Estimation gratuite Jean Touret

Jean Touret

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Estimation et cote de Jean Touret et des Artisans de Marolles

Vous possédez une table en chêne sculpté, une enfilade, un bureau, un banc ou des sièges des Artisans de Marolles et souhaitez en connaître la valeur ? Créé en 1950 sous la direction artistique de Jean Touret, ce collectif a développé un mobilier immédiatement reconnaissable, associant le chêne massif travaillé à la main au fer forgé. Aujourd’hui très recherchées, les pièces les plus rares peuvent dépasser 100 000 euros.

Spécialiste de l’expertise et de l’estimation d’objets d’art et de collection, Estimon’objet vous accompagne dans l’identification et l’évaluation de votre mobilier de Jean Touret ou des Artisans de Marolles. Transmettez-nous vos photographies pour obtenir une première estimation confidentielle.

Estimation gratuite Jean Touret

Prix des œuvres de Jean Touret et des Artisans de Marolles

  • Tables et bureaux : de 1 500 à plus de 43 000 euros

  • Buffets et enfilades : de 3 000 à plus de 100 000 euros

  • Chaises, tabourets, bancs et banquettes : de 400 à plus de 13 000 euros

  • Luminaires et objets en fer forgé : de 300 à plus de 8 000 euros

  • Panneaux sculptés et objets décoratifs : de 500 à plus de 10 000 euros

Pour obtenir une première estimation, transmettez à Estimon’objet des photographies nettes de l’ensemble du meuble, de ses côtés, de son plateau, de son piètement et de son revers. Ajoutez des vues rapprochées des assemblages, du travail du bois, des éléments en fer forgé et des éventuelles marques apposées sous le plateau, au dos ou à l’intérieur du meuble. Les dimensions exactes, le poids lorsqu’il peut être relevé, ainsi que toute information relative à l’origine de la pièce, à son acquisition ou à ses restaurations sont également précieux.

Nos experts étudient la forme du meuble, l’essence de bois, les traces laissées par la gouge ou l’herminette, la patine, les ferrures et la cohérence de la construction. Ils cherchent également à distinguer les créations conçues sous la direction de Jean Touret entre 1950 et 1964 des productions postérieures réalisées à Marolles. Estimon’objet, partenaire privilégié pour l’expertise et l’estimation de vos objets d’art et de collection, vous communique ensuite un avis argumenté sur l’identification, la période et la valeur de votre œuvre.

La cote de Jean Touret et des Artisans de Marolles

Le marché de Jean Touret connaît une progression importante, portée par la redécouverte du mobilier artisanal français de l’après-guerre. Les collectionneurs privilégient les modèles à la construction puissante, les surfaces entièrement façonnées à la main, les pièces bien documentées et le mobilier conservant sa patine d’origine.

La cote des tables et des bureaux

Les tables de Jean Touret et des Artisans de Marolles figurent parmi les créations les plus emblématiques du collectif. Elles associent fréquemment un épais plateau de chêne sculpté à un piètement en fer forgé noirci. Les décors dits « nid d’abeilles », obtenus par un travail répété à la gouge ou à l’herminette, sont particulièrement recherchés.

En mai 2026, une grande table des Artisans de Marolles du début des années 1960, portant la marque « Marolles » accompagnée de l’éléphant, a atteint 43 750 euros, frais compris, à Clermont-Ferrand. En novembre 2021, une table rectangulaire en chêne clair au plateau travaillé en nid d’abeilles, attribuée à Jean Touret après authentification, a été vendue 38 440 euros, frais compris, à Tours. Lors de la même vacation, un bureau à caissons a obtenu 23 560 euros.

La cote des buffets et des enfilades

Les buffets et enfilades de Marolles séduisent par leur architecture sobre, leurs façades sculptées et leurs imposantes poignées en fer forgé. Les exemplaires de grandes dimensions, issus de la période dirigée par Jean Touret et conservés dans un bon état, atteignent aujourd’hui les prix les plus élevés.

En mars 2026, une exceptionnelle enfilade en chêne dont toute la surface avait été travaillée à la gouge a été adjugée 101 543 euros, frais compris, à Paris, établissant alors un record pour un meuble du collectif. En février 2024, une autre enfilade aux façades sculptées en nid d’abeilles avait atteint 60 000 euros, frais compris, à Blois. Un modèle datant des environs de 1960, marqué deux fois du nom de Marolles et de l’éléphant, avait auparavant été vendu 29 760 euros à Tours en novembre 2021.

La cote des sièges, luminaires et objets décoratifs

Les chaises, tabourets, bancs et banquettes présentent une cote très variable. La valeur dépend du nombre d’éléments, du modèle, du matériau et de la présence d’un décor sculpté ou d’un piètement en fer forgé. Les ensembles complets et homogènes sont généralement mieux valorisés que les sièges isolés.

Les luminaires, panneaux sculptés, chenets et objets décoratifs permettent d’aborder l’univers de Marolles à des prix parfois plus accessibles. Six panneaux en bois sculpté ont ainsi été vendus 3 500 euros hors frais à Orléans en 2017. Certaines productions postérieures à 1964 peuvent également atteindre des résultats élevés : un banc attribué à Claude Lézé, qui appartient à l’histoire plus tardive de l’artisanat de Marolles mais non à la période dirigée par Jean Touret, a obtenu 13 440 euros à Blois en mai 2022.

Comment reconnaître un meuble de Jean Touret et des Artisans de Marolles ?

Les créations conçues sous la direction de Jean Touret reposent sur un vocabulaire volontairement simple et robuste, inspiré des formes du mobilier rural. Le chêne massif est fréquemment employé sous forme de plateaux épais, de façades puissantes ou de montants largement dimensionnés. L’artiste et les artisans recherchent la présence naturelle du matériau plutôt qu’une finition parfaitement uniforme.

La surface du bois constitue un indice essentiel. Elle peut être animée de profondes traces de gouge, d’un décor en nid d’abeilles ou d’un effet de bois arraché révélant les fibres. Ces irrégularités sont le résultat d’un travail manuel et ne doivent pas être confondues avec des dégradations. Les piètements, poignées, charnières et autres éléments en fer forgé noirci créent souvent un contraste marqué avec le chêne clair.

La construction privilégie les assemblages solides et les silhouettes archétypales : tables à épais plateaux rectangulaires, enfilades basses, coffres, bancs et sièges à l’apparence volontairement primitive. Le poids du meuble, la cohérence des assemblages, l’usure naturelle et l’oxydation ancienne du métal doivent néanmoins être examinés conjointement. Une apparence rustique ne suffit pas à garantir une attribution.

Reconnaître les marques des Artisans de Marolles

Les meubles peuvent porter une marque au fer telle que « MAROLLES » ou « MAROLLES MADE IN FRANCE ». À partir de la création du label en 1959, certains exemplaires présentent également le nom de Marolles accompagné d’un éléphant stylisé. Ces estampilles se trouvent généralement sous le plateau, au revers du meuble, à l’intérieur d’une porte ou sur une partie peu visible de la structure.

Toutes les pièces authentiques ne sont cependant pas marquées. Certains meubles anciens ont perdu leur étiquette ou n’ont jamais reçu d’estampille. Inversement, la présence du seul nom de Marolles ne prouve pas que le modèle a été dessiné par Jean Touret : après son départ de la direction artistique en 1964, plusieurs artisans ont poursuivi leur activité et développé d’autres créations. L’étude de la forme, des matériaux, de la provenance et de la période reste donc indispensable.

Expertise meuble Jean Touret les artisans de Marolles

Mobilier de Jean Touret : ce que regardent nos experts

Pour identifier un meuble de Jean Touret ou des Artisans de Marolles, Romain Coulet, expert spécialisé dans les arts du XXe siècle et le design, examine d’abord l’essence et l’ancienneté du bois. Les marques d’outils, la profondeur du décor, les assemblages et la patine permettent de déterminer si le meuble présente un véritable travail artisanal d’époque.

L’analyse porte ensuite sur le fer forgé, son mode de fabrication, son oxydation et sa fixation sur le meuble. Les dimensions sont rapprochées des modèles répertoriés, tandis que les estampilles et documents de provenance sont étudiés avec prudence. Cette approche permet notamment de différencier une création réalisée sous la direction de Jean Touret, une production postérieure de l’artisanat de Marolles et un meuble simplement conçu « dans le goût de » cet ensemble.

Jean Touret, du village de Marolles à la sculpture monumentale

Jean Touret naît le 7 avril 1916 à Lassay-les-Châteaux, en Mayenne. D’abord attiré par la peinture, il est fait prisonnier pendant la Seconde Guerre mondiale et passe cinq années en Allemagne. Dans la région forestière de l’Erzgebirge, il travaille comme bûcheron et développe une connaissance directe du bois. Après la guerre, il s’installe avec son épouse à Marolles, près de Blois, où il rencontre les artisans locaux.

En 1950, il fonde les Artisans de Marolles et en devient le directeur artistique. Le groupe réunit notamment des menuisiers, un ferronnier, un vannier et un potier autour d’un projet à la fois artistique, économique et humain. Touret conçoit des formes modernes inspirées du mobilier rural, tandis que les artisans mettent leur savoir-faire au service du chêne, du fer, de la céramique et de la vannerie. Le collectif se fait connaître grâce à la boutique Primavera et présente une importante exposition au château de Blois en 1958. En 1959, l’association devient les Artisans de Marolles et du Loir-et-Cher et se dote d’un label.

Jean Touret quitte la direction artistique du collectif en 1964 afin de se consacrer pleinement à la sculpture. À partir de 1971, son fils Sébastien travaille à ses côtés. L’artiste réalise de nombreuses œuvres religieuses et monumentales, dont le maître-autel en bronze installé en 1981 dans la cathédrale Notre-Dame de Paris. Jean Touret meurt en 2004, laissant une œuvre située à la rencontre du design français d’après-guerre, de l’artisanat et de la sculpture sacrée.

Avant toute estimation, évitez de poncer, décaper ou revernisser un meuble des Artisans de Marolles. Une restauration trop importante peut effacer les traces d’outils, modifier la teinte du chêne et réduire la valeur de la pièce. Ne nettoyez pas non plus les ferrures avec des produits abrasifs : leur patine et leur oxydation peuvent constituer des indices utiles.

Photographiez le meuble avant toute intervention, en insistant sur le dessous, les assemblages et les marques. Conservez également les factures anciennes, photographies de famille, correspondances ou documents liés à la commande. Une provenance établie peut faciliter l’attribution et renforcer sensiblement la valeur d’un modèle rare.

Vous pensez posséder une table de Jean Touret, une enfilade des Artisans de Marolles, un bureau, un siège ou un objet en fer forgé ? Adressez vos photographies et vos informations à Estimon’objet pour recevoir une première estimation.

Grâce à son réseau de spécialistes du mobilier et du design du XXe siècle, Estimon’objet est votre partenaire privilégié pour l’expertise, l’authentification et l’estimation de vos objets d’art et de collection. Notre équipe vous accompagne de manière confidentielle, de l’identification initiale jusqu’à la valorisation de votre œuvre.

En lien avec Jean Touret

Estimation d’objet d’art en ligne : comment faire ?

L’expertise en ligne de votre objet se fait facilement, en trois étapes ! C’est gratuit et confidentiel.

Les ventes rendues possibles par Estimonobjet — Design

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Pierre JEANNERET (1896-1967) Rare bibliothèque Teck, placage de teck, verre, fer, aluminium Portant l’inscription books for sale, en haut du meuble 18

💰 Adjudication :
68 000 €

🔎 Estimation :
70 000 € - 90 000 €

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Sheila HICKS (1934) Sans titre, circa 1976 Tapisserie en coton et lin montée sur un châssis bois Signée Sheila Hicks et située Paris sur l’envers ains

💰 Adjudication :
67 000 €

🔎 Estimation :
20 000 € - 30 000 €

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Pierre JEANNERET (1896-1967) Table éclairante dite Library table Teck, placage de teck, tôle de métal, verre 112 x 247 x 125 cm. Circa 1963 Illuminat

💰 Adjudication :
57 000 €

🔎 Estimation :
60 000 € - 80 000 €

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Ado CHALE (1928) Table dite Goutte d’eau Bronze, métal
Signée
43 x 150 x 75.5 cm. Circa 1970 Goutte d’eau low table Bronze, painted steel 16.93 x 59

💰 Adjudication :
46 000 €

🔎 Estimation :
30 000 € - 40 000 €

Estimation gratuite Ossip Zadkine

Ossip Zadkine

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Estimation et cote de l'artiste Ossip Zadkine

Découvrez le parcours d’Ossip Zadkine, le grand sculpteur avant-gardiste franco-russe du Paris de l’entre-deux guerres. Besoin d’une expertise concernant Ossip Zadkine ? Contactez l’équipe d’Estimonobjet !

Estimation gratuite Ossip Zadkine

Vous souhaitez  expertiser une œuvre d’Ossip Zadkine et recevoir son estimation ? Remplissez votre demande via notre formulaire. Faites estimer une œuvre d’Ossip Zadkine en quelques clics et recevez une réponse sous quelques jours. C’est gratuit et totalement confidentiel.

Les débuts de sculpteur d’Ossip Zadkine entre l’Angleterre et la France

 

Ossip Zadkine est né en 1890 à Vitebsk, actuelle Biélorussie, et grandit à Smolensk où son père est professeur de lettres classiques. Sa mère est d’origine écossaise. Déjà, le petit Zadkine dessine à tout va, et s’amuse avec la terre glaise pour réaliser des sculptures. En 1905 on l’envoie à Sunderland (nord de l’Angleterre) chez son oncle afin qu’il étudie l’anglais. Il s’inscrit aux cours du soir prodigués par l’Art School locale, et dès 1906, part pour Londres, sans l’assentiment parental. Il y travaille en taillant des ornements de meubles et de lutrins, et en 1907, il s’inscrit à l’école polytechnique de Regent Street où il suit les cours du soir. Il hante les couloirs du British Museum et s’inscrit en 1908 à l’Arts and crafts school. Sa vocation est née. 

Réconcilié avec ses parents après un voyage en Russie, il s’installe à Paris en 1910, où il suit durant six mois l’enseignement trop académique pour lui du sculpteur Jean-Antoine Injalbert. Désireux de simplifier les formes, comme ses confrères Modigliani, Archipenko ou Brancusi, Zadkine cherche sa voie. Elle sera influencée par le cubisme mais s’en distinguera à bien des égards. Il s’installe dans un atelier de la Ruche en 1910. 

Ossip Zadkine dans le Paris des avant-gardes

 

Dès 1911, Zadkine expose au Salon des Indépendants et au Salon d’Automne. En 1912, il s’installe dans son propre atelier, rue de Vaugirard. Il fréquente la Closerie des Lilas, Le Dôme et la Rotonde, et y côtoie le tout-Paris, Apollinaire, Max Jacob, Marie Laurencin, Matisse, Picasso, Delaunay, Blaise Cendrars ou encore Jacques Lipschitz. Jusqu’à l’orée de la guerre il fréquente les salons artistiques et intellectuels, comme celui de la baronne d’Oettingen, et il expose dans les grands rendez-vous parisiens, Salon d’automne en tête. Il change d’atelier, commence à vendre ses sculptures. Zadkine est un adepte de la sculpture en taille directe, la manière la plus ancestrale de sculpter, qui répond aux formes archaïques qu’il à coeur de remettre en vogue, tant leur simplicité et leur efficacité l’émeuvent. 

Cet élan créatif est ébranlé par la guerre : Zadkine s’engage, et devient infirmier-brancardier. Gazé, il sera réformé en 1917. De cette sombre expérience, il rentre avec des fusains exécutés rapidement, dont il tire vingt gravures. Il présente ses dessins de guerre accompagné de Modigliani et Kisling en 1918.

Ossip Zadkine et l’heure des grands succès

Zadkine tient enfin sa première exposition personnelle en 1919. Elle a lieu à Bruxelles, à la galerie Le Centaure. Il expose aussi dans son propre atelier un peu plus tard, fin 1919. Cette année marque son mariage avec Valentine Prax, une jeune peintre, voisine d’atelier. Une autre rencontre marque sa carrière et sa vie : celle d’André de Ridder, critique qui le suivra toujours. Dès cette époque, Zadkine expose et connaît le succès. Jean Cassou puis Maurice Raynal le repèrent très vite et publient sur lui des articles élogieux. Il expose en France, aux Pays-Bas, en Belgique, aux Etats-Unis, au Japon, en Italie ; sa carrière se déploie tout au long des années 20 pour prendre une envergure internationale. 

Entre 1921 et 1925, le sculpteur propose un art dont les lignes se rigidifient et s’aiguisent, orientées par le cubisme de Braque et Picasso. Mais bientôt, elles reprennent leur souplesse, chères à Zadkine, qui n’est d’aucun bord artistique, sinon le sien propre ; son oeuvre se rapproche de celle d’autres sculpteurs de l’époque, Lipschitz, Archipenko, Brancusi, sans toutefois le céder à un art personnel et toujours identifiable, passant de la figuration à l’abstraction en toute liberté. À cette époque il se détache de l’unique taille directe pour le bronze (coulage) et le plâtre, qui diversifie son approche plastique. 

En 1928 il installe son atelier rue d’Assas. Zadkine est partout, Bruxelles, Menton, l’Angleterre, il répond aux innombrables commandes et participe à de multiples expositions, dont, en 1930 l’exposition de l’art Club de Chicago, où il exposera avec Valentine Prax en 1931 après un voyage en Grèce qui sera pour le couple une source d’inspiration. Entre autres.

Le couple s’installe bientôt aux Arques, dans le Lot, en 1934. Jusqu’au début de la seconde Guerre Mondiale, Zadkine voyage, expose (Manchester, Chicago, New-York, le Petit-Palais) mais en 1941, il doit s’exiler pour fuir le nazisme et part aux Etats-Unis. 

Le temps de l’exil et de l’enseignement

 

Zadkine donne des leçons à l’Arts Student League de New-York. Il sculpte peu, mais présente des dessins à la Galerie Wildenstein et à la Galerie Pierre Matisse, où il renoue avec d’autres français en exil, Chagall, Léger, Lipschitz. Il expose aussi, entre autres, à la galerie Bignou de New-York, à l’Arts Club de Chicago. Puis il rentre à Paris en 1945, et enseigne à la Grande Chaumière. Il travaille au projet de La Ville détruite, inspiré par les destructions de la guerre, qui sera inauguré à Rotterdam en 1953. 

En 1949, le Musée National d’art Moderne de Paris lui dédie une grande rétrospective, et en 1950, à la Biennale de Venise, il obtient le Grand Prix. Les hommages (publications et expositions) à son travail de sculpteur hors-norme ne se comptent plus. Il continue à exposer ses nouveautés, souvent monumentales désormais, et se dit toujours en quête d’un art qui corresponde à ses émotions et pensées, à sa réception du monde. 

En 1962, il commence la rédaction de ses mémoires, Le Maillet et le ciseau. Il songe à ouvrir une fondation, et en 1964 le premier catalogue raisonné de ses oeuvres est publié : Zadkine est prêt pour la postérité. À sa mort en 1967, il laisse deux lieux, son atelier de la rue d’Assas et sa maison du Lot. Les deux seront transformés en musées. 

L’estimation des oeuvres d’Ossip Zadkine

 

Récemment, le record pour une sculpture de Zadkine a été atteint à Londres en 2017, pour un résultat de 768 900 euros (hors frais), remporté par une tête de Bouddha en bronze datée de 1919 (35 cm de hauteur). Les prix varient beaucoup, entre le record cité et certaines oeuvres e dépassant pas les 1000 euros, selon le matériau, la taille, la date d’exécution et la qualité de l’oeuvre. 

 

Les plus beaux dessins des années 20 tournées vers le cubisme (techniques mixtes en couleurs) peuvent atteindre les 50 000 euros, plus généralement situés entre 10 000 et 25 000 euros, tandis que les esquisses au fusain, à l’encre de chine ou au crayon de couleur ne dépassent pas les quelques milliers d’euros d’estimation. 



Faites estimer une œuvre d’Ossip Zadkine

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(Illus.) Ossip Zadkine, Lotophage, 1961-62, bronze, Tel Aviv Museum of Art.

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Estimation d’objet d’art en ligne : comment faire ?

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Estimation gratuite Paco Durrio

Paco Durrio

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Estimation et cote de l'artiste Paco Durrio

Redécouvrez la vie et l’oeuvre de Paco Durrio, le sculpteur préféré de Paul Gauguin et Pablo Picasso. Besoin d’une expertise concernant Paco Durrio ? Contactez l’équipe d’Estimonobjet !

Estimation gratuite Paco Durrio

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Paco Durrio, des débuts basques au Paris de Gauguin

Francisco Durrio de Madron est né à Valladolid en 1868 dans une famille de vanniers. Jusqu’en 1881, il étudie à la Escuela de Artes y Oficios de Bilbao, dans l’atelier d’Antonio Lecuona, avant de rejoindre l’Académie des Beaux-Arts de San Fernando à Madrid, où il se forme à la sculpture avec Justo de Gandarias. 

En 1884, une bourse en poche, il part s’installer dans le Paris des post-impressionnistes. Il y rencontre Paul Gauguin, de retour de Tahiti, avec lequel il noue une amitié étroite, passée à la postérité dans les écrits de Charles Morice, ami de Gauguin et théoricien symboliste. Ils partagent un atelier avec Alphonse Mucha. Durant cette période, le peintre réalise un portrait de la mère de Durrio, que celui-ci conservera avec ferveur. Puis Gauguin part. À la liquidation de son atelier en 1895 pour son départ définitif aux Marquises, c’est Durrio qui sera chargé de disperser les oeuvres ou de les conserver, et il récupérera aussi des moules de sculptures du maître de Pont-Aven, en éditera un certain nombre avec Ernest Chaplet, grand céramiste qui forma Gauguin et Durrio à son art, avant de poursuivre seul ce travail à la mort de Chaplet en 1909 ; il produira alors des éditions en grès. Gauguin, aux Marquises depuis cinq ans, réalise un portrait fameux de Paco Durrio à la guitare sur fond orange, en souvenir de leur amitié (voir photo). Durrio sera également l’exécuteur testamentaire de Gauguin.

En 1892, trois ans avant le départ de Gauguin, Paco Durrio change toutefois d’atelier pour rejoindre les autres espagnols de Montmartre, ses amis les peintres Ignacio Zuolaga et Pablo Uranga.

Paco Durrio et son art, la sculpture et le bijou

L’univers de Paco Durrio est durablement marqué par l’Art Nouveau, l’orientalisme, certains artistes comme Odilon Redon et Francisco de Goya, mais aussi et surtout par Paul Gauguin. Il mentionnera l’importance de Gauguin pour l’art du XXe siècle en 1905 dans le numéro spécial d’été du Mercure de France. 

Entre symbolisme, onirisme et formes simplifiées façon avant-garde, Paco Durrio créée des sculptures et des céramiques qui peuvent s’apparenter aux divinités inventés par Gauguin à Tahiti. Travaillant le bois, la pierre et les incrustant de pierres précieuses, la sculpture de Paco Durrio est innovante, souvent au carrefour entre nature, abstraction et anthropomorphisme. 

Ses bijoux le sont aussi, inspirés à la fois des formes antiques et organiques, mais résolument tournés vers l’avenir et la simplification de la forme qui caractérisera les avant-gardes parisiennes. En 1894, il présente son travail chez Le Barc de Boutteville à Paris et rencontre un franc succès, qui se renouvellera au cours du temps, notamment en 1900 à l’occasion de l’exposition d’art moderne de Bilbao, ou encore en 1925, lors de l’exposition internationale des Arts Décoratifs à laquelle il participera.

Paco Durrio, Pablo Picasso et Julio Gonzalez

En 1901, Paco Durrio s’installe dans un atelier du Bateau-Lavoir. Il y reçoit notamment ses compatriotes, qui arrivent d’Espagne sans savoir où loger. Passeront chez lui Julio Gonzalez, futur collaborateur dans la création de bijoux, Pablo Picasso, jeune prodige à qui Paco Durrio laissera son atelier en 1904 pour aller s’installer ailleurs, trouvant finalement son nouvel atelier impasse Girardon. Il reçut aussi au bateau-lavoir Pablo Gargallo, le sculpteur, ou ses amis basques de Montmartre, Uranga et Francisco Iturrino. 

Paco Durrio rencontre Apollinaire dans cette ambiance bohème de Montmartre où les artistes préparent les révolutions picturales à venir, notamment le cubisme, par Picasso et Georges Braque. Sa grande collection d’oeuvres laissée par Gauguin attire les intellectuels et les peintres de Montmartre.

Paco Durrio, une fin de carrière minée par la pauvreté

Paco Durrio continue sa carrière de sculpteur, céramiste et orfèvre. Il apprend la céramique à Picasso, collabore avec lui, ainsi qu’avec Julio Gonzalez, avec lequel il partage une fonderie pour  réaliser bijoux et sculptures dans les années 1908-1918. Pourtant, contrairement à ses deux amis espagnols, le succès public n’est pas au rendez-vous. 

Après la guerre, il répond à un concours organisé par Clémenceau, qui souhaitait faire édifier un Temple de la Victoire dans Paris ; en 1920, Durrio présente son projet au Salon d’Automne. Il reçoit a légion d’honneur en 1922, et l’Etat achète la maquette en 1925. Elle sera détruite dans les bombardements de 1944. La carrière de Paco Durrio est jalonnée par la réalisation de grands monuments qui lui permettent de vivre : la tombe de la famille de son ami artiste Echevarrieta, ou encore le Monument au musicien Crisostomo Arriaga réalisé à Bilbao entre 1906 et 1933. Malgré ces grandes réalisations, Paco Durrio survit difficilement.

La seule vraie richesse de Durrio est sa collection de toiles, dessins et sculptures laissée par son ami Gauguin, très convoitée par les esprits éclairés de Paris, mais jamais il ne souhaita vendre ces précieuses oeuvres. Cependant un hôte peu scrupuleux les lui déroba, et Paco Durrio dut les racheter au brocanteur chez qui les toiles avaient été négociées par le voleur. 

Durrio, dont les oeuvres ne se vendaient pas bien, dut se résoudre peu à peu à changer de métier pour survivre, et se fit conseiller et courtier ; il orientait les achats des riches familles qui se lançaient dans la collection d’oeuvres d’art. 

En 1939, trop pauvre pour payer son loyer, il est obligé de quitter Montmartre. En 1940, il meurt ruiné à l’hôpital. 

L’estimation des oeuvres de Paco Durrio

Les oeuvres de Paco Durrio sont extrêmement rares sur le marché de l’art. Récemment, en 2019, une petite céramique, « le Cygne », 38 x 36 x 26 cm, s’est vendue à Paris pour 26 000 euros. Les céramiques plus petites encore se vendent autour des 5 000 à 15 000 euros pièce. Ses bijoux en bronze sont estimés, pour les pendentifs, dans une fourchette située entre 4 000 et 5 500 euros. Tout dépend de la matière, de la taille, du style et de l’état de conservation. 

Faites estimer une œuvre de Paco Durrio

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(Illus.) Paul Gauguin, Le joueur de guitare (portrait de Paco Durrio), vers 1900, huile sur toile, 90 x 72 cm, collection particulière, Londres.

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Estimation gratuite Germaine Richier

Germaine Richier

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Estimation et cote de l'artiste Germaine Richier

Germaine Richier (Grans, 1902 – Montpellier, 1959) est une sculptrice française d’origine provençale, dont les créations polymorphes ont ouvert la voie à ses consoeurs Niki de Saint Phalle et Louise Bourgeois.

Estimation gratuite Germaine Richier

Prix des oeuvres de Germaine Richier

  • Scuptures - entre 200 € et 2 400 000 €

  • Estampes - entre 100 € et 2 500 €

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Formation de Germaine Richier

Dès 1920, Germaine Richier entre à l’École supérieure des Beaux-Arts de Montpellier, où elle apprend la technique de la taille directe et produit surtout des bustes. Elle y remporte le premier prix de sculpture avec Jeunesse (œuvre détruite – les premiers ouvrages conservés de Richier datent de 1938). Ce qui lui vaut d’être accueillie en 1926 par le sculpteur Antoine Bourdelle (qui n’a pas d’autre élève particulier) dans son atelier parisien de l’avenue du Maine, où Richier reste en formation jusqu’au décès du maître, en 1929.  De Bourdelle, Germaine Richier apprend la technique de la triangulation, qui consiste à prendre sur le modèle vivant des repères osseux permettant de quadriller l’ensemble du corps et de reporter ce réseau de lignes sur la forme en terre, sans passer par des études préliminaires. Germaine Richier travaille et étire la glaise, la superpose en couches puis la déchire et la transperce à l’aide d’outils qu’elle nomme épées, afin de donner un « aspect changeant et vivant à ces formes déchiquetées. Les trous, les perforations éclairent la matière qui devient organique et ouverte ; c’est par là que la lumière passe. »

Germaine Richier dans l’ombre de la guerre

En 1929, Germaine Richier épouse le sculpteur suisse Otto Bänninger, metteur en place de Bourdelle, et s’installe avec lui dans un grand atelier du XIV° arrondissement de Paris. Elle prend des élèves, monte des expositions : en 1934 dans la galerie de Max Kaganovitch (où elle révèle notamment l’homme en bronze dit « Loretto », sa première figure conservée) ; au Musée du Jeu de paume en 1937. Germaine Richier reçoit la médaille d’or universelle pour Méditerranée, une œuvre exposée dans la pavillon Languedoc de l’Exposition universelle de 1937. Elle devient une figure incontournable du mouvement artistique de Montparnasse. Lorsque déclare la Seconde Guerre mondiale, Germaine Richier se réfugie avec son époux en Suisse, à Zurich, où elle retrouve un certain nombre d’artistes expatriés (Giacometti, Marini, Arp). Le succès de Germaine Richier ne se dément pas : on lui réclame des cours, lui propose des séances de pose, etc. Son style évolue vers une expressivité plus tourmentée et les premiers animaux apparaissent (Le Crapaud, 1940, suivi, en 1946, de L’Araignée). 

Germaine Richier et l’expression de la nature

Si la figure humaine reste le principal sujet d’inspiration de Germaine Richier, elle se plaît désormais à l’intégrer à la nature, allant jusqu’à greffer des branches et feuilles dans les modèles en bois, terre et plâtre, dont les reliefs restent apparents après la fonte (L’Homme-forêt grand, 1948). En octobre 1946, Germaine Richier et son époux reviennent à Paris ; elle réintègre l’atelier de l’avenue de Châtillon, fréquente à nouveau les intellectuels de la Rive gauche : Nathalie Sarraute, Colette, Jean Paulhan, Marcel Arland. Des créations hybrides naissent alors, dans lesquelles Richier intègre des fils tendus, de façon à en souligner et dynamiser la forme. La Chauve-souris puis la série des Don Quichotte (1949) sont conçues grâce à l’usage de la filasse et du plâtre. La récupération d’éléments naturels se diversifie, des morceaux de brique et des galets inspirent des formes qui mêlent abstraction et silhouettes humanoïdes (Le Berger des Landes, 1951) ou insectoïdes.

Le Christ de Germaine Richier

C’est alors que Germaine Richier est sollicitée pour participer à la décoration de la nouvelle église Notre-Dame-de-Toute-Grâce du plateau d’Assy, construite de 1937 à 1946 par Maurice Novarina, et à laquelle les plus grands artistes contemporains (Pierre Bonnard, Fernand Léger, Henri Matisse, George Braque, Georges Rouault, Jean Lurçat, etc.) ont apporté leur contribution. Germaine Richier reçoit la commande d’un christ en croix devant être installé derrière le maître-autel – figure émaciée, tendue et scarifiée, au bronze non patiné, aux formes saillantes et déchiquetées. Bien que d’abord accepté sans réserve, le Christ d’Assy provoque l’ire des catholiques intégristes et doit être décroché en 1951 – il sera cependant réinstallé en 1969 et classé monument historique deux ans plus tard. 

Dernières années de Germaine Richier

A partir de 1951, Germaine Richier intègre la couleur à ses bronzes : le fond de La Ville (1951) est peint par Vieira da Silva, celui de La Toupie (1952) par Hans Hartung. « J’ai commencé à introduire la couleur dans mes statues en y incrustant des blocs de verre colorés où la lumière jouait par transparence. Ensuite, j’ai demandé à des peintres de peindre sur l’écran qui sert de fond à certaines de mes sculptures. Maintenant, je mets la couleur moi-même. La sculpture est grave, la couleur est gaie. J’ai envie que mes statues soient gaies, actives.» (propos recueillis dans la revue XX° siècle, n°4, 1958). En 1953, Richier illustre Les Illuminations et Une saison en enfer d’Arthur Rimbaud.

Germaine Richier transporte son atelier à Saint-Tropez en 1952. Elle divorce de Bänninger en 1954 et se remarie avec l’écrivain René de Solier, qui rédige plusieurs de ses catalogues. En 1955, au Moma (Museum of Modern Art) de New York, elle participe à l’exposition collective « The New decade : 22 european painters and sculptors » où elle présente notamment La Mandoline. L’année suivante, elle entreprend la sculpture monumentale La Montagne (180 x 325 x 125 cm), commandée par le Musée d’Art moderne de la ville de Paris. En 1958, elle illustre le recueil de poésie de René de Solier Contre Terre. Elle décède en 1959 à Antibes, dont le Musée Picasso lui consacre, la même année, une grande exposition. 

Quelle est la cote des œuvres de Germaine Richier ?

Les créations de Germaine Richier atteignent des prix variables selon qu’il s’agit de pièces uniques ou de formes déclinées en plusieurs exemplaires.  Les eaux-fortes et dessins préparatoires se négocient à des tarifs modestes (entre 100 et 300€). L’Homme qui marche, bronze de 1945 dont il existe plusieurs versions, s’est récemment vendu à 90 000€, tandis que la Femme nue a été adjugée à 31 400 €. Mais le tarif des réalisations plus complexes s’envole : le Cheval à six têtes a atteint les 300 000 € en 2021 tandis que L’Échiquier – petit s’est vendu 440 000€ un an plus tard. 

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(Illus.) Germaine Richier – La Fourmi

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Estimation d’objet d’art en ligne : comment faire ?

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Estimation gratuite Pierre Szekely

Pierre Székely

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Estimation et cote de l'artiste Pierre Székely

Pierre Székely (1923-2001) est un sculpteur et peintre d’origine hongroise et actif en France.

Estimation gratuite Pierre Szekely

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Pierre Székely et la synthèse artistique

Pierre Székely, de son vrai nom Péter Székely, naît d’un père orfèvre et d’une mère dessinatrice. Il débute sa carrière artistique en 1941, à 18 ans. Il est apprenti auprès d’Hanna Dallos dans son atelier d’arts graphiques de Budapest. Fin 1944, il part en camp de travail où il apprend la taille de la pierre, qui devient son matériau de prédilection. En 1945, il épouse Vera Székely avec qui il collabore artistiquement pendant plusieurs années. Ils s’installent en France après la Seconde Guerre mondiale. Il forme un trio d’artistes avec André Borderie. Ensemble, ils réalisent notamment la maison « Le Bateau Ivre », inscrite aux monuments historiques depuis 2007. Cette construction est basée sur l’idée d’une synthèse artistique qui décloisonne la sculpture de l’architecture, de la peinture, etc. Pierre Székely cherche ici à intégrer l’habitat en symbiose avec la nature. Il fait le parallèle entre le plan de la demeure et la formation d’un embryon en plusieurs stades. Les formes sont arrondies et fusionnent en un tout. L’ensemble est continu et s’articule autour du noyau central représenté par la cheminée. Le plan est conceptuel et organique. Pierre Székely fait preuve d’une sensibilité accrue quant à l’environnement. Les espaces extérieur et intérieur sont ici reliés et communiquent entre eux. Ces questions sont au cœur du groupe Espace fondé par André Bloc et Felix Del Marle en 1951. Pierre Székely en devient membre.

Pierre Székely et la sculpture-architecture

Pierre Székely adhère également au Groupe international d’architecture prospective (GIAP) fondé par Michel Ragon en 1965. C’est ce critique, Michel Ragon, qui évoque une tendance à « l’architecture-sculpture » où l’œuvre prend une place singulière dans l’espace. Il s’agit de proposer une architecture alternative dans une société en évolution. Déjà en 1957, Pierre Székely construit des sculptures avant-gardistes qui font office de jeux de plein air pour les enfants, à Clamart. Il travaille notamment avec du béton projeté sur armature métallique. Ce succès l’entraîne à renouveler cette production à L’Haÿ-les-Roses, Palaiseau, Amiens, Cambrai, Brest, Grenoble, etc. À partir de 1959, il conçoit des aménagements et réalise des sculptures monumentales. Ainsi, il travaille en équipe avec des architectes et il donne vie à un village de loisirs à Beg-Meil. Il fait aussi émerger l’église du Carmel de Saint-Saulve, ou encore une sculpture escalade appelée « La Dame du Lac » à Évry. En 1966, il fait évoluer sa technique de taille du granit à la flamme. Il recherche à reproduire un aspect brut, vierge de toute activité de l’homme, une forme qu’il dénomme sacrée. Ce sont ses souvenirs de la pierre transformée suite aux incendies des bombardements en Hongrie qui le poussent dans cette quête. En 1968 il réalise, pour les jeux olympiques de Mexico, son œuvre Soleil bipède sur la Route de l’amitié internationale. Il se sépare de Vera Székely dans les années 1970. Chacun poursuit sa carrière artistique individuellement.

Pierre Székely, la consécration personnelle

Pierre Székely est davantage renommé personnellement en tant que sculpteur. Il conçoit des objets en pierre, en céramique, en bois, en métal, etc. Fin 1975, la municipalité de Caen commande à Pierre Székely une fontaine qu’il réalise en granit rose provenant de Perros-Guirec. Pierre Székely a multiplié les créations en Bretagne pour sa présence emblématique de granit. En 1977, il fonde l’Institut Européen de la Technologie du Granit. Il y partage son savoir autour de cette pierre et il y promeut son utilisation dans les arts, dans la science comme dans l’industrie. En 1981, l’hôtel de la Monnaie de Paris lui organise une rétrospective. Car Pierre Székely manie aussi l’art de la médaille de bronze et d’argent. En 1984, Pierre Székely se voit passer des commandes prestigieuses. Le président François Mitterrand lui commande en effet plusieurs sculptures, notamment pour en offrir dans les hautes sphères. En parallèle de son activité de sculpteur, à échelle réduite ou monumentale, Pierre Székely réalise des dessins ou encore de la peinture à la cire. Ses œuvres sont considérées abstraites mais il les juge plutôt « expressives ». En tout cas, l’harmonie avec l’univers est un point d’honneur dans sa recherche artistique. Pierre Székely est un artiste reconnu de son vivant. Il devient notamment Chevalier de l’ordre national du Mérite en 1990 et Chevalier de la Légion d’honneur en 1998. Et deux musées lui sont consacrés : un en Hongrie, ouvert en 1991, et l’autre en 1993 au Japon. Il décède en 2001, à 77 ans.

Faire estimer gratuitement une œuvre de Pierre Székely

À ses débuts, les œuvres de Pierre Székely sont parfois communes et regroupées sous la signature « SZB ». Certaines ont pu atteindre plusieurs centaines de milliers d’euros. Voici la cote actuelle de l’artiste en solo :

  • Le 16 octobre 2015, la sculpture « Portrait psycho-spirituel du photographe Edouard Boubat », 1966, en pierre (taille directe) et éléments divers, 134 x 24 x 26 cm, s’est vendue à 34.000€, à Paris.

  • Le 13 décembre 2016, la sculpture « L’Un », 1953, en calcaire et tige de laiton, 38,7 x 30,5 x 14 cm, s’est vendue à 16.914€, aux États-Unis.

  • Le 20 mars 2015, le bas-relief « Le Chasseur », 1960, taille directe sur pierre calcaire d’Euville, 88 x 110 x 19 cm, signé « PS », s’est vendu à 11.000€, à Neuilly-sur-Seine.

  • Le 2 juillet 2020, la sculpture « Le Zèbre circoncis », 1983, en marbre, onyx, plaque de métal, 28,5 x 15 x 38 cm, s’est vendue à 10.000€, à Paris.

  • Le 2 juillet 2020, la sculpture « Être uni », 1959, en marbre, 34 x 18 x 25 cm, s’est vendue à 8000€, à Paris.

  • Le 25 novembre 2015, la sculpture « Le Couple platonique », 1989, en marbre blanc de Carrare et en marbre rose de Transdanubie, 32 x 32 x 21 cm, signée, s’est vendue à 5.500€, à Paris.

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Estimation gratuite Jean-Baptiste Carpeaux

Jean-Baptiste Carpeaux

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Estimation et cote de l'artiste Jean-Baptiste Carpeaux

Jean-Baptiste Carpeaux (1827-1875) est l’un des sculpteurs français les plus importants du XIXe siècle. Associé au Second Empire, il renouvelle la sculpture académique par des compositions animées, des visages expressifs et un travail de la matière d’une remarquable vivacité. Ses sculptures les plus célèbres, parmi lesquelles La Danse, Ugolin et ses fils, Le Pêcheur à la coquille ou Pourquoi naître esclave !, sont aujourd’hui conservées dans de grands musées internationaux.

La cote de Jean-Baptiste Carpeaux dépend fortement du matériau, des dimensions, de la période de création et des conditions d’édition. Les marbres exécutés du vivant de l’artiste peuvent atteindre des montants très élevés, tandis que les bronzes, terres cuites, plâtres, dessins et peintures présentent des niveaux de valeur très variables. Vous possédez une œuvre signée Carpeaux ou attribuée au sculpteur ? Estimon’Objet vous accompagne pour son expertise et son estimation, en toute confidentialité.

Estimation gratuite Jean-Baptiste Carpeaux

Prix des œuvres de Jean-Baptiste Carpeaux

  • Sculpture authentique en marbre de Jean-Baptiste Carpeaux : de 10 000 € à plus de 1 000 000 €

  • Bronze, terre cuite ou plâtre de Jean-Baptiste Carpeaux : de 500 € à plus de 500 000 €

  • Dessin ou peinture de Jean-Baptiste Carpeaux : de 150 € à plus de 500 000 €

L’estimation d’une sculpture de Jean-Baptiste Carpeaux commence par l’identification précise du modèle et de son matériau. Un marbre, un bronze, une terre cuite et un plâtre issus d’un même modèle ne possèdent ni la même rareté ni la même valeur. Il faut également déterminer s’il s’agit d’une création exécutée du vivant du sculpteur, d’une édition autorisée par son atelier ou sa famille, d’une fonte posthume ou d’une reproduction plus récente. La qualité du modelé, les dimensions, la signature, les cachets d’atelier, les marques de fondeur et la provenance sont donc étudiés avec attention.

L’état de conservation joue également un rôle essentiel. Une patine altérée, une terre cuite restaurée, un marbre accidenté ou un bronze présentant une fonte peu précise peut connaître une décote importante. À l’inverse, une œuvre bien documentée, présentant une belle qualité d’exécution et une provenance ancienne peut susciter un vif intérêt. Grâce à son expérience du marché, Estimon’Objet constitue votre partenaire privilégié pour l’expertise et l’estimation des sculptures, dessins, peintures et objets de collection.

La cote de Jean-Baptiste Carpeaux sur le marché de l’art

La cote de Jean-Baptiste Carpeaux demeure soutenue sur le marché international, en particulier pour les sculptures en marbre et les exemplaires anciens présentant une provenance claire. Les collectionneurs recherchent aussi les modèles emblématiques de l’artiste en bronze ou en terre cuite, à condition que leur édition soit correctement identifiée.

La cote des marbres et des modèles exceptionnels

Les marbres de qualité muséale représentent le sommet du marché de Carpeaux. En février 2026, une paire composée de Jeune Fille à la coquille et du Pêcheur à la coquille, signée et datée de 1873, a atteint 1 575 000 dollars à New York. Ce résultat constitue une référence majeure pour l’artiste et confirme la rareté des grands marbres exécutés avec un très haut niveau de finition.

En 2023, le marbre Flore accroupie a été adjugé 512 624 € frais compris à Paris. La qualité du matériau, la sensualité du modelé et le lien de cette figure avec les grands décors publics de Carpeaux expliquent l’importance de ce résultat. En 2021, un modèle d’Ugolin et ses fils, exécuté vers 1875, a par ailleurs atteint 149 000 dollars, malgré une estimation initiale nettement inférieure.

La cote des bronzes, terres cuites et plâtres

Les bronzes de Jean-Baptiste Carpeaux présentent des écarts de prix considérables. Un exemplaire ancien, bien fondu, portant des marques cohérentes et conservant une belle patine peut dépasser plusieurs dizaines de milliers d’euros. En 2025, un bronze des Trois Grâces, signé et marqué PROPRIÉTÉ CARPEAUX, a atteint environ 148 200 dollars à Londres. Un exemplaire du Chinois avait également obtenu environ 47 400 dollars en 2016.

Les terres cuites et les plâtres sont généralement plus accessibles, mais certains exemplaires d’atelier peuvent atteindre des montants importants. La finesse des détails, la présence d’un cachet, la qualité de la cuisson, l’ancienneté et l’état de conservation sont déterminants. Une terre cuite ancienne ne doit pas être confondue avec un tirage décoratif moderne réalisé d’après un modèle de Carpeaux.

La cote des dessins et des peintures

Carpeaux était aussi un dessinateur et un peintre particulièrement énergique. Ses feuilles présentent souvent des études de figures, des recherches pour ses sculptures, des portraits ou des scènes observées sur le vif. Les dessins de Jean-Baptiste Carpeaux se négocient généralement de quelques centaines d’euros à plus de 20 000 € pour les études les plus abouties et les mieux documentées.

Ses peintures sont moins connues du grand public, mais certaines peuvent atteindre plusieurs centaines de milliers d’euros. Les portraits, scènes familiales et compositions présentant une matière nerveuse sont particulièrement appréciés. Leur valeur dépend de la technique, du sujet, de la qualité picturale, de la provenance et de leur éventuel lien avec une sculpture célèbre.

Comment reconnaître une sculpture de Jean-Baptiste Carpeaux ?

Les œuvres de Carpeaux se reconnaissent d’abord à leur sens du mouvement. Les corps tournent, les étoffes se soulèvent et les chevelures sont travaillées avec énergie. Les visages, qu’ils expriment la joie, la souffrance ou la surprise, paraissent saisis dans l’instant. Cette expressivité distingue Carpeaux de nombreux sculpteurs académiques de son époque.

Le modelé est généralement souple et vivant. Sur les terres cuites et les plâtres anciens, il est parfois possible d’observer les traces du travail de l’artiste ou de l’atelier. Les bronzes de qualité conservent la nervosité du modèle, avec des détails précis dans les cheveux, les yeux et les plis des vêtements. Une surface trop lisse ou un relief manquant de profondeur peut signaler un surmoulage ou une édition tardive.

Certains sujets sont particulièrement associés à Carpeaux : les jeunes Napolitains, les figures issues de La Danse, les portraits de la famille impériale, les bustes féminins, Ugolin et ses fils et les études réalisées pour la fontaine de l’Observatoire. L’identification du modèle permet toutefois seulement d’engager l’expertise : elle ne suffit pas à établir l’authenticité ou la période d’exécution.

Reconnaître la signature de Jean-Baptiste Carpeaux

La signature peut prendre plusieurs formes, notamment « J.-B. Carpeaux », « JB Carpeaux » ou « JBte Carpeaux ». Elle est souvent incisée ou gravée dans la terrasse, sur le côté du socle ou à l’arrière de la sculpture. Certaines œuvres portent également une date, un numéro ou une inscription désignant le modèle.

Les éditions liées à l’atelier peuvent présenter le cachet PROPRIÉTÉ CARPEAUX, parfois accompagné de l’aigle impérial. On rencontre aussi la marque ATELIER & DÉPÔT – 71 RUE BOILEAU – AUTEUIL PARIS. Ces inscriptions sont importantes, mais elles ne prouvent pas à elles seules que la sculpture a été directement exécutée par Carpeaux.

Une signature peut être ajoutée, imitée ou reproduite par moulage. Son graphisme doit donc être rapproché du matériau, de la technique de fabrication et des marques présentes sous le socle. L’examen de la signature ne peut jamais remplacer une expertise complète de l’œuvre.

Signature Jean-baptiste Carpeaux

Sculpture de Jean-Baptiste Carpeaux : ce que regardent nos experts

Pour expertiser une œuvre attribuée à Carpeaux, nos spécialistes commencent par examiner le matériau, les dimensions et la méthode de fabrication. Sur un bronze, ils étudient la qualité de la fonte, les coutures, les reprises de ciselure, la patine et les éventuelles marques de fondeur. Sur une terre cuite ou un plâtre, ils recherchent les cachets d’atelier, les traces de moulage, les réparations et les indices permettant d’identifier l’ancienneté de l’exemplaire.

Le modèle est ensuite comparé aux exemplaires répertoriés et à la documentation consacrée au sculpteur. La provenance, les anciennes étiquettes, les factures, les photographies et l’historique familial peuvent renforcer l’intérêt de l’œuvre. Nos experts prennent également en compte les restaurations et les transformations du socle. Cette étude permet de distinguer une œuvre ancienne, une édition posthume autorisée et une simple reproduction décorative.

Jean-Baptiste Carpeaux, le sculpteur qui fit bouger le Second Empire

Jean-Baptiste Carpeaux naît à Valenciennes le 11 mai 1827 dans une famille modeste liée aux métiers de la pierre. Installé à Paris avec ses parents, il étudie à la Petite École avant d’intégrer l’École des beaux-arts en 1844. Après un passage auprès de François Rude, il rejoint l’atelier de Francisque Duret. Il remporte le Prix de Rome en 1854 avec Hector implorant les dieux en faveur de son fils Astyanax.

À Rome, Carpeaux étudie avec passion Michel-Ange et les maîtres de la Renaissance. Il réalise notamment Le Pêcheur à la coquille et entreprend son ambitieux groupe Ugolin et ses fils, inspiré de Dante. De retour en France, il reçoit plusieurs commandes de la cour impériale et réalise des portraits du prince impérial, de la princesse Mathilde et de Napoléon III. Sa manière libre et expressive lui apporte rapidement une importante reconnaissance.

Carpeaux participe aux grands décors du Paris de Napoléon III. Il exécute notamment Le Triomphe de Flore pour le palais du Louvre et La Danse pour la façade du nouvel Opéra, œuvre qui provoque un scandale lors de son installation en 1869. Il travaille également aux figures de la fontaine des Quatre-Parties-du-Monde. Affaibli par la maladie, il meurt à Courbevoie le 12 octobre 1875, à seulement 48 ans. Son art annonce par sa liberté et son énergie les recherches de la sculpture moderne.

Ne nettoyez jamais une sculpture attribuée à Carpeaux avec un produit abrasif et ne tentez pas de refaire sa patine. Sur une terre cuite, une intervention maladroite peut effacer des traces de modelage ou fragiliser une restauration ancienne. Photographiez l’œuvre sous plusieurs angles, sans oublier le dessous du socle, les signatures, les cachets et les éventuelles étiquettes. 

Pour obtenir une première estimation, transmettez à Estimon’Objet des photographies nettes, les dimensions exactes, le poids, le matériau présumé et toutes les informations disponibles sur la provenance. Nos experts vous apportent un avis confidentiel et vous orientent vers la solution la plus adaptée. Estimon’Objet est votre partenaire privilégié pour l’expertise et l’estimation de vos sculptures, tableaux, objets d’art et objets de collection.

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Estimation gratuite Jean Dunand

Jean Dunand

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Estimation et cote de l'artiste Jean Dunand

Jean Dunand (1877 – 1942) est un artiste pluridisciplinaire suisse naturalisé français. Il est diplômé en 1897 de l’École des arts et industrie de Genève avant de suivre des cours du soir à l’École nationale supérieure des Arts Décoratifs de Paris dans l’atelier du sculpteur Jean Dampt. Il s’est distingué en tant que designer, décorateur, sculpteur, dinandier, ébéniste, laqueur, peintre et orfèvre. 

Sculpteur et ciseleur de formation, il a montré son talent dans bon nombre d’autres techniques telles que la dinanderie, la mosaïque, les émaux champlevés et cloisonnés, la ciselure, l’incrustation, le dessin, et bien sûr la laque dont il était un des maîtres en Occident. S’il est considéré comme l’un des plus grands créateurs Art Déco, il a aussi exploré d’autres styles décoratifs tels que le cubisme et le style géométrique par exemple. 

Estimation gratuite Jean Dunand

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Un artiste aux multiples talents reconnu par ses contemporains

En 1900, il obtient une médaille d’or à l’Exposition universelle pour sa sculpture Quo Vadis. En 1904, il ouvre son atelier à Paris. Par la suite, il participe à divers salons et manifestations artistiques, notamment l’exposition des arts décoratifs de 1925, l’Exposition internationale de New-York en 1939 ou encore le Salon des Tuileries au palais de Tokyo en 1941. 

Ses deux fils collaborent avec lui dans ses nombreux ateliers. L’aîné, Bernard Dunand, travaille avec son père à la réalisation technique de certaines de ses œuvres. Il  met au point de nouvelles méthodes de coloration pour les laques et il estchargé de l’approvisionnement de chaque atelier et de la logistique pour l’exécution et la livraison des grands travaux. Puis, à partir de 1935, il se met à créer pour son propre compte. Pierre Dunand, le cadet, coordonne quant à lui les travaux de décoration pour le compte de son père dès 1937. 

Artiste extrêmement prolifique, en presque 50 ans Jean Dunand a conçu et réalisé plus de 1 200 œuvres, tous genres et matériaux confondus. Jean Dunand a notamment produit quelques éléments de décors importants tels que des panneaux de laque pour des paquebots comme l’Atlantique ou le Normandie, mais aussi dix laques pour décorer la bibliothèque du Palais de la Porte Dorée, qui ont d’ailleurs rejoint les collections du musée du Quai Branly – Jacques Chirac en 2003. Jean Dunand, pour sa maîtrise de certains savoir-faire spécifiques, travaillait parfois en étroite collaboration avec divers créateurs qui lui commandaient l’exécution de certains décors.

Jean Dunand et l’art du bijou moderne

Ayant expérimenté de nombreux supports, médiums et matériaux, Dunand préfère créer d’autres objets que des bijoux. Il en produit alors un nombre assez limité, préférant créer des éléments de décor intérieur qui constituent la majeure partie de son œuvre. Cependant, ses rencontres avec quelques éminentes personnalités de son époque, telles que Madame Agnès, lui ouvrent les portes du monde de la Haute Couture, lui amenant ainsi une clientèle nouvelle. C’est à partir de là qu’il commence à vendre des bijoux de sa composition, qu’il réalisait jusqu’alors exclusivement pour son épouse.

Durant l’entre-deux-guerres, il conçoit des bijoux d’une grande modernité, dont une série de colliers ras-de-cous et de bracelets manchettes inspirés de l’art africain, en particulier des parures portées par certaines tribus africaines pour allonger leurs cous, coïncidant avec la vague d’africanisme des années 1920. Ces bijoux de Jean Dunand on d’ailleurs été portés par Joséphine Baker, la célèbre chanteuse et danseuse emblématique des Années folles. Ces modèles de bijoux, qui sont tous déclinés en nombre impair (par trois, cinq ou sept) convoquent aussi les lignes épurées et les décors géométriques du cubisme. Certaines pièces de l’artiste se trouvent aujourd’hui dans les musées, par exemple le Musée des Arts Décoratifs de Paris qui a dans ses collections un modèle de collier ras-de-cou à cinq anneaux.

Combien vaut un bijou de Jean Dunand ?

Jean Dunand a produit peu de bijoux, certains sont dans des musées, et encore beaucoup dans des collections privées, leurs propriétaires continuant de les porter. De ce fait, il est relativement rare d’en voir sur le marché, ce qui participe sans doute – avec bien sûr le prestige de l’artiste – au vif intérêt des collectionneurs lorsque cela se produit. À cela s’ajoute le fait que beaucoup des premiers propriétaires des œuvres de Dunand étaient des personnalités connues, notamment issues du milieu de la mode, telles que Yves Saint Laurent, Elsa Schiaparelli, ou encore Karl Lagerfeld, occasionnant un engouement encore plus fort de la part des collectionneurs, qui montrent un intérêt tout particulier pour les bijoux réalisés avec des matières variées et riches. 

Ainsi, à titre d’exemple, en 2003, une suite de deux colliers de Jean Dunand en bronze laqué, dont l’un des deux est doré, datée vers 1927, a été adjugée 41 944 euros. En 2017, un bracelet articulé, nickelé et laque noir et rouge rehaussé de dorure à décors géométrique, daté vers 1925 et signé du cachet monogramme de l’artiste, à été adjugé 41 600 euros.

En lien avec Jean Dunand

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Estimation gratuite Pol Bury

Pol Bury

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Estimation et cote de l’artiste Pol Bury

Pol Bury (1922 – 2005) est un artiste belge contemporain qui a marqué le XXème siècle. Durant sa carrière, il a pratiqué la peinture, le dessin, la sculpture, la gravure mais aussi l’écriture, l’architecture et même la réalisation de courts métrages expérimentaux. Il est notamment connu, et ce de façon internationale, pour ses reliefs et ses sculptures cinétiques qui ont marqué l’Histoire de l’Art.
Estimation gratuite Pol Bury

Prix des œuvres de Pol Bury

  • Sculpture cinétique - entre 8 000 € et 90 000 €

  • Œuvre sur papier ou estampe - entre 500 € et 5 000 €

  • Sculptures monumentales ou pièces uniques - jusqu’à 300 000 €

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La formation artistique de Pol Bury

Il commence sa formation artistique à 16 ans, en 1938, à l’Académie des Beaux-Arts de Mons en Belgique ; dans la foulée, il intègre le groupe surréaliste Rupture. Dans les années 1940, il côtoie des artistes surréalistes tels que René Magritte et participe à l’Exposition internationale du surréalisme. En 1946, Pol Bury s’oriente progressivement vers l’abstraction et souhaite aller au-delà des peintures représentatives, thématiques et fixes du surréalisme. Quelques années plus tard, en 1952, il devient alors l’un des fondateurs du groupe Art Abstrait. Néanmoins, un an plus tard, il abandonne peu à peu la peinture pour réaliser ses Plans mobiles, des installations composées de panneaux jouant avec l’effet d’optique.

À partir de 1955, les œuvres de Pol Bury s’inscrivent dans le courant du cinétisme. La même année, il participe à l’exposition historique intitulée “Le Mouvement” qui s’est tenue à la Galerie Denise René, à Paris. À cette occasion, il présente ses nouvelles créations et devient alors l’un des pionniers de l’art cinétique. Au début des années 1960, l’artiste emménage à Paris où il inaugure sa première exposition personnelle dans la célèbre galerie d’Iris Clert. À cette époque, il débute sa grande série des Volumes ouverts et fermés et part plusieurs mois aux Etats-Unis pour enseigner à l’Université de Berkeley et au College of art and design à Minneapolis. C’est en 1976 que l’artiste belge crée sa première fontaine, création devenue emblématique dans son œuvre. Jusqu’à la fin de sa vie, Pol Bury poursuit cette série des fontaines en acier, tout en variant les formes : simples, cylindriques, sphériques, triangulaires… Ces dernières étaient destinées à diverses institutions comme le musée Guggenheim à New York ou les jardins du Palais Royal à Paris.

L’art cinétique : entre mouvement et illusion

L’art cinétique est un courant artistique qui propose des œuvres contenant des parties en mouvement. Ce dernier peut être produit par le vent, le soleil, un moteur ou par le spectateur lui-même. Cet art englobe une grande variété de techniques et de styles qui se croisent. Les origines de l’art cinétique sont variées : la volonté des artistes à introduire le mouvement dans leurs œuvres diffère selon le courant artistique auquel ils sont rattachés. Par exemple, les Futuristes italiens ont fait de la vitesse et du mouvement mécanique un idéal esthétique, tandis que les Cubistes se sont intéressés à la mouvance de la perception. Il est alors possible d’admettre que l’art cinétique résulte de diverses recherches sur l’introduction du mouvement dans l’art par des artistes issus de différents courants du début du XXème siècle. Plus précisément, il est communément admis que l’art cinétique est né en France dans les années 1955, puis consacré par la célèbre exposition parisienne “Le Mouvement” à laquelle Pol Bury a donc participé. On pouvait alors y découvrir les œuvres abstraites de Victor Vasarely ou les tableaux de Yacoov Agam.

L’art de Pol Bury

L’art cinétique de Pol Bury se distingue de ses contemporains par une utilisation extrêmement lente du mouvement. En effet, cette lenteur engendre un mouvement presque imperceptible à l’œil nu. De plus, les mouvements choisis par Pol Bury sont aléatoires : les sculptures et les reliefs de l’artiste visent alors à confronter le public à son rapport au temps. Afin de ramener le spectateur dans l’instant présent, ces installations prévoient une interruption volontaire et programmée du mouvement. Bien que Pol Bury soit principalement connu pour ses sculptures cinétiques, il a également réalisé des peintures, des estampes, des dessins et des aquarelles.

Cote des œuvres de Pol Bury sur le marché de l'art

Aujourd’hui, les œuvres de Pol Bury sont considérées comme des valeurs sûres sur le marché de l’art et sont assez fréquentes dans les salles de ventes aux enchères en Europe. Ses créations les plus recherchées demeurent les fontaines et les sculptures cinétiques, suivies par les sculptures figées et les œuvres graphiques (peintures, dessins, lithographies, estampes et sérigraphies). Les peintures de Pol Bury sont généralement estimées entre 300 et 30 000 euros ; les estimations des estampes de l’artiste sont comprises entre 30 et 18 000 euros et celles de ses dessins et aquarelles s’établissent entre 200 et 6 000 euros. Un photocollage de 1966, estimé à 1 500 – 2 000 euros a été adjugé à 2 576 euros en 2017. Les sculptures cinétiques et les fontaines connaissent une estimation plus élevée pouvant aller de 4 000 à 50 000 euros.

Les sculptures cinétiques multiples de Pol Bury présentent un prix d’achat moyen de 10 000 euros. Les sculptures cinétiques uniques réalisées dans les années 1950 et 1960, le prix d’achat moyen est de 50 000 euros. En 2017, la sculpture en acier et bois Deux demi-sphères coniques sur un cube a été adjugée à 16 300 euros. Quant aux sculptures figées de Pol Bury, le prix de vente aux enchères est compris entre 4 000 et 15 000 euros. Les fontaines de Pol Bury sont plébiscitées dans les salles de ventes aux enchères, leurs estimations étant équivalentes à leur prix d’achat. Celles-ci débutent donc à 40 000 euros et peuvent aller jusqu’à 190 000 euros pour les pièces uniques en grand format. Une fontaine de 140 centimètres de haut a été adjugée à 170 000 euros en 2017.

(Illus.) Pol Bury – Fontein – 1995 – Brussel

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Antoine-Louis Barye

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Estimation et cote de l'artiste Antoine-Louis Barye

Antoine-Louis Barye (1795-1875) est un peintre, graveur et sculpteur animalier français. Actif dès l’âge de treize ans jusqu’à 1860 environ, ses œuvres restent emblématiques du romantisme et des arts décoratifs.

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La formation d’Antoine-Louis Barye

Antoine-Louis Barye est né à Paris le 24 septembre 1796 d’un père orfèvre et d’une mère issu d’une famille de juriste. Son éducation a été le tremplin de son parcours professionnel puisque dès l’âge de treize ans, il commence sa formation chez Fourier, un graveur pour équipement militaire. Il y fabrique les matrices destinées à exécuter les parties métalliques des uniformes de la Grande Armée. Or, en 1812, la guerre interrompt sa formation de jeune ouvrier. 

Une fois libéré de ses devoirs militaires, Antoine-Louis Barye s’inscrit en 1817 dans l’atelier de François-Joseph Bosio ou il perfectionne ses techniques de sculpture. Pour compléter sa formation, il décide d’améliorer sa pratique du dessin et de la peinture auprès du peintre Antoine-Jean Gros. En 1818, Antoine-Louis Barye entre à l’École Royale des Beaux-Arts et commence à travailler pour Fauconnier. 

Cette période rapproche l’artiste de la sculpture en trois dimensions. Il prend l’habitude de se déplacer à la ménagerie du Muséum d’Histoire naturelle où il y étudie les animaux exotiques. Antoine-Louis Barye devient vite un passionné de la faune sauvage.

Antoine-Louis Barye, sculpteur récompensé

Antoine-Louis Barye, futur sculpteur récompensé,  surprend dès 1819 par ses facultés à exposer le réel sans artifices. Il participe à un premier concours dans la section gravures en médailles et réalise, en utilisant les techniques apprises chez Fourier, Milon de Crotone dévoré par un lion. Cette première expérience lui vaut d’obtenir une mention honorable et révèle au public, son talent et son audace. La figure mythologique de Milon présente un corps aux formes naturelles et non idéalisées, comme il était récurrent de voir au XIXe siècle. Le sculpteur se détache du classicisme et s’apprête au naturalisme.

Un an après,  Antoine-Louis Barye obtient le second prix de Rome avec son Caïn entendant la voix de l’éternel et cette fois-ci, dans la section de sculpture. De 1831 à 1837, le statuaire expose dans de nombreux salons. Son esthétique se diffuse et finit par atteindre la bienveillance de la cour. Le duc d’Orléans lui accorde son soutien le plus dévoué en devenant un mécène récurrent. En 1836, son œuvre Lion écrasant un serpent se retrouve dans le jardin des Tuileries. L’artiste est nommé conservateur du Louvre par Alexandre Ledru-Rollin en 1848, mais ne garde cette place qu’un certain nombre d’années.

Antoine-Louis Barye, artiste polyvalent

Dans les années 1970, Patrick Hughes initie sa série des rainbow paintings, les peintures arc-en-ciel. Ces compositions rencontrent un grand succès auprès du public, qui les considère comme des œuvres joyeuses et colorées. Patrick Hughes les diffuse donc aussi par le biais de sérigraphies et de cartes postales réalisées avec les Coriander Studios et Camden Graphics. 

Le tirage est très important, de l’ordre du million de cartes postales et des 10 000 sérigraphies. En dépit de ce succès populaire, Patrick Hughes considère que ses œuvres ont été mal comprises. Il souhaitait en effet représenter la contradiction résidant dans le fait de fixer une expérience éphémère et intangible dans une œuvre durable et solide. Il s’agissait de son point de vue d’un jeu de mot visuel et non d’un motif décoratif. 

Exploration thématique et méthodique

Le style d’Antoine-Louis Barye marque les critiques par son réalisme et l’énergie que dégagent ses groupes sculptés aux grandes dimensions. Son sens du détail attise l’intérêt des académiciens et ravive en ses confrères artistes, un esprit de rivalité. Techniquement, Antoine-Louis Barye est au sommet. Son utilisation du bronze, à l’instar du marbre qu’il considère « froid et pâle », vient se parfaire afin de diversifier ses réalisations. L’artiste devient polyvalent.

Candélabres, statuettes, bas-reliefs, bronzes dorés, toute une série de productions que l’histoire de l’art catégorise aujourd’hui, d’objets décoratifs. Il se met aussi à la peinture et à l’aquarelle et réalise des représentations toujours inspirées faune sauvage. Après son refus au salon de 1837, le statuaire décide de s’éloigner des codes académiques en créant sa propre fonderie. Antoine-Louis Barye se lance alors dans la commercialisation de ses productions.

En 1858, il reçoit la médaille de bronze à l’Exposition Universelle, ce qui vient conclure son parcours en tant qu’artiste. Antoine-Louis Barye décède en 1875 en laissant derrière lui une panoplie de sculptures et de dessins. Son succès résonne jusqu’en Amérique, notamment à Baltimore où un grand collectionneur, Mr. Walters, se garde de préserver ces épreuves. Le musée de Washington conserve une majeure partie de ses bronzes.

L’estimation des œuvres d’Antoine-Louis Barye

La valeur des œuvres d’Antoine-Louis Barye a connu une hausse notoire depuis les années 2000. Bien que l’artiste se soit diversifié durant sa carrière, ce sont ces sculptures en volumes qui constituent la quasi-totalité des ventes (96%). Celles-ci se vendent généralement entre 300 € et 5000 €, mais peuvent dépasser les 630 000 € pour les œuvres majeurs. La plus récente adjudication est une sculpture en bronze de petit format nommée Gaston de Foix, vendue à 12 000 € à Paris en 2022. La peinture d’Antoine-Louis Barye connait aussi son succès, bien plus rares sur le marché, ses aquarelles se vendent entre 10 000 € et 60 000 €. 

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(Illus.) Plâtre, Lion au serpent, 1832, Lyon, musée des Beaux-Arts.

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Nicolas Schöffer

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Estimation et cote de l'artiste Nicolas Schöffer

Nicolas Schöffer (1912-1992) est un artiste français né hongrois, rattaché au mouvement cinétique par ses sculptures. Il est un pionnier de l’utilisation de technologies contemporaines dans l’art, et compte parmi les représentants du cyberart.

Estimation gratuite Nicolas Schöffer

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Une formation classique

Après des études de droit, Nicolas Schöffer reçoit une formation artistique classique à l’école des Beaux-arts de Budapest. Il poursuit ensuite sa formation à l’école des Beaux-arts de Paris, entre 1937 et 1939. 

Nicolas Schöffer développe des goûts éclectiques. Il admire à la fois l’art antique et les maîtres des écoles du nord, comme Johannes Vermeer. Il puise également inspiration dans l’art des avant-gardes contemporaines, notamment le constructivisme russe et le Bauhaus. 

Après-guerre, Nicolas Schöffer renouvelle ses recherches, et se tourne vers l’Abstraction. Il expérimente la peinture automatique, réalisant ses premières toiles abstraites au pistolet ou encore au pendule à peindre. En 1947, il rejoint le mouvement surréaliste, ce qui lui permet de se libérer de sa formation classique. 

Nicolas Schöffer s’essaie également à la sculpture dans un esprit constructiviste. Sa première création, Hommage à Mondrian (1948), cherche à intégrer le néoplasticisme dans la troisième dimension. Ses œuvres évoquent alors les constructions plastiques de Jean Gorin. 

Après trois ans d’expérimentations, Nicolas Schöffer se détourne de la peinture et se consacre exclusivement à la sculptures (1950). 

Les sculptures cinétiques et cybernétiques

Nicolas Schöffer adopte des problématiques cinétiques en 1950, en créant des œuvres mobiles. Sa quête de mouvement le pousse appliquer l’électronique à ses créations. Il devient alors un pionnier de l’art cybernétique. 

Nicolas Schöffer puise inspiration dans l’ouvrage Cybernétique et société de Norbert Wiener (1952), qui le marque fortement. Il cherche à mêler espace et dynamisme dans ses sculptures, initiant ce qu’il nomme le « spatio-dynamisme ». Pour intégrer l’espace à des créations dynamiques, Nicolas Schöffer fixe des plans métalliques ou plastiques sur un cadre, et les dote d’un mouvement. Il créé ainsi des rythmes spatiaux tridimensionnels. 

Pour appliquer l’électronique à ses œuvres, Nicolas Schöffer collabore avec des ingénieurs. Ainsi, Henri Perlstein l’aide à concevoir une horloge spatio-dynamique, et c’est avec le concours de l’entreprise Philips que Nicolas Schöffer parvient à construire une tour sonore spatio-dynamique et cybernétique dans le Parc de Saint-Cloud en 1954. 

Progressivement, Nicolas Schöffer parvient à doter ses œuvres d’une autonomie complète de mouvement.  Cysp 1 (1956), sa première sculpture entièrement indépendante, se met ainsi en mouvement en réagissant aux stimuli extérieurs de façon automatique. Elle est présentée la même année dans un ballet de Maurice Béjart à Marseille, sur le toit de la Cité radieuse du Corbusier. 

Nicolas Schöffer présente sa première exposition personnelle en 1954 à la galerie Denise René, grâce à l’aide de Victor Vasarely. 

Lumière et musique

Nicolas Schöffer poursuit ses recherches cybernétiques en intégrant la lumière et la musique à ses créations. Il s’essaie au lumino-dynamisme en 1957, en ajoutant de la lumière à ses créations. Pour cela, l’artiste projette des faisceaux lumineux colorés sur des écrans. Ces faisceaux, modifiés par des filtres, provoquent des jeux d’ombres portées et de couleurs. Nicolas Schöffer réalise également la série Lux en 1957, en assemblant des plaques d’acier ajourées pour faire passer la lumière. C’est pour l’artiste une manière de dépasser l’objet et de concentrer l’attention sur les effets d’ombre et de miroitement. 

Nicolas Schöffer intègre ensuite la musique à ses créations. En 1960, il propose le Musicoscope, mêlant les jeux de couleurs, lumières, et musique. L’année suivante, l’artiste réalise une tour cybernétique musicale et lumineuse pivotante de 200 mètres de haut, destinée au Palais des Congrès de Liège.

Les tours mobiles

À partir de 1962, Nicolas Schöffer développe un intérêt pour l’urbanisme, et renouvelle ses expériences portant sur les tours mobiles. Il théorise ses recherches grâce au groupe international d’architecture prospective, qu’il fonde en 1965. 

Nicolas Schöffer conçoit plusieurs projets architecturaux, notamment une tour mobile de 307 mètres destinée au quartier de La Défense à partir de 1967. La tour, dotée de projecteurs, de lampes torches, et de miroirs pivotants, devait pouvoir émettre des signaux. La mort de Georges Pompidou en 1974 et d’André Malraux en 1976 met cependant un terme au projet. 

Chronos 8, une tour s’animant en fonction des bruits de la circulation urbaine, est en revanche réalisée en 1967. L’artiste fait ainsi la synthèse du son et de la vue. 

Nicolas Schöffer continue par ailleurs à proposer un certain nombre de machines mobiles, à faisceaux lumineux colorés et mobiles, parmi lesquels la Brique luminodynamique, le Téléluminoscope, ou encore le Luminorelaxe. Ces dernières sont éditées en séries limitées. 

La cote des œuvres de Nicolas Schöffer

L’indice des prix des œuvres de Nicolas Schöffer s’est stabilisé après le pic de 2006. Les sculptures représentent 71% du volume des ventes, et 93% du chiffre d’affaires. Les sculptures s’échangent le plus souvent pour 1 000 à 5 000 €, mais les adjudications hautes dépassent les 10 000 €. Le record des ventes est détenu par une sculpture de métal sans titre, réalisée vers 1970, adjugée pour 39 000 € à Paris en 2014. 

Les estampes, accessibles à davantage de bourses, peuvent être acquises pour un budget de 100 à 500 €. Rares sont les ventes de peintures de l’artiste, mais les prix des toiles sont généralement compris entre 1 000 et 4 000 €.  

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(Illus.) Nicolas Schöffer, Chronos-8, 1967, Hongrie, Kolacsa.

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