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Estimation et cote de l'artiste Jean-Claude Forest

Jean-Claude Forest a participé, par son œuvre, à désenclaver la bande dessinée du domaine enfantin et a contribué à sa reconnaissance comme un art à part entière et autonome. Son œuvre, connue pour l’élégance de son trait, le sex-appeal de ses héroïnes et la qualité littéraire de ses dialogues, ouvre la bande dessinée à un public adulte.Découvrez ici l’histoire de Forest et ses œuvres emblématiques.  Besoin d’une expertise Forest ? Contactez l’équipe d’Estimon’objet !  

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Les débuts de Forest

Jean-Claude Forest est un auteur de bande dessinée français, né le 11 septembre 1930 et mort le 30 décembre 1998. Il signe sous le nom de Forest. Il souffre d’asthme dès son enfance et va développer une passion pour la lecture pour s’évader. Il est déscolarisé pendant une partie de son enfance et sa culture se compose principalement de la bande dessinée et de la littérature jeunesse. D’une part, il lit les romans d’aventures de Jules Verne, de Lewis Caroll et Boris Vian. D’autre part, il se nourrit de la bande dessinée américaine de l’Âge d’or, entre 1938 à 1954. Naturellement, il se lance dans la bande dessinée, alors qu’il rêve de faire du cinéma et de devenir écrivain, car c’est un domaine qu’il maîtrise dès le départ. Il fait ses études à l’École des Métiers d’Art de Paris et entre dans l’atelier de dessin animé. Forest publie ses premières planches de bande dessinée comique destinées à la jeunesse pour les récits complets des « Albums de Poche » : « Croquenoix l’Écureuil », dans la série Les Albums de Poche (Tom Clay Le Petit Cow-Boy) en 1948 et 1949, « Hippolyte et les diamants de Pésetas-City » en 1948 et « Le Vaisseau hanté » de la série Les Albums d’or aux éditions Élan en 1949. En 1949, il débute dans le magazine O.K. avec la publication de La Flèche noire entre mars et juin 1949. 

Forest commence sa carrière au moment où il n’est pas difficile de voir ses planches publiées, malgré une mauvaise reconnaissance du statut d’auteur qui n’est pas toujours mentionné. Il réussit à publier ses planches sans trop de peine auprès de divers éditeurs. Au début de sa carrière, Forest est influencé par les dessinateurs américains comme Milton Caniff, Nicholas Afonsky et Elzie Crisler Segar, créateur de Popeye. En 1951, il travaille pour Caméra 34, le bimensuel de poche des éditions Vaillant, un journal français hebdomadaire de sympathie communiste et l’un des plus renommés dans les journaux illustrés pour enfants. Entre 1951 et 1954, Forest dessine de nombreuses illustrations de romans mais aussi des courtes histoires d’une dizaine de pages pour lesquelles son nom n’est pas crédité. Forest se fait connaître par les illustrations des aventures de Charlot qui met en scène le protagoniste des films de Charlie Chaplin en 1952 chez Vaillant. Les cases de ses planches ont des bords arrondis pour donner l’impression d’une pellicule de cinéma. Il utilise le même procédé pour sa bande dessinée Le Copirit publiée dans le magazine Vaillant en 1952. Il y met en scène un animal imaginaire qui va inspirer Nikita Mandryka pour Le Concombre masqué en 1965.

L’affirmation de la bande dessinée pour adultes : ses premiers succès

Barbarella, héroïne libre qui renouvelle la place de la femme dans la bande dessinée. Sa première série à succès est nommée Barbarella, publiée dans V Magazine en 1962. Il met en scène une héroïne pulpeuse dans un univers de science-fiction débridé. Ce premier album mélange deux genres menacés par la censure : l’érotisme et la science-fiction. Barbarella est considérée comme provoquante, non pas pour son côté érotique mais plutôt parce que c’est un personnage libre.  Elle tranche radicalement avec le rôle de faire-valoir auquel la bande dessinée avait cantonné les personnages féminins jusque-là.  Barbarella est ensuite publiée en album aux éditions Losfeld en 1964. Malgré le scandale, Barbarella est une œuvre pionnière car elle amène la bande dessinée “pour adultes” dans un support, plus traditionnel, qui touche un nouveau lectorat. Elle échappe à tous les stéréotypes de la bande dessinée enfantine des années 1960. Barbarella va connaître une notoriété mondiale grâce au film de science-fiction mythique éponyme de 1968 de Roger Vadim avec l’actrice Jane Fonda. Le film est critiqué par Forest qui intente un procès, qu’il perd, contre son producteur, Dino de Laurentiis. L’action militante de Forest pour la reconnaissance de la bande dessinée. En 1962, Forest commence son action militante pour la reconnaissance de la bande dessinée. Il fonde avec Alain Resnais, Chris Marker et Francis Lacassin, le Club des bandes dessinées qui deviendra en 1964 le Centre d’Études des Littératures d’Expression Graphique (CELEG). Cette association ouvre le processus de légitimation de la bande dessinée comme art à part entière.

Hypocrite, tournant dans le style graphique de Forest

En 1971, Forest publie Hypocrite dans les pages du quotidien France-Soir, dans la même veine que Barbarella. Cette bande dessinée avant-gardiste ne fait pas l’unanimité auprès des amateurs de la bande dessinée franco-belge. Cette série constitue un tournant dans le style graphique de Forest. Alors que le dessin de Barbarella est marqué par l’esthétique des années 1960 et par son dessin anguleux et réaliste, il adopte ici un trait beaucoup plus souple, plus stylisé, qui se détache d’une certaine forme de réalisme. Hypocrite est aussi marqué par un usage de la couleur psychédélique qui pousse la tendance pop de l’œuvre de Forest. Forest est aussi un très bon dialoguiste. Il a un goût unique pour l’écriture et ses dialogues sont d’une qualité littéraire inattendue pour une bande dessinée, genre littéraire encore considéré comme pour enfants. Son texte est très travaillé, a un côté théâtral et manque de réalisme. Il joue aussi avec la typographie et le type de texte, à la fois dans les bulles et dans le texte de narration, avec des lettres capitales. L’écriture de Forest est la marque constitutive de son travail, montrant son ambition de devenir écrivain.

Le succès de Forest dans les années 1970

À partir des années 1970, Forest collabore avec toutes les revues d’avant-garde des années 1970 comme Fluide glacial, Métal hurlant et en particulier (À Suivre). En 1978, il collabore avec Jacques Tardi pour Ici Même. L’œuvre est écrite par Forest et dessinée par Tardi mais relève parfaitement de l’univers du scénariste. Histoire emblématique de 160 planches publiées dans le magazine (À Suivre), Forest innove une fois de plus en publiant un récit très long en bande dessinée. Avec Ici Même, la bande dessinée de Forest quitte définitivement la littérature pour enfants qui préfère les histoires courtes.

L’hommage à Jules Verne

En 1972, Forest rend hommage à Jules Verne avec sa série Mystérieuse matin, midi et soir dont les planches sont publiées dans Vaillant. Le roman L’Île Mystérieuse de Jules Verne paru en 1875 est “quasiment la bible” de Forest, il en fait l’adaptation. Le manque de présence féminine dérange Forest dès son enfance et l’introduction d’une femme dans son récit devient alors une nécessité. Forest s’efforce aussi de raconter ses histoires sur plusieurs plans afin de suggérer au lecteur un récit plus profond. C’est ce qu’il manquait, selon lui, à l’œuvre de Jules Verne. Après le succès des années 1970, Forest crée de moins en moins de bande dessinée jusqu’à sa mort en 1998, s’essayant au cinéma. En 1983, il est récompensé par le Grand Prix du Festival international de bande dessinée d’Angoulême pour l’ensemble de son œuvre.

Faire estimer gratuitement une oeuvre de Forest

Sur le marché de l’art, les planches de Forest sont régulièrement proposées à la vente. Particulièrement les planches de Barbarella, Copirit et Hypocrite, ses œuvres majeures. En 2023, la planche originale n°46 de Barbarella a été adjugée à 13 400 €. Vous souhaitez faire expertiser une œuvre de Forest et recevoir son estimation ? Remplissez votre demande via notre formulaire en ligne. Faites estimer une œuvre de Forest en quelques clics et recevez une réponse sous quelques jours. C’est gratuit et totalement confidentiel !

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