Estimation gratuite Cy Twombly

Cy Twombly

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Estimation et cote de l'artiste Cy Twombly

Cy Twombly (1928–2011) est l’un des artistes américains majeurs du XXe siècle. Figure incontournable de l’expressionnisme abstrait et du postmodernisme, il a développé un langage pictural immédiatement reconnaissable, fait de griffonnages, d’inscriptions poétiques, de signes calligraphiques et de vastes champs de couleur. Son œuvre, profondément nourrie par la mythologie, la littérature et l’histoire antique, occupe aujourd’hui une place centrale sur le marché international de l’art.

Estimation gratuite Cy Twombly

Prix des œuvres de Cy Twombly

  • Peinture : entre 80 000 € et plus de 70 000 000 €

  • Dessin et œuvre sur papier : entre 20 000 € et 2 500 000 €

  • Estampe : entre 3 000 € et 250 000 €

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Cy Twombly, un artiste entre abstraction et poésie

Né en 1928 à Lexington, en Virginie, Edwin Parker “Cy” Twombly grandit dans un environnement marqué par le sport et la culture classique. Son père, joueur de baseball professionnel, lui transmet le surnom de “Cy”, en référence au célèbre lanceur Cy Young. Très tôt attiré par le dessin, il étudie à la School of the Museum of Fine Arts de Boston, puis à l’Art Students League de New York. Dans les années 1950, il fréquente le Black Mountain College, où il rencontre Robert Rauschenberg et découvre l’avant-garde américaine. Cette période est décisive dans la construction de son langage plastique. Il voyage ensuite en Europe et s’installe durablement à Rome en 1957, trouvant dans la culture méditerranéenne, la mythologie grecque et l’histoire antique une source d’inspiration inépuisable.

Une écriture picturale unique

L’œuvre de Cy Twombly se distingue par une gestuelle libre et spontanée, proche du graffiti ou de l’écriture automatique. Ses toiles monumentales mêlent :

  • Tracés nerveux et griffonnages

  • Inscriptions manuscrites et citations poétiques

  • Références à la mythologie, à l’érotisme et à l’histoire antique

  • Champs de couleur vibrants, souvent dominés par le blanc, le rouge et le gris

Ses compositions évoquent à la fois la fragilité de la mémoire et la puissance du geste. Les œuvres de Twombly semblent parfois inachevées, comme suspendues dans le temps, laissant une grande place à l’interprétation du spectateur. Parmi ses séries emblématiques figurent les célèbres “Blackboard Paintings” des années 1960, inspirées des tableaux d’école, ainsi que les vastes cycles consacrés à l’Antiquité, comme “Fifty Days at Iliam” ou “Lepanto”.

Cy Twombly et la mythologie antique

Installé en Italie, Twombly développe une œuvre profondément marquée par la culture gréco-romaine. Il s’approprie les figures mythologiques – Achille, Hector, Vénus, Apollon – et les transforme en symboles contemporains. L’histoire devient prétexte à une exploration sensible de la passion, de la violence, de l’amour et de la mort. Ses grandes toiles tardives, notamment les séries de roses et de pivoines réalisées dans les années 2000, témoignent d’une peinture plus colorée et lyrique, où la matière semble vibrer sur la surface de la toile.

Une carrière internationale et une reconnaissance institutionnelle

Dès les années 1960, Cy Twombly bénéficie d’une reconnaissance internationale. Il expose dans les plus grandes galeries et musées du monde :

  • Museum of Modern Art (MoMA), New York

  • Tate Modern, Londres

  • Centre Pompidou, Paris

  • Museum Brandhorst, Munich

  • Guggenheim Museum, Bilbao

En 2010, le musée du Louvre lui consacre un projet exceptionnel en lui confiant la réalisation d’un plafond pour la Salle des Bronzes, consacrée à la sculpture grecque antique. Cette commande prestigieuse consacre définitivement Twombly comme l’un des plus grands artistes de son temps. Aujourd’hui, ses œuvres figurent dans les plus importantes collections publiques et privées internationales.

Cy Twombly, une valeur sûre du marché de l’art

La cote de Cy Twombly dépend de plusieurs critères essentiels : la période de création, la technique (peinture, dessin, estampe), les dimensions, la provenance et l’historique d’exposition et l’état de conservation. Les grandes toiles des années 1960 à 2000 sont les plus recherchées par les collectionneurs et les musées. Les dessins et œuvres sur papier, très prisés, permettent d’accéder à son univers à des prix plus abordables. Pour connaître la valeur réelle de votre œuvre, il est indispensable de faire appel à un expert du marché de l’art. Estimon’objet vous accompagne à chaque étape de l’expertise et vous oriente vers la meilleure solution de vente. La cote de Cy Twombly figure parmi les plus élevées de l’art contemporain. Ses œuvres sont régulièrement présentées dans les grandes ventes internationales chez Christie’s, Sotheby’s et Phillips. Sa rareté, son importance historique et l’intérêt constant des institutions assurent à ses œuvres une forte liquidité sur le marché. Peintures monumentales, dessins intimes ou estampes numérotées, l’ensemble de sa production bénéficie d’une demande soutenue et internationale. Quelques ventes majeures de Cy Twombly :

  • “Untitled (New York City)” (1968), acrylique, crayon et cire sur toile, vendue 70,5 millions 

  • “Leda and the Swan” (1962), huile, crayon et collage sur toile, adjugée 52,9 millions 

  • “Poems to the Sea” (1959), technique mixte sur toile, vendue 37 millions 

  • “Ferragosto IV” (1961), huile et crayon sur toile, adjugée 29,2 millions 

  • “Untitled (Rome)” (1960), dessin sur papier, vendu 2,3 millions 

Vous possédez une peinture, un dessin ou une estampe de Cy Twombly et souhaitez connaître sa valeur actuelle sur le marché de l’art ? Estimon’objet vous propose une expertise en ligne rapide, fiable et confidentielle. Nos commissaires-priseurs partenaires analysent votre œuvre et vous accompagnent dans votre projet de vente ou de valorisation patrimoniale. Estimon’objet s’impose aujourd’hui comme la référence de l’expertise d’œuvres d’art en ligne, au service des collectionneurs, héritiers et amateurs d’art du monde entier.

(Illus.) Cy Twombly, Untitled, 1957, acrylique, Berardo Collection, Lisbonne, Portugual.

 

Reconnaître la signature de Cy Twombly

Savoir reconnaître la signature de Cy Twombly est essentiel pour authentifier une œuvre de cet artiste majeur de l’art contemporain, figure emblématique de l’expressionnisme abstrait et de l’écriture picturale. Sur ses toiles et œuvres sur papier — notamment les séries Blackboard, Ferragosto, Lepanto ou encore ses grandes compositions calligraphiques inspirées de la mythologie et de la poésie — Twombly signe généralement « Cy Twombly » ou « Twombly », parfois accompagné de la date d’exécution. La signature est le plus souvent intégrée au champ pictural, inscrite au crayon, à la craie ou à la peinture, dans une écriture cursive libre et nerveuse, en parfaite cohérence avec son langage graphique. Sur ses dessins, lithographies et multiples, on retrouve également une signature manuscrite au crayon, associée au numéro de tirage. Dans un marché très actif où circulent œuvres d’atelier, éditions et contrefaçons, faire vérifier la signature de Cy Twombly par un expert qualifié demeure indispensable. Sur Estimon’Objet, nos spécialistes de l’art moderne et contemporain vous accompagnent dans l’identification, l’authentification et l’estimation de vos œuvres signées Cy Twombly, qu’il s’agisse d’une toile, d’un dessin ou d’une œuvre graphique.

Expertise signature Cy Twombly
Signature Cy Twombly

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Estimation d’objet d’art en ligne : comment faire ?

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Estimation gratuite Charles Milcendeau

Charles Milcendeau

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Estimation et cote de l'artiste Charles Milcendeau

Né en 1872 à Nantes, Charles Milcendeau est un peintre et sculpteur combinant des éléments du symbolisme à ceux de l’Art nouveau. Au XIXe siècle, l’artiste est salué pour son originalité et sa poésie.

Estimation gratuite Charles Milcendeau

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Qui est Charles Milcendeau, peintre d’art contemporain

Dès son plus jeune âge, Charles Milcendeau manifeste un intérêt pour l’art et la création. Il reçoit très tôt des cours de dessins auprès d’un peintre local, Henri Baron. Le père du peintre étant négociant en vin, la situation aisée de sa famille lui a permis d’exploiter sa passion. Pour ses seize ans, le peintre s’inscrit à l’Ecole des Beaux-Arts de Nantes, où il y étudie la peintre et la sculpture pendant quatre ans.

En 1892, Charles Milcendeau part à Paris où il s’y installe. Le peintre poursuit alors ses études à l’Ecole des Beaux-Arts de Paris. Il reçoit l’enseignement de plusieurs peintres de renommés, tels qu’Alexandre Falguière et Auguste Rodin. Le peintre crée aussi de nouvelles amitiés avec certains étudiants et artistes, comme Pierre Bonnard, Edouard Vuillard, qui font également partie de l’avant-garde artistique de l’époque. 

Au début de sa carrière, Charles Milcendeau se concentre uniquement à la peinture et finit par exposer régulièrement ses œuvres dans les salons parisiens. En 1896, il se fait remarqué par le célèbre critique d’art, Félix Fénéon, qui le décrit comme l’un des artistes les plus prometteurs de sa génération. Par la reconnnaisance qu’il obtient, l’artiste réussi à se faire inviter pour participer à l’exposition de la Société Nationale des Beaux-Arts, l’une des plus prestigieuses expositions d’art de l’époque. Charles Milcendeau y présente une de ces œuvres, La Naissance de Vénus, une peintre à l’huile aux grandes dimensions, appréciée par la critique.

En 1904, Charles Milcendeau est élue membre de la Société Nationales des Beaux-Arts pour laquelle il avait exposé quelques années plus tôt. Au début de l’année 1914, l’artiste a dû mettre entre parenthèse sa carrière d’artiste, la Première Guerre mondiale le forçant à se mobiliser. Le peintre a combattu pendant quelques années puis a tenté de reprendre sa vie d’artiste. Charles Milcendeau a dû faire face aux difficultés de la vie en temps de guerre. Il décèdera en 1919, épuisée par ces péripéties et laisse un trace et héritage considérable dans le monde artistique français. 

Les inspirations artistiques de Charles Milcendeau

Les inspirations artistiques de Charles Milcendeau étaient variées et évoluaient au fil du temps. Dans ses premières années en tant qu’artiste, il a été influencé par les œuvres du sculpteur Auguste Rodin, dont il admirait le style naturaliste et expressif. Plus tard, le peintre s’est intéressé à l’art primitif et africain, ainsi qu’aux arts décoratifs, notamment les vitraux et les céramiques. Il a également été influencé par l’esthétique de l’Art nouveau, un mouvement artistique qui était très en vogue en France à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle. Les motifs floraux, les formes organiques et les courbes fluides de l’Art nouveau se retrouvent souvent dans les œuvres de Charles Milcendeau, en particulier dans ses sculptures.

Le chef-d’œuvre de Charles Milcendeau est sans aucun doute la série de sculptures en pierre qu’il a réalisée pour la façade du Musée des Beaux-Arts de Nantes. Cette série, appelée Les Quatre Eléments, représente quatre femmes allégoriques, chacune symbolisant un élément naturel : l’eau, la terre, le feu et l’air. Les sculptures sont de style Art nouveau et sont caractérisées par des formes organiques et fluides. On peut observer le souci et l’attention du détail du peintre à la texture de la pierre. Chaque sculpture est accompagnée de symboles et de motifs qui renforcent son association avec l’élément naturel qu’elle représente.

Le peintre s’inspire également des artistes de son époque, ce qui se traduit à travers son œuvre. Charles Milcendeau n’est pas insensible aux travaux d’Alphonse Mucha, le célère affichiste connu pour ses affiches publicitaires aux motifs floraux et aux formes organiques. L’art décoratif semble être l’un des principales sources d’inspirations du peintre, qu’il use autant dans ses peintures que dans ses sculptures.

(Illus.) Charles Milcendeau, Le Paludier, 1995, dessin rehaussé de pastel, Musée de La Roche-sur-Yon.


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Estimation gratuite Suzanne Ramié madoura

Suzanne Ramié Madoura

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Estimation et cote de l'artiste Suzanne Ramié

Découvrez la cote de Suzanne Douly et Georges Ramié, amis de Picasso et fondateurs de l’atelier de céramique Madoura à Vallauris. Besoin d’une expertise concernant Madoura ? Contactez l’équipe d’Estimonobjet !

Estimation gratuite Suzanne Ramié madoura

Prix des œuvres de Suzanne Ramié Madoura

  • Céramiques décoratives (vases, pichets, plats) - entre 300 € et 3 000 €

  • Objets utilitaires (services, assiettes, bols) - entre 150 € et 1 200 €

  • Pièces signées ou uniques - entre 1 000 € et 5 000 €

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Suzanne Ramié et le choix de la céramique : vers Madoura

Suzanne Ramié (née Douly) est la tête pensante de Madoura. Elle est née à Lyon en 1905. De1922 à 1926, Ramié étudie aux Beaux-Arts de la place des Terreaux. Elle y travaille dans les sections décoration et céramique, et remporte le prix triennal du ministère de l’Industrie. Suzanne Ramié se lance alors dans le dessin pour une usine textile de Lyon, puis se met à son compte. C’est à cette période que Suzanne Douly fait la connaissance de Georges Ramié, qu’ils tombent amoureux et qu’ils se marient. Après dix ans de travail à Lyon, entre 1926 et 1936, Suzanne Ramié part avec Georges pour s’installer sur la côte d’azur. Suzanne travaille momentanément dans la publicité, à Cannes, et Georges se tourne vers l’arboriculture ; puis ils découvrent Vallauris, petite cité de la côte d’azur où l’art de la poterie traditionnelle est délaissé au profit de la batterie de cuisine en aluminium issue de la révolution industrielle qui fleurit dans tous les foyers azuréens. 

1936-1938 : Suzanne Douly et Georges Ramié organisent l’atelier Madoura à Vallauris

Suzanne et Georges Ramié arrivent à Vallauris en 1936, puis ils achètent une vieille poterie en ruines. Auprès de Jean-Baptiste Chiapello et d’autres tourneurs de Vallauris, les Ramié se forment à la céramique du cru, et notamment à la technique de l’émaillage ; Suzanne travaille deux ans auprès de Chiapello pour apprendre les subtilités du métier. Les époux Ramié décident alors de mêler leurs noms afin de créer une signature originale : leur création sera désormais signée Madoura ; « ma » pour maison, « dou » pour Douly, le nom de jeune femme de Suzanne, et « ra » pour Ramié, le patronyme du couple. En 1938, Suzanne Ramié lance l’atelier Madoura : Georges prépare la planification du travail de l’atelier Madoura, gère les taches administratives et le four à bois, tandis que Suzanne, la céramiste du duo, travaille au tour de potier et peint les céramiques, s’inspirant dans un premier temps des formes de la poterie culinaire traditionnelle de Vallauris.  

Les premiers succès de Madoura

Le conflit mondial s’abat sur l’Europe en 1939, un an seulement après l’ouverture de l’atelier Madoura. Durant le début de la guerre, l’atelier sert de cantonnement. En 1940, de passage à Lyon, Suzanne Ramié présente ses oeuvres et connaît un beau succès. Marcel Michaud, le directeur de la galerie Folklore, remarque le talent de Suzanne Ramié et promeut les pièces signées Madoura. Rapidement, les époux Ramié retournent à Vallauris et rouvrent l’atelier. Ils accueillent de nombreux artistes réfugiés sur la côte d’azur, en zone libre, à l’instar de Jean Cocteau. La céramique de Suzanne Ramié évolue des formes traditionnelles de la cuisine méridionale vers des créations moins utilitaires, plus sculpturales et issues de l’imagination de l’artiste. S’inspirant notamment de la céramique archaïque précolombienne, Suzanne Ramié travaille la céramique peinte et émaillée dans des formes originales et sobres. À partir de 1946, Madoura expose au Salon de l’imagerie, au Salon des artistes décorateurs, et dans de nombreuses galeries parisiennes et internationales. En 1946 a aussi lieu un événement important : Suzanne Ramié organise avec André Baud, Roger Capron et Robert Picault dans le hall du Nérolium de Vallauris une manifestation de poterie, « Poterie, fleurs, parfum », la première d’après-guerre, que Picasso, accompagné de son ami Louis Fort, visite et apprécie. 

Suzanne Ramié et Pablo Picasso : Madoura, centre de l’émulation artistique de sud de la France

Pablo Picasso demande à rencontrer les époux Ramié suite à sa visite de l’exposition ; initié à la céramique par Suzanne Ramié, il créée trois petites céramiques, s’en va, puis revient l’année suivante. Les Ramié aménagent un espace pour Picasso dans l’atelier, et il créée pendant plusieurs années d’innombrables céramiques, renouvelant le genre sous les yeux bienveillants de Suzanne Ramié. En 1948, Picasso expose avec Ramié et les autres au Nérolium. Madoura devient à terme le producteur exclusif des poteries de Picasso, plus de 3500 pièces officiellement recensées aujourd’hui, probablement bien plus, réalisées entre 1946 et 1961, date à laquelle Picasso cesse la collaboration. Durant cette vingtaine d’années, Madoura fonctionne si bien que les Ramié font appel à quelques tourneurs pour aider à la production. Dans l’atelier travaille aussi Jacqueline Roque, cousine de Suzanne Ramié, qui sera la future et dernière épouse de Pablo Picasso. L’atelier Madoura connaît d’autres moments d’émulation artistique. Outre Pablo Picasso, Georges et Suzanne Ramié accueillent au fil du temps des artistes tels que le céramiste Jean Derval, Jean Cocteau, Jean Lurçat, Victor Brauner, Léonard Foujita, Henri Matisse ou Marc Chagall ; dans le sillage du pionnier du cubisme, d’autres grands artistes viennent découvrir l’art de la céramique à Vallauris, où l’atelier Madoura fait désormais figure d’incontournable.  

Le style de suzanne Ramié pour Madoura

Lorsque Picasso se met à innover dans l’atelier Madoura, Suzanne Ramié, pour se démarquer de son célèbre hôte, choisit de travailler l’émail en monochrome. Elle cesse la peinture de motifs et se concentre sur certains émaux colorés comme l’orange, le bleu ou le blanc, ainsi que sur les effets et textures. Dans les années 70, Suzanne Ramié réalise des pièces plus sculpturales, dans des formes à tendance géométrique. Elle épure les silhouettes de ses céramiques et s’oriente vers l’abstraction. Suzanne Ramié est morte en 1974, et Georges deux ans plus tard. Leur fils a repris l’atelier Madoura, qui a aujourd’hui cessé sa production. 

L’estimation des oeuvres de Suzanne Ramié et Madoura

Sur le marché de l’art, on trouve des oeuvres données à Suzanne Ramié, d’autres à Georges Ramié, d’autres à Georges et Suzanne Ramié, et d’autres à Madoura. Le record pour une oeuvre de Suzanne Ramié a été atteint en 2021 : une coupe de 1950 s’est vendue près de 25 000 euros (hors frais). Les vases, lampes et pichets de Suzanne Ramié créés entre les années 1950 et 1960 se vendent en général, selon les céramiques, entre 1 000 et 12 000 euros. Pour des céramiques de petites ou très petites dimensions, compter sous les 1 000 euros. Vous souhaitez faire expertiser une oeuvre de Suzanne Ramié – Madoura et recevoir son estimation. Remplissez votre demande via notre formulaire, en cliquant ici. Faites estimer une oeuvre de Suzanne Ramié – Madoura, et recevez une réponse sous quelques jours. C’est gratuit, et totalement confidentiel.  

Reconnaître la signature de Suzanne Ramié Madoura

Pour reconnaître la signature de Suzanne Marié-Madoura sur ses céramiques, il est important de noter que la plupart de ses œuvres sont signées à la main, généralement au stylet ou au pinceau avant cuisson. Elle appose souvent la mention « Madoura » accompagnée de son prénom ou simplement de l’initiale « M », parfois intégrée dans un monogramme discret. Certaines pièces, notamment celles produites en collaboration avec Picasso, peuvent porter une signature combinée « Picasso-Madoura ». La régularité du trait, le style manuscrit et la présence du cachet de l’atelier Madoura à Vallauris sont des éléments clés pour authentifier ses céramiques et distinguer les originaux des reproductions ou copies.

Signature Suzanne Ramié Madoura
Expertise Signature Suzanne Ramié Madoura

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Estimation gratuite Eugene Girardet

Eugène Girardet

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Estimation et cote de l'artiste Eugène Girardet

Eugène-Auguste Girardet (Paris 1853- Paris 1907) est un peintre, aquarelliste, dessinateur d’origine Suisse, représentant de la peinture orientaliste française. Vous possédez une toile orientaliste d’Eugène Girardet dont vous souhaitez connaitre la valeur ? Contactez les experts d’Estimon’objet !

Estimation gratuite Eugene Girardet

Prix des œuvres d'Eugène Girardet

  • Peinture (huiles sur toile) – entre 5 000 € et plus de 300 000 €

  • Dessin / aquarelle / gouache sur papier – entre 1 000 € et 18 000 €

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Les débuts du peintre Eugène Girardet

Issu d’une famille d’artistes suisse, Eugène Girardet est le fils de Paul Girardet (1821-1893), le célèbre graveur des épisodes de la guerre d’Algérie d’après Horace Vernet, et le frère des peintres Jules Girardet et Léon Girardet. Son beau-frère, époux de sa sœur Julia, est Eugène Burnand (1850-1921) peintre naturaliste rénovateur de la peinture alpestre suisse. Eugène Girardet étudie à l’École des beaux-arts de Paris dans l’atelier de Jean-Léon Gérôme (1824-1904) peintre et sculpteur représentant de la peinture académique du Second Empire. En 1874, sous l’impulsion de son professeur, Eugène Girardet découvre l’Espagne et le Maroc. Dès lors sa passion pour la vie pastorale orientale nait . « Il fut tout de suite conquis […] par cette civilisation primitive, pleine à la fois de faste et de simplicité, d’extraordinaire et de naturel, de couleur et d’austérité » raconte Léonce Bénédite (1859-1925) dans son catalogue de ventes des toiles d’Eugène Girardet après sa mort en 1908. Dans la seconde moitié du XXe siècle, les épopées égyptiennes fournissent d’ abondantes sources iconographiques qui incitent les artistes à entreprendre le voyage en Orient. La photographie et l’engouement pour l’archéologie favorisent aussi la connaissance de ces terres musulmanes. Eugène Girardet entreprend donc ces voyages lointains pour découvrir de ses propres yeux une nouvelle culture et s’imprégner d’images inédites pour les intégrer à ses œuvres.

L’orient, source d’inspiration artistique de Eugène Girardet

En 1879, Eugène Girardet se rend en Algérie et poursuit régulièrement ses voyages au Maghreb à la recherche de sa lumière crue et de la simplicité de ses modes de vie ruraux. Dans l’atlas saharien, et notamment dans les oasis de Biskra, Bou-Saâda et d’El-Kantara, il y découvre des populations nomades tirant leurs subsistances de l’élevage, organisant de longues caravanes dans les paysages arides et désertiques. Eugène Girardet s’imprègne de la simplicité du mode vie, allant au contact des villageois, dormant sous les tentes bédouines ou dans les petites maisons de terre ombragées.   Biskra, située au nord du Sahara algérien est une source inépuisable d’influence pour l’art de Eugène Girardet. Cette oasis aux portes du désert, entourée de plantations de dattiers, lui inspire un orientalisme pittoresque. Il y capture le quotidien des villageois, paysans, voyageurs et des Touaregs avec ses yeux éblouis d’Européen. A Bou-Saâda en Algérie, il rencontre Etienne Dinet (1861-1929) peintre orientaliste et lithographe français, qui s’y est acheté une maison et y réside une partie de l’année. Ces immersions inspirent à l’artiste de nombreux dessins et croquis préparatoires qu’il utilise ensuite pour la réalisation de ses grandes peintures en atelier à Paris. 

Eugène Girardet, un peintre orientaliste «des salons »

En 1893, Eugène Girardet expose au premier salon de la Société des peintres orientalistes, fondée sous l’impulsion de Léonce Bénédite au côté des artistes Émile Bernard, Charles Cottet, Etienne Dinet, Paul Leroy et même plus tard des Impressionnistes comme Albert Lebourg et Auguste Renoir, qui ont tous deux séjourné à Alger. En 1900, Eugène Girardet participe à l’Exposition universelle et à l’Exposition coloniale de Marseille en 1906. Son neveu et biographe René Burnand témoigne du grand succès des œuvres orientalistes de Eugène Girardet : « ses peintures trouvèrent presque toutes amateur, tant leur facture était brillante et leur exactitude documentaire sans défaut ».

Le style orientaliste du peintre Eugène Girardet

Eugène Girardet, à la manière d’un ethnographe, observe et reproduit avec une grande aisance et rapidité du trait, les petits métiers des fileuses de laine (Cadreuse de Laine Arabe, Dessin au crayon conté conservé au Musée de Grenoble) des tailleurs (Tailleur, devant sa porte à El Kantara, 1896) ou de cafetier (Café Arabe, 1853). Les paysages orientalistes de Eugène Girardet sont empreints d’une certaine nostalgie, d’une passivité contemplative qui témoignent de l’attachement profond du peintre à ces territoires lointains. Joueur de Cithare ou Prière dans le Désert sont des huiles sur toile caractéristiques de cette douceur, de cette élégante sérénité de l’art d’Eugène Girardet. « Sensible à la grande féerie du ciel oriental », Eugène Girardet maitrise l’emploi des couleurs chaudes, la palette des tons orangés et excelle dans la capacité à capter la lumière rasante des paysages désertiques comme Le Campement Nomade de Biskra,1908.

La cote des œuvres du peintre Eugène Girardet

Le prix des huiles sur toile sont vendues entre cent quarante-cinq euros et deux cent trente-neuf mille euros. (prix atteint pour The sacred fire of Jerusalem vendue en 1995) .Ce sont les peintures de genre orientaliste qui ont la plus grande valeur marchande. En 2022, une huile sur toile In the Courtyard, High Noon a été acquise au prix de vingt-trois mille trois cent soixante-huit euros. Certains paysages dans le désert dépassent les cent mille euros. Sur les ventes réalisées ces dernières années, ce sont surtout les sujets peints qui déterminent la valeur des œuvres.  Quelques très rares portraits peints d’Eugene Girardet sont vendus sur le marché de l’art : les montants des ventes varient entre deux- mille-cinq -cent euros et cent vingt-huit mille euros ( prix le plus élevé pour Man Wearing a Burnous Algeria de 1885). Les aquarelles d’Eugène Girardet sont acquises entre deux cent cinquante euros et dix-huit mille euros (prix atteint en 2018 pour l’œuvre Dans les rues de Bou Saada) Des croquis préparatoires réalisées à la mine de plomb se vendent en moyenne quelques centaines d’euros. 

Reconnaître la signature d'Eugène Girardet

Savoir reconnaître la signature d’Eugène Girardet est essentiel pour authentifier une œuvre de ce peintre orientaliste réputé du XIXᵉ siècle. L’artiste signait le plus souvent de son nom complet « Eugène Girardet » ou simplement « E. Girardet », en lettres manuscrites soignées, généralement placées dans le coin inférieur droit de la composition. Sur certaines huiles sur toile, comme Scène de marché à Biskra ou Caravane dans le désert, la signature est peinte en ocre ou en brun, harmonisée avec la palette chaude typique de ses paysages nord-africains. Sur ses dessins ou gouaches, on retrouve parfois une signature plus discrète, tracée à l’encre ou au crayon, attestant d’un geste sûr et régulier. Ces caractéristiques de signature, bien que subtiles, constituent un repère précieux pour distinguer une œuvre authentique d’une simple attribution. Face à un marché où circulent des œuvres d’atelier ou des copies inspirées du style orientaliste, faire vérifier la signature d’un Eugène Girardet par un expert qualifié reste indispensable. Sur Estimon’Objet, nos spécialistes de la peinture du XIXᵉ siècle vous accompagnent dans l’identification, l’authentification et l’estimation de vos œuvres signées Eugène Girardet, qu’il s’agisse d’une toile, d’une gouache ou d’un dessin orientaliste.

Expertise signature Eugene Girardet
Signature Eugene Girardet

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Estimation gratuite Gabriel Argy-Rousseau

Gabriel Argy-Rousseau

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Estimation et cote de l'artiste Gabriel Argy-Rousseau

Découvrez le parcours du céramiste et maître verrier Gabriel Argy-Rousseau. Besoin d’une expertise concernant Gabriel Argy-Rousseau ? Contactez les experts d’Estimonobjet via notre formulaire !

Estimation gratuite Gabriel Argy-Rousseau

Prix des œuvres de Gabriel Argy-Rousseau

  • Vases et jarres - entre 3000 € et 20 000 €

  • Bols, coupes et objets décoratifs - entre 1000 € et 800 €

  • Pièces monumentales ou uniques - jusqu’à 40 000 €

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Gabriel Argy-Rousseau : premiers pas vers l’art de la pâte de verre

Joseph-Gabriel Rousseau, dit Gabriel Argy-Rousseau, est né en 1885 à Meslay-le-Vidame dans la Beauce, dans une modeste famille de paysans. Entouré d’une nature plane et rigoureuse, rêvant aux vitraux de la Cathédrale de Chartres qu’il connaît bien, le jeune Argy-Rousseau reçoit une bourse pour achever ses études, et, féru de dessin déjà tout petit, il entre à l’école Breguet pour suivre des cours de chimie puis en 1902 à l’école nationale de céramique de Sèvres, où il se livre à l’art du verre. À Sèvres, il rencontre Platon Argyriadès, (instigateur de la commune libre de Montmartre en 1920 avec d’autres artistes et céramistes) qui deviendra son beau-frère. Il y rencontre aussi Henri Cros dont le fils est un élève. Ces deux grands noms deviennent ses maîtres en matière de pâte de verre. Pourtant le jeune Argy-Rousseau hésite sur le chemin à prendre, et dirige pendant quelques années un atelier de fabrique de porcelaine dentaire. Puis, après le rachat de l’entreprise par une firme américaine, Argy-Rousseau se lance corps et âme dans l’art de la pâte de verre et de la céramique. 

Gabriel Argy-Rousseau à l’assaut de l’art perdu de la pâte de verre

La pâte de verre est une technique antique, tombée dans l’oublie et ressuscitée au XIXe siècle par des artistes tels qu’Henri Cros, ou encore les artistes Art Nouveau que sont François Decorchemont, ou Georges Despret. En 1914, Gabriel Argy-Rousseau s’intalle dans son propre atelier à Paris, et grâce à son maître Henri Cros, il commence à élaborer des pièces en pâte de verre qu’il expose au Salon des artistes français. Joseph-Gabriel Rousseau épouse alors la soeur de Platon Argyriadès, Marianne, qui le pousse plus encore vers l’art et l’esthétique classiques (pour ne pas dire antiques) du verre, prônés aussi par l’école de Sèvres. Rousseau accole les premières lettres du nom de sa femme à son patronyme, et devient Argy-Rousseau. La guerre vient suspendre ses premiers pas en autonomie dans la création ; ses talents d’ingénieur sont mis à contribution, et Argy-Rousseau dépose de nombreux brevets pour des inventions variées. 

1921-1931 : Gabriel Argy-Rousseau et la Société des pâtes de verre

Après le conflit, Argy-Rousseau retrouve le chemin de l’atelier, et des multiples expositions auxquelles il participera désormais chaque année. Ses premiers succès s’accumulent, et il réalise notamment des flacons en verre soufflé à décor émaillé pour Marcel Frank (parfumeur et éditeur de cosmétiques). En 1921, fort de son ascension dans le milieu artistique, il créée la Société anonyme des Pâtes de verre d’Argy-Rousseau, grâce à Gustave Moser-Millot, propriétaire d’une galerie à Paris, et d’une cristallerie de Bohême partenaire non loin de Prague. Moser-Millot devient le principal actionnaire de l’entreprise d’Argy-Rousseau, et sa galerie du boulevard des Italiens vend les oeuvres réalisées par le verrier. Sous l’égide de l’homme d’affaires, la production s’intensifie, et dès 1924, les vases, lampes et autres objets qui sortent de l’atelier sont réalisés dans de plus grandes dimensions et dans de plus grandes quantités, car la société fonctionne avec une vingtaine d’employés. Des agents diffusent son travail aux quatre coins du monde. Loin des problèmes financiers Argy-Rousseau se consacre entièrement à la création. Il ne dénigre pas son ancienne passion, scientifique, et développe un procédé de photographie en trois couleurs qui lui vaut en 1927 une médaille d’argent de la Société de l’encouragement au progrès.  Toute sa vie, Argy-Rousseau fera oeuvre de photographe. 

Gabriel Argy-Rousseau et les déboires de la conjoncture

En 1929, le krach boursier touche et fragilise la Société des Pâtes de verres d’Argy-Rousseau. La société est dissoute en 1931, dix ans après sa création. Dès lors Argy Rousseau va travailler seul, et monte son atelier à la rue Cail. Il y créée ses « émaux de pâte de verre sculptés », dont les premiers sortent en septembre 1932 du nouveau four. Il se diversifie et créée aussi des modèles en pâte de cristal taillée, qu’il réalise jusqu’en 1937, puis une série d’objets en verre émaillé, décorés d’émaux d’or et de patine. Argy-Rousseau cherche à se démarquer de la pâte de verre industrielle remise au goût du jour par Lalique, Daum ou Sabino à prix attractif. Son travail est encore apprécié et il se remet à vendre lorsque survient la guerre. Alors, le manque de matière première contribue à ralentir de nouveau sa production. Il se remet à travailler pour le secteur dentaire, comme lorsque dans sa jeunesse, il avait oeuvré à la création de porcelaine dentaire. Gabriel Argy-Rousseau, malgré ses talents de verrier et céramiste, malgré le soutien de la Société des Artistes Décorateurs dont il est l’un des membres actifs, mourra ruiné et oublié du public le 20 janvier 1953. 

L’estimation des oeuvres de Gabriel Argy-Rousseau

Gabriel Argy-Rousseau a longtemps été oublié, mais depuis quelques décennies, on retrouve son nom plus fréquemment dans les expositions et sur le marché de l’art. En 2016, la lampe de table « oiseaux de paradis » de 1928, en pâte de verre et métal (28 cm) s’est vendue à New-York pour la somme de 57 900 euros hors frais. Son vase « singes » de 1923 en pâte de verre (30 cm) a été acquis pour 57 800 euros hors frais en 2013 aux Etats-Unis. Ses plus belles créations oscillent entre les 10 000 et les 50 000 euros, notamment pour des vases, des lampes et des sculptures de petite taille. Sa cote a connu une hausse ces dix dernières années, et promet de monter encore en fonction de la redécouverte de l’art raffiné et confidentiel de ce verrier à la patte originale. 

Reconnaître la signature de Gabriel Argy-Rousseau

Les œuvres authentiques de Gabriel Argy-Rousseau portent généralement une signature gravée ou moulée dans la pâte de verre, souvent en lettres capitales : « G. Argy-Rousseau ». Celle-ci apparaît le plus souvent à la base de la pièce ou sur le flanc, parfois accompagnée d’un numéro de modèle. Sur certaines créations, notamment les productions de série, la signature peut être plus discrète, intégrée au décor ou légèrement effacée avec le temps. La présence d’une signature nette, cohérente avec la typographie et la période de production, demeure un critère essentiel d’authenticité, à examiner attentivement lors d’une expertise.

Signature Gabriel Argy-Rousseau
Expertise signature Gabriel Argy-Rousseau

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Hassan El Glaoui

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Hassan El Glaoui, naissance d’un peintre autodidacte

Hassan El Glaoui est né à Marrakech en 1923. Il est le fils puiné du Pacha du Maroc Thami El Glaoui et de sa femme, fille du Grand Vizir Mokri. Issu de ces prestigieuses lignées, rien ne destinait Hassan El Glaoui à la carrière de peintre. Le jeune El Glaoui se met donc à peindre en secret, dans son enfance. Puis ses parents lui offrent la possibilité d’installer son atelier dans une pièce de la demeure familiale, s’imaginant qu’il s’agirait d’un passe-temps. El Glaoui se jette dans la peinture. 

L’année 1943 marque un tournant. Le premier ministre anglais, Winston Churchill, lui-même peintre, est en visite à Marrakech, et vient saluer le pacha El Glaoui, pour qui Churchill est un ami. Le grand homme visite l’atelier d’Hassan El Glaoui et est ébloui par son talent. Au grand dam de son père, Churchill lui conseille de délaisser la voie administrative initialement prévue par le patriarche pour se lancer à temps plein dans la peinture. Winston Churchill finit par convaincre le pacha El Glaoui lui-même de laisser son fils s’adonner à la peinture. 

L’autre fait marquant date de 1950, lorsque Sir Edward G. Robinson, sa femme l’artiste Gladys Lloyd, accompagnés du Général Goodyear, fondateur du MoMa de New-York, font escale au Maroc, invités par le pacha. Devant les peintures d’Hassan El Glaoui, ils expriment leur admiration, et arrivent à convaincre le pacha El Glaoui que son fils est véritablement un artiste. Ils organisent pour l’année suivante une exposition de ses oeuvres au MoMa, où devaient également être exposées les oeuvres de Gladys Lloyd. 

Hassan El Glaoui à Paris : une formation à la peinture

Hassan El Glaoui, désormais libre d’exercer la peinture, se rend à Paris, carrefour international de la culture et des avant-gardes, pour y étudier. En 1952, il s’inscrit au cours de dessin de Jean Souverbie, à l’école Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris. El Glaoui entre dans l’atelier d’Emile Charmy, autre peintre et professeur aux Beaux-Arts, qui lui enseignera les ficelles du métier durant quinze ans. Hassan El Glaoui, dès 1950, est exposé à Paris, par la Galerie André Weil. En 1959, ce sera le tour de la Galerie Petrides, qui l’expose chaque année jusqu’en 1963. El Glaoui est le premier peintre marocain à étudier hors du sol marocain, et à connaître une carrière internationale. Son rôle de précurseur est essentiel pour les développements de l’école marocaine. 

En 1956, l’indépendance du Maroc est prononcée, et les biens familiaux sont saisis. L’année suivante, il se rend à Marrakech, et il est fait prisonnier durant 18 mois avec les siens, car il est issu d’une lignée prestigieuse, l’une des plus fameuses dynasties berbères. Libéré en 1959, il s’installe seul à Rambouillet, isolé du monde. Puis il se remarie, à Bruxelles en 1963, ville où il expose (chez Isy Brachot, en 1969). Durant les années 1960, la carrière d’Hassan El Glaoui connaît un bond ; en 1960 il expose à la Galerie de Paris, à la Galerie Petrides, mais aussi à Londres chez Ohana Gallery. en 1963, à Paris il est présent à la galerie Jeanne Castel, puis sera célébré par la Hammer Gallery de New-York en 1967, et à Londres l’année suivante à la Upper Grosvenor Galleries, et à la Tyron Galleries l’année d’après. 

Hassan El Glaoui de retour au Maroc

Pourtant, Hassan El Glaoui a décidé de rentrer vivre au Maroc, et c’est chose faite en 1965. Ainsi, peintre reconnu et prisé par les plus prestigieuses galeries françaises, new-yorkaises et anglaises, El Glaoui affirme sa stature, mais part chercher l’inspiration vers ses origines et son sol natal. Jean Anouilh, dans le livret de la Galerie 55, qui expose en 1975 les oeuvres d’Hassan El Glaoui, exprime ainsi cette quête de retour aux sources de l’enfance : « Le petit garçon au regard sombre dans sa djellaba blanche savait déjà tout, et s’étonnait déjà. Il se rappelait déjà son destin sans l’avoir encore vécu, et c’est le souvenir de cet étonnement anxieux qu’il se rappelle, devenu grand et peignant. 

Et je crois que cette recherche obscure et étonnée d’un souvenir perdu au fond de l’enfance – ou, pour certains génies, au fond d’une autre vie d’avant la mémoire -, est la clef de l’oeuvre d’art et lui donne son prix, inexplicable, au-delà même des réussites formelles. » El Galoui peint des portraits, héritage de son apprentissage aux Beaux-Arts, mais il travaille surtout la gouache dans de grandes compositions qui prennent pour sujet des cavalcades, et décrivent avec vigueur la silhouette élancée des chevaux, traduisant leur mouvement. Ses oeuvres circulent en Europe, mais font aussi la joie et la fierté du Maroc, où elles entrent dans les collections du Roi Hassan II, et de Mohammed VI, qui commande des travaux à l’artiste. On en trouve au Palais Royal de Fès, au parlement de Rabat. 

Dans les années 1980, Hassan El Glaoui expose au Maroc, à la Galerie Venise Cadre de Casablanca, mais se fait aussi remarquer à la Maison de la Presse de Londres (1993), à la Matisse Art Gallery (2005) à la Rempart Galerie de Marrakech en 2009, et en 208, toujours dans cette ville, à la Dar El Bacha Galerie. En parallèle, il multiplie les participations aux expositions collectives, sur l’Art marocain, mais aussi sur les chevaux, un sujet qui lui est très cher. 

Hassan El Glaoui est mort en 2018. Il est reconnu comme l’un des pères de l’art marocain actuel. 

L’estimation des oeuvres d’Hassan El Glaoui

La cote d’Hassan El Glaoui a connu une courbe ascendante depuis ses débuts. 

Le record pour une oeuvre d’El Glaoui aux enchères a été atteint en 2019, à Londres, où la « Sortie du Roi », une gouache de 120 x 180 cm mettant en scène une procession d’hommes à pieds et montés sur des chevaux devant les portes rouges d’une ville, a été adjugée 128 430 euros hors frais. Il n’est pas rare que ses gouaches et huiles sur toile représentant des sujets équestres (cavaliers, fantasia, sorties de ville) être estimées entre 30 000 et 100 000 euros. Ses portraits, de dimensions plus modérées, s’estiment autour des 10 000 à 30 000 euros généralement. Les gravures d’Hassan El Glaoui sont plus abordables, autour des 1000 euros pour les plus belles cavalcades. 

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Estimation et cote de l'artiste André Maire

Découvrez le parcours du peintre français Art Déco André Maire. Besoin d’une expertise concernant une estampe ou un tableau d’André Maire ? Contactez l’équipe d’Estimonobjet ! Notre éuipe se tient à votre entière disposition pour vous donner une expertise gratuite, rapide et confidentielle de votre oeuvre d’André Maire !

Estimation gratuite André Maire

Prix des œuvres d'André Maire

  • Peinture : entre 500 € et 40 000 €

  • Aquarelle, gouache, lavis : entre 200 € et 10 000 €.

  • Dessin (fusain, sanguine, mine de plomb, pastel) : entre 250 € et 20 000 €

  • Estampe, lithographie : entre 750 € et 50 000 €.

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André Maire, le dessin, les décors de théâtre et les Beaux-Arts

André Maire est né à Paris en 1898. Très vite, le père d’André Maire remarque la passion de son fils pour le dessin, et l’inscrit en 1909 à l’école municipale de dessin de la Place des Vosges à Paris. Maire y rencontre celui qui sera son mentor et son beau-père, le peintre Emile Bernard. Dès 1914, Bernard rentre souvent en Bourgogne, mais la correspondance nourrie des deux personnages (1916-1921 surtout) atteste de leur lien indéfectible malgré la distance. Le jeune André Maire est élève de l’école de dessin jusqu’en 1916, date à laquelle son père décède, suivi un an après par sa femme. À la mort de ses parents, André Maire doit faire face, et pour se nourrir il travaille dans une fabrique de décors de théâtre. Il est épaulé par Emile Bernard, qui lui apprend différentes techniques et lui offre ses conseils dans de nombreuses disciplines, jusqu’à l’orienter dans ses lectures. André Maire commence aussi à fréquenter l’atelier du peintre et professeur à l’école Supérieure Nationale des Beaux-Arts André Devambez. André Maire est mobilisé en 1917, et il termine son service militaire en Indochine à partir de 1919, où il reste jusqu’en 1921, un premier voyage qui inaugure la succession d’itinéraires empruntés par le peintre-explorateur. En Indochine, André Maire enseigne le dessin, à Saigon.

André Maire, peintre-explorateur et tenant de l’exotisme Art Déco

En Indochine, le jeune André Maire découvre les temples d’Angkor Vat, encore cernés de végétation luxuriante, qui vont influer durablement son imaginaire. Il revient en 1921, ayant trouvé sa voie propre, un exotisme dans les paysages aux accents Art Déco qui lui vaudront un grand succès. En 1922, il part avec Emile Bernard en Italie pour se former à l’art classique. L’année suivante, il se marie avec la fille d’Emile Bernard, à Venise, où il ouvre une galerie d’art proposant ses oeuvres qu’il tiendra avec sa femme durant sept ans, jusqu’en 1928. En parallèle, Devambez et d’autres exposent son travail à Paris, et André Maire conserve le lien en louant un petit atelier parisien dans lequel il se met à travailler la sépia, dans le style Art Déco très en vogue alors, usant du laque et de certaines techniques orientales.  Après l’Italie, d’où il rentre en 1928, André Maire se concentre sur des compositions plus grandes, réalisées grâce à la sépia. Il réalise des paysages espagnols qu’il a découverts à son retour, et finit par postuler à la Casa Velazquez, à Madrid. Reçu, il part pour l’Espagne et y séjourne entre 1931 et 1934, voyageant et découvrant notamment l’Andalousie qui l’enchante. À son retour Maire achète une maison en Bourgogne, où il s’installe. 

André Maire à la poursuite de ses voyages

Rentré en France, André Maire expose en 1936 à la Galerie Charpentier, où l’Art Déco est à l’honneur. Il y rencontre la comtesse de Jumilhac qui devient l’une de ses mécènes et le pousse à voyager. Grâce à elle en 1937 il part pour Le Caire, et visite l’egypte pendant 6 mois. En juin 1938, il part pour l’Inde, et arrive à Pondichéry. De là, il traverse le pays, vers l’Inde du sud, Ceylan, Bombay puis le Nord, Agra, Bénarès entre autres. La seconde guerre mondiale interrompt son voyage, car le but pour André Maire était de retourner à Angkor. Après sa démobilisation, André Maire se réfugie dans sa maison de Semur-en-Auxois. Grâce à ses dessins rapportés de voyages, il conçoit des oeuvres Art Déco pour les ensembliers Mercier, Leleu et Jansen. En 1945, il gagne une bourse pour aller visiter l’Afrique occidentale française pendant 4 mois. André Maire longe le fleuve Niger, mais la malaria le pousse à rentrer en France. 

N’ayant pu revenir en Indochine plus tôt, André Maire s’engage dans un long séjour d’enseignement là-bas, de 1948 à 1958. Il s’installe à Dalat, puis parcourt le Laos, visite Luang Prabang dont il admire les statues et retourne à Angkor. Durant ce voyage, André Maire découvre aussi les beautés du Mékong, et la vie qui s’anime autour du fleuve. André Maire, le peintre explorateur, ne s’arrête pas là. En 1959, il décroche une bourse pour aller à Madagascar. En 1968, il découvrira les Antilles. Ces multiples voyages stimulent sa créativité, et l’artiste Art Déco mêle les exotismes dans ses paysages raffinés. Ses dernières années, passées à peindre ses souvenirs dans sa maison de Bourgogne, sont émaillées d’expositions dans des prestigieuses galeries (Isy Brachot à Bruxelles, la Galerie Charpentier et la galerie Georges Petit à Paris, puis la galerie Royale et la galerie Jean Chalon). André Maire s’éteint en 1984.

L’estimation des oeuvres Art Déco d’ André Maire

Les peintures d’André Maire sont prisées, et peuvent atteindre des records d’enchères autour des 50 000 euros hors frais. Plus généralement, ses paysages Art Déco inspirés d’Asie se vendent entre 10 000 et 30 000 euros. Ses portraits peints de femmes asiatiques et ses paysages colorés des années 1970 sont évalués dans les 5 000 – 12 000 euros en général. Le record d’adjudication pour un dessin Art Déco d’andré Maire a été atteint en 2016 pour une « mère et son enfant », oeuvre aux crayons sur papier (63 x 50 cm) vendu pour 70 000 euros sans frais à Pékin. Généralement, ses dessins sont estimés entre 2 000 et 20 000 euros selon le thème, la date de création, le traitement, le format et la technique. 

(Illus.) André MAIRE (1898-1984) Le bain Gouache sur papier Signée et datée 1956

Reconnaître la signature d'André Maire

Savoir reconnaître la signature d’André Maire est essentiel pour authentifier une œuvre de ce peintre-voyageur reconnu pour ses paysages d’Indochine, d’Afrique et du bassin méditerranéen. L’artiste signait fréquemment ses œuvres de son nom complet « André Maire », tracé en lettres manuscrites ou légèrement capitalisées, souvent accompagné de l’année de création. Cette signature, placée dans le coin inférieur droit ou gauche de la composition, s’intègre avec discrétion à la palette chromatique de l’œuvre, comme on peut l’observer sur des toiles emblématiques telles que Temple d’Angkor ou Marché à Hué. Sur ses dessins et aquarelles, André Maire apposait généralement la même signature, parfois à l’encre noire ou brune, précédée de la mention de la ville ou du lieu représenté. Ces constantes stylistiques font de la signature un indice précieux pour authentifier les œuvres de l’artiste, dont la production a parfois inspiré des copies ou des attributions erronées. Face à un marché où circulent des œuvres d’époque ou d’atelier, faire vérifier la signature d’un André Maire par un expert qualifié demeure indispensable. Sur Estimon’Objet, nos spécialistes de la peinture moderne et orientaliste vous accompagnent dans l’identification, l’authentification et l’estimation de vos œuvres signées André Maire, qu’il s’agisse d’une huile sur toile, d’une gouache ou d’un dessin de voyage.

Signature André Maire
Expertise signature André Maire

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Émile Deckers

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Estimation et cote de l'artiste Émile Deckers

Découvrez le parcours et la cote du peintre belge Émile Deckers, qui a produit de nombreuses toiles de l’Algérie, son pays coup de cœur et de ses œuvres  orientalistes au sens large. Besoin d’une expertise concernant Émile Deckers ? Contactez l’équipe d’Estimonobjet !

Estimation gratuite Emile Deckers

Prix des œuvres d'Émile Deckers

  • Peinture (huile sur toile, portraits orientalistes, scènes et grands formats) – entre 40 € et plus de 130 000 €

  • Aquarelle, pastel, dessin sur papier - entre 60 € et 30 000 €

  • Estampe, lithographie, multiples - entre 20 € et 3 000 €

Vous souhaitez  expertiser une œuvre d’Émile Deckers et recevoir son estimation ? Remplissez votre demande via notre formulaire. Faites estimer une œuvre d’Émile Deckers en quelques clics et recevez une réponse sous quelques jours. C’est gratuit et totalement confidentiel.

Émile Deckers, parcours académique d’un peintre belge

Emile Deckers est né en Belgique à Ensival (à côté de Liège) en 1885, dans une famille bourgeoise. Très jeune, ses parents constatent une vocation qu’ils encouragent en lui offrant des cours particulier de dessin dès l’page de 10 ans. Plus tard, à 14 ans, Émile Deckers devient apprenti chez un peintre-décorateur, et suit en parallèle des cours de dessin à l’école publique d’Ensival. Entre 1901 et 1909, il est inscrit à l’école des Beaux-Arts de Liège. Le peintre y reçoit plusieurs médailles, avant d’obtenir le prix Auguste Donnay, qui lui permet, grâce à la bourse associée, de venir se perfectionner à Paris, où Émile Deckers entre dans l’atelier de Carolus-Duran, le grand peintre de portraits mondains. Grâce à ce mentor, Deckers se spécialise dans le portrait, et y fréquente entre autres le peintre Amédée Rosier qui, comme lui, se prendra de passion pour les région méditerranéennes et entrera dans le mouvement de l’orientalisme.

Émile Deckers découvre l’Algérie et l’orientalisme

Émile Deckers rentre en Belgique, se marie, et enseigne le dessin dans un collège jésuite dont il décore la chapelle. Mobilisé puis fait prisonnier durant la première guerre mondiale, il sort du conflit très affaibli et va se reposer en Suisse. En 1920 a lieu l’événement qui va changer sa vie. Deckers est appelé à Alger, peut-être par l’archevêché, ou bien pour exécuter des portraits de la haute société. Il s’installe à Alger dans une dépendance de l’église wallonne Saint-Charles. sur les traces des premiers orientalistes, Deckers restaure une fresque d’Hippolyte Lazerges peinte en 1879 dans la chapelle de la maison-mère des Pères Blancs de Maison-carrée. En parallèle des chantiers religieux et de son travail orientaliste, il devient le portraitiste de la bonne société belge et européenne, mais aussi des notables locaux, comme le Cheick Ben Gana de Biskra, et prolonge durablement son séjour en Algérie. 

Émile Deckers à la découverte des régions reculées de l’Algérie : devenir un peintre orientaliste

Outre ses activités de peintre mondain, Deckers est véritablement fasciné par les coutumes locales et les paysages jusque là inconnus, et il décide de voyager. L’artiste part en Kabylie, puis dans le nord vers le Mont Ouarsenis puis vers le sud. Émile Deckers se laisse envahir par les couleurs, les paysages, et portraiture les habitants, ou retraçant leur quotidien dans des scènes de genre très appréciées de ses collectionneurs. Le peintre expose à Alger, et en 1930 sa renommée connaît une accélération incroyable. La même année, au Salon des artistes français, l’un de ses tableaux (un portrait de sa fille) est encensé par la critique. Chaque année pourtant, l’artiste rentre passer l’été à Ensival. Entre 1928 et 1932, il y décore les stations du chemin de croix. Pour les gens du cru, il réalise divers portraits, et va même jusqu’à exécuter pour la salle du conseil communal un grand portrait de groupe figurant les personnalités de la ville. 

Émile Deckers, fin de carrière brillante entre l’Algérie, le Rwanda et la Belgique

Deckers enseigne dans son atelier d’Alger, où il est désormais un peintre très reconnu. Il est décoré de la Légion d’honneur en 1935. Le Bey de Tunis le décore à son tour officiellement, et en dehors de ces récompenses d’état qui couronnent ses talents de portraitiste, Emile Deckers est choisi pour plusieurs chantiers religieux : restauration de la chapelle de l’archevêché d’Alger, de la chapelle du séminaire, réalisation d’un chemin de croix pour l’église du Télemly. En 1936, il est mandaté pour décorer la couple du choeur de la basilique Notre-Dame d’Afrique, puis ce sera celle de l’église Saint-Charles de l’agha, inaugurée en 1938. Durant la guerre, le portraitiste ne cesse de travailler. Son travail orientaliste connaît le renouveau grâce à de nouveaux voyages vers le sud du pays. En 1940, une rétrospective de son travail est organisée à la galerie Laferrière. Pendant le conflit mondial, Deckers part retrouver sa fille au Rwanda-Burundi (à l’époque appelé Ruanda—Urundi), où il découvre les grâces de l’art africain. Le peintre en est étourdi, mais il connaît une immense tristesse en 1947, lorsque sa fille décède d’une maladie inconnue. Émile Deckers rentre en Algérie, où il continue à donner des cours et à exposer, avec moins de vivacité toutefois. En 1956, un hommage officiel est rendu au peintre dans sa ville natale d’Ensival. En 1959, il reçoit des mains du consul belge les insignes de chevalier de l’Ordre de Léopold, et en 1965 des mains de l’archevêque d’Alger la médaille de l’ordre du mérite, octroyée par le pape Paul VI pour ses travaux religieux. En août 1966, Emile Deckers rentre en Belgique, après plus de quarante ans passés en Algérie. En 1968, il meurt près d’Ensival, à Verviers où il avait élu domicile.

L’estimation des oeuvres d’Émile Deckers

Les peintures orientalistes d’Emile Deckers sont reconnaissables à leur larges coups brossés. En 2016, la toile « Un après-midi au Sahara », datée de 1931, format 80 x 120 cm, a été adjugée pour la somme de 98 000 euros hors frais, un record pour une oeuvre d’Emile Deckers. Les triple portraits de femmes orientales, un type de composition typique des productions de l’artiste, s’estiment généralement aujourd’hui entre 5 000 et 45 000 euros selon qu’il s’agit de pastel ou d’huile, sur papier ou sur toile, et selon la qualité de l’oeuvre. Ses petits portraits sur panneau (environ 30 x 20 cm généralement) sont plus abordables et connaissent des adjudications autour des 1500 euros à 6 500 euros pièce.  

(Illus.) Emile DECKERS (1885-1968) Femmes Algériennes

Reconnaître la signature d'Emile Deckers

Reconnaître la signature d’Émile Deckers est une étape essentielle pour authentifier une œuvre de ce peintre belge reconnu pour ses portraits orientalisants et ses scènes de genre lumineuses. Formé à l’Académie des Beaux-Arts de Liège, Émile Deckers signe la grande majorité de ses toiles, souvent à l’huile, d’une écriture soignée et lisible, en lettres cursives ou légèrement inclinées, généralement placée dans le coin inférieur droit. On retrouve la mention complète « Émile Deckers » ou parfois simplement « E. Deckers », tracée en brun foncé, ocre ou noir, harmonieusement intégrée à la palette chaude de ses compositions. Sur certaines œuvres orientalistes — comme Jeune femme berbère ou Scène de marché à Alger — la signature peut être accompagnée d’une date, soulignant la précision et la rigueur de l’artiste. Face aux nombreuses œuvres d’atelier ou copies d’époque circulant sur le marché, faire vérifier la signature d’un Émile Deckers par un expert demeure primordial. Sur Estimon’Objet, nos spécialistes en peinture belge et orientalisme vous accompagnent dans l’analyse, l’authentification et l’estimation de vos tableaux signés Émile Deckers, qu’il s’agisse d’un portrait, d’une scène de genre ou d’un paysage d’Afrique du Nord.

Signature Emile Deckers
Expertise signature Emile Deckers

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Estimation gratuite Paul-Charles Chocarne-Moreau

Paul-Charles Chocarne-Moreau

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Estimation et cote de l'artiste Paul-Charles Chocarne-Moreau

Paul-Charles Chocarne-Moreau (1855-1930) est un peintre et illustrateur français représentant de la peinture de genre. Son sujet peint favori est la vie quotidienne des jeunes garçons des milieux populaires à Paris de la fin du XIXe et de la première moitié du XXe siècle. 

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La formation de l’artiste Paul-Charles Chocarne-Moreau

Paul-Charles Chocarne-Moreau nait à Dijon en 1855 au sein d’une famille d’artiste. Son père est professeur de peinture et il est le cousin des sculpteurs Mathurin, Hippolyte et Auguste Moreau. Paul-Charles Chocarne-Moreau fait ses études artistiques à Paris où il est successivement l’élève du peintre d’histoire Tony Robert-Fleury (1837-1911) et de William Bouguereau (1825-1905) représentant majeur de la peinture académique française de la fin du XIXe siècle. Les deux maîtres de Paul-Charles Chocarne-Moreau ont été successivement Présidents de la Société des Artistes Français. En 1882, Chocarne-Moreau expose son œuvre Distraction au Salon des Artistes Français et à partir de là, ses œuvres régulièrement montrées, sont appréciées du grand public et des collectionneurs. En 1886, Chocarne-Moreau reçoit une mention « honorable » et en 1889 il participe à l’Exposition universelle où il obtient une médaille de bronze. Ses œuvres sont considérées par des écrivains de son temps comme « un des points forts » du Salon (Gérald Schurr & Pierre Cabanne, Dictionnaire des petits maîtres de la peinture).

Paul-Charles Chocarne-Moreau, le peintre des « enfants des rues »

Les peintures de genre de Chocarne-Moreau popularisent principalement le thème de l’enfant des rues et préfigure l’imagerie immensément populaire du peintre et illustrateur américain, Norman Rockwell (1894-1978). 

En cette fin de XIXe siècle, dans les milieux littéraires et artistiques, la condition et le statut de l’enfant suscitent une vraie prise de conscience. En 1882 les lois Ferry promulguent l’obligation scolaire pour les enfants de moins de 10 ans. Pourtant des très jeunes garçons et filles continuent d’être engagés pour des salaires de misère et dans des conditions insalubres, par des artisans, des commerçants et des marchands de quatre saisons sans scrupules. C’est cette réalité sociale des enfants des milieux populaires et défavorisés qui est peinte par Paul-Charles Chocarne-Moreau. Sensible à cette pauvreté et à l’exploitation de son temps, il participe avec ses œuvres à sensibiliser l’opinion sur la condition des petits travailleurs de rue. 

Ils les représentent avec humour et tendresse dans ses toiles de genre comme L’Enfant des Rues ou Le Petit Cuisinier d’Écrevisses et Le Brocanteur Place de l’Arc de Triomphe à Paris. Contrairement à son contemporain Pierre Bonnard (1867-1947) par exemple, qui accentue par sa technicité et sa composition la dramaturgie des sujets sociaux, Paul- Charles Chocarne-Moreau en extrait de la gaité et de l’espièglerie. 

Paul-Charles Chocarne-Moreau utilise des palettes de couleurs franches, tranchées, et des rouges vifs. Il ne se dégage pas de tristesse dans les œuvres du peintre. Au contraire on retrouve dans les scènes de genre de Chocarne-Moreau de la solidarité entre les enfants, de l’entre-aide et une simplicité rieuse comme dans sa célèbre toile Le Pâtissier et le Ramoneur , conservée au Musée des Beaux-Arts de Dijon. 

Paul- Charles Chocarne-Moreau, le peintre du vivant

Le peintre Chocarne-Moreau a souvent représenté des scènes d’activités de jeunes garçons au sein de l’église, en opposant la vivacité de l’enfance à la solennité officielle des ecclésiastiques comme dans Le Jeu de la Grenouille ou La Répétition Générale (1925). On voit également des enfants se détournant de leur tâche, ou reproduisant avec moquerie les gestes des prêtres comme dans la toile Cache-Cache ou Soyez Gentils avec les Animaux . C’est cette dichotomie et cette effronterie qui donnent l’effet comique souhaité. Chocarne-Moreau témoigne également dans ses illustrations et ses peintures des agitations politiques à Paris. De nombreuses toiles ont pour sujet l’histoire sociale contemporaine comme dans Rouget de Lisle chantant La Marseillaise ou le Jeune Boulanger Manifestant ses Opinions Politiques. Paul Chocarne-Moreau a également réalisé de nombreux portraits pour des commanditaires.           

Les scènes de genre de Chocarne-Moreau racontent des histoires vivantes, qui ont valeur d’éducation populaire et contribuent à l’époque à faire avancer les lois de protection de l’enfance. 

La cote des œuvres du peintre Chocarne-Moreau

Ce sont les huiles sur toile de l’artiste Chocarne-Moreau qui représentent largement la plus grande demande sur le marché de l’art. Le prix des huiles sur toile de Paul-Charles Chocarne-Moreau se situent entre cent soixante-huit euros et soixante-neuf mille euros, montant du prix maximum atteint pour un tableau vendu en 1998. Quatre œuvres de Chocarne-Moreau ont dépassé les cinquante milles euros lors de ventes aux enchères. Il s’agit systématiquement de scènes de genre d’enfants pauvres et petits travailleurs de rue. Mais ce sont principalement les scènes représentant des « enfants de chœur » qui atteignent les meilleurs prix. Sur ces dix dernières années les prix d’achats des toiles varient entre quatre mille euros et vingt-quatre mille euros. Quelques peintures «d’élégantes » femmes, de facture plus académique ont été vendues entre quatre mille cinq cent et quatorze mille euros. Les rares portraits peints par Louis Charles Chocarne-Moreau ont une cote peu élevée et ne dépassent pas les deux mille cents euros. 

(Illus.) Le Petit Journal , Huile sur toile,  119,4 x 154,9 cm. (47 x 61 in.)

En lien avec Paul-Charles Chocarne-Moreau

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Louis Anquetin

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Estimation et cote de l'artiste Louis Anquetin

Louis Anquetin (Etrepagny 1861- Paris 1932) est un peintre, aquarelliste et dessinateur français. Il est à l’origine, avec le peintre Émile Bernard, de la théorie esthétique du «cloisonnisme».

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La formation du peintre Louis Anquetin

Né en 1861 à Etrepagny, Louis Anquetin est le fils unique et choyé d’une famille normande aisée. Très jeune, ses parents l’encouragent à se lancer dans la pratique du dessin. Dés 1882 il rejoint l’atelier du peintre Léon Bonnat (1833-1922) à Paris et se lie d’amitié avec Henri de Toulouse-Lautrec (1864-1901) qui lui fait découvrir les cabarets Montmartrois. Quand Bonnat ferme son cours, ils rejoignent en 1883 un autre artiste académique, Fernand Cormon, peintre d’histoire (1845-1924), dont l’atelier va devenir un véritable creuset où se forment de jeunes talents aussi doués qu’Émile Bernard ou Vincent Van Gogh.

Les œuvres de jeunesse du peintre Louis Anquetin (1883-1886)

Les premières œuvres «réalistes» de Louis Anquetin entre 1883 et 1884 se caractérisent par des sujets simples et poétiques à la facture sobre La Tonnelle (1886). Sous l’influence de Cormon, les sujets deviennent plus grandiloquents, plus affirmés. Au printemps 1885, Anquetil séjourne auprès de Claude Monet (1840-1926) qui lui transmet sa technicité impressionniste. Les œuvres s’illuminent, s’affinent et sont empreintes d’une grande fraicheur comme dans ses peintures Paysage aux Trois Arbres ou Femmes dans un Paysage. Auprès de son ami peintre Émile Bernard, Anquetil commence à s’écarter de l’impressionnisme pour ouvrir la voie à des recherches rationalistes. Anquetil se met à peindre des huiles sur toile de facture purement pointilliste comme en témoigne le Kiosque Boulevard de Clichy (1886-1887). Émile Bernard et Louis Anquetil, avec leurs nouvelles recherches esthétiques vont pourtant contrarier l’essor du pointillisme. 

Louis Anquetin l’artiste inventeur du cloisonnisme (1887-1894)

En 1887, le Tout-Paris est en effervescence et le quartier Montmartre est l’épicentre de la modernité artistique. 

Van Gogh organise, en mars 1887, une exposition d’estampes japonaises au Cabaret « Le Tambourin» Boulevard de Clichy, qui a une influence majeure et durable sur les œuvres de Louis Anquetil. Le peintre trouve dans la pureté et la couleur du «japonisme» la réponse à l’impasse que lui pose le pointillisme. 

L’art du vitrail, par sa technique et son aspect décoratif inspire aussi Anquetil. 

C’est l’observation de deux tableaux de Louis Anquetil Le Bateau au Soleil Couchant et Les Chiffonnières du Pont de Clichy qui inspire au critique Édouard Dujardin la notion du « cloisonnisme». Dans la Revue Indépendante en mars 1888, il y consacre un article « Au premier aspect, ces œuvres donnent l’idée d’une peinture décorative, un tracé en dehors, une coloration violente et arrêtée, rappelant inévitablement l’imagerie et le japonisme. Le travail du peintre sera quelque chose comme une peinture par compartiments analogues au cloisonné, et sa technique consistera en une sorte de cloisonnisme. » 

La célèbre toile de Louis Anquetil L’Avenue de Clichy, Cinq Heures du Soir 1(887, Coll.°. Wadsworth Atheneum, Hartford, Connecticut) est une œuvre manifeste de son cloisonnisme. Les personnages se schématisent et la verticalité s’accentue, les formes sont cernées, et confèrent une vivacité et un dynamisme à la composition. L’utilisation de la monochromie devient un principe sensoriel qui renforce l’effet de l’aplat. Le cadrage original de l’œuvre est aussi un leitmotiv du cloisonnisme. 

En cette fin du XXe siècle, l’émulation artistique est à son comble et les influences sont réciproques. Il est vraisemblable que Van Gogh se soit inspiré de l’utilisation de la couleur d’Anquetil lors de ses différentes recherches dans son tableau Le Café à Arles (1888, Musée Kröller-Müller, Otterlo ). De même La Dame à la Robe Rouge de Paul Gauguin de 1891 s’inspire de La Dame en Rouge d’Anquetin de 1890.

Les œuvres cloisonnistes de Louis Anquetil sont très appréciées par la critique, en particulier ses femmes mystérieuses, comme Femme sur les Champs-Élysées de Nuit.

La période classique du peintre Louis Anquetin ( 1894-1932)

En 1894, Louis Anquetin voyage en Hollande et en Belgique avec Toulouse-Lautrec et Joseph Albert. Il admire les œuvres des grands maitres anciens, Rubens, Rembrandt, Hals et salue la fluidité et la brillance de l’huile sur la toile. Cette découverte majeure, quasi mystique, bouleverse Anquetin. Son art prend une tournure baroque comme dans le Duel de Darius et Alexandre peint à la toute fin du XIXe siècle. Il étudie aussi l’anatomie qu’il considère comme un gage de liberté. 

Le Combat, exposé au Salon en 1899, témoigne de cette radicalité qui rompt définitivement avec l’avant-garde. En 1901, Fernand Cormon invite Louis Anquetin à réaliser quatre portraits de grandes figures de la littérature: Balzac, Descartes, Rabelais et Alfred de Vigny pour l’hôtel de ville de Tours. 

A partir de 1906 Anquetin enseigne les techniques de la peinture à des étudiants, transmets ses connaissances dans des conférences et travaille sur des recherches sur les vernis avec le chimiste Marc Havel. En 1924 il publie l’ouvrage Rubens, dans lequel il étudie sa technique et analyse des tableaux de la Galerie de Médicis au Louvre. 

Quelques mois avant sa mort en 1932, Émile Bernard lui dédicace le portrait qu’il réalise de lui «Louis Anquetin, gage de ma plus profonde admiration».

Des œuvres de Louis Anquetin sont conservées au Musée du Louvre, Musée D’Orsay, de la National Gallery de Londres ou encore du Musée de l’Ermitage de Saint-Pétersbourg. 

La valeur des œuvres de Louis Anquetin

Les toiles de Louis Anquetin sont rares sur le marché de l’art et suscitent un intérêt croissant des collectionneurs depuis quelques années.
Les estampes s’acquièrent entre soixante-sept euros et six mille euros. C’est le prix atteint pour une affiche Marguerite Dufay dans son Répertoire (1894) vendue à New York.
Le prix des aquarelles se situe entre soixante euros et trois cent mille quatre cent euros pour une des versions aquarellées de L’Avenue de Clichy (1887)
Le prix des pastels oscille entre cent euros et un million soixante-dix-sept mille euros. Record de vente toujours pour une version de la célèbre Avenue de Clichy.

Les huiles sur toile s’acquièrent entre cent euros et un million trois cent mille euros.
Ce sont les œuvres de la période du cloisonnisme , et notamment les portraits de femmes qui ont la plus grande valeur marchande.
3 œuvres ont dépassé les un million d’euros. Le record a été en 2020 avec la vente de l’huile sur toile Femme à sa Toilette de 1889 acquise à un million trois cent mille et soixante-trois euros à Londres.

En 2022, la toile L’Élysée Montmartre (1886) à l’histoire rocambolesque, a été acquise pour huit cent quatre-vingt-quatre mille euros à Clermont-Ferrand.

(Illus.) Femme dans la rue, entre 1890 et 1932, huile sur toile, H. 145,0 ; L. 100,0 cm.

 © RMN-Grand Palais (Musée d’Orsay)

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