Estimation gratuite de verre soufflé ​

L’invention du verre soufflé est la plus grande révolution de l’histoire du verre. La production d’objets en verre est maitrisée depuis l’âge du Bronze au Proche-Orient, mais il s’agit avant tout de verre moulé sur noyau. La confection d’un objet de verre est alors une opération longue et délicate, ce qui fait des pièces produites des œuvres de grand luxe. L’invention du verre soufflé au Ier siècle avant notre ère en Syrie constitue une invention majeure, car elle permet de produire bien plus rapidement et aisément des objets parfois de grande dimension. 

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Le verre soufflé antique

La technique de soufflage du verre mise au point dans l’Antiquité est encore celle employée aujourd’hui. Le maître verrier cueille la paraison avec sa canne, et souffle dans la boule de verre en fusion pour lui donne une forme creuse. Le verre peut être soufflé à l’intérieur d’un moule pour assurer la régularité des formes. La pièce peut également être transformée en étirant le verre avec une autre canne. Il s’agit alors d’un travail collectif qui requiert un savoir-faire précis du maitre verrier et de ses apprentis. 

Les verres s’adaptent à tous les usages. On souffle très rapidement des plaques de vitrage, des flacons à parfum et pots à onguents, des verres et coupes, des objets destinés à la parure, des éléments de placage des murs, et même des lampes à huile. 

Dans l’Antiquité, les centres de production s’implantent dans les grandes métropoles romaines, en particulier Alexandrie et Rome. A la fin de l’Empire cependant, les centres les plus innovants se trouvent en Rhénanie et en Grande Bretagne.   

Renouveau du verre soufflé au Moyen ge et à la Renaissance

L’art du verre qui connaît un déclin sous les Carolingiens renaît au contact de l’Orient, au XIIème-XIIIème siècle. On observe alors un essor du verre soufflé à décor d’émail peint dit syro-franc, probablement de facture vénitienne. 

Le XIIIème siècle marque le début du premier âge d’or du verre soufflé à Venise. Les maitres verriers se réunissent en corporation en 1274, et adoptent des statuts qui protègent leur savoir-faire. Installés à Murano à partir de 1291, ils se réapproprient les techniques antiques du verre soufflé. Ils retrouvent l’art de la coloration du verre dans la masse, abandonné à la fin de l’Antiquité. Ils parviennent progressivement à imiter les veinures des pierres semi-précieuses en mêlant les paraisons. A la fin du XVème siècle, les maîtres verriers jouent avec la transparence des objets, proposant tant un verre opaque blanc qui imite la porcelaine de Chine qu’un verre transparent incolore dit cristallo. Les maitres verriers tirent parti de la technique du soufflage du verre pour créer des effets de couleur. 

La technique vénitienne est tenue secrète par la ville de Venise, mais finit par être divulguée au XVIIème siècle. Les verriers d’Altare, près de Gênes, qui travaillent à la manière de Venise, diffusent ces techniques en France, dans les Flandres, dans les Pays Bas, en Angleterre, et en Espagne. 

L’Espagne et l’Angleterre s’affirment comme deux places particulièrement innovantes du point de vue du verre soufflé à la fin de la Renaissance. 

Le cristal soufflé

La technique de travail du verre est bouleversée par la Révolution industrielle, et l’automatisation partielle puis complète de la production d’objets creux. Cette transformation est rendue possible par l’invention du verre pressé-moulé aux États-Unis dans les années 1840, totalement généralisée à la fin du XIXème siècle. 

Cette invention constitue une rupture dans la production verrière. La technique du soufflage et du soufflé-moulé est désormais surtout associée à la verrerie d’art. Elle est notamment mise en avant par les artisans de l’école de Nancy de l’Art Nouveau. Ainsi, le Vase libellule d’Émile Gallé (1903) est un verre soufflé à plusieurs couches avec poudres d’émaux intercalaires, décor gravé et martelé à la roue. 

L’apprentissage du soufflage du verre devient un travail long, mais certains artistes tels que Maurice Marinot y sont particulièrement attachés. Cet artiste Art Déco à la formation de peintre y a ainsi consacré plus de vingt ans. 

Cet artisanat d’art est encore aujourd’hui maitrisé par des artistes tels que Mieke Groot, Dale Chihuly, ou encore Alain Begou. 

La Révolution industrielle et le soufflage du verre

Le verre vénitien connaît un fort déclin après la perte de l’indépendance de la République en 1797. Après avoir été conquise par Napoléon, Venise passe sous domination autrichienne. La production de verre souffre des lourdes taxes autrichiennes, et les artisans peinent à exporter la verrerie de luxe. Ils se reportent donc sur les perles de verre à destination du marché américain notamment, et sur la marqueterie de verre coloré. 

Cette production commerciale disparaît cependant dans la seconde moitié du siècle, tandis que les pièces de luxe connaissent un renouveau. Des créateurs tels que les Fratelli Toso et Salviatti retournent à verrerie de luxe. 

À la fin du XIXème siècle, les verriers s’inspirent des modèles anciens, puis choisissent l’innovation radicale lorsque Venise propose sa première Biennale d’Art Contemporain (1895). 

Ce choix de la modernité se traduit notamment par l’ouverture par Paolo Venini d’un premier atelier centré sur exclusivement sur le design moderne. La collaboration entre les créateurs d’avant-garde et les maîtres verriers donne naissance à des productions innovantes. Après une interruption lors de la Seconde guerre mondiale, la production redémarre au début des années 1950, initiant un nouvel âge d’or. Des artistes tels que Ettore Sottsass, Gio Ponti, Jean Arp, César, ou encore Lucio Fontana proposent des modèles qui perpétuent la réputation des productions vénitiennes. Les manufactures de Seguro et Barbini ont adopté ce même système dans les années 1970, et cette collaboration s’observe encore aujourd’hui. 

Faire estimer gratuitement un verre soufflé

L’estimation d’une œuvre en verre soufflée dépend avant tout du type d’objet, de son ancienneté, de la qualité du travail du verre et du décor, de la cote de son auteur, de son état de conservation et de sa taille. La qualité des verres de Venise est toujours reconnue par le marché de l’art, et les pièces d’un artiste tel qu’Ercole Barovier s’échangent généralement pour 1 000 à 100 000 €. 

Les verres soufflés des grands maîtres de l’art verrier comme Émile Gallé ou René Lalique bénéficient d’un intérêt constant des collectionneurs, et peuvent dépasser le million. Ainsi, la lampe Les Coprins (1902) d’Émile Gallé a été vendue en 1989 pour 1,1 million de dollars à New York. 

Les pièces anciennes remportent encore régulièrement des records : ainsi un exceptionnel verre à sifflet du XVIIème siècle a été adjugé pour 153 000 € à Paris en septembre 2022. 

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(Illus) Canthare, verre bleu soufflé et décor de verre blanc opaque, découvert à Cologne,  milieu du Ier siècle, Allemagne, Cologne, Römisch-Germanisches Museum. 

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