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Estimation et cote de l'artiste Henri-Pierre Danloux

Peintre et dessinateur, Henri-Pierre Danloux (1753 – 1809) fonde sa renommée sur ses portraits d’aristocrates. Durant la Révolution française, l’artiste s’exile en Angleterre où il connaît une gloire certaine.

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Les débuts artistiques du peintre Henri-Pierre Danloux

Né à Paris, Henri-Pierre Danloux est élevé par son oncle l’architecte Guillaume Le Foullon. Encouragé à s’engager dans la voie artistique, le jeune orphelin se forme auprès du peintre Nicolas-Bernard Lépicié, réputé pour ses scènes de genre intimistes et ses tableaux d’histoire. Il poursuit ensuite son apprentissage avec Joseph-Marie Vien. Là, il fait la connaissance du peintre Jacques-Louis David. 

De 1775 à 1780, Henri-Pierre Danloux séjourne à l’Académie de France à Rome, alors dirigée par son professeur Joseph-Marie Vien. Il loge ensuite à Lyon avant de retourner à Paris en 1785.
En 1787, le peintre épouse Antoinette de Saint-Redan, fille adoptive de Françoise Thomas de Pange issue d’une famille noble, veuve de l’intendant Antoine Mégret d’Étigny. Il peindra à plusieurs reprises le portrait de sa femme.
Fréquentant la noblesse, Henri-Pierre Danloux reçoit des commandes de portraits de personnalités de cette haute société. Sa notoriété mondaine s’amplifie. Dans ses toiles, le peintre accorde un soin particulier au mouvement et à la composition. Il s’attache aussi à représenter finement les tissus des habits et les accessoires. 

L’exil en Angleterre de l’artiste Henri-Pierre Danloux

Afin d’échapper à la Révolution française, Henri-Pierre Danloux se voit contraint de se réfugier en Angleterre. Avec sa famille, il s’installe à Londres où il y fréquente les expatriés français comme la haute société britannique. Le peintre représente ses modèles dans leur quotidien, instaurant une familiarité avec les personnages. Il donne l’impression de saisir un instant volé en nouant une complicité avec les protagonistes. 

Lors de son séjour britannique, Henri-Pierre Danloux est influencé par les peintres en vogue tels Thomas Lawrence, John Hoppner ou encore Georges Romney. Il découvre également les tableaux du portraitiste écossais Henry Raeburn et de l’artiste allemand Johan Zoffany. 

En 1793, son exposition à la Royal Academy de Londres étend encore davantage sa renommée. Les demandes de portraits se font plus nombreuses. Henri-Pierre Danloux devient alors le peintre attitré du comte d’Artois.
L’artiste effectue des portraits de famille, mais aussi des portraits d’enfants et d’adolescents comme dans sa représentation du jeune Henry John Lambert. Ce sont les parents, conquis par son talent, qui passent commande auprès du peintre pour une représentation de leur descendant. Des administrateurs, militaires ou civils, réclament eux aussi leur portrait. Les poses sont détendues, plus spontanées que ne l’exigeait la peinture académique. Cependant, le peintre voulant se diversifier, Henri-Pierre Danloux commence à s’essayer à la peinture d’histoire.

Le retour à Paris d’Henri-Pierre Danloux

Même si les peintures d’Henri-Pierre Danloux sont principalement adjugées au Royaume-Uni, les œuvres de l’artiste circulent également sur le marché de l’art français.

Ces dernières années, les tableaux d’Henri-Pierre Danloux se vendent dans un ordre de prix allant de 1 000 euros à plus de 400 000 euros. En effet, en 2020, le Portrait de Lum A’kao a atteint la somme de 417 967 euros. Un autre portrait, celui d’Amable Hugues Anne Hyacinthe de Fontanges, a été vendu 100 000 euros en 2021. Cette œuvre se distingue par le choix du personnage, qui n’est autre que le jeune comte, âgé de onze ans. Ce genre du portrait d’enfant était particulièrement prisé à la fin du XVIIIe siècle. Plus récemment, en 2022, le Portrait d’un gentleman, identifié comme étant lord Feilding, a été adjugé pour 8 718 euros. 

Concernant les dessins d’Henri-Pierre Danloux, un portrait à la pierre noire du chevalier Victor François de Gibelin a été vendu à 5 926 euros en 2017. Un Portrait d’une jeune femme, à l’aquarelle, a été adjugé 2 500 euros en 2020.

Estimations des tableaux et des dessins du peintre Henri-Pierre Danloux

De retour en France en 1802 sous le Consulat, Henri-Pierre Danloux continue de se perfectionner dans les scènes historiques. Il expose au Salon de peinture et de sculpture de Paris Le Supplice d’une vestale, peint en Angleterre. La prêtresse de la Rome antique y est représentée à genoux, vêtue d’une robe d’un blanc immaculé. Elle est condamnée à être enfermée pour avoir rompu ses vœux. Les mains de la prisonnière se lèvent vers la main masculine occupée à relever l’échelle pour refermer la trappe. Cette œuvre d’Henri-Pierre Danloux est remarquée et saluée. Le poète Jacques Delille, ami du peintre et dont celui-ci exécutera le portrait, en fait l’éloge dans son poème La Pitié.
Néanmoins, Henri-Pierre Danloux peine à retrouver le succès.
Le peintre décède à Paris en 1809.

(Illus.) Henri-Pierre Danloux Portrait d’Henry John Lambert 1800

 

 

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