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Estimation et cote de l'artiste Francis Bacon
Francis Bacon (1909-1992) est l’un des peintres les plus importants du XXᵉ siècle. Né à Dublin et installé à Londres, cet artiste autodidacte a profondément renouvelé la peinture figurative. Ses portraits montrent des visages déformés, des corps isolés et des personnages enfermés dans des espaces presque vides. Derrière ces images parfois violentes se trouvent souvent ses amis, ses amants et les artistes qu’il admirait, comme Diego Velázquez, Vincent van Gogh ou Pablo Picasso.
Aujourd’hui, les tableaux de Francis Bacon comptent parmi les œuvres d’après-guerre les plus recherchées au monde. Ses grands triptyques peuvent dépasser 80 millions de dollars et son record atteint 142,4 millions de dollars ! Les portraits de Lucian Freud, George Dyer, Henrietta Moraes et Isabel Rawsthorne occupent également une place centrale sur le marché.
Vous possédez une peinture, une gravure ou une lithographie de Francis Bacon ? Estimon’objet, votre partenaire privilégié pour l’expertise et l’estimation des objets d’art et de collection, vous propose une première estimation gratuite, rapide et confidentielle.
Prix des œuvres de Francis Bacon
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Peinture originale sur toile : de plusieurs centaines de milliers d’euros à plus de 130 millions d’euros
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Petit portrait ou triptyque de têtes : entre plusieurs millions et plus de 30 millions d’euros
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Gravure, lithographie ou estampe signée : entre 1 000 € et plus de 100 000 €
Comment estimer une œuvre de Francis Bacon ?
Vous souhaitez connaître la valeur d’une œuvre de Francis Bacon ? Commencez par photographier la face, le revers, les bords de la toile, le châssis et l’encadrement. Prenez également des images rapprochées de la matière picturale, des inscriptions, des étiquettes et des éventuels numéros d’inventaire. Dans le cas d’une estampe, photographiez la signature au crayon, la justification du tirage, le filigrane et les marges du papier.
Nos experts étudient ensuite la technique, les dimensions, la provenance, l’état de conservation et la cohérence de l’œuvre avec la production connue de Francis Bacon. Ils vérifient également si la peinture figure dans le catalogue raisonné officiel, publié en 2016 sous la direction de Martin Harrison. Cette vérification est indispensable car de nombreuses œuvres faussement attribuées à Bacon circulent sur le marché.
Grâce à cette analyse, Estimon’objet vous apporte un premier avis fiable et confidentiel. Pour une œuvre potentiellement importante, notre équipe peut ensuite vous orienter vers les recherches documentaires et les examens complémentaires nécessaires.
La cote de Francis Bacon sur le marché de l’art
La cote de Francis Bacon dépend fortement du format et du sujet. Les grands triptyques dominent son marché, suivis par les portraits de ses proches et les représentations du pape inspirées de Velázquez. La période de création, l’historique des expositions et la provenance peuvent faire varier la valeur de plusieurs millions d’euros.
La cote des grands triptyques de Francis Bacon
Les grands triptyques représentent le sommet du marché de Francis Bacon. Chaque ensemble se compose de trois panneaux autonomes, généralement de même dimension. Les collectionneurs recherchent tout particulièrement les œuvres consacrées à Lucian Freud, George Dyer, aux grandes tragédies grecques ou au thème de la crucifixion.
Voici quelques résultats de référence :
- Three Studies of Lucian Freud (1969) : ce triptyque représentant le peintre Lucian Freud a été vendu 142,4 millions de dollars en novembre 2013 à New York. Il s’agit du record mondial de Francis Bacon.
- Triptych, 1976 (1976) : cette œuvre monumentale composée de trois panneaux a été adjugée 86,3 millions de dollars en mai 2008 à New York.
- Triptych Inspired by the Oresteia of Aeschylus (1981) : ce triptyque inspiré de la tragédie grecque d’Eschyle a été vendu 84,55 millions de dollars en juin 2020 à New York.
Ces résultats montrent l’importance du triptyque dans l’œuvre de Bacon. Un ensemble resté complet, bien documenté et présent dans de grandes expositions internationales peut atteindre plusieurs dizaines de millions d’euros.
La cote des grands portraits et des peintures sur un seul panneau
Francis Bacon peint régulièrement ses proches sur de grandes toiles verticales. George Dyer, Lucian Freud, Peter Lacy, Isabel Rawsthorne et John Edwards deviennent les principaux visages de son œuvre. Les portraits liés à une relation personnelle forte avec l’artiste sont particulièrement recherchés.
Plusieurs ventes témoignent de leur valeur :
- Portrait of George Dyer Talking (1966) : cette grande huile sur toile représentant George Dyer assis a été vendue 42,19 millions de livres sterling en février 2014 à Londres.
- Landscape near Malabata, Tangier (1963) : cette peinture liée au séjour marocain de Francis Bacon et à sa relation avec Peter Lacy a été adjugée 19,63 millions de livres sterling en mars 2024 à Londres.
- Study for Portrait of José Capelo (1989) : ce portrait tardif, retrouvé après avoir été volé en Espagne, a été évalué autour de 5 millions d’euros en 2024.
Pour ces peintures, l’identité du modèle joue un rôle essentiel. Un portrait de George Dyer ou de Lucian Freud possède une place différente sur le marché d’une figure anonyme. La date, la qualité de la composition et la présence de l’œuvre dans les expositions historiques de Bacon doivent aussi être prises en compte.
La cote des petits portraits et des triptyques de têtes
À partir des années 1960, Francis Bacon réalise de nombreux portraits sur de petites toiles d’environ 35,5 × 30,5 cm. Il réunit souvent trois panneaux pour montrer plusieurs points de vue d’un même visage. Malgré leurs dimensions réduites, ces œuvres peuvent atteindre des prix impressionnants.
Parmi les résultats connus :
- Three Studies for George Dyer (1964) : ce petit triptyque de portraits a été vendu 26,68 millions de livres sterling en juin 2014 à Londres.
- Three Studies for a Portrait of Henrietta Moraes (1963) : cet ensemble de trois petites toiles a été adjugé 24,3 millions de dollars en novembre 2022 à New York.
- Three Studies of George Dyer (1966) : ce triptyque consacré au compagnon de Bacon a atteint 38,6 millions de dollars en novembre 2017 à New York.
Ces résultats prouvent que la taille ne détermine pas seule la valeur d’une œuvre de Francis Bacon. Un petit triptyque consacré à un modèle important peut dépasser le prix d’une grande toile isolée.
Comment reconnaître un tableau de Francis Bacon ?
Francis Bacon représente presque toujours la figure humaine, mais il ne cherche pas à reproduire fidèlement un visage. Les traits semblent glisser, se superposer ou disparaître sous de larges traces de peinture. Une bouche peut paraître ouverte, une joue se déplacer et plusieurs profils se mêler dans une seule tête. Ces transformations ne sont pas improvisées au hasard : Bacon connaissait parfaitement le visage de ses modèles et travaillait souvent à partir de photographies.
Ses personnages apparaissent fréquemment seuls dans une pièce presque vide. Une ligne courbe, une cage transparente, un cercle ou un simple rectangle permet de délimiter l’espace. On retrouve aussi des fauteuils, des lits, des ampoules suspendues, des lavabos et des rideaux. Les arrière-plans peuvent employer des couleurs très franches : orange, rose, violet, rouge sombre, vert ou noir.
La matière apporte des indices importants. Bacon applique parfois la peinture avec un pinceau, un chiffon, une éponge ou directement avec les mains. Certaines parties du visage sont travaillées avec précision, tandis que d’autres restent presque effacées. Des projections et des traces rapides peuvent apparaître autour de la bouche, des yeux ou du corps.
Francis Bacon utilise principalement de la peinture à l’huile, parfois associée au pastel. Il travaille souvent sur le côté non préparé de la toile. La trame du tissu reste alors visible et absorbe directement la couleur. Cette particularité constitue un indice technique important, mais elle ne suffit jamais à prouver l’authenticité d’un tableau.
Il peint rarement ses modèles en direct. Il préfère travailler seul, à partir de ses souvenirs et de photographies pliées, déchirées ou tachées. Les photographies de John Deakin, les études du mouvement d’Eadweard Muybridge, des images médicales et des reproductions de tableaux anciens font partie de ses principales sources.
Reconnaître la signature de Francis Bacon
Francis Bacon signe très rarement ses peintures sur la face. L’absence de signature visible ne constitue donc pas un signe négatif. La plupart de ses tableaux authentiques sont identifiés grâce à leur provenance, à leurs anciennes étiquettes, à leur historique d’exposition et à leur présence dans le catalogue raisonné de Francis Bacon.
Le revers peut porter un titre, une date, un numéro d’inventaire ou une étiquette provenant de la galerie qui représentait l’artiste. Ces informations doivent être photographiées avec beaucoup de soin. Elles peuvent permettre de relier directement la toile à une ancienne exposition ou à une collection connue.
Sur les gravures et les lithographies, la situation est différente. La signature « Francis Bacon » apparaît généralement au crayon dans la marge inférieure. Le numéro du tirage est souvent inscrit de l’autre côté sous une forme comme « 12/150 » ou « 34/200 ». Certaines estampes portent aussi un cachet sec, la marque de l’imprimeur ou le nom de l’éditeur.
Il faut rester très prudent : une signature manuscrite ne prouve jamais à elle seule l’authenticité d’une œuvre. Le marché compte de nombreuses reproductions, affiches et estampes apocryphes qui portent une fausse signature. Pour une toile prétendument peinte par Bacon, le contrôle du catalogue raisonné et de la provenance reste indispensable.
Tableau de Francis Bacon : ce que regardent nos experts
Romain Rudondy, commissaire-priseur spécialisé en peintures modernes, commence par vérifier la nature exacte de l’objet. Il doit déterminer s’il s’agit d’une peinture originale, d’une estampe signée, d’une reproduction ou d’une œuvre réalisée d’après Francis Bacon. Cette première distinction peut représenter un écart de valeur de plusieurs millions d’euros.
Pour une peinture, il examine le support et la matière. Bacon travaille souvent sur une toile de lin non préparée, dont la couleur beige reste visible autour des figures. Romain vérifie si la peinture pénètre naturellement dans les fibres ou si elle semble posée sur une toile déjà enduite. Il recherche aussi les passages réalisés au chiffon, les projections, les zones frottées et les empâtements plus épais.
Il compare ensuite les dimensions aux formats utilisés par Francis Bacon. Les grands tableaux mesurent fréquemment environ 198 × 147,5 cm, tandis que les petits portraits adoptent souvent un format proche de 35,5 × 30,5 cm. Ces mesures ne constituent pas une preuve, mais une dimension inhabituelle doit être expliquée par l’historique de l’œuvre.
Romain regarde également l’encadrement. Bacon accordait beaucoup d’importance à la présentation de ses peintures. Il choisissait souvent une baguette dorée et plaçait la toile derrière une vitre. Le cadre, le verre et le montage ancien peuvent donc apporter des informations utiles. Ils ne doivent jamais être démontés sans précaution.
Enfin, il contrôle la provenance, les anciennes photographies, les factures, les certificats et les étiquettes. Il vérifie surtout si l’œuvre figure parmi les peintures répertoriées dans le catalogue raisonné publié par l’Estate of Francis Bacon. Face à une valeur potentiellement très élevée, une simple ressemblance avec le style de l’artiste ne suffit jamais.
Francis Bacon, le peintre des visages et de la condition humaine
Francis Bacon naît à Dublin en 1909 dans une famille britannique. Son père élève et entraîne des chevaux de course. L’enfance du jeune Francis est marquée par un asthme sévère et par une relation difficile avec son père, qui accepte mal son homosexualité. À l’âge de 16 ans, Bacon quitte le domicile familial et mène une vie indépendante entre Londres, Berlin et Paris.
À Paris, il découvre les œuvres de Pablo Picasso, une rencontre artistique qui le pousse à devenir peintre. Il n’entre pourtant dans aucune école d’art et se forme seul. À son retour à Londres, il travaille d’abord comme décorateur et créateur de mobilier. Sa carrière de peintre reste hésitante jusqu’en 1944, année où il réalise Three Studies for Figures at the Base of a Crucifixion. Présentée à Londres après la guerre, cette œuvre choque le public et impose immédiatement son nom.
Au cours des années suivantes, Bacon rencontre les personnes qui vont marquer sa vie et sa peinture : le pianiste Peter Lacy, le peintre Lucian Freud, la modèle Isabel Rawsthorne, Henrietta Moraes et surtout George Dyer. Ses relations sont souvent passionnelles et douloureuses. En 1971, George Dyer meurt à Paris, deux jours avant l’ouverture de la grande rétrospective de Bacon au Grand Palais. L’artiste transforme ce drame personnel en plusieurs tableaux connus sous le nom de triptyques noirs.
Bacon travaille pendant plus de trente ans dans son petit atelier du 7 Reece Mews à Londres. La pièce, remplie de photographies déchirées, de livres, de pinceaux, de tubes de peinture et de chiffons, semble totalement désordonnée. L’artiste sait pourtant où se trouve chaque image. Après sa mort, le contenu complet de cet atelier est transféré et reconstitué à Dublin.
Francis Bacon meurt à Madrid en 1992. Il laisse derrière lui une œuvre rare : le catalogue raisonné recense 584 peintures conservées. Ses tableaux figurent aujourd’hui dans les plus grands musées du monde et continuent d’occuper une place majeure sur le marché de l’art international.
Si vous pensez posséder une œuvre de Francis Bacon, ne cherchez pas seulement une signature. Commencez par réunir tous les documents qui accompagnent le tableau : facture ancienne, certificat, photographie de l’œuvre dans un intérieur, courrier, catalogue d’exposition ou étiquette de transport. Pour un artiste de cette importance, une provenance continue et vérifiable est souvent plus convaincante qu’un nom inscrit sur la toile.
Photographiez ensuite le revers sans démonter l’œuvre. Chez Bacon, la toile, les étiquettes, les numéros d’inventaire et le système d’encadrement peuvent fournir des renseignements essentiels. Prenez aussi une photographie très rapprochée des zones où la toile brute reste visible. Il faut pouvoir distinguer la fibre du lin, les passages absorbés et les couches de peinture déposées en surface.
Dans le cas d’une estampe, ne vous limitez pas à la signature. Photographiez le numéro du tirage, les marges, le filigrane, le cachet de l’éditeur et le dos de la feuille. Une lithographie authentique, une reproduction photographique et une affiche d’exposition peuvent reprendre exactement la même image, mais leur valeur n’a rien de comparable.
Ne nettoyez pas la toile, ne retirez aucune étiquette et ne remplacez pas l’encadrement avant l’expertise. Envoyez vos photographies à Estimon’objet : nos experts pourront identifier la nature de votre œuvre et vous fournir une estimation gratuite, confidentielle et argumentée.
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