Estimation gratuite de vitrail ​

L’art du vitrail est un art de la couleur et de la lumière qui naît au début du Moyen Âge, aux alentours du VIème siècle. Il s’agit de compositions de verres colorés aux formes complexes mises en plomb, mais non peintes (Normandie, Notre-Dame de Bondeville). Dès l’époque carolingienne, au IXème siècle, on voit apparaître la technique de la peinture à la grisaille. Cet art se développe véritablement à partir du XIIème siècle, et perdure jusqu’à nos jours.  

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Vitraux romans et gothiques

L’art du vitrail prend son essor à la période romane, et se déploie avant tout dans les églises. 

Les plus anciens vitraux romans d’Europe ont été découverts à Augsbourg, en Bavière, et ont été réalisés à partir de plaques de verre soufflé. Les caractéristiques techniques des vitraux romans sont déjà présentes dans ces œuvres : la coupe du verre est précise, les coloris des verres sont variés, et la peinture est appliquée en trois couches, travaillées par enlevés et grattages. Le vitrail de l’Ascension de la cathédrale du Mans (1120) est emblématique de ce savoir-faire. 

Au XIIème siècle, on emploie un verre sodique. Le verre bleu dit de Chartres, caractérisé par un ton bleu clair, est caractéristique du vitrail roman. 

Au XIIIème siècle, avec l’introduction de l’art gothique, les vitraux acquièrent une dimension spirituelle nouvelle. La diffusion des vitraux dans les églises correspond à la pensée que la clarté du bâtiment manifeste la Vraie lumière, c’est-à-dire le rayonnement émanant de Dieu. 

Les innovations architecturales permettent de composer des baies plus grandes, et de déployer des compositions plus ambitieuses. Les vitraux gagnent de l’ampleur, et viennent même se substituer à la paroi murale dans le gothique rayonnant, comme à la Saint-Chapelle de Paris (1240). 

D’un point de vue technique, la composition du verre évolue. On emploie désormais des verres iodiques qui provoquent des changements dans la coloration du bleu, qui s’obscurcit. Les dominantes chromatiques sont le bleu et le rouge. Les baies, plus monumentales, adoptent des compositions claires et aérées souvent divisées en médaillons. 

Au XIIIème siècle, on voit également apparaître les verres transparents, simplement teintés en grisaille. Ce procédé permet de faire pénétrer encore davantage de lumière dans l’édifice. 

A la fin du Moyen Âge, vers 1380, les peintres cherchent à unifier les décors. Une composition peut désormais se déployer sur plusieurs baies. Les artistes s’essaient alors à représenter la perspective, le volume, et à prolonger l’espace réel dans le vitrail. Le XIVème siècle est également marqué par l’apparition du décor au jaune d’argent, qui avive les compositions. 

Les vitraux de la Renaissance au XIXème siècle

A la Renaissance, l’art du vitrail se diversifie car il ne se limite plus au décor religieux. Les vitraux ornent également les bâtiments laïcs à partir du XVIème siècle. Cela provoque un renouvellement des décors, encouragé par la collaboration active entre les peintres et les maîtres verriers. Les peintres proposent des cartons dans lequel l’espace est totalement unifié. Les maitres verriers exploitent principalement la grisaille et l’émail pour les traduire en verre. 

L’art du décor s’enrichit de la maitrise des émaux dès la fin du XVème siècle. La peinture à l’émail est particulièrement prisée car elle permet de créer des effets de couleurs tout en préservant la transparence du verre. Cette technique se diffuse sur les vitraux dès le XVIème siècles, et progresse jusqu’à arriver au XIXème siècle à des vitraux de verre transparent entièrement couverts de peinture à l’émail.

Le vitrail Art Déco

Avec la modernité de l’Art Déco, se diffuse l’idée que le verre se suffit à lui-même dans l’art du vitrail, et que les ajouts d’émaux et grisaille sont superflus. Le travail du vitrail évolue alors que la production du verre devient semi-industrielle puis industrielle. Maurice Denis propose de « peindre sans autre moyen que le verre ». 

Des artistes tels que Louis Comfort Tiffany proposent des verres opalescents, dont la beauté réside dans l’inégalité du relief de la paroi. Les verres texturés enserrés dans des compositions géométriques ou figurées sont diffusés par les artistes Art Déco. Les vitraux Majorelle sont emblématiques de cette recherche. La mise au point de la technique du verre coulé en 1929 s’adapte parfaitement à cette quête. Les dalles de verre moulé peuvent être maintenues par du ciment armé, dans le goût de l’architecture de béton qui se développe alors. 

Le vitrail contemporain

L’art du vitrail connaît un renouveau depuis 1945. Le vitrail contemporain bénéficie à la fois de l’ouverture de l’Église à la modernité, et de la nécessaire reconstruction de nombre de lieux de culte à l’issue de la Seconde guerre mondiale. 

La commande de vitraux contemporains à une vingtaine d’artistes majeurs de la seconde moitié du XXème siècle pour l’église Notre-Dame-de-Toute-Grâce (1937-1946) sur le plateau d’Assy (Haute-Savoie) constitue un tournant majeur dans l’esthétique du vitrail. Dès 1948, certains artistes abandonnent la figuration dans le vitrail. C’est le cas d’Alfred Manessier pour les vitraux de l’église des Bréseux (Doubs). 

Les modèles sont donnés par des artistes qui n’ont pas nécessairement de compétences en verrerie, et qui s’associent étroitement avec des verreries d’art pour traduire au mieux leur pensée. La fructueuse collaboration entre Pierre Soulages et l’atelier toulousain de Fleury pour les vitraux de l’abbatiale de Conques en est un témoignage. 

L’impression de fichiers numériques sur verre pour composer des vitraux est une dernière innovation du vitrail contemporain. Dans une œuvre telle que le Vitrail aux cent visages de Véronique Ellena, installé en 2015 dans la cathédrale de Strasbourg, on observe ce renouvellement technologique. 

Faire estimer gratuitement un vitrail

L’intérêt des collectionneurs pour les vitraux a été stimulé par l’inauguration de la Cité du Vitrail en 2022. L’estimation d’un vitrail varie en fonction de l’ancienneté des baies, de la taille du vitrail, de la cote de son auteur, et de son état de conservation. 

Un vitrail ancien s’échange généralement pour quelques centaines ou milliers d’euros, qu’il s’agisse d’un médaillon médiéval ou d’un rondel du XIXème siècle. Les vitraux Art Nouveau, Art Déco, et de l’Art contemporain suscitent un intérêt plus vif des collectionneurs. 

Ainsi, les vitraux Art Nouveau La Nuit et Le Printemps d’Éric Bonte ont été adjugés à Paris en 2022 pour respectivement 265 408 € et 154 396 €. De la même manière, la vente d’une verrière Sumac (1902-1904) de Frank Lloyd Wright à New York en 2017 pour 297 360 € (350 000 $ ) constitue un autre record du genre. 

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(Illus) Stanisław Wyspiański, Dieu créateur, v. 1900, Pologne, Cracovie, église Saint-François. 

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