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Les débuts artistiques de Suzanne Ramié et le choix de la céramique

Suzanne Ramié (née Douly) a vu le jour à Lyon en 1905. À dix-sept ans, en 1922, la jeune femme intègre les Beaux-Arts de la place des Terreaux, et y reste jusqu’en 1926. Suzanne Ramié y étudie dans les sections décoration et céramique, et remporte le prix triennal du ministère de l’Industrie. Elle se lance alors dans le dessin textile, devenant dessinandière pour une usine textile de Lyon, puis se mettant à son compte. C’est à cette période que Suzanne Douly fait la connaissance de Georges Ramié, qu’ils tombent amoureux et qu’ils se marient. Après dix ans de travail à Lyon, entre 1926 et 1936, Suzanne Ramié part avec Georges pour s’installer sur la côte d’azur. Suzanne travaille momentanément dans la publicité, à Cannes, et Georges se tourne vers l’arboriculture ; puis ils découvrent Vallauris, petite cité de la côte d’azur où l’art de la poterie traditionnelle est délaissé au profit de la batterie de cuisine en aluminium issue de la révolution industrielle qui fleurit dans tous les foyers azuréens.

1936-1938 : Suzanne Douly et Georges Ramié organisent l’atelier Madoura à Vallauris

Issue d’une famille bourgeoise, Paul Sérusier reçoit au Lycée Condorcet de Paris une éducation classique, où la philosophie et les mathématiques voisinent avec le latin et le grec.  Après avoir un moment envisagé de suivre les traces de son père, homme d’affaire, il entre à l’Académie Julian en 1885.  C’est là qu’il rencontre Maurice Denis, avec qui il restera lié jusqu’à sa mort et qui partagera ses positions artistiques. Durant l’été 1888, lors de vacances en Bretagne, Paul Sérusier côtoie certains des peintres que l’on regroupera a posteriori sous l’étiquette d’ « École de Pont-Aven », parmi lesquels Paul Gauguin, qui a une quinzaine d’années de plus que lui.  Gauguin encourage Sérusier à se démarquer de la pure imitation.

Suzanne Ramié et les premiers succès de Madoura

Le conflit mondial s’abat sur l’Europe en 1939, un an seulement après l’ouverture de l’atelier Madoura. Durant le début de la guerre, l’atelier sert de cantonnement. En 1940, de passage à Lyon, Suzanne Ramié présente ses oeuvres et connaît un beau succès. Marcel Michaud, le directeur de la galerie Folklore, remarque le talent de Suzanne Ramié et promeut les pièces signées Madoura.
Rapidement, les époux Ramié retournent à Vallauris et rouvrent l’atelier. Ils accueillent de nombreux artistes réfugiés sur la côte d’azur, en zone libre, à l’instar de Jean Cocteau. La céramique de Suzanne Ramié évolue des formes traditionnelles de la cuisine méridionale vers des créations moins utilitaires, plus sculpturales et issues de l’imagination de l’artiste. S’inspirant notamment de la céramique archaïque précolombienne, Suzanne Ramié travaille la céramique peinte et émaillée dans des formes originales et sobres.
À partir de 1946, Madoura expose au Salon de l’imagerie, au Salon des artistes décorateurs, et dans de nombreuses galeries parisiennes et internationales. En 1946 a aussi lieu un événement important : Suzanne Ramié organise avec André Baud, Roger Capron et Robert Picault dans le hall du Nérolium de Vallauris une manifestation de poterie, « Poterie, fleurs, parfum », la première d’après-guerre, que Picasso, accompagné de son ami Louis Fort, visite et apprécie.

Suzanne Ramié et Pablo Picasso : Madoura, centre de l’émulation artistique de sud de la France

Pablo Picasso demande à rencontrer les époux Ramié suite à sa visite de l’exposition ; initié à la céramique par Suzanne Ramié, il créée trois petites céramiques, s’en va, puis revient l’année suivante. Les Ramié aménagent un espace pour Picasso dans l’atelier, et il créée pendant plusieurs années d’innombrables céramiques, renouvelant le genre sous les yeux bienveillants de Suzanne Ramié. En 1948, Picasso expose avec Ramié et les autres au Nérolium. Madoura devient à terme le producteur exclusif des poteries de Picasso, plus de 3500 pièces officiellement recensées aujourd’hui, probablement bien plus, réalisées entre 1946 et 1961, date à laquelle Picasso cesse la collaboration. Durant cette vingtaine d’années, Madoura fonctionne si bien que les Ramié font appel à quelques tourneurs pour aider à la production. Dans l’atelier travaille aussi Jacqueline Roque, cousine de Suzanne Ramié, qui sera la future et dernière épouse de Pablo Picasso. L’atelier Madoura connaît d’autres moments d’émulation artistique. Outre Pablo Picasso, Georges et Suzanne Ramié accueillent au fil du temps des artistes tels que le céramiste Jean Derval, Jean Cocteau, Jean Lurçat, Victor Brauner, Léonard Foujita, Henri Matisse ou Marc Chagall ; dans le sillage du pionnier du cubisme, d’autres grands artistes viennent découvrir l’art de la céramique à Vallauris, où l’atelier Madoura fait désormais figure d’incontournable.

Le style de suzanne Ramié

Lorsque Picasso se met à innover dans l’atelier Madoura, Suzanne Ramié, pour se démarquer de son célèbre hôte, choisit de travailler l’émail en monochrome. Elle cesse la peinture de motifs et se concentre sur certains émaux colorés comme l’orange, le bleu ou le blanc, ainsi que sur les effets et textures. Dans les années 70, Suzanne Ramié réalise des pièces plus sculpturales, dans des formes à tendance géométrique. Elle épure les silhouettes de ses céramiques et s’oriente vers l’abstraction. Suzanne Ramié est morte en 1974, et Georges deux ans plus tard. Leur fils a repris l’atelier Madoura, qui a aujourd’hui cessé sa production.

L’estimation des oeuvres de Suzanne Ramié et Madoura

Sur le marché de l’art, on trouve des oeuvres données à Suzanne Ramié, d’autres à Georges Ramié, d’autres à Georges et Suzanne Ramié, et d’autres à Madoura. Le record pour une oeuvre de Suzanne Ramié a été atteint en 2021 : une coupe de 1950 s’est vendue près de 25 000 euros (hors frais). Les vases, lampes et pichets de Suzanne Ramié créés entre les années 1950 et 1960 se vendent en général, selon les céramiques, entre 1 000 et 12 000 euros. Pour des céramiques de petites ou très petites dimensions, compter sous les 1 000 euros.

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