Estimation gratuite Helen Frankenthaler

Helen Frankenthaler

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Estimation et cote de l'artiste Helen Frankenthaler

Helen Frankenthaler (1928-2011), parfois surnommée Motherwell ou Mrs. Robert Burns, est une peintre américaine née le 12 décembre 1928 à New York. Elle appartient à l’expressionnisme abstrait, et plus exactement au Color Field, un mouvement en réaction à l’action painting qui est défini par ses aplats de couleurs vives. L’artiste joue avec l’intensité des couleurs pour composer des paysages abstraits ou trouver une dynamique à partir d’une application précise de sa peinture, alternant entre sensibilité et force de caractère.

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Helen Frankenthaler, le cercle des expressionnistes abstraits

Fille de Martha Lowenstein et d’Alfred Frankenthaler, juge à Cour suprême de l’État de New York, Helen Frankenthaler est issue d’une famille aisée. Attirée par l’art depuis ses jeunes années, elle intègre l’école Dalton pour étudier auprès du peintre Rufino Tamayo (1899-1991) et obtient son diplôme en 1945. Elle rejoint ensuite le Bennington College dans le Vermont, où elle est l’élève du peintre Paul Feeley (1910-1966), lequel lui fait découvrir le cubisme qui influencera l’artiste tout au long de sa vie.Elle rencontre là-bas, en 1950, le critique d’art Clement Greenberg (1909-1994), qui va l’introduire auprès de plusieurs artistes essentiels tels que Jackson Pollock (1912-1956), Willem de Kooning (1904-1997), Elaine de Kooning (1918-1989), David Smith (1906-1965), ou encore Franz Kline (1910-1962).

Helen Frankenthaler, le début de la notoriété

En 1952, Helen Frankenthaler expose lors de sa seconde exposition personnelle la toile Mountains and See (1952) qui la fait connaître et entame officiellement sa carrière d’artiste. Elle est l’une des seules femmes de l’avant-garde mais ne se laisse dominer à aucun moment par les critiques acerbes sur le rendu jugé parfois trop féminin.Les années qui suivent, la jeune femme voyage à travers l’Europe pour découvrir des artistes comme Claude Monet (1840-1926), Titien (vers 1488-1576), Diego Vélasquez (1599-1660) ou encore Henri Matisse (1869-1954). Helen Frankenthaler explore divers courants et artistes pour s’inspirer, notamment dans le traitement et l’utilisation de la couleur.

Helen Frankenthaler, la maîtrise des couleurs

Helen Frankenthaler utilise la technique du stained color depuis le début des années 1950, celle qui initie d’ailleurs le mouvement du Color Field et qui consiste à imprégner directement une toile crue en y versant la peinture. Cette technique influencera de nombreux peintres, et Helen Frankenthaler n’arrêtera jamais de la développer pour explorer toutes les possibilités dans l’utilisation des couleurs.Au début des années 1950, l’artiste couche les couleurs sur sa toile par flaques pour réaliser des formes qui rappellent des paysages. Aux prémices des années 1960, toutefois, elle durcit ses peintures avec une matière plus épaisse qu’elle n’hésite pas à retoucher pour prouver sa capacité à exprimer la sensibilité et la douceur comme la force. Quelques années plus tard, Helen Frankenthaler retourne à ses couleurs étalées, mais sur de plus petites surfaces. La décennie suivante, elle recherche davantage le mouvement en faisant se chevaucher des couleurs travaillées. Enfin, dans les années 1980, Frankenthaler retourne vers le cubisme qui l’avait autrefois inspirée en travaillant le blanc comme une partie de la peinture plutôt qu’un vide.

La cote des œuvres de Helen Frankenthaler

En dépit des critiques qui jugent son travail trop tendre et féminin, Helen Frankenthaler parvient à se démarquer parmi les plus grands coloristes de l’abstraction. Inspirée par des artistes tels que Pollock et De Kooning, elle parvient tout de même à trouver sa propre identité très rapidement, au point d’inspirer à son tour des artistes comme Kenneth Noland (1924-2010) et Morris Louis (1912-1962). Femme au cœur d’une avant-garde majoritairement masculine, Helen Frankenthaler alterne entre les flaques liquides et la peinture épaisse abimée après-coup pour y ajouter du caractère et prendre une direction plus masculine, prouvant qu’elle est autant capable de l’un comme de l’autre.Helen Frankenthaler a exploré plusieurs techniques puisque l’on retrouve des estampes et multiples comme des monotypes, des xylographies en couleurs, ou encore des gravures à l’eau-forte sur le marché de l’art. Ils sont estimés entre 1 500 et 120 000 €. À titre d’exemple, la xylographie Freefall (1993), estimée entre 80 000 et 120 000 €, a été adjugée à 175 000 € en 2021. Helen Frankenthaler est aussi à l’origine de quelques sculptures, structures et céramiques évaluées entre 3 000 et 15 000 €. Quant à ses dessins, gouaches et aquarelles sur divers supports, les prix vont de 6 000 à 60 000 €. La cote pour les peintures de Helen Frankenthaler est la plus haute : ses toiles, des acryliques ou huiles pour la plupart, sont estimées entre 4 000 et 3 500 000 €. Certains tableaux dépassent largement l’estimation, comme ce fut le cas en 2020 pour Royal Fireworks (1975), estimé entre 2 000 000 et 3 000 000 €, puis adjugé environ 7 895 300 €.

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(Illus.) Helen Frankenthaler – Mountains and Sea (1952), huile et charbon sur toile, 219,4 x 297,8 cm

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Estimation gratuite Willem de Kooning

Willem de Kooning

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Estimation et cote de l'artiste Willem de Kooning

Willem de Kooning (1904-1997), né à Rotterdam le 24 avril 1904, est un peintre et sculpteur néerlandais naturalisé américain considéré comme étant le père de l’expressionnisme abstrait, bien qu’il refuse d’être rattaché au moindre mouvement. Principalement connu pour ses tableaux de femmes et sa peinture agressive issue d’une gestuelle forte et unique, il est l’un des plus grands artistes du XXe siècle, largement reconnu pour son rôle dans l’évolution de l’action painting aux États-Unis.

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Willem de Kooning, la révélation artistique

Fils du négociant en vin Leendert de Kooning et de la gérante d’un bar Cornelia de Kooning, Willem de Kooning subit leur divorce en 1907 et se retrouve à vivre avec l’un, puis l’autre. À l’âge de douze ans, il devient apprenti dans une société de décoration intérieure. Il y restera quatre ans et suivra ensuite, jusqu’en 1921, une formation à l’école des arts et techniques de Rotterdam en même temps qu’il travaillera pour un designer.Le jeune homme, qui alors baigne dans un climat artistique, part en Belgique en 1924 pour réaliser des travaux en tant que décorateur et peintre. Lorsqu’il rentre chez lui pour terminer sa formation, il abandonne et décide de partir s’installer aux États-Unis en 1926. Willem de Kooning enchaîne alors les emplois pour subvenir à ses besoins jusqu’à ce qu’il fasse la rencontre de plusieurs artistes et marchands d’art dans le quartier de Greenwich Village. C’est en découvrant l’œuvre de Chaïm Soutine (1893-1943) que sa vie bascule.

Willem de Kooning, rencontres et succès

Fasciné par les tableaux de Soutine, Willem de Kooning décide de rejoindre en 1934 l’Artists’ Union. Dès 1935, il reçoit ses premières commandes qui l’amènent à rencontrer des critiques d’art, des photographes et ses premiers clients. Aussi, dès l’année suivante, le jeune homme prend la décision de consacrer sa vie à la peinture. Il est demandé à de nombreuses reprises pour réaliser des travaux publics et agrandit son cercle de connaissances jusqu’à rencontrer celle qui deviendra sa première femme en 1943.Entre 1938 et 1944, Willem de Kooning réalise sa toute première série de Femmes, qui lui apportera un certain succès. Il travaille en même temps sur d’autres projets, comme les décors et les costumes d’un ballet. Puis, lors d’une exposition collective en 1942, il y fait la rencontre de Jackson Pollock (1912-1956) et de Marcel Duchamp (1887-1968). Quelques années plus tard, Willem de Kooning entame ses abstractions en noir et blanc et enchaîne avec sa seconde série de Femmes.

Willem de Kooning, les femmes dans sa peinture

En 1947, Willem de Kooning partage un atelier avec le peintre arménien Arshile Gorky (1904-1948). Ce dernier, à la fois attiré par l’abstraction et la figuration, influence grandement De Kooning. Leur attrait mutuel pour Pablo Picasso (1881-1973) et Joan Miró (1893-1983) les inspirent tous deux à explorer le champ des possibles. L’année suivante, Willem de Kooning réalise sa première exposition personnelle. Sa notoriété est telle qu’il est invité par Josef Albers (1888-1976) à donner des cours au Black Mountain College.À partir de 1950, l’artiste expose à l’étranger, entame sa troisième série de Femmes, tout en dispensant des cours à l’école des beaux-arts et d’architecture de Yale. Dès 1955, toutefois, il commence à intégrer les femmes dans des paysages abstraits, avant de se concentrer uniquement sur des paysages abstraits à partir de 1957. À la fin des années 1960, il expose dans toute l’Europe puis au Japon, où il apprend de nouvelles techniques, comme le nihonga. C’est en navigant entre l’abstraction et la figuration que Willem de Kooning se révèle être l’un des plus grands artistes de la peinture du XXe siècle.

La cote des œuvres de Willem de Kooning

Doté d’une gestuelle et d’un caractère forts, Willem de Kooning fait partie de ces artistes à la personnalité marquante. S’il n’aime pas rentrer dans des cases, il est malgré lui rattaché à l’expressionnisme abstrait, en dépit de ses tableaux de femmes qui s’avèrent être un véritable retour à la figuration. Sa série de Femmes et ses toiles en noir et blanc ont fait une majeure partie de sa notoriété, bien qu’il fût critiqué pour ses changements de style en cours de route, apparaissant comme réactionnaire aux yeux des uns et avant-gardiste pour les autres. Finalement, Willem de Kooning suivait ses désirs sans se soucier de la moindre mode, considérant le style comme une supercherie.Willem de Kooning est à l’origine de l’œuvre Interchange (1955), un des tableaux les plus chers au monde, vendu au prix de 300 millions de dollars en 2015. Il a aussi réalisé des estampes, notamment des lithographies en couleurs ou monochromes, estimées entre 40 et 447 200 €. Les dessins de Willem de Kooning, lesquels représentent le plus souvent sa série de Femmes au graphite, au charbon, au pastel et à l’huile, oscillent entre 500 et 7 200 000 €. Les sculptures abstraites de Willem de Kooning sont aussi très appréciées puisque les prix vont de 3 000 à 35 000 000 € ; en témoigne sa sculpture en bronze Le Pêcheur de Palourdes (1972), évaluée entre 25 000 000 et 35 000 000 €, puis adjugée 29 285 000 €. Enfin, les peintures de Willem de Kooning atteignent souvent des sommets, avec une moyenne allant de 200 à 71 000 000 €.

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(Illus.) Willem de Kooning – Femme I (1950-52), huile sur toile

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Kenneth Noland

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Estimation et cote de l'artiste Kenneth Noland

Kenneth Noland (1924-2010) est un peintre et sculpteur américain né à Asheville le 10 avril 1924. Il est connu pour être l’un des représentants du minimalisme grâce à ses formes simples, bien qu’il soit en réalité spécialisé dans la couleur et son traitement. L’artiste estime qu’il sculpte la couleur, de la même manière que pouvaient le faire les Fauves dans le domaine abstrait. Toutefois, sa démarche le mène à employer une technique de coloration qui fera de lui le chef de file du mouvement Color Field.

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Kenneth Noland, premier attrait pour la couleur

Dans sa jeunesse, Kenneth Noland est introduit à l’art par son père qui est peintre amateur. À ses vingt-deux ans, le jeune homme s’engage lors de la Seconde Guerre mondiale dans la US Air Force, en 1942. Il est démobilisé au bout de quatre ans et profite du financement du Gouvernement pour réaliser ses études au Black Mountain College. Il est alors l’élève de l’artiste Ilya Bolotowsky (1907-1981), lequel l’initie à l’utilisation des couleurs primaires et à l’abstraction géométrique dans le cadre du mouvement initié par Piet Mondrian (1872-1944) et le néoplasticisme. Kenneth Noland apprend également auprès de Josef Albers (1888-1976), avec lequel il découvre la théorie des couleurs de Paul Klee (1879-1940).En 1948, Noland fait un séjour à Paris pour étudier avec l’artiste Ossip Zadkine (1888-1967), sculpteur cubiste dont il se détachera vite. En 1952, Jackson Pollock (1912-1956) élimine le champ dans ses tableaux grâce à ses techniques de all-over et de dripping issues de l’action painting. Ses jets de couleur sur toile crue inspirent grandement Kenneth Noland qui ne tarde pas à traiter la couleur de la même manière pour travailler à même la toile, de manière à ce que cette dernière devienne la peinture. Il est également inspiré par les travaux de Helen Frankenthaler (1928-2011) et ses techniques de coloration, qu’il utilisera plus tard lorsque naîtra le mouvement Color Field.

Kenneth Noland, une direction minimaliste

Entre 1958 et 1962, dans sa recherche d’effets d’optique à travers les formes simples, Kenneth Noland commence une série d’abstraction chromatiques appelée Cibles, lesquels représentent des anneaux concentriques. Il combine les couleurs de manière unique mais lorsqu’il sent qu’il arrive au bout des combinaisons possibles, Kenneth Noland commence à se concentrer sur les chevrons, puis les rayures et enfin les découpes atypiques de toiles.L’artiste est considéré comme un artiste minimaliste, bien que ses structures deviennent de plus en plus complexes avec le temps. Son obsession pour la couleur et ses techniques innovantes pour colorer, notamment en faisant pénétrer la peinture dans la toile crue, font de lui un pionnier du Color Field.

Kenneth Noland, un maître de la couleur

Entre les années 1950 et 1960, Kenneth Noland fait partie de ces artistes qui exposent et gagnent en notoriété à Washington DC. Son utilisation de rayures colorées et son appartenance au Color Field font de lui un acteur important de l’École de Washington. Bien qu’il fût largement inspiré par Pollock, Noland se démarque de l’action painting grâce à de grands aplats de couleurs maîtrisées qui excluent totalement la perspective. La couleur est alors autonome, elle devient le sujet en se débarrassant de toute figuration. En cela, Kenneth Noland fait partie des plus grands expressionnistes abstraits.

La cote des œuvres de Kenneth Noland

Peintre représentant du mouvement Color Field et fondateur de l’école de la couleur de Washington, Kenneth Noland s’intéresse d’abord aux aplats de couleur avant que les formes simples comme les cibles, les chevrons et les rayures ne deviennent à leur tour une obsession. Il est le fruit de l’enseignement de ses deux maîtres : Josef Albers, théoricien des couleurs au Bauhaus, et Ilya Bolotowsky, adepte de l’œuvre de Mondrian, initié au néoplasticisme et spécialisé dans l’abstraction géométrique. Kenneth Noland puise son inspiration dans les enseignements reçus tout au long de sa vie et les artistes découverts au gré de celle-ci. En résulte une notoriété qui ne fane jamais, en témoigne sa cote sur le marché de l’art.Kenneth Noland laisse en héritage quelques sculptures rares, notamment des impressions en couleur sur toile et montées sur panneau, estimées entre 1 000 et 10 000 €. Il a également réalisé des dessins, aux crayons de couleur notamment, qui sont évalués entre 1 200 et 20 000 €. Mais Kenneth Noland a surtout créé de nombreux multiples, impressions et estampes qui oscillent entre 150 et 25 000 €. Lithographies embossées ou encore monotypes, les prix dépassent souvent l’estimation, comme ce fut le cas en 2018 avec un monotype coloré à l’huile et à l’aquarelle Sans Titre (1981), estimé entre 8 000 et 12 000 €, puis adjugé 43 750 €. Quant aux peintures de Kenneth Noland, qu’il s’agisse d’acryliques ou d’huiles, elles sont estimées entre 800 et 5 000 000 €.

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(Illus.) Kenneth Noland – Rhyme (1960), acrylique sur toile

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Ruth Asawa

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Estimation et cote de l'artiste Ruth Asawa

Ruth Asawa (1926-2013), née à Norwalk le 24 janvier 1926, est une sculptrice nippo-américaine. Elle fait partie des figures majeures dans son domaine aux États-Unis, en dépit d’une reconnaissance tardive due à sa nationalité, les conflits de cette époque et ses choix artistiques. Elle est majoritairement connue pour ses sculptures abstraites en métal tressé à la main, ainsi que pour son implication dans l’éducation artistique.

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Ruth Asawa, une jeunesse difficile

Ruth Asawa est issue de parents maraîchers qui ont quitté le Japon. Elle grandit au sein d’une famille de sept enfants dont les conditions de vie sont difficiles, d’autant plus que la nationalité américaine n’est pas délivrée aux immigrés japonais, et qu’il leur est impossible d’acheter des terres en raison du contexte pré-guerre. De plus, ils sont au cœur de la crise économique des années 1930 et peinent à s’en sortir.À l’école, toutefois, Ruth Asawa se révèle douée en dessin. Ses professeurs l’encouragent dans cette voie, lui permettant de remporter un concours de dessin en 1939. Entre-temps, elle apprend la calligraphie ainsi que le japonais dans une école dédiée. Mais la Seconde Guerre mondiale accentue la discrimination envers les immigrés japonais et le père de la jeune fille est arrêté un an après l’attaque de Pearl Harbor. Avec sa mère et ses frères et sœurs, Ruth Asawa est contrainte de dormir dans les écuries d’un hippodrome mais n’arrête pas le dessin pour autant grâce aux autres artistes internés sur place. En 1942, ils sont déplacés dans un camp d’internement de l’Arkansas, où Ruth Asawa parvient à terminer sa scolarité.

Ruth Asawa, une base d'apprentissage au Mexique

Grâce à une association, Ruth Asawa décroche une bourse pour étudier au Milwaukee State College Teachers dans le but de devenir enseignante d’arts, mais ses origines l’empêchent d’aller jusqu’au bout. Elle se rend alors au Mexique avec sa sœur pour en étudier l’art et la langue. À Toluca, elle apprend les bases du tissage de fil de fer galvanisé.Ainsi, lorsque Ruth Asawa s’installe en Caroline du Nord après son séjour, elle part étudier au Black Mountain College de 1946 à 1949. Elle apprend auprès d’artistes renommés comme le peintre Josef Albers (1888-1976) ou l’architecte Buckminster Fuller (1895-1983), et fait la rencontre de l’architecte Albert Lanier (1927-2008), qui deviendra son mari et avec lequel elle aura six enfants. Durant ces études, on enseigne à Ruth Asawa comment crocheter des paniers ainsi que des techniques de tissage qu’elle réutilisera dans ses suspensions métalliques.

Ruth Asawa, le retour à l'enseignement

En 1949, Ruth Asawa et Albert s’installent à San Francisco pour se marier, en dépit de l’opinion de leurs familles. La jeune femme s’attache à la ville et s’investit totalement dans sa production artistique. Elle commence à exposer en 1953, d’abord modestement, puis de manière plus remarquable en 1955 à la Biennale de São Paulo et au Whitney Museum of American Art de New York. Progressivement, les expositions deviennent personnelles puis internationales. À partir des années 1960, on demande même à Ruth Asawa de réaliser des œuvres publiques d’envergure.En 1968, Asawa n’a pas perdu son rêve d’enseigner et décider de fonder un atelier de création avec d’autres parents d’élèves pour que les enfants puissent travailler auprès d’artistes. Plus tard dans l’année, le maire Joseph Alioto (1916-1998) lui propose un mandat de quatre ans pour rejoindre la Commission des Arts de la ville de San Francisco. Elle devient ensuite membre de la Commission de Jimmy Carter (1924-) pour « Le rôle des Arts » en 1974, puis membre du Conseil des arts de Californie deux ans plus tard, avant d’administrer les Musées des Beaux-Arts de San Francisco pendant huit ans. En 1982, Ruth Asawa fonde la School of the Arts, renommée quelques années après Ruth Asawa San Francisco School of the Arts, une école publique d’arts.

La cote des œuvres de Ruth Asawa

Ruth Asawa a traversé des épreuves difficiles et s’est confrontée aux nombreux obstacles en tant qu’artiste femme, mère et d’origine japonaise en Amérique. En raison de ces critères et des matériaux employés, ses travaux ont longtemps été réduits à de simples suspensions décoratives, voire à du tricot de femme au foyer. Elle est heureusement défendue par plusieurs artistes à son époque et désormais reconnue comme une artiste à part entière. Ruth Asawa renoue entre l’artisanat et l’art : une relation qui avait été oubliée depuis l’émergence de l’art contemporain.

On trouve parfois quelques dessins de Ruth Asawa aux enchères, bien qu’ils soient rares. Ce sont principalement des esquisses au stylo et à l’encre sur papier qui représentent des fleurs ou des plantes, son rapport à la nature. Ils sont estimés entre 600 et 15 000 €. Les sculptures et structures de Ruth Asawa, en revanche, sont estimées entre 600 et 5 000 000 €. Elles sont pour la plupart réalisées en fil de fer, de cuivre, de laiton, ou bien de métal galvanisé. Le record de vente est d’ailleurs détenu par une suspension Sans Titre (S.401, Forme suspendue à sept lobes, à emboîtement continu, avec des sphères dans deux lobes), en fils de cuivre et de laiton, réalisée vers 1953-54. Estimée entre 3 000 000 et 5 000 000 €, la sculpture suspendue de Ruth Asawa a été adjugée 5 382 500 € aux enchères en 2020.

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(Illus.) Ruth Asawa – Sans Titre (1954-55)

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Sol LeWitt

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Estimation et cote de l'artiste Sol LeWitt

Sol LeWitt (1928-2007), de son nom complet Solomon LeWitt, est un artiste protéiforme né à Hartford le 9 septembre 1928. Il est à la fois peintre, sculpteur, dessinateur, graveur, illustrateur, photographe et architecte. Connu pour son art minimaliste et conceptuel, il est surtout célèbre pour ses Wall Drawings (dessins muraux) et ses structures géométriques réalisées dans une démarche conceptuelle où l’idée de base d’une œuvre doit être plus importante que son exécution ou son résultat.

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Prix des œuvres de Sol LeWitt

  • Wall drawings (certificats + diagrammes d’exécution, parfois avec instructions) – entre 30 000 € et plus de 500 000 €

  • Sculpture / structures (cubes, modules, œuvres en acier/bois/aluminium) – entre 15 000 € et plus de 1 500 000 €

  • Dessin, gouache, encre et œuvres sur papier – entre 800 € et 750 000 €

  • Estampe, lithographie, sérigraphie et multiples – entre 200 € et 90 000 €

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Sol LeWitt, rencontre avec la géométrie

Encouragé par sa mère à réaliser des études d’art, Sol LeWitt intègre d’abord l’Université de Syracuse, puis l’école des beaux-arts de l’État de New York et la Cartoonists and Illustrators School. Il est diplômé en 1949 mais se doit de réaliser son service militaire lors de la guerre de Corée. De retour, il est embauché comme graphiste dans le cabinet d’architecture de Ieoh Ming Pei (1917-2019), où il explore davantage la géométrie et apprend à structurer ses idées et concepts, ce qui deviendra le pilier de sa démarche artistique.Pendant quelques années, il collabore avec divers architectes mais n’entame pas encore sa carrière d’artiste. Il découvre en revanche l’importance des assistants et de l’aide qu’ils peuvent apporter aux artistes dans leurs projets. Ce parallèle sera le deuxième moteur de la démarche conceptuelle de Sol LeWitt.

Sol LeWitt, ses premiers pas à New York

Sol LeWitt emménage définitivement à New York dans les années 1950. Il travaille comme graphiste pour un journal puis devient réceptionniste au MoMA (Museum of Modern Art) dix ans plus tard. Il y rencontre de nombreux artistes ainsi que des critiques qui l’influencent et l’inspirent, si bien que LeWitt réalise ses premiers tableaux en 1962. La géométrie et les reliefs apparents sur ses toiles témoignent du langage minimaliste de l’artiste. Selon lui, l’utilisation de formes simples rend un ensemble plus harmonieux.La première exposition de Sol LeWitt se déroule en 1965, mais il ne s’agit pas de ses tableaux. Il dévoile à la place des structures modulaires représentatives du minimalisme. L’année suivante, il expose avec d’autres artistes de la scène minimale américaine, mais déjà il commence à s’en éloigner pour développer une expression plus conceptuelle.

Sol LeWitt, du minimalisme au conceptuel

À la fin des années 1960, Sol LeWitt publie plusieurs manifestes qui traitent de la perception spatiale d’une œuvre. Dans « Sentences on Conceptual Art », Art-language, vol.1 n°1, mai 1969, l’artiste y développe sa vision de l’art conceptuel. Selon lui, la démarche est à l’origine de tout, tandis que son exécution n’a pas ou peu d’importance. Une œuvre peut être détruite, elle demeure intacte tant qu’elle a été réalisée dans l’esprit puisque rien ne saurait la défaire.De cette démarche naîtra son système de certificats d’authenticité, permettant à ses assistants de réaliser ses œuvres pourvu qu’elles soient basées sur ses concepts écrits et authentifiés, le résultat n’étant qu’une illustration de l’idée. Sa démarche, expliquée dans ses ouvrages, devient dès lors un principe fondateur de l’art conceptuel.

La cote des œuvres de Sol LeWitt

Artiste minimaliste et conceptuel connu pour ses Wall Drawings et ses structures, Sol LeWitt a pourtant su se démarquer dans de nombreux domaines artistiques. Tout au long de sa carrière, il réalise aussi bien des peintures et dessins que des sculptures, de la céramique, des estampes, des photographies et du mobilier. Au fur et à mesure de sa vie, il se considère davantage comme un artiste conceptuel, laissant la réalisation de ses œuvres à des exécutants qui reproduisent ses idées grâce à un modèle, voire seulement des textes explicatifs. Sa démarche conceptuelle va encore plus loin puisqu’il met également en place un système de certificat pour l’authentification de ses œuvres. Quel que soit le résultat, le concept est le seul élément pouvant primer sur le reste.Les céramiques de Sol LeWitt sont estimées entre 200 et 6 000 €, ses photographies entre 5 000 et 30 000 €, et son mobilier entre 2 700 et 80 000 €. Les multiples, estampes et sérigraphies de l’artiste sont évaluées entre 80 et 100 000 €. Pour exemple, la collection Six Figures Géométriques & Toutes Leurs Combinaisons (1980), estimée entre 70 000 et 100 000 €, a été adjugée 88 200 € en 2022. Les peintures de Sol LeWitt oscillent quant à elles entre 700 et 200 000 €. Son Wall Drawing #1158 e (2005) à l’acrylique, estimé entre 150 000 et 200 000 €, est vendu 212 500 € en 2017. Ses dessins, très réputés, vont de 350 à 300 000 €. En ce qui concerne les sculptures de Sol LeWitt, tout du moins ce qu’il préfère appeler structures, il faut compter entre 250 et 580 000 €. Sa Structure de Sol Modulaire (1966-68), estimée entre 600 000 et 800 000 €, a été adjugée à 605 000 € en 2015. Vous souhaitez faire expertiser une œuvre de Sol LeWitt et recevoir son estimation ? Faites estimer une œuvre de Sol LeWitt en quelques clics et recevez une réponse sous quelques jours. C’est gratuit et totalement confidentiel.

(Illus.) Sol LeWitt – Cube Modulaire (1979)

Reconnaître la signature de Sol LeWitt

Savoir reconnaître la signature de Sol LeWitt est essentiel pour authentifier une œuvre de cet artiste majeur de l’art conceptuel et du minimalisme, figure fondatrice de l’art systémique américain. Sur ses œuvres emblématiques — des séries de Wall Drawings et Structures (cubes modulaires) aux dessins muraux et compositions géométriques — LeWitt signe généralement « Sol LeWitt » ou « LeWitt », parfois accompagné de la date d’exécution et d’un numéro de projet. La signature apparaît le plus souvent au verso (sur le support, le certificat d’authenticité ou la documentation d’installation), afin de préserver la neutralité formelle de la composition ; elle peut également figurer sur les cartons de montage et les plans d’exécution. Sur ses estampes, sérigraphies et éditions, la signature manuscrite au crayon est associée au numéro de tirage et aux mentions d’atelier. Dans un marché très actif où circulent éditions, œuvres d’atelier et contrefaçons, faire vérifier la signature de Sol LeWitt par un expert qualifié demeure indispensable. Sur Estimon’Objet, nos spécialistes de l’art moderne et contemporain vous accompagnent dans l’identification, l’authentification et l’estimation de vos œuvres signées Sol LeWitt, qu’il s’agisse d’un dessin mural, d’une structure ou d’une œuvre graphique.

Expertise signature Sol Lewitt
Signature Sol Lewitt

En lien avec Sol LeWitt

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Estimation gratuite Camille Hilaire

Camille Hilaire

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Estimation et cote de l'artiste Camille Hilaire

Camille Hilaire (1916-2004) est un peintre français rattaché à la nouvelle École de Paris. Paysages lumineux, nus féminins, bouquets de fleurs, chevaux et scènes de spectacle composent un univers immédiatement reconnaissable. Son œuvre associe des formes simplifiées, héritées du cubisme, à une palette vive dominée par les bleus, les verts, les rouges et les jaunes. Très présent sur le marché de l’art, l’artiste a aussi réalisé des aquarelles, des lithographies, des cartons de tapisserie, des vitraux et des mosaïques. Ses peintures les plus recherchées dépassent 10 000 € et son record public depuis 2000 atteint 18 750 $.

Vous possédez une peinture, une aquarelle, une lithographie ou une tapisserie de Camille Hilaire ? Chez Estimon’objet, obtenez une estimation gratuite, rapide et confidentielle, réalisée par nos experts en art et nos commissaires-priseurs.

Estimation gratuite Camille Hilaire

Prix des œuvres de Camille Hilaire

  • Peinture à l’huile sur toile : entre 200 € et plus de 15 000 €

  • Dessin, gouache ou aquarelle : entre 40 € et 7 000 €

  • Lithographie ou estampe : entre 5 € et 1 100 €

  • Tapisserie d’Aubusson : entre 700 € et 11 000 €

Vous souhaitez connaître la valeur d’une œuvre de Camille Hilaire ? Remplissez notre formulaire d’estimation en ligne et transmettez des photographies nettes de la face, du revers, de la signature et des éventuelles inscriptions. Pour une peinture, photographiez aussi les côtés de la toile, le châssis et les étiquettes anciennes. Pour une œuvre sur papier, laissez visibles les marges et évitez de retirer la feuille de son encadrement. Dans le cas d’une tapisserie, ajoutez une photographie de la signature tissée, du numéro de tirage et du bolduc fixé au revers.

Nos experts et commissaires-priseurs étudieront la technique, les dimensions, le sujet, la période de création, l’état de conservation et la provenance. Ils vérifieront également si l’œuvre est une création originale, une lithographie, une reproduction imprimée ou une tapisserie issue d’un atelier identifié. Ces éléments seront comparés à la cote actuelle de Camille Hilaire et aux résultats obtenus par des œuvres similaires. Vous recevrez une première réponse sous quelques jours. La demande est gratuite et totalement confidentielle.

La cote de Camille Hilaire sur le marché de l’art

La cote de Camille Hilaire repose sur un marché abondant, alimenté par des peintures, des œuvres sur papier et de nombreuses estampes. Les collectionneurs recherchent surtout ses huiles sur toile aux couleurs vives, notamment les paysages méditerranéens, les bouquets, les scènes équestres et les compositions consacrées au spectacle. Les œuvres de grandes dimensions et les tableaux très représentatifs de son style obtiennent généralement les meilleurs résultats.

La valeur varie néanmoins de façon importante selon la technique et le sujet. Une grande huile sur toile peut dépasser 10 000 €, tandis qu’une petite peinture se situe souvent entre quelques centaines et quelques milliers d’euros. Les aquarelles restent plus accessibles. Les lithographies, produites en nombre, présentent habituellement une valeur inférieure. Les tapisseries peuvent atteindre plusieurs milliers d’euros lorsqu’elles proviennent d’un atelier d’Aubusson reconnu et conservent leur bolduc d’origine.

La cote des peintures de Camille Hilaire

Les huiles sur toile dominent le marché de Camille Hilaire. Les compositions florales, les nus, les paysages structurés par de larges aplats de couleur et les scènes de chevaux figurent parmi les sujets les plus appréciés. Le format, l’intensité de la palette et la période de création jouent un rôle essentiel dans l’estimation. Voici quelques résultats de référence :

  • Jeux de fleurs sur la cheminée : cette huile sur toile de 92,1 × 73 cm a été vendue 18 750 $ à New York en septembre 2008. Il s’agit de son record public depuis 2000.
  • Nu au fauteuil : cette huile sur toile a atteint 13 200 $ à New York en mars 2018.
  • In the Paddock : cette scène équestre a été adjugée 10 687 € à Londres en juin 2017.
  • Les Coulisses : cette peinture consacrée au monde du spectacle a obtenu 5 875 € à Londres en février 2017.
  • La Piscine (1961) : cette huile sur toile de 40,6 × 80 cm a été vendue 4 250 $ aux États-Unis en décembre 2019.
  • Le Torrent : cette grande huile sur toile de 146 × 114 cm a atteint 3 600 € à Paris en juillet 2018.

Ces résultats montrent que les sujets caractéristiques et les compositions de qualité peuvent dépasser plusieurs milliers d’euros. Une attribution certaine ne suffit toutefois pas à garantir une valeur élevée. Une petite toile, une œuvre tardive, un sujet moins recherché ou une peinture restaurée de manière excessive peut obtenir un prix beaucoup plus modeste.

La cote des dessins, gouaches et aquarelles

Camille Hilaire a beaucoup travaillé sur papier. Ses aquarelles reprennent ses thèmes habituels : paysages, arbres, cavaliers, personnages, musiciens et nus féminins. La fluidité des couleurs et la construction du dessin permettent souvent de retrouver les principales caractéristiques de son style. Plusieurs résultats permettent de situer leur cote :

  • Les Musiciens : cette composition à l’aquarelle, à l’encre et aux crayons de couleur de 61 × 46 cm a été adjugée 820 € à Paris en juin 2021.
  • Les Oliviers à Vence : cette aquarelle de 54 × 71 cm a obtenu 500 € à Paris en octobre 2017.
  • Femme à l’antique : cette petite aquarelle rehaussée d’encre de 17,5 × 12 cm a été vendue 150 € à Paris en novembre 2017.
  • Cavalier : ce dessin à l’encre et aux crayons de couleur de 18 × 17 cm a atteint 100 € à Paris en septembre 2021.

Les œuvres sur papier de grand format, très colorées et bien conservées peuvent obtenir des prix supérieurs. La présence de taches, de rousseurs, de déchirures ou d’une décoloration due à la lumière réduit en revanche leur valeur. Une aquarelle doit également être distinguée d’une reproduction en couleurs ou d’une lithographie.

La cote des lithographies et tapisseries

Camille Hilaire a réalisé de nombreuses lithographies en couleurs. Elles représentent des paysages, des nus, des chevaux, des acrobates et des scènes de cirque. La plupart portent une signature au crayon et un numéro de tirage. Leur prix dépend du format, du nombre d’exemplaires, de l’état du papier et de la qualité de l’impression. Quelques résultats illustrent ce marché :

  • La Normandie : cette suite de dix lithographies en couleurs signées a été vendue 120 € à Paris en mai 2020.
  • L’Acrobate : cette lithographie signée et numérotée 1/80 a obtenu 30 € à Paris en février 2023.
  • Parade à cheval : cette lithographie signée et numérotée 8/80 a également atteint 30 € à Paris en février 2023.
  • En coulisses : cette lithographie numérotée 11/80 a été adjugée 15 € à Paris en janvier 2025. Les plis et les taches visibles ont limité sa valeur.
  • La Serre bleue : cette tapisserie numérotée XLIX et signée dans le tissage a été vendue 1 650 $ aux États-Unis en mars 2020.

Les tapisseries occupent une place particulière dans l’œuvre de Camille Hilaire. Certains modèles ont été tissés à Aubusson par des ateliers reconnus. Une pièce de grande taille, conservée dans de bonnes conditions et accompagnée de son bolduc peut atteindre plusieurs milliers d’euros. L’absence d’étiquette, une exposition prolongée au soleil ou des restaurations importantes peuvent toutefois diminuer son prix.

Comment reconnaître une œuvre de Camille Hilaire ?

Les peintures de Camille Hilaire restent figuratives, même lorsque les formes semblent découpées en facettes. Les maisons, les arbres, les montagnes et les personnages sont simplifiés, mais le sujet demeure lisible. Cette construction rappelle le cubisme sans faire disparaître la profondeur du paysage ni le mouvement des figures.

La couleur constitue l’un des meilleurs indices. Camille Hilaire utilise des bleus profonds, des verts lumineux, des jaunes, des rouges et des violets. Il place souvent les couleurs côte à côte afin de structurer la composition. Les contours foncés soulignent parfois les personnages, les chevaux, les arbres ou les objets.

Ses paysages représentent volontiers la campagne, les bords de rivière, la côte méditerranéenne et les villages observés depuis un point de vue élevé. Les routes, les champs et les plans d’eau forment alors de grandes zones colorées. Dans ses bouquets, les fleurs se détachent souvent devant une fenêtre ou au cœur d’un intérieur. Les nus se reconnaissent à leurs courbes souples et à leurs couleurs franches.

Les chevaux et les scènes de spectacle constituent un autre aspect important de son œuvre. Cavaliers, danseuses, acrobates et musiciens lui permettent de jouer avec les mouvements du corps. Ces sujets sont recherchés lorsqu’ils présentent une composition dynamique et une palette particulièrement vive. Aucun de ces éléments ne suffit toutefois à confirmer seul l’authenticité d’une œuvre.

Reconnaître la signature de Camille Hilaire

Camille Hilaire signe généralement « Hilaire ». Cette signature se trouve souvent dans la partie inférieure de la composition, à droite ou à gauche. Elle peut être peinte dans une couleur claire sur un fond sombre ou, au contraire, tracée avec une couleur foncée sur une zone lumineuse.

Sur certaines huiles, une seconde signature, un titre ou une date peuvent apparaître au revers de la toile. Ces inscriptions sont précieuses pour identifier le sujet et situer l’œuvre dans la carrière de l’artiste. Leur graphisme doit rester cohérent avec la technique, l’usure du support et la période supposée de réalisation.

Les aquarelles et les dessins portent souvent une signature tracée au crayon, à l’encre ou à la couleur. Les lithographies sont généralement signées au crayon dans la marge inférieure. Le numéro de tirage ou la mention « E.A. », pour épreuve d’artiste, apparaît fréquemment de l’autre côté de la feuille.

Sur une tapisserie, la signature « Hilaire » peut être intégrée au tissage. Le revers peut aussi conserver un bolduc qui indique le titre, les dimensions, le numéro du tirage et le nom de l’atelier. Une signature isolée ne permet jamais d’établir l’authenticité : elle doit être étudiée avec le support, la technique, le sujet et la provenance.

Tableau de Camille Hilaire : ce que regardent nos experts

Romain Rudondy, notre commissaire-priseur spécialisé en art moderne, commence par déterminer la nature exacte de l’objet. Le marché comprend des huiles originales, des aquarelles, des lithographies et de nombreuses reproductions décoratives. Une photographie prise sous une lumière latérale l’aide à observer les reliefs de la peinture. Une huile présente des touches irrégulières et des variations de matière, alors qu’une impression possède généralement une surface plus uniforme.

Romain compare ensuite la palette, les contours et la construction du sujet avec des œuvres documentées de Camille Hilaire. Il étudie la manière dont les couleurs forment les arbres, les maisons, les visages ou les chevaux. Il vérifie aussi la cohérence de la toile, du châssis, des agrafes ou des clous avec la période supposée de création.

Le revers apporte souvent des renseignements essentiels. Une ancienne étiquette, un titre manuscrit, un numéro d’exposition ou une facture peut renforcer la provenance. Pour une œuvre sur papier, Romain recherche les traces propres à l’aquarelle et les éventuels points réguliers produits par une impression. Pour une tapisserie, il examine la signature tissée, la qualité de la laine, le numéro du tirage et le bolduc de l’atelier.

Camille Hilaire, un peintre français de la nouvelle École de Paris

Camille Hilaire naît à Metz le 2 août 1916 dans une famille modeste. Il quitte rapidement l’école et travaille comme peintre en bâtiment. Il fréquente toutefois la bibliothèque municipale de Metz, où il copie des œuvres de Dürer et de Holbein. Ses premiers dessins attirent l’attention de l’écrivain Jean Giono et du peintre Nicolas Untersteller, futur directeur de l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris.

Mobilisé pendant la Seconde Guerre mondiale, Camille Hilaire participe à la campagne de France avant d’être fait prisonnier. Il s’évade et rejoint Paris au début de l’année 1941. Sous l’Occupation, il s’inscrit aux Beaux-Arts sous un faux nom. Il travaille ensuite dans l’atelier d’André Lhote, dont l’enseignement marque durablement sa façon d’organiser les formes et les couleurs. Il obtient plusieurs distinctions à la fin des années 1940 et reçoit le second Grand Prix de Rome en 1950.

Camille Hilaire enseigne à l’École des beaux-arts de Nancy de 1947 à 1958, puis à l’École des beaux-arts de Paris jusqu’en 1968. Sa première exposition personnelle parisienne a lieu en 1951. Il expose ensuite aux États-Unis et dans de nombreux pays. Au fil de sa carrière, il étend son travail à la lithographie, à la tapisserie, au vitrail et à la mosaïque, tout en conservant un goût marqué pour la couleur et les sujets figuratifs. Il meurt à Fourges le 7 juin 2004.

Pour une œuvre attribuée à Camille Hilaire, il faut d’abord vérifier s’il s’agit d’une peinture originale, d’une aquarelle ou d’une impression. Une photographie de face ne permet pas toujours de faire cette distinction. Je conseille donc de photographier la surface sous une lumière oblique, puis le revers, les bords et la signature en gros plan. Sur une huile, cette lumière révèle les coups de pinceau et les différences d’épaisseur. Sur une reproduction, les couleurs restent plates et de petits points réguliers peuvent apparaître sous une loupe. »

« Ne nettoyez pas la peinture et ne retirez pas une œuvre sur papier de son cadre avant l’expertise. Conservez également les étiquettes, les factures, les certificats et les documents anciens, même s’ils semblent incomplets. Pour une tapisserie, le bolduc situé au revers peut être aussi important que la signature visible sur la face. Ces éléments permettent de confirmer l’origine de l’œuvre et d’affiner sensiblement son estimation.

En lien avec Camille Hilaire

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Estimation gratuite Maurice Brianchon

Maurice Brianchon

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Estimation et cote de l'artiste Maurice Brianchon

Maurice Brianchon (1899-1979) est un peintre français né à Fresnay-sur-Sarthe le 11 janvier 1899. Artiste figuratif connu comme étant l’un des peintres de la réalité poétique, il laisse de côté l’intellectualisme pour se concentrer sur les émotions et la sensibilité. En plus de l’art pictural, Brianchon s’est particulièrement fait connaître dans le milieu du théâtre pour avoir réalisé les décors et costumes de nombreuses pièces à l’Opéra de Paris.

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Maurice Brianchon, formations et rencontres

C’est en 1917 que Maurice Brianchon devient l’élève de Fernand Cormon (1845-1924) à l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris, avant de devenir celui de Paul Renouard (1845-1924) et d’Eugène Morand (1853-1930) l’année suivante à l’École nationale supérieure des arts décoratifs. Il y rencontre de nombreux autres artistes dont Roland Oudot (1897-1981) et Raymond Leugueult (1898-1971) qui feront partie, comme lui, des peintres de la réalité poétique.Le succès de Maurice Brianchon ne se fait pas attendre puisqu’il expose pour la première en 1919 au Salon d’automne, seulement deux ans après sa première admission aux Beaux-Arts. Il part alors aux Pays-Bas et en Belgique, où il découvre les peintres hollandais et flamands, puis abandonne sa formation dans les Arts décoratifs. En 1922, il partage un atelier avec son ami Legueult et devient membre du comité du Salon d’automne.

Maurice Brianchon, son implication à l'Opéra de Paris

Toujours en 1922, le directeur de l’Opéra de Paris, Jacques Rouché (1862-1957), commissionne Maurice Brianchon pour réaliser les costumes du ballet de Griselidis la même année, puis les décors de La Naissance de la Lyre en 1925, cette fois-ci aux côtés de Legueult. Entre-temps, le peintre voyage en Espagne, se passionne pour les maîtres espagnols et reçoit le prix Blumenthal en 1924. Il devient professeur de dessin à l’École Estienne à Paris la même année.En 1934, Brianchon participe à la Biennale de Venise, quitte l’atelier qu’il partage avec son ami et devient, deux ans plus tard, professeur à l’École nationale supérieure des arts décoratifs de Paris. Il est de nouveau récompensé en 1939 par le Carnegie Institute, mais l’arrivée de la Seconde Guerre mondiale modifie les plans de l’artiste qui se retrouve à créer les peintures de camouflage. Toutefois, il continue de réaliser les costumes et décors pour l’Opéra de Paris, et continuera de nombreuses années en travaillant à la fois dans son atelier et à l’Opéra.

Maurice Brianchon, peintre de la réalité poétique

Maurice Brianchon porte de nombreuses casquettes. Il est à la fois membre du comité du Salon des Tuileries en 1940, en charge des costumes et des décors pour l’Opéra de Paris, décorateur pour la Compagnie des arts français, décorateur de vaisselle et de plusieurs institutions comme Aubusson, les Gobelins et le Conservatoire de musique et d’art dramatique de Paris, mais également illustrateur d’ouvrages. Artiste largement reconnu, Maurice Brianchon est alors fait chevalier de la Légion d’honneur.En 1949, il devient professeur aux Beaux-arts de Paris et figure dans l’ouvrage Peintres de la réalité poétique aux côtés de sept autres peintres qui, comme lui, redéfinissent l’art figuratif dans une dimension poétique. Dès lors, Maurice Brianchon connaît un succès toujours plus grand. Il est promu Officier de la Légion d’honneur en 1953 puis commence à exposer dans le monde entier, notamment aux États-Unis entre 1942 et 1959, puis au Japon en 1969.

La cote des œuvres de Maurice Brianchon

Maurice Brianchon est fortement influencé par ses voyages, par la scène comme la danse et le théâtre, mais également par des artistes comme Pierre Bonnard (1867-1947) et Édouard Manet (1832-1883). Sa palette est équilibrée, entre le riche et le subtile, afin de pouvoir exprimer un large nuancier d’émotions avec une poésie rare. Plus qu’un peintre, il est aussi décorateur de théâtre et costumier à l’Opéra de Paris, professeur à l’école Estienne et chef d’atelier à l’École des beaux-arts de Paris. Surnommé l' »aristocrate de la peinture » d’après le critique d’art George Besson (1882-1971), Maurice Brianchon propose des tableaux structurés et lumineux, qu’il s’agisse de paysages, de scènes d’intérieur ou de nus. Comme les autres peintres de la réalité, les femmes sont omniprésentes dans ses peintures.Brianchon laisse en héritage quelques multiples et estampes estimés entre 200 et 500 €, mais également de nombreux croquis, dessins à l’encre noire ou à la mine de plomb, aquarelles, gouaches et pastels estimés entre 150 et 5 000 €. Son dessin à la gouache et mine de plomb Femme s’habillant, au lever (vers 1942-43) a été évalué entre 1 000 et 1 500 €, puis adjugé 3 750 € en 2011. Quant aux peintures de Maurice Brianchon, principalement des huiles sur toile ou panneau, les estimations vont entre 1 500 et 70 000 €. Son huile sur toile Avant le départ, estimée entre 50 000 et 70 000 €, est adjugée 81 250 € en 2016.

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(Illus.) Maurice Brianchon – Danseuses (1939), huile sur toile, 130,4 x 97 cm

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Marcel Mouly

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Estimation et cote de l’artiste Marcel Mouly

Marcel Mouly (1918-2008) est un peintre et lithographe français né à Paris le 6 février 1918. Son œuvre compose d’une part avec l’art formel en raison du traitement de la forme, très important chez l’artiste, mais également l’art informel d’après l’abstraction de ses natures mortes, paysages, scènes d’intérieur et marines particulièrement colorés. Il est alors associé au fauvisme, à la croisée entre le cubisme et une palette de couleurs audacieuse.
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Prix des œuvres de Marcel Mouly

  • Lithographie ou estampe - entre 150 € et 1 200 €

  • Gouache ou œuvre sur papier - entre 800 € et 5 000 €

  • Peinture à l’huile sur toile - entre 2 000 € et 15 000 €

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Marcel Mouly, l'appel de l'art

Les premiers pas de Marcel Mouly dans l’art se font très progressivement et à intervalles longs. Issu de parents modestes et fils de forgeron, c’est seulement à partir de 1931, quand il découvre le port du Havre, que le jeune homme alors âgé de treize ans a envie de dessiner. Mais Marcel Mouly doit laisser tomber l’école pour aider financièrement ses parents. Pour cela, il devient apprenti, vend des journaux et du vin… jusqu’à ce que son patron, ancien comédien dramatique et peintre à ses heures perdues, pousse le jeune homme en 1935 à se distraire avec la peinture.Marcel Mouly se découvre une véritable passion, tant et si bien qu’il peint les murs de sa chambre quand il se trouve à court de surfaces à décorer. À l’aide de fusain et de peinture, le jeune homme habille son espace de motifs exotiques. Cette découverte lui donne l’impulsion pour s’inscrire, la même année, aux cours du soir d’André Auclair (1893-1976), dans les ateliers des Beaux-Arts.

Marcel Mouly, une carrière très tardive

Marcel Mouly apprend doucement mais se voit contraint d’effectuer son service militaire dans la Marine entre 1938 et 1940. Pendant cette période, il tombe malade mais aide malgré tout les infirmiers à l’hôpital. Il subit ensuite les bombardements et devra attendre sa permission couplée à l’armistice de juin 1940 pour se désengager de l’armée. Durant toutes ces années, Marcel Mouly trouve peu de temps pour peindre, d’autant plus qu’il doit réaliser des métiers de fortune pour s’en sortir.Toutefois, il ne perd pas son ambition et partage un atelier de peinture à Auteuil avec un ami. Ensemble, ils dessinent dedans et dehors et se font surprendre en 1942 par la Gestapo, leur valant trois mois de prison à Fresnes. À leur sortie, innocentés, ils rencontrent Édouard Pignon (1905-1993). Marcel Mouly emménage avec lui dans l’atelier de Chaim Jacob Lipchitz (1891-1973) où, en plus de la peinture, il va apprendre la poterie et en faire son nouveau métier de fortune. Il faudra alors attendre 1945 pour que Marcel Mouly entame officiellement sa carrière de peintre.

Marcel Mouly, l'expression figurative

Entre 1945 et 1947, Marcel Mouly expose enfin, auprès des plus grands de son époque : avec son ami et colocataire Pignon au Salon d’automne puis au Salon de mai, mais aussi aux côtés de Henri Matisse (1869-1954), Pablo Picasso (1881-1973), ou encore Fernand Léger (1881-1955), parmi bien d’autres artistes figuratifs. En 1982, Marcel Mouly est l’un des membres fondateurs de l’Association 109, créée pour rompre avec le Salon d’Automne qui s’avère ne pas être suffisamment sélectif dans le choix des artistes à exposer. En résulte en 1983 la Biennale 109, une nouvelle manifestation annuelle pour les peintres figuratifs.Marcel Mouly sera dès lors plusieurs fois récompensé pour son travail. Il est sélectionné en 1956 et 1957 pour le Prix de la Critique, fait Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres la même année, puis Chevalier du Mérite culturel et artistique en 1974. Il reçoit également le Prix Farey-Nivelt en 1988 ainsi que le Prix Fernand-Cormon de la même Fondation en 1991.

La cote des œuvres de Marcel Mouly

Marcel Mouly est un artiste figuratif qui appartient difficilement à un seul mouvement : ses compositions se situent entre le cubisme de Picasso et les couleurs fauvistes de Matisse. Le peintre aime exploiter toutes les nuances de sa palette pour proposer une peinture solaire, vivante et particulièrement forte, sans toutefois renier la forme, laquelle s’illustre dans une composition architecturale qui rappelle alors le vitrail ou les puzzles. Marcel Mouly est aussi un lithographe renommé, en témoigne le premier prix de lithographie qu’il remporte en 1973.Ses estampes sont estimées entre 60 et 200 € en moyenne. Les dessins de Marcel Mouly, au fusain ou à la gouache pour la plupart, sont estimés entre 500 et 3000 €. L’une de ses gouaches Route sous l’orage, estimée entre 2000 et 3000 €, a été vendue 3 500 €. Quant aux peintures de Marcel Mouly, lesquelles sont des huiles ou bien des acryliques sur toile, il faut compter entre 2 000 et 18 000 €. Son huile sur toile Les tulipes (1989), estimée entre 8 000 et 12 000 €, est vendue 12 500 € aux enchères en 2011.
(Illus.) Marcel Mouly – Départ du Grand Port (1997), lithographie sur papier, 21,25 x 31,5 cm

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Bernard Cathelin

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Estimation et cote de l'artiste Bernard Cathelin

Bernard Cathelin (1919-2004) est un peintre, illustrateur et lithographe français né le 20 mai 1919 à Paris. Il est reconnu pour ses tableaux harmonieux réalisés avec seulement quelques tons et de grands à-plats de couleurs vives qui prennent le pas sur la forme. Il est grandement influencé par le Fauvisme, qu’il s’agisse de ses paysages de la Drôme, de ses nus ou bien de ses natures mortes.

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Prix des œuvres de Bernard Cathelin

  • Peinture (huile sur toile / panneau) : entre 100 € et 70 000 €

  • Aquarelle, gouache, encre sur papier (dessins, lavis, pastels) : entre 60 € et 2 500 €

  • Estampe, lithographie, multiples : entre 20 € et 6 000 €

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Bernard Cathelin, formation et premières expositions

Bien qu’il naisse à Paris, la famille maternelle de Bernard Cathelin est originaire de la Drôme, département auquel le peintre restera attaché toute sa vie. Il réalise ses études aux lycées Carnot et Hanson-de-Sailly à Paris, puis au lycée Émile-Loubet de Valence avant d’intégrer l’École nationale supérieure des arts décoratifs de Paris entre 1945 et 1948. Deux ans plus tard, c’est lui qui devient professeur pour préparer au concours d’entrée à l’École nationale des arts décoratifs. Pour cela, il enseigne à l’académie Colarossi et reçoit la même année le prix Blumenthal qui récompense les artistes.En 1951, Bernard Cathelin fait une rencontre importante : celle de Henri Matisse (1869-1954), lequel lui offre des conseils ainsi que des enseignements que le jeune artiste emmènera avec lui tout au long de sa vie. Le style fauviste de Matisse ne fait d’ailleurs que renforcer celui de Cathelin, déjà profondément fauviste dans la palette de couleurs qu’il emploie.

Bernard Cathelin, l'influence des pays visités

Dans les années 1950, Bernard Cathelin se fait connaître au-delà de la France : il expose en Suisse, aux États-Unis, au Canada, en Allemagne et en Chine. Ces expositions sont une occasion pour le peintre de voyager et de découvrir de nouveaux pays à explorer de manière picturale. Si la Drôme est son premier sujet de prédilection, Bernard Cathelin commence à brosser des portraits, des paysages et des bouquets de fleurs relatifs à ces pays. Il représente ainsi le Mexique, l’Inde, le Mexique et surtout, le Japon.C’est en 1973 que Bernard Cathelin découvre pour la première fois le Japon. Le pays l’inspire tant qu’il décide non seulement de le peindre mais aussi de réaliser, plus tard en 1990, six lithographies gigantesques, mesurant pas moins de 2,5 mètres par 1,5 mètre. Le Japon a notamment inspiré Bernard Cathelin dans la composition et l’architecture de ses toiles.

Bernard Cathelin, son amour pour la Drôme

Bernard Cathelin passe chaque année trois mois dans la Drôme, pendant la saison estivale. Son amour pour la région est flagrant puisqu’une grande partie de son œuvre est constituée de paysages de ce département. En 1991, il offre au comité départemental du tourisme de la Drôme une affiche Hommage à la Drôme.En 1994, Bernard Cathelin reçoit une classe entière d’enfants drômois pour leur faire découvrir la peinture et partager son vécu. L’expérience est si bénéfique pour les élèves comme pour l’artiste qu’ils réitèrent cette journée chaque année comme un rituel. En 1996, Bernard Cathelin décide d’ailleurs d’offrir une de ses œuvres à l’école d’Alixan, celle qui a initié cette rencontre des années auparavant, et dont le tableau trône désormais dans le hall.

La cote des œuvres de Bernard Cathelin

L’œuvre de Bernard Cathelin, influencée par le Fauvisme, prend sa source dans les nombreux paysages visités au cours de sa vie. Si la Drôme est un sujet récurrent en raison de l’amour qu’il porte à ce département, c’est le Japon qui inspire beaucoup l’artiste quand il réalise son tour du monde. Il peint alors de grandes lithographies de femmes japonaises ou de compositions florales qui sont, comme ses peintures, très appréciées dans ce pays. Les palettes de Bernard Cathelin, riches en couleurs et en matières, ont fait le succès de l’artiste dans le monde entier, ce qui lui a d’ailleurs valu le titre de Chevalier de la légion d’honneur en 1995, remis par François Mitterrand (1916-1996).Bernard Cathelin a réalisé des dessins et aquarelles qui sont évalués entre 300 et 2 500 €, ainsi que des motifs pour la tapisserie que l’on peut trouver entre 2 500 et 15 000 €. Sa tapisserie Les Deux Indiennes (Le Deux Tarasques) (1974), estimée entre 5 000 et 7 000 €, a été vendue 6 000 €. Les lithographies de l’artiste, déjà plus réputées, sont estimées entre 20 et 6000 €. Quant aux peintures de Bernard Cathelin, lesquelles représentent des paysages, des portraits de femmes et des bouquets à la peinture à l’huile, il faut compter entre 700 et 70 000 € aux enchères. Son huile sur toile Le bouquet sicilien (1960), estimée entre 15 000 et 20 000 €, a été adjugée environ 34 600 € en 2008. Vous souhaitez faire expertiser une œuvre de Bernard Cathelin  et recevoir son estimation ? Faites estimer une œuvre de Bernard Cathelin en quelques clics et recevez une réponse sous quelques jours. C’est gratuit et totalement confidentiel.

(Illus.) Bernard Cathelin Nature morte 

Reconnaître la signature de Bernard Cathelin

Savoir reconnaître la signature de Bernard Cathelin est une étape essentielle pour authentifier une œuvre de cet artiste majeur du XXᵉ siècle, célèbre pour ses compositions colorées, ses portraits stylisés et ses natures mortes empreintes de douceur. Bernard Cathelin signe la plupart de ses toiles, lithographies et dessins de son nom complet « Cathelin », rarement précédé du prénom. Sa signature, souvent placée en bas à droite de l’œuvre, se distingue par une écriture manuscrite droite et allongée, aux lettres capitales nettes et légèrement espacées, exécutée avec assurance. Sur les lithographies originales, notamment celles éditées par Mourlot ou les ateliers de Paris, on retrouve une signature au crayon gras noir ou gris, apposée à la main sous l’image, parfois accompagnée du numéro de tirage. Certaines contrefaçons ou reproductions posthumes peuvent présenter une signature imprimée ou un graphisme trop rigide, sans la spontanéité du tracé authentique de l’artiste. Pour éviter toute confusion, il est recommandé de faire examiner la signature d’un Bernard Cathelin par un expert qualifié. Sur Estimon’Objet, nos spécialistes de l’art moderne et contemporain vous accompagnent dans l’authentification et l’estimation de vos œuvres signées Bernard Cathelin, qu’il s’agisse d’une huile sur toile, d’une lithographie ou d’un dessin original.

Expertise signature Bernard Cathelin
Signature Bernard Cathelin

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Estimation gratuite Joseph Kosuth

Joseph Kosuth

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Joseph Kosuth, un maître de l’art conceptuel

Joseph Kosuth (1945-) est une figure majeure de l’art conceptuel contemporain. Théoricien autant qu’artiste, il a profondément renouvelé la relation entre langage, image et signification à partir des années 1960. Ses œuvres, souvent composées de textes, néons et documents, interrogent la nature même de l’art et de la pensée. Aujourd’hui exposé dans les plus grandes institutions, Kosuth est considéré comme un pionnier incontournable du conceptualisme, et ses créations attirent l’attention des collectionneurs et des amateurs d’art contemporain du monde entier.

Estimation gratuite Joseph Kosuth

Prix des œuvres de Joseph Kosuth

  • Œuvres au néon - entre 10 000 € et 250 000 €

  • Photographies et documents conceptuels - entre 3 000 € et 50 000 €

  • Installations textuelles et œuvres uniques - entre 30 000 € et 400 000 €

 

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Formation et débuts de l'artiste Joseph Kosuth

Entre 1955 et 1962, Joseph Kosuth étudie au Toledo Museum School of Arts, avant de poursuivre sa formation au Cleveland Art Institute, puis au sein de la School of Visual Arts de New York entre 1965 et 1967. A vingt ans seulement, il réalise One and Three Chairs (« Une et trois chaises », 1965, Centre Pompidou), une installation qui associe une chaise en bois à sa photographie et à sa définition issue du dictionnaire. Fondatrice de l’art conceptuel, cette réalisation permet d’approcher un objet par trois biais différents, afin d’en exprimer le concept. L’année suivante, Marcel Duchamp – une semaine avant sa mort – fait accorder à Joseph Kosuth une bourse de la Cassandra Foundation. Joseph Kosuth approfondit par la suite ses recherches sur les rapports unissant art, langage et philosophie. Il participe au journal Art-Language (fondé par le groupe Art & Language réunissant les artistes Michael Baldwin, Terry Atkinson, Harold Hurrell et David Bainbridge) et en devient l’éditeur américain. En 1971, Joseph Kosuth étudie la philosophie et l’anthropologie à la New School for Social Research de New York.

L’Art après la philosophie : vers une théorie de l’art contemporain

Mais dès 1969, il aura donné un fondement théorique à l’art conceptuel dans l’important article L’Art après la philosophie (« Art after philosophy » I et II). Constatant d’abord que la philosophie du XX° siècle, après Hegel, s’est bornée à paraphraser sa propre histoire et ses propres fondements, échouant à appréhender la « chose en soi » et l’indicible, Joseph Kosuth postule qu’elle se voit désormais remplacée par l’art, tel qu’il est envisagé depuis Marcel Duchamp – c’est-à-dire par l’art conceptuel (« tout l’art après Duchamp est conceptuel »). Conçue comme une prospective, l’activité artistique doit suivre la voie analytique en abandonnant l’approche esthétique. Les considérations esthétiques étant toujours étrangères à la fonction ou à la « raison d’être » d’un objet, Joseph Kosuth estime « nécessaire de distinguer l’esthétique de l’art parce que l’esthétique porte sur des opinions relatives à la perception du monde en général. Par le passé, l’un des deux axes de la fonction de l’art était sa valeur décorative. Aussi, toute branche de la philosophie qui traitait du « beau », et donc du goût, se devait par la même occasion de débattre de l’art. C’est de cette « habitude » qu’est née l’idée selon laquelle il existerait un lien conceptuel entre art et esthétique, ce qui est faux. » La position analytique de Kosuth implique que toute œuvre présentée dans un contexte artistique constitue un commentaire sur l’art – mais aussi, par conséquence, sur le langage et la pensée. Dans la lignée de Duchamp et de sa fameuse Fontaine (1917), Joseph Kosuth élargit le domaine d’application de l’art (tout objet peut y être inclus), ainsi que son rôle. La conclusion de l’article ne laisse planer aucun doute sur cette ambition : « l’art présente des similitudes avec la logique, les mathématiques, mais aussi avec la science. Mais, alors que ces autres disciplines sont utiles, l’art, lui, ne l’est pas. L’art, en effet, n’existe que pour lui-même. Dans cette période de l’humanité, après la philosophie et la religion, il se pourrait que l’art constitue une tentative pour satisfaire ce qu’on aurait jadis appelé « les besoins spirituels de l’homme ». La seule revendication de l’art, c’est l’art. L’art est la définition de l’art. » « Art as art » devient en quelque sorte la devise de Joseph Kosuth.

L’art de Joseph Kosuth : son évolution, ses différentes facettes

Conscient de la nature tautologique de cette proposition, Joseph Kosuth, dans ses réalisations, tend à réduire la place de l’objet artistique au profit de ce qu’il donne à percevoir, à penser, à provoquer. Art as Idea as Idea (1966) prend la forme d’un simple texte proposant la définition du mot… définition. D’abord chantre de l’installation, Kosuth passe ensuite à des techniques plus abstraites, faisant un large usage du néon : Four colours Four Words (1966) décline les quatre mots du titre en néons de quatre couleurs (rouge, indigo, vert, bleu). Les références littéraires abondent, élargissant le champ de l’imaginaire et celui de l’analyse : Quoted Use #2, Samuel Beckett’s Telephone (1964) présente un téléphone en bakélite dont le silence évoque l’écriture de Samuel Beckett ; Nineteen Eighty-Four (Orwell) #1 donne à lire – en néon bleu – les mots « Any message ? », en référence au célèbre 1984 de George Orwell, anticipation d’une société totalitaire basée sur la transparence (le même tableau sera décliné en diverses langues et divers coloris). Quant à Information room (Special investigation), datée de 1970, il s’agit de l’un des premiers exemples d’installations interactives, offrant l’aspect d’un bureau couvert de livres et de journaux, où le visiteur est invité à s’installer afin de poursuivre ses propres recherches.

L’estimation des œuvres de Joseph Kosuth

La cote d’un artiste vivant est sujette à des variations inattendues et à une évolution rapide. Joseph Kosuth ayant utilisé une infinité de médiums et de formats (du simple encart à toute une salle aménagée), le prix de ses œuvres varie à l’avenant. On peut trouver un Ex libris de Joseph Kosuth à 500€, mais ses lithographies (ou œuvres reproductibles) peuvent atteindre les 150 000€. Pour une photo, il faut compter entre 350 et 120 000€, et ses sculptures peuvent atteindre les 200 000€.

(Illus.) Joseph Kosuth

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