Estimation et cote de l'artiste Richard Prince

Richard Prince (1949-…) est un artiste américain connu pour son appropriation de l’imagerie des médias de masse et son exploration des concepts de paternité et d’originalité. Evoluant essentiellement dans le domaine de la photographie et de la peinture, il est l’un des artistes les plus célèbres de la scène artistique, et ce, depuis les années 70 jusqu’à nos jours, dans le monde entier.

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Richard Prince, maître de l’appropriation en séries

Richard Prince est né le 6 août 1949 dans la zone du canal de Panama, l’actuelle République du Panama. Il passe son enfance à Boston puis s’installe à New York en 1973. Employé au département des archives de Time Inc. (puis Time-Life), société spécialisée dans l’édition, il se voit attribuer des missions de classement de coupures de presse, de découpage de journaux et magazines. Ce qui l’amène à débuter un travail de réflexion sur le recyclage des rebuts que sont publicités, annonces et bandes dessinées, qu’il se met à collectionner. A la même période, il se rapproche d’un groupe d’artistes, constitué par Robert Longo, Cindy Sherman, … avec lequel il partage l’idée d’appropriation et de détournement d’images des médias de masse. 

Au début des années 1980, Richard Prince intègre le groupe, qui devient alors la « Pictures Generation ». Il re-photographie des pages de publicités, identifie les typologies et les modèles récurrents puis re-cadre, agrandit, réorganise pour créer des collages. Le travail de Richard Prince se définit comme une vaste opération de recyclage de la culture populaire dans le but de déconstruire l’imagerie américaine très souvent sur un ton satirique. Par là même, ses œuvres peuvent être assimilées à des ready-made photographiques. En effet, à l’instar de Marcel Duchamp, le père du ready-made, Richard Prince apporte une réflexion sur la notion de sélection.

Ainsi sa célèbre série Cowboys (1980-1992) est-elle tirée des publicités pour les cigarettes Marlboro, dont il isole les personnages emblématiques des cowboys, explorant la masculinité américaine et l’attrait de l’archétype du cow-boy. Dans ses Joke Paintings (1986-1990) l’artiste reproduit, sur des toiles cette fois, des blagues potaches caractéristiques de la culture populaire. Dans la série très populaire, Nurse Paintings (2002-2008), il s’inspire de couvertures de romans pulp mettant en scène des infirmières érotisées et inquiétantes. Avec Hoods (2005-2008), composée de photographies de cowboys et de motos personnalisées, Richard Prince sonde les sous-cultures américaines associées aux deux thèmes. La série Car Hoods porte, quant à elle, sur les voitures customisées des années 1960 : il reproduit des photographies de ces objets de culte américains, repeignant ensuite le capot. 

Enfin, dans High Times (2017), il utilise les publicités sur le cannabis, explorant l’intersection de la contre-culture, de la publicité et de l’évolution du statut juridique de la marijuana. Richard Prince interroge et étudie la caractérisation de l’identité américaine par le biais de ce médium : les œuvres photographiques créées servent de support et de contenu, permettant à l’artiste de réaliser une gazette caustique. Cette émancipation des copyrights lui vaut d’être affilié à l’appropriationnisme, courant étudiant la notion d’appartenance des œuvres d’art, et rassemblant, entre autres, Sherrie Levine et Barbara Kruger.

Richard Prince, un artiste sur tous les fronts 

Au cours de sa carrière, Richard Prince constitue un ensemble d’œuvres diversifié employant plusieurs médiums tels que la photographie, la peinture et la sculpture… s’illustrant ainsi dans des domaines artistiques pluriels tels le monde musical avec l’illustration de l’album du groupe de rock avant-gardiste américain, Sonic Youth, intitulé Sonic Nurse. L’artiste a également participé, en 2008, à la création d’une collection de sacs pour l’entreprise de luxe Louis Vuitton, avec Marc Jacobs, intitulée « Untitled monogram ». Dans cette création, l’artiste désacralise le monogramme en le détournant allant jusqu’à apposer des tampons constitués de plaisanteries au risque de choquer la clientèle de la marque.
En 2014, c’est le domaine des réseaux sociaux qu’il envahit avec Nouveaux portraits : semblable aux peintures Instagram, cette série concerne l’impression et l’exposition de captures d’écran agrandies de publications Instagram d’autres personnes, brouillant les frontières entre paternité et propriété à l’ère numérique.

Richard Prince explore également le monde de l’édition : sous le pseudonyme de Fulton Ryder, il expérimente la profession d’éditeur, ouvrant même une librairie – à New York – spécialisée dans les livres d’artistes, les magazines rares, les objets de collection et les expositions occasionnelles de ses propres œuvres. Il publie, d’ailleurs, en parallèle d’une exposition majeure au Gagosian, à New York, une monographie, Hoods, portant sur le corpus d’œuvres de la série, éponyme, de sculptures peintes de 1988 à 2013.
Quant à ses peintures, elles témoignent clairement de l’influence du peintre expressionniste abstrait, Willem de Kooning, sur le plan technique. Son style est, en revanche, proche du Pop art, l’assimilant à des artistes tels Sherrie Levines, Andy Warhol et Jeff Koons. Toutefois, Richard Prince se revendique comme un artiste indépendant.

Richard Prince, un artiste controversé et subversif à la renommée mondiale

Les œuvres de Richard Prince présentent souvent des images provocatrices et suggestives, reflétant son intérêt pour l’appropriation des médias de masse et de la culture populaire. La réflexion menée sur le droit d’auteur et la propriété intellectuelle, en particulier, fait que l’artiste est très controversé. Son travail suscite des débats juridiques, notamment en raison de son utilisation d’images appropriées sans autorisation. Ainsi, en 2008, le photographe Patrick Cariou dépose-t-il une plainte contre Richard Prince pour atteinte au droit d’auteur, pour lui avoir emprunté des photographies parues dans son livre Yes Rasta afin de réaliser des collages. Sa série, Instagram Paintings, réalisée en 2014, est également l’objet d’une controverse : créée à partir de captures d’écran de publications Instagram, cette série de peintures soulève des questions sur la nature de l’appropriation et les frontières entre les espaces en ligne et hors ligne.
Pour ce qui du caractère subversif de Richard Prince, l’exemple le plus parlant est sans doute la toile représentant des infirmières intitulée Crashed Wayward Nurse : celle-ci a défrayé la chronique de par son genre sanguinolent.

La renommée de Richard Prince est donc considérable sur le marché mondial de l’art : deux de ses photographies, Spiritual America (1981) et Untitled Cowboy (2000) font, d’ailleurs, partie des 10 photographies les plus chères du monde. Une autre de ses œuvres appartenant à la même série, Untitled Cowboy, datant de 2005, est la première « photographie » à dépasser le million de dollars à une enchère, lors d’une vente chez Christie’s à New York. En 2006, Tender Nurse (2002), un jet d’encre et huile sur toile, a été vendu, pour sa part, pour 2,25 millions de dollars par Phillips à New-York. Les institutions internationales les plus réputées exposent ses créations : le Whitney Museum de New York (1992), la Kunsthalle de Zurich (2001), le Guggenheim Museum de New York (2007), le Palazzo Grassi à Venise (2007), le Kunsthaus de Bregenz (2014), la Fondation Louis Vuitton (2018) ainsi que le Musée d’Art Contemporain de Detroit (2020).

 

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Après trois années marquées par deux pics importants, en 2014 et 2016, la valeur des œuvres de Richard Prince s’avère relativement stable jusque 2023. Les ventes de l’artiste portent essentiellement sur ses photographies (48.5 %) – se vendant entre 158 et 2 194 250 € – puis sur ses peintures (27%) celles-ci s’étendant de 170 € à 8 678 240 €. Ses dessins & aquarelles représentent, quant à eux, 11% des ventes. Cependant, c’est une peinture qui détient le record des ventes de Richard Prince : Runaway Nurse (逃脫的護士) (2005-2006) vendue 8 678 240 € (80 000 000 HKD) à Hong Kong, en 2021. Richard Prince occupe la 65ème place du marché mondial et la 1ère place du marché aux États-Unis, en 2023.
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