont donc souvent la végétation, les animaux, et les couleurs florissantes. 

Les dessins produits par Eugène Grasset pour la joaillerie se caractérisent par un chevauchement des éléments. Les motifs, puisés dans la nature, s’entrecroisent et confèrent à l’objet une forte unité. Les figures humaines se restreignent souvent à des visages ou des bustes, mais apparaissent parfois en pied. Des éléments corporels servent à encadrer les compositions, c’est notamment le cas des chevelures. Eugène Grasset représente l’eau de manière japonisante, grâce à des ondulations successives qui confèrent à l’ensemble une certaine profondeur. Les animaux représentés, notamment le paon, sont stylisés de sorte que ses lignes créent la forme générale du bijou. Les compositions d’Eugène Grasset peuvent s’avérer chargées et ainsi rappeler en ce sens l’opulence des objets d’art japonais. 

Les caractéristiques de l’Art nouveau se retrouvent dans les dessins que produit Eugène Grasset, qu’ils soient à destination de la Maison Vever pour des créations joaillières ou pour des projets d’architecture ou de mobilier d’art.

Comment reconnaître le style Art Nouveau ?

Le style Art nouveau est facilement reconnaissable. Durant le XIXème siècle, son influence se perçoit dans la peinture, dans les arts graphiques, dans l’architecture, sur le mobilier et même dans la joaillerie. Les dessins d’Eugène Grasset mêlent l’influence de l’Art nouveau mais aussi son intérêt pour le Japon et l’Égypte où il puise une partie de son inspiration. Les caractéristiques propres à l’Art nouveau résident dans l’emploi de motifs végétaux tels que la pâquerette, le trèfle, l’iris, l’hortensia ou encore le nénuphar. Les plantes et les fleurs encerclent ou encadrent les éléments représentés et permettent de créer des liens entre eux. Les compositions sont sinueuses et Eugène Grasset n’hésite pas à déformer les animaux qu’il convoque pour réaliser un ensemble sensuel et équilibré. Les couleurs utilisées sont également représentatives de l’esthétisme de l’Art nouveau : Eugène Grasset joue sur les nuances de bleu, de vert, de jaune, de violet et d’orange pour conférer à ses dessins une forte préciosité. 

La cote des bijoux Grasset

Les bijoux d’après dessin de Grasset sont rares et ne passent pas souvent en vente. Ce sont des pièces exceptionnelles. En revanche, une estampe de l’artiste est estimée entre 190 euros et 1 100 euros contre une fourchette allant de 300 euros à 2 000 euros pour un dessin. Les bijoux d’après dessin d’Eugène Grasset atteignent, eux, un montant bien supérieur. En 2020, la broche Apparition, qui représente deux visages sortant de l’eau, en or repoussé, émail cloisonné translucide et opaque, ivoire et topazes en cabochons a été vendue pour 96 600 euros. 

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Sandoz

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La famille Sandoz et ses œuvres emblématiques

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Famille Sandoz, une longue dynastie

Il existe plusieurs familles d’horloger portant le nom de Sandoz dont certains travaillent déjà en France au XVIIIème siècle. La célèbre famille de bijoutiers Sandoz est quant à elle originaire de Neuchâtel en Suisse, non loin de la frontière française. La famille arrive en France en 1796 avec l’installation de l’horloger suisse Henry Aimé Sandoz à la manufacture de Versailles. En 1801, il s’installe à Paris, rue de la Draperie, où il est employé par Abraham Louis Bréguet.

Son fils, Charles Auguste Sandoz, né en 1800, représente la deuxième génération de cette dynastie de bijoutiers. Il devient également horloger et invente un scarificateur, une pièce mécanique de haute précision qui permet la création de « micro-pendules », un type de montres. Il s’installe dans les galeries du Palais Royal.

Une famille reconnue à la troisième génération

Charles Auguste Sandoz s’associe avec son fils, Jacques-Gustave. Né en 1836 à Paris, il y décède en 1891. Il incarne la troisième génération d’horlogers de la famille. Il commence un apprentissage en horlogerie puis travaille pour les ateliers de Lépine, Garnier et Breguet avant d’ouvrir sa propre boutique. Il s’installe à son tour dans les galeries du Palais Royal aux côtés de Boucheron et de Lalique. Il entretient notamment les montres et instruments du Conservatoire des Arts et Métiers et est le fabricant d’horlogerie et de bijouterie-joaillerie pour de nombreux ordres tels que les Officiers de la Légion d’Honneur. Il a travaillé à la préparation de l’Exposition universelle de 1889. Multiplement médaillé, il est aussi horloger de la marine française, décoré de la Légion d’honneur et considéré comme l’un des fondateurs de l’École d’Horlogerie de Paris.

Une quatrième génération au début du XXème siècle

Charles Gustave-Roger Sandoz est le fils de Jacques-Gustave Sandoz. En reprenant l’entreprise de son père, auquel il succède en 1891, il incarne la quatrième génération d’horlogers-bijoutiers de la famille. Certaines pièces attribuées à “Gustave Sandoz” peuvent être de lui ou bien de son père, selon la date. Certaines de ses œuvres sont de véritables bijoux décorés d’or et d’émaux, reprenant des formes animalières, comme en atteste une collection de montres pendentifs scarabées ou coccinelles au traitement naturaliste. Il produit également des montres bracelets sculptées et ornées de pierres. Cet artiste a travaillé sur de multiples objets comme des pommeaux de canne en matériaux précieux ou des épées d’académiciens. Il fonde le Comité français des expositions ainsi que la Société d’encouragement à l’art et à l’industrie avec le directeur de l’école des Beaux-arts. 

Gustave Henri Sandoz, fils de Jacques-Gustave, est le frère cadet de Charles Gustave-Roger Sandoz. Il forme avec son frère cette quatrième génération. Il travaille comme bijoutier, joaillier et horloger et obtient des médailles d’or lors de diverses expositions comme à Amsterdam et Barcelone. Peu à peu, il délaisse l’horlogerie pour se consacrer à la joaillerie. Il produit des diadèmes, broches et bijoux divers d’une très grande finesse, décorés d’émaux et ornés de pierres précieuses. Il travaille notamment en collaboration avec Émile Gallé, célèbre maître verrier, à la création de boîtes ornées de pierres précieuses. En 1900, il est membre du jury à l’Exposition universelle où il expose des pièces particulièrement remarquées. En 1901, il reçoit la Légion d’honneur en raison de nombreux services rendus. Son fils Maurice Henri Sandoz devient négociant.

La cinquième génération : l’ère de la modernité

Gérard Sandoz, né en 1902 et décédé en 1995, est le fils de Charles Gustave-Roger Sandoz. Il reprend la célèbre boutique familiale située au 10 rue Royale. Il est célèbre notamment pour avoir mis fin à sa carrière de joaillier afin de se consacrer au cinéma en 1934. Avant cette carrière de réalisateur et acteur, il est l’un des inventeurs du bijou moderne. Il conçoit des pièces qui allient orfèvrerie et joaillerie pour des bijoux au style géométrique qui font références au courant cubiste en vogue. Il réalise également des vases en dinanderie, des pièces rares dont on ne connaît qu’une quinzaine d’exemples entre 1923 et 1924. Il est insatisfait de l’Exposition internationale des arts décoratifs et industriels qui résume surtout le goût pour l’Art nouveau. Il fonde alors avec Jean Fouquet et Raymond Templier l’Union des artistes modernes qui promeut les formes sobres et géométriques qui servent de base au style Art déco exposé dès 1930.

En 1927, suite à des difficultés financières, Gérard Sandoz vend l’entreprise familiale à l’atelier Georges Lenfant, un familier de l’entreprise qui a travaillé pour eux à de nombreuses reprises. Les productions conjointes de Lenfant et Sandoz sont vendues sous le nom de Maison Sandoz jusqu’à sa dissolution en 1938.

La famille Sandoz et le marché de l’art

Il existe de nombreuses pièces attribuées à la famille Sandoz qui exerce en France depuis plus de deux siècles. Leurs prix varient selon le type d’objet, la matière première ou les pierres utilisées. La cote n’est pas non plus la même pour une œuvre des premières générations de la famille, plus coûteuse qu’une création récente. Ces pièces anciennes appréciées des collectionneurs sont régulièrement acquises à des prix élevés dans les salles de vente. Un petite pendulette de voyage en bronze doré de Gustave Sandoz, du XIXème, a été adjugée à 2 300 euros, le double de son estimation. Une montre à gousset des années 1900, attribuée à Charles Gustave-Roger Sandoz (1867-1943), a été adjugée à 1 000 euros. Des montres plus récentes de Gérard Sandoz peuvent être adjugées entre 200 à 500 euros. Les bijoux sont souvent plus coûteux : ainsi un étui à cigarette de Gustave Sandoz a été vendu à 4 500 euros.

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FRED

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FRED, la perle française de la haute joaillerie

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FRED, l’épique histoire d’une vie

Fred Samuel est un de ses artistes dont la vie nourrit les livres et les films. Né en 1908 à Buenos Aires, il est le fils de joailliers alsaciens qui ont fui les Allemands en 1870. À seize ans, il découvre la France et s’installe à Paris pour apprendre son métier. Considéré comme ambitieux, Fred Samuel a également un flair redoutable qui fait rapidement de lui un grand nom du petit monde de la haute joaillerie. Dès 1936, à tout juste 28 ans, il ouvre sa première boutique à Paris au 6 rue Royale, adresse déjà célèbre, non loin de la place de la Concorde et de la place Vendôme qui accueille alors les plus grands joailliers de ce temps. À ce même emplacement, le joaillier Georges Fouquet avait installé sa boutique dont la célèbre devanture, conservée au musée Carnavalet, avait été réalisée par Alfons Mucha en 1901 dans le style Art nouveau, avant d’être démontée en 1923.

Fred Samuel, joaillier et soldat

Fred Samuel entre dans la Légion étrangère en 1939. De nationalité argentine, il a été refusé dans l’armée française régulière où ses beaux-frères avaient été mobilisés. Capturé par les Allemands en 1940, il parvient à s’évader et rentre à Paris où il reprend son activité de bijoutier. Le Commissariat général aux questions juives lui impose de retirer « Samuel » sur la devanture de sa boutique et d’y apposer l’étoile jaune. Dès lors, la maison devient et reste FRED. En 1942, avant qu’on ne lui retire son affaire, il passe en zone libre. Incarcéré, relâché puis à nouveau incarcéré avant de s’enfuir, il finit par rejoindre la Résistance sous le nom du sergent Soulas et prend le commandement de la 17ème Compagnie des Forces françaises de l’intérieur, tout en accompagnant les Américains dans la bataille de Montélimar puis dans le Jura.

En septembre 1944, Fred Samuel reprend le travail et garde l’enseigne « FRED » sous laquelle il devient célèbre. Il collabore avec des artistes et travaille pour le cinéma. Entrepreneur moderne, il installe des magasins dans les aéroports et ouvre le samedi quand tous les grands noms de la place Vendôme restent clos. La maison FRED rejoint en 1995 le groupe LVMH, qui en devient l’actionnaire majoritaire et continue de la développer, notamment par l’ouverture de nouvelles boutiques. FRED reste cependant une affaire familiale par la participation de son fils Henri et de sa petite-fille Valérie à ses activités. Fred Samuel est décédé en 2006 à l’âge de 99 ans.

FRED, de perles et de pierres

Fred Samuel a créé des joyaux aux dessins sobres, raffinés et modernes. Ses bijoux sont nés d’un goût audacieux pour la lumière et la mer. Bijoutier et joaillier, il est surtout célèbre pour avoir introduit en France les perles de culture. En 1937, dans le journal L’Exelcior, il fait paraître un encart où il les vante comme « la plus originale collection de breloques ». En hommage à cette utilisation, l’une des plus belles couleurs de perle, d’un léger blanc-rosé, porte le nom de « couleur Fred ». Il représente en France Kokichi Mikimoto qui parfait ses perles de cultures au Japon. Cet entrepreneur et négociateur japonais est l’inventeur de la technique Mise Nishikawa qui permet de produire des perles de culture sphérique. Il a reçu de nombreuses récompenses et est considéré comme l’un des dix plus grands inventeurs du Japon par l’Office des brevets national japonais.

Les gemmes de toutes couleurs sont également importantes dans le travail de la maison FRED. Certaines pièces d’exception, comme la parure Arc-en-ciel, se composent de 42 diamants de couleurs différentes. Le très célèbre Soleil d’Or est un diamant couleur jonquille ou tournesol de 105,54 carats, qui a également fait la célébrité de la maison. Ce diamant a été découvert par Henri Samuel et acheté en 1977 par un riche client sans avoir été monté en bijou. Après des expositions à Beverly Hills et à Paris, il est immortalisé dans une célèbre photographie de l’actrice Margaux Hemingway. Vendu rapidement à un collectionneur, la pierre précieuse a finalement été rachetée en 2021 par Valérie Samuel pour la reconstitution du patrimoine de la Maison FRED. Le Soleil d’Or est actuellement le 52ème plus gros diamant taillé dans le monde.

FRED, de la joaillerie au 7ème art

Connue pour ses perles, la maison FRED a également réalisé de somptueuses parures de pierres aussi précieuses que fines. Dès les années 1950, ces gemmes viennent nourrir sa créativité lorsque le couple royal du Népal lui commande des joyaux pour créer des parures assorties aux saris royaux. L’artiste s’inspire alors des multiples couleurs et nuances brillantes des soies des saris reproduites dans les bijoux par l’usage de saphirs et de diamants. Ses œuvres ornent autant la haute société française et internationale que les stars d’Hollywood avec des parures réalisées pour Grace de Monaco, Marlène Dietrich ou Grace Kelly.

Outre sa collaboration commerciale avec Kokichi Mikimoto, Samuel Fred s’est aussi associé à des artistes comme Jean Cocteau et Bernard Buffet.Son œuvre la plus célèbre est sans nul doute une rivière de 23 rubellites en forme de cœurs entrelacés de diamants en taille cœur et marquise, offert par Richard Gere à Julia Roberts en 1990 dans Pretty Woman. Avec le succès de cette pièce est né toute une collection dont l’une des pièces plus récente est apparue au petit écran dans la série Emily in Paris

FRED, marché de l’art

La Maison FRED a créé une grande variété de bijoux que l’on retrouve aussi bien sur le marché de la vente de seconde main qu’aux enchères, ou encore dans les boutiques encore en activité. Les pièces d’occasions peuvent varier entre 300 euros pour un bracelet plutôt sobre à plus de 50 000 euros pour des pièces rares et exceptionnelles. En 2022, une bague de la collection Force 10 a été adjugée à 320 euros. En 2018, une paire de boucles d’oreilles en or jaune ornée de brillants et de diamants baguette a été adjugé à 3 600 euros. Une parure en pierres avec collier, bracelet et bague a elle été vendue à 24 500 euros.

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Herz – Belperron

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Suzanne Belperron et Bernard Herz

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Un partenariat inégal

Bernard Herz est né en 1877 à Paris dans une famille bourgeoise. Son père est alors négociant en diamants et perles. C’est en 1903 qu’il en reprend la société. On sait peu de choses sur lui avant sa rencontre avec Suzanne Belperron qu’il prend rapidement comme collaboratrice.

Suzanne Belperron est née Vuillerme en 1900 à Saint-Claude dans le Jura, centre mondial dans la taille de diamants. Elle est la fille d’un négociant et d’une caissière. Elle obtient en 1917-1918 le premier prix du concours des arts décoratifs de l’Ecole des Beaux-Arts de Besançon. En 1919, à Paris, elle entre en tant que dessinatrice chez Boivin, une joaillerie fondée en 1890 par Jeanne Boivin, sœur de Paul Poiret et veuve de René Boivin. Elle contribue à l’évolution de la maison en l’ouvrant à la modernité de son temps. En 1924, elle épouse Jean Belperron avec qui elle fréquente le milieu artistique parisien. Elle est même reconnue comme une artiste, bien qu’anonyme, dans le monde de la bijouterie, où les dessinateurs disparaissent sous le nom des maisons pour lesquelles ils travaillent.

Belperron, une artiste des pierres

Suzanne Belperron quitte la maison Boivin en 1931 pour rejoindre Bernard Herz pour qui elle devient directrice artistique et technique. Rapidement devenue co-directrice, elle vend alors son travail sous son propre nom pour la maison Herz. Durant les années 1930, les créations de Suzanne Belperron font la renommée et la richesse de la maison. Particulièrement réputées, ses créations sont reprises dans les grandes revues comme Vogue. Dans l’édition américaine de 1934, Mme Belperron est citée comme celle qui « a révolutionné le monde du bijou par ses sculptures à la main de pierres précieuses ». Ces bijoux s’assortissent aux vêtements des grands couturiers comme Schiaparelli ou Chanel. Suzanne Belperron est alors un grand nom de la joaillerie française que même Van Cleef & Arpels ou Tiffany & co tentent de débaucher.

Les bijoux exubérants dont elle fait sa signature sont résolument modernes. Ils demeurent élégants et de bon goût. Ornés de pierres de toutes couleurs, ils sont l’expression de la grande inventivité de Suzanne Belperron. Ces pièces sont de formes abstraites ou bien des représentations de la nature. L’artiste crée des œuvres fantaisistes sur tout support : bagues, bracelets, colliers, clips… Toujours finement travaillées, ce sont des pièces éclatantes qui ne laissent pas indifférent. 

Bijoutiers en période de guerre

L’entreprise de Herz et Belperron qui s’est développée durant les années 1930 est très vite inquiétée par la guerre. Bernard Herz est d’origine juive et l’aryanisation des grandes sociétés le concerne particulièrement. L’État impose alors aux entreprises dont le propriétaire est Juif de l’indiquer. Ces entreprises font l’objet d’une campagne de propagande antisémite dans la presse. Les entreprises juives sont rapidement saisies et mises sous tutelle avant d’être vendues, le plus souvent au rabais.

Bernard Herz est interrogé plusieurs fois dès les débuts de l’Occupation. Afin de préserver son entreprise et éviter l’aryanisation, Herz la vend à Suzanne Belperron en qui il a pleinement confiance. En 1941, il est arrêté lors de la troisième grande rafle de Paris et envoyé en camp de concentration à Compiègne avant d’être relâché. Un administrateur général est nommé pour gérer ses biens. En 1942, Bernard Herz est de nouveau arrêté suite à une dénonciation. Il est conduit à Drancy et meurt l’année suivante à Auschwitz. Tous ces biens personnels sont vendus et sa société n’est préservée que parce qu’il l’a vendue à Suzanne Belperron.

Suzanne Belperron après Bernard Herz

De son côté, Mme Belperron devient la propriétaire de l’entreprise après avoir dû s’engager sur l’honneur que ni elle ni sa famille n’était juive. Elle doit payer un pot de vin pour pouvoir continuer d’exercer. Durant la guerre, elle continue de produire afin de garder l’entreprise à flot. Il devient de plus en plus compliqué de poursuivre avec notamment l’interdiction du commerce d’or par la Banque de France. Il est même conseillé aux propriétaires de s’enregistrer dans un recensement officiel. Le cours de l’or flambe alors sur les marchés clandestins. Tout client désirant un bijou doit fournir le métal pour celui-ci ainsi qu’un pourcentage de perte et un pourcentage pour l’État. Concernant les gemmes, il faut alors compter sur les réserves réalisées par Bernard Herz.

Après la guerre, elle s’associe à Jean Herz, le fils de Bernard. En 1963, Suzanne Belperron, créatrice joaillière, est nommée chevalier de la légion d’honneur. La société est dissoute en 1974. Suzanne Belperron continue tout de même de travailler pour des amis et d’anciens clients, notamment pour des successions ou des dons. Bien que sollicitée par de grandes maisons, elle refuse des propositions de créations de nouvelles œuvres. En 1983, elle décède dans un accident, sans héritier. Tous ces biens reviennent à un ami proche, Michel Choisy.

Postérité de la maison

L’ensemble du fond d’archives de Belperron et Herz appartient à Jean-Pierre Brun, seul propriétaire des droits d’exploitation Belperron. Également bijoutier, il a travaillé avec Suzanne Belperron dès 1958. Il produit à partir d’archives des rééditions de bijoux dessinés par Suzanne Belperron jusqu’en 1998 avant de céder les archives à Ward Landrigan, société new-yorkaise qui continue de produire les créations Belperron.

Un ensemble d’archives personnelles de la créatrice a également été redécouvert en 2007 suite à l’ouverture de son appartement qui contenait des bijoux, ébauches, maquettes et carnet de commandes et de rendez-vous. En 2011, à partir de ces archives, Sylvie Raulet et Olivier Baroin ont publié le premier ouvrage consacré à Suzanne Belperron, Une pionnière du bijou moderne.

Côte de la Maison Herz - Belperron

Les bijoux innovants de la créatrice sont toujours aussi recherchés. Ses bijoux se vendent à des prix importants sur le marché de l’art. Les pièces se vendent dès 5 000 euros jusqu’à des sommes atteignant plusieurs centaines de milliers d’euros. Une paire de clips de corsage a atteint 112 500 euros à une vente en 2019, deux fois son estimation haute initiale. Un bracelet orné de diamant a quant à lui dépassé en 2018 les 870 000 euros.

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Strauss Allard & Meyer

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Strauss Allard & Meyer

La maison Strauss Allard & Meyer est née en 1909 à la suite de l’association de Jean Gustave Maurice Allard avec Émile Meyer. En 1919, Raphaël Strauss rejoint l’entreprise qui prend alors le nom de Strauss Allard & Meyer. Ils sont connus pour avoir créé des designs pour de prestigieuses maisons de joaillerie telles que Cartier, Janesich ou encore Lacloche Frères. En 1941, Strauss fuit la guerre et se réfugie aux États-Unis après avoir vendu ses parts de l’entreprise à ses associés. Quelques années plus tard, en 1949, Allard vend ses propres parts au fils d’Émile, Jean Meyer, qui maintiendra la maison jusqu’à sa liquidation en 1959. Strauss Allard & Meyer ont occupé une place prépondérante dans la production d’objets précieux, tels des bijoux, des vanity-cases et des boîtes à cigarettes dans le Paris des années 1920. 

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Strauss Allard & Meyer, des associés complémentaires

Allard se forme en joaillerie en Angleterre. C’est lui qui, dans l’entreprise, conçoit les pièces qui feront le succès de la maison. Bon dessinateur, il continue à croquer ce qui l’entoure lorsqu’il est enrôlé dans la Première Guerre mondiale, où il fait la connaissance de Raphaël Strauss. Lors de l’Exposition internationale des Arts décoratifs de 1925, il reçoit un diplôme d’Honneur, et cinq des pièces qu’il a conçues sont achetées par le Musée de Londres. Il décède en 1949.

Son associé, Émile Meyer est quant à lui chargé de l’aspect commercial de l’entreprise, tout comme Raphaël Strauss. Ce dernier, cordonnier de formation, s’engage volontairement dans l’armée pour trois ans, jusqu’en 1901.

Une production Art Déco au service des grandes maisons

L’entreprise Strauss Allard & Meyer a été largement oubliée dans l’histoire de la joaillerie, alors même qu’ils ont réalisé des pièces pour quelques grandes maisons de l’époque, comme c’est le cas de beaucoup d’ateliers qui produisaient pour d’autres maisons. En plus de la joaillerie, ils se spécialisent notamment dans les boîtes, coupe-papiers, minaudières – des vanity-cases réduits à leur taille minimale afin de remplacer le sac de soirée et y ranger tout le nécessaire d’une « femme du monde » -, briquets et autres objets de vertu, nouveaux accessoires portés par les femmes décorsetées des Années folles comme des bijoux. Ils emploient dans leurs ateliers jusqu’à 80 ouvriers boitiers pour concevoir leurs prestigieuses boîtes. Leur atelier place des Vosges est l’un des ateliers parisiens Art Déco les plus prospères, produisant principalement des boîtes et des minaudières pour de grandes maisons, dont beaucoup dans le goût des chinoiseries. 

Les productions de l’atelier Strauss Allard et Meyer oscillent entre une certaine exubérance iconographique composée de fleurs et de paysages, souvent inspirés de l’Asie. Ces pièces ne sont pas sans rappeler les motifs de l’Art nouveau, et présentent une rigueur typiquement Art Déco où prévalent les compositions géométriques et les lignes épurées. Qu’il s’agisse d’un style ou de l’autre, les pièces fabriquées dans l’atelier de Strauss Allard & Meyer sont remarquables par l’excellence de leur exécution technique. Ils aiment jouer avec les contrastes des couleurs, des matières, de la transparence et de l’opacité. Ils utilisent la diversité des matériaux qui s’offrent à eux – jouant savamment sur la préciosité de ceux-ci – tels que des diamants et d’autres pierres précieuses ou encore des laques, des pierres dures et semi-précieuses, de la corne, de l’émail, de l’or, du platine, ou encore de l’argent. En 1926, l’entreprise dépose aux États-Unis un modèle de briquet, avant de le déposer aussi en France en 1928. 

Contrairement à bon nombre de joailliers, la maison Strauss Allard & Meyer ne cesse pas son activité durant la Seconde Guerre mondiale. Cependant, après le départ de Strauss, la société est renommée Allard et Meyer, même si on trouve encore après 1941 des pièces portant le poinçon « S.A.M. »

Combien vaut une pièce Strauss Allard & Meyer ?

Travaillant principalement pour d’autres maisons et produisant peu de pièces uniquement en leur nom, il est difficile de trouver sur le marché des pièces seulement estampillées Strauss Allard & Meyer. Cependant, il n’est pas rare de voir des pièces de grandes maisons telles que Cartier, Boucheron ou encore Lacloche Frères portant également la marque de Strauss Allard & Meyer. L’association de leur marque avec celle des grandes maisons fait évidemment grimper les prix, et attire nombre de collectionneurs qui savent que la marque du trio est un gage de qualité. En revanche, on trouve peu de bijoux portant leur marque, car ils en ont produit relativement peu. On trouve cependant nombre de boîtes, vanity-cases et autres minaudières ou étuis à cigarettes. 

Par exemple, en 2020, un poudrier de danse Art Déco en or jaune recouvert d’émail noir, de boutons en onyx noirs et de 185 diamants taille macle sertis en platine, le tout complété par une chaine en or jaune émaillée reliant le poudrier à une bague, daté vers 1925, a été adjugé pour 6 017 euros.

En 2022, un vanity case art déco en quartz aventurine présentant sur son couvercle un décor à motif floral en plaques de lapis-lazuli, chrysoprase, quartz rose, jade, nacre grise et or jaune encadré par des diamants taillés en rose, s’ouvrant pour révéler un miroir ajusté, un porte rouge à lèvre et un compartiment à poudre, daté vers 1925, a été adjugé 56 861 euros.

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Dunand Jean

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Jean Dunand

Jean Dunand (1877 – 1942) est un artiste pluridisciplinaire suisse naturalisé français. Il est diplômé en 1897 de l’École des arts et industrie de Genève avant de suivre des cours du soir à l’École nationale supérieure des Arts Décoratifs de Paris dans l’atelier du sculpteur Jean Dampt. Il s’est distingué en tant que designer, décorateur, sculpteur, dinandier, ébéniste, laqueur, peintre et orfèvre. Sculpteur et ciseleur de formation, il a montré son talent dans bon nombre d’autres techniques telles que la dinanderie, la mosaïque, les émaux champlevés et cloisonnés, la ciselure, l’incrustation, le dessin, et bien sûr la laque dont il était un des maîtres en Occident. S’il est considéré comme l’un des plus grands créateurs Art Déco, il a aussi exploré d’autres styles décoratifs tels que le cubisme et le style géométrique par exemple. 

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Un artiste aux multiples talents reconnu par ses contemporains

En 1900, il obtient une médaille d’or à l’Exposition universelle pour sa sculpture Quo Vadis. En 1904, il ouvre son atelier à Paris. Par la suite, il participe à divers salons et manifestations artistiques, notamment l’exposition des arts décoratifs de 1925, l’Exposition internationale de New-York en 1939 ou encore le Salon des Tuileries au palais de Tokyo en 1941. 

Ses deux fils collaborent avec lui dans ses nombreux ateliers. L’aîné, Bernard Dunand, travaille avec son père à la réalisation technique de certaines de ses œuvres. Il  met au point de nouvelles méthodes de coloration pour les laques et il estchargé de l’approvisionnement de chaque atelier et de la logistique pour l’exécution et la livraison des grands travaux. Puis, à partir de 1935, il se met à créer pour son propre compte. Pierre Dunand, le cadet, coordonne quant à lui les travaux de décoration pour le compte de son père dès 1937. 

Artiste extrêmement prolifique, en presque 50 ans Jean Dunand a conçu et réalisé plus de 1 200 œuvres, tous genres et matériaux confondus. Jean Dunand a notamment produit quelques éléments de décors importants tels que des panneaux de laque pour des paquebots comme l’Atlantique ou le Normandie, mais aussi dix laques pour décorer la bibliothèque du Palais de la Porte Dorée, qui ont d’ailleurs rejoint les collections du musée du Quai Branly – Jacques Chirac en 2003. Jean Dunand, pour sa maîtrise de certains savoir-faire spécifiques, travaillait parfois en étroite collaboration avec divers créateurs qui lui commandaient l’exécution de certains décors.

Jean Dunand et l’art du bijou moderne

Ayant expérimenté de nombreux supports, médiums et matériaux, Dunand préfère créer d’autres objets que des bijoux. Il en produit alors un nombre assez limité, préférant créer des éléments de décor intérieur qui constituent la majeure partie de son œuvre. Cependant, ses rencontres avec quelques éminentes personnalités de son époque, telles que Madame Agnès, lui ouvrent les portes du monde de la Haute Couture, lui amenant ainsi une clientèle nouvelle. C’est à partir de là qu’il commence à vendre des bijoux de sa composition, qu’il réalisait jusqu’alors exclusivement pour son épouse.

Durant l’entre-deux-guerres, il conçoit des bijoux d’une grande modernité, dont une série de colliers ras-de-cous et de bracelets manchettes inspirés de l’art africain, en particulier des parures portées par certaines tribus africaines pour allonger leurs cous, coïncidant avec la vague d’africanisme des années 1920. Ces bijoux de Jean Dunand on d’ailleurs été portés par Joséphine Baker, la célèbre chanteuse et danseuse emblématique des Années folles. Ces modèles de bijoux, qui sont tous déclinés en nombre impair (par trois, cinq ou sept) convoquent aussi les lignes épurées et les décors géométriques du cubisme. Certaines pièces de l’artiste se trouvent aujourd’hui dans les musées, par exemple le Musée des Arts Décoratifs de Paris qui a dans ses collections un modèle de collier ras-de-cou à cinq anneaux.

Combien vaut un bijou de Jean Dunand ?

Jean Dunand a produit peu de bijoux, certains sont dans des musées, et encore beaucoup dans des collections privées, leurs propriétaires continuant de les porter. De ce fait, il est relativement rare d’en voir sur le marché, ce qui participe sans doute – avec bien sûr le prestige de l’artiste – au vif intérêt des collectionneurs lorsque cela se produit. À cela s’ajoute le fait que beaucoup des premiers propriétaires des œuvres de Dunand étaient des personnalités connues, notamment issues du milieu de la mode, telles que Yves Saint Laurent, Elsa Schiaparelli, ou encore Karl Lagerfeld, occasionnant un engouement encore plus fort de la part des collectionneurs, qui montrent un intérêt tout particulier pour les bijoux réalisés avec des matières variées et riches. 

Ainsi, à titre d’exemple, en 2003, une suite de deux colliers de Jean Dunand en bronze laqué, dont l’un des deux est doré, datée vers 1927, a été adjugée 41 944 euros. En 2017, un bracelet articulé, nickelé et laque noir et rouge rehaussé de dorure à décors géométrique, daté vers 1925 et signé du cachet monogramme de l’artiste, à été adjugé 41 600 euros.

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Templier Raymond

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Raymond Templier

Raymond Templier (1891 – 1968) était, comme il le disait lui-même, un « joaillier dessinateur ». Il est l’héritier de la maison de bijouterie et de joaillerie créée par son grand-père, Charles Templier (1821 – 1884), dans les années 1840, qui avait ensuite été reprise par son père, Paul Templier (1860 – 1948) en 1885. 

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Raymond Templier fait ses études à l’École nationale supérieure des Arts décoratifs de Paris, dont il est diplômé en 1912. Lorsqu’il rejoint l’entreprise familiale au début des années 1920, la maison change son nom en « Paul Templier et Fils » en 1922, puis, en 1929, en « Paul et Raymond Templier ». Raymond Templier prend la tête de la maison au décès de son père en 1948, bien qu’il en soit déjà le principal concepteur de bijoux depuis plusieurs années. Il prend sa retraite et dissout l’entreprise familiale en 1865, transmettant sa clientèle aux joailliers Chaveton Frères, tandis que Marcel Percheron, dessinateur en chef de la maison depuis de très nombreuses années est embauché chez le joaillier Langerock. Durant toute sa carrière, Raymond Templier a impressionné ses contemporains et ses créations avant-gardistes ont laissé une marque indélébile dans l’histoire de la joaillerie parisienne et internationale, tant et si bien que l’annonce nécrologique que Le Figaro publie à sa mort en 1968 se conclut ainsi : « Ses œuvres sont d’une si indiscutable qualité que, bien que très représentatives de notre époque, elles ne seront jamais démodées ».

La maison Templier, un synonyme de prestige

À partir de l’Exposition universelle qui s’est tenue en 1900 à Paris, la maison Templier participe à la plupart des grandes manifestations internationales dans le monde entier, y obtenant plusieurs grands prix et médailles d’or. En 1925, les œuvres de Raymond Templier se font remarquer lors de l’Exposition des arts décoratifs et industriels modernes à Paris. En effet, on loue les lignes géométriques et l’aspect novateur de ses créations. C’est à cette occasion que le musée des Arts décoratifs de Paris acquiert sa première pièce de l’artiste : une broche en platine, brillants et émail vert. Lors de l’exposition de la Société des Arts Décoratifs de 1927, la presse loue le « modernisme si aigu, si ingénieux, aux lignes savantes dans leur simplicité » des bijoux de Raymond Templier. Conscient de la place qu’occupait déjà Raymond Templier dans l’histoire de la bijouterie-joaillerie, en 1937, l’État français se porte acquéreur de plusieurs de ses bijoux, qui se trouvent aujourd’hui également au Musée des Arts Décoratifs de Paris.

En 1929, Raymond Templier participe avec d’autres artistes à la création de l’Union des artistes modernes, un mouvement réunissant des artistes prônant les nouveaux préceptes de la modernité dans les arts, en particulier les arts décoratifs et l’architecture. La même année, il crée les bijoux portés par les actrices Brigitte Helm et Mary Glory dans le film L’Argent de Marcel L’Herbier. De ce fait, il s’attire assez rapidement une clientèle prestigieuse, composée des plus éminentes personnalités de l’époque. Passionné de sport depuis son plus jeune âge, il crée aussi des trophées et des médailles sportives. Il en présente d’ailleurs un certain nombre au Salon d’Automne, notamment en 1936 et 1941. 

En 1938, Raymond Templier est fait chevalier de la Légion d’honneur, puis, en 1960, officier de l’Ordre des Arts et des Lettres. 

Des créations résolument modernes

Dans les années 1920, au moment où Raymond Templier rejoint l’entreprise familiale, la mode en matière de bijoux est aux lignes géométriques, à la simplification, loin des préceptes de l’Art nouveau qui prévalaient jusqu’alors. Les créations de Raymond Templier se plient à cette mode, rejetant tout ornement inutile. Pour lui, l’inspiration doit être trouvée non pas dans le passé, mais bien dans le présent, dans ce qui l’entoure, et notamment dans les progrès de l’industrie et de la technologie. Par exemple, une hélice d’avion l’inspire pour réaliser un décor de corsage, avec un diamant pour axe de rotation de pâles en laque. 

Ses créations sont caractérisées par un certain dynamisme, une impression de mouvement. Les pierres de ses bijoux sont souvent enchâssées dans des sortes de résille en métal, laissant transparaître la lumière au travers. Selon lui, un bijou ne doit pas être plat mais pensé en termes de volumes. 

Raymond Templier n’hésite pas à associer les pierres dures aux pierres précieuses. Il crée des bijoux pour toutes les bourses, utilisant tantôt des pierres précieuses montées sur du platine, tantôt des matériaux moins précieux, et donc moins chers, tels que les pierres dures (agate, jade, corail, néphrite, cornaline), les pierres semi-précieuses et des métaux comme l’or blanc, l’argent rhodié, ou encore l’acier et l’aluminium. 

Le joaillier aime les jeux de contrastes et d’oppositions des couleurs, de l’ombre et de la lumière, des creux et des pleins, du mat et du brillant, des courbes et des droites, de l’opaque et de la transparence. Il expérimente aussi le bijou à combinaisons, offrant la possibilité de transformer le bijou selon l’événement durant lequel on le porte. 

Raymond Templier a créé un grand nombre de bagues, et a notamment inventé les bagues dites « décalées », asymétriques, avec des motifs qui partent de l’anneau vers la phalange. Il crée aussi des bagues pour hommes, chose assez peu commune à l’époque. Suivant la mode, il produit des bracelets manchette, mais se singularise aussi en créant des bracelets ronds en argent ornés de laque. Pour le décor de ses broches, il utilise le plus souvent l’émail et le diamant. Ses colliers et boucles d’oreilles sont quant à eux généralement empreints d’extravagance et d’audace, mais toujours parfaitement équilibrés.

Combien vaut un bijou de Raymond Templier ?

Créateur prolifique, il a produit bon nombre de bijoux qui ont depuis fait le tour du monde. Ses créations continuent donc de circuler sur le marché de l’art et d’attirer des foules de collectionneurs.

Par exemple, en 2012, un bracelet semi-rigide à combinaison en forme de jonc en or jaune, décoré de deux décors à motifs géométriques en or pouvant être remplacés par deux motifs sertis de diamants ronds, sur une monture en or jaune et platine, daté vers 1938, a été adjugé 170 200 euros. En 2018, une broche en cristal de roche, émail noir, diamants ronds et or a été adjugée 43 750 euros.

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Schlumberger Jean

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Jean Schlumberger

  Jean Schlumberger (1907 – 1987) est un joaillier français. Après un bref passage dans le milieu de la banque à Berlin dans les années 1920, puis dans celui de l’édition à Paris, il commence sa carrière dans les années 1930 en créant des boutons et bijoux fantaisie pour la créatrice de mode Elsa Schiaparelli. 

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En 1946, après avoir servi dans l’armée française durant la Seconde Guerre mondiale, il ouvre une boutique de joaillerie à New-York avec son associé Nicolas Bongard (1908 – 2000). En 1956, Walter Hoving, alors président de Tiffany & Co. lui passe commande de bijoux pour le compte de l’entreprise. Schlumberger y possède son propre atelier sur la 5ème Avenue jusqu’à sa retraite à la fin des années 1970, tout en conservant une partie de ses ateliers à Paris. En 1958, Jean Schlumberger est le premier créateur de bijoux à remporter le Coty Award, prix très convoité décerné par les critiques de mode. En 1977, il est fait chevalier de l’Ordre national du Mérite par le gouvernement français. Aujourd’hui encore, on se souvient de lui comme l’un des derniers grands créateurs de la joaillerie française, qui a indéniablement marqué l’histoire du bijou du XXème siècle.

Jean Schlumberger, un artiste aux multiples inspirations

Jean Schlumberger est éminemment inspiré par la flore et la faune, et notamment le monde marin qu’il affectionne tout particulièrement. Les bijoux qu’il a produits pour Tiffany & Co. sont d’ailleurs remarquables pour leur interprétation fantaisiste des formes de la nature. Il puise son inspiration dans des livres anciens comprenant des planches de naturalia où sont visibles des fleurs tropicales, des plantes médicinales, des coquillages, de la faune sous-marine, des oiseaux, mais aussi des motifs d’architecture, des motifs de tissus et tapis, de broderies, ou encore de dentelles. Il ne copie pas trait pour trait ces motifs qui lui servent davantage de point de départ pour créer des formes dans des combinaisons diverses et variées. 

Schlumberger s’inspire également de ce qui l’entoure, de ce qu’il voit lors de ses sorties au théâtre, des ballets auxquels il assiste, des musiques qu’il entend, et des nombreux voyages qu’il fait aux quatre coins du globe. 

Sa production est singulière tant par le dessin que par un savant mélange de sobriété et d’extravagance, de baroque et de classique, de matériaux précieux et semi-précieux. S’il utilise régulièrement l’or, l’argent, l’émail qu’il remet au goût du jour et qu’il parsème souvent de clous d’or, et de pierres ses créations, il emploie également des matériaux originaux et inattendus. Il s’illustre notamment dans son travail recherché de l’or, en résille, en nattes, en cordons ou en cheveux. Il aimait expérimenter diverses combinaisons de matières, de couleurs, de formes, de proportions, d’équilibres et déséquilibres, de volumes. Tout cela contribue à faire de lui l’un des inventeurs du bijou en relief. Ses créations présentent parfois des influences orientales, et sont tantôt naturalistes et réalistes, tantôt complètement fantaisistes et surréalistes. Ses contemporains disent de lui qu’il « crée son propre monde », sans viser à recréer dans ses compositions une nature parfaite. Pour Jean Schlumberger, l’art du bijou est avant tout un moyen d’expression.

Des créations de grande qualité

Parmi les pièces le plus célèbres créées par Schlumberger, on peut citer la monture du fameux diamant jaune Tiffany & Co. appartenant à la collection de l’entreprise depuis le XIXème siècle. Il choisit de le monter en broche en forme d’oiseau fantastique, nommée Bird on a Rock. Cette pièce est typique du style fantaisiste de Jean Schlumberger. On peut également citer le clip Two fruits acheté par John Fitzgerald Kennedy pour son épouse Jacqueline Kennedy, composé de rubis et de diamants. Les créations les plus prestigieuses de Schlumberger étaient toujours créées en un seul exemplaire et en série limitée pour les bijoux moins spectaculaires. Ces pièces témoignent toutes d’un important travail de recherche et sont toujours d’une qualité exceptionnelle.

Jean Schlumberger se constitue rapidement une clientèle prestigieuse, dont entre autres la duchesse de Windsor Wallis Simpson, la princesse Marina de Grèce, Elizabeth Taylor, ou encore Audrey Hepburn. 

Certaines de ses œuvres sont conservées dans des musées, occupant parfois une place importante, comme c’est le cas par exemple au Virginia Museum of Fine Arts, où le dépôt d’une collection privée a valu au créateur une aile entière lui étant consacrée, et donnant lieu à de prestigieuses expositions autour du monde, comme à Beijing en Chine en 2019.

Combien vaut un bijou de Jean Schlumberger ?

Seulement quelques semaines après le décès de l’artiste en 1987, une paire de boucles d’oreilles portant mention de son nom a été adjugée 140 000 francs alors qu’elle était estimée 30 000 francs, montrant déjà l’engouement des collectionneurs, qui n’a pas tari depuis lors. Les bijoux de Jean Schlumberger, et en particulier ceux qu’il a créés pour Tiffany & Co., continuent d’agiter le marché de l’art et attirer les collectionneurs du monde entier.  

Par exemple, en 2012, plusieurs de ses créations ont été vendues aux enchères, dont une broche en forme de dauphin stylisé avec une monture en or jaune, le corps pavé de périodots ronds et ponctué de turquoises en cabochon, la queue, les nageoires et la tête en or et les yeux ponctués de rubis ronds, datée vers 1959 et signée de l’artiste, qui a été adjugée pour 6 000 euros. La même année, un bracelet bangle à charnière créé par Schlumberger pour Tiffany & Co., en émail paillonné vert foncé, décoré de diamants sertis en collier et de bandes verticales sculptées en or, a été adjugé 32 772 euros.

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