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Jeff Koons

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Estimation et cote de l'artiste Jeff Koons

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Jeff Koons, les premiers pas d’un plasticien hors norme

Né à York (Pennsylvanie, Etats-Unis) en 1955 dans une famille dont le père est marchand de meubles et architecte / décorateur d’intérieur, le jeune Jeff Koons veut attirer l’attention paternelle, plutôt tournée vers la soeur aînée du futur artiste. Ainsi, initié par son père au monde des arts, Jeff Koons commence à étudier le dessin et la peinture dès 1962. Dix ans plus tard, à l’âge de seize ans, Jeff Koons part étudier à l’école des Beaux-Arts du Maryland Institute à Baltimore, où il poursuit son apprentissage de l’art et étudie aussi le design. L’année suivante, en 1973, Koons voyage à New-York afin de rencontrer son idole, Salvador Dali, momentanément présent sur le sol américain à l’occasion d’une rétrospective de son travail. En 1975, Koons étudie à l’Institut des Beaux-Arts de Chicago, sous la direction d’Ed. Paschke, qui lui fait découvrir les « ready made » de Duchamp.  

Trois ans après avoir vu Dali à New-York, Jeff Koons s’installe dans cette ville plaque tournante des arts d’occident, et se met à travailler au guichet du MoMa, jusqu’en 1979, en même temps qu’il devient trader. Les débuts de Jeff Koons sont difficiles en raison d’un manque d’argent que l’ingénieux artiste apprend vite à combler, en travaillant tantôt comme démarcheur politique, tantôt comme financier ; c’est dans cette seconde voie que va se lancer à fond le jeune prodige Koons. 

Jeff Koons, de trader à plasticien : The New, Equilibrium, Inflatable Rabbit…

Le jeune Jeff Koons devient courtier en matières premières dans l’antre de Wall Street. Sa première oeuvre, The New, est un ensemble d’appareils électroménagers (aspirateurs) enfermés dans des cages de plexiglas, et éclairés de néons, exposée dans la vitrine du musée d’art contemporain. Puis Jeff Koons propose en 1985 une série nommée Equilibrium, exposée par la galerie éphémère International with Monument, où des ballons de baskets se maintiennent notamment dans des aquariums. 

Remarqué, mais pas encore célèbre, Jeff Koons vit sa vie de financier et sa vie d’artiste en parallèle, l’une finançant l’autre. S’inspirant du principe de la Factory d’Andy Warhol, Jeff Koons créée son atelier, similaire à une usine de trente personnes où chacun est affecté à une tache précise, dans un loft de Soho. En 1986, il créée son fameux Inflatable Rabbit, le lapin gonflable en inox, aujourd’hui considéré comme l’une de ses créations emblématiques. 

Désormais, Jeff Koons est absolument incontournable de la sculpture contemporaine. Après un accident lors de la fonte d’un bronze en 1987, Koons cesse temporairement les ready-made, mais trouve d’autres voies médiatiques et artistiques pour continuer à alimenter la scène artistique. Koons réalise notamment une sculpture emblématique de cette phase de son oeuvre, une statue polychrome titrée Pink Panther, représentant le buste nu de l’actrice de série B Jane Mansfield serrant une peluche du célèbre animal rose (sculpture acquise par le MoMa).

Jeff Koons, consécration d’un plasticien médiatique

En 1991, Jeff Koons épouse la Cicciolina, actrice pornographique italienne reconvertie durant les années Berlusconi en politicienne. Avec sa compagne, Jeff Koons produit des oeuvres provocatrices – notamment des photographies osées, une série nommée « Made in Heaven » – qui le propulsent au rang de star sur la scène européenne et mondiale de l’art contemporain. L’année suivante, il conçoit une sculpture acquise par le Guggenheim Museum de Bilabo, l’immense chien « Puppy » recouvert de fleurs. Mais ses chiens les plus célèbres, les Balloon dogs, sont réalisés à partir de 1994. Désormais fameux pour ses oeuvres monumentales, Jeff Koons participe à de nombreux événements. En 2000, à Avignon, il livre « Split-Rocker », une oeuvre composée de 90 000 fleurs. En 2008, c’est Versailles qui a accueilli l’artiste pour une exposition exceptionnelle. En 2019, ses Tulipes, une oeuvre monumentale offerte pour commémorer les attentats de 2016, ont trouvé leur place sur l’avenue des Chaps-Elysées, à Paris. 

Jeff Koons est un héritier du Pop Art et du surréalisme, qui s’inscrit dans les pas de ses maîtres, Salvador Dali, Marcel Duchamp, Claes Oldenburg et Andy Warhol. Son travail sur les objets du quotidien et sur la notion de kitsch continuent aujourd’hui de l’animer, dans son immense local du quartier de Chelsea où travaillent plus de 120 assistants dans un esprit divisionniste d’entreprise industrielle.

L’estimation des oeuvres de Jeff Koons

Les oeuvres monumentales de Jeff Koons connaissent une cote hors norme. Son fameux « Inflatable rabbit » de 1986 a par exemple trouvé preneur à New-York en 2019 pour la somme de 71 404 000 euros hors frais. De même, en 2013, une version très grande de son Balloon Dog en acier poli a trouvé preneur à New-York pour plus de 38 millions d’euros hors frais. 

Concernant les oeuvres de format plus abordable : En 2020, un ensemble en porcelaine émaillée de 6 « balloon animals » a été adjugé à Londres pour la somme de 71 200 euros hors frais. En 2019, le miroir Flower drawing (2011), a été vendu pour 67 900 euros hors frais à New-York.

Si ce sont ses animaux en forme de ballons qui se vendent le mieux, les prix varient fortement selon le format, le matériau, l’année de production, et l’édition. Le vase en porcelaine « Puppy » (1998) représentant un West-Highland terrier blanc connaît de jolis succès, en général estimé autour des 10 000 euros pièce. 

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Estimation et cote de l'artiste Erró

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Erró, la formation complète d’un jeune artiste

Gudmundur Gudmunson, dit Erró, est né à Ólafsvík en Islande en 1932. Attiré par les arts depuis sa plus tendre enfance, le jeune Gundmundur expliquera qu’il feuilletait souvent un catalogue des collections du MoMa de New-York, catalogue dans lequel il fait la découverte de l’art moderne, de sa déstructuration de la forme et de la couleur. Dès l’âge de douze ans, il se met à peindre. Guidé par sa passion naissante, Erró entre en 1949 à l’école des Beaux-Arts de Reykjavik. Comme Matisse, il se met à réaliser des oeuvres à partir de papiers découpés. Diplômé de l’institution où il gagne le titre de professeur en 1951, Erró poursuit son apprentissage en se spécialisant dans la gravure à l’école des Arts décoratifs et industriels d’Olso, puis à partir de 1954 aux Beaux-Arts de Florence, et dès l’année suivante à l’école de mosaïque de Ravenne. Erró élargit également son savoir en voyageant à travers l’Europe pour découvrir les joyaux de l’art occidental.  En 1956 a lieu sa première exposition personnelle, à la Galleria Montenapoleone de Milan.

Erró à Paris, itinéraire d’un peintre attiré par le surréalisme

Erró visite la France, mais ce n’est qu’en 1959  qu’il s’y installe définitivement. L’année précédente, Erró répond au tract parisien surréaliste contre la bombe atomique (« Désarmez les physiciens, videz les laboratoires ») en réalisant une série de dessins, liant son nom à ce groupe artistique qu’il rencontre mieux après son installation à Paris, grâce à Jean-Jacques Lebel. À cette époque Erró se lance pleinement dans la réalisation de tableaux-collages. Dieter Roth, de Reykjavik, lui conseille en 1960 d’agrandir ses formats. Fort de ce conseil, et très impliqué dans la créativité des avant-gardes, Erró révèle à Venise en 1962 son manifeste « Mécanismo », où il définit la notion de « mécacollages », des collages mécaniques, similaires dans le procédé à l’écriture automatique ch!re aux surréalistes. Erró publie dans ce sillage des « poèmes mécaniques » et définit aussi une « mécascience ». Au début des années 1960, il est soutenu par la galerie Raymond Cordier à Paris. 

Erró et la découverte du Pop Art

Pourtant, les oeuvres les plus connues d’Erró sont constituées d’une imagerie propre à la publicité et à la réalité industrielle des années 1960. En effet, en 1964, visitant les Etats-Unis, l’artiste change son mode de production, ayant découvert l’emploi et le détournement des images destinées à la culture de masse qu’opèrent les artistes pop. Ayant conservé le caractère joueur de ses années surréalistes, Erró réalise une série de tableaux-collages à partir de cartes postales du pape Jean XXIII  qu’il nomme « Pope-Art », signant son entrée dans une nouvelle approche artistique. À cette époque de création intense, Erró est souvent aux Etats-Unis. Il réalise de nombreuses séries qui y rencontrent le succès (série « Forty seven Years » en 1967, série « American interiors » de 1968). 

Erró, apogée et fin de carrière d’un enfant Pop

Erró participe à de multiples projets en France, en Europe et outre-atlantique. En 1975, il conçoit des collages pour le projet de réhabilitation du moulin Stuck, lancé par la Biennale de Venise. En 1976, l’artiste visite la NASA de Houston, une expérience dont il tirera sa série « spatiale ». Impliqué en politique, Erró réalise plusieurs collages sur le thème de l’armée chinoise durant les années 1970. La Galerie Le Dessin (de Paris) lui organise une première rétrospective dédiée aux tableaux-collages, en 1981. L’année suivante, Erró conçoit l’affiche de la Coupe du Monde. Puis il inaugure une fresque peinte sur un mur à Angoulême, et dont il a donné le projet. Dans les années 1980, Erró est sollicité par la Ville de Paris : en 1984, ses paysages et autres collages sont exposés à l’ARC 2. Il participe également à la décoration de la Cité des Sciences de Paris en 1986, puis en 1995, il conçoit le décor mural « Music scape » de l’auditorium des Halles.  Désormais incontournable, Erró expose partout en France et ses oeuvres sont acquises par des institutions officielles (FRAC Franche-Comté, Mac-Val etc…). En 2000 à Marseille est présentée « Erró, images du siècle », une exposition dédiée à l’artiste. Une rétrospective de son travail a lieu en 2004, au musée National des Beaux-Arts de la Havane. Puis en 2010, c’est au Musée national d’art moderne de Paris qu’une exposition Erró est organisée, présentant « 50 ans de collages » du maître pop, ainsi qu’à Saint-Etienne, la même année, au Musée d’art moderne. 

Erró est aujourd’hui représenté par la Galerie Emmanuel Perrotin. Il a 90 ans.

L’estimation des oeuvres de Erró

Certains des tableaux d’Erró appartenant à des séries célèbres atteignent des estimations allant jusqu’à 400 000 euros. En 2007, un tableau « comicscape » de 1971, huile sur toile de 200 x 300 cm, a réalisé l’enchère record de 720 000 euros hors frais à Paris. Ses tableaux peints (nés de l’agrandissement de projets de collages) de grande dimension se vendent généralement entre 50 000 et 200 000 euros. Pour des oeuvres de plus petite taille ou de complexité moindre dans les compositions et juxtapositions d’images, moins de 50 000 euros. Les dessins et collages d’Erró, plus rares sur le marché, réalisent des prix d’adjudication moins élevés. Quant aux estampes d’Erró, il faut compter entre quelques centaines d’euros et 2 000 euros, en général, par pièce.

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Estimation gratuite Nikos Hadjikyriakos-Ghikas

Nikos Hadjikyriakos-Ghikas

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Estimation et cote de l'artiste Nikos Hadjikyriakos-Ghikas

Nikos Hadjikyriakos-Ghikas est une figure de la célèbre génération d’artistes des années 1930 en Grèce. Peintre, sculpteur et graveur, Nikos Hadjikyriakos-Ghikas développe des formes cubistes et constructivistes dans son œuvre. Aujourd’hui, il est considéré comme le principal artiste cubiste grec.

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Qui est Nikos Hadjikyriakos-Ghikas ?

Nikos Hadjikyriakos-Ghikas, né le 26 février 1906 et mort le 3 septembre 1994 à Athènes, est un peintre, sculpteur, graveur, illustrateur et essayiste grec. Dès son plus jeune, il s’intéresse au dessin et à la peinture. Après avoir pris des cours de peinture avec Constantinos Parthenis, Nikos Hadjikyriakos-Ghikas quitte la Grèce en 1922 et se rend à Paris. Il suit alors des cours de dessin et de peinture à l’Académie Ranson tout en étudiant la littérature française à la Sorbonne.

Nikos Hadjikyriakos-Ghikas présente sa première exposition personnelle en 1927, à la Galerie Percier à Paris. Son travail est notamment remarqué par Pablo Picasso. Un an plus tard, il monte sa première exposition à Athènes à la Galerie Stratigopoulos, aux côtés du sculpteur Michael Tombros.

En 1934, Nikos Hadjikyriakos-Ghikas quitte Paris en tant qu’artiste renommé pour retourner vivre à Athènes. Entre 1935 et 1937, l’artiste est également éditeur du magazine Le Troisième œil.

De 1941 à 1958, Nikos Hadjikyriakos-Ghikas est professeur de dessin à l’École d’architecture de l’Université technique nationale d’Athènes. En 1972, il est élu membre titulaire de l’Académie d’Athènes. Enfin, en 1986, il devient membre de la Royal Academy of Arts de Londres.

Durant sa carrière, Nikos Hadjikyriakos-Ghikas s’intéresse aussi à la gravure, à l’illustration, à la sculpture ou encore à la conception de décors et de costumes de théâtres.

Les influences de Nikos Hadjikyriakos-Ghikas

Au début de sa carrière, Nikos Hadjikyriakos-Ghikas est influencé par le Cubisme, très en vogue dans la première moitié du XXe siècle. Cependant, ses derniers tableaux renvoient à d’autres influences : le Fauvisme, le Symbolisme et le Constructivisme. Comme la plupart de ses contemporains, Nikos Hadjikyriakos-Ghikas est un artiste marqué par la Première Guerre mondiale et par la tragédie d’Asie Mineure. Son œuvre fait allusion à ces grands évènements historiques.

Nikos Hadjikyriakos-Ghikas et son amour pour Hydra

Alors qu’il part initialement effectuer des réparations dans sa maison familiale à Hydra, Nikos Hadjikyriakos-Ghikas peint ses premières œuvres en 1937. Ces dernières évoquent déjà son style artistique, soit un mélange délicat entre des éléments cubistes et la nature, la lumière et l’architecture grecque.

L’île d’Hydra joue un rôle déterminant dans l’esthétique de l’œuvre de Nikos Hadjikyriakos-Ghikas. En effet, le paysage et l’environnement de cette île constituent les premières influences de l’artiste. Durant toute sa carrière, Nikos Hadjikyriakos-Ghikas ne cesse de rendre hommage à Hydra.

La réputation internationale de Nikos Hadjikyriakos-Ghikas

En 1946 se tient la première exposition rétrospective de l’œuvre de Nikos Hadjikyriakos-Ghikas au British Council d’Athènes. Quatre ans plus tard, l’artiste participe à la Biennale de Venise avec 17 de ses œuvres. En 1973, une autre exposition rétrospective est organisée à la National Gallery d’Athènes.

Pendant toute sa vie, Nikos Hadjikyriakos-Ghikas organise des expositions personnelles dans de nombreuses villes à travers le monde. Au total, on comptabilise plus de 50 expositions des œuvres de Nikos Hadjikyriakos-Ghikas à Athènes, Paris, Genève, Londres, Berlin ou New York.

Plusieurs œuvres de Nikos Hadjikyriakos-Ghikas sont également conservées dans des collections privées en Grèce, en Europe et aux États-Unis.

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Depuis 1985, des œuvres de Nikos Hadjikyriakos-Ghikas sont passées plus de 490 en ventes aux enchères, principalement dans la catégorie peinture. Les maisons de ventes aux enchères proposent également des aquarelles, des dessins et, parfois, des sculptures de l’artiste.

Les peintures de Nikos Hadjikyriakos-Ghikas sont en moyenne estimées entre 2 000 euros et 300 000 euros. En septembre 2019, l’huile sur bristol intitulée Komposition est adjugée à 7 300 euros. En novembre 2017, l’huile sur toile nommée A travers la ville trouve acquéreur pour 247 170 euros. Dans les années 2000 et 2010, certaines peintures de Nikos Hadjikyriakos-Ghikas sont parfois vendues à plus de 400 000 euros.

Pour les dessins et aquarelles signés Nikos Hadjikyriakos-Ghikas, il faut compter entre 1 000 euros et 80 000 euros en termes d’estimations en ventes aux enchères. Ainsi, en 2017, le dessin intitulé Lovers est adjugé à 3 000 euros. En 202, la gouache After the rain est vendue à 42 314 euros.

Enfin, les sculptures de Nikos Hadjikyriakos-Ghikas sont assez rares en ventes aux enchères. Leurs estimations débutent aux alentours de 1 500 euros et peuvent atteindre 15 000 euros. En 2020, le bronze intitulé Danseuse est adjugé à 1 700 euros.

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Karel Appel

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Estimation et cote de l'artiste Karel Appel

A la fois peintre et sculpteur, Karel Appel est également l’un des membres fondateurs du groupe CoBrA. Ses œuvres, influencées par l’univers enfantin, reflètent son intérêt pour l’art spontané et naïf. Depuis sa disparition en 2006, la cote des œuvres de Karel Appel connait un véritable rebond sur le marché de l’art.

Estimation gratuite Karel Appel

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Qui est Karel Appel ?

Christiaan Karel Appel est né le 25 avril 1921 à Amsterdam et mort le 3 mai 2006 à Zurich. Peintre et sculpteur néerlandais, il commence à peindre à l’âge de quatorze ans. Entre 1940 et 1943, Karel Appel étudie à l’Académie royale des Beaux-Arts d’Amsterdam.

Trois ans plus tard, il expose ses œuvres pour la première fois à Groningue, aux Pays-Bas, dont l’influence évoque les travaux de Pablo Picasso, Henri Matisse et Jean Dubuffet.

Karel Appel est aussi connu pour être l’un des membres fondateurs du groupe CoBrA, créé à Paris en 1948, avant d’être dissous en 1951.

Artiste voyageur, Karel Appel vit dans plusieurs pays, comme au Mexique, aux États-Unis ou au Brésil, ce qui lui permet de développer une réputation internationale. En 1950, il choisit de s’installer en France. A cette époque, son travail est vivement soutenu par des critiques – tels que Michel Tapié et Michel Ragon – qui définissent son travail comme l’équivalent européen de l’Expressionnisme abstrait américain.

En prônant l’expression gestuelle, Karel Appel se réfère à Vincent Van Gogh et à la figuration expressionniste. Cette gestuelle se veut primitive et enfantine, à travers l’utilisation de couleurs vives et provocantes.

Karel Appel et le groupe CoBrA

Karel Appel est l’un des membres fondateurs du groupe CoBrA, créé à Paris en 1948. Ce groupe, composé d’artistes tels que Asger Jorn ou Pierre Alechinsky, propose de dépasser des mouvements en vigueur à l’époque, comme l’Art abstrait, alors considéré trop rigide et rationnel.

Les artistes de ce groupe valorisent un art à la fois spontané et expérimental. Ils utilisent un ensemble de pratiques héritées du Primitivisme, tout en s’intéressant et en s’inspirant des dessins d’enfants et de l’art des fous.

Le groupe CoBrA, fondé au même moment que la Compagnie de l’Art Brut de Jean Dubuffet, s’inscrit dans un courant de contre-culture. Ses adeptes rejettent toutes valeurs déjà établies et proposent de se libérer des conventions pour revendiquer « la spontanéité du naïf ».

En 1949, Karel Appel et les autres artistes CoBrA participent à une exposition collective au Stedelijk Museum d’Amsterdam. Cet évènement suscite alors de nombreuses critiques dans le public et dans la presse. Dans la foulée, la fresque Questionner les enfants que Karel Appel réalise pour l’Hôtel de Ville d’Amsterdam créé la controverse : l’œuvre est alors couverte pendant une dizaine d’années. C’est à ce moment que Karel Appel décide de déménager pour s’établir à Paris en 1950, avant de voyager au Mexique, aux États-Unis, au Brésil et en Italie.

Le style personnel de Karel Appel

Dès ses débuts, et jusqu’à son décès en 2006, Karel Appel affirme son style spontané et exubérant, flirtant même avec l’abstraction dans les années 1970.

Dans les années 1980, Karel Appel opère un renouveau pictural qu’il met à l’honneur avec un ensemble de grands polyptiques.

Les toiles de Karel Appel sont très souvent inspirées par l’enfance et l’imaginaire qui s’en rapproche. L’artiste choisit ainsi des couleurs fortes et défigurées. À propos de son œuvre, Karel Appel déclare : « Le premier stade, rouge et jaune, est toujours beau… C’est lorsqu’il s’agit d’en contrôler le bien-fondé que s’ouvre une cruelle dialectique. De l’antagonisme naît le doute. Une toile n’est pas le résultat d’une recherche systématique mais d’une aventure pleine d’angoisse. »

En parallèle, Karel Appel réalise plusieurs sculptures, alternant entre des bricolages CoBrA et des immenses installations baroques. Tout comme dans sa peinture, il intègre un aspect ludique.

L’évolution stylistique de Karel Appel

Le plus souvent, Karel Appel utilise du bois brut, ou peu travaillé, qu’il peint de couleurs vives pour donner du mouvement et de l’énergie à son œuvre.

Les premières œuvres de Karel Appel se caractérisent par leur aspect vif et joyeux ; elles évoquent l’univers enfantin. Les œuvres réalisées à la fin de sa carrière sont bien différentes, elles sont davantage dramatiques bien qu’elles soient toujours expressives, dans le geste tout comme dans les formes.

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Depuis la disparation de l’artiste en 2006, sa cote sur le marché de l’art connait un regain d’intérêt, notamment pour les œuvres issues de la période CoBrA. En 2016, plusieurs œuvres de Karel Appel sont alors vendues à plus de 700 000 euros. Dans les ventes aux enchères, l’adjudication s’élève parfois au double des estimations initiales.

Les peintures de Karel Appel, essentiellement réalisées avec de l’acrylique, sont très appréciées en ventes aux enchères. Leurs estimations oscillent entre 10 000 euros et plus de 500 000 euros. En effet, le prix de vente de certaines œuvres de Karel Appel surpasse toutes les estimations. En 2002, l’huile sur toile Women, Children, Animals, datée de 1951, est adjugée à 746 232 euros. Plus récemment, en 2019, l’œuvre The Fall est vendue à 81 250 euros.

Inspirées des arts primitifs et naïfs, les estampes de Karel Appel sont en grande majorité des lithographies. Elles présentent des personnages amorphes colorés à partir d’une palette vive. Leurs estimations peuvent débuter à 30 euros et monter jusqu’à 40 000 euros.

Les dessins de Karel Appel sont également très recherchés sur le marché de l’art. Bien qu’il utilise beaucoup la gouache, l’artiste s’intéresse beaucoup aux techniques mixtes. Les estimations de ces dessins oscillent entre 100 euros et 240 000 euros.

Enfin, les sculptures de Karel Appel sont ses créations les plus rares en ventes aux enchères. Très colorées, elles reprennent parfois les figures enfantines de ses peintures ou de ses dessins. Les prix de vente des sculptures de Karel Appel se situent entre 100 euros et 260 000 euros.

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Estimation gratuite Rosa Bonheur

Rosa Bonheur

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Estimation et cote de l'artiste Rosa Bonheur

Née à Bordeaux en 1822, Rosa Bonheur est une artiste connue pour ses peintures animalières réalistes, en particulier les représentations de chevaux. Au XIXe, l’artiste s’intitule comme pionnière dans le domaine de l’art féministe, ayant réussis à obtenir une reconnaissance et une rémunération égales à celles de ses homologues masculins.

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Qui est Rosa Bonheur, peintre d’art contemporain

Rosa Bonheur (1822-1899) était une artiste autodidacte qui est devenue l’une des peintres les plus célèbres de son temps. Elle a commencé sa formation artistique à un jeune âge auprès de son père, Raymond Bonheur, qui était peintre de paysages. Elle a appris les bases de l’art au cœur de son foyer, où elle a également développé un amour pour les animaux. L’artiste a reçu une formation en dessin anatomique des animaux en visitant des abattoirs et en assistant à des opérations de dissection dans des écoles de médecine vétérinaire.

En 1841, Rosa Bonheur a commencé à fréquenter des écoles d’art à Paris, notamment l’Académie Julian et l’École des Beaux-Arts, mais elle a rapidement abandonné en raison de son désaccord avec le système éducatif traditionnel. Elle a décidé de suivre son propre chemin artistique et de développer son propre style. Cette même année, la peintre commence à exposer ses œuvres dans les salons locaux et obtient en 1848, son premier succès important avec sa peinture intitulée Labourage nivernais. Cette même toile est achetée un peu plus tard par le gouvernement français pour être exposée au musée du Luxembourg.

Dans les années 1850, Rosa Bonheur a commencé à se concentrer sur les peintures animalières, en particulier les représentations de chevaux. En 1853, elle a présenté sa première grande œuvre, Le marché aux chevaux, qui est devenue un énorme succès. Elle a également été la première femme à être élue à l’Académie des beaux-arts de Paris.

Au cours de sa carrière, Rosa Bonheur a remporté de nombreux prix et distinctions, notamment la Légion d’honneur en 1865. Elle a été reconnue pour son engagement en faveur des droits des femmes et a été l’une des premières femmes en France à porter des vêtements masculins, ce qui lui a valu des critiques et des controverses.

De ce fait,  Rosa a été l’une des premières militantes pour les droits des femmes et a plaidé pour l’égalité des sexes dans le domaine de l’art. La peintre réussit à obtenir un atelier dans lequel elle peut s’exercer et donner des cours, ce qui était très rare à l’époque pour une femme. Elle a été une source d’inspiration pour les artistes féminines de son époque, notamment Berthe Morisot (1841-1895) et Mary Cassatt (1844-1926).

Les inspirations artistiques de Rosa Bonheur

Rosa Bonheur a connu le succès à l’âge de ses dix-neuf ans avec son tableau Deux taureaux dans la prairie, qui a été acheté par le roi Louis-Philippe. Elle a continué à peindre des scènes de la vie rurale et des animaux, remportant plusieurs médailles et distinctions, notamment une médaille d’or au Salon en 1848 pour son tableau « Le labourage nivernais ».

Cependant, Rosa Bonheur est surtout connue pour sa peinture Le marché aux chevaux, réalisée en 1853, qui représente un marché aux chevaux à Paris. La peinture a été très populaire et a contribué à faire de Rosa une artiste de renommée mondiale. Elle a également été la première femme à être décorée de la Légion d’honneur en 1865.

Les influences de Rosa Bonheur incluent les artistes hollandais du XVIIe siècle, en particulier Paulus Potter, ainsi que les peintres animaliers britanniques tels que Edwin Landseer. L’artiste a également été influencée par les peintres français de l’école de Barbizon, notamment Jean-François Millet et Théodore Rousseau, dont elle a adopté la technique de la peinture en plein air.

Rosa Bonheur a notamment été influencée par son mode de vie. Elle a passé beaucoup de temps à étudier les animaux dans leur habitat naturel, se rendant souvent à la campagne pour peindre. Elle a acquis une connaissance approfondie de la structure et de l’anatomie des animaux, ce qui a permis à ses peintures de refléter avec précision leur apparence et leur comportement.

(Illus.) Rosa Bonheur, Le marché aux chevaux, 1853, peinture à l’huile, New York, Metropolitan Museum of Art.

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Estimation gratuite Diego Giacometti

Diego Giacometti

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Estimation et cote de l'artiste Diego Giacometti

Né en 1902 à Borgonovo, en Suisse, Diego Giacometti est un sculpteur et designer connu pour son mobilier et ses objets d’art décoratifs. De par son style distinctif et son attention minutieuse aux détails, le sculpteur laisse un héritage artistique conséquent et continue d’influencer les générations suivantes d’artistes et de designers. 

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Qui est Diego Giacometti, sculpteur et designer contemporain

Originaire d’une famille d’artiste, Diego Giacometti est dès son plus jeune plongé dans le monde artistique. Son père, Giovanni Giacometti était un peintre post-impressionniste renommé, tandis que sa mère, Annetta Stampa, était issue d’une famille influente du milieu artistique. De plus, le frère de Diego, Alberto Giacometti devint l’un des sculpteurs les plus importants du XXe siècle. 

Durant les années 1919 et ce jusqu’en 1920, Diego Giacometti étudie brièvement l’architecture à l’Ecole d’Architecture de Genève en Suisse. Puis, l’artiste suit des cours à l’Ecole des Beaux-arts de Genève où il concentre ses compétences dans le domaine de la sculpture. Alors âgé de vingt-trois ans, Diego rejoint son frère à Paris en 1925 et partagent avec lui un atelier dans lequel ils réalisent plusieurs projets en commun.

Dans les années 1930, Diego Giacometti commence à travailler pour des clients privés et des collectionneurs d’art, créant ainsi des pièces sur mesure dans un style singulier. Le sculpteur utilisait des matériaux tels que le bronze, le fer forgé et le marbre, rendant ainsi ses créations proches d’un objet d’art. La renommée du sculpteur s’accroisse rapidement dans les années 1940 et 1950 et l’artiste commence à recevoir des commandes importantes pour des projets publics. On peut citer, par exemple, la création du décor et du mobilier pour le musée Picasso à Paris, réalisé en 1962, ainsi que les aménagements intérieurs du musée Maillol en 1964. 

Tout au long de sa carrière, Diego Giacometti est récompensé pour son travail en tant que sculpteur et pour la finesse de ses réalisations. En 1967, il obtient le Grand Prix National des Arts de la France, un prix prestigieux qui honore la contribution des artistes dans l’enrichissement des arts. Puis en 1971, le sculpteur est récompensé par le gouvernement français du titre de commandeur de l’Ordre des Arts et des Lettres. Son mobilier ainsi que son sens du design sont alors reconnus par ses pairs ainsi que les institutions publics. 

Diego Giacometti participe notamment à plusieurs expositions durant sa carrière. En 1947, il expose pour la première fois individuellement à la galerie Jeanne Bucher à Paris. Cette exposition marque les débuts officiels du sculpteur, mettant en avant ses meubles et ses objets décoratifs. Plus tard, en 1951, il participe à l’exposition collection au Salon des Réalités Nouvelles à Paris, un salon réservé à l’abstraction et à l’art non figuratif, où l’artiste présente ses sculptures en bronze aux côtés d’autres artistes contemporains. Puis en 1965, le sculpteur participe à nouveau à une exposition individuelle à la galerie Claude Bernard à Paris.

Plusieurs voyages ont permis à Giacometti d’enrichir son travail par la découverte de paysages et cultures variés. En 1935, l’artiste part en Egypte et est fasciné par l’architecture égyptienne et l’art de cette civilisation. Ce voyage influencera son travail artistique, notamment ses sculptures animalières et ses motifs inspirés de la nature. En 1955, il découvre l’Amérique du Sud en visitant des pays tels que le Brésil et l’Argentine. Son voyage en Grèce en 1962 renforce son inspiration pour ses créations à venir, en particulier grâce à la vision des grandes statues en bonze aux formes classiques.

Les inspirations artistiques de Diego Giacometti

Les voyages de Diego Giacometti sont vraisemblablement sa source d’inspirations principales, même si son entourage familial a été un tremplin dans son orientation artistique. En Egypte, le sculpteur est les motifs animaliers et l’architecture de l’Egypte ancienne. Cela se reflète dans ses sculptures animalières et ses motifs inspirés de la nature, qui rappellent les représentations égyptiennes. On peut citer, par exemple, son œuvre intitulée Table basse aux crocodiles réalisée en 1939. Cette pièce emblématique est une table basse en bronze ornée de crocodiles, illustrant l’influence de la nature et de l’animalité dans le travail de l’artiste.

(Illus.) Diego Giacometti, Ostrich, n.d, Llana Goor Museum, Jaffa.

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Gabriel Argy-Rousseau

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Estimation gratuite Gabriel Argy-Rousseau

Prix des œuvres de Gabriel Argy-Rousseau

  • Vases et jarres - entre 3000 € et 20 000 €

  • Bols, coupes et objets décoratifs - entre 1000 € et 800 €

  • Pièces monumentales ou uniques - jusqu’à 40 000 €

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Gabriel Argy-Rousseau : premiers pas vers l’art de la pâte de verre

Joseph-Gabriel Rousseau, dit Gabriel Argy-Rousseau, est né en 1885 à Meslay-le-Vidame dans la Beauce, dans une modeste famille de paysans. Entouré d’une nature plane et rigoureuse, rêvant aux vitraux de la Cathédrale de Chartres qu’il connaît bien, le jeune Argy-Rousseau reçoit une bourse pour achever ses études, et, féru de dessin déjà tout petit, il entre à l’école Breguet pour suivre des cours de chimie puis en 1902 à l’école nationale de céramique de Sèvres, où il se livre à l’art du verre. À Sèvres, il rencontre Platon Argyriadès, (instigateur de la commune libre de Montmartre en 1920 avec d’autres artistes et céramistes) qui deviendra son beau-frère. Il y rencontre aussi Henri Cros dont le fils est un élève. Ces deux grands noms deviennent ses maîtres en matière de pâte de verre. Pourtant le jeune Argy-Rousseau hésite sur le chemin à prendre, et dirige pendant quelques années un atelier de fabrique de porcelaine dentaire. Puis, après le rachat de l’entreprise par une firme américaine, Argy-Rousseau se lance corps et âme dans l’art de la pâte de verre et de la céramique. 

Gabriel Argy-Rousseau à l’assaut de l’art perdu de la pâte de verre

La pâte de verre est une technique antique, tombée dans l’oublie et ressuscitée au XIXe siècle par des artistes tels qu’Henri Cros, ou encore les artistes Art Nouveau que sont François Decorchemont, ou Georges Despret. En 1914, Gabriel Argy-Rousseau s’intalle dans son propre atelier à Paris, et grâce à son maître Henri Cros, il commence à élaborer des pièces en pâte de verre qu’il expose au Salon des artistes français. Joseph-Gabriel Rousseau épouse alors la soeur de Platon Argyriadès, Marianne, qui le pousse plus encore vers l’art et l’esthétique classiques (pour ne pas dire antiques) du verre, prônés aussi par l’école de Sèvres. Rousseau accole les premières lettres du nom de sa femme à son patronyme, et devient Argy-Rousseau. La guerre vient suspendre ses premiers pas en autonomie dans la création ; ses talents d’ingénieur sont mis à contribution, et Argy-Rousseau dépose de nombreux brevets pour des inventions variées. 

1921-1931 : Gabriel Argy-Rousseau et la Société des pâtes de verre

Après le conflit, Argy-Rousseau retrouve le chemin de l’atelier, et des multiples expositions auxquelles il participera désormais chaque année. Ses premiers succès s’accumulent, et il réalise notamment des flacons en verre soufflé à décor émaillé pour Marcel Frank (parfumeur et éditeur de cosmétiques). En 1921, fort de son ascension dans le milieu artistique, il créée la Société anonyme des Pâtes de verre d’Argy-Rousseau, grâce à Gustave Moser-Millot, propriétaire d’une galerie à Paris, et d’une cristallerie de Bohême partenaire non loin de Prague. Moser-Millot devient le principal actionnaire de l’entreprise d’Argy-Rousseau, et sa galerie du boulevard des Italiens vend les oeuvres réalisées par le verrier. Sous l’égide de l’homme d’affaires, la production s’intensifie, et dès 1924, les vases, lampes et autres objets qui sortent de l’atelier sont réalisés dans de plus grandes dimensions et dans de plus grandes quantités, car la société fonctionne avec une vingtaine d’employés. Des agents diffusent son travail aux quatre coins du monde. Loin des problèmes financiers Argy-Rousseau se consacre entièrement à la création. Il ne dénigre pas son ancienne passion, scientifique, et développe un procédé de photographie en trois couleurs qui lui vaut en 1927 une médaille d’argent de la Société de l’encouragement au progrès.  Toute sa vie, Argy-Rousseau fera oeuvre de photographe. 

Gabriel Argy-Rousseau et les déboires de la conjoncture

En 1929, le krach boursier touche et fragilise la Société des Pâtes de verres d’Argy-Rousseau. La société est dissoute en 1931, dix ans après sa création. Dès lors Argy Rousseau va travailler seul, et monte son atelier à la rue Cail. Il y créée ses « émaux de pâte de verre sculptés », dont les premiers sortent en septembre 1932 du nouveau four. Il se diversifie et créée aussi des modèles en pâte de cristal taillée, qu’il réalise jusqu’en 1937, puis une série d’objets en verre émaillé, décorés d’émaux d’or et de patine. Argy-Rousseau cherche à se démarquer de la pâte de verre industrielle remise au goût du jour par Lalique, Daum ou Sabino à prix attractif. Son travail est encore apprécié et il se remet à vendre lorsque survient la guerre. Alors, le manque de matière première contribue à ralentir de nouveau sa production. Il se remet à travailler pour le secteur dentaire, comme lorsque dans sa jeunesse, il avait oeuvré à la création de porcelaine dentaire. Gabriel Argy-Rousseau, malgré ses talents de verrier et céramiste, malgré le soutien de la Société des Artistes Décorateurs dont il est l’un des membres actifs, mourra ruiné et oublié du public le 20 janvier 1953. 

L’estimation des oeuvres de Gabriel Argy-Rousseau

Gabriel Argy-Rousseau a longtemps été oublié, mais depuis quelques décennies, on retrouve son nom plus fréquemment dans les expositions et sur le marché de l’art. En 2016, la lampe de table « oiseaux de paradis » de 1928, en pâte de verre et métal (28 cm) s’est vendue à New-York pour la somme de 57 900 euros hors frais. Son vase « singes » de 1923 en pâte de verre (30 cm) a été acquis pour 57 800 euros hors frais en 2013 aux Etats-Unis. Ses plus belles créations oscillent entre les 10 000 et les 50 000 euros, notamment pour des vases, des lampes et des sculptures de petite taille. Sa cote a connu une hausse ces dix dernières années, et promet de monter encore en fonction de la redécouverte de l’art raffiné et confidentiel de ce verrier à la patte originale. 

Reconnaître la signature de Gabriel Argy-Rousseau

Les œuvres authentiques de Gabriel Argy-Rousseau portent généralement une signature gravée ou moulée dans la pâte de verre, souvent en lettres capitales : « G. Argy-Rousseau ». Celle-ci apparaît le plus souvent à la base de la pièce ou sur le flanc, parfois accompagnée d’un numéro de modèle. Sur certaines créations, notamment les productions de série, la signature peut être plus discrète, intégrée au décor ou légèrement effacée avec le temps. La présence d’une signature nette, cohérente avec la typographie et la période de production, demeure un critère essentiel d’authenticité, à examiner attentivement lors d’une expertise.

Signature Gabriel Argy-Rousseau
Expertise signature Gabriel Argy-Rousseau

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Pierre Dmitrienko

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Estimation et cote de l'artiste Pierre Dmitrienko

Pierre Dmitrienko (1925-1974) est l’un des grands noms de la peinture d’après-guerre à Paris. Français d’origine russe, il a créé un style très reconnaissable où la peinture semble presque sculptée sur la toile. Il n’essayait pas de dessiner des objets précis, mais plutôt de faire passer des émotions fortes avec des couleurs souvent sombres. Si vous avez un tableau de lui, sachez qu’il fait partie de ces artistes dont la valeur remonte sérieusement dans les ventes aux enchères !

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La cote de Pierre Dmitrienko sur le marché de l’art

La cote des peintures à huile

Ce sont les pièces les plus prisées du marché. Les collectionneurs recherchent en priorité ses tableaux à l’huile des années 50 et 60, car c’est l’époque où sa peinture est la plus épaisse et la plus travaillée. Pour un grand format aux couleurs denses, les prix se situent souvent entre 10 000 € et 30 000 €, mais certains modèles exceptionnels peuvent grimper au-delà des 50 000 € ! Si votre œuvre est plus tardive (années 70) ou de dimension plus modeste, l’estimation peut tourner généralement autour de 4 000 € à 12 000 €.

Dernières ventes constatées :

  • Le Combat (1957), huile sur toile, 100 x 81 cm : 28 600 €
  • Pluies (1970), huile sur toile, format moyen : 12 500 €
  • Composition abstraite, huile sur carton, 33 x 41 cm : 4 500 €

La cote des dessins et aquarelles

Dmitrienko a beaucoup utilisé le papier pour s’exprimer avec plus de légèreté. Bien que plus abordables que les toiles, ces œuvres restent très appréciées ! Une belle gouache avec des couleurs vives peut monter jusqu’à 6 000 €, tandis qu’en moyenne, il faut compter entre 2 000 € et 5 000 € pour une jolie pièce signée. Les dessins plus simples, réalisés au crayon ou à l’encre, trouvent preneur entre 800 € et 1 500 €.

Exemples de ventes récentes :

  • Composition, gouache sur papier des années 60 : 6 200 €
  • Étude pour les Présences, encre et aquarelle : 2 800 €
  • Sans titre, fusain sur papier, 25 cm : 950 €

La cote des lithographies

On en trouve régulièrement entre 150 € et 500 €, le prix étant souvent plus élevé si l’œuvre comporte la signature manuscrite de l’artiste !

Résultats de ventes :

  • Lithographie originale, Épreuve d’Artiste (E.A.) signée : 450 €
  • Eau-forte, numérotée sur 50 exemplaires : 220 €

Comment reconnaître une œuvre de Pierre Dmitrienko ?

L’indice principal pour identifier son style se trouve dans l’épaisseur incroyable de sa peinture. Chez lui, la toile n’est jamais lisse : elle ressemble un peu à une écorce d’arbre ou à une pierre avec des reliefs, des griffures et des couches de peinture empilées les unes sur les autres. Dmitrienko apporte un soin immense à la texture de ses tableaux, allant jusqu’à gratter la peinture encore humide pour faire apparaître des teintes cachées sous les couches sombres !

Sa palette de couleurs reste volontairement sombre et discrète pour ne pas distraire l’œil. Il privilégie les noirs profonds, les gris charbon et les tons qui rappellent la terre ou la rouille, qu’il réveille soudainement par une touche de bleu intense ou un rouge vif. Dans ses œuvres, l’organisation est souvent similaire : on retrouve une forme imposante au centre (comme une silhouette ou un bloc de pierre) qui donne au tableau une présence et un poids uniques.

Reconnaître la signature de Pierre Dmitrienko

L’artiste signait presque toujours de son seul nom de famille « Dmitrienko », écrit en lettres droites, simples et très lisibles. Contrairement à d’autres peintres qui cherchent l’originalité, lui restait sur une écriture sobre, souvent située dans l’un des coins inférieurs de l’œuvre. Il accompagnait quasiment systématiquement son nom de l’année de création (par exemple « 57 » pour 1957), ce qui est une aide précieuse pour situer le tableau dans sa carrière !

Une particularité importante à vérifier est l’emplacement de cette signature : elle semble souvent faire corps avec la peinture, parfois même légèrement gravée dans l’épaisseur de la matière encore fraîche. N’oubliez pas de retourner votre tableau : Dmitrienko avait l’excellente habitude de signer une seconde fois au dos de la toile ou sur le châssis en bois, en y ajoutant très souvent le titre de l’œuvre au pinceau ou au feutre. Cette double signature est un indice de confiance majeur lors d’une expertise.

Tableau de Pierre Dmitrienko : ce que regardent nos experts

Pour estimer votre œuvre de Pierre Dmitrienko à distance, notre expert en art moderne Romain Rudondy s’attarde d’abord sur la texture de la peinture. Sur un vrai Dmitrienko, la lumière doit impérativement accrocher les reliefs de la pâte : une photo montrant une surface trop lisse ou uniforme est souvent un signal d’alerte. Il observe avec une attention particulière la manière dont l’artiste a gratté la matière pour faire ressortir les couleurs cachées en dessous, un procédé technique presque impossible à imiter sans trahir sa main !

Un autre indice crucial se cache fréquemment derrière le tableau. Dmitrienko travaillait avec des galeries parisiennes de renom (comme la Galerie Lucien Durand) qui marquait souvent les œuvres de son empreinte. Si Romain découvre une ancienne étiquette de galerie ou un titre écrit au pinceau par l’artiste lui-même au dos de la toile, c’est un excellent point pour la valeur de l’œuvre ! Ces preuves de provenance rassurent les acheteurs et permettent bien souvent de viser l’estimation la plus haute en salle des ventes.

Pierre Dmitrienko, un peintre en quête de lumière et de silence

Fils d’un immigré ukrainien et d’une mère polonaise, Pierre Dmitrienko (1925-1974) grandit à Paris dans une atmosphère slave qui imprègne durablement sa sensibilité. Après des études d’architecture à l’École des Beaux-Arts, il délaisse les plans techniques pour se consacrer pleinement à la peinture dès 1944. Cette même année, il s’installe dans son premier atelier et rencontre la sculptrice Alice Alleaume. Elle devient son épouse et sa plus proche collaboratrice dans une vie entièrement dévouée à la création.

Tout au long des années 1950, sa carrière prend une dimension internationale. Dmitrienko ne se contente pas de peindre : il expose également à Londres, à Lausanne ou encore à Venise et participe activement aux grands salons parisiens. Mais s’il fréquente des artistes comme Arpad Szenes ou Vieira da Silva, il fuit les mondanités pour privilégier la vie de quartier et le travail quotidien. Ses journées s’organisent autour de l’expérimentation : il triture la pâte, gratte les pigments et superpose les couches pour donner à ses œuvres sa patte reconnaissable entre mille.

La maladie fauche l’artiste en pleine ascension. Il s’éteint à seulement 49 ans, alors que les musées du monde entier commencent à collectionner ses toiles. Ce départ précoce laisse derrière lui une production immense mais un sentiment d’inachevé qui renforce le mystère de son travail. Aujourd’hui, on ne regarde pas ses tableaux comme de simples objets, mais comme le legs d’un homme qui a vécu pour son art avec une sincérité absolue. 

(Illus.) Pierre Dmitrienko – Pluie dorée ( 1960 )

Comme Dmitrienko travaillait avec beaucoup d’épaisseur, la peinture peut craqueler si elle a subi des changements de température brutaux. Mais ce n’est pas grave : un tableau conserve souvent mieux sa valeur qu’une œuvre trop restaurée. Pour l’expertise, n’hésitez pas à m’envoyer des photos de face, mais aussi quelques clichés de trois-quarts sous une lumière latérale pour que je puisse bien juger du relief. Et si vous retrouvez une vieille facture d’achat ou un catalogue d’époque, c’est un énorme plus pour obtenir l’estimation la plus haute !

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Hans Hedberg

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Estimation et cote de l'artiste Hans Hedberg

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Hans Hedberg : les premiers pas vers la carrière artistique

Hans Hedberg est né en 1917 à Köpmanholmen, un port du nord de la Suède. Hedberg est issu d’un père suédois, héritier d’une scierie, et d’une mère française, fille de baleiniers bretons. Sensible aux talents de son fils, qui s’intéresse aux arts plus qu’à la pêche, la mère d’Hans Hedberg pousse le jeune homme à se dédier à sa passion. À l’âge de vingt-et-un ans, Hans Hedberg s’investit dans une carrière artistique qui l’orientera vers la céramique et le sud de la France, loin des brumes et des hivers sans fin de sa suède natale. 

Hans Hedberg et la céramique : un voyage vers la poterie européenne ; Capri, Lucio Fontana et Peggy Guggenheim

Durant la Seconde Guerre Mondiale, le jeune Hans Hedberg effectue son service militaire. Il voyage beaucoup en conséquence, et découvre l’art européen, notamment à l’Académie royale danoise de Copenhague, où il se rend par à-coups pour étudier, et à l’Académie Colarossi de Paris. Peu à peu, Hedberg va se spécialiser dans la céramique. C’est surtout le voyage à Capri de 1947 d’Hedberg qui l’oriente définitivement vers cet art : Hans Hedberg se passionne pour la céramique italienne, et va étudier à l’Institut de céramique de Faenza durant deux ans, sur l’île de Capri. Hedberg se perfectionne dans l’art céramique, et il rencontre de grands collectionneurs ainsi que de grands artistes comme Marino Marini, et même le célèbre Lucio Fontana, lui-même très friand de céramique, ainsi que la très influente mécène Peggy Guggenheim. 

1949 : Hans Hedberg à Biot, parmi les artistes céramistes du Sud de la France

Après ces rencontres qui finissent de convertir Hans Hedberg à la pratique de la céramique, l’artiste décide de se rendre dans l’une des cités du sud de la France qui, avec celle mitoyenne de Vallauris, ont contribué au renouveau de cet art traditionnel : Biot, qui est aussi connue pour ses ateliers artisanaux traditionnels de verrerie. Hedberg rejoint sur la Côte d’Azur une colonie d’artistes tels que Suzanne Ramié (atelier Madoura), Picasso, Cocteau et Jean Marais, qui s’adonnent déjà à la poterie et ont adopté le sud-est comme patrie. 

Hans Hedberg ouvre son atelier à Biot, et connaît au fur et à mesure de plus en plus de succès. Pablo Picasso, mais aussi Fernand Léger, Jean Cocteau ou Marc Chagall viennent lui rendre visite et écouter ses conseils pour modeler la terre. En 1954, Hans Hedberg obtient le diplôme d’honneur de la 10e Triennale de Milan. En 1955, l’année suivante, la Médaille d’or des Chefs-d’oeuvre de la Céramique moderne, à Cannes. Entre autres, il obtiendra en 1968 le grand prix de la première biennale internationale de céramique d’art à Vallauris, preuve incontestable que de jeune potier, Hans Hedberg est devenu un maître en la matière.   

Hans Hedberg et la céramique fruitière vernie

Hans Hedberg s’intéresse aux formes rondes et pleines. Il commence par modeler sa terre pour former des oeufs, en reproduit les différents coloris, et tente d’inventer des émaux et vernis qui confèrent encore plus de rondeur à ses oeuvres. Peu à peu, à force d’essais, il se met, dans les années 1970 surtout, à réaliser des fruits, pommes, poires, raisins, citrouilles, aux formes exagérées, immenses, qu’il enduit d’un épais vernis. La brillance des coloris s’en voit renforcée ; une pomme est semblable, dans son répertoire, à une pomme d’amour, une pomme luisante de taille XXL. 

En parallèle, inspiré par la mer et la montagne qui s’offrent à lui depuis Biot, petite bourg médiéval planté sur une bande de terre coincée entre les deux éléments, Hans Hedberg imagine des créatures qui peupleraient les profondeurs azuréennes ; étranges oursins, coraux inconnus, mais aussi créatures de la terre, comme ses silhouettes de cyprès étrangement regroupées. Hedberg a aussi réalisé des reliefs sur commande, notamment pour la fac de sciences de Marseille.

Son vocabulaire issu de la nature est toujours rehaussé d’une forte dose d’imagination, de rêve et de mystique propre à l’âme du plus français des artistes suédois. Son travail est exposé dans de grands musées, à commencer par le musée qui porte son nom, le Hans Hedberg Museum, d’Örnsköldsviks, en Suède, mais aussi le Musée international de la céramique de Faenza, en Italie, le MoMA de New-York, Le Musée National de la Céramique, à Sèvres, ou le Kunstmuseum de Munich. 

Hans Hedberg s’est éteint à Cannes en 2007. 

L’estimation des oeuvres d’Hans Hedberg

Le record d’enchères pour une oeuvre d’Hans Hedberg a été atteint pour une grosse citrouille de 1990, céramique de 52 x 96 cm, vendue en 2016 en Suède pour la somme de 49 400 euros (hors frais). Pour la même somme (hors frais), on trouve également une paire de cerises qui a été acquise en Suède en 2015. Ses citrons et ses pommes circulent sur le marché, à des prix oscillant entre les 40 000 et 4 000 euros selon la taille, la couleur, la qualité. 

(Illus.) Hans Hedberg

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Eugénie O’Kin

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Estimation et cote de l'artiste Eugénie O’Kin

Découvrez le parcours de la créatrice Art Déco Eugénie O’Kin. Besoin d’une expertise concernant Eugénie O’Kin ? Contactez l’équipe d’Estimonobjet !

Estimation gratuite Eugénie O’Kin

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Eugénie O’Kin : une enfance japonaise tournée vers les arts ancestraux

Eugénie Jubin, dite Eugénie O’Kin ou encore Yokohama O’Kin, est née en 1880 d’un père français et d’une mère japonaise à Yokohama, au Japon. Son père Charles Jubin est spécialisé dans le commerce de la soie entre le Japon et la France, et il travaille en lien avec l’oncle d’Eugénie O’Kin, Emile Jubin, resté à Paris. Cet oncle, grand amateur d’art oriental (et ami d’Emile Guimet), ainsi que les parents de la jeune O’Kin, encouragent cette dernière à emprunter la voie des arts, car dès son plus jeune âge, Eugénie se révèle bonne dessinatrice et très créative. Eugénie O’Kin fait ses classes au pensionnat des Dames de Saint Maur à Yokohama, seul établissement français de la zone. Son père meurt alors qu’elle est adolescente, et cinq ans plus tard, la jeune femme décide de se rendre en Europe pour compléter sa formation et devenir artiste. 

Eugénie O’kin à Paris : la découverte de l’Art Nouveau et de l’Art Déco

En 1900, Eugénie O’Kin se rend à Paris où elle découvre le métier qui sera le sien, tabletière. Henri Hamm lui en dévoile tous les secrets. La jeune O’Kin expose dès 1906 au Salon d’Automne, au Salon de la Société Nationale des Beaux-Arts ainsi qu’au Salon des Artistes français. L’art d’Eugénie O’Kin est marqué par l’Asie, et rencontre les courbes voluptueuses de l’Art Nouveau finissant, qui se sont tempérées au contact des beaux bois et des matériaux nobles de l’Art Déco qui émerge alors. Tirant parti de cet amour pour la noblesse des matériaux, Eugénie O’Kin se consacre exclusivement à l’ivoire, aux perles, à la corne, au corail, au bois de sycomore, au palissandre ou bien encore à l’argent, des matériaux que son enfance lui ont permis de découvrir et d’apprécier. 

En parallèle de son apprentissage, Eugénie O’Kin rencontre le céramiste Henri Simmen, à qui elle enseigne les techniques ancestrales de la céramique japonaise et asiatique du sud. Simmen et O’Kin tombent amoureux, et continuent leur route ensemble. 

Eugénie O’kin et Henri Simmen : un couple d’artistes en Asie

En 1919, O’Kin et Simmen partent pour l’Asie, qu’ils vont sillonner jusqu’en 1921. Ils vont en Chine, au Japon, la patrie d’Eugénie, ou encore en Corée. Ils passent également par Saïgon où le frère d’Eugénie O’Kin est installé. C’est pour les deux époux une révélation ; leur art se colore d’une influence khmer dont jamais ils ne se départiront dans leur travail. Henri s’enivre plus que jamais de l’art traditionnel de la céramique, dont les tonalités rouges, brunes, ocres et moirées sont facilement reconnaissables dans son travail. Ce voyage est une véritable quête artistique, et ils rapporteront en France un style japonisant tout à fait en accord avec le travail des laques et des bois précieux tirés d’un goût pour l’orient typique de l’Art Déco que l’on observe déjà alors à Paris. 

Simmen et O’Kin : une collaboration à l’atelier comme à la ville

Quelques années après leur retour en France, en 1923, O’Kin et Simmen quittent la capitale pour s’installer à Marseille. Ce choix est lié à l’activité portuaire de la ville, où accostent les matériaux envoyés par le continent asiatique et dont Henri Simmen est si friand pour concevoir ses oeuvres. Eugénie O’Kin et Henri Simmen resteront toute leur vie des artistes-artisans, refusant l’industrialisation des procédés de fabrication. Leur travail dans le nouvel atelier de Marseille restera traditionnel, artisanal et précieux. À quatre mains, ils conçoivent bientôt des flacons et des vases surmontés d’un élément (bouchon, couvercle) travaillé en ivoire ou dans un autre matériau cher à Eugénie. Peu à peu, Eugénie O’Kin ne créée plus que les « pièces manquantes » des céramiques de son mari, comme si leur création était intimement liée, irrévocablement liée. 

La préciosité des oeuvres qu’ils créent est mise à contribution par l’un des plus grands représentants de l’Art Déco français, Jacques-Émile Ruhlmann, lui aussi tenté par l’usage de nobles matières, et qui, dans ses somptueux décors d’ameublements, intègre des céramiques et des objets en ivoire signés Simmen et O’Kin. En 1925, des pièces d’Eugénie sont présentes dans le fameux « Hôtel du Collectionneur » de Ruhlmann (Exposition internationale des Arts Décoratifs), une installation devenue mythique et tout à fait représentative du mouvement Art Déco. 

Eugénie O’Kin est morte en 1948. Son mari l’a suivie vingt ans plus tard. 

L’estimation des oeuvres d’ Eugénie O’Kin

L’art d’Eugénie O’Kin est reconnu et apprécié des amateurs. Le record d’enchère pour l’une de ses oeuvres a été atteint en 2017 ; une petite boîte ovale à décor d’ormeaux travaillée en ivoire, ébène, palissandre, points d’or, de 13,7 cm de diamètre, s’est vendue pour 120 000 euros (hors frais). Ses vases en ivoire miniatures les plus raffinés sont estimés aux alentours des 20 000 euros pièce, tandis que ses sculptures de jeunes femmes oscillent entre 15000 et 20 000 euros. Ses dessins sont beaucoup moins cotés, et ne dépassent pas les 1 000 euros d’estimation. 

(Illus.) Eugénie jubin detta o’kin, porta bonbon in legno dipinto e incrostato, francia 1910

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