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Germaine Richier, la sculpture en liberté

Germaine Richier (Grans, 1902 – Montpellier, 1959) est une sculptrice française d’origine provençale, dont les créations polymorphes ont ouvert la voie à ses consoeurs Niki de Saint Phalle et Louise Bourgeois.

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germaine-richier. La Fourmi-min

Formation de Germaine Richier

Dès 1920, Germaine Richier entre à l’École supérieure des Beaux-Arts de Montpellier, où elle apprend la technique de la taille directe et produit surtout des bustes. 

Elle y remporte le premier prix de sculpture avec Jeunesse (œuvre détruite – les premiers ouvrages conservés de Richier datent de 1938).

Ce qui lui vaut d’être accueillie en 1926 par le sculpteur Antoine Bourdelle (qui n’a pas d’autre élève particulier) dans son atelier parisien de l’avenue du Maine, où Richier reste en formation jusqu’au décès du maître, en 1929. 

De Bourdelle, Germaine Richier apprend la technique de la triangulation, qui consiste à prendre sur le modèle vivant des repères osseux permettant de quadriller l’ensemble du corps et de reporter ce réseau de lignes sur la forme en terre, sans passer par des études préliminaires.

Germaine Richier travaille et étire la glaise, la superpose en couches puis la déchire et la transperce à l’aide d’outils qu’elle nomme épées, afin de donner un « aspect changeant et vivant à ces formes déchiquetées. Les trous, les perforations éclairent la matière qui devient organique et ouverte ; c’est par là que la lumière passe. »

Germaine Richier dans l’ombre de la guerre

En 1929, Germaine Richier épouse le sculpteur suisse Otto Bänninger, metteur en place de Bourdelle, et s’installe avec lui dans un grand atelier du XIV° arrondissement de Paris. 

Elle prend des élèves, monte des expositions : en 1934 dans la galerie de Max Kaganovitch (où elle révèle notamment l’homme en bronze dit « Loretto », sa première figure conservée) ; au Musée du Jeu de paume en 1937. 

Germaine Richier reçoit la médaille d’or universelle pour Méditerranée, une œuvre exposée dans la pavillon Languedoc de l’Exposition universelle de 1937. Elle devient une figure incontournable du mouvement artistique de Montparnasse. 

Lorsque déclare la Seconde Guerre mondiale, Germaine Richier se réfugie avec son époux en Suisse, à Zurich, où elle retrouve un certain nombre d’artistes expatriés (Giacometti, Marini, Arp).  

Le succès de Germaine Richier ne se dément pas : on lui réclame des cours, lui propose des séances de pose, etc. Son style évolue vers une expressivité plus tourmentée et les premiers animaux apparaissent (Le Crapaud, 1940, suivi, en 1946, de L’Araignée). 

Germaine Richier et l’expression de la nature

Si la figure humaine reste le principal sujet d’inspiration de Germaine Richier, elle se plaît désormais à l’intégrer à la nature, allant jusqu’à greffer des branches et feuilles dans les modèles en bois, terre et plâtre, dont les reliefs restent apparents après la fonte (L’Homme-forêt grand, 1948).

En octobre 1946, Germaine Richier et son époux reviennent à Paris ; elle réintègre l’atelier de l’avenue de Châtillon, fréquente à nouveau les intellectuels de la Rive gauche : Nathalie Sarraute, Colette, Jean Paulhan, Marcel Arland. 

Des créations hybrides naissent alors, dans lesquelles Richier intègre des fils tendus, de façon à en souligner et dynamiser la forme. La Chauve-souris puis la série des Don Quichotte (1949) sont conçues grâce à l’usage de la filasse et du plâtre. 

La récupération d’éléments naturels se diversifie, des morceaux de brique et des galets inspirent des formes qui mêlent abstraction et silhouettes humanoïdes (Le Berger des Landes, 1951) ou insectoïdes.

Le Christ de Germaine Richier

C’est alors que Germaine Richier est sollicitée pour participer à la décoration de la nouvelle église Notre-Dame-de-Toute-Grâce du plateau d’Assy, construite de 1937 à 1946 par Maurice Novarina, et à laquelle les plus grands artistes contemporains (Pierre Bonnard, Fernand Léger, Henri Matisse, George Braque, Georges Rouault, Jean Lurçat, etc.) ont apporté leur contribution. 

Germaine Richier reçoit la commande d’un christ en croix devant être installé derrière le maître-autel – figure émaciée, tendue et scarifiée, au bronze non patiné, aux formes saillantes et déchiquetées. 

Bien que d’abord accepté sans réserve, le Christ d’Assy provoque l’ire des catholiques intégristes et doit être décroché en 1951 – il sera cependant réinstallé en 1969 et classé monument historique deux ans plus tard. 

Dernières années de Germaine Richier

A partir de 1951, Germaine Richier intègre la couleur à ses bronzes : le fond de La Ville (1951) est peint par Vieira da Silva, celui de La Toupie (1952) par Hans Hartung. 

« J’ai commencé à introduire la couleur dans mes statues en y incrustant des blocs de verre colorés où la lumière jouait par transparence. Ensuite, j’ai demandé à des peintres de peindre sur l’écran qui sert de fond à certaines de mes sculptures. Maintenant, je mets la couleur moi-même. La sculpture est grave, la couleur est gaie. J’ai envie que mes statues soient gaies, actives.» (propos recueillis dans la revue XX° siècle, n°4, 1958). 

En 1953, Richier illustre Les Illuminations et Une saison en enfer d’Arthur Rimbaud.

Germaine Richier transporte son atelier à Saint-Tropez en 1952. Elle divorce de Bänninger en 1954 et se remarie avec l’écrivain René de Solier, qui rédige plusieurs de ses catalogues. 

En 1955, au Moma (Museum of Modern Art) de New York, elle participe à l’exposition collective « The New decade : 22 european painters and sculptors » où elle présente notamment La Mandoline

L’année suivante, elle entreprend la sculpture monumentale La Montagne (180 x 325 x 125 cm), commandée par le Musée d’Art moderne de la ville de Paris. 

En 1958, elle illustre le recueil de poésie de René de Solier Contre Terre

Elle décède en 1959 à Antibes, dont le Musée Picasso lui consacre, la même année, une grande exposition. 

Quelle est la cote des œuvres de Germaine Richier ?

Les créations de Germaine Richier atteignent des prix variables selon qu’il s’agit de pièces uniques ou de formes déclinées en plusieurs exemplaires. 

Les eaux-fortes et dessins préparatoires se négocient à des tarifs modestes (entre 100 et 300€).

L’Homme qui marche, bronze de 1945 dont il existe plusieurs versions, s’est récemment vendu à 90 000€, tandis que la Femme nue a été adjugée à 31 400 €.

Mais le tarif des réalisations plus complexes s’envole : le Cheval à six têtes a atteint les 300 000 € en 2021 tandis que L’Échiquier – petit s’est vendu 440 000€ un an plus tard. 

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(Illus.) Germaine Richier – La Fourmi

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