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Suzanne Belperron et Bernard Herz

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Un partenariat inégal

Bernard Herz est né en 1877 à Paris dans une famille bourgeoise. Son père est alors négociant en diamants et perles. C’est en 1903 qu’il en reprend la société. On sait peu de choses sur lui avant sa rencontre avec Suzanne Belperron qu’il prend rapidement comme collaboratrice.

Suzanne Belperron est née Vuillerme en 1900 à Saint-Claude dans le Jura, centre mondial dans la taille de diamants. Elle est la fille d’un négociant et d’une caissière. Elle obtient en 1917-1918 le premier prix du concours des arts décoratifs de l’Ecole des Beaux-Arts de Besançon. En 1919, à Paris, elle entre en tant que dessinatrice chez Boivin, une joaillerie fondée en 1890 par Jeanne Boivin, sœur de Paul Poiret et veuve de René Boivin. Elle contribue à l’évolution de la maison en l’ouvrant à la modernité de son temps. En 1924, elle épouse Jean Belperron avec qui elle fréquente le milieu artistique parisien. Elle est même reconnue comme une artiste, bien qu’anonyme, dans le monde de la bijouterie, où les dessinateurs disparaissent sous le nom des maisons pour lesquelles ils travaillent.

Belperron, une artiste des pierres

Suzanne Belperron quitte la maison Boivin en 1931 pour rejoindre Bernard Herz pour qui elle devient directrice artistique et technique. Rapidement devenue co-directrice, elle vend alors son travail sous son propre nom pour la maison Herz. Durant les années 1930, les créations de Suzanne Belperron font la renommée et la richesse de la maison. Particulièrement réputées, ses créations sont reprises dans les grandes revues comme Vogue. Dans l’édition américaine de 1934, Mme Belperron est citée comme celle qui « a révolutionné le monde du bijou par ses sculptures à la main de pierres précieuses ». Ces bijoux s’assortissent aux vêtements des grands couturiers comme Schiaparelli ou Chanel. Suzanne Belperron est alors un grand nom de la joaillerie française que même Van Cleef & Arpels ou Tiffany & co tentent de débaucher.

Les bijoux exubérants dont elle fait sa signature sont résolument modernes. Ils demeurent élégants et de bon goût. Ornés de pierres de toutes couleurs, ils sont l’expression de la grande inventivité de Suzanne Belperron. Ces pièces sont de formes abstraites ou bien des représentations de la nature. L’artiste crée des œuvres fantaisistes sur tout support : bagues, bracelets, colliers, clips… Toujours finement travaillées, ce sont des pièces éclatantes qui ne laissent pas indifférent. 

Bijoutiers en période de guerre

L’entreprise de Herz et Belperron qui s’est développée durant les années 1930 est très vite inquiétée par la guerre. Bernard Herz est d’origine juive et l’aryanisation des grandes sociétés le concerne particulièrement. L’État impose alors aux entreprises dont le propriétaire est Juif de l’indiquer. Ces entreprises font l’objet d’une campagne de propagande antisémite dans la presse. Les entreprises juives sont rapidement saisies et mises sous tutelle avant d’être vendues, le plus souvent au rabais.

Bernard Herz est interrogé plusieurs fois dès les débuts de l’Occupation. Afin de préserver son entreprise et éviter l’aryanisation, Herz la vend à Suzanne Belperron en qui il a pleinement confiance. En 1941, il est arrêté lors de la troisième grande rafle de Paris et envoyé en camp de concentration à Compiègne avant d’être relâché. Un administrateur général est nommé pour gérer ses biens. En 1942, Bernard Herz est de nouveau arrêté suite à une dénonciation. Il est conduit à Drancy et meurt l’année suivante à Auschwitz. Tous ces biens personnels sont vendus et sa société n’est préservée que parce qu’il l’a vendue à Suzanne Belperron.

Suzanne Belperron après Bernard Herz

De son côté, Mme Belperron devient la propriétaire de l’entreprise après avoir dû s’engager sur l’honneur que ni elle ni sa famille n’était juive. Elle doit payer un pot de vin pour pouvoir continuer d’exercer. Durant la guerre, elle continue de produire afin de garder l’entreprise à flot. Il devient de plus en plus compliqué de poursuivre avec notamment l’interdiction du commerce d’or par la Banque de France. Il est même conseillé aux propriétaires de s’enregistrer dans un recensement officiel. Le cours de l’or flambe alors sur les marchés clandestins. Tout client désirant un bijou doit fournir le métal pour celui-ci ainsi qu’un pourcentage de perte et un pourcentage pour l’État. Concernant les gemmes, il faut alors compter sur les réserves réalisées par Bernard Herz.

Après la guerre, elle s’associe à Jean Herz, le fils de Bernard. En 1963, Suzanne Belperron, créatrice joaillière, est nommée chevalier de la légion d’honneur. La société est dissoute en 1974. Suzanne Belperron continue tout de même de travailler pour des amis et d’anciens clients, notamment pour des successions ou des dons. Bien que sollicitée par de grandes maisons, elle refuse des propositions de créations de nouvelles œuvres. En 1983, elle décède dans un accident, sans héritier. Tous ces biens reviennent à un ami proche, Michel Choisy.

Postérité de la maison

L’ensemble du fond d’archives de Belperron et Herz appartient à Jean-Pierre Brun, seul propriétaire des droits d’exploitation Belperron. Également bijoutier, il a travaillé avec Suzanne Belperron dès 1958. Il produit à partir d’archives des rééditions de bijoux dessinés par Suzanne Belperron jusqu’en 1998 avant de céder les archives à Ward Landrigan, société new-yorkaise qui continue de produire les créations Belperron.

Un ensemble d’archives personnelles de la créatrice a également été redécouvert en 2007 suite à l’ouverture de son appartement qui contenait des bijoux, ébauches, maquettes et carnet de commandes et de rendez-vous. En 2011, à partir de ces archives, Sylvie Raulet et Olivier Baroin ont publié le premier ouvrage consacré à Suzanne Belperron, Une pionnière du bijou moderne.

Côte de la Maison Herz - Belperron

Les bijoux innovants de la créatrice sont toujours aussi recherchés. Ses bijoux se vendent à des prix importants sur le marché de l’art. Les pièces se vendent dès 5 000 euros jusqu’à des sommes atteignant plusieurs centaines de milliers d’euros. Une paire de clips de corsage a atteint 112 500 euros à une vente en 2019, deux fois son estimation haute initiale. Un bracelet orné de diamant a quant à lui dépassé en 2018 les 870 000 euros.

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