Estimation gratuite Jean Dunand

Jean Dunand

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Estimation et cote de l'artiste Jean Dunand

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Estimation gratuite Jean Dunand

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Jean Dunand : un artiste précoce de Genève à Paris

Jules-John Dunand, qui francisera son nom en Jean Dunand, est né à Lancy, en Suisse, en 1877, dans une famille d’origine française. Dès 1891, le jeune Dunand entre à l’Ecole des Arts industriels de Genève. Après cinq ans d’études, couronnées du premier prix de ciselure en 1893, de la médaille d’argent des écoles municipales de Genève l’année suivante, et du Premier prix en 1895, il obtient en 1897 une bourse de la ville de Genève pour se rendre à Paris et y poursuivre ses études d’art. À son arrivée, il se met à travailler dans une entreprise de staff, modelage et décoration, où il rencontre le sculpteur Paul Jouve. En parallèle, il suit les cours du soir à l’Ecole nationale Supérieure des Arts Décoratifs dans l’atelier de Jean Dampt, qui le choisit, ainsi que son ami Carl Angst, pour poursuivre en petit comité leur apprentissage. Pendant les vacances, il rentre à Genève où il se forme chez un artisan aux subtilités de la dinanderie. Sous l’aile de Jean Dampt, qui invite régulièrement les jeunes artistes dans sa résidence de Touraine, Jean Dunand devient sculpteur. En 1900, il est présent à l’Exposition Universelle, pavillon suisse, où il expose la sculpture en bronze Quo Vadis et reçoit une médaille d’or.  

Jean Dunand et les arts décoratifs : de la sculpture vers la décoration et le laque avec le maître Sugawara

De 1903 à 1906, avec Dampt, Jean Dunand participe au réaménagement intérieur de la demeure de la comtesse de Béarn. Il est nommé membre associé de la Société nationale des Beaux-arts et à partir de 1906, il se tourne définitivement vers les arts décoratifs, à commencer par la dinanderie pour laquelle il obtiendra une médaille d’or à l’Exposition internationale de Milan cette même année. Reconnu par les Etats Suisse et Français pour son travail remarquable sur métal, Dunand enchaîne dès lors les titres. Il est présent à de nombreuses expositions d’envergure. En 1909, il contribue à former le groupe d’artistes décorateurs La Cimaise. C’est à cette époque qu’il change son nom en Jean Dunand. En 1910, Jean Dunand participe au salon des artistes décorateurs, mais il est également fait sociétaire du Salon d’automne, et encore une fois, l’un de ses vases en dinanderie est choisi pour aller rejoindre les collections du musée du Luxembourg. 

La carrière de Jean Dunand s’envole, et en 1912 a lieu un événement important : il rencontre le laqueur japonais Seizo Sugawara qui lui apprend les techniques du laque. Dunand est de toutes les expositions et de tous les salons, il réalise un très remarqué vase aux deux cobras mesurant plus d’1,30 m, ou la notoire pendule Caducée en partenariat avec Jean-Philippe Worth. 

La guerre met un terme à l’exceptionnelle ascension de Jean Dunand, pendant quelques années d’engagement au cours desquelles il perd un oeil et conçoit un nouveau casque à visière. 

Jean Dunand au sortir de la guerre : passion laque et récompenses

Jean Dunand continue de travailler le laque. Il est élu au jury du prix américain Blumentahl qui récompense les artistes français de la période. Dunand expose à New-York mais il se remet aussi à exposer en France aux salons habituels (artistes décorateurs, salon d’automne). Le style de Dunand se modernise, grâce à la géométrisation des formes qu’il opère. Dunand est chevalier de la Légion d’Honneur en 1919. En 1921, au Salon des Artistes Décorateurs, Jean Dunand peut enfin exposer l’oeuvre dont il rêve depuis plusieurs années, lui qui n’arrivait pas à intégrer totalement le laque à ses créations : un long panneau entièrement laqué, commandé par le peintre Henry de Waroquier, que Dunand a réalisé sur dessin de ce dernier (motifs de barques de pêcheurs et fond montagneux). En 1921, une exposition à la galerie Georges Petit fait date : Dunand y a réuni ses amis Paul Jouve, Jean Goulden et François-Louis Schmied, ami d’enfance de Dunand. Ces artistes sont les tenants les plus brillants du luxe Art Déco, et leur succès est fulgurant, à tel point qu’ils recommencent plusieurs années de suite à exposer ensemble. 

Jean Dunand se diversifie : la mode, le mobilier, les paquebo

Dunand japonise et géométrise son style ; usage de coquille d’oeuf, du contraste rouge et noir, le modernisme de ses dinanderies  sur cuivre s’accroît. Le créateur se lance dans la mode, créant des bijoux pour Jeanne Lanvin, Elsa Schiaparelli ou Madame Agnès. En 1925, à l’Exposition des Arts décoratifs et industriels modernes, il est présent, vice-président de la section Métal. Outre ses vases de dinanderie, c’est son talent de laqueur qui est visible : le fameux bahut de Jacques-Emile Ruhlmann, l’un des plus grands créateurs de l’Art Déco, est recouvert d’une laque noire par Jean Dunand. Dans le pavillon de la Société des Artistes Décorateurs, Jean Dunand réalise l’ensemble du fumoir du projet d’« Ambassade française à l’étranger », un grand succès. Fort de cette ascension, Jean Dunand devient en 1926 vice-président de la Société des Artistes décorateurs, refusant d’en prendre directement la tête. Cette même année, il présente 17 paravents lors de l’exposition annuelle avec ses trois amis à la galerie Georges Petit, un exploit qui se renouvellera dans le temps. 

À partir de 1927, Jean Dunand va participer aux chantiers des plus beaux paquebots français. Il commence par l’Ile-de-France, puis l’Atlantique, dès 1930. De plus en plus, il travaille pour les grands mécènes américains : Joséphine Baker, mais aussi la société Lord & Taylor, puis le milliardaire Templeton Crocker dont il réaménage la demeure de San Francisco avec Jean-Michel Frank. Retenu pour l’Exposition coloniale de 1931 (Vincennes), il réalise un ensemble de décoration pour un vestibule colonial, d’abord présenté à Paris, au Salon des Artistes Décorateurs de 1930, qui connaît un succès retentissant. Jean Dunand y sera honoré d’un grand Prix, et il offrira à l’Etat français la majeure partie de ses décorations réalisées pour l’occasion. 

Jean Dunand, une référence de l’Art Déco

En 1932, après un voyage en Italie où il découvre les mosaïques de Ravenne, Jean Dunand se lance dans cette discipline, car l’inaltérabilité de la mosaïque lui plaît. En 1933, il reçoit une prestigieuse commande de cartons de tapisseries pour la manufacture des Gobelins. En 1935, le paquebot Normandie est présenté au public ; à l’intérieur, un fumoir et une partie des pièces de la première classes sont signées Jean Dunand, ornées des panneaux de laque unie dorée ou de laque polychrome gravée de l’artiste. Dans le jury de l’Exposition Universelle de 1937, Jean Dunand est aussi nommé professeur de laque, et est exposé au pavillon de la Société des Artistes Décorateurs. 

Jusqu’à l’année de sa mort, en 1942, Dunand continue à travailler les panneaux de laque, les vases martelés en cuivre, à être exposé en France et à l’étranger. La veille de sa mort, il travaillait encore à un large panneau laqué représentant l’église d’Estaing (Lot). 

L’estimation des oeuvres de Jean Dunand

Le travail de Jean Dunand est très coté et très prisé des collectionneurs. Le record d’enchère a été remporté en 2021 à Londres, lorsqu’un ensemble de revêtement mural en bois laqué et métal de 1930-36, intitulé « Les Palmiers », et originellement destiné à la résidence de Melle Colette Aboucaya, a été acquis pour la somme de 3 145 200 euros hors frais (soit près de 3 millions 900 000 euros avec). 

L’un de ses panneaux de laque de 1930, représentant une baigneuse (274,3 x 189,2 cm) a été acquis pour 910 200 euros hors frais en 2015 à New-York. 

Quant au record pour l’une de ses dinanderies, c’est un vase de 51,5 cm de hauteur, daté vers 1925, en métal laqué et coquille d’oeuf, qui s’est vendu en 2012 pour la somme de 578 500 euros hors frais à New-York. Si certaines de ses oeuvres connaissent de tels records, il est à noter que les prix sont extrêmement variables. Certaines coupelles en dinanderie simple sans laque se sont par exemple récemment vendues autour de 600 euros hors frais pièce. 

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(Illus.) Autoportrait de Jean Dunand 

En lien avec Jean Dunand

Estimation d’objet d’art en ligne : comment faire ?

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Estimation gratuite Antonin Mercié

Antoine Mercié

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Estimation et cote de l'artiste Antonin Mercié

Antonin Mercié (1845-1916) est un sculpteur et peintre français né à Toulouse. Il obtient sa reconnaissance de ses groupes sculptés aux thèmes patriotiques. Il fait partie de l’école dîtes toulousaine.

Estimation gratuite Antonin Mercié

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Qui est Antonin Mercié, sculpteur en art contemporain

 

Antonin Mercié  commence sa  formation à l’école des Beaux-Arts de Paris où il est l’élève d’Alexandre Falguière (1831-1900) et François Jouffroy (1806-1882). Le sculpteur apprend alors les bases de la sculpture, inspiré par ses professeurs profondément touchés par le patriotisme. 

Après avoir reçu le Prix de Rome en 1868, le sculpteur obtient une reconnaissance de Paris à Rome. Sa réalisation intitulée Thésée vainqueur du Minotaure contribue à sa participation au salon parisien.   Antoine Mercié est pensionnaire à la Villa Médicis depuis laquelle il transmet le plâtre de son David vainqueur de Goliath qui lui permet d’obtenir la médaille de première classe au salon de 1872. Le David reçoit tellement de succès qu’il devient une des images les plus diffusées dans les journaux illustrés. La statue est d’ailleurs éditée en plusieurs exemplaires de petites tailles puis en six dimensions différentes par le fondeur Barbedienne.

Dans ce même temps, le sculpteur réalise en 1874 son groupe sculpté Gloria Victis, d’une hauteur de deux mètres vingt qui finit par être installé en 1884 dans la cour d’honneur de l’Hôtel de Ville de Paris.

Par la suite, Antonin Mercié rentre à Paris où il s’installe au 15 avenue de l’Observatoire dans le sixième arrondissement de Paris. Le sculpteur est déjà célèbre et ses statues sont prisées par des institutions telles que le musée d’Orsay, Le Petit Palais ou encore le musée du Louvre.  En 1877, le sculpteur réalise un bas-relief intitulé Le Génie des arts. L’engouement pour ce bas-relief est tel qu’il finit par remplacer un Napoléon III d’ Antoine Louis Barye sur les guichets du Carrousel du palais du Louvre. 

En 1882, Antonin Mercié renouvelle le succès patriotique obtenu grâce à son bronze Gloria Victis avec le groupe Quand même !, et obtient sa place au salon. Deux exemplaires en bronze sont érigés à Belfort  et un exemplaire en marbre est installé dans le jardin des tuileries à Paris. Son succès est confirmé par l’emplacement de ses productions. Le sculpteur reçoit en 1885 une commande d’ornement pour la tombe de l’épouse de Charles Ferry et réalise un haut-relief en marbre. Antonin Mercié reçoit des commandes d’ordre divers allant du groupe sculpté au monument aux morts, faisant de lui un sculpteur polyvalent.

Les inspirations et influences artistiques du sculpteur Antoine Mercié

Antonin Mercié réalise de nombreuses œuvres sur les thèmes patriotiques qui deviennent, très vite, son domaine de prédilection. Le sculpteur représente des épisodes historiques de l’histoire française en s’inspirant de représentations d’ordre mythologique. Lorsqu’il représente David,  une de ses œuvres les plus connue, le sculpteur  fait preuve d’une minutie sans pareil dans les détails du visage du héros de la Bible.  Son bronze s’inspire du fameux David de Donatello. L’artiste réalise de nombreux bustes, des statuts et même des médaillons qui lui valent une médaille d’honneur à l’Exposition universelle de 1878. Il finit par enseigner le dessin et la sculpture à l’école  des Beaux-Arts où il forme de nombreux artistes du XXe siècle comme le célèbre Constantin Brancusi. 

Antonin Mercié se lance dans la peinture à partir de 1880, et reçoit une médaille au salon de 1883 avec une Vénus rousse sur le modèle de celle de Botticelli. Le sculpteur s’inscrit dans la catégorie des peintres de l’École toulousaine dont Alexandre Falguière en est le chef de file. L’artiste est reconnu pour ses décorations architecturales, telle que Le Génie des arts, et pour avoir ornée plusieurs monuments de France. Antonin Mercié maîtrise, par un exercice minutieux, la forme et le rendu d’un drapé presque réaliste. Il utilise un bronze patiné pour réaliser son David et sculpte sur la base circulaire des motifs orientaux avec une précision impressionnante. Le sculpteur s’empare ensuite d’une action et il suppose un mouvement de retrait de l’épée de David ou bien son rangement dans le fourreau. La scène est à mi-temps entre le début et la fin de l’action rendant la sculpture dynamique malgré la symbolique de la scène représentée.

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(Illus.) Antonin Mercié, David, 1871, Bronze, Musée des Augustins, Toulouse.

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Estimation gratuite Théodore Géricault

Théodore Géricault

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Estimation et cote de l'artiste Théodore Géricault

Considéré comme un artiste majeur du romantisme français, Théodore Géricault (1791 – 1824) a vécu une vie intense et passionnée. Le Radeau de la Méduse, son plus célèbre tableau, marque un bouleversement dans les codes traditionnels de la peinture.

 

Estimation gratuite Théodore Géricault

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Les débuts flamboyants du peintre Théodore Géricault

Né à Rouen en 1791, Théodore Géricault grandit dans une famille bourgeoise monarchiste. À dix-sept ans, il hérite de la fortune de sa mère et il décide de se consacrer à la peinture. Théodore Géricault débute son apprentissage artistique en 1810, à Paris, dans l’atelier de Carle Vernet, peintre de genre et maître dans la représentation des chevaux. Théodore Géricault poursuit ses études avec le peintre néoclassique Pierre-Narcisse Guérin.
En 1811, à l’École des beaux-arts, Théodore Géricault rencontre Eugène Delacroix. Fasciné par les peintures plus anciennes, le jeune artiste fréquente assidûment le musée du Louvre où il exécute de nombreuses copies. En reproduisant de grandes toiles, Théodore Géricault acquiert les techniques des plus grands maîtres de la peinture. Passionné par les chevaux, il réalise également de nombreuses études de l’animal aux Grandes Écuries impériales de Versailles. 

En 1812, Théodore Géricault, alors âgé de vingt-et-un ans, envoie son premier tableau au Salon de Paris. Son portrait équestre représente le lieutenant de la garde impériale Dieudonné, sabre à la main, fier sur son cheval cabré. Il est immédiatement salué par le jury qui lui octroie une médaille d’or. Intitulé Officier de chasseurs à cheval de la garde impériale chargeant, ce tableau séduit par ses couleurs et sa composition magistrale. Quelques mois plus tard, le lieutenant qui a tenu rôle de modèle est tué lors de la campagne de Russie. 

En 1814, le tableau Cuirassier blessé quittant le feu ne connaît pas le même succès à cause de son thème politique. Malgré sa magistrale exécution, il symbolise la débâcle des armées napoléoniennes, ce qui est loin d’être un sujet en vogue sous la Restauration.
Cette même année, le jeune Théodore Géricault tombe passionnément amoureux de sa tante Alexandrine, provoquant un scandale familial.

Théodore Géricault, grande figure du romantisme

Après un voyage en Italie en 1816, Théodore Géricault peint des portraits, avec une prédilection pour les figures de brigands, et des scènes de genre. Son Marché aux bœufs, peint en 1817, reprend une scène de la vie quotidienne romaine. C’est à cette période qu’il entreprend son œuvre la plus mondialement connue : Le Radeau de la Méduse.
Voulant présenter au Salon de 1819 une toile monumentale, Théodore Géricault recherche un sujet d’actualité. Il s’inspire du naufrage de « La Méduse », frégate échouée au large du Sénégal et dont les rescapés se livrent au cannibalisme pour survivre. Cette frégate, à la demande du roi Louis XVIII, avait pour mission de reprendre les Comptoirs français en Afrique. Le capitaine, incompétent, est jugé responsable du naufrage. Cette scène glaçante est représentée par l’artiste avec expressivité, dureté et crudité. Le désir de réalisme conduit le peintre à faire construire une réplique du radeau dans son atelier, et à réaliser des études préparatoires de cadavres. Le tableau, alors exposé au Salon, sème le trouble et divise le public. Certains en sont fascinés tandis que d’autres le rejettent avec dégoût. Théodore Géricault part l’exposer à Londres en 1820 où le tableau emporte l’adhésion de la critique. Par la représentation de ce fait divers dramatique comme sujet politique, le peintre marque avec une incontestable virtuosité un tournant dans l’histoire de l’art. 

De retour à Paris en 1821, Théodore Géricault, de santé fragile, entame une série de portraits de malades mentaux. Le peintre, par sa fine observation, montre les tourments intérieurs et les troubles psychologiques des monomanes.
Théodore Géricault décède en 1824, à trente-deux ans.

Les œuvres de Théodore Géricault sur le marché de l‘art

Les peintures de Théodore Géricault restent très prisées sur le marché de l’art. Si son Portrait d’Alfred et Élisabeth Dedreux, huile sur toile peinte vers 1818, a atteint la somme record de 8 000 000 euros en 2009, des œuvres plus récentes se sont vendues à des prix relativement inférieurs.

En 2016, la peinture Léda et le Cygne, aux dimensions modestes, a été adjugée à 745 450 euros. Le Portrait du Naufragé, une tête d’étude pour son œuvre Le Radeau de la Méduse, a été vendu 447 000 euros en 2020 tandis que son étude pour un Cuirassier a été vendue au prix de 34 874 euros en 2022. Cette même année, Tullia fait écraser son père sous les roues de son char, une huile sur toile aux dimensions de 65 par 80,5 centimètres, a été vendue pour la somme de 30 000 euros.

Quant aux nombreux dessins de Théodore Géricault, ils sont également très recherchés. Une étude à la pierre noire pour Le Radeau de la Méduse a atteint 406 725 euros en 2013. L’année suivante, la gouache Vue de la colline de Montmartre est vendue au prix de 856 685 euros. Plus récemment, en 2022, Le Cheval du plâtrier est adjugé à 40 000 euros tandis que son étude à l’encre brune représentant un homme nu qui pleure la mort d’un autre est vendue 23 280 euros. 

(Illus.) Théodore Géricault Le Radeau de la Méduse 1818


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Estimation gratuite Leon Bakst

Léon Bakst

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Estimation et cote de l'artiste Léon Bakst

Léon Bakst (1866-1924) est un artiste russe à la fois peintre, décorateur et costumier, collaborateur des Ballets Russes. Néoromantique, il révolutionne l’art du décors et du costume, et s’établit ainsi en grand artiste moderne.  

Estimation gratuite Leon Bakst

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Léon Bakst, un néoromantique russe

Léon Bakst naît en 1866 au sein d’une famille bourgeoise juive, qui l’encourage à développer sa sensibilité artistique. Entre 1883 et 1886, il réalise ses études à l’Académie des beaux-arts de Saint-Pétersbourg puis il voyage en Italie, en Allemagne et en France à partir de 1891. À Paris, Léon Bakst fréquente l’Académie Julian et l’atelier de Jean-Léon Gérôme.  

De retour en Russie, Léon Bakst fonde le groupe d’artistes Mir Iskusstva (Le Monde de l’Art) en 1898, aux côtés de Serge Diaghilev et Alexandre Benois. Inspirés du symbolisme et de l’art nouveau européen, les artistes souhaitent renouveler l’art russe sans exclure la valeur de la Beauté, que remet en cause la société industrielle, puis les avant-gardes artistiques. Les artistes miriskunikis incarnent un néo-romantisme russe.

Rapidement, Léon Bakst reçoit des commandes de l’État russe, du tsar Nicolas II. Il réalise également de nombreux portraits d’artistes et de poètes russes tels que Philippe Maliavine, Andreï Biély ou encore Zinaïda Hippuis. Plutôt que la peinture à l’huile, l’artiste recourt à la gouache, l’aquarelle, le crayon ou la craie, privilégiant des effets lumineux et un goût de l’inachevé, propres à de nombreux miriskunikis.

Léon Bakst, l’aventure des Ballets Russes

De manière résolument moderne, les artistes miriskunikis plaident en faveur de la fusion des formes artistiques incluant le théâtre, la décoration et l’édition. Ils se fascinent pour les formes d’art populaire comme la marionnette, le masque et le carnaval, et se révèlent sensibles à l’humour, au grotesque et au jeu. 

Léon Bakst l’incarne au théâtre à travers des décors et des costumes révolutionnaires. Dès 1908, il monte une série de spectacles antiques en Russie. L’année suivante, il débute une collaboration avec les Ballets Russes, et s’installe à Paris pour rejoindre le siège de la compagnie. Entre 1909 et 1921, Léon Bakst réalise les décors et les costumes de grands ballets tels que Schéhérazade, L’oiseau de feu ou Le spectre de la rose. 

Dans ses réalisations, Léon Bakst compose un univers néo-romantique, imprégné des mondes orientaux, de romantisme français et allemand, ou de la Grèce archaïque. Sublimant le corps des danseurs, l’artiste compose une proposition moderne alternative à l’éclatement de la figure conçu par le cubisme. De même, dans ses décors, Léon Bakst maintient la sensualité, en déployant d’éclatant coloris, et élargit la scène par un jeu de perspectives, fait de lignes et de plans. Il renouvelle ainsi l’art de la mise en scène.

Léon Baskt, artiste moderne

En 1922, Léon Bakst cesse sa collaboration avec les Ballets Russes. En parallèle, il peint des paysages et continue ses portraits d’artistes et d’écrivains tels qu’Anna Pavlova, Blaise Cendras ou Claude Debussy. Mais c’est davantage en tant que décorateur et costumier que Léon Bakst laisse son empreinte auprès de ses contemporains. À propos de Bakst, Marcel Proust écrira ne rien avoir connu de plus beau que Schéhérazade. 

À travers ses décors et ses costumes, Léon Bakst propose une manière nouvelle et avant-gardiste de concevoir la mise en scène. Il s’oppose au réalisme artificiel du théâtre de grand Boulevard, ainsi qu’au dépouillement et au retour au texte proposé par le grand Jacques Copeau. Par ce biais, Léon Bakst révolutionne l’art de la mise en scène, et laisse une trace durable sur les arts décoratifs et l’histoire des avant-gardes artistiques. 

Les croquis, qui en rendent compte, se révèlent les témoins, autant que les oeuvres d’art finies, de Léon Bakst, grand artiste moderne.   

Les oeuvres sur papier de Kijno sont très recherchées des collectionneurs, notamment les dessins sur papier froissé. Il faudra compter en moyenne entre 150 et 2 000 euros, avec quelques exceptions susceptibles de frôler les 8 000 euros. Quant aux lithographies, estampes ou sérigraphies, on s’attendra également à de jolies sommes allant de 90 à 600 euros.  

Faire estimer gratuitement une oeuvre de Léon Bakst

Sur le marché de l’art, on retrouve de nombreux projets de costumes de Léon Baskt, tantôt des oeuvres sur papier tantôt des lithographies. On observe également une cote à la hausse pour cet artiste ces dernières années.

À l’aquarelle, au crayon, à la craie, et parfois rehaussés de doré et d’argenté, les dessins des projets de costumes de Léon Bakst sont estimés en moyenne entre 1 500 et 30 000 euros. Si les premiers prix débutent à 1 500 euros, ils s’élèvent rapidement autour de 15 000 euros pour les projets les plus connus de l’artiste tels que Shéhérazade.

Pour les lithographies de Léon Bakst, on compte en moyenne entre 90 et 250 euros, tandis que les rares gravures s’envolent à des sommes autour de 400 euros. Enfin, les programmes des Ballets Russes, réalisés par Bakst, Picasso et Derain, sont estimés entre 250 et 350 euro

À travers ses décors et ses costumes, Léon Bakst propose une manière nouvelle et avant-gardiste de concevoir la mise en scène. Il s’oppose au réalisme artificiel du théâtre de grand Boulevard, ainsi qu’au dépouillement et au retour au texte proposé par le grand Jacques Copeau. Par ce biais, Léon Bakst révolutionne l’art de la mise en scène, et laisse une trace durable sur les arts décoratifs et l’histoire des avant-gardes artistiques. 

Les croquis, qui en rendent compte, se révèlent les témoins, autant que les oeuvres d’art finies, de Léon Bakst, grand artiste moderne.   

Les oeuvres sur papier de Kijno sont très recherchées des collectionneurs, notamment les dessins sur papier froissé. Il faudra compter en moyenne entre 150 et 2 000 euros, avec quelques exceptions susceptibles de frôler les 8 000 euros. Quant aux lithographies, estampes ou sérigraphies, on s’attendra également à de jolies sommes allant de 90 à 600 euros.  

(Illus.) Autoportrait 

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Estimation gratuite Hans Arp

Hans Arp

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Estimation et cote de l'artiste Hans Arp

Artiste franco-allemand, Hans Arp est à la fois sculpteur, créateur de collages et poète. Fondateur du dadaïsme, proche du surréalisme, membre du groupe Abstraction Création, Hans Arp traverse l’histoire de l’art moderne. 

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Hans Arp, cofondateur de Dada

Né en 1886 à Strasbourg, Hans Arp, également connu sous le prénom de Jean, grandit dans la culture franco-allemande. À la croisée de ces deux pays, Hans Arp étudie aux Beaux-Arts de Weimar et à l’Académie Julian entre 1904 et 1908. De ces deux écoles, il ne retient que leur académisme qu’il rejette. 

Hans Arp trace sa voie dans le milieu de l’avant-garde. En 1911, alors installé en Suisse alémanique avec sa famille, il co-fonde le mouvement Moderne Bund, où il rencontre Paul Klee. De retour à Strabourg, il étudie à l’école des arts décoratifs entre 1912 et 1913. Ces mêmes années, il exposera avec le groupe expressionniste Der Blaue Reiter, avant de délaisser les arts plastiques pour la poésie.  

Lorsque la Première Guerre mondiale éclate, Hans Arp s’échappe à Paris avec son frère. L’année suivante, il trouve finalement refuge à Zurich, et rencontre de nombreux artistes tels que Tristan Tzara, Michel Janco, Sophie Taeuber… Au détour d’une rue, ils font la connaissance des propriétaires du Cabaret Volaire, Hugo Ball et Emmy Hennings, qui les invitent à exposer. 

Le 5 février 1916, le Cabaret Voltaire est inauguré. Les artistes présentent des concerts, des performance, de la poésie et des lectures, dans un décor créée par Michel Janco et Hans Arp. C’est au cours de cette soirée cacophonique que naît Dada. Co-fondateur du mouvement, Hans Arp créera en 1920 un groupe dadaïste à Cologne avec l’artiste Marx Ernst. 

Hans Arp, artiste à l’avant-garde

Littéraire et artistique, le mouvement dada rejette les conventions artistiques et politiques, mêlent les disciplines et expérimentent les formes. Les dadaïstes proposent l’humour, l’absurde et la fête comme alternative à la guerre, et se liguent contre l’ordre bourgeois. En 1916, Hans Arp laisse tomber des morceaux de papiers déchirés sur une feuille posée au sol. Typiquement dadaïste, ce  geste donne naissance à l’oeuvre Collage avec carrés disposés selon les lois du hasard. 

Au sein des dadaïstes, Hans Arp développe un vocabulaire formel abstrait et un univers onirique. À partir de 1917, il réalise des sculptures composées d’une juxtaposition de formes et de plans, parfois colorés, pareilles à des peintures en relief. Il créé ces compositions majoritairement en bois, ou à l’aide de ficelles clouées sur la toile. L’esthétique développée par l’artiste est étroitement liée à l’univers de Sophie Taueber, qui devient sa femme en 1920. 

Les oeuvres d’Arp rejoignent également les intérêts du Surréalisme. L’artiste partage avec les surréalistes le goût pour la création automatique et l’onirisme. Entre 1926 et 1930, Hans Arp fréquente le groupe à Paris, mais il demeure réticent face à leur rejet de l’art abstrait. En 1929, Arp et Taeuber rejoignent le groupe Cercle et carré, puis le mouvement Abstraction-Création, s’opposant farouchement au Surréalisme d’André Breton.  

À partir des années 1930, Hans Arp renouvelle sa création. Il crée ses premières sculptures biomorphiques, de plâtre et de marbre, en ronde-bosse, transposant et condensant ses compositions en relief. Il inaugure également des travaux textiles à travers la broderie et la tapisserie. En parallèle, l’artiste poursuit ses reliefs en bois peints et conçoit ses Constellations et ses Configurations, nouvelles séries de collage créées à partir de ses premières oeuvres sur papier. 

Hans Arp, au coeur de l’histoire de l’art moderne

Dès les années 1930, mais surtout à l’après-guerre, Hans Arp est de plus en plus sollicité par les galeries. Exposant au-delà des milieux d’avant-garde et à l’international, Hans Arp devient un artiste reconnu et soutenu au sein des réseaux traditionnels de l’art. En 1954, il reçoit le Grand prix de la Sculpture de Venise.

Dès la fin des années 1950, les institutions lui offrent des expositions personnelles. En 1958, le Musée d’art moderne de New York le consacre pour la première fois et, en 1962, le Musée d’art moderne de la ville de Paris lui organise une rétrospective. Cette dernière voyagera à Bâle, à Londres, à Copenhague et à Stockholm. Hans Arp consacrera la fin de sa vie à réaliser des sculptures monumentales issues de commandes publiques. 

De son vivant, Hans Arp est ainsi inscrit dans l’histoire de l’art moderne. Décédé en 1966, la majorité de ses oeuvres est conservée au Musée d’art moderne et contemporain de Strasbourg. Nombre de ses oeuvres dada sont également visibles dans les grandes collections d’art moderne. 

Faire estimer gratuitement une oeuvre d’Hans Arp

Comme souvent avec les artistes modernes reconnus, peu de leurs oeuvres circulent sur le marché de l’art. Pour le cas d’Hans Arp, on retrouve principalement des sculptures en ronde-bosse, des collages, des oeuvres textiles. Il s’agit en majorité des oeuvres réalisées à l’après-guerre par l’artiste. 

Pour une sculpture d’Hans Arp, les prix oscillent en moyenne entre 2 000 et 30 000 euros. Certaines sculptures biomorphiques, telles que Torse, et les rares sculptures en bois atteindront des sommes bien supérieures, autour des 90 000 euros. 

Les estimations pour les oeuvres textiles, notamment des tapis ou des tapisseries, débutent autour de 600 euros, mais s’élèvent en moyenne entre 1 500 et 40 000 euros. Pour un collage de papier découpé des années 1950, les prix varient entre 14 000 et 34 000 euros. 

Les dessins atteignent également de jolis prix, entre 2 000 et 5 000 euros, tandis que pour les illustrations (sérigraphies, gravures, estampes), il faudra compter entre 150 et 1 200 euros. 

(Illus.) Constellation According to the Laws of Chance, sculpture en aluminium, V. 1930, Tate Modern, Londres 

 

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Julio González

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Julio González, une enfance à Barcelone bercée par les arts et le modernisme

Julio González est né en 1876 à Barcelone dans une famille d’artistes. Son père et son grand-père sont orfèvres, et son père s’adonne aussi à la sculpture, un art qui séduira Julio González. Quant à sa mère, elle vient elle-même d’une famille d’artistes. Julio et ses trois frère et soeurs apprennent le métier de ferronnier dans l’atelier paternel, et Julio González se perfectionne tôt dans le style du modernisme catalan.  

González est inscrit en 1891 aux arts appliqués de l’école des Beaux-Arts de Barcelone. Avec son  frère Joan, il participe à l’Exposition générale des Beaux-Arts et de l’Industrie. Puis la fratrie est médaillée durant l’exposition nationale des industries artistiques de Barcelone en 1892, et les deux frères González continuent sur leur voie en présentant en 1893 des objets forgés et dessins à l’exposition universelle colombienne de Chicago, puis en 1894 à la seconde exposition générale des Beaux-Arts de Barcelone. Joan et Julio González y décrochent une médaille d’or. 

En parallèle de leur activité de ferronnerie, les deux frères peignent et dessinent. Ils suivent, semblerait-il, les cours du soir de l’école des Beaux-Arts, ou ceux du Cercle artistique de Saint Lluc, dont Gaudi fut membre. 

Au nombre des belles rencontres de la période, on compte aussi Joaquín Torres Garcia, que les frères González revoient en 1896 à l’occasion de la seconde exposition générale de Barcelone, où un certain Pablo Picasso expose sa Première Communion. Ils fréquentent le cabaret « El Quatre gats » où Torres-Garcia et d’autres artistes, mais aussi des écrivains avant-gardistes se réunissent. En 1900, quatre ans après le décès de leur père dont ils ont repris l’atelier, Julio et Joan González vendent tout et partent vivre leur rêve de peintres à Paris, au coeur des avant-gardes.

Julio González à Paris : la découverte des avant-gardes

Julio González s’installe avec sa famille à Montmartre, et partage jusqu’en 1904 l’atelier de Pablo Gargallo. Quelques mois plus tard, Pablo Picasso arrive à son tour à Montmartre, ainsi que Manolo, Torres-Garcia et d’autres jeunes peintres et sculpteurs espagnols qui viennent se nourrir du travail des avant-gardes, de Rodin à Cézanne, en passant par Gauguin et les Nabis. En 1901 il se lie avec Max Jacob, puis voyage avec Picasso, devenu son cher ami, avec lequel il se brouille pourtant en 1904 suite à la disparition de dessins de Joan González. 

En 1905, Julio González prend un atelier dans le 15e arrondissement. Les frères s’implantent durablement dans le panorama parisien et fréquentent le Bateau-Lavoir et les espagnols de Paris, mais Joan, malade, rentre de plus en plus souvent à Barcelone. Dès 1907, Julio González expose au Salon des Indépendants. L’année suivante, son frère Joan meurt. C’est un choc pour le peintre et sculpteur, qui cesse de travailler quelques mois. Il voit de temps en temps son ami Constantin Brancusi, unique relation de cette phase de sa vie. Finalement González se remet à la création avec le basque Paco Durrio, réalisant sculptures et objets d’arts sur commande, et la vie reprend le dessus.

Julio González seul à Paris : nouvelles directions de l’oeuvre

En 1911, González rencontre le critique Alexandre Mercereau, ami de Jacques Nayral et Louis Vauxcelles, qui devient son agent et le fait participer à plusieurs expositions, dont le Salon d’automne. En 1912, González créée ses premiers masques repoussés, en cuivre ou en argent. En parallèle il continue la peinture et la pure ferronnerie, exposant bagues et objets. Il devient en 1914 sociétaire du Salon d’automne où ses créations multiples sont exposées.  Ami de Brancusi et de Modigliani, il fréquente la Closerie des Lilas, et installe son atelier dans le 14e arrondissement, non loin de là. En 1918, au sortir de la guerre, il est embauché comme apprenti-soudeur : fasciné par le métal, il va pouvoir se lancer dans la sculpture en fer grâce à la technique de la soudure oxyacétylénique. Son style inimitable, au carrefour entre Brancusi et Maillol, séduit de plus en plus, et Julio González connaît un grand succès à Paris.

Julio González, un touche-à-tout de génie qui choisit la sculpture : avec Picasso, vers l’abstrait

En 1921, Julio González et Pablo Picasso se réconcilient. 

En 1922, galerie Povolozky, González tient sa première exposition personnelle : bijoux, objets d’arts, sculptures mais aussi dessins et peintures y créent une atmosphère de décor total. Suivra celle de la galerie Le Caméléon en 1923. En 1925, il aide Brancusi à préparer son exposition à la Brummer Gallery de New-York, en réalisant les armatures de ses sculptures, puis en 1928 il aidera Picasso pour des travaux de soudure. Dès lors, ils créeront ensemble des sculptures modernistes aux formes se rapprochant souvent de l’abstraction.

En 1929, Julio González se tourne de manière définitive vers la sculpture : au Salon d’automne, pour la première fois, pas d’objets d’arts ni de peintures présentées par l’artiste. Cette même année, il signe un contrat de trois ans avec la Galerie de France et y expose ses sculptures métalliques. Puis il participera au salon des surindépendants dès 1931. S’il ne participe pas directement à Abrstraction-Création, le groupe réuni autour d’Auguste Herbin, Jean Hélion, Albert Gleizes et Georges Vantongerloo, Kupka et Valmier, ces derniers reproduisent dans une de leur publication Le Tunnel, une oeuvre de González, preuve que ce dernier s’est rapproché du vocabulaire abstrait depuis son association avec Picasso. Plus tard, il lui arrivera d’exposer avec eux lors de rétrospectives d’envergure.

En 1936, il se lance dans la création d’émaux, renouvelant sans cesse son art, qui connaît, sous toutes ses formes, un grand succès auprès de la critique et des collectionneurs. En 1937, il participe avec Le Montserrat à l’exposition universelle où Picasso expose Guernica. 

La fin de carrière

González expose avec de nombreux artistes et connaît aussi beaucoup d’expositions personnelles. Au nombre de ses amis artistes avec lesquels il propose des expositions, on compte Hans Hartung, que sa fille, Roberta González, épousera en 1939. La même année, il participe à l’Exposition de peintures & de sculptures du groupe éclectique composé notamment de Survage, Metzinger, Alfred Reth, Beothy et d’autres post-cubistes. Plusieurs fois aussi, il expose avec Henri Laurens. 

Pendant la guerre, très affecté, Julio González entreprend la série des « Hommes cactus » et d’autres sculptures expressives comme « La petite Montserrat effrayée ». Il s’est installé dans le Lot, en France libre et voyage à Paris occasionnellement. 

Il meurt subitement en 1942 à son domicile d’Arcueil. 



L’estimation des oeuvres de Julio González

Les peintures de Julio González sont rares et n’excèdent pas les 50 000 euros, ses tableaux se situant souvent dans une fourchette comprise entre 10 000 et 40 000 euros. 

Ses dessins des années 1930-1940 connaissent un réel succès, et s’estiment entre 20 000 et 110 000 euros pour les plus aboutis (souvent techniques mixtes colorés). Ses dessins de veine plus figurative sont bien moins cotés que les oeuvres d’avant-gardes où, suivant son ami Picasso, il géométrise les formes. 

 

Les sculptures sont les oeuvres les plus chères de Julio González. Le masque de bronze « ombre et lumière » de 1930 (25 cm de hauteur) s’est vendu pour près de 5 millions d’euros à Londres en 2011. Les sculptures se rapprochant de l’abstraction, notamment les hommes cactus, s’estiment entre 40 000 et 5 millions d’euros (record précédemment évoqué). Bijoux et estampes sont plus abordables, mais assez rares sur le marché.

(Illus.) Sailko, Julio González, monsieur cactus I, 1939, Peggy Guggenheim collection

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Auguste Zamoyski

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Estimation et cote de l'artiste Auguste Zamoyski

Auguste Zamoyski (1893-1970) est un sculpteur moderne polonais. Aux côtés d’artistes tels que Chwistek, il est à l’origine du groupe du Formisme, considéré comme le mouvement d’avant-garde le plus important de la Pologne indépendante de l’entre-deux-guerres. 

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Auguste Zamoyski, fondateur de l’avant-garde Formisme

Né en 1893 à Jabloń, Auguste Zamoyski grandit dans une noble famille polonaise. Après des études de droit et d’économie en Suisse, il se tourne finalement vers des études d’art à Berlin et à Munich entre 1916 et 1918. 

Au cours de ses études, Auguste Zamoyski rencontre le poète Stanislas Przybyszewski, qui le présente au groupe d’avant-garde polonais Bunt, établi à Poznań, proche des revues expressionnistes berlinoises. En avril 1918, Auguste Zamoyski participe à l’exposition collective du groupe à Poznań, puis à Berlin, dans une galerie de la revue Die Aktion. 

De retour en Pologne en 1918, Auguste Zamoyski s’installe à Zakopane, ville des artistes et intellectuels. L’année suivante, il participe à la création d’un groupe artistique polonais, le Formisme, réunissant des artistes tels que Léon Chwistek, les frères Zbigniew ou encore Witkacy.   

Au coeur de la Pologne désormais libre, les artistes formistes exposent pour la première fois à Varsovie en 1919, tandis qu’ils rejoignent le groupe Bunt pour une autre manifestation collective à Poznan l’année suivante. Auguste Zamoyski et ses confrères exprimeront leurs positionnements artistiques dans la revue Formisci, dont les six numéros paraissent à Varsovie entre 1919 et 1921. 

Auguste Zamoyski, à la recherche de la formę pure en sculpture

Dans la lignée des avant-gardes historiques, le Formisme s’oppose aux préceptes classiques de l’art et se positionne à l’encontre des groupes qui le précèdent. En Pologne, la scène artistique est largement dominée par l’Académisme et l’Impressionnisme ainsi que le principe du mimétisme, suivant lequel l’art se doit d’imiter la nature. 

Théoricien principal du groupe, Léon Chwitesk considère le Formisme comme un style nouveau fondé sur le réalisme et le Beau ainsi que sur les expériences expressionnistes, futuristes et cubistes.  La révolte des artistes formistes se manifeste à travers la quête de la forme pure, définie comme l’essence de l’art. Dans un article de 1922, Auguste Zamoyski précise ses positions en affirmant l’acte de sculpter comme le résultat du « besoin de la forme » et la forme pure comme « ce qui surgit du pur besoin de façonner ». 

Les idéaux d’Auguste Zamoyski se manifestent dans ses premières sculptures. Créées entre 1917 et 1925, l’artiste façonne les motifs de ses bronzes à travers des lignes sinueuses, entre la figuration et l’abstraction, qui rappellent les oeuvres de prédécesseur Brancusi. En bronze, en marbre ou en bois, les sculptures Ice dwoje (Entre deux) ou Portrait de Louis Marcoussis sont caractéristiques de la première période d’Auguste Zamoyski. 

Auguste Zamoyski, après le formisme

Dans les années 1920, Auguste Zamoyski se rapproche du mouvement dada et de l’École de Paris. Séjournant à New York en 1920, il rencontre Katherine Dreier et Marcel Duchamp puis, de retour à Paris en 1924, il se lie d’amitié avec Moïse Kisling et Tristan Tzara. Le mouvement formiste se dissout au cours d’une exposition de 1923 où Auguste Zamoyski détruit explicitement certaine de ses oeuvres. 

Ce moment historique marque l’ouverture d’une deuxième période dans le travail d’Auguste Zamoyski. Étudiant scrupuleusement la nature, l’artiste revient à une forme de réalisme et réalise majoritairement des nus et des portraits féminins expressifs. Ces sculptures renvoient aux modèles  de son ami Antoine Bourdelle, dont l’atelier se trouve en face du sien à Paris. 

De 1940 à 1955, Auguste Zamoyski émigre au Brésil et ouvre plusieurs écoles de sculpture. De retour en Europe, il passe quelques années à Paris, puis tente de revenir en Pologne, avant de s’établir dans la région toulousaine. Troisième période d’Auguste Zamoyski, ses sculptures sont empreintes de sujets religieux et de facture expressionniste.  

En 2009, un musée Zamoyski ouvre ses portes à Sylvanés, avant que les sculptures de l’artiste soient transférées au Musée de Varsovie. En 2020, les deux villes s’unissent pour rendre hommage au grand sculpteur et penseur moderne polonais dans une rétrospective à l’occasion du cinquantenaire de son décès.

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Sur le marché de l’art, la présence d’Auguste Zamoyski est timide, en raison de la conservation de ses oeuvres en grande partie dans les institutions. Cela dit, ses sculptures de bronze de la période formiste sont très recherchées par les collectionneurs.

Pour un bronze, avec ou sans patine, doré ou brun doré, les prix débutent autour de 8000 – 10 000 euros, s’élèvent en moyenne entre 20 000 et 80 000 euros, pour s’envoler parfois autour de 100 000 euros. Les bois d’Auguste Zamoyski obtiennent également des prix honorables, autour 300-400 euros. Par ailleurs, on constate une hausse de la cote de Zamoyski en 2022. 

(Illus.) Nu, Bronze, Museum de Arte da Pampulha, Belo Horizonte

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Alexander Archipenko

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Estimation et cote de l'artiste Alexander Archipenko

Alexander Archipenko (1887-1964) est un artiste sculpteur ukrainien naturalisé étasunien. Membre du groupe de la Section d’Or, l’artiste constitue un véritable chef de fil de la sculpture moderne et post-cubiste des années 1910-1920. 

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Alexander Archipenko, un sculpteur à l’avant-garde

Né en 1887 à Kiev, Alexander Archipenko grandit dans une famille d’ingénieur. Passionné par les mathématiques, il se tourne pourtant vers des études d’art à Kiev et à Moscou entre 1902 et 1906. Révulsé par l’enseignement académique, Archipenko le revendique clairement auprès de ses enseignements, et finit par être renvoyé de l’établissement. 

En 1908, Alexander Archipenko s’installe à Paris et se forme en autodidacte à la sculpture grecque  antique en fréquentant assidument le musée du Louvre. En parallèle, il fréquente les milieux d’avant-garde, en particulier le groupe cubiste en pleine ascension. Dès 1910, Archipenko expose au Salon des Indépendants des sculptures qui l’établissent comme un artiste d’avant-garde à part entière. 

En 1911, Alexander Archipenko, Albert Gleizes, Jean Metzinger, Robert Delauney, Henri Le Fauconnier, André Lhote et Joseph Csaky font scandale au Salon des indépendants, accusés de caricaturer le cubisme. Avec ses compères, Archipenko rejoint le groupe ainsi de la Section d’Or l’année suivante, réunis à Puteaux autour des frères Duchamp. Caractérisé par une approche post-cubiste, le groupe organise son premier salon autonome à l’automne 1912, à nouveau sous le feu de critiques houleuses. 

Alexander Archipenko, des sculptures post-cubistes

D’abord influencé par la sculpture de Rodin, Alexander Archipenko s’empare ensuite de la grammaire cubiste. En 1909, il réalise Torse, sa première sculpture aux lignes anguleuses et aux volumes à tendance géométrique. Il s’inspire à ce moment des sculptures de Käthe Kollwitz et d’Ernst Barlach. 

Au cours des années 1910, Alexander Archipenko expérimente et crée peu à peu son propre style, dit post-cubiste. D’un côté, l’artiste façonne de nouveaux enjeux plastiques liés à la relation entre les vides et les pleins, à partir de volumes pleins et de volumes en creux, proche de son contemporain Brancusi. Le bronze Woman Combing her Hair de 1915 est une bonne illustration de cette esthétique. 

De l’autre, Alexander Archipenko réalise des sculptures peintes, mettant en relation la peinture et la sculpture, et ouvre la sculpture à une diversité de matériaux (verre, fil de fer, métal…). La série des Medrano (1912), sortes de pantins désarticulés, résulte de ces expérimentations. Archipenko déploie une sculpture de facture constructiviste, qu’il ne cessera de développer par la suite. 

Dans les années 1920 et 1930, Alexander Archipenko emprunte deux voies différentes : une sorte de retour à la tradition où la forme lisse domine (Femme, 1920) et un style constructiviste combinant la peinture et la sculpture (Archipeintures, 1924-1928). Dans les années 1940, 1950 et 1960, Archipenko reviendra à ses débuts post-cubistes à travers une exploration de matériaux nouveaux tels que le plastique. 

Alexander Archipenko, un artiste moderne

Outre-Atlantique, les sculptures d’Alexander Archipenko sont reconnues à la pointe de la modernité artistique. L’artiste présente quatre oeuvres à la célèbre exposition de l’Armory Show en 1913. Au cours de la Première Guerre Mondiale, l’artiste se réfugie sur la cote d’Azur où il rencontre la peintre belge Marthe Donas, qui deviendra son épouse et sa proche collaboratrice. 

Dans les années 1920, le couple voyage en Europe et aux États-Unis, où ils s’établissent. Naturalisé étasunien en 1928, Alexander Archipenko enseigne dans de nombreuses universités et écoles d’art tels que la New Bauhaus et la New Bauhaus School of Industrial Arts de Chicago, et ouvrira de nombreuses écoles au cours des années 1920. 

Durant l’entre-guerre, Alexander Archipenko connaît une reconnaissance artistique internationale. En 1920, Archipenko participe à la Biennale de Venise, tandis qu’en 1933, il expose au pavillon ukrainien du Century of Progress world’s Fair de Chicago. En parallèle, les sculptures de l’artiste présentes dans les musées allemands sont confisqués et détruites par les nazis, les considérant comme de l’art dégénéré. Archipenko perdra de nombreuses oeuvres de ses débuts. 

Signe de son importance, Alexander Archipenko est aujourd’hui considéré comme un grand sculpteur moderne présents dans les plus grandes institutions.  

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Détruites pendant la Seconde Guerre mondiale ou conservées dans les institutions, les oeuvres d’Alexander Archipenko se font rares sur le marché de l’art. On retrouve certaines sculptures post-cubistes, des dessins préparatoires, et quelques rares peintures et lithographies de l’artiste.

Pour une sculpture d’Archipenko, les prix débutent autour de 2000 euros, mais oscillent en moyenne entre 12 000 et 50 000 euros. Les sculptures-signatures de l’artiste remportent des prix bien supérieurs : un tirage en bronze de Woman combing her hair est adjugée à 235 600 euros. Pour un dessin d’Archipenko, il faut compter entre 700 et 7000 euros, avec des exceptions cubistes autour de 100 000 euros. 

Les rares tableaux réalisés par Archipenko remportent également de très beaux prix : entre 30 000 et 140 000 euros. Quant aux lithographies futuristes, réalisées à l’aube des années 1910, il faut compter autour de 400 euros. 

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David Smith

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David Smith à la découverte des arts et de la soudure

David Smith est né en 1906 dans l’Indiana, à Decatur, dans une famille de la moyenne bourgeoisie locale. Le parcours de David Smith est atypique ; Smith étudie l’art à l’Université de l’Ohio à Athens durant un an seulement, puis s’engage dans une usine automobile où il est soudeur. Déjà, le travail du métal et la ferronnerie attirent le jeune David Smith, qui fait donc ses armes non pas à l’université, mais chez un constructeur automobile. Après cette année formatrice, David Smith se tourne vers la peinture, et s’inscrit à l’Art Students League de New-York, où il entre dans l’atelier de John Sloan puis de Jan Matulka. Il découvre à cette époque les avant-gardes de Paris, le fauvisme de Matisse, le cubisme de Braque et Picasso prisé par Matulka, mais aussi l’art abstrait de Kandinsky et Mondrian, et de manière générale le constructivisme russe qui le passionne. 

David Smith héritier de la technique de la soudure de Picasso et González

Au début des années 1930, John Graham, émigré russe, le présente à Arschile Gorky, mais aussi aux grands peintres de l’avant-garde américaine comme Willem de Kooning, Edgar Levy, Stuart Davis, Jean Xceron ou Jackson Pollock. Mais David Smith découvre surtout, grâce à John Graham vers 1931-32, la technique de la soudure élaborée et utilisée par Julio González et son célèbre ami, Pablo Picasso, lors de leurs collaborations. David Smith lui-même ayant été formé à l’art de la soudure lors de son passage dans l’industrie automobile, il comprend le rôle qu’est destiné à jouer cette nouvelle approche de la sculpture, et il tente de délaisser la peinture ; pourtant, souvent encore, il accroche des objets en bois, en corail et en métal sur les toiles, comme s’il tentait de concilier sa vocation de sculpteur avec sa formation de peintre. Puis Smith se libère pour se tourner définitivement vers la sculpture. De sa carrière de peintre, il ne gardera qu’un goût forcené pour le dessin, préparant souvent ses réalisations en trois dimensions. Ses premières sculptures en métal soudé datent de 1933, et forment une série de têtes composées à partir d’éléments hétéroclites soudés entre eux, une esthétique que pratique Picasso à cette période. En 1934, il s’installe à Brooklyn dans un hangar, le « Terminal Iron Works ». Ce grand espace permet à David Smith de manier ses outils de soudure sans risque, à l’instar de Julio González, qu’il appelle « le maître du chalumeau ». 

David Smith seul sculpteur de l’expressionnisme abstrait

David Smith travaille dans son atelier de Brooklyn jusqu’en 1940. Aux côtés de ses amis peintres, notamment de Kooning et Pollock, il entre de plein pied dans le mouvement de l’expressionnisme abstrait. Il en est le premier et le seul sculpteur reconnu. 

Entre 1935 et 1936, David Smith voyage en Europe pour mieux s’informer sur la diversité des mouvements et des tendances qui régissent le coeur de l’activité artistique, et dont l’étape la plus importante est alors Paris. Le sculpteur américain observe attentivement les sculptures de Mirò et de Giacometti. En 1938, c’est à l’East River Gallery de New-York que Smith tient sa première exposition personnelle de sculptures. Elles sont au nombre de dix-sept, réalisées en fer forgé, technique empruntée à son mentor lointain, Julio González. Smith s’impose peu à peu comme pionnier de la sculpture abstraite aux Etats-Unis. 

La spirale du succès brisée par la mort précoce de David Smith

Pendant la guerre, David Smith est engagé comme soudeur de locomotives et de véhicules blindés. À cette époque il libère son imagination de sculpteur. Depuis quelques années déjà, il travaille sur la notion de transparence, qui se prête si peu, par essence, à la sculpture, réalisée dans un bloc ; et ses trouvailles étonnent ses contemporains. En 1947, il s’interroge sur le paysage et conçoit des oeuvres saisissantes. Puis il se tourne, comme à ses débuts, vers les instruments du quotidien, et développe à sa façon un art « pop » (populaire), soudant entre eux des outils agricoles ou des éléments ménagers. Dès 1948, fort de ses succès, il passe dans plusieurs universités où il vient parler d’art et de sculpture, puis à partir des années 1950, il expose dans de nombreuses galeries américaines, et renouvelle son langage sculptural, plus linéaire, de moins en moins soumis à l’influence de Picasso et González. David Smith reçoit le Guggenheim Fellowship en 1950 qui l’éloigne des contraintes matérielles, par un soutien financier et un apport gratuit de matériaux de sculpture qui débride sa créativité. Smith est invité à la Biennale de Sao Paulo en 1951 pour représenter son pays, ou à celle de Venise en 1954 et 1958. La critique salue son travail, et notamment Clement Greenberg, ami de Pollock et de Robert Motherwell dont il est devenu proche. En 1957, le MoMa, qui l’a déjà fait participer à une exposition collective, organise une rétrospective de son travail ; c’est une immense consécration pour David Smith. En 1961, le MoMa est encore à l’origine d’une exposition itinérante autour de ses oeuvres. Smith poursuit son exploration du champ de la sculpture, par l’usage d’acier peint, puis d’acier inoxydable poli. 

La carrière de David Smith culmine en 1965, lorsque le président Johnson le nomme au Conseil des Arts. Mais cette même année, David Smith meurt précocement dans un accident de voiture. Cette fin tragique renforce son statut de sculpteur vedette, le seul issu du mouvement de l’expressionnisme abstrait américain. 

L’estimation des oeuvres de David Smith

Les sculptures de David Smith sont assez rares sur le marché de l’art. Le record absolu pour l’une des ses sculptures a été atteint à New-York en 2005 par « Cubi XXVIII », une sculpture de plus de deux mètres réalisée en 1965, année de sa disparition, vendue pour un peu plus de 18 millions d’euros (les prix sont indiqués hors frais). Cette oeuvre est l’une des créations en acier inoxydable qui furent réalisées par Smith entre 1961 et 1965. Vingt-sept sculptures de David Smith ont ainsi dépassé le million d’euros en vente aux enchères depuis les années 2000. Les médailles de bronze de petit format créées par le sculpteur sont estimées entre 6 000 et 25 000 euros, pour celles récemment vendues. 

David Smith est aussi un dessinateur de talent. Le plus cher papier de Smith s’est vendu en 2011 pour environ 76 500 euros, et régulièrement on trouve des oeuvres à l’encre sur papier qui peuvent faire penser au travail de certains expressionnistes abstraits comme Robert Motherwell, vendues entre 5 000 et 60 000 euros selon la qualité, la date, les dimensions. 

Ainsi, le travail de David Smith, grand sculpteur du mouvement de l’expressionnisme abstrait aux Etats-Unis, ne connaît pas de rechutes dans les estimations et semble promis à un bel avenir. 

(Illus.) David Smith, Big Diamond, 1952, 71,4 x 70,2 x 22,5 cm, sculpture en acier peint, The Charles Rand Penney Collection of the Memorial art Gallery, University of Rochester, photographie coupée, par Smallcurio from Austin

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Les débuts de sculpteur d’Henri Laurens : découverte de l’académisme et de Rodin

Henri Laurens est né dans une famille d’ouvriers à Paris en 1885. Il entre à l’école d’arts décoratifs Bernard Palissy après avoir terminé l’école élémentaire. En 1899, il entre dans un atelier de fabrication de plastiques et d’ornements pour le bâtiment. Son rôle est d’y être le tailleur de pierres. En parallèle, il se perfectionne dans la sculpture en allant aux cours du soir du « Père Perrin » rue de Turgot. 

Henri Laurens s’installe à Montmartre en 1902. Jusqu’à 1905, on ne lui connaît qu’un auto-portrait au fusain, et le portrait de Mme Laurens, née Marthe Duverger, où se fait sentir l’influence de Rodin.

Henri Laurens dans le Paris des avant-gardes

Entre 1905 et 1911, Henri Laurens travaille en solitaire à l’élaboration d’une sculpture nouvelle, inspirée par le cubisme synthétique. En 1911 il rencontre Georges Braque, père du cubisme avec Picasso ; pourtant, il n’entre pas encore de plein-pied dans le mouvement. Il suit sa propre voix, même si désormais, il n’est plus isolé. De cette période on trouve une oeuvre sculptée, le portrait de Marthe Gireud, daté de 1912. Vraisemblablement, à cette époque il se serait aussi essayé aux dessins cubistes aux tons colorés, faisant sans doute penser à certains des interprètes du cubisme que l’on trouve alors au coeur de la Section d’Or de Jacques Villon, comme Picabia ou Léger. 

1913 marque son entrée dans le champ de l’avant-garde parisienne : pour la première fois, il expose au Salon des Indépendants. 

En 1914, Laurens ne rend pas part au conflit, car il est amputé d’une jambe. L’année suivante, Picasso, qui apprécie son travail, vient le voir avec Léonce Rosenberg, directeur de la galerie L’Effort Moderne. Rosenberg lui achète des sculptures et le soutient. L’influence de Pablo Picasso pousse le jeune Henri Laurens vers le cubisme, et ses premières oeuvres cubistes datent de cette période. Il rencontre à ce moment-là Modigliani, mais aussi Juan Gris avec lequel il se lie d’amitié. 



Henri Laurens et les élites d’avant-garde : le monde des poètes et des galeristes

Henri Laurens rencontre le poète Pierre Reverdy, dont il illustre les oeuvres, et en 1917 Léonce Rosenberg lui offre sa première exposition à la Galerie de l’Effort Moderne. C’est une consécration pour cet autodidacte, révélé par Picasso. 

L’année suivante, après une seconde exposition personnelle, Henri Laurens signe un contrat avec Rosenberg, et s’éloigne des problèmes financiers. En 1919 il réalise une série de gravures pour les poèmes de Reverdy, mais aussi Céline Arnaud et Paul Dermée. Son travail se diffuse. 

La sculpture d’Henri Laurens : le cubisme entre 1915 et 1928

Les premières sculptures connues de Laurens sont de petits plâtres colorés et des petites figures de bois de type cubistes. Puis pendant la guerre il travaille le fer et le bois, ou le bois et le plâtre, reniant le volume et la figuration pour réaliser des constructions qui s’apparentent un peu à celles de Picasso à la même époque. Après la guerre, il revient à la figuration. Il s’essaie aux bas-reliefs en terre cuite et en pierre, sculpte en pierre en bois, et réalise des terres-cuites : dans le sillage du cubisme, il créée véritablement son propre style, parfois proche de l’abstraction. En 1928, comme Braque et Picasso, devenus ses amis, il s’éloigne du mouvement. Il redonne de la souplesse et du volume aux formes qu’il avait géométrisées jusque là, et privées de certaines de leurs dimensions. 

Sculpture et arts décoratifs : Henri Laurens à l’aube d’un style nouveau, enfin couronné par les succès de la critique

Henri Laurens donne à ses sculptures des dimensions de plus en plus petites, mais le matériau s’ennoblit, car il utilise beaucoup le bronze. En parallèle de la sculpture il poursuit son activité dans les arts décoratifs, réalise des travaux pour Jacques Doucet, le Vicomte de Noailles ou encore Jean-Michel Franck. Il s’établit à l’Etang-la-Ville, près d’Aristide Maillol, et commence à évoluer vers un style plus linéaire. Certaines de ses sculptures en petit format sont alors reprises et agrandies. À cette période, et comme toujours, c’est l’éloignement vis-à vis de la réalité et la liberté de la rendre comme il l’entend qui prédomine chez Laurens, même lorsqu’il s’éloigne du cubisme. En 1935, son travail est récompensé par le prix Helena Rubinstein qui le soustrait de nouveau aux problèmes financiers.

En 1937, Henri Laurens présente à l’Exposition Universelle plusieurs travaux, dont une fontaine et une construction monumentale en bois métal et carton destinée à être suspendue dans le pavillon dessiné par Le Corbusier. C’est une étape considérable dans la reconnaissance du travail d’Henri Laurens. En 1938, il expose avec ses amis Braque et Picasso à Oslo, Copenhague et Stockholm. Son dessin intègre des lignes courbes nouvelles. 

La Guerre et la fin de carrière

Henri Laurens se retire pendant la guerre, composant des oeuvres plastiques et des gravures, replié sur lui-même. À partir de là, Henri Laurens travaillera énormément la gravure, et illustrera de nombreux ouvrages. 

En 1948 il représente la sculpture française à la Biennale de Venise, et l’année suivante, une grande exposition lui est dédiée au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles. Son art connaît enfin l’écho international qu’il mérite. En 1950, invité avec Matisse à la Biennale de Venise, il partage le grand prix de peinture à l’initiative de Matisse qui avait initialement reçu le prix tout seul. En 1951, immense rétrospective de l’artiste au Musée National d’art Moderne de Paris. Enfin, en 1953, à la Biennale de Sao Paulo, il reçoit le Grand prix qu’il n’avait jamais obtenu à Venise. 

De retour à Paris après avoir vu Matisse et Picasso à Vence, il meurt en 1954. 

L’estimation des oeuvres d’Henri Laurens

La cote d’Henri Laurens ne connaît pas la crise. Son record a été atteint en 2020 à Londres : un relief (Le Boxeur) de 1920 s’est vendu pour 1 875 492 euros (hors frais). De multiples sculptures d’Henri Laurens sont estimées au dessus du million d’euros. Les premiers jets et les plâtres ne connaissent pas le succès des bronzes, et les prix varient fortement selon le format, l’année, et la qualité de l’oeuvre. Les très petits formats de bronze, de l’ordre de 5 centimètres, se vendent aux alentours de 7 000 euros. 

Ses dessins cubistes des années 1920, très reconnaissables à leurs coloris sables, verts et bleus, (gouaches ou collages), peuvent se vendre jusqu’à 175 000 euros, la moyenne se situant plutôt entre 15 000 et 80 000 euros, quand les esquisses n’atteignent pas les 10 000 euros d’estimation. 

(Illus.) Henri Laurens

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