Estimation, cote et valeur de l’artiste Emilio Boggio

Emilio Boggio (1857-1920) est l’un des grands peintres vénézuéliens de sa génération, même s’il a passé l’essentiel de sa vie en France. Formé à Paris, proche d’Henri Martin et sensible aux recherches de Claude Monet et Camille Pissarro, il quitte peu à peu la peinture académique pour une manière plus libre. Ses paysages d’Auvers-sur-Oise, ses vues de la Seine, ses arbres en fleurs et ses marines italiennes comptent aujourd’hui parmi ses œuvres les plus recherchées. Certaines huiles dépassent 20 000 € aux enchères et son record atteint 92 500 $ !

Vous possédez un tableau, un dessin ou une aquarelle d’Emilio Boggio ? Chez Estimon’objet, obtenez une estimation gratuite, rapide et confidentielle, réalisée par nos experts en art et nos commissaires-priseurs.

Estimation gratuite Emilio Boggio

Prix des œuvres d'Emilio Boggio

  • Peinture à l’huile sur toile ou sur panneau : entre 500 € et plus de 90 000 €

  • Dessin, crayon ou fusain : entre 30 € et 5 000 €

  • Aquarelle, gouache ou encre : entre 100 € et plus de 25 000 €

Vous possédez une œuvre d’Emilio Boggio et souhaitez connaître sa valeur ? Remplissez notre formulaire en ligne et joignez des photographies de la face, du revers, de la signature et des éventuelles étiquettes ou inscriptions.

Nos experts et commissaires-priseurs étudieront la technique, les dimensions, l’état de conservation, la provenance ainsi que la cote actuelle de l’artiste. Vous recevrez une première estimation sous quelques jours. C’est gratuit et totalement confidentiel.

La cote d’Emilio Boggio sur le marché de l’art

La cote d’Emilio Boggio dépend beaucoup de la période, du sujet, des dimensions, de l’état de conservation et de la provenance. Les huiles sur toile dominent son marché. Les tableaux peints avant 1900, les portraits aboutis, les paysages d’Auvers et les marines de Nervi peuvent obtenir de très beaux résultats. À l’inverse, une étude sur papier, une œuvre très petite ou une peinture en mauvais état peut rester sous la barre des 1 000 €. Les montants ci-dessous correspondent à des résultats publics. Selon les maisons de ventes, ils peuvent inclure les frais acheteurs.

La cote des peintures de figures et des œuvres de jeunesse

Les premières peintures d’Emilio Boggio sont plus rares que ses paysages tardifs. Elles gardent souvent un dessin précis, des modelés soignés et une palette plus sombre. Les collectionneurs vénézuéliens et internationaux recherchent tout particulièrement les compositions qui documentent ses débuts parisiens et sa période académique.

Voici quelques résultats de référence :

  • La Lecture (1888) : cette grande huile sur toile, présentée au Salon des artistes français, a été adjugée 92 500 $. Il s’agit du record public de l’artiste.
  • Portrait au déshabillé (1904) : cette huile sur toile a été vendue 31 250 $ 
  • Mujer en poltrona (date non précisée) : ce grand portrait féminin de 101 × 129 cm a atteint 18 750 $

Ces résultats ne signifient pas que tous les portraits de Boggio valent plusieurs dizaines de milliers d’euros. Une composition ambitieuse, une date recherchée et une provenance claire font toute la différence.

La cote des paysages et des marines

Les paysages forment le cœur du marché d’Emilio Boggio. Les amateurs apprécient ses vues d’Auvers-sur-Oise, ses bords de Seine ou de l’Oise, ses vergers et ses arbres en fleurs. Les marines peintes à Nervi, en Italie, entre 1907 et 1909 sont moins courantes. Leur sujet, leur lumière et parfois leur grand format peuvent soutenir une estimation élevée.

Voici plusieurs ventes significatives :

  • La Playa de Nervi (1908-1909) : cette toile monumentale de 174 × 276 cm a été vendue 26 000 € 
  • Les Bords de l’Oise vus du territoire de La Bonneville (1912) : ce paysage peint à Auvers le 17 février 1912 a obtenu 21 250 € , soit plus de cinq fois son estimation haute.
  • Le Chemin de la Bourgogne, Auvers (1917) : cette huile sur toile de 65 × 81 cm a été adjugée 18 200 € 
  • Normandie, la maison de campagne (1909) : cette huile sur toile datée au revers a été vendue 14 400 $ 

Pour les paysages, les mentions inscrites au dos ont une réelle importance. Un titre, un lieu, une date précise et un numéro d’atelier peuvent aider l’expert à replacer le tableau dans la production de Boggio.

La cote des dessins, encres et aquarelles

Emilio Boggio a laissé plusieurs centaines de dessins. On rencontre des crayons de jeunesse, des portraits, des études, des encres et quelques aquarelles. Leur cote est très irrégulière : beaucoup de feuilles se vendent pour quelques dizaines ou centaines d’euros, alors qu’une œuvre sur papier rare, bien documentée et issue d’une provenance reconnue peut atteindre un montant bien supérieur.

Quelques résultats montrent cet écart :

  • Ermita (non datée) : cette petite encre de Chine sur papier, marquée du cachet « SUCCESSION EMILE BOGGIO », a été adjugée 27 600 $. Ce résultat reste exceptionnel pour une œuvre sur papier de l’artiste.
  • Vue au café Florian, Paris (1889) : ce crayon sur papier avec le cachet de la succession a été adjugé 40 € 
  • Jean Turquin, journaliste et critique d’art, Paris (1900) : ce fusain sur papier a été vendu 30 € 
  • Le Petit Facteur (date non précisée) : ce dessin préparatoire au crayon, également marqué du cachet de la succession, a obtenu 50 € 

La seule présence du cachet de la succession ne suffit donc pas à donner une valeur élevée. La qualité du dessin, le sujet, la provenance, l’état du papier et le lien avec une œuvre connue restent essentiels.

Comment reconnaître un tableau d’Emilio Boggio ?

La manière de peindre d’Emilio Boggio change au fil de sa carrière. Ses œuvres de jeunesse restent proches de l’enseignement académique : les contours sont nets, les figures soigneusement dessinées et les couleurs souvent plus sombres. À partir du début du XXe siècle, sa peinture devient beaucoup plus libre. Dans ses paysages, la surface garde les traces du pinceau. De petites touches distinctes se juxtaposent pour représenter l’eau, le feuillage, les fleurs ou les reflets du ciel.

La matière constitue un autre indice utile. Sur de nombreux tableaux tardifs, la peinture forme de petits reliefs. Les blancs, les jaunes, les verts et les bleus restent visibles en touches séparées lorsqu’on regarde la toile de près. À quelques mètres, ces couleurs se rassemblent et rendent la lumière d’un verger, d’une rivière ou d’un ciel d’hiver. Cette technique rappelle parfois celle de son ami Henri Martin, mais Boggio conserve une manière plus directe, surtout dans ses vues d’Auvers-sur-Oise.

Les sujets donnent également de bonnes pistes. Emilio Boggio peint souvent les bords de l’Oise et de la Seine, les chemins d’Auvers, les arbres au printemps, les scènes de récolte, les rues de Paris et les côtes de Nervi. Il travaille surtout à la peinture à l’huile, sur toile ou sur panneau. Toutefois, ni le sujet ni la technique ne suffisent à prouver une attribution : des imitateurs ont repris ce type de paysage après sa mort.

Reconnaître la signature d’Emilio Boggio

Emilio Boggio signe le plus souvent « Boggio », au pinceau, dans l’angle inférieur gauche ou droit de la peinture. On trouve aussi la forme « E. Boggio ». La couleur de la signature s’adapte généralement au tableau : elle peut être sombre sur un fond clair ou plus claire sur une zone foncée.

Le revers mérite la même attention que la face. Boggio y reporte parfois son nom complet, le titre de l’œuvre, le lieu, une date très précise, les dimensions et un numéro. Ainsi, plusieurs tableaux connus portent des mentions comme « Auvers », « Nervi » ou « Normandie », avec le jour et le mois de réalisation. Ces inscriptions peuvent apporter des renseignements précieux sur l’histoire de la peinture.

Sur les dessins non signés, un cachet sec ou un tampon « SUCCESSION EMILE BOGGIO » apparaît parfois. Il s’agit d’une marque de succession et non d’une signature manuscrite de l’artiste. Une signature ou un cachet ne constitue jamais une preuve absolue à lui seul : leur graphisme, leur ancienneté et leur cohérence avec l’œuvre doivent être contrôlés par un spécialiste.

Signature Emilio Boggio
Expertise signature Emilio Boggio

Tableau d’Emilio Boggio : ce que regardent nos experts

Romain Rudondy, notre commissaire-priseur spécialisé en peintures anciennes et modernes, commence par identifier la période probable du tableau. Il compare la façon de traiter les figures, le ciel, l’eau et les arbres avec les œuvres documentées de Boggio. Une peinture académique des années 1880 ne doit pas présenter la même touche qu’un paysage d’Auvers peint vers 1915. Il examine ensuite la matière. Sur une bonne photographie prise de côté, les petits reliefs de peinture, les reprises et les zones plus minces deviennent visibles. Il vérifie aussi l’état de la toile ou du panneau, les craquelures, les manques et les restaurations anciennes. Ces défauts ne rendent pas forcément l’œuvre invendable, mais ils peuvent modifier fortement son estimation.

Enfin, Romain étudie le revers : signature, numéro, titre, date, lieu, anciennes étiquettes de galerie, marques de châssis et cachet de succession. Chez Boggio, cet ensemble peut être particulièrement riche. Une inscription cohérente avec une série connue et une provenance ancienne renforcent le dossier. Si le tableau a figuré dans une exposition ou possède un certificat de la famille de l’artiste, ce document doit aussi être photographié et conservé.

Emilio Boggio, un peintre entre la France et le Venezuela

Emilio Boggio naît au Venezuela en 1857 et arrive très jeune en France avec sa famille. Ses proches le destinent d’abord au commerce, mais il choisit la peinture. À Paris, il rejoint l’Académie Julian à la fin des années 1870 et suit l’enseignement de Jean-Paul Laurens. Il y rencontre Henri Martin, qui devient un ami proche. Tous deux travaillent ensemble dans plusieurs régions françaises et partagent leurs recherches sur le paysage.

Boggio expose au Salon des artistes français à partir de 1887. La Lecture reçoit une mention honorable en 1888, puis le peintre obtient une médaille de bronze à l’Exposition universelle de 1889 et une médaille d’argent à celle de 1900. Il vit un temps à Vaux-sur-Seine, voyage en Italie entre 1907 et 1909, puis s’installe à Auvers-sur-Oise en 1910. Une grande présentation de ses œuvres a lieu au Salon cette même année, avant une exposition personnelle à la Galerie Georges Petit en 1912.

En 1919, Emilio Boggio retourne au Venezuela après de longues années d’absence. Son exposition à Caracas et ses échanges avec les jeunes artistes du Círculo de Bellas Artes jouent un rôle important dans la diffusion de l’impressionnisme dans le pays. Il encourage notamment une génération qui compte Armando Reverón, Manuel Cabré et Federico Brandt. De retour en France, il meurt à Auvers-sur-Oise en 1920. Ses œuvres sont aujourd’hui conservées au musée d’Orsay, au Centre Pompidou et dans plusieurs collections publiques vénézuéliennes.

Retournez toujours le tableau avec précaution et photographiez l’intégralité du revers avant de retirer le cadre. Chez Emilio Boggio, le dos peut livrer presque autant d’informations que la peinture elle-même : numéro d’atelier, titre, lieu, date exacte, dimensions ou ancienne étiquette. Prenez aussi une photographie rapprochée de chaque inscription, puis une autre en lumière rasante pour faire apparaître les creux du crayon, de l’encre ou de la peinture.

Ne nettoyez pas les inscriptions et ne retirez aucune étiquette ancienne. Même un numéro qui semble banal peut relier votre tableau à une série d’Auvers, de Normandie ou de Nervi. Pour une œuvre sur papier, photographiez aussi le cachet « SUCCESSION EMILE BOGGIO » et les bords de la feuille. Ces détails permettent à l’expert de gagner un temps précieux et d’établir une estimation plus fiable !

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