Estimation et cote de l'artiste Jijé

Jijé est souvent considéré comme l’un des pionniers de la bande dessinée franco-belge et a grandement influencé le genre. C’est sous sa plume que Spirou, Fantasio et le Marsupilami ont été popularisés et il a contribué de manière significative à l’évolution de ces personnages emblématiques de la bande dessinée. Son style graphique dynamique et expressif a marqué toute une génération de lecteurs. Découvrez ici l’histoire de Jijé et ses œuvres emblématiques. Besoin d’une expertise Jijé ? Contactez l’équipe d’Estimon’objet !

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De la découverte à la maîtrise de la bande dessinée

Joseph Gillain, plus connu sous le pseudonyme de Jijé, est un célèbre dessinateur belge de bande dessinée, né le 13 janvier 1914 à Gedinne en Belgique et mort le 19 juin 1980 à Versailles. Jijé intègre à l’âge de quatorze ans l’école de métiers d’art de l’abbaye de Maredsous. Durant trois ans, il se forme à diverses disciplines artistiques telles que l’orfèvrerie, les arts décoratifs, la gravure, le modelage et le dessin. Par la suite, il travaille dans un atelier de mécanique à Charleroi tout en suivant des cours d’art à l’université du Travail, sous la tutelle de Léon Van den Houten, peintre néo-impressionniste, mouvement communément appelé « pointilliste ». Grâce à ce mentor, Jijé perfectionne sa technique de dessin d’après modèle, apprenant à travailler sans fixer continuellement sa feuille de papier.

En 1932-1933, il poursuit sa formation en fréquentant les cours de l’Institut Supérieur des arts décoratifs de La Cambre, tout en participant aux cours du soir de l’Académie des Beaux-Arts de Bruxelles. Au cours de ces années, Jijé explore également la gravure sur bois et se spécialise dans la création d’œuvres d’art sacré, incluant la sculpture, la gravure et les fresques. En 1938, il réalise une peinture monumentale de trois mètres sur trois pour l’église de Corbion, représentant trente-cinq villageois écoutant saint Jean-Baptiste prêcher au bord de la Semois. Maître du dessin et véritable innovateur dans le domaine artistique, Jijé découvre durant sa jeunesse le monde de la bande dessinée, sa connaissance se limitant principalement à Tintin et à Bicot de Martin Branner. Jijé a introduit de nouvelles techniques narratives dans la bande dessinée franco-belge, notamment en utilisant des angles de caméra dynamiques, des séquences d’action élaborées et des mises en page innovantes. Il a contribué à enrichir le langage visuel de la bande dessinée, ouvrant la voie à de nouvelles formes d’expression artistique. Ses premiers pas dans le dessin se font aux côtés d’Alex Daoust, illustrateur et sculpteur, à qui il attribue une grande part de son apprentissage. Par la suite, c’est auprès du peintre néo-impressionniste Léon Van den Houten qu’il acquiert la technique du « dessin japonais », une méthode où l’artiste dessine sans regarder le papier, une approche à laquelle il reste profondément attaché. Son expérience dans les écoles où le dessin au fusain et les modèles vivants sont privilégiés s’avère particulièrement précieuse lorsqu’il se tourne vers la bande dessinée réaliste.

En 1969, Jijé explique au journaliste et illustrateur Philippe Vandooren : « Pour nous en 1935 ou en 1940, la bande dessinée était une découverte ; nous n’étions pas accoutumés à ce procédé, à cette vision des choses […]. Nous avons dû nous adapter, trouver le “courant” et nous débarrasser d’une vision “esthétisante” du dessin. » Cette citation évoque l’évolution de la bande dessinée dans les années 1930 et 1940, une période où ce médium était encore relativement nouveau et en pleine expansion. Les artistes et les lecteurs de l’époque ont dû s’habituer à cette nouvelle forme d’expression visuelle et narrative, qui était différente des autres formes d’art visuel telles que la peinture ou l’illustration traditionnelle. Lorsque Jijé parle de « découverte » de la bande dessinée, il fait référence au fait que pour beaucoup de gens à l’époque, ce mode d’expression était quelque chose de nouveau et d’inattendu. La bande dessinée offrait une manière unique de raconter des histoires en combinant textes et images, ce qui nécessitait une adaptation de la part des lecteurs et des artistes.

Dès ses débuts, Jijé reconnaît l’influence prégnante d’Hergé sur son travail, comme en témoigne sa première commande pour la revue Le Croisé, où il se voit demander de créer un personnage à la manière de Tintin. Cependant dès 1941, Jijé entame un processus de rupture stylistique en s’immergeant dans un genre tout à fait différent avec Don Bosco, une biographie dont le dessin adopte un réalisme frappant. Ce n’est qu’après la Seconde Guerre mondiale que Jijé élargit son horizon artistique, notamment grâce à Franquin et Morris, qui lui font découvrir les comics américains. C’est ainsi que Steve Canyon, un comic strip américain d’aventure de Milton Caniff, le fascine tout particulièrement. Cette œuvre a exercé une influence notable sur Jijé, notamment dans « Jerry Spring ». Jijé, de son vrai nom Joseph Gillain, a été impressionné par le style réaliste et dynamique de Caniff, ainsi que par sa capacité à capturer l’atmosphère des décors et des personnages. Cette influence se reflète dans le travail de Jijé, notamment dans sa maîtrise de la mise en scène et du mouvement, ainsi que dans son utilisation de l’ombre et de la lumière pour créer une atmosphère immersive. En parallèle, il trouve également une inspiration majeure dans le travail de George Wunder, qui a repris la série Terry et les Pirates, appréciant son approche artistique. 

Exploration des oeuvres iconiques de Jijé

Jijé a en effet repris le héros Spirou des mains de Rob-Vel en 1940 et a joué un rôle crucial dans l’évolution du personnage. Son style artistique distinctif et son imagination débordante ont apporté une nouvelle dimension à Spirou, le dotant d’une élégance graphique remarquable ainsi que d’une énergie et d’une fantaisie incomparables. Au fil des semaines, Jijé a façonné Spirou, définissant ses traits de caractère et l’univers dans lequel il évolue. Sous sa plume, Spirou est devenu un personnage plus dynamique, courageux et aventurier, se lançant dans des péripéties toujours plus passionnantes et fantaisistes. L’héritage de Jijé dans l’univers de Spirou est immense, et son travail a jeté les bases pour les futures aventures et interprétations du personnage par d’autres auteurs.

 La série western Jerry Spring a été saluée pour son réalisme et son authenticité. Jijé a su capturer l’essence du Far West à travers ses histoires captivantes et ses dessins évocateurs. Les aventures de Jerry Spring, souvent teintées de drame et de suspense, ont ravi les lecteurs par leurs actions palpitantes et leurs personnages développés. En collaboration avec l’auteur Jean-Michel Charlier, Jijé a contribué à Tanguy et Laverdure, série mettant en scène deux pilotes de chasse de l’Armée de l’Air française. Cette série s’inspire largement de l’histoire de l’aviation militaire française, notamment de l’époque de la guerre froide. Les personnages principaux, Michel Tanguy et Ernest Laverdure, vivent des aventures souvent situées dans un contexte de tensions internationales et de conflits armés. Le travail de Jijé sur la série a été salué pour sa précision dans la représentation des avions et des combats aériens. Les aventures de Tanguy et Laverdure ont captivé les lecteurs par leur suspense et leur action palpitante. La série est devenue l’une des références de la bande dessinée franco-belge.

Don Bosco, biographie illustrée de saint Jean Bosco est souvent citée comme l’une des œuvres les plus remarquables de Jijé en termes de dessin et de narration. Réalisée dans un style réaliste, l’œuvre rend hommage à la vie et aux accomplissements de ce saint avec sensibilité et respect. Les illustrations de Jijé capturent l’essence du XIXe siècle italien. Jijé déploie un style de dessin caractérisé par sa finesse et sa clarté. Ses illustrations captivent par leur réalisme détaillé, offrant des portraits vibrants de personnages et des décors évocateurs. Son trait est précis et fluide, exprimant à la fois la délicatesse des moments intimes et l’intensité des scènes d’action. Jijé maîtrise également l’art de la mise en page, utilisant intelligemment les perspectives et les cadrages pour guider le regard du lecteur à travers l’histoire de manière fluide et immersive. Ces œuvres représentent une partie importante du legs de Jijé dans le monde de la bande dessinée et elles continuent d’être appréciées par les lecteurs du monde entier pour leur qualité artistique et leur impact culturel.

Quelle est la cote de Jijé sur le marché de l’art ?

Le prix pratiqué pour un dessin ou une aquarelle varie de manière significative en fonction de la rareté de la planche, de la présence d’une signature et du sujet représenté. Ainsi les prix se situent généralement entre 80 et 20 000 €. En 2022, une planche originale du tome 16 de Jerry Spring, La Fille du canyon, réalisée à l’encre de Chine et à la gouache et datant de 1977 a été vendue au prix de 9 648 €.

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(Illus.) Cartel : Don Bosco de Jijé

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