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Identifier un objet d’art islamique de valeur : authenticité, céramique, manuscrit, provenance et rareté. Les conseils de Camille Celier
L’estimation d’un objet d’art islamique repose sur l’analyse de critères essentiels tels que l’authenticité, la provenance, la qualité d’exécution, les matériaux et l’époque. Qu’il s’agisse de céramiques ottomanes, de manuscrits, de bronzes, d’objets du Maghreb, de Turquie, d’Iran ou d’Inde, seule l’expertise d’un spécialiste permet d’en déterminer la valeur sur le marché de l’art. Estimon’Objet est la référence de l’expertise et de l’estimation gratuite d’objets d’art islamique en ligne. Nos experts accompagnent collectionneurs et particuliers pour authentifier et estimer leurs objets, en toute confidentialité et sans engagement. Dans ce questionnaire exclusif, Camille Celier, expert en art islamique et membre de la Compagnie des Experts en Objets d’Art (CEA), partage ses conseils pour reconnaître un objet de valeur et comprendre les critères déterminants dans son estimation.
Camille Célier, expert en art de l’islam
Comment reconnaître un objet de valeur ?
Grace a la connaissance et a l’habitude de le voir et de travailler dessus, il est plus simple de faire le tri entre des objets de voyages ou de souk. Certaines pièces sortent du lot, on en retrouve des similaires dans les musées, ce qui nous permet de les rattacher. De plus, à force de traiter de bon dossier, cela devient plus fluide, plus pratique, le regard sait où il doit se poser et ce qu’il doit en déduire. Les visites et recherches régulières permettent une meilleure reconnaissance de l’objet. Période mongole rattachée à la spécialité en art de l’islam.
Quels sont les premiers signes d’authenticité à observer sur un objet ?
Tout dépend du type d’objets concernés. Chacun possède son propre atout, Pour les céramiques il est préférable de les prendre en main pour la soupeser, c’est une pièce extrêmement légère, doter d’une pate fine tandis qu’une œuvre d’imitation se verrait être plus lourde. Il ne faut hésiter à manipuler l’objet, dans la mesure du possible, pour mieux comprendre l’objet. Dans la mesure du possible je n’hésite pas à me déplacer à la rencontre de l’objet pour pouvoir le manipuler et en effectuer une meilleure expertise. Les autres éléments importants à l’authenticité restent l’apparition de la signature qui aide à être sur une bonne piste, les éléments de provenances restent essentiels et beaucoup recherchés car ils sont souvent assez limités. Quand il y a énormément de marchandise la provenance saine est très important. Le « must » reste quand nous pouvons retrouver la photo dans d’anciens catalogue. Les vignettes restent aussi très recherchées.
Comment distinguer un objet authentique d’une copie ou d’un faux ?
Cela revient sur les points évoqués précédemment pour distinguer les premiers signes d’authenticité. Tout dépend encore une fois du type d’objets comme la céramique des ottomans ( XVe- XVIIe siècle), une céramique copiée mainte fois dont la différence se fait à travers le poids. Les véritables céramiques d’Iznik se reconnaissent notamment à leur rouge en léger relief, une qualité matérielle que les imitations ne parviennent pas toujours à reproduire. Cependant nous ne sommes pas toujours sûr a 100% c’est pour cela que nous émettons des hypothèses.
Quels détails passent souvent inaperçus mais sont décisifs pour un expert ?
Généralement la présence d’une petite étiquette d’une collection connue. Cela peut être anodin pour un néophyte ou quelqu’un qui ne s’y connait pas mais c’est essentiel pour un expert. Plus on en voit, plus nous apprenons. C’est un métier ou nous en apprenons tous les jours. Le travail de recherche est néanmoins très important, découvrir des collections pas forcément connues, chercher dans des livres permet d’accumuler un tas de connaissance et ainsi être en mesure de rassurer le client.
Un objet ancien est-il forcément plus précieux ?
Pas nécessairement. L’Age ne fait pas la valeur, par exemple les bronze fait en Iran au 11e et 17e siècle ne valent plus grand-chose tandis qu’une peinture indienne plus récente du 19e siècle peut avoir plus de valeur. Tout dépend de l’offre et la demande.
Comment évolue la cote des objets sur le marché actuel ?
Il est difficile de répondre de manière générale, tout dépend encore une fois de l’offre et la demande. En ce moment la peinture indienne est le plus demandée tandis que les pièces médiévales seront un peu moins recherchées. Il ya deux, trois ans, nous pouvions constater que le maché du bijoux orientale, algérien était catastrophique mais maintenant il vient de reprendre. Le marché est assez fluctuant Nous devons toujours prendre la peine de suivre le marché pour pouvoir se prononcer. Une estimation n’est pas innée, nous ne sommes pas capables de donner un prix sur le vif sans avoir d’abord regarder les derniers résultats de ce genre de pièce sur le marché.
Qu’est-ce qui peut faire chuter ou au contraire faire exploser la valeur d’un objet ?
L’offre et la demande est le facteur principal. Il faut le bon client au bon moment. Pour qu’une vente se déroule bien il lui faut une bonne promotion, prévenir les bons clients, espérer une explosion du résultat. Ce marché est tout le temps soumis aux actualités de région du Moyen-Orient. Nous devons nous tenir au courant de la conjoncture, du contexte géopolitique actuel pour savoir si une vente peut bien se dérouler.
Un objet restauré perd-il forcément de la valeur ?
En effet un objet restauré perd forcément de sa valeur. Les clients demandent un rapport de condition. Par exemple en décembre, une page d’un très grand manuscrit commandité par un grand empereur Mongole a été vendu. C’était un texte authentique mais qui possédait une peinture complètement restaurée. Elle a atteint un bon prix certes, 160 000 euros mais quelques années auparavant ce même texte avec cette même peinture non restauré a attend les 800 000 pounds.
Quels types d’objets séduisent le plus les collectionneurs aujourd’hui ?
Tout dépend du goût des collectionneurs. Un collectionneur indien est plus vite séduit par de belles peintures Mongole. Nous trouvons des collectionneurs pour chaque objet, chaque peinture, chaque céramique. Notre spécialité est tellement vase qu’il y a un client par typologie d’objet.
Comment conserver correctement un objet pour préserver sa valeur ?
Tout dépend du type d’objets dont il est question. Une œuvre graphique se doit de respecter les mesures de conservations préventives, ne pas être trop exposé à la lumière ainsi que ne pas être entreposer dans un endroit humide. Le métal ne doit pas être dans une pièce humide et il ne faut pas mettre n’importe quoi dessus ou à côté. La céramique se doit d’avoir un support bien solide. Ce sont des choses simples mais qui sont essentiels à une bonne conservation.
Avez-vous un exemple d’une œuvre que vous avez vendu dans votre carrière qui vous a marqué ?
La page du manuscrit Hamzanameh avec un texte qui correspondait à une illustration conservée dans un musée au Koweït. Ainsi que le grand bassin Mamlouk de 50cm de diamètre, il y avait beaucoup d’inscriptions, un travail de paléographie très important, nous nous sommes rendu compte que le bassin nous parlait.
Avez-vous un exemple d’une œuvre que vous avez vendu avec Maison R&C dans votre carrière et qui vous a marqué ?
Beaucoup de petits objets vendus mais je garde espoir d’en voir de très importants.
Le conseil de Camille Célier, expert en art islamique
Tout d’abord de s’adresser à une maison de vente qui mettrait le client en relation avec un expert et qui pourrait par la suite indiquer au client les démarches à effectuer quant à la vente ou à la conservation.
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