Estimation gratuite Alexandre Benois

Alexandre Benois

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Estimation et cote de l'artiste Alexandre Benois

Alexandre Benois (1870-1960) a eu un rôle crucial dans l’orientation de la culture russe du premier quart du XXème siècle en tant que fondateur et chef de file du groupe du Monde de l’art russe. L’artiste et critique russe s’illustre avant tout comme peintre et scénographe.

Estimation gratuite Alexandre Benois

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L’éducation artistique d’Alexandre Benois

Alexandre Benois reçoit très jeune une éducation artistique au sein de sa famille. Son père Nicolas Benois et son frère aîné sont architectes, et son grand-père dirige le théâtre vénitien de la Fenice. Au lycée, le peintre se lie d’amitié avec Constantin Somov et Serge Djagilev, futurs collaborateurs de la revue d’art Mir Iskusstava (le Monde de l’Art). S’il découvre très jeune sa vocation de peintre, Alexandre Benois est rapidement déçu par l’enseignement artistique. Ainsi, il n’étudie que quatre mois à l’Académie des beaux-arts de Saint-Pétersbourg (1887). Malgré sa courte formation académique, Alexandre Benois débute sa carrière en 1890 et expose pour la première fois un paysage à la société des aquarellistes russes en 1890. Il se considère alors un artiste autodidacte. Le séjour qu’Alexandre Benois passe en France de 1895 à 1899 est déterminant dans la formation de son style artistique. Il fréquente différents ateliers sont celui de James Abbott McNeill Whistler en 1896, et découvre Versailles, qui devient pour lui une source d’inspiration majeure. Il puise également inspiration dans la peinture française et allemande symboliste, en particulier les toiles d’Arnold Böcklin et Adolph von Menzel. L’artiste approfondit sa connaissance de l’art français en 1905-1907, lorsqu’il revient en France, et se rend en Bretagne.

Alexandre Benois, figure majeure du Monde de l’Art

L’auteur et théoricien

Alexandre Benois compte parmi les fondateurs du groupe « le Monde de l’Art » (Mir Iskusstva) en 1898. Ce groupe encourage un renouveau pictural de l’art russe à travers une œuvre rétrospective et raffinée, et affirme l’égalité entre les arts. Il s’agit pour Alexandre Benois de lutter contre le positivisme dans l’art en renouvelant la peinture, le théâtre, et l’illustration. Alexandre Benois est actif au sein de différentes revues, celle du Monde de l’Art, mais également le périodique mensuel illustré Trésors d’art de la Russie (1901-1907). Afin des fins de diffusion, il organise en France en 1906 une exposition présentant l’art russe du XIIème au XIXème siècle, avec Serge Djaguilev.

L’artiste peintre et dessinateur

Alexandre Benois adopte en peinture un style rétrospectif et symboliste, inspiré par la cour de Louis XIV à Versailles, et celle de Pierre le Grand à Saint-Pétersbourg. L’artiste déploie son talent en tant qu’illustrateur de livres, et remporte un grand succès, en particulier pour ses illustrations de la Dame de pique (1910) et du Cavalier d’airain de Pouchkine (1916).

Le scénographe

Alexandre Benois a une grande influence sur le développement du ballet russe en tant que scénographe. Ainsi, c’est lui qui initie Serge Diaghilev au ballet et l’aide dans ses premiers projets artistiques. Alexandre Benois dessine costumes et décors avec une grande précision historique, et conçoit des scénarios. Artiste de premier plan, Alexandre Benois est nommé directeur artistique des Ballets russes (1909-1911) et du Théâtre d’art de Moscou (vers 1909-1914).

L'oeuvre artistique de Benois après la Révolution russe

La Révolution russe de 1917 constitue un tournant dans la carrière d’Alexandre Benois. Il demeure un temps en Union soviétique, où il occupe le poste de directeur de la galerie d’art de l’Ermitage, à Petrograd (1918-1926). L’artiste quitte cependant la Russie pour Paris en 1926, et finit sa carrière en Occident. Malgré cet exil, Saint-Pétersbourg au XVIIIème siècle demeure son motif de prédilection. Son style se transforme sous l’effet de son intérêt pour le théâtre, avec une stylisation et une perspective accrue, comme le montre la série des Fontaines de Peterhof (1936). Alexandre Benois se consacre désormais essentiellement à la production théâtrale, et conçoit des pièces pour des institutions telles que l’Opéra de Paris, Covent Garden à Londres, ou encore la Scala à Milan jusqu’à la fin de sa carrière. Il donne notamment à Ida Rubinstein les décors et costumes du Baiser de la fée de Stravinski en 1928.

La cote des œuvres d’Alexandre Benois

Ce sont aujourd’hui les aquarelles et gouaches d’Alexandre Benois qui circulent le plus aisément sur le marché de l’art. Elles s’échangent le plus souvent pour 1 000 à 50 000 €, mais la gamme des prix s’échelonne entre 100 et 400 000 €. Le record des ventes est aujourd’hui détenu par La revue de la Garde passée par l’Empereur Paul Ier devant le Château Michel, une aquarelle adjugée en 2013 à Londres pour 478 920 € (400 000 £).


Moins fréquentes sur le marché, les peintures d’Alexandre Benois s’acquièrent pour 1 000 à 40 000 €.

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Estimation d’Élisée Maclet

Elisée Maclet

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Estimation et cote de l'artiste Elisée Maclet (1881-1962), peintre de paysage français

Jules-Elisée Maclet est un peintre de paysage et aquarelliste. Né en Picardie, il quitte l’école à l’âge de 13 ans pour devenir jardinier, non sans avoir appris quelques rudiments de dessin et de peinture à l’école paroissiale de Lihons-en-Santerre. Après une dispute avec son père en 1906, Elisée Maclet quitte la maison familiale et s’installe à Paris. Pour se maintenir, il effectue une série de petits travaux en usine et dans les cabarets près de Montmartre. En marge de ces activités, il peint des aquarelles qu’il vend aux clients du Lapin Agile, du Hanneton, et du Vieux Chalet, des brasseries où il travaille comme plongeur.
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Les débuts discret d'Elisée Maclet s à Montmartre

Elisée Maclet peint d’abord les rues de Montmartre, dans des tonalités sombres. Sa signature dans ces premières années, entre 1906 et 1908, est J. Maclet, Jules étant son prénom usuel. En 1908, il assimile les recherches impressionnistes, et change sa signature pour son second prénom, Elisée Maclet. Pour donner plus de solidité à sa peinture, Elisée Maclet reprend en 1909 la technique du couteau, presque abandonnée depuis Gustave Courbet. En 1910, le paysagiste a affirmé sa personnalité artistique, et cherche désormais à vivre uniquement de son art. Connaissant d’abord une grande précarité, Elisée Maclet peint d’abord sur des toiles de sac à cristaux récupérées auprès de droguistes, moins onéreuses que les toiles de peintre. Ses paysages se font alors très clairs : le blanc étant la peinture la moins chère, il l’utilise en abondance, la mélangeant à des peintures primaires. Il est contemporain de la peinture « blanche » de Maurice Utrillo, qui peint alors les mêmes sujets dans une tonalité pâle.

Introduction d’Élisée Maclet dans le milieu artistique parisien d’avant-guerre

Entre 1912 et 1914, Elisée Maclet développe ses contacts dans le milieu artistique parisien. Il rencontre le dessinateur Georges Tiret–Bognet, qui lui apprend à resserrer son dessin. Son ami Max Jacob l’introduit au sein du Bateau-Lavoir, où il est désormais considéré comme un peintre à part entière. Il entre en relation avec Georges Delaw, qui le présente à Louis Morin, le fondateur du Salon des Humoriste. Uniquement pour ce Salon, Elisée Maclet réalise des statuettes caricaturales de bois taillées au couteau et peintes. Durant cette période, il charpente ses œuvres plus précisément, et choisit des coloris plus chauds. Il peint une série de fleurs avec une pâte si épaisse qu’elle se rapproche des bas-reliefs.

L’obsession de Maclet pour Montmartre et ses escapades artistiques en France

Lors de la Première guerre mondiale, Elisée Maclet est affecté à la compagnie de camouflage. Démobilisé en 1917, il rentre à Montmartre où il rencontre l’écrivain Francis Carco. Cette rencontre se prolonge en 1918 par un contrat. Francis Carco l’envoie à Dieppe pour peindre les ports et plages de Normandie. Ses peintures, sobres, se rapprochent de celles d’Albert Marquet. Rompant son contrat, il rentre à Montmartre en 1919, où il peint désormais les paysages de banlieue le plus souvent sur carton. Il change de nouveau sa signature pour « Maclet », sans mention du prénom. Au milieu des années 1920, il est désormais connu des collectionneurs européens. Un contrat avec le baron autrichien Maximilian Von Frey, grand amateur d’art moderne, lui permet de partir dans le Midi pour peindre des paysages de Provence, de Corse, et de la Côte d’Azur dans des tonalités orange et bleue. Les œuvres du paysagiste sont montrées lors de sa première exposition organisée par le galeriste Barreiro dans sa Galerie de la rue de la Seine en 1928. Elisée Maclet part ensuite en Bretagne en 1929-1930, puis rentre à Montmartre, désormais transformée par les aménagements urbains. Ne retrouvant pas le charme du village qu’il connaissait, Elisée Maclet rompt son contrat avec Maximilian Von Frey et quitte Montmartre pour la rue des Beaux-Arts. Isolé dans un logis étroit, il peint d’après ses souvenirs les paysages du Midi et le vieux Montmartre. Les détails de ses œuvres se font de plus en plus fins, son dessin se resserre, et sa peinture se réduit progressivement à l’essentiel. Elisée Maclet traduit le malaise ressenti par l’occupation de Paris au cours de la Seconde Guerre mondiale par une série de peintures de Montmartre sous la neige, comme symboliquement endeuillée.

Évolution de la cote des œuvres d’Élisée Maclet sur le marché de l’art

Après la fin de la guerre, plusieurs expositions et rétrospectives de son œuvre sont organisées, ce qui suscite une hausse de sa cote. Elisée Maclet en bénéficie cependant assez peu, et continue de vivre modestement jusqu’à sa mort en 1962.

L’estimation des peintures et aquarelles de Elisée Marquet a connu son apogée dans les années 1990. Entre 1989 et 1990, 13 tableaux de l’artiste ont été vendus pour plus de 30 000€. Le record des ventes est détenu par sa Vieille rue à Montmartre, le Sacré-Coeur (1906), un tableau vendu 107 477 € à Castres en 1990. Depuis cette période, seul Rue de l’Abreuvoir, Montmartre (1923) vendu en 2006 à Paris a atteint de tels niveaux. La moyenne des ventes entre 2002 et 2022 est relativement stable, avec un prix de vente moyen de 1632 € environ. Les peintures représentent 76% des ventes, avec une estimation des natures mortes à 450-3000 €, des paysages de petit format à 500-1000 €, et des paysages de format moyens à 8000-15000 €. Les aquarelles pour leur part représentent 24% des ventes, et leur estimation peut atteindre jusqu’à 5000€.

(Illus.) Georges Turpin, dans Revue littéraire, artistique, théâtrale et sportive, 1928, p. 16.

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Estimation gratuite Emil Filla

Emil Filla

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Estimation et cote de l'artiste Emil Filla

Emil Filla (1992-1953), peintre, graveur et sculpteur tchèque, est aujourd’hui considéré comme le représentant du Cubisme tchèque. Par ses engagements dans le Groupe des Huit et le Cercle de Mánes, il a fortement contribué à diffuser la modernité dans l’est de l’Europe.

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Emil Filla, peintre expressionniste

Emil Filla est d’abord sensible au style expressionniste.

Après des études de commerce et quelques années de travail dans un cabinet d’assurance à Brno, Emil Filla se forme à l’Académie des Beaux-Arts de Prague (1903-1906). Il y découvre Le Greco, Francisco De Goya, Edvard Munch, Max Liebermann, ainsi que Paul Cézanne et les précurseurs de l’Expressionnisme. Le style d’ Emil Filla, d’abord Post-Impressionniste, évolue alors vers une expression plus intense de la couleur, le rapprochant du Fauvisme français.

En 1907 et 1908, Emil Filla participe aux expositions du groupe des Huit (Osma), fondé avec des camarades de l’Académie des Beaux-Arts. Après avoir remporté le premier prix de l’Académie (1907), il fait un long voyage en Europe, sillonnant l’Allemagne, les Pays-Bas, la Belgique, la France et l’Italie. En France, il découvre le Cubisme.

Le Cubisme d’Emil Filla

Découverte et promotion du cubisme : le cubisme-expressionnisme tchèque

Lorsqu’Emil Filla découvre le Cubisme, son style est alors empreint d’Expressionnisme. Il en fait la promotion, avant de développer le cubisme-expressionnisme, dont il devient le chef de file.

Installé à Prague en 1909, Emil Filla rejoint le Cercle de Mánes. Grâce à la revue du groupe, Volné směry, il diffuse les œuvres de Pablo Picasso vues à Paris. Face aux réactions négatives des lecteurs et des membres de l’association, il quitte le Cercle de Mánes en 1911, pour fonder Skupina Vytvarnych Umelcu, le groupe des artistes plasticiens.

Le groupe des artistes plasticiens, qui réunit des artistes tels que Bohumil Kubista, Antonin Prochazka, Josef Capek, Pravoslav Kotik, Alfred Justitz et Frantisek Muzika, est de tendance cubiste-expressionniste. A partir de 1912, Emil Filla réalise ses premières peintures et sculptures cubistes analytiques.

La Hollande

En 1914, Emil Filla retourne à Paris, mais se réfugie en Hollande au début de la guerre. Il s’installe à Rotterdam, où il crée des œuvres cubistes dans lesquelles il mêle l’influence de Pablo Picasso et des natures mortes hollandaises du XVIIème siècle qu’il y admire.

Le peintre fréquente différents groupes, notamment De Stijl, et participe à l’exposition du groupe De Sphinx à Leiden en 1917. Malgré ces différentes influences, l’artiste reste fidèle au Cubisme.

A cette période, Emil Filla s’engage politiquement, rejoignant en 1915 le groupe Maffia, le mouvement de résistance politique tchécoslovaque à l’étranger, et fondant la revue Michel im Sumpff en 1917, pour les déserteurs allemands du front.

A l’issue de la guerre, le peintre s’installe à La Haye pour devenir secrétaire à l’ambassade de Tchécoslovaquie, avant de retourner à Prague au début de 1920.

Du Cubisme synthétique au Surréalisme

A son retour à Prague, Emil Filla développe un Cubisme synthétique, et renoue avec le Cercle de Mánes, avant de s’orienter vers un Cubisme plus lyrique aux accents surréalistes en 1928. Il se concentre alors sur les natures mortes, où le blanc est la couleur dominante.

Au début des années 1930, l’influence du Surréalisme s’accentue dans les peintures et sculptures d’Emil Filla. Il participe à Poésie 1932, l’exposition internationale à Prague qui marque l’arrivée du Surréalisme en Bohème.

La rupture de la Seconde guerre mondiale

Face à la montée du Nazisme, le style d’Emil Filla se fait progressivement de plus en plus nerveux. Nuit tropicale (1938) témoigne de cette évolution. Ses thématiques de prédilection sont alors les animaux et le combat. En 1939, son cycle de peintures sur des motifs tirés des ballades du poète tchèque K. J. Erben, créant des paraboles du bien et du mal, sont pour lui une manière de dénoncer les menaces pesant sur les valeurs humaines.

En raison de son engagement politique et de son art « dégénéré », il est arrêté dès le 1er septembre 1939 par les nazis, et passe la guerre dans le camp de concentration de Buchenwald.

A son retour en République tchèque en 1945, Emil Filla reçoit des marques de reconnaissance officielle. L’Union des artistes de Mánes lui consacre sa première exposition après-guerre. Il est également nommé professeur à l’Académie des arts appliqués de Prague, en charge de l’atelier de peinture monumentale. Enfin, le gouvernement met à sa disposition une aile du château de Peruc, en Bphême, pour qu’il expose sa collection.

Stylistiquement, les peintures d’Emil Filla retournent en 1946 au style cubo-expressionniste expérimenté en Hollande.

Les années 1950 : les créations à l’encre de chine

Dans les années 1950, Emil Filla se consacre à l’encre de Chine sur papier. Il réalise de grandes compositions portant sur les chansons populaires tchèques et slovaques, s’efforçant de combiner la tradition de la peinture européenne et la technique du pinceau chinois.

Emil Filla utilise notamment des encres de Chine colorées pour peindre des paysages horizontaux dans le Středohoř, une région vallonnée autour de Peruc, évoquant la campagne chinoise.

L’artiste est finalement écarté par le régime communiste en raison de sa défense du cubisme, officiellement considéré comme « bourgeois ».

La cote des œuvres d’Emil Filla

La cote des œuvres d’Emil Filla, représentant de la modernité en Bohême, connaît une croissance stable depuis 2004. Ses toiles s’acquièrent le plus souvent pour 100 000 à 500 000 €, et les prix atteignent parfois le million. Le record des ventes est détenu par Tête de vieil homme (1914), vendu 1 041 255 € (27 000 000 CZK ) à Prague en 2021. Fréquentes sur le marché tchèque, les toiles sont plus rares dans les autres pays. Les aquarelles et sculptures, plus accessibles, peuvent généralement être acquises pour 1 000 à 10 000 €.

Emil Filla, portrait de l’artiste.

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Estimation gratuite Eugène Boudin

Eugène Boudin

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Estimation et cote de l'artiste Eugène Boudin

Eugène Boudin (1824-1898), peintre normand né à Honfleur, est aujourd’hui considéré comme le précurseur de l’Impressionnisme. Il se distingue par ses peintures de paysages et ses marines, et développe la peinture en plein air.

Estimation gratuite Eugène Boudin

Prix des œuvres d'Eugène Boudin

  • Peinture - Peintures à l’huile : entre 15 000 € et 1 800 000 €

  • Dessins et aquarelles - entre 3 000 € et 100 000 €

  • Estampes et lithographies - entre 400 € et 4 000 €

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La formation d’Eugène Boudin

Eugène Boudin se forme d’abord comme commis d’imprimeur en 1936. Ce travail lui permet de rencontrer Théodule Ribot, Thomas Couture et Jean-François Millet. C’est à ce dernier qu’Eugène Boudin montre ses premières créations en 1845, lorsqu’il envisage de se tourner vers la carrière de peintre. L’année suivante, Eugène Boudin achète un substitut de circonscription pour pouvoir se consacrer à la peinture. Ayant décidé de devenir peintre professionnel, il se rend à Paris, où il admire les paysages, marines et natures mortes des tableaux hollandais du XVIIème siècle, ainsi que les peintres contemporains de l’école de Barbizon. Il s’en inspire pour ses propres créations. Afin d’encourager la vocation d’Eugène Boudin, le conseil municipal du Havre accorde à Eugène Boudin une bourse pour qu’il étudie la peinture en 1851. Il travaille d’ores et déjà sur le motif en Normandie, et effectue quelques copies au Louvre destinés au musée du Havre.

Eugène Boudin, peintre normand

Lorsque sa bourse touche à sa fin, Eugène Boudin rejoint le groupe d’artistes installés à la ferme Saint-Siméon, à Honfleur en Normandie. C’est à cette période que l’artiste réalise ses premiers séjours en Bretagne, à Quimper en 1855 et dans le Finistère en 1857. Ces visites suscitent chez Eugène Boudin un véritable intérêt à la fois pour les coutumes locales, et pour les paysages Bretons. A partir de 1857 il réalise une importante série de dessins monochromes reflétant les influences des peintres de Barbizon. Par son enthousiasme, il convainc Claude Monet de peindre en plein air, et l’encourage à se consacrer à la peinture. La renommée d’Eugène Boudin s’accroît grâce au Pardon de Ste-Anne-la-Palud (1858), qui lui permet d’être accepté au Salon à Paris en 1859. La même année, il se lie d’amitié avec Charles Baudelaire et Gustave Courbet, et sous l’influence de ce dernier accorde davantage d’importance au naturalisme de ses tableaux. Mettant à profit ce succès, Eugène Boudin s’installe à Paris en 1861. Il travaille alors brièvement avec Constant Troyon, et peint occasionnellement des tableaux de ciels qui lui valent le surnom de « roi des cieux » par Camille Corot.

Eugène Boudin, entre Paris et le littoral

A partir de 1863, Eugène Boudin met au point un mode de vie auquel il reste attaché jusqu’à la fin de sa vie. S’il passe l’hiver à Paris pour exposer au Salon, il se rend sur le littoral l’été, et peint sur la plage. Ainsi, en 1865, il peint sur la plage de Trouville en compagnie de Gustave Courbet et de James Whistler. Eugène Boudin bâtit sa réputation sur les paysages maritimes, mais réalise l’hiver une série de natures mortes dans l’esprit de Jean Siméon Chardin, telle que sa Nature morte au homard sur toile blanche. Dans ses paysages, il se plaît à représenter les festivités et dévotions des paysans et de la classe ouvrière. Sur les plages, de 1860 à 1894, ce sont les divertissements de la bourgeoisie qui constituent son motif principal (Scène de plage à Trouville, 1880). Sa renommée croissante, Eugène Boudin reçoit en 1869 des commandes de peintures de marines, qui l’amènent à délaisser les scènes de plages. Ses jeux sur les passages des nuages, les mouvements de la mer, et sur la luminosité atmosphérique préfigurent les recherches Impressionnistes. Son coup de pinceau, rapide et tout en empâtements, traduit une recherche d’instantanéité qui influence les Impressionnistes, cependant il ne s’appuie pas sur les travaux d’optique de Michel-Eugène Chevreul et n’adopte pas la division des couleurs.

En raison de son influence sur les peintres du groupe Impressionniste naissant, Eugène Boudin est invité à présenter ses œuvres à la première exposition impressionniste de 1874. La guerre franco-prussienne de 1870 contraint Eugène Boudin à se rendre à Bruxelles. Là-bas, il décide de voyager, pour varier ses productions. Il travaille donc à Bruxelles, puis Anvers, à Bordeaux, à Berck, et aux Pays-Bas. Cependant, avec la crise du marché de l’art des années 1875-1880, ces voyages ne durent pas. Ne vendant presque plus, Eugène Boudin limite ses séjours estivaux à la Normandie. Eugène Boudin voit refleurir ses affaires en 1881, lorsque Paul Durand-Ruel lui achète tout son stock de peintures, qu’il vend jusqu’aux Etats -Unis. A partir de cette date, ses toiles font l’objet d’achats de l’Etat, et le baron Alphonse de Rothschild et la baronne Nathaniel de Rothschild offrent même certains de ses tableaux aux musées. Il est fait chevalier de la Légion d’honneur en 1892, et la médaille lui est remise par Pierre Puvis de Chavannes.

La cote des œuvres d’Eugène Boudin

Eugène Boudin compte parmi les artistes les plus reconnus du XXème siècle. A ce titre, l’intérêt des collectionneurs pour le peintre ne se dément pas, et le record de ses ventes a été établi de nouveau en 2022, pour La plage de Trouville (1863), adjugé en 2022 pour 2 216 618 € (1 850 000 £ ) à Londres. Un budget de 10 000 à 500 000 € permet d’acquérir une toile du maître. Les peintures donnent cependant parfois lieu à des enchères millionnaires. Ses estampes et aquarelles sont pour leur part généralement adjugées pour 1 000 à 50 000 €. Vous souhaitez faire expertiser une peinture d’Eugène Boudin et recevoir son estimation. Remplissez votre demande via notre formulaire. Estimez une peinture d’Eugène Boudin en quelques clics et recevez une réponse sous quelques jours. C’est gratuit et totalement confidentiel.

Reconnaître la signature d'Eugène Boudin

Reconnaitre la signature d’Eugène Boudin est essentiel pour authentifier une œuvre de ce maître précurseur de l’impressionnisme, célèbre pour ses marines et ses ciels normands. L’artiste signait la grande majorité de ses toiles, esquisses et études de son nom complet « E. Boudin » ou simplement de ses initiales « E. B. ». Ces signatures, peintes à la main, se trouvent généralement dans un coin inférieur — le plus souvent à droite — et se distinguent par un tracé fin, sobre et légèrement incliné, à la brosse ou parfois au pinceau fin, dans une couleur contrastant délicatement avec le fond (brun, noir ou ocre clair sur les tons bleus et gris de ses marines). Sur certaines œuvres sur papier ou petites études, la signature peut être plus abrégée ou partiellement effacée par le temps, rendant l’expertise indispensable. Face à un marché où les faux et les attributions erronées existent, faire authentifier la signature d’un Eugène Boudin par un expert qualifié est primordial. Sur Estimon’Objet, nos spécialistes de la peinture du XIXᵉ siècle vous accompagnent dans l’analyse, la reconnaissance et l’estimation de vos œuvres signées Eugène Boudin — qu’il s’agisse d’une toile marine, d’une scène portuaire ou d’une étude de ciel — afin d’en garantir l’authenticité et d’en déterminer la juste valeur sur le marché de l’art.

Signature Eugene Boudin
Expertise signature Eugene Boudin

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Estimation gratuite František Janoušek

František Janoušek

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Estimation et cote de l'artiste František Janoušek

František Janoušek (1890-1943) est un représentant de la modernité tchèque, qui adhère au mouvement surréaliste.

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František Janoušek, enseignant et peintre

Avant de devenir peintre, František Janoušek avait initié une carrière d’enseignant. Après ses études à l’Institut des enseignants de Prague et de Jičín, il donne des cours jusqu’à la Première guerre mondiale dans de petits villages de Bohême centrale.

Pendant la guerre, František Janoušek est envoyé sur le front serbe, puis dans les Carpates. Pour fuir l’horreur de la guerre, il se mutile volontairement. C’est au cours de sa convalescence à l’hôpital qu’il commence à pratiquer assidûment la peinture et le dessin. Ses premières créations sont empreintes de Symbolisme.

Une fois guéri, František Janoušek s’inscrit à l’Académie des Beaux-Arts de Prague, où il étudie entre 1918 et 1922. A cette période, son œuvre évolue vers le Réalisme, puis l’Académisme, et enfin le style Post-impressionniste. František Janoušek est alors influencé par Rudolf Kremlička, Pablo Picasso et André Derain, mais aussi son enseignant Vojtěch Hynais, qui devient un ami proche.

Une fois sa formation achevée, František Janoušek devient membre du Cercle artistique de Mánes. Il est alors un peintre renommé mêlant des tendances néo-classiques, lyriques, et cubistes.

La période que František Janoušek passe à Paris en 1927 suscite une évolution de son style. Il traverse alors une période marquée par le Fauvisme et le Cubisme synthétique, dont témoigne Nature morte aux champignons (1929).

C’est cependant le voyage que František Janoušek effectue en Italie, grâce au prix du Fonds Jan Stursa qu’il reçoit en 1929, qui détermine la suite de sa carrière. Il y découvre en effet le Surréalisme, auquel il adhère pleinement. A son retour en Tchécoslovaquie, František Janoušek demeure néanmoins fidèle au conventionnel Cercle de Mánes, malgré sa proximité artistique avec les Sécessionnistes.

František Janoušek, artiste surréaliste

De retour d’Italie, František Janoušek élabore une esthétique surréaliste. Ses peintures, créatives et dynamiques, présentent des associations organiques d’objets anthropomorphes symboliques. Soir à Sienne (1929-30) est un témoignage important de cette période.

František Janoušek approfondit sa connaissance du Surréalisme lorsque l’œuvre de Salvador Dalí et Max Ernst sont présentées à Prague en 1931. L’année suivante, il participe à la première exposition collective du Surréalisme en Tchécoslovaquie, organisée par le Cercle de Mánes, intitulée Poésie 1932. Cette exposition qui réunit des œuvres des surréalistes français et tchèques, est la première présentation du foyer tchèque.

Après l’exposition, František Janoušek abandonne le thème de l’architecture, pour se concentrer sur les personnages et les figures (Sculpture, 1932). Il adopte le plus souvent des lignes ondulées, et s’intéresse avant tout au mouvement interne de ses compositions.

Dès 1933, les toiles de František Janoušek prennent un accent lyrique. Les espaces et formes organiques de ses toiles perdent leur dimension illusionniste. Il varie les coloris, réalisant parfois des œuvres quasi monochromes, comme Sculpteur (1933), ou bien au contraire aux tons très contrastés, tels que Paysage jaune (1933). František Janoušek joue de la géométrie des lignes et des courbes pour induire le mouvement dans ses tableaux, et transmet l’idée de profondeur en accentuant les ombres et en creusant les espaces.

Bien que son œuvre soit surréaliste, František Janoušek n’adhère pas officiellement au groupe surréaliste de Prague fondé en 1934.

Le surréalisme dystopique après 1935

A partir de 1935, František Janoušek s’inquiète de la politique européenne, et traduit cette préoccupation dans ses œuvres qui deviennent dystopiques. Il représente alors un univers apocalyptique, marqué par des destructions, rempli de formes colorées et entrelacées qui se développent sur fond noir. Les corps humains déchirés qui jalonnent ses créations sont autant de rappels de son expérience de la guerre, alors qu’éclate la guerre civile espagnole.

C’est à cette période que František Janoušek se lie d’amitié avec Václav Bartovský, Zdeněk Rykr et d’autres membres du Groupe 42, qui se forme alors.

A partir de 1937, František Janoušek cesse d’ombrer ses toiles, et y substitue des hachures. L’artiste expose une dernière fois en 1938, avant que le régime nazi ne lui interdise d’exposer en public. De 1939 à 1942, ne pouvant plus exposer ses œuvres, František Janoušek se consacre à l’enseignement. Il dirige l’école de peinture du Cercle de Mánes. Il meurt en 1943 d’une tumeur maligne à Prague.

La cote des œuvres de František Janoušek

La cote des œuvres de František Janoušek a crû de manière constante jusqu’au record atteint en 2020, pour Paysage avec un livre (1934), vendu à Prague pour 250 672 € (6 500 000 CZK).

Aujourd’hui, les peintures de l’artiste peuvent être acquises pour 10 000 à 50 000 €, et les records oscillent autour de 150 000 €. Les dessins et aquarelles sont quant à elles généralement adjugées entre 1 000 et 10 000 €.

Janoušek František, Milostný samaritán (1933), Prague, Galerie Kodl.

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Franz Marc

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Estimation et cote de l'artiste Franz Marc

Franz Marc (1880-1916), peintre et graveur, compte parmi les principaux représentants de l’Expressionnisme allemand. Membre de Der Blaue Reiter, il s’est spécialisé dans la représentation animalière.

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La formation artistique de Franz Marc

Franz Marc se forme à la peinture aux côtés de son père, le peintre de sujets religieux Wilhelm Marc. Après avoir envisagé de devenir religieux, et fait des études de théologie à l’Université de Munich (1894-1898), il choisit finalement la carrière de peintre. Il rejoint alors l’Akademie der Bildenden Künste de Munich (1899-1903), où il côtoie Gabriel von Hackl et Wilhelm von Dietz. Ses premières toiles, comme Portrait de la mère de l’artiste (1902), traduisent son intérêt pour l’architecture des formes, et sa maîtrise de l’art classique.

A partir de 1902, Franz Marc opère plusieurs voyages en Europe. Il part en Italie avec son frère Paul pour étudier l’art byzantin (1902), puis se rend en France, où il découvre à la fois les estampes japonaises et les impressionnistes.

De retour en Allemagne, Franz Marc élabore son style personnel, sous l’influence du peintre animalier Jean Bloé Niestlé, et de Maria Schnür, membre du groupe Jugendstil Die Scholle. Il multiplie les expérimentations, et effectue sa première tentative de sculpture en cire en 1905 avec le Troupeau de moutons. Franz Marc s’intéresse surtout à la représentation animalière, qu’il veut réaliste.

En 1907, Franz Marc se rend une seconde fois à Paris, où il admire tant les peintures de Vincent Van Gogh et Paul Gauguin que la sculpture égyptienne et médiévale. A son retour, Franz Marc puise inspiration dans le style de Paul Gauguin, comme le montre le Jeune mélèze sur un pré de forêt (1908), et le fait connaître en participant à l’organisation d’une exposition à Munich sur le travail du peintre. Il peint en plein air en Bavière, à Lenggries, en s’intéressant toujours davantage aux animaux qui lui paraissent moins corrompus que les êtres humains. L’animal est pour Franz Marc le témoignage de l’Eden, un souvenir de la vie en communion avec la nature. Il réalise sa première série des chevaux de Lenggries au printemps 1908, thème qu’il développe jusqu’à sa mort.

Franz Marc, peintre de la Neue Künstlervereinigung München

A son retour à Sindelsdorf en 1910, Franz Marc rencontre le collectionneur Bernard Koehler, qui devient son commanditaire principal, et le présente à Alexei Jawlensky and Marianne Werefkin, membres de la Neue Künstlervereinigung München (NKVM). Le peintre rejoint le groupe l’année suivante, en 1911. Avec le NKVM, il développe un intérêt nouveau pour des formes monumentales, aux couleurs intenses, inspirées du Fauvisme français.

Franz Marc ne reste cependant que quelques mois au sein du NKVM, et le quitte en compagnie de Vassily Kandinsky et d’Alfred Kubin, pour fonder le groupe de Der Blaue Reiter.

Franz Marc, chef de file de Der Blaue Reiter

Le groupe Der Blaue Reiter naît de la vision spirituelle de l’art de Franz Marc et Vassily Kandinsky. Tous deux souhaitent renouveler la spiritualité occidentale par un art simple. Le groupe tient son nom du titre de leur première exposition commune en 1911 à la galerie Thannhauser à Munich.

L’exposition Der Blaue Reiter connaît une deuxième édition à Goltz, puis une troisième en mars 1912 à la galerie du groupe Der Sturm à Berlin. La même année, Franz Marc publie avec d’autres membres du groupe L’Almanach, considéré comme un véritable manifeste artistique.

Le style de Franz Marc évolue au contact des Cubistes français, qu’il découvre lors de sa troisième visite à Paris en 1912, et des Futuristes, qu’il rencontre à l’exposition futuriste de Cologne la même année. Il adopte alors des constructions plus cristallines, aux formes pures et aux couleurs non figuratives, cherchant à faire s’interpénétrer l’esprit et la matière, comme c’est le cas dans Le Tigre (1912). A partir de 1912, il peint ses animaux devant un paysage en cherchant à traduire la vision qu’en a l’animal.

Si le style de Franz Marc est épanoui en 1913, sa conception de l’animal se fait plus amère, et ses toiles traduisent un certain désenchantement du monde. Il se tourne progressivement vers l’Abstraction, avec des œuvres telles que Formes brisées, ou encore Composition de formes abstraites. Ce virage vers l’Abstraction se confirme pendant les deux premières années de la Première guerre mondiale, comme le montrent les projets et commentaires artistiques compilés dans son journal d’étude, le Feldskizzenbuch. Il meurt pourtant sur le front, sans avoir pu les réaliser.

L’estimation des œuvres de Franz Marc

Franz Marc est le représentant d’une époque, et sa courte carrière ne lui a pas permis d’avoir une production très dense. La progression des prix de ses toiles correspond tant à l’affirmation du goût des collectionneurs pour l’Expressionnisme allemand qu’à la raréfaction de l’offre sur le marché de l’art. Un budget de 100 000 € à 5 000 000 € permet généralement l’acquisition d’une toile du maitre.

Le record des ventes a été atteint en 2022, pour Le Renard (1913), vendu 44 332 364 € (37 000 000 £) à Londres.

Les dessins et aquarelles, plus accessibles, s’échangent le plus souvent pour 10 000 € à 50 000 €.

Franz Marc, Tiger (Tigre), 1912, Lenbachhaus, Munich.

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Estimation et cote de l'artiste George Grosz

George Grosz (1893 – 1959), né sous le nom de Georg Gross, est un peintre de la modernité allemande, particulièrement renommé pour ses critiques sociales.

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George Grosz avant la Première guerre mondiale

George Grosz se forme à la peinture avant la Première guerre mondiale. Il étudie à l’académie de Dresde entre 1909 et 1911, où il rencontre Kurt Günther, Bernhard Kretschmar, et Franz Lenk. Il y apprend la peinture et le dessin d’après les moulages d’antiques. A la même période, le groupe Die Brücke est actif à Dresde.

George Grosz poursuit sa formation à Berlin, avec Emil Orlik, au sein de l’école liée au Musée des Arts appliqués.

Au cours d’un voyage à Paris en 1913, George Grosz suit également un enseignement à l’Atelier Colarossi, où il apprend à peindre librement, d’après le motif. C’est à cette époque qu’il commence à publier des dessins satiriques. L’artiste poursuit cette activité à son retour à Berlin. Il publie des caricatures sensationnelles (assassinat, exécution, catastrophes) mêlant l’expressivité de geste des journaux satiriques du Jugendstil, et le grandiose de la peinture académique.

L’influence de la guerre sur l’art de George Grosz

Le style et les thématiques adoptées par George Grosz évoluent radicalement avec la Première guerre mondiale.

Bien que mobilisé en 1914, il est libéré de ses devoirs au bout de six mois pour raisons de santé. Apolitique, George Grosz fonde en 1916 le journal Die Neue Jugend avec John Heartfield et Franz Jung. Il change aussi son nom, par affinité intellectuelle avec les Anglais et les Américains. La réincorporation de George Grosz dans l’armée allemande en 1917 suscite une crise morale si importante qu’il doit être interné dans un hôpital psychiatrique. Il est réformé l’année suivante.

En raison de la guerre, la peinture de George Grosz se fait plus violente et pessimiste. Ses compositions, formées de scènes imbriquées, traduisent une réalité fragmentaire, dans une perspective morale. Dans cette peinture radicale, il s’inspire du Futurisme italien qu’il avait pu observer à la galerie Der Sturm à Berlin en 1913.

La fondation du mouvement Dada à Berlin

George Grosz contribue à fonder le mouvement Dada à Berlin en 1918, dont les œuvres radicales sont autant de critiques de la société. Il réalise alors des photomontages, et des collages pour les publications satyriques. Ses croquis satyriques sont eux-aussi diffusés dans les journaux.

George Grosz, surnommé « Maréchal Propaganda », organise en 1920 la Première Foire internationale Dada à Berlin avec Raoul Hausmann et John Heartfield.

L’engagement de George Grosz auprès du communisme se traduit par son poste de président du groupe Rouge (Rote Gruppe), l’association des artistes communistes d’Allemagne, en 1924. S’il demeure engagé politiquement, George Grosz quitte alors le groupe Dada, pour renouer avec la peinture réaliste.

L’adhésion à Die Neue Sachlichkeit

Dès 1925, George Grosz participe à l’exposition de la Neue Sachlichkeit (Nouvelle Objectivité), organisée par la Kunsthalle de Mannheim. A partir de cette date, ses représentations des types de classes sociales constituent une nouvelle critique de la société de Weimar. Les personnages des Piliers de la société (1926), font de cette toile une œuvre majeure de sa production, par leur physionomie marquée et leur psychologie accentuée.

Son dessin Fermez votre bouche et continuez à servir (1928), représentant le Christ en croix portant un masque à gaz et des bottes de soldats, choque tant l’opinion qu’il est accusé de blasphème, et pris dans un scandale qui dure jusqu’en 1933.

George Grosz aux Etats-Unis

En 1933, George Grosz est invité à l’Art Students League de New York, il émigre donc aux Etats-Unis peu avant l’arrivée d’Hitler au pouvoir. Nombre de ses œuvres, exposées à Munich en 1937 lors de l’exposition des œuvres d’art dégénérées, sont détruites. L’année suivante, George Grosz prend la nationalité américaine.

L’artiste poursuit sa carrière à l’Art Students League de New York, où il donne des cours, et fonde également sa propre école. Ses dessins caricaturent désormais les types américains, et il se détourne progressivement de la politique.

George Grosz retourne cependant à Berlin au mois de juin 1959, après s’être démis de ses fonctions de professeur à New York. Il y meurt le mois suivant.

La cote des œuvres de George Grosz

La cote des œuvres de George Grosz est relativement stable depuis les années 2000, et témoigne de la constance du goût des collectionneurs pour l’artiste. Le record des ventes a été atteint récemment, avec la vente de Gefährliche Straße (1918) en 2020 pour 9 927 758 € (8 400 000 £ ) à Londres.

La gamme de prix de ses peintures est assez étendue, avec des ventes qui s’échelonnent entre 5 000 et 5 000 000 €. Les toiles s’échangent cependant généralement pour 10 000 € à 50 000 €. Les aquarelles sont pour leur part adjugées pour 1 000 € à 50 000 €.

 

George Grosz, Metropolis, 1917, musée Thyssen-Bornemisza, Madrid.

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Estimation et cote de l'artiste Georges Guyot

Georges Guyot (1885-1973) est un sculpteur et peintre français, spécialisé dans l’art animalier. Appartenant au cercle de François Pompon, le Groupe des douze, il se distingue par ses sculptures de très grande échelle.

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La vocation précoce de Georges Guyot pour l’art animalier

L’intérêt de Georges Guyot pour la nature, et en particulier pour les animaux, viendrait d’un épisode de son enfance. Assistant à la foire à un spectacle d’ours, il se serait battu contre l’animal, ce qui aurait suscité une fascination durable pour les animaux sauvages.

Georges Guyot fait son apprentissage en ébénisterie de 1900 à 1903, puis se forme auprès d’un sculpteur sur bois. S’il excelle dans la copie d’œuvres anciennes, du XVème au XVIIème siècle, il manifeste dès cette période son attrait pour la nature. Ainsi en 1903, Georges Guyot dessine déjà des modèles au Musée d’Histoire naturelle de Paris.

En 1904, Georges Guyot part faire son service militaire dans la ville de Rouen. Le directeur de l’Ecole des Beaux-Arts de Rouen remarque son talent, et lui permet de compléter sa formation artistique en assistant aux cours du soir. Il perfectionne sa technique, et se forme notamment en céramique, ce qui se traduit par la création d’œuvres telles que son ours de céramique en 1906. A son retour à Paris, le directeur de l’Ecole des Beaux-Arts de Rouen conseille à Georges Guyot d’exposer ses œuvres au Salon des Artistes français.

Georges Guyot, sculpteur

Georges Guyot se fait avant tout connaître comme sculpteur. L’artiste s’installe au Bateau-Lavoir, où il travaille jusqu’à sa destruction par un incendie en 1970. C’est pour lui l’occasion de fréquenter le milieu artistique d’Avant-garde.

Georges Guyot expose ses sculptures au Salon des Artistes Français à partir de 1906, et reçoit sa première médaille en 1910. Il se présente par la suite au Salon des Indépendants en 1920, ainsi qu’au Salon d’Automne à partir de 1925. Le sculpteur établit ainsi une certaine renommée, et en 1923 le Musée d’Art Moderne de la ville de Paris acquiert son Ours assis.

L’artiste se spécialise en sculpture animalière, représentant avant tout les animaux sauvages. Georges Guyot travaille tout au long de sa carrière au Jardin des Plantes et au Muséum de Paris, où il observe les squelettes des ours, des singes et des lions. Il s’attache aussi à comprendre et à traduire la psychologie de ces animaux.

François Pompon remarque son originalité, et le convie à rejoindre le « Groupe des Douze » en 1931. Ce groupe, fondé par François Pompon et Jane Poupelet, réunit des sculpteurs et peintres qui cherchent à interpréter la nature. Au sein de ce groupe, Georges Guyot expose en 1932 et en 1933 dans les salons de l’hôtel Ruhlmann. Cependant, le décès de Jane Poupelet en 1932 et celui de François Pompon en 1933 mettent rapidement terme à l’association.

Georges Guyot connaît un succès d’envergure internationale. Il est réputé pour ses créations monumentales, telles que le Taureau de Laguiole, commandé par le village de Laguiole en 1947. Pour traduire ses œuvres monumentales en bronze, il s’appuie sur le savoir-faire de différents fondeurs, notamment Susse Frères.

Georges Guyot, peintre et décorateur

Georges Guyot ne se limite pas à la sculpture, et réalise également des œuvres peintes et des modèles pour les arts décoratifs.

En peinture, il réalise dans sa jeunesse des paysages, notamment des vues de l’Île de France et de Montmartre. Georges Guyot est également peintre animalier. Il représente ainsi à l’huile tous types d’animaux, par exemple les canards (1934).

Sa connaissance de l’anatomie et du comportement animal permet à Georges Guyot d’être choisi comme illustrateur pour des ouvrages animaliers, tels que De Goupil à Margot de Louis Pergaud (1926) et Le livre des Bêtes qu’on appelle sauvages d’André Demaison (1930).

Enfin, Georges Guyot crée de nombreux modèles pour la Manufacture nationale de Sèvres entre 1929 et 1950.

Pour récompenser sa carrière, le Salon des Indépendants consacre en 1943 une exposition à Georges Guyot.

La cote des œuvres de Georges Guyot

Georges Guyot est un artiste qui séduit avant tout le marché français aujourd’hui. Ses sculptures s’échangent pour la plupart pour 10 000 à 50 000 €, mais les records dépassent les 100 000 €. Le prix de vente le plus élevé a été atteint en 2017 à Paris, avec son Orang Outan (c.1930), adjugé à 150 000 €.

Ses peintures et dessins sont bien plus accessibles. Un budget de 100 à 5 000 € suffit à acquérir une toile ou une feuille de l’artiste.

Signature de Georges Lucien Guyot sur son œuvre, la statue en bronze dite « l’Ours des Pyrénées », Bagnères-de-Luchon, Haute-Garonne, France.

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Estimation et cote de l'artiste Giacomo Balla

Giacomo Balla (1871-1958) est un peintre et sculpteur italien, représentant du mouvement futuriste. A travers ce style, il exprime son intérêt pour la représentation de la lumière et du mouvement.

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Les premières œuvres de Giacomo Balla

Giacomo Balla, peintre autodidacte, réalise ses premières œuvres à Turin. Déménageant à Rome en 1895, il se consacre à la représentation de scènes urbaines dans un style académique. Sa série des Machietta romana montre sa connaissance du divisionnisme des artistes d’Italie du nord.

Rapidement, Giacomo Balla évolue vers un style plus analytique, s’intéressant surtout aux portraits et aux paysages de la campagne romaine. Sa technique se transforme au contact de l’Impressionnisme et du Néo-Impressionnisme, découverts au cours d’un voyage à Paris en 1900. Enthousiaste, il adopte le divisionnisme dès son retour à Rome, et partage sa découverte avec Umberto Boccioni et Gino Severini. De 1901 à 1905, Giacomo Balla mène donc des recherches sur les formes et la lumière, tout en étudiant le réalisme social.

L’intérêt de Giacomo Balla porte avant tout sur la lumière et ses mouvements, ainsi que sur l’expression de la spontanéité. Il mêle lumière artificielle et naturelle dans La Journée de l’ouvrier (1903-1904), et esquisse un premier pas vers le Futurisme.

L’artiste peint également au pastel, en menant les mêmes recherches sur les effets lumineux, comme le montre Nu contre la lumière (1908).

L’adhésion de Giacomo Balla au Futurisme (1909 – 1916)

Le tableau marquant l’adhésion de Giacomo Balla au Futurisme est son Eclairage public (1909). Dans cette toile, il incarne d’ores et déjà les principes définis par la suite par Umberto Boccioni et Gino Severini dans le Manifeste technique de la peinture futuriste (1910). S’il signe le manifeste, Giacomo Balla ne participe pas aux expositions du mouvement, peut être car l’essentiel de sa production ne traduit pas encore suffisamment les idéaux futuristes.

S’inspirant de la recherche scientifique sur l’optique et de la photographie, Giacomo Balla abandonne alors le divisionnisme pour une peinture rythmique, parcourue de vibrations lumineuses. Ainsi, Le lampadaire (1909-1910) est avant tout une étude de la diffusion de la lumière.

Le peintre s’appuie sur l’œuvre du photographe Anton Giulio Bragaglia et les chronophotographies d’Etienne-Jules Marey pour réaliser ses premières analyses dynamiques de formes en mouvement, Dynamisme d’un chien en laisse (1912) ou encore Jeune fille courant sur un balcon (1912). En 1913, Giacomo Balla réalise une série de dessins et de peintures inspirés par le vol des martinets.

En 1913-1914, l’intérêt de Giacomo Balla sur la représentation de la rapidité de l’action et de la lumière s’accentue, comme le montre Vitesse de la voiture+Lumière+Bruit (1913). L’emploi des courbes et des contrastes de couleurs complémentaires lui permet de créer un mouvement tourbillonnant et centrifuge.

A la fin de l’année 1914, Giacomo Balla évolue vers des thèmes cosmiques, qui se prêtent mieux à l’abstraction. La même année, il réalise ses premières sculptures en fil de fer, qui correspondent à la « plasticité complexe » qu’il recherche dans ses peintures, telles que le Portrait automatisé du marquis Casati. Son intérêt croissant pour la sculpture le mène à signer avec Fortunato Depero, le manifeste Ricostruzione futurista dell’universo (1915), prônant une sculpture qui donnerait forme à ce qui est « invisible, impalpable, impondérable, imperceptible ».

Dès 1915, Giacomo Balla s’engage au sein du mouvement anti-neutraliste, qui encourage la participation de l’Italie à la Première Guerre mondiale aux côtés des Alliés. Il réalise alors des compositions patriotiques festives.

Giacomo Balla et l’unification des arts visuels (1917-1958)

Par la collaboration, Giacomo Balla cherche à unir les arts visuels.

A partir de 1917, l’artiste s’investit dans la production théâtrale, qui lui permet de lier sur scène l’action, la musique, et les effets de lumière, ses trois thématiques de prédilection. Il conçoit ainsi les éclairages et le décor de Feu d’artifice d’Igor Stravinsky (1917) à la Scala de Milan, et le mobilier et décor du Bal Tik-Tak (1921). Giacomo Balla invente même une composition scénique qui permet, par des sols mobiles, une action continue et simultanée sans intervalle.

Dans cette même perspective d’unification des arts visuels, Giacomo Balla travaille également comme graphiste pour la publicité, conçoit des céramiques à Albisola, et élabore un manifeste sur la cinématographie (1916).

Giacomo Balla aux frontières de l’Abstraction

En peinture, Giacomo Balla évolue vers l’Abstraction, en s’inspirant de l’œuvre de Fernand Léger et des œuvres de De Stijl. S’il ne franchit jamais le pas de l’Abstraction, il utilise entre 1918 et 1920 des formes abstraites pour évoquer la spiritualité et les sentiments, comme dans Pessimisme et optimisme (1923). Ensuite, son attention porte sur la représentation des lettres et des chiffres, distribués sur la toile, comme dans Les nombres amoureux (1925). Ses expériences sur les formes géométriques sont alors cohérentes avec l’Abstraction européenne contemporaine.

Cependant au début des années 1930, Giacomo Balla retourne aux principes du divisionnisme et de la figuration, avec des œuvres telles que Autocaffé (1928) ou Autoballarioso (1946). Il conserve ce style jusqu’à la fin de sa carrière.

 

La cote des œuvres de Giacomo Balla

Les pièces exceptionnelles de Giacomo Balla sont rarissimes en dehors du marché italien en raison de la loi italienne de 1939, qui interdit l’exportation d’œuvres d’art de plus de 50 ans, à moins d’en demander l’autorisation à l’Etat. En raison de cette contrainte, les toiles qui s’échangent en Italie suscitent peu d’enthousiasme des collectionneurs internationaux, et sont acquises généralement pour 10 000 à 50 000 €. En revanche, celles vendues en dehors du pays natal de l’artiste sont adjugées pour des sommes bien plus élevées, plus souvent comprises entre 10 000 et 500 000 €. C’est d’ailleurs à New York qu’a été atteint le prix de vente le plus haut, 7 486 120 € (10 100 000 $ ), pour Automobile in Corsa (1913) en 2013.

Dinamismo di un cane al guinzaglio 1912, Buffalo, Albright-Knox Art Gallery

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Estimation et cote de l'artiste Gino Severini

Gino Severini (1883-1966) est un peintre et décorateur représentant du mouvement futuriste italien. Inspiré par la modernité de l’Ecole de Paris, il passe une partie de sa carrière en France, et opère la synthèse entre Cubisme et Futurisme.

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Les premières œuvres de Gino Severini

Gino Severini réalise ses premières œuvres à Rome, où il travaille comme comptable pour un fabricant de pipe, tout en suivant des cours à la Villa Medicis. Il suit également les cours de dessin des Incurabili. Ses premières toiles, des paysages réalistes, se concentrent sur la valeur de la lumière.

En 1901, l’artiste rencontre Umberto Boccioni et Giacomo Balla, et par leur intermédiaire découvre le divisionnisme de Georges Seurat.

Déçu par l’académisme de la scène artistique italienne, et souhaitant rencontrer Georges Seurat, Gino Severini s’installe à Paris en 1906. Il loue un atelier Impasse Guelma, où il côtoie Maurice Utrillo, Georges Braque, Raoul Dufy, Pablo Picasso ou encore Amedeo Modigliani. Malgré ces stimulations artistiques, Gino Severini continue à pratiquer un divisionnisme strict.

Gino Severini, un futuriste à Paris

Depuis Paris, Gino Severini signe le premier manifeste de la peinture futuriste en 1910. Il se rapproche alors du Cubisme, mais ses peintures conservent la technique divisionniste et la brillance des couleurs, comme le montre Le boulevard (1910).

Ne partageant pas l’aversion des autres Futuristes pour la scène artistique parisienne, Gino Severini convainc Carlo Carrá, Umberto Boccioni et Luigi Russolo de le rejoindre pour rencontrer Pablo Picasso, Georges Braque, Juan Gris, et Robert Delaunay. Ce voyage s’avère décisif pour l’évolution du Futurisme.

Dans ses compositions, Gino Severini cherche à recomposer le dynamisme du mouvement. En dupliquant et superposant les formes sur ses toiles, il prolonge leur existence par le temps pris par le spectateur pour la lire. En témoignent des œuvres emblématiques du futurisme telles que La danse du pan-pan au « Monico » (1910-1911) ou encore Hiéroglyphe dynamique au bal Tabarin (1912).

La proximité de Gino Severini avec l’Avant-garde parisienne se traduit d’abord par des collages inspirés de Georges Braque et Pablo Picasso, comme son Portrait d’Arthur Cravan.

Puis à partir de 1913, l’art de Gino Severini opère une synthèse entre le Futurisme et le Cubisme, qui le rapproche du Cubisme synthétique. Isolé à Paris pendant la guerre, il peint des natures mortes avec des instruments de musique, dans un style proche de celui de Juan Gris.

Les œuvres que Gino Severini présente à New York à la galerie d’Alfred Stieglitz en 1917 remportent un important succès critique. En revanche, son exposition à la Galerie de l’Effort Moderne de Léonce Rosenberg en 1919 n’est pas bien reçue par le public parisien.

Le Retour à l’Ordre

Le Retour à l’Ordre Dès 1916, Gino Severini annonce le Retour à l’Ordre, réconciliant dans son œuvre le Cubisme avec le Classicisme. Il accorde alors plus d’importance aux règles de composition, ce qu’il entend comme un retour à la pureté des œuvres de la Renaissance italienne. Il détaille ses conceptions dans Du Cubisme au classicisme (1921). Ce retour à l’Académisme se perçoit dans sa série des Arlequins.

A la même période, Gino Severini investit le champ de la peinture murale. Pour la famille Sitwell, il réalise de larges fresques pour le Castello Montefugoni, près de Florence, ornées de masques de la Commedia dell’Arte. Cette même thématique des masques, cette fois mêlées aux ruines romaines, se retrouve sur les panneaux décoratifs que l’artiste conçoit pour la maison de son marchand Léonce Rosenberg en France en 1929.

Après sa conversion au catholicisme en 1923, Gino Severini réalise également de nombreuses créations religieuses en Suisse, et ce jusqu’en 1935. Dans ses fresques d’esprit cubiste, il continue à exprimer ses recherches sur les proportions.

Les commandes publiques se multiplient, et Gino Severini compose même des mosaïques. Il réalise ainsi en 1933 une mosaïque pour le hall de réception du palais accueillant la 5ème Triennale de Milan, puis le décor du Palazzo di Giustizia (1936) de Milan, et enfin pour le Palazzo delle Poste à Alessandria (1936).

Rentré en Italie en 1933, Gino Severini est le seul Futuriste condamné par le Régime fasciste. S’il reste en Italie pendant la guerre, il retourne en France à l’issue de la Seconde guerre mondiale. Il s’installe alors à Meudon, où il ouvre une école de mosaïque formant à la technique antique employée à Ravenne au VIème siècle. S’il rencontre un succès en tant qu’enseignant, ses compositions personnelles en revanche, qui mêlent Néo-Cubisme et Abstraction, ne séduisent plus le public. Se préoccupant de sa postérité, Gino Severini publie ses mémoires Tutta la vita di un pittore (1946).

L’estimation des œuvres de Gino Severini

Gino Severini ayant œuvré entre la France et l’Italie, la vente de ses œuvres sur le marché international est facilitée. C’est d’ailleurs à Londres qu’a eu lieu la vente record d’une toile de l’artiste, Danseuse (1915), adjugée à 16 976 300 € (13 420 000 £) en 2008.

Ses peintures s’échangent généralement pour 10 000 à 500 000 €. Plus accessibles, ses estampes et aquarelles peuvent être acquises pour 1 000 à 5 000 €.

Gino Severini en 1913 à l’ouverture de son exposition à la Marlborough Gallery à London.

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