Estimation gratuite Pierre Alechinsky

Pierre Alechinsky

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Estimation et cote de l'artiste Pierre Alechinsky

Le peintre et graveur Pierre Alechinsky naît le 19 octobre 1927 en Belgique mais bénéficie de la naturalisation française plus tard dans sa vie. Pierre Alechinsky est le membre fondateur de l’Internationale des artistes expérimentaux (IAE ou CoBrA), un mouvement artistique qui a duré quelques années. Les œuvres de Pierre Alechinsky se distinguent par sa capacité à mélanger le surréalisme à l’expressionnisme.

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Pierre Alechinsky, fondateur du groupe CoBrA

Pierre Alechinsky tient ses origines belges de sa mère wallonne, tandis que son père, Pierre Alechinsky, est russe avec des racines juives. En dépit de ses parents médecins, Pierre Alechinsky étudie malgré tout l’illustration, la typographie et les techniquse d’imprimerie de 1944 à 1948, à l’École nationale supérieure d’Architecture et des Arts visuels de Bruxelles.
Il découvre pendant ces années-là les artistes Henri Michaux (1899-1984) et Jean Dubuffet (1901-1985), le critique d’art Jacques Putman (1926-1994), ainsi que l’œuvre de surréalistes. Ces rencontres seront très importantes pour Pierre Alechinsky qui commencera alors à peindre en 1947, intégrant la même année le groupe Jeune Peinture belge.



Pierre Alechinsky, sa fascination pour l'Extrême-Orient

Très vite, le succès se présente à Pierre Alechinsky qui devient l’un des artistes belges majeurs de la période après-guerre. L’artiste rencontre par la suite le peintre et poète Christian Dotremont (1922-1979), un des piliers du groupe CoBrA, que Pierre Alechinsky rejoint en 1949 auprès de nombreux autres artistes belges.
Ce mouvement artistique validé à Paris l’année précédente a été lancé en réponse à la bataille qui se livre entre le figuratif et l’abstrait dans le monde de l’art. Le but étant de réunir des artistes dans une aventure collective, sans qu’aucune théorie ou polémique ne vienne interférer dans le travail et la perception de chacun, de manière à ce que l’expression artistique soit spontanée, voire irrationnelle, mue par l’expérimentation.
Si le groupe s’est officiellement éteint en 1951, il s’est pourtant poursuivi pour et à travers Pierre Alechinsky, dans ses œuvres qui ont continué de véhiculer le langage dit primitif et naïf des artistes CoBrA, exprimant le rejet de l’abstraction et du réalisme.

Pierre Alechinsky, de Central Park à la consécration

Cette courte période pour Pierre Alechinsky est très importante pour lui car elle influence définitivement ses travaux et lui fait faire des rencontres qui feront davantage évoluer son œuvre, comme ce fut le cas en 1954 avec le peintre chinois Walasse Ting.
Progressivement, alors que Pierre Alechinsky est exposé un peu partout, l’artiste délaisse l’huile pour les encres. La calligraphie orientale et les gestes spontanés, souples et fluides de cette technique fascinent Alechinsky qui puise alors dans l’Extrême-Orient pour trouver l’inspiration. Mais c’est en 1965 qu’il découvre la technique qui définira son style définitif, à l’aide de Walasse Ting qui l’initie à l’acrylique. C’est grâce à cette révélation que Pierre Alechinsky réalise la même année Central Park, une acrylique sur papier marouflé.
Depuis cette toile, qui est devenue l’œuvre la plus célèbre de l’artiste, Pierre Alechinsky connaît la consécration et les expositions comme les commandes abondent. À tel point que la décoration de la rotonde de l’hôtel de Lassay à l’Assemblée nationale lui est confiée en 1992. Et si bien qu’en 2006, Pierre Alechinsky est nommé chevalier de la Légion d’honneur.




La cote des œuvres de Pierre Alechinsky

L’artiste belge Pierre Alechinsky a principalement réalisé des peintures au cours de sa vie, même si l’on retrouve des gravures ainsi que de nombreuses encres de Chine en lavis. Ces dernières sont estimées entre 2000 et 60 000€, le record appartenant à son œuvre Le passé inaperçu, vendue aux enchères au prix de 211 559€. Les gravures, plus rares, ont été réalisées à partir de 1952, juste après la fin de CoBrA. Si la moyenne est estimée entre 200 et 15 000€, sa grande gravure l’Aveuglette réalisée en 1975 a été adjugée en 1990 à 57 892€.
Les peintures de Pierre Alechinsky sont les plus recherchées. Les premières sont des huiles sur toile, et les suivantes des acryliques. Le prix moyen est de 200 000€, bien qu’il y ait des tableaux dont le prix d’entrée est de 10 000€, au même titre que son œuvre Mur d’oiseaux fut vendu à 1 150 000€ en 2018. Ainsi, le prix des œuvres de Pierre Alechinsky fluctue beaucoup selon la période, sachant que ses travaux d’après-guerre sont plus estimés.



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(Illus.) Pierre ALECHINSKY – Mardi Gras (1978), lithographie en couleurs

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Estimation gratuite Andre Lanskoy

André Lanskoy

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Estimation et cote de l'artiste André Lanskoy

André Lanskoy (1902-1976) est un peintre, mosaïste et graveur russe né à Moscou le 31 mars 1902, fils aîné du comte Mikhaïl Mikhaïlovitch Lanskoï (1863-1924). Il est connu parmi les artistes de la nouvelle École de Paris pour son œuvre figurative dans un premier temps, puis abstraite. Les maîtrises de la couleur et de la matière font la particularité de ses travaux et ont grandement contribué à sa notoriété.

Estimation gratuite Andre Lanskoy

Prix des œuvres d'André Lanskoy

  • Peinture (huile sur toile) - entre 2 000 € et 440 000 €

  • Aquarelle, gouache, encre sur papier - entre 500 € et 82 000 €

  • Estampe, lithographie, multiples - entre 70 € et 7 800 €

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André Lanskoy, artiste de Russie à Paris

Issu de la noblesse, André Lanskoy fréquente le Corps des Pages, la prestigieuse académie militaire de l’ancienne Russie impériale, avant de se rendre dans un lycée privé. Sa carrière militaire le prédestine à rejoindre l’armée lors de la révolution de 1917, là où sa famille part d’ailleurs se réfugier. L’année suivante, André Lanskoy rencontre Alexandra Exter (1882-1949), une artiste de l’avant-garde russe et ukrainienne qui lui ouvre les portes de son atelier. Très vite, les couleurs vives fascinent André Lanskoy dans les objets et manifestations du quotidien, comme les petrouchka ou encore le maquillage des clowns. Le jeune homme réalise ses premières œuvres dont des aquarelles, mais aucune n’est conservée. En 1919, André Lanskoy s’engage dans l’Armée blanche mais, lorsque celle-ci est mise en déroute, il rejoint ses parents à Berlin puis décide de se lancer comme artiste autodidacte. C’est ainsi que le jeune Lanskoy, alors âgé de 19 ans en 1921, s’envole pour Paris afin d’embrasser sa nouvelle vie d’artiste.

André Lanskoy, la peinture figurative vers l'abstrait

Une fois installé dans la Capitale, André Lanskoy se consacre entièrement à la peinture avec un style figuratif. Pendant deux années consécutives, le jeune artiste est conseillé par Sergueï Soudeïkhine (1882-1946), avant de rencontrer Mikhaïl Larionov (1881-1964), avec lequel il se lie d’amitié. Entre ses nouvelles relations et son travail qui commence à se faire connaître, André Lanskoy est exposé pour la première fois en 1923 auprès d’autres artistes russes à La Licorne. Cette première vitrine sur ses toiles lui permet de participer à d’autres expositions, notamment le Salon d’Automne à partir de 1924. C’est lors de ce rendez-vous régulier qu’il se fera par ailleurs remarquer par le collectionneur et critique Wilhelm Uhde (1874-1947). Les origines russes d’André Lanskoy ne sont pas seulement appréciées des amateurs ; elles contribuent à l’identité de l’artiste dans chacune de ses œuvres. En 1938, il se lance dans une série de gouaches qui oscillent entre l’art figuratif, semi-figuratif et abstrait. Il s’agit de l’année de sa transition, du basculement vers l’art abstrait, puisque son exposition à la galerie Berri-Raspail en 1942 ne dévoile que des peintures abstraites. C’est son admiration pour Paul Klee (1879-1940) et Vassily Kandinsky (1866-1944) qui influencent son travail, où la couleur prend une place importante. André Lanskoy joue sur les tons, peint avec des gestes spontanés, proches de l’abstraction lyrique. En plus d’être associé à la nouvelle École de Paris, il sera considéré comme un artiste du tachisme, style qu’il développera progressivement, notamment dans les années 50, où il commence à varier les mediums.

André Lanskoy, expérimentations plastiques

Si les œuvres d’André Lanskoy tournaient principalement autour de la nature morte, des portraits et des scènes d’intérieur, elles se diversifient énormément pendant cette période. En 1950, André Lanskoy est attiré par la tapisserie et rencontre à cette occasion le lissier Maurice Chassagne (1934-1988). L’année qui suit, il réalise des cartons de tapisserie pour Aubusson, puis des collages et des eaux-fortes, avant de se tourner vers la mosaïque, qu’il affectionnera tout particulièrement, toujours en parallèle de la peinture. Dans les années 70, André Lanskoy se rend à Ravenne pour perfectionner sa maîtrise de la mosaïque. Il en réalise une cinquantaine de 1973 à 1976, dont une qui sera transférée à Rennes.

La cote d'André Lanskoy sur le marché de l'art

Attiré de prime abord par l’art figuratif, puis versé dans l’abstrait, André Lanskoy a vogué entre les deux genres tout au long de sa vie en jouant avec les couleurs et les textures. Sa peinture en pâte est généreuse avec une matière riche, tandis que les tons sont vifs. Cette combinaison liée à l’influence russe dans ses œuvres ont fait d’André Lanskoy un artiste renommé et représentatif de l’abstrait russe. S’il s’est diversifié dans la dernière partie de sa vie, ce sont tout de même ses peintures qui bénéficient de la cote la plus élevée. Les estampes d’André Lanskoy, estimées entre 80 et 400 €, sont généralement des collages. Ses tapisseries et mosaïques, moins reconnues, sont estimées en moyenne entre 1200 et 3500 €, bien que Composition Abstraite ait été vendue 5336 € en 1999. Les dessins, généralement au fusain, varient entre 1400 et 12 000 €. Enfin, une peinture est évaluée entre 470 et 1 000 000 €. À titre d’exemple, une toile sans titre de 1967, qui était estimée entre 120 000 et 180 000 €, a été adjugée en 2019 à 230 000 €.

Reconnaître la signature d'André Lanskoy

Reconnaitre la signature d’André Lanskoy est une étape essentielle pour authentifier une œuvre de ce peintre majeur de l’abstraction lyrique. L’artiste, d’origine russe et naturalisé français, a laissé une production abondante où la signature joue un rôle clé dans l’identification des toiles, gouaches ou collages. André Lanskoy signait la plupart de ses œuvres du seul nom « Lanskoy », parfois orthographié « Lanksoy » dans les années 1940-1950, notamment sur certaines huiles sur toile ou compositions sur papier. Sa signature, généralement placée dans un angle inférieur de la composition, se caractérise par un tracé rapide, incliné, souvent en lettres capitales légèrement irrégulières, peintes dans une teinte contrastée — blanc, noir ou ocre selon le fond. Sur les œuvres tardives, plus gestuelles, la signature devient plus fluide et peut se fondre dans la matière picturale, parfois difficile à distinguer au premier regard. Vérifier la cohérence entre la signature, la technique et la période d’exécution est donc indispensable pour éviter toute erreur d’attribution. Sur Estimon’Objet, nos experts spécialisés dans l’art moderne et d’après-guerre vous accompagnent dans l’analyse et l’authentification de vos œuvres signées André Lanskoy, qu’il s’agisse d’une peinture abstraite, d’un collage ou d’un dessin, afin d’en déterminer la valeur sur le marché de l’art.

Signature André Lanskoy
Expertise signature André Lanskoy

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Estimation gratuite André Marfaing

André Marfaing

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Estimation et cote de l'artiste André Marfaing

André Marfaing (1925-1987) est un peintre et graveur français né le 11 décembre 1925 à Toulouse. Il est associé à l’art non figuratif à travers l’abstrait, et se démarque essentiellement de ses pairs par son appartenance au mouvement pictural de la peinture informelle. S’il emploie diverses techniques, les œuvres de André Marfaing sont essentiellement monochromes et austères.

Estimation gratuite André Marfaing

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André Marfaing, un long chemin vers l'abstrait

André Marfaing réalise des études de droit et exerce quelques années dans cette branche avant de commencer à peindre en autodidacte. Il cherche dans un premier temps à progresser en suivant des cours de peinture et de sculpture à Toulouse. Puis, en 1949, l’artiste en devenir quitte tout pour rejoindre les environs de Paris et poursuivre ses travaux de peinture.
Dans la Capitale, il fait des rencontres intéressantes avec des personnalités artistiques comme Fernand Léger (1881-1955), Maurice Estève (1904-2001), Alfred Manessier (1911-1993) et Pierre Soulages, entre autres poètes et écrivains. Pendant ce temps, André Marfaing s’exerce en étudiant ce qui se trouve autour de lui : environnement, objets, paysages… Mais à partir de 1953, sa peinture devient de moins en moins figurative et rencontre les prémices de l’abstrait avec sa première toile appartenant à ce courant. En 1958, l’artiste fait sa première exposition personnelle à la Galerie Claude Bernard à Paris.

André Marfaing, entre ombre et lumière

Les débuts abstraits d’André Marfaing se manifestent par une peinture expéditive, avec de grands gestes et des symboles proches des idéogrammes. On retrouve parfois des touches de couleur à ses débuts mais l’artiste est déjà attiré par les jeux de contrastes forts et son style se développe dans une peinture dite ascétique.
Par la suite, André Marfaing se distingue par son utilisation quasiment exclusive du noir dans la majeure partie de ses œuvres. Si l’on parle d’amour du noir, de monochrome, il s’agit en réalité d’une exploration des contraires entre l’ombre et la lumière, l’être et le rien, ou encore le vide et le plein. André Marfaing joue sur les contrastes et est considéré, avec Soulages, Kline et Hartung, comme l’un des broyeurs de noir.
La placée laissée au noir ou à l’absence de cette nuance fluctue tout au long de sa vie et du temps qui passe. Progressivement, André Marfaing emplit davantage l’espace de ce noir, qu’il considère comme le moyen d’expression le plus naturel. Au début des années 70, André Marfaing entame alors une phase d’épurement.



André Marfaing, des œuvres de plus en plus épurées

L’artiste, désireux de pouvoir s’exprimer pleinement avec le moins de mots, épure peu à peu ses tableaux. Ce système s’amplifie d’ailleurs pendant une dizaine d’années avant de s’inverser lors des dernières œuvres de sa vie. Pour épurer, André Marfaing abandonne l’huile pour l’acrylique, exprime moins de textures, de conflits, et le noir prend le pas sur le reste, ne laissant plus qu’un rai de lumière vertical au centre de ses œuvres, que l’artiste explique par une citation de Vladimir Nabokov : « […] notre existence n’est que la brève lumière d’une fente entre deux éternités de ténèbres ».
Mais dans les années 80, la tendance permute. L’artiste André Marfaing laisse le blanc grandir voire envahir l’espace et, ce rapport s’inversant, laisse son empreinte dans le monde de l’art avec un dernier message poignant, comme une bataille remportée de la lumière sur les ombres. On observe alors dans ses œuvres un lien fort avec la spiritualité.

La cote des œuvres d'André Marfaing

Les œuvres d’André Marfaing ont reçu de nombreux prix et distinctions, en plus d’avoir été exposées dans de nombreux pays du monde. Il représente notamment la France en 1962 à la Biennale de Venise aux côtés de Messagier, Manessier, Guitet et Poliakoff. En résulte une notoriété qui se ressent jusque sur le marché de l’art. Les collectionneurs s’arrachent certaines de ses œuvres aux enchères, comme ce fut le cas avec Juillet 60-12 réalisé en 1960, et vendu plus de 54 000 € en 2017.
Si André Marfaing a principalement produit des huiles sur toile ou des gouaches sur papier, il a également réalisé des dessins et des estampes. Ses peintures sont les plus recherchées, avec une estimation allant de 3000 à 60 000 €, tandis que ses estampes oscillent entre 100 et 700 €. Ses autres peintures, quant à elles, rencontrent une fourchette de prix allant de 2000 à 18 000 € en moyenne, bien que Composition de 1964 soit adjugée pour 37 000 € en 2018.

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(Illus.) André Marfaing (1925-1987), Composition, 1984, huile sur toile, signée et datée au dos. 116,5 x 89 cm.

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Estimation gratuite Alexandre-Gabriel Lemonnier

Alexandre-Gabriel Lemonnier

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Estimation et cote d'Alexandre-Gabriel Lemonnier

Né à Rouen en 1808, Alexandre-Gabriel Lemonnier est le fils de Louis Augustin Lemonnier, artiste sociétaire du Théâtre royal de l’opéra Comique, et de son épouse Thérèse Louise Antoinette, née Regnault, ex-épouse de F.-A Boieldieu, grand compositeur. Issu d’un monde où l’art règne déjà, il a été éduqué dans le culte de l’Impératrice que sa mère admirait, bien plus que l’empereur. Il épouse en secondes noces Sophie Reymonde Duchâtenet (1822-1880), issue de l’ancienne noblesse. Ce bourgeois parisien est un important joaillier. Il débute comme employé de Bury, joaillier au 92 rue Richelieu, avant de s’installer seul au 1 rue Coq Saint Honoré (aujourd’hui rue de Marengo).

Estimation gratuite Alexandre-Gabriel Lemonnier

Prix et cote des bijoux d'Alexandre-Gabriel Lemonnier

  • Bijoux historiques secondaires (éléments démontés, pierres issues de montures) : entre 10 000 € et plusieurs millions d’euros

  • Parures, pendentifs ou bijoux attribués à l’entourage impérial : entre 10 000 € et 100 000 €

  • Pièces majeures (diadèmes, couronnes, bijoux impériaux) entre : 500 000 € et pouvant atteindre plusieurs millions €

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Alexandre-Gabriel Lemonnier, première pierre de Vendôme

Il est introduit en 1848 auprès du Prince Président, futur Empereur Napoléon III avant d’obtenir, trois ans plus tard, la très recherchée charge de joaillier de la Couronne, devenant ainsi le joaillier officiel de l’Empire. Sa renommée s’étend à l’international grâce à sa participation à la première Exposition Universelle à Londres en 1851 où il présente des parures destinées à la reine d’Espagne Isabelle II. Il reçoit alors la Légion d’honneur et la médaille de Charles III d’Espagne. 

L’année 1851 est également celle où il s’installe place Vendôme, dans un immeuble richement décoré et sous la protection de la famille impériale dont le monogramme en bronze est visible sur les glaces. La boutique se situait au numéro 25, actuellement occupé par la maison Bulgari. Alexandre-Gabriel Lemonnier est l’une des premières personnalités à s’être installée sur la place Vendôme, faisant du lieu un espace mythique dans le commerce de la haute joaillerie dont la perennité n’est plus à démontrer aujourd’hui. D’autres joailliers s’y installent dans la seconde moitié du XIXème siècle, à l’instar de Boucheron ou Chaumet. C’est la plus ancienne maison dans le quartier, installée au 9 rue de la Paix en 1815. Boucheron, créée en 1858 est une maison contemporaine de Lemonnier qui s’installe en 1893 au 26 place Vendôme où elle demeure toujours. Chaumet, joaillier depuis 1780 pour les différentes têtes couronnées de France, rejoint également la place Vendôme au numéro 12 en 1907.

Les bijoux de la couronne, enjeu politique

Le Second Empire est une période faste pour les joailliers qui rivalisent de virtuosité. Napoléon III, tout comme son oncle Napoléon Ier, a toujours mis l’art au service de sa politique, ce dont la joaillerie n’est pas exempte. En effet, la mode et la joaillerie sont des outils de propagande, en plus d’être des symboles de prestige social. Pour l’Empereur, ils sont un moyen efficace de montrer les ambitions culturelles et économiques du gouvernement. C’est dans cette optique que Napoléon III fait appel à Alexandre-Gabriel Lemonnier pour redonner leur lustre aux bijoux de la couronne, héritage de l’Ancien Régime. 

Après avoir été endommagée pendant la Révolution, la collection de pierres précieuses des bijoux de la couronne a été reconstituée par Napoléon 1er. Ce dernier l’avait aussi enrichie de nouvelles pièces, notamment de somptueuses parures pour son épouse. Sous la Restauration, de nombreuses pierres ont également été remontées en bijoux pour la duchesse d’Angoulême. Lorsque Napoléon III arrive au pouvoir, les diamants de la couronne sont confiés à l’orfèvre et joaillier Fossin. L’empereur commande également à Alexandre-Gabriel Lemonnier des bijoux complémentaires, avec de nouvelles pierres qui ne proviennent pas du trésor impérial, pour les offrir à son épouse. En 1870, les diamants de la couronne sont envoyés à Brest où ils sont gardés jusqu’à la chute de l’Empire en 1872, avant de retourner à Paris. La collection, riche de 77 486 pierres et perles, fut en grande partie vendue par la IIIème République. De nos jours, les pièces restantes et rachetées sont conservées au Palais du Louvre dans la galerie d’Apollon. On y trouve la couronne de l’Impératrice Eugénie, exécutée par Lemonnier en 1855

 

Alexandre-Gabriel Lemonnier, joaillier moderne

Les œuvres de Alexandre-Gabriel Lemonnier les plus célèbres sont ses créations pour la famille impériale. Pour Napoléon III, il crée des tabatières et des pièces d’orfèvrerie, en plus des bijoux et des parures. Il a effectué beaucoup de remontage de pièces plus anciennes sur des parures modernes, contemporaines de son temps. Sa célébrité se renforce suite à la réalisation de quelques pièces réputées comme extraordinaires. Les couronnes de l’impératrice Eugénie de Montijo, épouse de Napoléon III et impératrice des Français de 1853 à 1870 en sont un exemple. La première couronne a été créée en 1853 avec les pierres précieuses qui ornaient celle de Charles X, roi ayant régné entre 1824 et 1830. Cette pièce est visible sur le portrait de l’impératrice peint par l’artiste F.-X. Winterhalter en 1855. Le musée du Louvre conserve aujourd’hui un diadème réalisé en 1853, composé de 212 perles d’Orient et de 1998 diamants montés sur argent doublé d’or réalisé en 1853. Alexandre-Gabriel Lemonnier réalisa aussi une couronne de 2 490 diamants et 56 émeraudes montés sur or exécutée en 1855. Cette couronne est représentative des couronnes impériales avec la présence des aigles orfévrés, symbole des armoiries impériales depuis le Premier Empire. Cette couronne avait un pendant, aujourd’hui disparu. L’ensemble avait été présenté lors de l’Exposition Universelle de 1855, tenue à Paris. Elles impressionnèrent le monde entier par leur prouesse d’exécution dans le remontage des diamants.

Estimation et côte - Alexandre-Gabriel Lemonnier et le marché de l’art

Les pièces signées par Lemonnier sont rares voire exceptionnelles sur le marché de l’art aussi n’a-t-il pas de cote. La plupart des pièces qu’il a créées sont aujourd’hui connues par les dessins qu’il en a réalisé. Ses réalisations les plus célèbres sont aujourd’hui conservées dans des musées. La couronne de l’Impératrice Eugénie n’a d’ailleurs jamais quitté les collections de l’Empire puis de la République, échappant à la grande vente des joyaux de la couronne de la IIIème République. Son diadème de perles, quant à lui, a été adjugé au joaillier Jacoby. Il est aujourd’hui dans les collections du musée du Louvre suite à son rachat par les Amis du Louvre en 1992 pour 3 719 430 francs.

Charlotte Pechoux est expert en bijoux et en joaillerie, spécialisée dans l’identification, l’expertise et l’estimation de bijoux anciens, notamment des créations du XIXe siècle comme celles d’Alexandre-Gabriel Lemonnier. Elle accompagne collectionneurs, héritiers et amateurs dans l’évaluation et la valorisation de bijoux de collection : diadèmes, parures, bracelets, broches, pendentifs ou encore bijoux sertis de diamants et de perles, caractéristiques de la joaillerie du Second Empire.

Sa connaissance approfondie des pierres précieuses, des techniques de haute joaillerie ainsi que des grands joailliers de la Couronne — dont Alexandre-Gabriel Lemonnier, joaillier officiel de Napoléon III et de l’impératrice Eugénie — lui permet d’analyser avec précision les critères déterminants de la valeur d’un bijou : qualité des matériaux, importance des pierres, complexité du sertissage, signature, provenance historique, période de création, rareté et état de conservation.

Grâce à sa parfaite maîtrise du marché de la haute joaillerie ancienne et des résultats en ventes aux enchères internationales, Charlotte Pechoux intervient régulièrement pour l’expertise de bijoux Alexandre-Gabriel Lemonnier et l’estimation de bijoux anciens d’exception. Elle accompagne également les vendeurs dans la mise en vente de bijoux de collection, notamment des pièces à forte valeur patrimoniale, recherchées pour leur importance historique, leur qualité d’exécution et leur provenance impériale.

En lien avec Alexandre-Gabriel Lemonnier

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Estimation gratuite Alighiero Boetti

Alighiero Boetti

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Estimation et cote de l'artiste Alighiero Boetti

Alighiero Boetti (1940-1994) est un artiste italien conceptuel et pluridisciplinaire lié à l’Arte povera. Considéré comme l’un des pionniers du mouvement, l’artiste est aussi reconnu pour ses immenses tapisseries représentant des cartes du monde et illustrant des questionnements géopolitiques. Artiste de renommée internationale, les oeuvres d’Alighiero Boetti sont exposées dans les plus grandes institutions.

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Alighiero Boetti, pionnier de l’arte Povera

Au début des années 1960, Alighiero Boetti abandonne ses études d’école de commerce pour étudier l’art à l’Université de Turin. Il se lie d’amitié avec les artistes Luciano Fabro et Michelangelo Pistoletto, autres membres du groupe en devenir de l’arte povera. 

 

Les premières années de création d’Alighiero Boetti donnent lieu à des objets composés de matériaux communs tels que le bois, le carton et l’aluminium. Réalisée en métal et en verre, la Lampada Annuale (1966) est une lampe, de forme rectangulaire et noire, qui s’allume onze secondes par an. À l’esthétique sobre et austère, cet objet ordinaire est dépourvu de sa fonctionnalité et soumis à l’aléatoire, qui régit le processus créatif. 

 

En janvier 1967, Boetti réalise sa première exposition personnelle à la galerie Stein de Turin où il présente ses sculptures faites de juxtapositions et d’empilement de différents matériaux. 

En septembre de la même année, Boetti participe à une exposition collective, organisée par le critique d’art Germano Celant, aux côtés de Mario Merz, Jannis Kounellis, Giulio Paolini et de ses amis Luciano Fabro et Michelangelo Pistoletto. Intitulée « Arte Povera », cette exposition est l’évènement fondateur du mouvement, caractérisé par la sobriété et l’usage de matériaux ordinaires, et par une attitude critique vis-à-vis de la société de consommation.

Alighiero Boetti, un artiste conceptuel

À la fin des années 1960, Alighiero Boetti interroge l’identité de l’artiste et se renomme Alighiero e Boetti pour souligner la dualité qui le compose. Dans le photomontage Gemelli, l’artiste se met en scène avec humour, main dans la main avec son double. Alighiero Boetti développe une approche conceptuelle de l’art valorisant l’oeuvre en tant qu’idée et processus, davantage qu’objet fini et commercialisable.

Progressivement, Alighiero Boetti délaisse les objets et transfert son goût pour l’assemblage et les matériaux ordinaires à divers techniques graphiques. À partir de 1969, il entame ses Viaggi Postali, des cartes postales envoyées à ses proches et à des inconnus. Le papier, la lettre, la carte postale, l’enveloppe et le timbre deviennent des matériaux artistiques, qui témoignent également de son goût pour le jeu.

Dans les années 1970, Alighiero Boetti entame un travail sur l’alphabet et le langage. Réalisée au stylo bille, l’oeuvre Seguire il filo del discurso (1977) se compose de cinq toiles bleues ponctuées de virgules et d’un alphabet inscrit à gauche. Chacune des virgules correspond à une lettre de l’alphabet et compose ensemble une phrase codée à déchiffrer. Ludique, cette oeuvre se veut également une transgression de l’alphabet que Boetti assimile à l’ordre social.

Alighiero Boetti, un artiste (géo)politique

Rapidement, Alighiero Boetti ouvre son oeuvre à l’international en intégrant des questions liées à la géopolitique. L’artiste réalise de nombreux voyages au Moyen-Orient et développe une sensibilité aux cultures et à l’histoire de ses pays. En 1967, il crée la série de gravures sur cuivre Twelve Shapes Starting form 10 June suite à la guerre des Six Jours en Israel.

 

Au cours d’un deuxième voyage en Afghanistan, Alighiero Boetti s’intéresse aux broderies afghanes, et entame une collaboration avec des artisanes afghanes réfugiées au Pakistan. À partir de 1971, Boetti confie la réalisation d’immenses tapis-tableaux à ces femmes, dessinés au préalable par ses soins. 

En 1973, ils conçoivent une série de broderies colorées figurant des lettres de l’alphabet dans des carreaux, qui découpent le format carré de l’oeuvre. 

Fruit le plus célèbre de cette collaboration, la série Mappa représente des carte du monde où chaque pays est représenté par son drapeau. 


À partir de 1987 et jusqu’à sa mort, Alighiero Boetti se consacrera à la création de Tutto. Réalisée avec quatre-vingt quatre fils et couleurs différentes, ce tableau-tapis agence un espace saturé des formes abstraites ou figuratives, géographiques ou lyriques, inspirées des journaux et magazines, qui représente la diversité culturelle du monde.

Quelle est la cote d’Alighiero Boetti sur le marche de l’art

La conservation des oeuvres d’Alighiero Boetti dans les musées explique sa présence timide sur le marché de l’art. Toutefois, on retrouve certaines oeuvres textiles, des oeuvres sur papier à techniques mixtes, des oeuvres imprimées et quelques objets. 

Principalement issues de la série de broderies colorées sur l’alphabet, les oeuvres textiles d’Alighiero Boetti obtiennent la plus jolie cote avec des prix variant entre 20 000 et 70 000 euros. Les ventes récentes de 2022 semblent jouer à faveur d’une révision à la hausse de ces oeuvres avec des ventes autour de 90 000 euros. Pour des grands formats (minimum 1m), signée et datée de l’artiste, il faudra compter davantage autour de 100 000 voire 200 000 euros. 

Les oeuvres sur papier composent la grande majorité des oeuvres et ventes de Boetti sur le marché de l’art. Il faudra compter entre 3 000 et 15 000 euros en moyenne, et entre 20 000 et 60 000 euros pour des dessins de grand format, des collages, des lettres de l’alphabet. 

Les affiches ou sérigraphies d’Alighiero Boetti sont évaluées entre 1 000 et 3 000 euros, tandis que les rares objets et mobiliers céramiques présents sont adjugés, quant à eux, entre 300 et 3 000 euros. 

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(Illus.) Mappa, tapisserie, 1990, Gallerai Nazionale d’Arte Moderna, Roma

En lien avec Alighiero Boetti

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Estimation gratuite Luigi Russolo

Luigi Russolo

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Estimation et cote de l'artiste Luigi Russolo

Luigi Russolo (1885-1947), peintre et compositeur italien, compte parmi les représentants de la modernité italienne par son engagement dans le Futurisme.

Estimation gratuite Luigi Russolo

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Les premières œuvres de Luigi Russolo

Luigi Russolo, peintre autodidacte, reçoit une éducation musicale approfondie grâce à son père, horloger et organiste. Lorsqu’il s’installe à Milan en 1901, Luigi Russolo s’intéresse à de nouvelles formes d’art. S’il ne s’inscrit par à l’Accademia di Brera, il en connait les idées grâce à ses amis. Par ailleurs, il effectue un apprentissage auprès du restaurateur de fresques Crivelli, et contribue à la restauration des fresques du Castello Sforzesco et de la Cène de Léonard de Vinci à Santa Maria delle Grazie.

Dans ses peintures, Luigi Russolo traduit un lien avec la création musicale. Dans les lignes des gravures qu’il présente à l’exposition Bianco e nero à la Famiglia Artistica en 1909, il cherche à donner une forme visuelle au rythme musical. Stylistiquement, Luigi Russolo s’inspire à la fois de l’Art Nouveau et du Symbolisme. Ses œuvres sont centrées sur l’image féminine, comme Le Parfum (1910). 

Luigi Russolo se lie d’amitié avec Umberto Boccioni à la fin de l’année 1909. Partageant une haine commune pour les lieux communs artistiques, ils cherchent à établir un langage moderne, qui corresponde au monde industrialisé. Luigi Russolo s’éloigne alors du Symbolisme, et s’attache à traduire la réalité contemporaine.

La fondation du Futurisme

Au début de l’année 1910, Luigi Russolo participe à la fondation du groupe futuriste. Sa rencontre avec Filippo Tommaso Marinetti le convainc de rédiger un manifeste pour rejeter la peinture du passé, et encourager un style moderne qui traduirait le rythme de la vie moderne. 

Cette réflexion se traduit par la signature du Manifesto dei Pittori Futuristi, publié le 11 février 1910, par Umberto Boccioni, Giacomo Balla, Carlo Carrà, Gino Severini, et Luigi Russolo.  Trois mois plus tard, Luigi Russolo cosigne également La pittura Futurista—Manifesto, qui définit comme objectif la traduction du dynamisme dans la peinture. 

Luigi Russolo adopte alors le divisionnisme, conçu comme un rejet de la figuration traditionnelle. Il accentue dans ses œuvres la luminosité et transforme les perspectives pour se détourner de l’Académisme. 

A partir de 1911, Luigi Russolo renouvelle son esthétique. Il se tourne vers une expression plus abstraite des formes et des couleurs, et réalise des compositions directement inspirées par la musique. La répétition des éléments lui permet de traduire les répercussions d’un écho. 

Luigi Russolo présente ses œuvres à l’exposition de peinture futuriste à Paris à la galerie Bernheim-Jeune en février 1912.

Les études musicales de Luigi Russolo

En 1913, Luigi Russolo se détourne de la peinture pour se consacrer aux études musicales. Il publie un manifeste futuriste sur l’art du bruit, L’arte dei rumori, qu’il édite de nouveau en 1916.

Luigi Russolo s’investit avec le peintre Ugo Piatti dans la construction d’instruments musicaux destinés à produire un nouveau son, notamment les intonarumori, qu’il présente lors de concerts à Modène et Milan. 

Les activités musicales de Luigi Russolo s’interrompent pendant la Première guerre mondiale. Gravement blessé à la tête en 1917, il doit subir une trépanation, et connait une longue période de convalescence. L’artiste reprend néanmoins ses concerts après la guerre. 

Dans les années 1920, Luigi Russolo invente un nouvel instrument, le rumorarmonio. Il le présente en performance de Pantomime futuriste en 1927 au Théâtre de la Madeleine. Luigi Russolo organise également des Soirées bruitistes, qui sont pour lui un moyen de s’opposer aux Dadaistes.

Le retour à la peinture

En 1929, Luigi Russolo déménage en banlieue parisienne et recommence à peindre. En 1929, il expose ses nouvelles œuvres à la Galerie 23 à Paris, où il donne également son dernier concert. 

L’année suivante, il rejoint le groupe d’artistes abstraits Cercle et Carré, fondé par Michel Seuphor. 

Luigi Russolo délaisse la musique et la peinture après une initiation aux sciences occultes et à la philosophie orientale en 1931, mais il y revient une nouvelle fois en 1942, dans un style qu’il définit comme classico-moderne.

La cote des œuvres de Luigi Russolo

La vente des œuvres de Luigi Russolo est contrainte par la loi italienne qui régule la sortie de territoire des œuvres de plus de 50 ans. Ses œuvres s’échangent donc pour la plupart sur le marché italien. Ses toiles peuvent être acquises pour 1 000 à 50 000 €. Ce sont les ventes hors d’Italie qui suscitent l’engouement des collectionneurs. Ainsi, le record a été atteint à New York en 1990, avec la vente de Profumo (c.1909-1910) pour 405 245 € (420 000 $ )

Les dessins et aquarelles, plus accessibles, sont généralement adjugés pour 1 000 à 5 000 €, et les estampes pour 100 à 500 €. 


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(Illus.) Luigi Russolo, Le parfum, 1910, MART, Rovereto

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Estimation gratuite Gustave Dore

Gustave Doré

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Estimation et cote de l'artiste Gustave Doré

Gustave Doré (1832-1883) est un illustrateur, peintre, graveur et sculpteur français. Il exerce son art très tôt, dès ses 12 ans, sans même avoir pris de cours de dessin et il continue jusqu’à sa mort. Doté d’un esprit vif, il se fait remarquer par ses propres dessins dans des journaux satiriques. Il illustre aussi de célèbres textes, il peint, il produit des gravures de diverses manières et parfois sculpte. C’est l’époque de l’essor de la presse et des romans-feuilletons. Gustave Doré est notamment célèbre pour ses dessins humoristiques et ses caricatures dans lesquelles il utilise fréquemment l’anthropomorphisme.

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Gustave Doré, un jeune ambitieux

Gustave Doré manifeste son ambition très jeune en allant à la rencontre de Charles Philipon, le directeur de la maison d’édition Aubert & Cie. Il est aussi le fondateur de plusieurs journaux satiriques tels que La Caricature et Le Charivari. Des artistes comme Paul Gavarni et Honoré Daumier y sont bien représentés et ont eu une grande influence sur Gustave Doré. C’est ainsi qu’il publie aux éditions Aubert son propre album de lithographies satiriques intitulé Les Travaux d’Hercule. Et il décroche, à 15 ans, un contrat de 3 ans comme dessinateur pour l’hebdomadaire Le Journal pour rire. Gustave Doré est aussi influencé par les artistes Cham, Grandville, ou encore Rodolphe Töpffer.

Gustave Doré, célèbre et reconnu

Jusqu’ici, Gustave Doré manie avec brio le dessin en noir et blanc. Il forge son style personnel, son tracé souple, dynamique, l’expressivité de ses personnages sans épuiser son imagination fertile. Il s’attèle également à l’illustration d’œuvres célèbres telles que La Divine Comédie de Dante, Les Contes drolatiques de Balzac, Les Contes de Charles Perrault ou même la Bible. Il cherche notamment la reconnaissance d’un public qu’il n’obtient pas au travers de ses seuls dessins d’actualité. L’édition de tels monuments de la littérature permettent à Gustave Doré d’accéder à la célébrité et à la fortune. Nous sommes alors encore dans le Romantisme mais Gustave Doré prend déjà son indépendance. L’artiste veut représenter des ambiances et réalise des flous caractéristiques, se détournant de la représentation du détail. Certains évoquent un Romantisme fantastique ou un Romantisme noir. C’est en 1851 que Gustave Doré expose sa première toile au Salon : Pins sauvages. Il se lance également dans la peinture d’histoire et connaît le succès en France mais aussi en Allemagne, en Angleterre et en Russie. Gustave Doré forme même sa propre école de gravure. Son œuvre Le Juif errant (1852) est une gravure sur bois qui lui permet, par cette technique du bois de teinte, de manier une très riche palette de tons. Celle-ci connaît un fort succès. En 1854, lors de la campagne de Crimée, il publie L’Histoire pittoresque, dramatique et caricaturale de la sainte Russie. Cette fois il est l’illustrateur mais aussi l’auteur de son œuvre qui est la seule ouvertement politique.

Gustave Doré, la postérité

A la fin de sa vie, Gustave Doré parvient davantage à être reconnu comme peintre et non plus seulement comme illustrateur. C’est un artiste qui a été primé et maintes fois exposé. Mais son œuvre moderne ne fait pas l’unanimité chez ses contemporains. Il souffre alors de ce manque de considération en tant qu’artiste peintre. Le critique d’art et journaliste français Jules-Antoine Castagnary dit de lui en 1877 : « Nous constaterons avec tristesse, que mauvais dessinateur et mauvais peintre, M. Gustave Doré vient d’ajouter à sa réputation celle de mauvais sculpteur. Quel bénéfice en tirera-t-il ? » A l’opposé, Émile Zola dit de lui, à propos de ses illustrations de Don Quichotte : « On appelle ça illustrer un ouvrage : moi, je prétends que c’est le refaire. Au lieu d’un chef-d’œuvre, l’esprit humain en compte deux. 

C’est une même pensée traduite en deux langues. » Gustave Doré meurt à 51 ans d’une crise cardiaque. Il laisse derrière lui une production colossale de plus de 10000 pièces. Il est un grand inspirateur pour les futures générations d’illustrateurs mais aussi de cinéastes. Avec Gustave Doré à l’illustration des Contes de Charles Perrault, le personnage du Chat Botté n’est plus simplement un chat chaussant des bottes. Il lui donne cette allure romanesque, coiffé d’un grand chapeau à plumes et d’une cape que l’on a tous en tête. Il donne parfaitement à son chat cet air cruel et rusé. Gustave Doré réussit à rendre toute la tension dramatique d’une histoire en une image fixe. Jean Cocteau fait partie de ceux qui s’en sont inspirés, notamment pour son film de 1946 La Belle et la Bête.

L’estimation des œuvres de Gustave Doré

Les œuvres les plus recherchées de Gustave Doré se situent dans la période de 1861 à 1866.

Ses peintures de cette époque peuvent se vendre jusqu’à plusieurs centaines de milliers d’euros. Son huile-sur-toile Paolo et Francesca da Rimini, illustrant la Divine Comédie de Dante et datant de 1863, a connu un record de vente aux enchères à 502.243€ en 1989. Plus récemment, le 1er avril 2014, une autre huile-sur-toile, intitulée Souvenir de Loch Carron, Ecosse, 130 x 195 cm, s’est vendue à 400.000€, à Paris.

Ses sculptures comme ses estampes et lithographies sont généralement vendues à plusieurs milliers d’euros. On enregistre toutefois des records de vente dans ces catégories également. La sculpture en bronze La pyramide humaine de 1881 s’est vendue à 304.615€ en 1998. Voici d’autres exemples de ventes au marteau de sculptures-volumes de Gustave Doré au cours de la dernière décennie : Le 10 avril 2013, Etude pour d’Artagnan, plâtre, 63 x 40 x 30 cm, vers 1880, s’est vendu à 140.000€, à Paris. Le 22 septembre 2017, Le saute-mouton, bronze, 35,5 cm, s’est vendu à 18.000€, à Paris. 

Ses dessins et aquarelles sont généralement estimés entre 1000€ et 100.000€. On note un record de vente, le 14 novembre 2019, pour L’entreposage en ville (aquarelle, crayon, rehauts de blanc), datant de 1882, aux dimensions de 52 x 67,9 cm. L’œuvre a été vendue à 92.000€, à Paris. Voici d’autres exemples de ventes au marteau de dessins et aquarelles : Le 22 février 2022, a été vendu Samson dans le temple de Dagon (technique mixte), 100 x 67,5 cm, 1847, à 15.000€ à Paris. Le 15 mai 2020, a été vendu Macbeth dans la grotte des sorcières (technique mixte sur papier), 47 x 38 cm, autour de 1866-1870, à 72.000€, à Aix-en-Provence.

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(Illus.) Gustave Doré, Le Chat Botté, Conte de Charles Perrault, Scène « Au secours, au secours, voilà Monsieur le marquis de Carabas qui se noie. », gravure sur bois, 1867.

En lien avec Gustave Doré

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Estimation gratuite Pol Bury

Pol Bury

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Estimation et cote de l’artiste Pol Bury

Pol Bury (1922 – 2005) est un artiste belge contemporain qui a marqué le XXème siècle. Durant sa carrière, il a pratiqué la peinture, le dessin, la sculpture, la gravure mais aussi l’écriture, l’architecture et même la réalisation de courts métrages expérimentaux. Il est notamment connu, et ce de façon internationale, pour ses reliefs et ses sculptures cinétiques qui ont marqué l’Histoire de l’Art.
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Prix des œuvres de Pol Bury

  • Sculpture cinétique - entre 8 000 € et 90 000 €

  • Œuvre sur papier ou estampe - entre 500 € et 5 000 €

  • Sculptures monumentales ou pièces uniques - jusqu’à 300 000 €

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La formation artistique de Pol Bury

Il commence sa formation artistique à 16 ans, en 1938, à l’Académie des Beaux-Arts de Mons en Belgique ; dans la foulée, il intègre le groupe surréaliste Rupture. Dans les années 1940, il côtoie des artistes surréalistes tels que René Magritte et participe à l’Exposition internationale du surréalisme. En 1946, Pol Bury s’oriente progressivement vers l’abstraction et souhaite aller au-delà des peintures représentatives, thématiques et fixes du surréalisme. Quelques années plus tard, en 1952, il devient alors l’un des fondateurs du groupe Art Abstrait. Néanmoins, un an plus tard, il abandonne peu à peu la peinture pour réaliser ses Plans mobiles, des installations composées de panneaux jouant avec l’effet d’optique.

À partir de 1955, les œuvres de Pol Bury s’inscrivent dans le courant du cinétisme. La même année, il participe à l’exposition historique intitulée “Le Mouvement” qui s’est tenue à la Galerie Denise René, à Paris. À cette occasion, il présente ses nouvelles créations et devient alors l’un des pionniers de l’art cinétique. Au début des années 1960, l’artiste emménage à Paris où il inaugure sa première exposition personnelle dans la célèbre galerie d’Iris Clert. À cette époque, il débute sa grande série des Volumes ouverts et fermés et part plusieurs mois aux Etats-Unis pour enseigner à l’Université de Berkeley et au College of art and design à Minneapolis. C’est en 1976 que l’artiste belge crée sa première fontaine, création devenue emblématique dans son œuvre. Jusqu’à la fin de sa vie, Pol Bury poursuit cette série des fontaines en acier, tout en variant les formes : simples, cylindriques, sphériques, triangulaires… Ces dernières étaient destinées à diverses institutions comme le musée Guggenheim à New York ou les jardins du Palais Royal à Paris.

L’art cinétique : entre mouvement et illusion

L’art cinétique est un courant artistique qui propose des œuvres contenant des parties en mouvement. Ce dernier peut être produit par le vent, le soleil, un moteur ou par le spectateur lui-même. Cet art englobe une grande variété de techniques et de styles qui se croisent. Les origines de l’art cinétique sont variées : la volonté des artistes à introduire le mouvement dans leurs œuvres diffère selon le courant artistique auquel ils sont rattachés. Par exemple, les Futuristes italiens ont fait de la vitesse et du mouvement mécanique un idéal esthétique, tandis que les Cubistes se sont intéressés à la mouvance de la perception. Il est alors possible d’admettre que l’art cinétique résulte de diverses recherches sur l’introduction du mouvement dans l’art par des artistes issus de différents courants du début du XXème siècle. Plus précisément, il est communément admis que l’art cinétique est né en France dans les années 1955, puis consacré par la célèbre exposition parisienne “Le Mouvement” à laquelle Pol Bury a donc participé. On pouvait alors y découvrir les œuvres abstraites de Victor Vasarely ou les tableaux de Yacoov Agam.

L’art de Pol Bury

L’art cinétique de Pol Bury se distingue de ses contemporains par une utilisation extrêmement lente du mouvement. En effet, cette lenteur engendre un mouvement presque imperceptible à l’œil nu. De plus, les mouvements choisis par Pol Bury sont aléatoires : les sculptures et les reliefs de l’artiste visent alors à confronter le public à son rapport au temps. Afin de ramener le spectateur dans l’instant présent, ces installations prévoient une interruption volontaire et programmée du mouvement. Bien que Pol Bury soit principalement connu pour ses sculptures cinétiques, il a également réalisé des peintures, des estampes, des dessins et des aquarelles.

Cote des œuvres de Pol Bury sur le marché de l'art

Aujourd’hui, les œuvres de Pol Bury sont considérées comme des valeurs sûres sur le marché de l’art et sont assez fréquentes dans les salles de ventes aux enchères en Europe. Ses créations les plus recherchées demeurent les fontaines et les sculptures cinétiques, suivies par les sculptures figées et les œuvres graphiques (peintures, dessins, lithographies, estampes et sérigraphies). Les peintures de Pol Bury sont généralement estimées entre 300 et 30 000 euros ; les estimations des estampes de l’artiste sont comprises entre 30 et 18 000 euros et celles de ses dessins et aquarelles s’établissent entre 200 et 6 000 euros. Un photocollage de 1966, estimé à 1 500 – 2 000 euros a été adjugé à 2 576 euros en 2017. Les sculptures cinétiques et les fontaines connaissent une estimation plus élevée pouvant aller de 4 000 à 50 000 euros.

Les sculptures cinétiques multiples de Pol Bury présentent un prix d’achat moyen de 10 000 euros. Les sculptures cinétiques uniques réalisées dans les années 1950 et 1960, le prix d’achat moyen est de 50 000 euros. En 2017, la sculpture en acier et bois Deux demi-sphères coniques sur un cube a été adjugée à 16 300 euros. Quant aux sculptures figées de Pol Bury, le prix de vente aux enchères est compris entre 4 000 et 15 000 euros. Les fontaines de Pol Bury sont plébiscitées dans les salles de ventes aux enchères, leurs estimations étant équivalentes à leur prix d’achat. Celles-ci débutent donc à 40 000 euros et peuvent aller jusqu’à 190 000 euros pour les pièces uniques en grand format. Une fontaine de 140 centimètres de haut a été adjugée à 170 000 euros en 2017.

(Illus.) Pol Bury – Fontein – 1995 – Brussel

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Estimation gratuite Ferdinand Hodler

Ferdinand Hodler

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Estimation et cote de l'artiste Ferdinand Hodler

Ferdinand Hodler est un peintre suisse (Berne 1853- Genève 1918) considéré de son vivant comme le représentant de la modernité picturale. Rattaché au symbolisme, il demeure à la frontière des courants d’avant-gardes et invente son propre style artistique « le parallélisme ».

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Les débuts tourmentés du jeune Ferdinand Hodler

Né dans une famille pauvre, marquée par la maladie et les tragédies, Ferdinand Hodler se retrouve orphelin très jeune. Dés 1865, à la suite du décès de sa mère, il reprend l’atelier de peinture décorative de son beau-père alcoolique et fait preuve d’un grand talent pour la peinture. De 1868 à 1870 il entre en apprentissage à Thoune chez le peintre Ferdinand Sommer (1822-1901) qui exécute des vues de l’Oberland pour les touristes. 

 

En 1872, le jeune Hodler se rend à Genève et après des débuts tourmentés, il est remarqué par Barthélemy Menn (1815-1893). Cet ami de Corot (1796-1875) et professeur à l’École des Beaux-Arts, l’encourage à s’inspirer des œuvres majeures d’Holbein (1460-1524), de Velázquez (1599-1660) ou encore de Goya (1746-1828). Ces grands maîtres influencent durablement Ferdinand Hodler dans sa perception de la dualité de la vie et de la mort et de la place de la corporalité dans la peinture. Menn inculque aussi à son nouvel élève un enseignement méthodique, fondé sur les grands principes géométriques. L’application rigoureuse de cet équilibre des compositions caractérise toute l’œuvre d’Hodler.

La reconnaissance de l’art de Ferdinand Hodler

En 1891, Puvis de Chavannes (1824-1898), un des maîtres respecté de Hodler, découvre avec admiration Die Nacht (La Nuit, 1889-1890) au Salon du Champ-de-Mars à Paris. Une mystérieuse figure drapée de noir se tient au centre du tableau, entourée de six personnes tortueusement endormies et d’une qui se débat sous le poids de son cauchemar. Avec cette œuvre puissante, Ferdinand Hodler obtient enfin la reconnaissance tant attendue de ses pairs. La Nuit révèle avec intensité la passion humaine et l’angoisse devant les forces de la nature. L’œuvre suscite le scandale lors de sa présentation au Musée Rath de Genève, mais assure le succès de Hodler. La peinture est plébiscitée et saluée par des artistes de l’avant-garde française, comme Henri Degas (1834-1917) et Auguste Rodin (1840-1917).Cette peinture affirme l’adhésion de Hodler au Symbolisme. La Nuit est considérée comme une parfaite expression de l’idéal tourmenté suisse. 

Ferdinand Hodler et la perfection du paysage

Si Ferdinand Hodler s’exprime à travers des scènes de la vie quotidienne et des paraboles de la vieillesse comme Las de Vivre (1892), ou le célèbre Eurythmie (1895), il s’impose dans l’art du paysage. 

Hodler brosse avec une grande maîtrise et un chromatisme intense des paysages montagneux de plus en plus stylisés. Son goût pour la schématisation aboutit après 1900 à des œuvres d’une grande pureté formelle. Le Grand Muveran vu de Villars (1912), Lac prés de Montana (1915) le Mont- Blanc (1918) en témoignent. Il peint avec force des vues des Alpes Suisses ou des rivages du Lac Léman. Ses paysages massivement structurés, amples et grandioses, obéissent à son principe de parallélisme.

Ferdinand Hodler, maître dans l’art de l’autoportrait

Hodler réalise plus de quarante autoportraits (dessins et peintures) qui fixent ses traits aux différentes époques de sa vie avec sensibilité et réalisme. Il cultive l’art de se mettre en scène et poursuit tout au long de sa vie ce travail de miroir débuté dans l’atelier de Menn.

Il peint aussi de saisissantes évocations de ses proches (Augustine Dupin sur son lit de mort, 1909) et réalise une série de dessins et de peintures d’une extrême justesse et d’une intensité parfois insoutenable, de la lente agonie de sa femme atteinte d’un cancer (Portrait de Valentine Godé-Darel sur son lit de mort ,1915). 

Ferdinand Hodler, peintre d’histoire

Au tournant du XIXe siècle, Hodler s’impose comme le peintre national suisse. Plusieurs grandes villes lui passent des commandes publiques pour saluer le sentiment national. En 1891 la ville de Zurich est désignée pour accueillir le Musée national Suisse. Son Directeur, Heinrich Angst, sollicite Ferdinand Hodler pour la réalisation de 3 fresques historiques destinées à honorer la mémoire patriotique et la solidarité de l’état confédéré. Mais Hodler ne tient pas compte de la commande et bouscule les codes de la grande peinture d’histoire pour honorer l’engagement de l’homme, son combat individuel de simple soldat dans lequel chacun peut s’incarner. La « controverse des fresques » est lancée. Il faut 3 ans à Ferdinand Hodler pour imposer sa composition finale : La Bataille de Marignan, une œuvre virtuose, puissante et claire. 

En 1911 le Conseil fédéral passe une nouvelle commande à Hodler, pour illustrer la Bataille de Morant. Mais la réalisation de cette grande scène d’histoire est interrompue par la disparition de Ferdinand Hodler des suites d’une pneumonie en 1918 à Genève. 

La valeur des œuvres de Ferdinand Hodler

Insatiable dessinateur et virtuose du trait, Ferdinand Hodler a réalisé un très grand nombre de dessins. Ils constituent la majorité des ventes (1120 dessins sur 2194 œuvres répertoriées sur le marché de l’art) et s’acquièrent entre trois cents et trente-cinq mille euros.
Des dessins à l’encre de chine peuvent dépasser les quatre-vingt mille euros.

Le célèbre dessin Die kranke Valentine Godé-Darel (1915) a été acquis pour la somme de quatre-vingt-dix mille quatre cent trente et un euros.
Mais ce sont ses huiles sur toile qui constituent la plus grande valeur artistique. Ses peintures sont vendues entre quatre-vingt-dix mille et trois millions d’euros.
Trois d’entre elles ont dépassé les cinq millions d’euros. Le record est détenu par une peinture de paysage Der Genfersee von Saint-Prex aus, (1901) vendue pour plus de neuf millions d’euros en 2007 à Zurich.

En 2022, la toile Bachbett bei Champéry, peinte par Hodler à la fin de sa vie a été acquise pour la somme de deux millions sept cent cinquante-deux mille euros.

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(Illus.) Huile sur toile, Landschatf am Genfer See, 1906, Pinacothèque de Munich.

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Félix Vallotton

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Estimation et cote de l'artiste Félix Vallotton

Félix Vallotton (1865-1925) est un artiste franco-suisse majeur de son temps. Maniant diverses formes artistiques comme la peinture, la gravure, l’illustration, la sculpture ou encore l’écriture, Félix Vallotton s’inscrit et expose aux côtés d’artistes de renom de la fin du XIXe, début du XXe siècle. Complexe, pluriel et libre, il exprime, à travers ses œuvres, un regard critique sur la société de son époque. 

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Félix Vallotton, le Nabi étranger

Félix Vallotton intègre l’Académie Julian dès 1882 et se lie d’amitié avec le peintre et graveur polonais Félix Stanislas Jasinski qui l’initie à la pointe sèche. Cette rencontre déterminante permet à Félix Vallotton de connaître un succès important grâce à ses xylographies tout au long des années 1890. En à peine dix ans, l’artiste produit plus de 120 bois gravés témoignant principalement des tensions sociales et de l’hypocrisie des mœurs de son époque. Son style singulier se caractérise par des aplats francs, noir sur blanc, sans aucune nuance de gris. Parallèlement, Félix Vallotton laisse libre cours à son humour grinçant en tant qu’illustrateur pour différents journaux tels que la Revue Blanche, l’Assiette au beurre ou le Courrier Français.

Contribuant ainsi au renouveau de la gravure sur bois, Félix Vallotton est repéré lors du premier Salon de la Rose-Croix en 1892 par les Nabis qu’il rejoint l’année suivante. Ami d’Edouard Vuillard, de Maurice Denis et de Pierre Bonnard, il s’imprègne de leurs préceptes tout en conservant une certaine indépendance qui lui vaut le surnom de “Nabi étranger”. Il s’éloigne ensuite définitivement du groupe au début des années 1900.

Félix Vallotton, un peintre indépendant

Félix Vallotton épouse en 1899 la fille d’Alexandre Beinheim, célèbre photographe et marchand d’art. Cet événement marque un réel tournant dans la vie de l’artiste qui se consacre davantage à la peinture. Habitué des musées qu’il fréquente dès son adolescence pour y copier Hans Holbein et De Vinci, Félix Vallotton s’inspire de la tradition et des codes des grands maîtres pour les faire évoluer vers des courants plus modernes. 

Félix Vallotton s’intéresse également à la photographie et aux apports relatifs au cadrage pour adopter des angles de vue audacieux dans ses tableaux. Sa célèbre œuvre Le Ballon (1899) est un exemple de représentation en vue plongeante, tandis que La Loge de théâtre (1909) illustre un homme et une femme dont le cadrage en contre-plongée se rapproche d’une image prise sur le vif. 

Enfin, si le noir et blanc occupe une place importante dans ses xylographies, la couleur est quant à elle un élément central de ses toiles, à l’instar de La Chambre rouge (1898). Ce tableau met en évidence les passions et la transgression des interdits, le tout suggéré par la couleur rouge, omniprésente, ainsi que par la présence d’une toile d’Edouard Vuillard, posée sur la cheminée, évoquant une infidélité. Félix Vallotton y apparaît également sous la forme d’un buste sculpté, se plaçant comme témoin privilégié de cette scène.

Félix Vallotton, artiste de guerre

C’est aussi en tant que témoin que Félix Vallotton va aborder un autre événement de son temps : la Première Guerre mondiale. Trop âgé pour s’engager en tant que combattant, Félix Vallotton participe à ce conflit en répondant à une mission artistique. C’est ainsi qu’il est envoyé sur les lieux des combats pour y retranscrire ce qu’il s’y déroule. 

Plusieurs œuvres aux titres évocateurs sont produites à cette occasion : C’est la guerre !, une série de six gravures réalisées entre 1915 et 1916, mais aussi des tableaux comme Paysage de ruines et d’incendies (1915) ou Verdun (1917). Marqués par la violence et l’effroi, ces derniers se caractérisent par une composition géométrique colorée où l’humain est totalement effacé. Félix Vallotton trouve ici une expression plastique aux horreurs de la guerre et insiste sur les destructions causées par des armes de plus en plus puissantes. La fumée contribue enfin à renforcer le caractère irrespirable de ces œuvres. 

La guerre marque également un second tournant dans la carrière de Félix Vallotton qui, à l’issue du conflit, se concentre davantage sur la production de paysages synthétistes tels que Soir aux Andelys (1924) ou Paysage de la Creuse (1925). Ses toiles traduisent alors les effets du vent et des rayons de lumière à travers les arbres avec un intérêt particulier accordé au jeu des couleurs.

L’estimation des œuvres de Félix Vallotton

La majeure partie des œuvres de Félix Vallotton mises en vente sont des bois gravés. Leurs prix oscillent généralement entre 100 et 35 000 € mais certaines planches telles que Le Bain (1894) ou La Paresse (1896) dépassent parfois ce montant, atteignant plus de 60 000 €. Pour les séries d’estampes, il faut compter au minimum 15 000 €. Le record est détenu par la suite de 10 planches intitulée Intimités (1897-1898) avec une adjudication à 403 200 € le 8 avril 2022 à Paris. Les dessins et les rares sculptures de Félix Vallotton peuvent atteindre jusqu’à 45 000 €. Quant à ses tableaux, les prix varient principalement entre 15 000 et 1 250 000 €, le record étant toutefois attribué à une étude, Au marché – jardin public, acquise pour 3 492 500 CH (3 249 421 €) le 29 novembre 2016 à Zurich.

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