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Estimation et cote de l'artiste Pierre Bonnard
Membre du groupe des Nabis aux côtés d’Édouard Vuillard, Maurice Denis et Paul Sérusier, il est célèbre pour ses scènes d’intérieur, ses paysages lumineux, ses natures mortes et ses portraits de Marthe, son épouse et principal modèle. Ses tableaux sont aujourd’hui conservés dans les plus grands musées et recherchés par les collectionneurs du monde entier.
Vous possédez une peinture, un dessin ou une lithographie de Pierre Bonnard ? Les experts en art moderne et les commissaires-priseurs d’Estimon’Objet vous proposent une estimation gratuite, fondée sur les caractéristiques de votre œuvre et les résultats récents du marché.
Prix des œuvres de Pierre Bonnard
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Peintures et huiles sur toile : de 20 000 € à plus de 15 millions d’euros
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Aquarelles et gouaches : de 5 000 € à plus d’un million d’euros
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Dessins au crayon, à l’encre ou au fusain : de 1 000 € à plus de 100 000 €
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Lithographies signées et numérotées : de 500 € à 10 000 €
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Affiches originales et estampes rares : de 1 000 € à plusieurs dizaines de milliers d’euros
Comment estimer une œuvre de Pierre Bonnard
Pour faire estimer gratuitement une œuvre de Pierre Bonnard, il vous suffit de remplir le formulaire d’estimation en ligne d’Estimon’Objet. La démarche est gratuite, confidentielle et sans engagement. Afin de permettre à nos experts d’étudier votre œuvre, pensez à transmettre : une photographie nette de l’œuvre entière ; plusieurs photographies de détail ; une photographie de la signature ; une vue du revers, du châssis ou du dos de la feuille ; les dimensions avec et sans le cadre ; la technique et le support, s’ils sont connus ; les étiquettes, numéros, cachets et inscriptions visibles ; les factures, certificats ou documents de provenance disponibles.
Notre spécialiste confronte ces informations aux œuvres répertoriées de Pierre Bonnard et aux résultats obtenus récemment aux enchères. Vous recevez généralement une première fourchette d’estimation sous quelques jours seulement. Cette estimation constitue un premier avis de valeur. Pour une peinture importante ou une œuvre dont l’attribution demande des recherches supplémentaires, un examen physique et une consultation des archives peuvent être nécessaires.
La cote de Pierre Bonnard sur le marché de l’art
La cote de Pierre Bonnard demeure particulièrement solide. Ses œuvres attirent des collectionneurs français, européens, américains et asiatiques. Ses grandes peintures comptent parmi les œuvres les plus recherchées du mouvement nabi.
Les paysages du Cannet et de Vernonnet, les scènes de terrasse, les intérieurs colorés et les nus de Marthe obtiennent généralement les meilleurs résultats. La date de création joue également un rôle majeur : les œuvres des périodes nabi et méditerranéenne sont très appréciées.
La cote des peintures de Pierre Bonnard
Les huiles sur toile représentent la partie la plus prestigieuse du marché de Pierre Bonnard. Les petits formats et les œuvres moins caractéristiques peuvent se vendre quelques dizaines de milliers d’euros. Les tableaux bien documentés atteignent régulièrement plusieurs centaines de milliers d’euros, tandis que les chefs-d’œuvre dépassent plusieurs millions. Voici quelques ventes de référence :
- La Terrasse ou Une terrasse à Grasse (1912) : cette importante huile sur toile a été adjugée 19 570 000 dollars lors d’une vente organisée à New York en mai 2019. Il s’agit du record mondial de Pierre Bonnard aux enchères.
- Terrasse à Vernon (1923) : cette grande toile signée et datée « Bonnard 23 » a été vendue 7 014 200 livres sterling à Londres en février 2011, soit environ 8,5 millions d’euros au moment de la vente.
- Deux corbeilles de fruits (vers 1935) : cette nature morte a atteint 6 660 000 dollars lors d’une vente à New York en novembre 2022.
- Vue du Cannet (1927) : ce paysage monumental de plus de deux mètres de côté a été adjugé 3 401 250 livres sterling à Londres en juin 2008.
- Midi au jardin (1946) : cette huile sur toile provenant de la famille de Claude Terrasse a été vendue 762 000 euros à Paris en avril 2026.
Ces résultats montrent l’importance du sujet et de la provenance. Une scène de terrasse très aboutie, un intérieur du Cannet ou un tableau qui représente Marthe peut atteindre un prix bien supérieur à celui d’une petite étude ou d’un paysage moins caractéristique.
La cote des dessins, aquarelles et gouaches
Pierre Bonnard dessinait quotidiennement. Il gardait souvent un petit carnet dans sa poche afin de noter une silhouette, un animal ou un détail aperçu pendant une promenade. Ses œuvres sur papier vont du croquis rapide à la grande composition en couleurs.
Un dessin au crayon peut valoir quelques milliers d’euros. Les aquarelles, gouaches et pastels très travaillés peuvent dépasser 100 000 euros. Les œuvres exceptionnelles, bien documentées et liées à une peinture importante atteignent parfois des sommes beaucoup plus élevées. Voici quelques résultats de ventes :
- Autoportrait (1930) : cette aquarelle, gouache et mine de plomb sur papier a été vendue 2 238 000 dollars à New York en novembre 2023.
- Étude pour le “Nu à la baignoire” (vers 1931) : cette gouache, aquarelle et mine de plomb a été adjugée 228 600 euros à Paris en avril 2026.
- Trois bouquets de fleurs (1920) : cette aquarelle et mine de plomb sur papier a atteint 109 650 dollars lors d’une vente à New York en mai 2026.
- Projet de programme pour la Villa Bach, Deux cavaliers (vers 1891) : cette œuvre à l’aquarelle, à l’encre et au crayon a été vendue 13 970 euros à Paris en avril 2026.
- Jardin au bord de la Seine (1936) : ce petit dessin à la mine de plomb, pourvu du cachet « PB », a été adjugé 1 097 dollars à New York en octobre 2025.
La qualité du dessin, la présence de couleurs, les dimensions, la provenance et le lien avec une peinture connue peuvent faire varier considérablement l’estimation.
La cote des lithographies et estampes
Pierre Bonnard occupe une place importante dans l’histoire de la lithographie. Dès les années 1890, il réalise des affiches, des programmes, des illustrations et des estampes. Il collabore notamment avec La Revue blanche et l’éditeur Ambroise Vollard.
Les estampes courantes se vendent parfois quelques centaines d’euros. Un tirage signé, numéroté, bien conservé et imprimé sur un papier recherché peut valoir plusieurs milliers d’euros. Les affiches originales et les épreuves rares en couleurs peuvent atteindre des montants plus élevés. Quelques exemples de résultats :
- Les Chiens (1893) : une lithographie signée sur papier Japon, tirée à seulement vingt exemplaires sur ce papier, a été vendue 5 670 dollars à New York en avril 2021.
- Coin de rue vu d’en haut, issu de l’album Quelques aspects de la vie de Paris (1899) : cette lithographie en couleurs, signée des initiales et numérotée, a été adjugée 2 286 dollars à New York en avril 2023.
- Daphnis et Chloé (1902) : un ensemble de cinq lithographies en noir a été vendu 2 286 euros à Paris en avril 2026.
- La Rue Molitor (vers 1925) : cette lithographie signée et numérotée 36/50 a atteint 1 677 dollars à New York en octobre 2025.
- Jeune femme aux bas noirs (1893) : un exemplaire signé et numéroté, issu d’une édition de cent épreuves, a été vendu 1 016 dollars à New York en avril 2023.
Pour estimer une lithographie de Pierre Bonnard, il faut vérifier la technique, le papier, les dimensions de la feuille, la présence d’une signature, le numéro du tirage et les références du catalogue de l’œuvre gravé.
Comment reconnaître une peinture de Pierre Bonnard ?
Une peinture de Pierre Bonnard représente souvent une scène familière : une table après le repas, une femme dans une salle de bain, une fenêtre ouverte sur un jardin ou un chien installé dans une pièce. Pourtant, la scène n’est jamais organisée comme une photographie classique. Un personnage peut être placé au bord du tableau, un visage peut presque disparaître dans le décor et une porte ou un miroir peut ouvrir un second espace.
La couleur constitue un autre indice important. Bonnard ne cherche pas toujours à reproduire les teintes exactes de la réalité. Il associe des jaunes lumineux, des roses, des oranges, des verts et des violets afin de traduire le souvenir d’un lieu. Certaines parties restent légères, alors que d’autres montrent plusieurs couches de peinture et de nombreuses retouches.
Il faut aussi examiner la perspective. Les tables semblent parfois inclinées, les murs ne suivent pas des lignes parfaitement droites et les objets peuvent paraître décalés. Ces particularités correspondent à sa manière de reconstruire une scène à partir de ses souvenirs et de ses dessins préparatoires.
Le support fournit enfin de précieux renseignements. Bonnard travaillait souvent sur des morceaux de toile non montés, fixés directement au mur de son atelier. Il choisissait parfois les dimensions définitives seulement lorsque la peinture lui paraissait terminée. Les bords, les anciens trous de fixation et le montage de la toile doivent donc être examinés avec attention.
Reconnaître la signature de Pierre Bonnard
Pierre Bonnard signe généralement ses peintures du nom « Bonnard ». La signature se trouve souvent dans un angle inférieur, à droite ou à gauche. Elle peut être tracée au pinceau dans une couleur proche de celles du tableau afin de rester discrète.
Certaines œuvres portent une date placée à côté du nom, comme l’inscription « Bonnard 23 » visible sur Terrasse à Vernon. L’écriture reste généralement simple, légèrement inclinée et assez souple.
Tous les tableaux de Pierre Bonnard ne sont toutefois pas signés. Une absence de signature ne permet donc pas d’écarter immédiatement une œuvre. À l’inverse, une signature ressemblante ne suffit jamais à confirmer son authenticité.
Sur certains dessins et certaines œuvres restées dans l’atelier, on rencontre un cachet composé des lettres « PB ». Ce cachet, répertorié sous le numéro Lugt 3887, ne correspond pas à une signature manuscrite de l’artiste. Il doit être étudié avec le papier, la technique, la provenance et les éventuels certificats.
Tableau de Pierre Bonnard : ce que regardent nos experts
Pour estimer un tableau de Pierre Bonnard à partir de photographies, Romain Rudondy, commissaire-priseur et spécialiste de l’art moderne, commence par examiner la composition générale. Il recherche les sujets familiers de l’artiste, mais aussi sa façon particulière de placer les personnages, les objets, les fenêtres et les miroirs.
Il étudie ensuite la matière picturale. Une photographie prise de côté permet de distinguer les différences d’épaisseur, les reprises et les zones où la toile reste visible. Bonnard pouvait modifier ses peintures pendant plusieurs mois ou plusieurs années. Une surface trop uniforme ou une œuvre qui reproduit mécaniquement les couleurs d’un tableau connu demande donc une grande prudence.
Le revers est tout aussi important. Romain vérifie la trame de la toile, le châssis, les clous, les étiquettes de galerie, les numéros d’exposition et les anciennes marques de transport. Chez Bonnard, la manière dont la toile a été découpée puis montée peut apporter des informations précieuses.
La provenance et la bibliographie complètent cette analyse. Pour les peintures importantes, la présence de l’œuvre dans le catalogue raisonné établi par Jean et Henry Dauberville constitue un élément essentiel. L’estimation sur photographies permet de donner une première fourchette de valeur, mais elle ne remplace pas une authentification matérielle lorsque celle-ci est nécessaire avant une vente.
Pierre Bonnard, peintre des Nabis et de la vie quotidienne
Pierre Bonnard naît en 1867 à Fontenay-aux-Roses, dans une famille de la bourgeoisie française. Son père souhaite le voir embrasser une carrière dans l’administration. Le jeune homme suit donc des études de droit et obtient sa licence, mais il fréquente parallèlement l’Académie Julian et l’École des beaux-arts de Paris. Il y rencontre Édouard Vuillard, Maurice Denis et Paul Sérusier. Ensemble, ils fondent le groupe des Nabis à la fin des années 1880.
Sa carrière prend un premier tournant en 1891 grâce à une affiche créée pour France-Champagne. Cette commande attire l’attention de Toulouse-Lautrec et lui ouvre les portes du monde de l’édition et de la presse. Bonnard dessine alors des affiches, des programmes de théâtre, des décors et des illustrations pour La Revue blanche. Son goût pour les estampes japonaises lui vaut le surnom de « Nabi japonard ». En 1893, il rencontre Maria Boursin, qui se présente sous le nom de Marthe de Méligny. Elle devient sa compagne, son modèle puis son épouse en 1925.
Bonnard quitte peu à peu l’agitation parisienne. En 1912, il achète une maison à Vernonnet, près de Giverny, où il rend régulièrement visite à Claude Monet. En 1926, il s’installe au Bosquet, une maison située au Cannet, sur les hauteurs de Cannes. Marthe meurt en 1942. Très affecté, Bonnard continue néanmoins à travailler. Le Museum of Modern Art de New York lui consacre une rétrospective en 1946. Il meurt au Cannet le 23 janvier 1947, quelques jours après avoir apporté ses dernières retouches à L’Amandier en fleurs.
(Illus.)Pierre Bonnard, La nappe à carreaux rouges (1910, coll. privée)
Ne vous inquiétez pas immédiatement si votre tableau possède un châssis qui semble plus récent que la peinture. Pierre Bonnard travaillait souvent sur de grandes pièces de toile fixées directement au mur, sans châssis définitif. La toile pouvait être découpée et montée seulement après son achèvement. Un changement de châssis n’est donc pas nécessairement un mauvais signe !
Avant de faire nettoyer, restaurer ou retendre une toile attribuée à Pierre Bonnard, photographiez soigneusement ses bords, son revers et tous les anciens trous de fixation. Ces détails peuvent disparaître au cours d’une intervention, alors qu’ils fournissent parfois des renseignements importants sur la réalisation de l’œuvre.
Évitez également de retirer les anciennes étiquettes. Une simple mention de galerie, d’exposition ou de transport peut aider à reconstituer la provenance du tableau et avoir une influence directe sur son estimation.
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