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Jean-Pierre Raynaud, la quête du vide

Jean-Pierre Raynaud (1939-…) est un artiste plasticien minimaliste dont l’œuvre radicale vise à faire ressentir le vide et l’angoisse à son spectateur. Il se rattache au Nouveau Réalisme, avec un goût morbide affirmé.
Œuvre de Jean-Pierre Raynaud
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Les expériences artistiques de Jean-Pierre Raynaud

Jean-Pierre Raynaud expérimente la création artistique par plusieurs biais dans les années 1950. Il fait des études d’horticulture à Versailles, et étudie en parallèle la peinture à Paris. 

Après son service militaire (1959-1961), Jean-Pierre Raynaud part en Orient, et découvre de nouveaux emplois de la céramique. Ce périple a une influence majeure sur l’essor du travail radical du plasticien. 

A son retour en France, Jean-Pierre Raynaud s’installe à La Celle Saint-Cloud et débute sa carrière d’artiste. 

Les assemblages Nouveau Réalistes

Lorsque Jean-Pierre Raynaud débute la sculpture, il choisit de réaliser des assemblages dans un esprit Nouveau Réaliste. Il s’intéresse aux objets du quotidien, dans lesquels il voit un symbole poétique de la vie même. 

Dès le début de sa carrière, Jean-Pierre Raynaud manifeste sa préférence pour le rouge et le blanc, couleurs qu’il considère comme cruelles, symbolisant à la fois le deuil et la mort. 

Les premières œuvres de Jean-Pierre Raynaud sont inspirées par l’environnement urbain. Il s’intéresse rapidement à la signalétique et peint des sens interdits sur du bois recyclé. Le plasticien cherche à créer des œuvres puissantes et radicales, qui transmettent une forte angoisse avec une économie de moyen. 

L’artiste expose pour la première fois au Salon de la Jeune sculpture en 1964, puis présente sa première exposition personnelle à la Galerie Larcade et Mathias Fels à Paris l’année suivante.

La mise en série et morbide

Jean-Pierre Raynaud développe une esthétique morbide et met ses compositions en série pour susciter un sentiment de mal-être et de claustrophobie auprès du spectateur.
Il réalise ainsi des séries de pots de fleurs remplis de ciment, symbolisant à la fois une nature stérile et l’enterrement de sa carrière. La démultiplication des pots et leur monumentalisation vise à créer un effet invasif.
En 1969, Jean-Pierre Raynaud intègre pour la première fois le carrelage blanc à joint noir dans ses créations, sur commande Jean-Marie Rossi.
Au début des années 1970, l’artiste continue à exploiter la peinture laquée pour provoquer le malaise du spectateur. Il conçoit plusieurs séries d’objets en quatre exemplaires, peints en rouge, vert, jaune et bleu. L’élargissement de sa gamme chromatique permet de donner un aspect joyeux à ses séries morbides, accroissant encore l’angoisse du visiteur. C’est notamment le cas pour Economic Model Coffins, une série de couteaux militaires et armes à feu laquées.
Progressivement, Jean-Pierre Raynaud se tourne vers l’environnement médical et carcéral, et adopte un procédé plus mental. Avec les Psycho-objets, pots de fleurs monumentaux contenant des photographies de personnes atteintes de troubles psychiques et des objets liés à l’enfance, il inaugure cette nouvelle thématique. Jean-Pierre Raynaud, qui propose alors des univers froids et cliniques, privilégie l’emploi de plaques de céramiques réfléchissantes, et met en série des objets de façon systématique. C’est notamment le cas dans Manifeste (1984), qui présente une série de lits alignés, évoquant un espace carcéral.

Architecture : l’espace Zéro

Jean-Pierre Raynaud aborde également l’architecture de façon minimaliste. Il cherche à créer l’« espace Zéro », un espace qui ferait ressentir le vide.
Il débute ses recherches en construisant sa maison à La Celle Saint-Cloud, à partir de 1969. La maison, couverte intégralement de carreaux de céramique de 15 cm de côté, évoque à la fois un bunker, une chambre funéraire, et une salle de bain. Elle est conçue comme un refuge artistique hors du temps. Jean-Pierre Raynaud ajoute cependant une crypte en 1974, destinée à accueillir des peintures retraçant l’évolution de sa carrière. La maison est ouverte au public de 1971 à 1988, puis fermée à tous. Seul l’artiste peut alors s’y rendre et il y vit en prisonnier volontaire, faisant l’expérience de la solitude interne. Jean-Pierre Raynaud détruit finalement la maison en 1993, et ses vestiges sont aujourd’hui réunis en conteneurs.

Après cette première expérience, on propose à Jean-Pierre Raynaud de réaliser d’autres constructions. Il conçoit ainsi une fontaine de céramique pour la place de la Bastille à Paris, et un centre culturel à la Garenne-Colombe (1986). Ce dernier, intitulé Mastaba 1, prend la forme d’une tombe égyptienne pharaonique, et présente ses œuvres.

Le retour à la lumière

Après l’introversion suscitée par la création de la maison, Jean-Pierre Raynaud cherche à renouer artistiquement avec le monde extérieur. Sa série des drapeaux correspond avec une économie de moyen à cet objectif. Les vitraux que Jean-Pierre Raynaud dessine pour l’abbaye cistercienne de Noirlac en 1973 constituent également un tournant crucial dans son œuvre, et lui permettent de se retourner vers l’extérieur. Ils entrainent notamment une importante réflexion sur la lumière. La carrière de Jean-Pierre Raynaud est récompensée par les multiples prix de sculpture qu’il reçoit, notamment le grand prix national de la sculpture en 1983, le grand prix Robert Gizon en 1985, et le grand prix de la sculpture de la ville de Paris en 1986.

La cote des œuvres de Jean-Pierre Raynaud

La cote des œuvres de Jean-Pierre Raynaud est relativement stable, avec un pic en 2006 dû à la vente record de «Sens + sens» (1962) pour 260 000 € à Paris. 

Les sculptures de Jean-Pierre Raynaud s’échangent le plus souvent pour 1 000 à 50 000 €, mais les adjudications hautes peuvent dépasser les 100 000 €. La gamme des prix des peintures est comparable, avec des ventes comprises entre 1 000 et 50 000 €. Les estampes sont les créations de l’artiste les plus accessibles, avec une majorité des ventes pour 100 à 500 €. 

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(Illus.) Jean-Pierre Raynaud, Stèle pour les droits de l’homme, Barcelone, jardin Palauet Albéniz, 1990.

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