Estimation et cote de l'artiste Blutch

Blutch est un auteur de bande dessinée atypique. Alors qu’il est membre de la Nouvelle bande dessinée, mouvement qui propose une bande dessinée alternative à l’école franco-belge de bande dessinée des années 1950-60, il reste profondément attaché et admiratif de la bande dessinée franco-belge des années 1950. Explorant les techniques graphiques et les univers, son dessin, presque toujours en noir et blanc, révèle ses influences multiples, aussi bien traditionnelles que contemporaines. 

Cette position fait de Blutch le parfait héritier de la bande dessinée classique et le précurseur de la bande dessinée contemporaine. Sur cette page vous découvrirez l’histoire de Blutch et ses œuvres emblématiques.  Besoin d’une expertise Blutch ? Contactez l’équipe d’Estimon’objet !

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Figure de la Nouvelle bande dessinée et réinterprétation des classiques par Blutch

Blutch, de son vrai nom Christian Hecker, est un auteur de bande dessinée, né le 27 décembre 1967. Son pseudonyme est tiré d’un des personnages de la série belge Les Tuniques bleues (de Cauvin et Salvérius publié chez Dupuis en 1968), le caporal Blutch, avec lequel il a une ressemblance physique avérée. Dès son enfance, il est fasciné par la bande dessinée et le dessin. Il entreprend des études artistiques à l’École des Arts Décoratifs de Strasbourg. Blutch est découvert lors d’un concours organisé par le mensuel Fluide glacial et s’illustre dans un graphisme proche de Morris, dessinateur du célèbre Lucky Luke. Il travaille d’abord pour le magazine Umour puis va à la rencontre des éditeurs indépendants avec ses premières bandes dessinées. 

En 1994, il publie chez L’Association sa série Sunnymoon, tu es malade. L’éditeur Cornélius, lui, publie La Lettre américaine en 1995 puis Mitchum entre 1996 et 1999. En 1996, Blutch fait son entrée dans le mensuel « (À suivre) » avec Péplum et impose son style très particulier, traité en noir et blanc. Publiée en intégralité en 1997 par Cornelius, cette adaptation libre du Satyricon de Pétrone, découvert via l’adaptation italienne de Fellini, construit sa réputation dans le monde de la bande dessinée. Cet album est le reflet de l’univers sauvage et indompté exploré par Blutch. Il renouvelle perpétuellement son travail et reprend les classiques de la bande dessinée.

En 1998, il publie des souvenirs de son enfance en Alsace dans les années 1970 rassemblant les pages de Petit Christian, parues dans Fluide Glacial entre 1994 et 1996. À la fin des années 1990, il invente le personnage de Blotch, dont le prénom est choisi expressément en référence à son pseudonyme. Il met en scène un pédant dessinateur de l’entre-deux-guerres à l’humour ringard et misogyne. Il raconte ses propres aventures comme dessinateur comique au sein d’un magazine hebdomadaire titré « Fluide glacial ». Ce personnage fait étrangement écho à la propre vie de Blutch.

 En 2000, il publie Blotch, le roi de Paris avec lequel il remporte l’Alph-Art humour du Festival International de la Bande Dessinée à Angoulême. Au tournant des années 2000, l’illustration d’ouvrages pour enfants lui permet d’explorer différentes techniques et différents univers graphiques. Par exemple, les illustrations des Contes d’Amériques par Henri Gougaud, publié aux éditions du Seuil en 2004, sont réalisées au pastel gras.
Blutch est considéré comme un des principaux auteurs de la Nouvelle bande dessinée qui veut proposer une alternative à la bande dessinée franco-belge des années 1950. Pourtant, les auteurs classiques de la bande dessinée sont importants pour Blutch et il rejette toute opposition avec la bande dessinée contemporaine. Au contraire, il critique la dimension commerciale de celle-ci en proie à la pression des éditeurs. En 2014, il publie sa bande dessinée Lune l’envers chez Dargaud. 

Dans ce récit à mi-chemin entre science-fiction et comédie dramatique, il évoque la question du processus de création artistique et le rapport au temps. Il livre une caricature caustique du monde de l’édition et critique l’injonction de toujours produire une suite. Il est aussi attaché à la tradition classique du strip américain et compartimente ses planches en trois colonnes, cherchant la clarté des grands maîtres américains. Blutch veut également rendre hommage aux auteurs de la bande dessinée classique. En 2017, son album Variations regroupe trente planches en noir et blanc dans lesquelles il réinterprète des extraits d’albums classiques de la bande dessinée franco-belge et italienne (André Franquin, Albert Uderzo, Jean-Claude Forest, Michel Greg, René Pellos et Daniel Goossens) qui l’ont marqué. Comme aboutissement de cette démarche, Blutch publie en 2023 une réinterprétation de Lucky Luke de Morris, faisant du cowboy une baby-sitter d’enfants difficiles à dompter.

Blutch ou le « Mozart de la BD »

Blutch est qualifié de virtuose ou encore de « Mozart de la BD » par le cinéaste Patrice Leconte. Le dessin est, pour lui, aussi important que l’était la musique pour le compositeur. Blutch se réclame majoritairement de l’école franco-belge, avec notamment pour influences : Hergé, Ungerer, Moebius, Jijé et René Pellos. Comme beaucoup d’auteurs de bande dessinée, il est aussi inspiré par la peinture et la danse, notamment par le peintre Edgar Degas dont on connaît les représentations des petits rats de l’opéra. Le septième art est important pour Blutch et irrigue toute son œuvre. En 2008, il fait la rencontre d’Alain Resnais pour lequel il réalise l’affiche de son film Les Herbes Folles. Il s’ensuit une collaboration fructueuse avec le réalisateur pour plusieurs films, décors et bandes annonces. En 2011, il consacre un album à sa passion de cinéphile : Pour en finir avec le cinéma, chez Dargaud. 

La musique, et particulièrement le jazz, séduisent Blutch. Il y consacre un album, Total Jazz, en 2004 chez Seuil dans lequel il met en scène des histoires musicales. Il fait un parallèle entre sa pratique du dessin et le genre musical notamment dans la place que prend l’improvisation. Dans le jazz, les jazzmen travaillent sur des morceaux connus, réinventés par chaque musicien, appelés standards. A l’instar des jazzmen, Blutch reprend des planches existantes connues de tous, pour les réinterpréter, comme avec le personnage de Lucky Luke. Le dessin de Blutch est connu pour être en noir et blanc, à quelques exceptions près. Son fameux coup de « feutre-pinceau » lui permet de modeler les volumes par des petits traits veloutés et rapprochés. 

En 2002, Blutch fait appel à la coloriste Ruby pour son album Vitesse moderne, publié chez Dupuis. Cette collaboration montre l’importance du dessin en noir et blanc chez Blutch qui semble refuser toute utilisation de la couleur dans cet ouvrage, au point de devoir faire appel à un autre corps de métier. Toutefois, il utilise les couleurs dans un but précis. En 2005, il publie un recueil de dessins chez Futuropolis : C’était le bonheur, qui porte sur la famille et le couple. Son trait est fin et griffonné. Deux autres recueils voient le jour sur ce sujet : le dernier, La Beauté, rassemble des dessins au crayon de couleur. Les tonalités rouges, marrons et noires sont pour Blutch un moyen de suggérer l’érotisme des scènes et de séduire le lecteur, ou, au contraire, de le choquer par une image animale de la sexualité.

Blutch est en quête perpétuelle du dessin. Il cherche à donner une interprétation graphique du réel, vraie et subjective à la fois. Pour Blutch, un bon dessinateur doit « penser avec la main ». Mais la narration n’est pas en reste : passionné de littérature, la bande dessinée est, selon Blutch, le seul moyen pour allier le dessin et les mots. Il est d’ailleurs stimulé par des œuvres contemporaines qui se démarquent par leur dessin simple qui laisse la place au blanc comme Frédéric Poincelet ou Fabio Viscogliosi.

 

Blutch, auteur consacré par le monde de la bande dessinée et le marché de l’art

Blutch est un auteur admiré en France et à l’international. Les festivals de bande dessinée lui accordent une place particulière tout au long de sa carrière. En 2009, il est récompensé par le Grand prix de l’Académie des Grands Prix du festival de la ville d’Angoulême pour l’ensemble de son œuvre. Il est nommé président de l’édition de 2010 du Festival International de la Bande Dessinée à Angoulême au cours de laquelle une grande exposition rétrospective lui est consacrée. En 2019, Blutch est l’invité d’honneur des 4e Rencontres de l’illustration et du festival Central Vapeur à Strasbourg. À cette occasion, cinq expositions montrent ses planches au public. Dans l’exposition Art mineur de fonds au Musée d’Art moderne et contemporain de Strasbourg, ses planches originales dialoguent avec les gravures d’Antonio Pollaiuolo, Albrecht Dürer, Gustave Doré, Max Ernst ou Pierre Alechinsky. L’événement permet aussi la publication d’ouvrages concentrés sur le travail d’illustrateur de Blutch. Le livre Un Autre Paysage, publié chez Dargaud, offre un panorama sur son œuvre et ses différentes techniques utilisées, comme le pastel, le crayon de couleur, le stylo-bille, etc. Le but de cet ouvrage est de montrer l’éclectisme des influences de Blutch.

Blutch est présent dans le marché de l’art, aussi bien en galerie qu’en salle des ventes. En 2023, la galerie Barbier expose les planches originales de sa dernière publication : La Mer à boire (2023, Editions 2024). Cette exposition offrait la possibilité unique d’observer les planches avant leur colorisation et de comprendre le processus créatif de Blutch. Certaines planches étaient montrées avec des essais chromatiques. Quant aux salles des ventes, les planches de Blutch sont régulièrement soumises au poids du marteau et atteignent parfois plusieurs milliers d’euros. Il fait lui-même don de certaines planches pour les mettre en vente. En 2022, la planche originale n°11 de son album Pour en finir avec le cinéma a atteint 2 400 €.

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(Ilus.) Cartel : Blutch, Sunnymoon tu es malade, L’Association, 1994

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