Estimation gratuite Jacek Malczewski

Jacek Malczewski

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Estimation et cote de l'artiste Jacek Malczewski

Jacek Malczewski (1854-1929) est un peintre polonais et l’un des grands représentants du mouvement symboliste en Pologne. Découvrez ici l’histoire de Jacek Malczewski et ses peintures emblématiques des xixe et xxe siècles. Besoin d’une expertise Jacek Malczewski ? Contactez l’équipe d’Estimon’objet !

Estimation gratuite Jacek Malczewski

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Les débuts de Jacek Malczewski

Jacek Malczewski naît à Radom en 1854. Il part pour Cracovie en 1871. Au lycée, il choisit de suivre aussi des cours à l’École des Beaux-arts, en tant qu’auditeur libre. Le directeur Jan Matejko lui reconnaît déjà un potentiel artistique. Il l’encourage à poursuivre ses études dans cette voie des arts plastiques puis à terminer son cursus à l’École des Beaux-arts de Paris. À ses débuts, Jacek Malczewski peint des scènes de genre campagnardes et des tableaux historiques dans un style réaliste. Il s’inscrit aussi dans la tradition de la peinture d’histoire avec des compositions monumentales.

Jacek Malczewski séjourne dans plusieurs pays : France, Allemagne, Autriche, Italie, Grèce et Turquie. Mais il reste attaché au style de l’art polonais et au folklore local. En outre, il tient à revendiquer sa nation. Au xviiie siècle, la Pologne est partagée entre la Prusse, la Russie et l’Autriche. Cette scission induit le besoin de perpétuer le souvenir d’une nation. Jacek Malczewski est de retour à Cracovie en 1896. Il a alors 42 ans et il exerce comme professeur aux Beaux-arts dans son ancienne École devenue l’Académie des Beaux-arts. Il enseigne de 1896 à 1900 puis de 1912 à 1921. 

Parallèlement, en 1897, il adhère à la confrérie des artistes de Cracovie, la « Sztuka » (L’Art). Sa palette est sombre et influencée par celle d’Artur Grottger, un peintre polonais de 17 ans son aîné. Ce dernier appartient au genre romantique. Son sujet de prédilection est la lutte pour l’indépendance lors de l’insurrection polonaise de janvier 1863. Jacek Malczewski s’engage lui aussi. Il s’ancre dans un courant national. Il devient l’une des figures les plus importantes du mouvement Jeune Pologne (Młoda Polska) au début du xxe siècle. 

Jacek Malczewski et la Jeune Pologne 

Jacek Malczewski est le co-créateur de la Jeune Pologne. Il s’agit d’un mouvement culturel et artistique moderniste. Le cœur de cette avant-garde se situe à Cracovie. Ce mouvement est actif pendant la dernière décennie du xixe siècle et jusqu’à la Première Guerre mondiale. Dans la Jeune Pologne, les différents types d’art s’influencent. Ce modernisme s’oppose à l’académisme, au naturalisme et au réalisme. Cette révolution vient rompre avec l’utilitarisme, l’imitation de la réalité et surtout le rationalisme positiviste.

Ces jeunes artistes polonais sont notamment marqués par les idées de Schopenhauer, Nietzsche et Bergson. Ces philosophes considèrent l’intuition, l’instinct et l’inconscience comme supérieurs à la raison. En cela, ils s’opposent à la pensée de l’époque précédente dans laquelle les sciences, la technologie et l’industrie sont perçues comme positives et nécessaires au progrès de l’humanité. En cette fin de siècle, on assiste donc à une crise des valeurs. Le capitalisme se développe et la bourgeoisie domine. Cela entraîne une mélancolie traduite à travers les arts. Cette désillusion est commune à plusieurs mouvements comme celui de la Jeune Pologne ou encore celui du Décadentisme. 

Le style de vie de la bohème artistique émerge en rébellion à cette culture bourgeoise. Le slogan moderniste « l’art pour l’art » naît alors. Il s’agit de retirer les fonctions didactique, morale ou utile à l’art. On se libère d’une recherche de perfection de la forme et on accentue la recherche de la beauté. Ces artistes revendiquent aussi l’indépendance du créateur. Surtout vis-à-vis de la bourgeoisie. Ainsi l’art essaye d’apaiser un pessimisme quant à l’existence humaine. 

Jacek Malczewski et le symbolisme polonais 

Dans ce contexte et à partir de 1890, Jacek Malczewski se tourne vers le mouvement symboliste. Il propose des œuvres ambitieuses. Ses compositions sont alors typiquement symboliques, tel que dans le cycle Ma Vie (1814-1919) ou encore dans Transmission de la palette (1922). Il questionne l’impact concret de l’art dans le quotidien. Il met également en avant un devoir de mémoire de la part de l’artiste vis-à-vis de sa patrie.  Dans cette période de fortes inquiétudes et touchant aux questions existentielles, Jacek Malczewski transmet un message centré sur l’être humain. Il aborde le martyre polonais. Il représente des thèmes tels que la mélancolie (Melancholia 1890-1894), l’immortalité (Zmartwychwstanie Niesmiertelnose en 1900), la mort (Smierc et Thanatos en 1902), ou encore les métamorphoses. Il évoque aussi souvent la musique (Muzyka en 1902). Il peint également de nombreux portraits et autoportraits dans lesquels on lui décèle un sens subtil de l’ironie.

On trouve dans son œuvre des références à l’Antiquité, au christianisme, aux légendes populaires, aux poètes romantiques (comme Juliusz Slowacki et Zygmunt Krasinski), etc. Il mélange le fantastique au réel, il utilise beaucoup de symboles et de significations ésotériques. Beaucoup de figures féminines sont présentes. Son choix de couleurs est déroutant et donne un aspect magique à l’œuvre. Ses peintures sont abondamment polysémiques. Les peintres Józef Mehoffer ou encore Wojciech Weiss succèdent à Jacek Malczewski dans ce symbolisme à la manière polonaise. Jacek Malczewski meurt en 1929 à Cracovie. Il repose dans la crypte des écrivains et artistes illustres de Pologne, dans la Basilique Skałka.

Faire estimer gratuitement une oeuvre de Jacek Malczewski

Vous souhaitez faire expertiser une œuvre de Jacek Malczewski et recevoir son estimation. Faites estimer une œuvre de Jacek Malczewski en quelques clics et recevez une réponse sous quelques jours. C’est gratuit et totalement confidentiel. On estime que Jacek Malczewski a produit environ 2000 peintures à l’huile au cours de sa vie. Ses œuvres sont conservées majoritairement dans les musées polonais et dans des collections particulières. À ce jour, voici les meilleures ventes de ses peintures sur la dernière décennie : 

Le 8 décembre 2022, l’huile sur toile La Réalité (1908), de 115 × 209 cm, datée et signée, s’est vendue à 3.625.369 €, en Pologne. Le 20 mars 2021, l’huile sur toile La Fileuse (1922), de 175,5 × 211 cm, s’est vendue à 1.213.200 €, en Pologne. Le 17 octobre 2021, le triptyque à l’huile sur carton La Sauterelle (1903-1907), de 43,2 × 110,4 cm, s’est vendu à 990.390 €, en Pologne. Le 9 décembre 2021, l’huile sur toile La Crèche de Noël (1888), de 105 × 212 cm, signée et datée « J. Malczewski 1888 », s’est vendue à 867.800 €, en Pologne. Le 19 mars 2024, l’huile sur bristol Le Pêcheur (1909), de 90 × 72 cm, signée et datée « JMalczewski/1909 », s’est vendue à 810.845 €, en Pologne. Le 13 juin 2024, l’huile sur toile À la source de la vérité (1909), de 140,5 × 96 cm, signée et datée « JMalczewski 1909 », s’est vendue à 804.916 €, en Pologne. Le 21 mars 2024, l’huile sur contre-plaqué Autoportrait avec des Gorgones (1918), de 74 × 58 cm, signée et datée « J Malczewski 1918 », s’est vendue à 580.517 €, en Pologne. 

(Illus.) Jacek Malczewski, Derwid, 1902, huile sur toile, 53 × 45 cm, Musée national de Cracovie. 

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Estimation gratuite Théodore Fantin Latour

Théodore Fantin Latour

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Estimation et cote de l'artiste Théodore Fantin-Latour

La cote du pastelliste Théodore Fantin-Latour et de ses portraits dessinés. Découvrez le parcours de Théodore Fantin-Latour, portraitiste et pastelliste de renom. Besoin d’une expertise concernant Théodore Fantin-Latour ? Contactez l’équipe d’Estimonobjet !

Estimation gratuite Théodore Fantin Latour

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Théodore Fantin-Latour, un jeune homme encouragé à devenir peintre

Jean-Théodore Fantin-Latour, dit Théodore Fantin-Latour, est né d’un père officier d’origine briançonnaise en 1805 à Metz. Une fois retraité, François Fantin-Latour, sensible aux arts et ayant lui-même reçu une formation à l’école gratuite de dessin (où il obtint en 1778 une médaille d’argent), s’installe à Grenoble avec ses deux enfants, Victor et Théodore Fantin-Latour, et les encourage à peindre. Théodore a un talent de dessinateur, et bientôt, il suit les cours de Benjamin Rolland, un élève de Jacques-Louis David, le grand peintre académique du temps. Benjamin Rolland est alors directeur de l’école gratuite de peinture et de dessin, mais également conservateur du musée de Grenoble (entre 1817 et 1853). En 1827, Théodore Fantin-Latour décide de partir à Paris avec son frère, Victor Fantin-Latour, pour y parfaire ses études d’art.

Théodore Fantin-Latour, un retour triomphant à Grenoble

Théodore Fantin-Latour retrouve de nombreux jeunes peintres de Grenoble à Paris ; avec eux, il visite les édifices remarquables et copie les oeuvres majeures du Musée du Louvre aux côtés des élèves d’Ingres. En 1831, Théodore Fantin-Latour rentre à Grenoble. Sa notoriété s’installe : très doué dans le portrait, il réalise notamment en 1832 celui de son ami Victor Sappey (aujourd’hui au Musée de Grenoble). Les églises, les couvents et autre établissements de Grenoble lui commandent des peintures. À partir de 1832, Théodore Fantin-Latour participe aux Salons organisés dans certaines salles du musée des beaux-arts de Grenoble par la Société des amis des arts. Les critiques sont dithyrambiques, surtout à partir de 1835, où on succès est tel qu’on le met en concurrence directe avec son maître (et directeur du musée) Benjamin Rolland. Dans Le Courrier de l’Isère du 12 mai 1835, au sujet des portraits de Théodore Fantin-Latour, on peut lire que « ses figures sont bien dessinées », et que « M. Fantin est certainement de tous les portraitistes celui de l’exposition qui mérie le plus d’éloges et d’encouragements ».

Théodore Fantin-Latour, un portraitiste en quête de succès à Paris

Connaissant un succès sans pareil à Grenoble, Théodore Fantin-Latour décide de s’installer à Paris, capitale des arts, pour y briller. Avec sa femme, Hélène de Naidenoff (fille adoptive d’une comtesse russe), Théodore Fantin-Latour s’établit à Paris, rue du Dragon, en 1841. Elle y restera jusqu’en 1858. Avec Hélène, Théodore a trois enfants en bas-âge, Henri, né en 1836, Marie, née en 1837, et Nathalie, née en 1838. Théodore Fantin-Latour expose au Salon de 1842 à 1844. On retrouve surtout des portraits, dans lesquels l’artiste est spécialisé, et des oeuvres religieuses. Théodore Fantin-Latour contribue à repopulariser le pastel. Après 1844, on ne trouve plus trace de la présence de Théodore au Salon, jusqu’en 1865, où il présente un portrait féminin, et en 1866, où c’est un Christ en croix qui est exposé. On sait qu’à partir de 1846, ayant remarqué les talents de son fils, Henri Fantin-Latour, Théodore commence à lui donner des leçon de dessin et de peinture.

Théodore Fantin-Latour, une fin de carrière en pointillés

La fin de carrière de Théodore Fantin-Latour nous est parvenue incomplète. Il n’a pas connu à Paris le succès escompté, et connaît des revers financiers. Le peintre cherche des solutions. Son nom apparaît en 1858 à Rouen, où il obtient une médaille de bronze à la 17e exposition municipale de la ville. Aurait-il tenté de percer dans cette région après le relatif échec parisien ? En 1861, toujours installé à Paris, il travaille pour l’évêque d’Evreux qui lui commande des copies des portraits des anciens évêques de la ville, lui demandant de retrouver les parents de ces derniers afin de réaliser leur portrait. Selon les notes de Mme Fantin-Latour (cabinet des estampes de la BNF), Henri Fantin-Latour, le fils prodige, tente en 1864 de trouver des débouchés en Angleterre pour vendre les oeuvres paternelles, sans grand succès. Théodore Fantin-Latour est mort en 1875.

Théodore Fantin-Latour célébré par son illustre fils, Henri Fantin-Latour

Son fils, Henri Fantin-Latour, grand spécialiste de la nature morte et des bouquets de fleurs, est devenu l’un des peintres les plus importants du XIXe siècle. Pour honorer la mémoire de son père et premier maître, Henri Fantin-Latour donnera (via le legs de son épouse Victoria) au Musée de Grenoble quatre peintures et dix-huit dessins de son père, Théodore Fantin-Latour, ainsi que de des oeuvres de son oncle, Victor-François, paysagiste, réunissant ainsi toute une dynastie de peintres dont il tient le nom dans le musée de Grenoble. Henri Fantin-Latour a représenté son père à plusieurs reprises, et notamment dans « M. Fantin père à son chevalet » (Musée de Grenoble), un dessin au fusain de 1892 rendant hommage à Théodore Fantin-Latour, père et peintre de son état.

Faire estimer gratuitement une oeuvre de Théodore Fantin-Latour

Théodore Fantin-Latour n’a pas connu les succès de son fils. Une paire de pastels sur papier représentant des bergers dans une ambiance galante, une copie d’après François Boucher, a été vendue en 2022 à Londres pour la somme de 20275 euros hors frais, constituant ainsi le record d’enchères pour une oeuvre du peintre. Pour une composition originale de Théodore Fantin-Latour, le record a été atteint en 1989 à Monaco pour un pastel, portrait de petite fille, vendu alors pour 18294 euros hors frais. Les portraits féminins du même genre, au pastel, représentant des jeunes femmes dans un format ovale, sont en général adjugés autour des 1 000 à 3 000 euros hors frais. Les peintures de Théodore Fantin-Latour sont plus rares que les pastels. Une marine (huile sur toile) a été adjugée en 2000 pour 7759 euros hors frais.

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(Illus.) Théodore Fantin-Latour

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Estimation gratuite Les Frères le Nain

Les Frères le Nain

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Estimation et cote des Frères le Nain

Les Frères le Nain (1593/1610 – 1648/1677) sont des peintres français, originaire de Picardie. Largement influencés par la peinture flamande, ils réaliseront majoritairement des peintures de genre, où ils représentent des paysans dans des intérieurs, faisant état de leur situation sociale. Découvrez l’histoire des Frères le Nain et leurs peintures de genre emblématiques. Besoin d’une expertise ? Contactez l’équipe d’Estimon’objet !

Estimation gratuite Les Frères le Nain

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Les Frères le Nain, de la Picardie à Paris

Le début de la vie des Frères le Nain est relativement peu connu. Les trois frères, Antoine, Louis et Matthieu, sont succinctement nés entre 1593 et 1610 à Laon, au sein d’une fratrie de cinq enfants, dans une famille de sergents royaux picards. Ces informations biographiques mises à part, il est difficile de savoir par quel biais les frères se sont frayer un chemin dans l’art. La seule mention rendant compte de leur formation provient de l’histoire manuscrite de Laon, écrite par le chanoine Claude Leuleu, entre 1711 et 1723. Ce dernier indique que les frères le Nain auraient appris leur métier « chez un peintre étranger », ce qui semble plausible en regard des familiarités stylistique entre leur œuvre et la peinture flamande. 

 

Passées ces premières années, la vie des Frères le Nain est légèrement mieux connue. En 1629, Antoine est admis « maître peintre » à Saint Germain des Prés, et ouvre avec ses frères comme « compagnons », un atelier dans l’abbaye, où créent de nombreux peintres flamands. Cette étape marque le point de départ d’une carrière à trois paires de main, où la reconnaissance se mêle à la notoriété. Répondant à de nombreuses commandes, pour des particuliers ou l’Eglise, les frères Le Nain seront également trois des membres fondateurs de l’Académie de Peinture et de Sculpture, qui ouvre en 1648.

Les Frères le Nain, une peinture réaliste à l’ère classique

Dans leurs tableaux, les Frères le Nain représentent des peintures religieuses et de bataille, des portraits, mais surtout scènes de genre. Genre en vogue à Paris sous l’influence des primitifs flamands, les frères se détachent néanmoins de leur contemporain pour ce qu’ils apportent de singulier à leurs sujets. Dans leurs peintures, les frères Le Nain offrent une représentation aux paysans et, bien souvent, à la pauvreté, constitutive de leurs conditions de vie. Affranchis d’une forme de pittoresque, les artistes réalisent des portraits de groupe, dans des intérieurs sombres, où ils s’attachent à rendre avec soin les émotions, la dignité, et l’humanité de leurs protagonistes à travers les attitudes et les regards.  

 

Dénué de faste, les tableaux de genre des frères Le Nain sont composés d’un clair-obscur, digne du Caravage, et d’une palette sombre, faite de noirs, de beiges, d’ocres, et étayée de touches de jaunes et de rouges, à la manière des flamands tels que Brueghel, forts différents de la pureté et de l’harmonie de la peinture de leurs contemporains français tels que Poussin ou Le Brun. Ainsi, dès la deuxième moitié du XVIIe siècle, les tableaux des Frères le Nain disparaissent, sans surprise, des registres, dans un contexte marqué par la peinture classique française. L’évolution du goût de l’époque détermine leur postérité. Il faut attendre le XIXeme siècle, et des peintres tels que Courbet, pour que le réalisme social des Frères le Nain soit remis au goût du jour. 

Les Frères le Nain, une postérité mystérieuse

Le mystère, qui entoure les Frères Le Nain, est sans doute partie prenante de leur oubli et redécouverte, avec, en premier lieu, leur indifférenciation. En effet, non-signés ou signés de leur nom de famille, leurs tableaux témoignent, et rendent compte, d’un travail à plusieurs mains difficiles à différencier. Au XVIIIeme siècle, le chanoine Leleu fait mention de ce qu’il estime être les tempéraments artistiques des frères le Nain : les miniatures et portraits en raccourci pour Antoine ; les portraits en buste et demi-corps pour Louis ; et les grands tableaux religieux et historiques pour Matthieu. 

Au début du XXème siècle, le conservateur Paul Jamot sépare les trois frères en matière de style ou de thèmes : Antoine Le Nain et les œuvres primitives à la palette vive et aux textures marquées ; Matthieu le Nain et les thèmes guerriers ; et Louis le Nain et la poésie des thèmes domestiques, oubliant les sujets religieux… En 1978, Jacques Thullier se fait plus prudent, estimant qu’aucune attribution différenciée des œuvres n’est en mesure d’être faite. Une approche que le Louvre-Lens réitère, en 2017, tout en proposant des segments stylistique, périodique et thématique, rattaché à chacun des artistes, au cours de leur exposition. La réflexion est toujours en cours.

Faire estimer gratuitement une oeuvre des Frères Le Nain

En raison de ce mystère, qui entoure les Frères le Nain, seulement deux tableaux se trouvent sur le marché de l’art. Une petite huile sur cuivre, adjugée à 2 500 euros, et une huile sur toile monumentale à 2 900 000 euros. Mais nous ne sommes pas à l’abris que des redécouvertes futures entraînent d’autres ventes prodigieuses de la sorte… 

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(Illus.) L’heureuse famille, 1642, Huile sur toile, Musée du Louvre

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Estimation gratuite Eustache Le Sueur

Eustache Le Sueur

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Estimation et cote de l'artiste Eustache Le Sueur

Eustache Le Sueur (1616-1655) est un peintre classique, représentatif de ce que les historiens nommeront l’atticisme parisien. Talentueux et singulier, l’artiste est considéré comme le Raphael français, un surnom qui témoigne également de sa notoriété. Découvrez l’histoire d’Eustache Le Sueur et ses peintures classiques emblématiques. Besoin d’une expertise ? Contactez l’équipe d’Estimon’objet !

Estimation gratuite Eustache Le Sueur

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Eustache Le Sueur, élève de Simon Vouet

Eustache Le Sueur naît en 1616 à Paris dans une famille d’artisans. Disposé à l’art, il entre très tôt dans l’atelier de Simon Vouet, premier peintre du Roi et artiste admiré de ses contemporains. Arrivé à l’âge de seize ans, Eustache Le Sueur passe dix ans sous l’enseignement de Vouet, aux côtés d’autres élèves comme Charles Le Brun et Pierre Mignard. Malgré un environnement favorable, Eustache Le Sueur ne peut réaliser le voyage initiatique en Italie, un passage quasi obligatoire des artistes français de l’époque. Le jeune artiste compense alors en arpentant les collections présentes dans les palais royaux et chez des particuliers, qui hébergent de nombreux tableaux de la Renaissance italienne, du début du XVIe siècle au XVIIe siècle. C’est dans ces intérieurs qu’Eustache Le Seur parfait sa formation initiale.  


Les premiers tableaux d’Eustache Le Sueur accueille l’influence de Simon Vouet, qui l’assiste et l’oriente. Le jeune artiste réalise son premier cycle à partir des dessins de son maître. Dans Le Songe de Polyphile, Eustache Le Sueur adopte ainsi le mouvement lyrique des figures, pareil à un ballet, propre à Vouet, portant son attention davantage sur la palette, à forte intensité, que sur la rigueur de la composition. A mesure qu’Eustache Le Sueur avance dans son parcours, il développera son style et s’affranchira de ces caractéristiques.

Eustache Le Sueur, le Raphael français

Eustache Le Sueur reçoit sa première commande conséquente en 1645. L’artiste doit réaliser La vie de saint Bruno, un cycle de vingt-deux tableaux destiné à orner le cloître de la Chartreuse de Paris, ce qui l’occupera pendant trois ans. Cet ouvrage marque un tournant dans le cheminement de l’artiste : il développe son propre style, dépouillé et rigoureux, où est mise à l’honneur la composition. Des scènes silencieuses, à la palette éclaircie et à la perspective structurante. Eustache le Sueur s’attache à conserver un dépouillement et une sévérité, qui le tient éloigné de l’académisme à l’influence baroque ambiant. Il développe un style classique singulier, qui le rapproche des primitifs italiens, et du grand Maître de la Renaissance classique en particulier, Raphael. De fait, Eustache Le Sueur sera surnommé le Raphael français. 

 

Cette direction stylistique nouvelle d’Eustache le Sueur accueille l’influence d’artistes comme Poussin, présent à Paris entre 1640 et 1642. Avec Charles Le Brun, notamment, Eustache Le Sueur fait partie de l’atticisme parisien, une peinture classique faite de retenue et de délicatesse, qui s’impose progressivement à Paris. A partir de 1648, ces artistes sont d’ailleurs réunis autour de l’ouverture de l’Académie de Peinture et de Sculpture, dont Eustache Le Sueur est évidemment un membre constitutif.

Eustache Le Sueur, une longue postérité

Artiste très apprécié, Eustache Le Sueur voit les commandes privées et royales se multiplier. L’artiste orne les hôtels particuliers, notamment l’hôtel Lambert, le palais du Louvre, et en particulier l’appartement des bains d’Anne d’Autriche et la chambre de Louis XVI, ou encore l’abbaye de Marmoutier-lès-Tours, d’immenses décors aux sujets religieux ou d’histoire. Ces œuvres sont au fur et à mesure acquises par les Rois, qui les intègrent aux collections royales. Par exemple, le cycle de la Vie de Saint Bruno est acheté par Louis XVI et introduite dans les collections en 1776. Dans la continuité, de nombreuses peintures d’histoire d’Eustache Le Sueur sont conservées dans le Musée du Louvre. Aussi, nous pouvons aujourd’hui contempler de nombreuses peintures d’histoire, d’épisodes politiques ou de sujets religieux, dans les grandes collections françaises, ou directement inscrites dans les murs de monuments historiques prestigieux. 

Faire estimer gratuitement une oeuvre d'Eustache Le Sueur

Les tableaux d’Eustache Le Sueur sur le marché de l’art se font rares, et précieux. On compte des prix très variables allant des 13 000 euros (Madone à l’enfant) aux 700 000 euros (Allégorie de la poésie). Notons que la moyenne se situe entre 70 000 et 200 000 euros pour des scènes religieuses à plus de deux personnages. Les nombreux dessins d’Eustache Le Sueur, que l’on retrouve sur le marché de l’art, font également les joies des collectionneurs. Au crayon, à la sanguine, à la pierre noire ou encore à l’encre, les prix débutent autour de 300 euros, se trouvent en moyenne autour de 1 300 euros, et jusqu’à 18 000 euros pour les plus remarquables. 

 

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(Illus.) La Prédiction de Saint Paul à Ephèse, 1649, Huile sur toile, Musée du Louvre 

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Estimation gratuite Elisabeth Vigée Le Brun

Élisabeth Vigée Le Brun

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Estimation et cote de l'artiste Élisabeth Vigée Le Brun

L’artiste Élisabeth Vigée Le Brun possède l’art de peindre avec subtilité les personnalités de son temps, dont la reine Marie-Antoinette. Ses tableaux séduisent par leur fraîcheur, et par le portrait flatteur qu’elle tire de ses nobles sujets. Parmi ses thèmes de prédilection figurent les portraits de femmes et d’enfants. Découvrez l’histoire d’Élisabeth Vigée Le Brun et ses œuvres rococo. Besoin d’une expertise gratuite et en ligne ? C’est sur Estimon’objet !

Estimation gratuite Elisabeth Vigée Le Brun

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La vocation artistique de la peintre Élisabeth Vigée Le Brun

Née à Paris, Élisabeth Vigée (1755 – 1842) est la fille de Louis Vigée, pastelliste et membre de l’Académie de Saint-Luc. Elle grandit dans un milieu bourgeois et artistique. Bien que confiée à une nourrice, puis au couvent jusqu’à ses onze ans, elle connaît les soirées familiales où se mêlent artistes, musiciens et comédiens. Élisabeth Vigée ne cesse de dessiner, encouragée par son père qui lui aurait prodigué ses premières leçons. Son frère, Étienne Vigée, deviendra homme de lettres.

En mai 1767, Louis Vigée décède. Jeanne Maissin, mère d’Élisabeth, se remarie la même année avec Jacques-François Le Sèvre, joaillier. Conseillée et formée par les peintres Gabriel-François Doyen, Gabriel Briard et Joseph Vernet, Élisabeth Vigée poursuit son apprentissage en peinture. En 1770, à seulement quinze ans, elle exécute le portrait de sa mère qui fera sa réputation. Déjà introduite dans le milieu artistique, Élisabeth Vigée reçoit ses premières commandes. Elle est admise à l’Académie de Saint-Luc en 1774. Sa clientèle se compose de bourgeois, d’artistes et de nobles. Elle sait converser avec ses modèles d’une agréable façon. Elle met en scène les hommes dans une pose rêveuse afin de détourner leurs regards parfois gênants.

Élisabeth Vigée Le Brun, peintre officielle de Marie-Antoinette

En 1775, Élisabeth Vigée se marie avec le marchand d’art et peintre Jean-Baptiste-Pierre Le Brun. Accompagnant son mari, elle découvre les œuvres de Pierre Paul Rubens lors d’un voyage à Anvers. Elle s’en inspirera. À son retour à Paris, elle peint son fameux Autoportrait au chapeau de paille. Les portraits tendres et gracieux d’Élisabeth Vigée Le Brun séduisent Marie-Antoinette. C’est en 1778 que l’artiste devient peintre officielle de la reine. Dans ses tableaux à la composition simple, elle adoucit les traits tout en mettant en valeur les atouts physiques. Elle sait s’adapter à la personnalité de ses modèles. Sa popularité s’accroît. En 1780 nait sa fille, Julie.

Afin d’intégrer l’Académie de peinture et de sculpture, ce qui lui ouvrirait les portes des salons parisiens, Élisabeth Vigée Le Brun présente comme peinture de réception La Paix ramenant l’Abondance. Ce tableau choque. Non seulement l’œuvre s’apparente à de la peinture d’histoire, mais elle montre une femme au sein dénudé. Néanmoins, grâce au soutien de Marie-Antoinette, Élisabeth Vigée Le Brun est admise à l’Académie en 1783. Elle propose aussitôt des œuvres au Salon, dont le tableau La reine Marie-Antoinette, portrait dit « en gaulle ». La souveraine est représentée avec une simple robe en mousseline de coton, utilisée habituellement comme linge de corps. Cette audace fait scandale. Le tableau est remplacé par un portrait de la reine dit « à la rose », vêtue d’une robe plus appropriée quelques jours plus tard.

Dans ses œuvres, Élisabeth Vigée Le Brun s’applique dans la composition. Elle soigne les costumes comme l’attitude des sujets, privilégiant le naturel. En 1787, elle expose au Salon des portraits de mères accompagnées de leurs enfants, son thème privilégié. Elle se représente avec sa fille Julie dans le Portrait de la tendresse maternelle. Ce tableau remporte un grand succès. Intime de la cour, Élisabeth Vigée Le Brun y expose également le Portrait de Marie-Antoinette et ses enfants. La manœuvre est politique. Après l’affaire du collier, l’œuvre doit représenter la reine comme une mère respectable, afin de contrer ses détracteurs.

La Révolution, l’exil et le retour en France pour Élisabeth Vigée Le Brun

Mondaine, Élisabeth Vigée Le Brun fréquente des nobles, des aristocrates et des artistes. Mais en 1789, c’est la Révolution. Élisabeth Vigée Le Brun fuit en Italie avec sa fille. Lors de ses voyages, elle peint de nombreux portraits dans les cours royales d’Europe, dont ceux de la reine Marie-Caroline de Naples et de ses enfants. Elle ne peut revenir à Paris qu’en 1802. Divorcée de Jean-Baptiste Le Brun, elle s’installe à Louveciennes dans sa maison de campagne après un séjour à Londres. Elle continue de peindre tout en rédigeant ses Souvenirs de 1825 à 1837. Elle perd peu à peu la vue. Élisabeth Vigée Le Brun décède en 1842, à quatre-vingt-sept ans.

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Œuvres remarquables du XIXe siècle, les tableaux d’Élisabeth Vigée Le Brun sont estimés entre 200 euros et 5 000 000 d’euros. En effet, en 2022, le Portrait de l’artiste par elle-même s’est vendu à 800 euros tandis que le Portrait de Mohammed Dervish Khan a atteint la somme de 5 340 824 euros en 2019. Ces deux œuvres, si elles sont signées de la même main, ne sont pas comparables.

Toujours en 2019, le tableau Junon demandant à Venus de lui prêter sa ceinture magique s’est vendu à 1 200 000 euros. Le Portrait de l’artiste, en buste, a été acheté pour 1 072 625 euros. Estimé entre 889 530 et 1 779 060 euros, le Portrait de madame du Barry s’est quant à lui vendu à 711 624 euros en 2019. Récemment, en 2023, un Portrait de femme en buste a été cédé pour 39 000 euros. La même année, le Portrait en buste de Marie-Antoinette, reine de France, a été adjugé pour 105 000 euros.
Concernant les dessins et les aquarelles d’Élisabeth Vigée Le Brun, leurs prix varient entre 600 euros et 310 000 euros. C’est à cette somme qu’a été vendu en 2014 le fameux Autoportrait au chapeau à plume, exécuté à la pierre noire. Le pastel représentant le Portrait d’Antoine-Jean Gros a été acheté pour 260 000 euros en 2020.

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(Illus.) Élisabeth Vigée Le Brun, Autoportrait au chapeau de paille, 1782

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Estimation gratuite Anne Vallayer-Coster

Anne Vallayer-Coster

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Estimation et cote de l'artiste Anne Vallayer-Coster

Le talent d’Anne Vallayer-Coster ne se cantonne pas aux représentations de natures mortes, qu’elle réalise à la perfection. La peintre exécute également des portraits, des miniatures et des tableaux de genre. Toutefois, ce sont ses compositions florales qui lui valent l’admiration de la royauté, de la noblesse et de ses pairs. Découvrez l’histoire d’Anne Vallayer-Coster et ses œuvres rococo. Besoin d’une expertise gratuite et en ligne ? C’est sur Estimon’objet !

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La formation artistique de la peintre Anne Vallayer-Coster

Au XVIIIe siècle, les tableaux de natures mortes sont considérés comme un genre mineur, moins prestigieux que ceux d’histoire. Encore peu nombreuses, les artistes féminines se limitent à ces représentations. Anne Vallayer-Coster se distingue particulièrement dans cette pratique, osant s’aventurer à plusieurs reprises dans l’art du portrait. Née à Paris en 1744, Anne Vallayer – ou Valayer – est la fille de Joseph Vallayer, orfèvre du roi travaillant pour la manufacture des Gobelins. Elle vit entourée d’artistes. Elle aurait étudié l’art dans l’atelier de son père, puis avec Madeleine Basseporte, peintre botaniste attachée au jardin royal. Elle aurait ensuite suivi l’enseignement de Claude Joseph Vernet, peintre et dessinateur réputé pour ses marines.

Décidée à s’établir en tant qu’artiste, Anne Vallayer présente à l’Académie royale de peinture et de sculpture deux de ses tableaux. Ses toiles intitulées Attributs de la peinture, de la sculpture et de l’architecture et Attributs de la musique suscitent l’admiration. Des emprunts à la peinture de Jean Simeon Chardin sont notables. Anne Vallayer est acceptée, à vingt-six ans, au sein de la l’académique institution. Cela lui permet d’exposer ses œuvres aux salons parisiens, ce qu’elle fait dès l’année suivante pour la première fois.

Des Salons à la cour de Marie-Antoinette, la reconnaissance du talent d’Anne Vallayer-Coster

En 1771, Anne Vallayer expose au Salon plusieurs de ses toiles, dont celles proposées pour son entrée à l’Académie royale de peinture. Denis Diderot écrit à propos de sa Nature morte aux instruments de musique militaire : « Quelle vérité, et quelle vigueur dans ce tableau ! Madame Vallayer nous étonne autant qu’elle nous enchante. » Son tableau Panaches de mer, lithophytes et coquilles est également remarqué pour l’habileté technique de la peintre, ainsi que pour ses riches couleurs et la précision des détails. Il représente une nature morte marine, composée de coquilles variées. Les objets se détachent du fond sombre, à la manière des natures mortes flamandes. Ce tableau montre l’intérêt de l’époque pour les curiosités exotiques. Il sera acheté par le prince de Conti. C’est en 1775 qu’Anne Vallayer présente sa première nature morte florale. Ses œuvres parviennent jusqu’à la cour, où elles charment la reine Marie-Antoinette elle-même. La peintre expose régulièrement au Salon jusqu’à la Révolution, en 1789.

Portraits et natures mortes à fleurs par la peintre Anne Vallayer-Coster

Protégée de la reine, Anne Vallayer exécute des portraits des filles de Louis XV, puis de Marie-Antoinette en 1780. Elle emménage au Louvre grâce au soutien royal, étant la première femme à obtenir ce droit. Elle y fréquente les peintres Claude Joseph Vernet, Jean-Baptiste Greuze ou encore Joseph Charles Roëttiers. La même année, elle épouse l’avocat Jean-Pierre Silvestre Coster. Si certaines de ses œuvres ne sont pas signées, d’autres sont dorénavant marquées par la signature « Mme de Coster-Vallayer ».

Les compositions florales d’Anne Vallayer-Coster remportent un grand succès. Elles sont louées pour leurs couleurs vives, la variété des fleurs et les compositions recherchées. Quant à ses portraits, ils récoltent plus de critiques. Ils sont jugés peu ressemblants. La reine ne cesse de soutenir sa protégée, et la nomme à son cabinet de peinture. En 1789, c’est la Révolution. Anne Vallayer-Coster s’enfuit à Villemomble, en région parisienne. Elle reviendra à Paris en 1796. À son retour, elle expose par intermittence dans les salons. Sa Nature morte au homard, présentée en 1817, est particulièrement fameuse. Anne Vallayer-Coster décède en 1818, à Paris.

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Sur le marché de l’art, les natures mortes d’Anne Vallayer-Coster atteignent des sommes plus importantes que ses portraits. En 2023, l’huile sur toile Nature morte au vase d’albâtre rempli de fleurs avec sur une table plusieurs espèces de fruits, comme ananas, pêches et raisins a obtenu 2 100 000 euros pour sa vente. L’année précédente, Nature morte de fleurs dans un vase sur une table, à côté un buste de Flore avec des fruits et d’autres objets devant un rideau a été vendu 1 436 550 euros. En ce qui concerne les portraits, celui d’une violoniste a été cédé pour 750 000 euros en 2015.

Les tableaux d’Anne Vallayer-Coster sont estimés entre 8 000 et 500 000 euros. Récemment, l’huile sur toile Vase de fleurs a été acquise pour 235 000 euros en 2023. La même année, Nature morte de roses dans un vase en verre avec des raisins à côté s’est vendu 460 255 euros et Nature morte de fleurs dans un vase en cristal posé sur une corniche a été adjugé à 184 102 euros. Les dessins et aquarelles d’Anne Vallayer-Coster se vendent à partir de 5 000 euros, comme le fusain sur papier intitulé Jeté de fleurs vendu en 2021. L’aquarelle et gouache sur papier Bouquet de roses a quant à elle été adjugée pour 35 000 euros en 2017.

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(Illus.) Anne Vallayer-Coster, Bouquet de fleurs dans un vase en terre cuite avec des pêches et du raisin, Huile sur toile, 1776

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Estimation gratuite Elisabetta Sirani

Elisabetta Sirani 

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Estimation et cote de l'artiste Elisabetta Sirani

Passionnée par l’art, Elisabetta Sirani (1638 – 1665) réalise plus de deux cents peintures, des gravures sur cuivre et de nombreux dessins au cours de sa courte vie. Ne se limitant pas au portrait, l’artiste baroque peint également des allégories, des scènes bibliques et mythologiques. Découvrez l’histoire d’Elisabetta Sirani et ses œuvres baroques. Besoin d’une expertise gratuite et en ligne ? C’est sur Estimon’objet !

Estimation gratuite Elisabetta Sirani

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L’héritage artistique de la peintre Elisabetta Sirani

Elisabetta Sirani est né en 1638 à Bologne, en Italie. Fille du peintre et marchand d’art Giovanni Sirani, elle évolue dans un milieu artistique. Son père était élève de Guido Reni, ce qui s’en ressent dans sa peinture. Des livres sur les sciences humaines, la poésie et la mythologie lui sont accessibles dans sa jeunesse. Elle s’intéresse également à la musique, et particulièrement à la pratique de la lyre et du chant. À treize ans, Elisabetta Sirani étudie le dessin, la gravure et la peinture dans l’atelier paternel. Douée, elle apprend vite et elle se distingue par son habileté. Son exécution est rapide.

En 1655, Giovanni Sirani est affaibli par la goutte et l’arthrose. Contraint, il confie son atelier à sa fille. Dès ses dix-sept ans, Elisabetta Sirani commence alors à honorer des commandes. Elle peint des portraits. Ce n’est pas pour autant facile, en tant que femme, mais aussi si jeune, de diriger une telle entreprise. Laborieuse, tenace et surtout brillante, la jeune Sirani suscite la curiosité de ses commanditaires. Elle se claquemure dans son atelier pour travailler, et y reçoit les visites des nobles de sa ville. La duchesse de Parme et Cosme Ier, entre autres, viennent y contempler ses peintures, et vérifier qu’elle en est bien l’auteure. Elle est surnommée la « virtuose du pinceau ».

Des portraits aux tableaux religieux d’Elisabetta Sirani

Elisabetta Sirani est remarquée pour la qualité de ses portraits. Sa notoriété s’étend. Dès 1655, la peintre reçoit des commandes de tableaux de retables. En 1658, Elisabetta Sirani exécute pour l’église de la Chartreuse de Bologne une œuvre d’envergure, sa première commande publique. Cette toile de grande dimension illustre Le Baptême du Christ. Jean-Baptiste verse de l’eau sur la tête de Jésus pour le baptiser. Ils se tiennent au centre du tableau, entourés par de nombreux personnages. Au-dessus d’eux, sont peints une colombe symbolisant le Saint-Esprit, des anges et Dieu. Cette œuvre, par l’utilisation du clair-obscur et l’expressivité des visages, est représentative du style baroque.

Auréolée de succès, Elisabetta Sirani fonde une école de peinture réservée aux femmes. Ses sœurs, Barbara et Anna-Maria, les jeunes artistes Veronica Fontana, Caterina Pepoli, Maria Elena Panzacchi ou encore Ginevra Cantofoli y étudient. La même année, Elisabetta Sirani est reçue à l’Académie de Saint-Luc. Elle y devient professeur. Elisabetta Sirani multiplie les réponses aux commandes, dont des compositions religieuses. Parmi ses commanditaires figurent des cardinaux, des princes, des marchands et des nobles. Leopold de Médicis, fils de Cosme II, est l’un de ses plus importants mécènes. Elisabetta Sirani décède à vingt-sept ans, probablement à cause d’un ulcère.

Les œuvres baroques d’Elisabetta Sirani

Inspirée par les œuvres de son père Giovanni Sirani et celles du maître de celui-ci Guido Reni, Elisabetta Sirani poursuit ses travaux tout en développant son propre style. Dans son œuvre, les contrastes entre les ombres et la lumière sont plus marqués. Sa palette de couleurs est plus vive. Ces effets contribuent à accentuer la théâtralité dramatique.

Elisabetta Sirani réalise quelques allégories tel son tableau L’Allégorie de la peinture. Elle s’y prend comme modèle, se représentant devant sa toile en train de peindre, pinceaux et palette à la main. Vêtue de riches habits, son savoir est symbolisé par les livres, la plume et la statue au second plan. Cet autoportrait assoit sa position de peintre respectée et cultivée.

La peintre Elisabetta Sirani s’inspire également d’héroïnes bibliques ou mythologiques comme dans ses toiles Judith avec la tête d’Holopher, Porcia se blessant à la cuisse ou encore Cléopâtre. Certaines scènes reproduisent de la violence, thème souvent présent dans les œuvres baroques. Le tableau Timoclée jetant le capitaine Thrace dans le puits en est un exemple. La jeune femme pousse avec détermination et puissance le général qui a abusé d’elle.

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Les tableaux d’Elisabetta Sirani sont estimés approximativement entre 600 euros et 200 000 euros, en fonction de leurs dimensions, leurs sujets et leurs techniques. En 2022, l’huile sur toile intitulée Saint Jean-Baptiste a atteint la somme de 151 120 euros pour sa vente. La même année, le Portrait de Madame Ortensia Leoni Cordini a été adjugé à 107 573 euros. Auparavant, la Découverte de Moïse et Venus et Cupidon ont été vendus respectivement à 150 000 euros et 88 242 euros en 2019 et 2018. Ces prix sont parmi les plus élevés ces dernières années.

Récemment, des dessins et des aquarelles d’Elisabetta Sirani ont également été vendus aux enchères. En 2022, une étude de la tête d’un jeune garçon, réalisé à la sanguine, a été achetée pour 13 000 euros. L’année précédente, une aquarelle représentant Marie avec un enfant avait été acquise pour 2 400 euros. C’est en 2020 que la vente a battu des records pour un dessin, avec un autoportrait. Réalisé en craies de couleurs, il a été adjugé à 31 791 euros.

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(Illus.) Elisabetta Sirani, Timoclée jetant le capitaine Thrace dans le puits, 1659

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Estimation gratuite Sophie Rude

Sophie Rude

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Estimation et cote de l'artiste Sophie Rude

Élève de Jacques-Louis David, Sophie Rude est une peintre recherchée en son temps. Fortement influencée par son maître, elle réalise des peintures saisissantes sur des thèmes mythologiques, des scènes d’histoire et des portraits. Découvrez l’histoire de Sophie Rude et ses peintures néoclassiques et romantiques. Besoin d’une expertise gratuite et en ligne ? C’est sur Estimon’objet !

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De Dijon à Bruxelles, l’apprentissage artistique de la peintre Sophie Rude

Bien que dotée d’un talent certain, la peintre Sophie Rude (1797 – 1867) n’a pas atteint la renommée de son mari, le sculpteur François Rude. Cependant, elle a connu le succès. Ses portraits étaient particulièrement demandés par la haute société. Née en 1797 à Dijon, Sophie Rude, née Frémiet, grandit dans un milieu bourgeois. Son grand-père, Louis-Gabriel Monnier, est un graveur dijonnais réputé. Il est également le premier conservateur du musée de la ville. Son père, Louis Frémiet, travaille dans l’administration. Il est cultivé, intéressé par les arts. Sophie Frémiet entre à l’École de dessin, alors dirigée par Anatole Devosge, un ancien élève de Jacques-Louis David.

Ardent soutien de Napoléon, Louis Frémiet est contraint de s’exiler en 1815 à la chute du Premier Empire. Il emmène sa famille à Bruxelles ainsi que son ami et protégé, un sculpteur nommé François Rude. Quant à Sophie Frémiet, certainement recommandée par son professeur Anatole Devosge, elle devient l’élève de Jacques-Louis David, exilé également. Brillante, elle copie les œuvres de son maître tout en recevant ses premières commandes. En 1818, la jeune peintre expose deux portraits au Salon de Bruxelles. En 1820, elle présente son tableau La Belle Anthia au Salon de Gand. Avec cette œuvre au thème mythologique, l’artiste remporte une médaille d’honneur. L’enseignement de Jacques-Louis David se ressent dans cette toile. La jeune fille se veut peintre d’histoire, influencée par le néoclassicisme.

Les peintures d’histoire et les portraits réalisés par Sophie Rude

En 1821 est déclaré le mariage du sculpteur François Rude et de Sophie. Les deux artistes auront un enfant, Amédée. Ils adopteront leur nièce Martine Henriette Victorine Van der Haert. Le couple travaille pour l’architecte Charles Van Der Straeten. Au Château de Tervueren, François réalise les sculptures tandis que Sophie Rude s’occupe des peintures de ce palais d’été destiné au prince d’Orange. Elle y peint notamment un tableau intitulé Muse accompagnée de deux Génies. En 1827, six ans après la mort de Napoléon, Charles X est roi de France. François et Sophie Rude cessent leur exil et ils s’installent dans un atelier parisien. Ils y enseignent la sculpture et la peinture. Un drame survient. Leur fils Amédée décède en 1830, à huit ans. Anéanti, le couple poursuit la pratique de leurs arts. 

Chacun d’eux reçoit des commandes officielles, comme celle de bas-reliefs pour l’Arc de Triomphe accomplis par François. Sophie Rude délaisse les thèmes mythologiques pour s’attaquer aux scènes historiques. La peintre se distingue au Salon de 1833. Son tableau Les Adieux de Charles Ier à ses enfants se voit attribuer une médaille de deuxième classe. Elle continue cependant de peindre des portraits intimes, empreints de réalisme. Dans ses œuvres, elle s’attache à révéler la personnalité de ses modèles. Sophie Rude se détache du néoclassicisme pour s’acheminer vers le romantisme, alors en vogue dans les salons parisiens. Bien qu’accaparée par la réalisation de portraits, Sophie Rude réalise en 1840 un tableau historique. Sa toile La Duchesse de Bourgogne arrêtée aux portes de Bruges illustre la fuite des ducs de Bourgogne en 1436. La composition dynamique guide le regard vers la duchesse et son enfant. Les couleurs saisissantes sont profondément contrastées, notamment entre le fond sombre, la toile rouge et l’héroïne toute blanche.

Sophie Rude se détourne cependant de ces scènes finement maîtrisées. Elle s’accomplit dans le genre du portrait. Son talent n’y est pas moindre. La peintre apporte un soin particulier aux poses, elle peaufine les textures et s’applique à mettre en valeur ses sujets. Parmi d’autres modèles, elle représente sa famille et ainsi que des nobles. Son mari, François Rude, décède en 1855. Dès lors, Sophie Rude ne cesse de vouloir diffuser l’œuvre de celui-ci. Elle meurt douze ans plus tard, en 1867.

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Si les œuvres de la peintre Sophie Rude apparaissent peu fréquemment dans les ventes aux enchères, un de ses tableaux a créé la surprise en 2022. Intitulée La Mort de Cenchirias, fils de Neptune et de la nymphe Peirene, cette grande toile au thème mythologique a atteint la somme de 493 735 euros. L’année précédente, le tableau Adone a été vendu pour 50 000 euros. En 2023, le Portrait d’une dame en pied, assise à une table, tenant un éventail, attribué à Sophie Rude, a obtenu 28 005 euros pour sa vente.

Auparavant, les tableaux de Sophie Rude ont été vendus entre 600 euros et 5 000 euros, en fonction de leur dimension et de leur sujet. En 2020, une étude préparatoire pour la toile Ariane à Naxos, exécutée à l’huile sur toile et carton, a été cédée pour 3 000 euros. En 2018, le Portrait d’une mère et de ses deux enfants a été adjugé à 1 127 euros. En 2015, le Portrait de deux enfants a été vendu pour 4 500 euros tandis que le Portrait d’une femme à la robe noire obtenait seulement 1 200 euros.

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(Illus.) Sophie Rude, Portrait d’une mère et de ses deux enfants, 1840

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Estimation gratuite Berthe Morisot

Berthe Morisot

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Estimation et cote de l'artiste Berthe Morisot

Figure majeure du mouvement impressionniste, Berthe Morisot s’illustre particulièrement dans ses peintures sur le thème de la maternité. Son style raffiné, sa palette lumineuse et ses sujets intimes la rendent incontournable dans l’histoire de la peinture moderne. Découvrez l’histoire de Berthe Morisot et ses peintures impressionnistes. Besoin d’une expertise gratuite et en ligne ? C’est sur Estimon’objet !

Estimation gratuite Berthe Morisot

Prix des œuvres de Berthe Morisot

  • Peinture (huile sur toile, huile sur panneau) : entre 10 000 € et plus de 10 000 000 €

  • Aquarelle, pastel, dessin (crayon, fusain, sanguine) : entre 300 € et 500 000 €

  • Estampe, lithographie, affiches, reproductions : entre 50 € et 50 000 €

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Berthe Morisot, la découverte de la peinture

Issue d’une famille bourgeoise, Berthe Morisot bénéficie d’une éducation favorisant la pratique artistique. Elle est née à Bourges, en 1841. Edmé Morisot, son père, a reçu une formation d’architecte aux Beaux-Arts. Délaissant ce métier, il devient préfet du Cher, du Calvados puis d’Île-et-Villaine. La famille s’installe à Paris en 1853 quand Edmé est nommé au Crédit foncier, puis à la Cour des comptes. Les trois filles de la famille sont encouragées à pratiquer le piano et le dessin. Edma et Berthe Morisot sont particulièrement douées pour la peinture. Elles suivent des cours auprès de Geoffroy-Alphonse Chocarne, puis de Joseph Guichard. Au Louvre, Berthe Morisot copie des tableaux de Véronèse et du Titien. Elle admire les œuvres d’Antoine Watteau, François Boucher ou encore de Jean-Honoré Fragonard. Elle travaille en plein air avec le peintre Camille Corot, puis avec son élève Achille-François Oudinot lors de l’été 1863, dans le quartier du Chou à Pontoise. Les sœurs y rencontrent les artistes Charles-François Daubigny et Honoré Daumier.

Berthe Morisot, l'envol grâce a son ami Edouard Manet

C’est en 1864 que Berthe Morisot présente pour la première fois une œuvre au Salon de peinture et de sculpture de Paris. Elle y expose les paysages réalisés l’été précédent, intitulés Souvenir des bords de l’Oise et Vieux chemin à Auvers. Si sa sœur Edma délaisse la peinture après son mariage en 1869, Berthe Morisot continue de peindre avec passion. L’année précédente, elle a fait une rencontre décisive en la personne d’Édouard Manet. Le peintre la conseille, et la prend à plusieurs reprises pour modèle, notamment pour sa toile Le Balcon. Les familles Morisot et Manet se fréquentent. Elles s’invitent en compagnie d’artistes comme Edgar Degas, Émile Zola ou encore Puvis de Chavannes.

La maternité, thème privilégié de l’artiste Berthe Morisot

Berthe Morisot se détourne des paysages pour réaliser des portraits, et plus particulièrement des figures féminines. Ses sœurs et les enfants de celles-ci sont des modèles parfaits. En 1872, Berthe Morisot exécute ce qui devient un de ses plus célèbres tableaux : Le Berceau. Sa sœur Edma y est représentée, veillant sur sa fille Blanche encore nourrisson. La composition étudiée, le contraste entre le voile blanc et les couleurs sombres de la robe et du fond, la touche enlevée en font une toile remarquée pour son élégance et sa grâce. Ce tableau est accroché en 1874 à la toute première exposition de la Société anonyme des artistes peintres, sculpteurs et graveurs, autrement nommés les impressionnistes. Berthe Morisot, membre active, participe à toutes leurs manifestations sauf en 1879. C’est à cette période qu’elle réalise ses toiles intitulées La Lecture, Femmes et enfants sur le gazon ou encore Cache-cache. En 1874, Berthe Morisot épouse Eugène Manet, frère d’Édouard. Dans sa peinture, elle illustre des scènes intimistes, issues de la vie quotidienne. Des instantanés de bonheur, avec des personnages tendres et heureux, sont évoqués sur ses toiles. Emplie de couleurs lumineuses, sa palette s’éclaircit. La peintre découvre la technique du pastel, qu’elle utilise alors avec assiduité. Berthe Morisot vend ses œuvres par l’intermédiaire du galeriste Durand-Ruel. Son tableau Intérieur (La Toilette) atteint la somme élevée de 480 francs. Le marchand expose ses peintures à New York à partir de 1887. Julie, fille d’Eugène et Berthe Morisot, nait en 1878. Elle pose à de nombreuses reprises pour sa mère et pour d’autres artistes comme dans l’huile sur toile L’Enfant au chat, signée par Pierre-Auguste Renoir. Le poète Stéphane Mallarmé fait partie des intimes de la famille. Eugène Morisot meurt en 1892, Berthe décède trois ans plus tard, en 1895.

Cote de Berthe Morisot sur le marché de l'art

Des institutions et des collections publiques possèdent des tableaux de Berthe Morisot, parmi lesquels le Musée Marmottan Monet qui a acquis Apollon révélant sa divinité à la bergère Issé d’après François Boucher pour 161 971 euros en 2020. Le musée d’Orsay détient plusieurs de ses toiles inestimables, notamment Le Berceau. Sur le marché de l’art, les tableaux de Berthe Morisot atteignent des sommes considérables. En 2013, l’huile sur toile Après le déjeuner a été adjugée pour 7 210 600 euros. La toile Femme et enfant au balcon a atteint le prix de 4 095 699 euros pour sa vente. Plus récemment, en 2022, Julie rêveuse a été cédée pour 2 506 803 euros. Les adjudications les plus basses sont supérieures à 20 000 euros, telle la toile Parc de Fontainebleau, vendue 25 317 euros en 2015. Les dessins et les aquarelles apparaissent plus fréquemment dans les ventes aux enchères. En 2016, le pastel sur papier intitulé Les Capucines a été vendu pour 307 195 euros. En 2023, Tulipes et études d’une femme au crayon sur papier a été vendu à 1 491 euros tandis que l’aquarelle Le Pont sur l’Oise a atteint 73 720 euros. En 2019, la gravure à la pointe sèche intitulée Jeune femme au repos a quant à elle été vendue au prix de 2 897 euros. Vous souhaitez faire expertiser un tableau de Berthe Morisot et recevoir son estimation. Faites estimer une peinture de Berthe Morisot en quelques clics et recevez une réponse sous quelques jours. C’est gratuit et totalement confidentiel.

(Illus.) Berthe Morisot, Le Berceau, 1872

Reconnaître la signature de Berthe Morisot

Reconnaître la signature de Berthe Morisot est essentiel pour authentifier une œuvre de cette grande figure de l’Impressionnisme. Ses signatures, visibles sur des peintures majeures comme Le Berceau (1872) ou Jeune Femme en toilette de bal (1879), se présentent généralement sous la forme d’un sobre « B. Morisot » ou « Berthe Morisot », tracé en lettres fines et inclinées, souvent à la peinture sombre. Elle signe la plupart de ses toiles dans un coin inférieur, avec une écriture élégante et légèrement cursive, sans emphase décorative. Sur ses œuvres sur papier, aquarelles ou pastels, la signature peut être plus légère et parfois abrégée. Face à la rareté des œuvres authentiques et à la circulation d’imitations, faire expertiser la signature de Berthe Morisot reste indispensable. Sur Estimon’Objet, nos spécialistes de l’art du XIXᵉ siècle vous accompagnent dans l’authentification, l’identification et l’estimation de vos œuvres signées Berthe Morisot.

Expertise signature Berthe Morisot
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Louise Moillon

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Estimation et cote de l'artiste Louise Moillon

Rares sont les femmes peintres au XVIIe siècle. Parmi elles, Louise Moillon marque l’histoire de l’art par ses natures mortes aux compositions soignées et rigoureuses. Si l’accès au milieu de la peinture lui est facile, elle est née dans une famille d’artistes, Louise Moillon se distingue rapidement par son talent. Découvrez l’histoire de Louise Moillon et ses œuvres baroques. Besoin d’une expertise gratuite et en ligne ? C’est sur Estimon’objet !

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La vie de Louise Moillon, artiste peintre du XVIIe siècle

De religion protestante, Louise Moillon (1610 – 1696) est née dans le quartier de Saint-Germain-des-Prés, à Paris. Parmi ses six frères et sœurs, Isaac Moillon est également artiste. Il est reçu à l’Académie royale de peinture et de sculpture en tant que peintre d’histoire, puis devient peintre du roi. Marie Moillon, elle, découvre la peinture auprès de son père, le peintre et marchand d’art Nicolas Moillon. À la mort de celui-ci, en 1619, elle a tout juste dix ans. L’année suivante, elle poursuit son apprentissage avec son beau-père, peintre de natures mortes. En effet, sa mère Marie Gilbert, fille d’orfèvre, se remarie en 1620 avec François Garnier. Elle meurt dix ans plus tard.

Louise Moillon se spécialise dans les natures mortes, et particulièrement dans la représentation de les corbeilles de fruits et de légumes. Elle brille dans ce genre considéré à l’époque comme mineur. L’artiste vend ses tableaux par l’intermédiaire de son beau-père. Elle est soutenue par des mécènes prestigieux. Elle reçoit notamment des commandes de la noblesse française, et du roi Charles Ier d’Angleterre. La plupart de ses œuvres sont réalisées entre 1630 et 1640, et connaissent une renommée internationale. À trente ans, en 1640, Louise Moillon se marie avec Étienne Girardot. Celui-ci exerce la profession de marchand de bois. Les peintures de la jeune femme se raréfient à partir de cette époque. En 1685, l’édit de Fontainebleau, ordonné par Louis XIV, oblige le baptême catholique pour tous. La famille de l’artiste est persécutée, son mari emprisonné. Quant à Louise Moillon, elle meurt quelques années plus tard, en 1696.

Louise Moillon, maitre baroque de natures mortes aux fruits et aux légumes

Reconnaissables, certaines des œuvres de Louise Moillon portent la signature « Louyse Moillon ». Cette inscription permet l’authentification de ses tableaux. On en compterait plus de soixante-dix. Les peintures de Louise Moillon se distinguent par leur rigueur, leur réalisme et leur précision. Les compositions sont minutieuses, et les couleurs chaudes. Influencée par l’art hollandais, Louise Moillon représente ses natures mortes sur un fond sombre, permettant aux sujets de se détacher de l’obscurité. Dans son Panier d’abricots, peint en 1634, les fruits reposent sur un panier en osier finement travaillé. Les couleurs vives des abricots contrastent avec le décor. Chaque objet est à sa place, chaque détail est soigné jusqu’aux quelques gouttes d’eau formées au premier plan. Les textures, des fruits comme de la corbeille, sont saisissantes de réalisme. Comme toujours, la composition est simple et minutieuse. Le panier est placé au centre de la toile.

Louise Moillon s’attache donc à peindre des paniers ou des corbeilles dans une composition étudiée. Sur quelques-unes de ses toiles, telle La Scène de marché avec pickpocket, figurent aussi des personnages. Malgré tout, l’attention est toujours portée sur les fruits et les légumes. Certains de ceux-ci, comme les pommes, détiennent une portée symbolique. Louise Moillon, par son habileté et par la beauté de ses œuvres, demeure incontestablement l’une des principales maitres de la nature morte de ce siècle.

Faire estimer gratuitement une oeuvre de Louise Moillon

Nul doute que les peintures de Louise Moillon attirent les amateurs dans les salles de ventes aux enchères. Ces œuvres battent des records. Elles sont estimées entre 20 000 euros et 1 200 000 euros. En 2022, le tableau Nature morte à la coupe de fraises, panier de cerises et groseilles à maquereau a été adjugé pour 1 300 000 euros. Cette somme constitue cependant une exception. En 2016, l’huile sur panneau intitulée Panier de quetsches a tout de même été vendue pour 950 000 euros. L’année précédente, Nature morte de pêches sur un plat d’étain, boite de copeau a été acheté pour 900 000 euros. La même année, Nature morte au panier de bigarades et grenades sur un entablement était vendu à 650 000 euros. Les prix de certaines natures mortes se situent à moins de 100 000 euros. L’huile sur toile Coupe de pêches, boite de copeaux, grappe de raisons et tranche de melon a obtenu la somme de 40 000 euros pour sa vente en 2017. En 2015, Abricots, corbeille de prunes et mésange bleue a été vendu à 56 000 euros.

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(Illus.) Louise Moillon, Nature morte avec une corbeille de fruits et une botte d’asperges, 1630

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