Estimation gratuite Eugène François Deshayes

Eugène François Deshayes

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Estimation et cote de l'artiste Eugène François Deshayes

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Estimation gratuite Eugène François Deshayes

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Eugène François Deshayes : une enfance solitaire à Alger

Eugène François Deshayes est le fils d’un militaire ayant participé au siège de Constantine, qui fut par la suite muté dans l’administration française à Alger. C’est dans cette ville que naît Eugène François Deshayes, dit Eugène Deshayes, en 1862. De constitution fragile, le jeune Eugène Deshayes est souvent alité, et luttant contre l’ennui et la solitude, il se met à dessiner, une passion qui décidera de sa carrière. Un peu plus tard, au lycée, il est repéré par son professeur de dessin. Mais le destin s’acharne contre Eugène François Deshayes, qui perd ses parents dans de douloureuses circonstances ; sous la férule de son frère médecin, Eugène poursuit seul sa passion pour le dessin, et à l’âge de 18 ans, il peut s’inscrire à l’École Nationale des Beaux-Arts d’Alger, dirigée par le peintre de Barbizon Emile-Charles Labbé. 

Eugène François Deshayes à Paris : dans l’atelier de Jean-Léon Gérôme

Grâce aux Beaux-Arts, Deshayes se lie à l’amateur Charles Jourdan, qui lui présente le peintre Jules Bastien Lepage, séjournant à Alger pour restaurer une santé fragile. Le travail de Lepage inspire Eugène Deshayes, qui rêve d’obtenir une bourse pour aller poursuivre ses études à Paris, ce qu’il obtient en 1882. Il entre dans l’atelier du grand peintre Jean-Léon Gérôme à l’Ecole Nationale des Beaux-Arts. Inspiré par Labbé, de l’école paysagère de Barbizon, et désormais par Gérôme, qui l’admire et le soutient, le jeune Deshayes ne dédaigne pas l’idée d’aller peindre en plein air. Il rencontre le marchand Durand-Ruel, à qui il vend un « Paysage de neige à Clamart ». Après 8 ans passés à Paris, où Deshayes continue de se former et de fréquenter les grands peintres, il rentre à Alger, en 1890. 

Eugène François Deshayes, le retour à Alger et l’orientalisme

Le passage à Paris a conféré à Deshayes une stature de peintre important, et dès son retour, le monde culturel algérois lui ouvre ses portes. Il expose notamment à la Galerie Dru (rue d’Isly), des paysages datant de son long séjour parisien, mais également des paysages orientalistes des alentours d’Alger. L’orientalisme est né plus tôt dans le siècle, mais Eugène François Deshayes, qui ne se lassera pas de croquer les paysages de son Algérie natale, en est l’un des plus beaux représentants, aux côtés d’un autre Eugène plus fameux, Delacroix, et de quelques autres artistes comme Adrien Dauzats, Horace Vernet ou Félix Ziem. Chaque année, désormais, Deshayes envoie des toiles au Salon des artistes français à Paris. Eugène François Deshayes expose également au Petit-Athénée (rue Dumont d’Urville), au Vieux-Chêne, et change plusieurs fois d’atelier, jusqu’à trouver en 1909 un atelier boulevard Laferrière où il se stabilisera. Son orientalisme retranscrit le paysage aride, mais il travaille aussi le genre de la marine, grâce à ses allées et venues en bateau jusqu’aux Baléares qui lui permettent d’explorer les horizons et même les fonds marins. Deshayes se laisse aussi aller à son éducation artistique parisienne (et il retourne à Paris en 1897 pour y chercher de l’inspiration, se rendant également en Bretagne) ; en attestent ses beaux bouquets de fleurs et ses natures mortes. Son travail est multiple. À cette période, il se lie avec Léon Tanzi, peintre français venu découvrir les beautés de l’Orient ; le style de Deshayes s’en ressent. 

L’orientaliste Deshayes en baroudeur : Algérie, Maroc, Tunisie

Deshayes navigue, mais il randonne aussi. Il dessine les bateaux à aube du siècle précédant qui avaient permis aux français d’accoster en Algérie, mais sa prédilection de sujet va aussi au désert saharien qu’il parcourt sans relâche en accompagnant les caravanes de bédouins. Cette appétence pour le désert se retrouve dans l’art de Deshayes, et jusqu’en 1928 l’artiste orientaliste s’y promènera. En 1902, le gouverneur général de l’Algérie envoie le peintre dans le sud Oranais afin d’y peindre et retranscrire la vie dangereuse que les populations y mènent. Saïda, Biskra, une ville qui sera chère à Matisse (1906), El-Kantara, Deshayes se rend partout. Il réalise ses fameux « jardins d’Alger » qui feront le bonheur de ses collectionneurs. Deshayes ne s’arrête pas là et se rend aussi au Maroc, dont les villes de Marrakech et Fez le marqueront beaucoup. Puis c’est en Tunisie qu’on retrouve Eugène Deshayes, mandaté par deux fois par l’administrateur Pichon pour reproduire les ruines antiques qui jalonnent le sol du pays. 

Les oeuvres orientalistes de Deshayes connaissent alors un grand succès ; il expose à Paris, où il obtient une médaille d’or pour la Vue de Ténès à lexposition universelle de 1937, Marseille, Arras, mais aussi en Espagne ou encore en Allemagne, et même aux Etats-Unis, sans compter les pays qu’il parcourt et où ses peintures sont exposées dans de multiples galeries. 

Sa renommée est aussi liée aux commandes officielles de l’Etat, qui affluent depuis ses débuts, et dont l’année 1900 marque l’apogée précoce : grand format pour la salle à manger du Palais d’Eté, et 14 panneaux peints pour le Pavillon de l’Algérie à l’Exposition universelle cette même année.

Eugène Deshayes est mort en 1939. 

L’estimation des oeuvres d’ Eugène François Deshayes

Les plus beaux (et fleuris) jardins d’Alger d’Eugène Deshayes se vendent généralement entre 12 000 et 40 000 euros, même si certains ont été acquis aux enchères pour moins (jusqu’à 4000 – 5000 euros). 

Le record pour l’une de ses oeuvres peintes a été atteint en 2007, à Marseille, lorsqu’une vue d’El-Kantara (100 x 150 cm), a réalisé le prix (hors frais) de 38 000 euros. 

Concernant les aquarelles, la cote d’Eugène Deshayes est plus basse. Le record est obtenu en 2013 par une Vue de Bruges acquise à Toulouse pour 14 500 euros hors frais. De manière générale, les aquarelles de Deshayes osciellent entre 200 et 1000 euros d’estimation. 

(Illus.) Deshayes – Jardin d’Alger

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Estimation gratuite Emile Vernet-Lecomte

Émile Vernet-Lecomte

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Estimation et cote de l'artiste Émile Vernet-Lecomte

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Estimation gratuite Emile Vernet-Lecomte

Prix des œuvres d'Émile Vernet-Lecomte

  • Peintures - entre 100 € et 110 000 €

  • Dessins - entre 40 € et 20 000 €

  • Estampes - Entre 60 € et 15 000 €

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Émile Vernet-Lecomte, un peintre issu d’une prestigieuse lignée

Charles Émile Hippolyte Lecomte, dit Émile Vernet-Lecomte, est né en 1821 à Paris dans la famille de grands peintres français, les Vernet. Émile Vernet-Lecomte est le petit-fils de Claude Joseph Vernet, peintre de marines, d’où le patronyme célèbre qu’il décide d’accoler au nom de Lecomte, nom de son père, Hippolyte Lecomte, lui-même peintre battailliste et gendre du peintre Carle Vernet. Émile Vernet-Lecomte est également le neveu d’Horace Vernet, grand peintre battailliste et orientaliste, dont Émile est l’élève à l’école nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris, (ainsi que du peintre Léon Cogniet). Nous ne disposons que de peu d’informations sur sa vie. Celui qu’on appelait erronément – et très souvent – Lecomte-Vernet, et non Vernet-Lecomte, et dont on disait de manière toute aussi fausse qu’il était mort en 1874 – alors qu’il décède en 1900 – n’aura donc pas connu la postérité historique des plus célèbres Vernet de son arbre généalogique. 

Émile Vernet-Lecomte, premiers pas aux Beaux-Arts de Paris

Ainsi, le jeune Émile Vernet-Lecomte baigne dès son plus jeune âge dans le monde de la peinture et des arts, et c’est sans surprise qu’il choisit de suivre la voie familiale. Il entre à l’école Nationale supérieure des Beaux-Arts pour y suivre l’enseignement de son oncle Horace Vernet ainsi que de Léon Cogniet, tous deux peintres de très grand renom à cette époque. Son talent est effectivement remarqué par les peintres de sa famille, Horace bien-sûr, mais aussi, et peut-être en premier lieu, par son arrière-grand-père Claude-Joseph Vernet, le peintre de marines, qui l’encourage beaucoup. Émile Vernet-Lecomte adopte un style à la fois très précis dans le dessin et très coloré dans la palette picturale. 

Ses premières toiles présentées au Salon, dès 1843 sont signées « Émile Lecomte », avant que l’artiste ne se choisisse le patronyme plus prestigieux de « Vernet-Lecomte », officiellement admis dès 1864. Ces premiers travaux sont essentiellement des portraits mondains. Pour l’un d’entre eux, dès sa première participation, le jeune Vernet-Lecomte âgé de 22 ans seulement, reçoit une médaille de bronze. Dans sa vie privée, Émile Vernet-Lecomte est un homme heureux ; il se marie en 1846 à Georgette-Amélie Cournol, dont il aura deux enfants, un garçon né en 1852 et une fille née en 1847.  

Émile Vernet-Lecomte, un jeune peintre à la mode

La carrière d’Émile Vernet-Lecomte semble similaire à celle d’autres peintres du XIXe siècle. Il expose régulièrement au Salon, et reçoit une seconde médaille en 1846. Vernet-Lecomte semble séjourner à Rome où il apprend les beautés de l’art italien pour en nourrir son art. L’artiste, peintre de portraits mais aussi bon peintre d’histoire, est chargé de décorer des églises de Paris, comme l’église Saint-Louis-en-l’île (chantier des années 1980-90) ou des bâtiments administratifs comme le Palais de Justice (mêmes années). Le peintre prometteur change son nom de Lecomte pour Vernet-Lecomte, en 1864, et cette même année, il est décoré de la Légion d’honneur, preuve de son prestige d’alors, sans aucun doute renforcé par la mention de la lignée d’artistes incontournables dont il est issu. 

Émile Vernet-Lecomte et l’orientalisme

Comme d’autres artistes pionniers de l’orientalisme, et à l’instar de son oncle Horace Vernet, le jeune Émile Vernet-Lecomte se passionne rapidement pour l’orient. Dès 1847, alors qu’il n’a pas encore visité les contrées orientales récemment conquises, Vernet-Lecomte se met à peindre un orient fantasmé. Sa Femme syrienne et sa Tête du syrien marquent le Salon de 1847. En 1850, la Jeune fille syrienne jouant avec une panthère met en scène une femme seule, d’une grande beauté, formule qui deviendra typique dans l’orientalisme de Vernet-Lecomte. Vernet-Lecomte présente aussi des peintures d’histoire dans les années 1860, qui semblent attester d’un voyage en Syrie ; les épisodes du siège de Sébastopol et de l’expédition en Syrie après la victoire des Druzes sur les Maronites (1860-61) semble en attester. De même, comme le souligne l’historienne Lynne Thornton, une huile signée Vernet-Lecomte et datée de 1863 (vendue à Drouot en 1976) représente un artiste en train de dessiner un campement sous un arbre ; un autoportrait de l’artiste, ou bien une représentation de l’un de ses collègues au travail ? 

Vernet-Lecomte effectue sans doute un voyage précoce en Syrie, puis en 1863 un voyage en Egypte, et en voyage en Algérie entre 1869 et 1870, qui nourrit son travail aux personnages de fellahs et de berbères. Le peintre portraiture surtout des femmes. La Femme fellah portant son enfant de 1864, aujourd’hui au Musée de La-Roche-sur-Yon, ou la Jeune femme amazighe, Algérie, exposée par la Galerie Aryy Jan, attestent de ce penchant pour un orientalisme toujours tourné vers le portrait féminin, sa marque depuis les débuts au Salon. Émile Vernet-Lecomte expose régulièrement au Salon jusqu’en 1892. Il décède en 1900, à l’âge de 80 ans révolus.

L’estimation des oeuvres de Émile Vernet-Lecomte

Bien qu’ils soit historiquement l’un des premiers orientalistes, les oeuvres d’Émile Vernet-Lecomte se font extrêmement rares en vente aux enchères. En 2018, à Paris, l’un de ses portraits de femme orientale, « Rebecca au puits », a été adjugé pour la somme record de 110 000 euros hors frais. Ses plus beaux portraits de femmes orientales vues à mi-cors dans un  format allongé sont les plus représentatifs de l’artiste, et sont généralement estimés entre 20 000 euros et 80 000 euros. Ses esquisses se font plus rares encore, et sont plus accessibles que ses peintures à l’huile, s’adjugeant pour quelques centaines d’euros. 

 

(Illus.) Émile Vernet-Lecomte – La tricoteuse

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Estimation Amédée Rosier

Amédée Rosier

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Estimation Amédée Rosier : la cote du peintre la lagune de Venise et de ses tableaux orientalistes

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Estimation Amédée Rosier

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Les débuts d’Amédée Rosier dans la peinture à Paris

Amédée Rosier est né à Meaux en 1831. Le jeune homme s’installe par la suite à Paris, afin de recevoir l’enseignement du grand peintre Léon Cogniet, puis du fameux peintre de portraits mondains Carolus-Duran. Nous ne disposons pas d’une grande somme d’informations sur sa vie. Pourtant, en son temps, Amadée Rosier fut un peintre plébiscité, l’un de ces peintres voyageurs qui, entre Venise et Constantinople, nous ont offert, à l’instar de Félix Ziem, des vues marines inimitables et encore très prisées des collectionneurs. On retrouve Amédée Rosier au Salon des Artistes Français en 1857 avec la toile « Combat naval devant Sébastopol », une peinture d’histoire qui témoigne dès la première apparition de Rosier au Salon de son appétence pour les sujets de marine. Il poursuit dans cette veine en présentant, en 1959, la toile « La Flotte turque au bombardement de Sébastopol ». Avec les voyages d’Amédée Rosier en Orient et en Italie, cette prédilection pour les marines va se confirmer.

Amédée Rosier, peintre-voyageur orientaliste et spécialiste des marines

À partir de la toute fin des années 1950 et du début des années 1960, Amédée Rosier présente des tableaux orientalistes, à commencer par son « Constantinople soleil couchant » de 1964. Le peintre semble voyager en Italie, à Venise, puis en Orient, jusqu’en Turquie, et rendre ce qu’il voit. En 1865, il propose une oeuvre singulière, le paysage « Environs de Saint-Pierre et Miquelon (Terre Neuve) effet de nuit ». La même année, plusieurs toiles sur Venise laissent suggérer qu’il est dans la lagune. L’année suivante, des toiles prenant pour décor le port de Marseille, puis la Hollande, laissent voir son itinéraire de peintre nomade, à la recherche de paysages et d’inspirations variées. Amédée Rosier n’est donc pas uniquement classable dans les orientalistes. En 1968, c’est le tour de la Tunisie d’être dépeinte avec « Le lac d’eau douce à Tunis », suivie de « la pêche des moules à marée basse sur le port de Trouville ». L’étonnant Amédée Rosier mêle ainsi toutes les influences pour produire tour à tour des tableaux ciblant différentes destinations.Leur point commun est le colorisme délicat du peintre, auquel on peut rajouter l’obsession pour le paysage, qu’il soit marin ou pas.

Amédée Rosier prisé des collectionneurs et des critiques de son temps

L’insaisissable Amédée Rosier connaît un grand succès avec ses vues marines et ses paysages d’orient. Sur ses paysages orientalistes en Turquie, Gustave Gouellain explique dans la Revue de la Normandie (Tome Ier, 1862, Rouen, p. 732) à l’occasion de l’exposition internationale de Rouen, à laquelle participe Amédée Rosier : « Dans la série des paysages qui séduisent, à première vue, par l’accent du vrai, nous citerons ceux de M. Amédée Rosier, La Corne d’Or, Constantinople vu du Bosphore et les Environs de Tunis. Le soleil miroite sur ces eaux bleues presqu’aussi bien que dans une marine orientale de M. Ziem, le maître inimitable. » Plus de dix ans après cette critique flatteuse sur l’orientalisme du peintre, c’est sur ses marines vénitiennes qu’un autre critique fait l’éloge du travail d’Amédée Rosier, qui semble effectivement se concentrer sur la thématique de Venise dans les années 1870.

Amédée Rosier, la fascination de Venise

Voici ce qu’en dit Charles Yriarte en 1876, alors que la toile « La Lagune, le soir et Venise, le Grand Canal » est récompensée d’une médaille de troisième classe : « M. Amédée Rosier, qui avait débuté il y a bien des années par de charmantes petites études faites aux environs de Paris, est devenu amoureux de la lagune, et depuis quelques années il nous rend Venise, ses chatoiements et ses lumières, ses reflets et ses effets multiples. Le Canal de San Marco au crépuscule est une toile excellente, il a exprimé la poésie du ciel, de l’eau, et nous a fait retrouver la sensation idéale qu’on éprouve à glisser sur la lagune dans la gondole silencieuse à l’heure poétique où, vue de la pointe des jardins, « Venise la Rouge » dort encore. » (« Salon de 1876 », Gazette des Beaux-Arts, p. 30). Les collectionneurs se pressent pour acquérir ce genre de toiles de Rosier. On compte parmi eux le célèbre prince Demidoff, dont la collection de tableaux est restée célèbre, et qui acquit l’oeuvre intitulée « La lagune au jardin public le soir (Venise) ». Jusqu’à la fin de sa carrière, le peintre semble avoir orienté sa peinture vers le paysage de Venise. En 1889, Amédée Rosier est récompensé d’une médaille de bronze à l’Exposition Universelle. En 1896, à Chalons, qui propose une exposition régionale, aux côtés des paysages marocains de Louis-auguste Girardot, on retrouve des vues de Venise d’Amédée Rosier. Amédée Rosier décède en 1898.

L’estimation des oeuvres d’Amédée Rosier

Le record d’enchères pour une oeuvre d’Amédée Rosier a été atteint en 2006, lorsque la peinture « vaisseau américain devant Venise » (125 x 200 cm) a été adjugée pour 15 000 euros hors frais à Cannes.

Généralement, les marines de Rosier montrant Venise ou Constantinople sont estimées entre 5 000 et 80 000 euros selon leur datation, leur format, leur qualité. Ses dessins sont estimées selon leur degré de finition et leur sujet entre quelques centaines d’euros et 5 000 euros pour les gouaches et aquarelles représentant le paysage de la lagune de Venise.

(Illus.) Amédée Rosier – The Golden Horn with the Süleymaniye Mosque

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Estimation gratuite Adrien Dauzats

Adrien Dauzats

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Estimation et cote de l'artiste Adrien Dauzats

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Estimation gratuite Adrien Dauzats

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Adrien Dauzats, premiers pas d’un jeune peintre de Bordeaux à Paris

Adrien Dauzats est né à Bordeaux en 1804. En 1819, Dauzats a 15 ans, et on le retrouve inscrit à l’école des Arts et Métiers d’Angers, et de 1821 à 1822, il se forme à Bordeaux, auprès de T. Olivier, un peintre spécialisé dans les décors de théâtre. L’année suivante, il est à Paris, auprès de Blanchard père et de Mathis avec qui il participe aux décors du théâtre italien. C’est à cette époque qu’il devient l’élève de Michel-Julien Gué, lui-même ancien élève de David, qui perçoit les talents de paysagiste d’Adrien Dauzats. C’est donc dans cet atelier qu’Adrien Dauzats se forme à la peinture de paysage et au dessin, un art qui le conduira bientôt à suivre les pas du célèbre Baron Taylor pour illustrer ses célèbres voyages.  

Adrien Dauzats, le Baron Taylor et Delacroix : les voyages et la peinture orientaliste

Dès 1827, Adrien Dauzats, jeune peintre reconnu, est effectivement appelé par Charles Nodier, écrivain et académicien, et le Baron Taylor, diplomate, grand collectionneur et amateur d’art, pour illustrer leurs publications communes, et notamment la fameuse série des Voyages pittoresques et romantiques dans l’ancienne France, série pour laquelle Adrien Dauzats livrera toute sa vie un nombre incalculable de dessins et d’aquarelles. Dauzats traverse donc la France entière aux côtés des écrivains pour en croquer les monuments et les paysages les plus significatifs. 

La vie mondaine de Dauzats lui permet d’entrer en contact avec les plus grands artistes. Au salon de l’Arsenal de Charles Nodier, Dauzats rencontre notamment les artistes romantiques, et il se lie avec Eugène Delacroix, un autre peintre qui rêve d’orient. Très bientôt, Dauzats va en effet partir pour aller à la découverte de cette partie du monde que les peintres et les poètes fantasment, et dont ils vont tirer l’un des genres picturaux les plus importants du XIXe siècle, l’orientalisme. 

Dauzats se spécialise non seulement dans le paysage, mais aussi dans la peinture d’architectures, un motif typique du romantisme, ce qui va lui servir lorsqu’il suivra le Baron Taylor en Orient, de l’Egypte à l’Asie Mineure. En 1830, ensemble, Dauzats et Taylor parcourent l’Egypte, la Palestine, la Syrie, se rendent à Jérusalem et dans d’autres points stratégiques retenus par les anciens croisés comme Saint-Jean d’Acre, terminant leur course par la contemplation des ruines de Palmyre et de Baalbek. Le Baron Taylor voyage pour des missions diplomatiques – en l’occurrence obtenir le don de l’obélisque de Louqsor -, mais aussi par passion et par amour de l’art. Ces voyages donnent lieu à des publications, dont les illustrations sont majoritairement réalisées par Adrien Dauzats. 

Dauzats illustre notamment La Syrie, l’Egypte, la Palestine et la Judée, ouvrage de Taylor paru suite au voyage des deux hommes, en 1839. De ce voyage, Adrien Dauzats tire également des dessins qui l’aideront à illustrer Quinze jours au Sinaï en 1838, un livre d’Alexandre Dumas, dont le peintre est un proche. 

Adrien Dauzats poursuit ses voyages pour nourrir sa peinture

Dauzats se rend aussi en Espagne en 1835, où le baron Taylor constitue une très belle collection d’oeuvres de peintres locaux (Goya, le Gréco, Murillo, Velazquez) pour le compte du roi Louis-Philippe, un ensemble appelé la « galerie espagnole » de Louis-Philippe. Taylor et Dauzats se rendent également au Portugal. 

Plus tard, en 1839, c’est en Algérie qu’on retrouve Adrien Dauzats aux côtés du Duc d’Orléans, qui y a entrepris sa célèbre expédition de Djurdjura. Renouant avec la terre d’orient, il réalise notamment sur commande du Duc cinq aquarelles orientalistes. Il illustrera aussi le Journal de l’expédition d’Algérie de son ami Charles Nodier, paru en 1844. Tous ces voyages inspirent le peintre Dauzats, qui devient une figure incontournable du mouvement romantique et orientaliste en France. 

Doté d’un véritable intérêt pour l’archéologie (il devient en 1831 membre de la Société archéologique du Midi de la France), son style est précis et adroit, pour rendre les architectures du passé et les paysages, mais l’art de Dauzats sait conserver les grands contrastes d’ombres et de lumière typiques du romantisme, conférant toujours à ses peintures et à ses aquarelles une dimension dramatique et esthétique qui ne le cède en rien à la valeur documentaire de sa précision. 

Adrien Dauzats est reconnu pour ses illustrations de livres, mais également pour ses gravures de presse, parus dans des revues telles que La Mode, l’Artiste ou l’Illustration. En 1864, Dauzats illustre le Voyage en Egypte d’A. Rhoné, preuve que l’imaginaire développé durant le voyage des années 30 n’a cessé de le préoccuper. 

Adrien Dauzats est mort en 1868 à Paris, très admiré et reconnu, et comblé d’honneurs (titulaire de la légion d’honneur et de l’ordre de Charles III d’Espagne). 

L’estimation des oeuvres d’ Adrien Dauzats

En 2004, le tableau « Mosquée au Caire » (huile sur panneau, 65,5 x 82 cm) a été vendu à Paris pour la somme de 40 000 euros hors frais. En 2009, un tableau du même format et même technique, représentant une rue du vieux Caire, a réalisé un prix hors frais de 23 103 euros à Doha. Les vues peintes d’Adrien Dauzats oscillent entre ces prix hauts et 5 000 euros, les peintures orientalistes étant plus prisées que les peintures représentant les monuments français ou européens. 

Les dessins d’Adrien Dauzats (esquisses à la pierre noire et aquarelles) s’échelonnent dans les estimations entre 10 000 euros et 300 euros, selon qu’il s’agit d’une composition aboutie ou d’une esquisse, et toujours, le style orientaliste est mieux évalué que les autres sujets d’Adrien Dauzats. 

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Estimation gratuite François-Emile Décorchemont

François-Émile Décorchemont

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Estimation et cote de l'artiste François-Émile Décorchemont

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Estimation gratuite François-Emile Décorchemont

Prix des œuvres de François-Émile Décorchemont

  • Céramique et pâte de verre : entre 200 € et 78 000 €

  • Peinture, dessin et aquarelle : entre 100€ et 90 000 €

  • Sculpture : entre 200 € et 80 000 €

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François-Émile Décorchemont : une naissance placée sous le signe des arts manuels

François-Émile Décorchemont est né à Conches en 1880 dans une famille d’artistes originaire d’Écorchemont dans l’Eure. Son père, Émile Décorchemont, est issu d’une lignée de sculpteur sur bois, et il est lui-même sculpteur statuaire et professeur à l’école des Arts Décoratifs de Paris. Il fut aussi collaborateur du grand peintre Jean-Léon Gérôme. Du côté maternel, le grand-père de François-Emile est artiste autodidacte, très engagé pour le rayonnement du patrimoine de l’Eure. Sa famille déménage à Paris, et en 1895, après ses études générales, Décorchemont s’inscrit à l’Ecole des arts décoratifs de Paris, où il rencontre notamment Henri de Waroquier, Maurice Dufrêne ou Georges Bastard, dont il se fait l’ami proche. Pour l’instant, le jeune artiste suit le conseil de Jean-Léon Gérôme, et se fait peintre de paysages. Il expose entre 1898 et 1907 au Salon des artistes français, section peinture. 

François-Émile Décorchemont et les arts décoratifs : vers la pâte de verre

Pourtant, Décorchemont est attiré par les arts décoratifs, objet de sa formation, et en parallèle de la peinture il commence à se spécialiser dans la céramique. Malgré des débuts décevants (irrégularités, vases fendus), Décorchemont devient membre actif de la Société des Artiste Décorateurs en 1902. C’est à partir de 1903 que Décorchemont se met à travailler le verre en autodidacte, et à présenter ses créations au Salon des artistes français chaque année. Alors que son verre était un peu grisâtre, en 1905, il met au point une pâte de verre totalement translucide et vitrifiée. C’est un tournant majeur dans l’art du verre par Décorchemont. Sa palette s’égaie, et ses motifs végétaux se naturalisent. Le succès est au rendez-vous, et on retrouve le verrier dans diverses expositions, notamment celle de Bucarest ou celle de Milan en 1906 durant laquelle un grand prix lui est décerné. En 1907, fort de ses progrès dans la pâte de verre, Décorchemont abandonne la peinture, qu’il pratiquera dans un cadre personnel toutefois. Il conserve son atelier parisien comme point de vente et s’installe à Conches où il édifie un nouveau four pour travailler le verre. La maison Rouard devient l’un de ses principaux diffuseurs dès 1907. 

La nouvelle matière de François-Émile Décorchemont

Toute sa vie, François Décorchemont participe à de multiples expositions, de Nancy à Tokyo, Bruxelles ou Turin, en passant par Paris, son salon d’automne et son Salon des artistes décorateurs, où il sera exposé de 1908 à 1942. S’intéressant à la technique de la fonte à la cire perdue, normalement appliquée au bronze, Décorchemont expérimente le moulage du cristal et du verre. En 1912 il présente ses premiers « vases épais nouvelle matière » liés à cette technique, qui remplaceront désormais les pâtes de verre fines. Plus sculpturaux et translucides, ses ouvrages sont plus prisés encore que les précédents. Régulièrement, il expose avec Lalique, Bastard, Dunand, Clément Mère ou Lenoble à la galerie Rouard, dans le groupe des Artisans français contemporains. Malgré l’arrivée de la guerre, les expositions des oeuvres de Décorchemont (mobilisé jusqu’en mars 1919) se succèdent. 

François-Émile Décorchemont, grand nom de l’Art Déco

En 1925, il participe au projet de Rulhmann, le pavillon de « l’Hôtel du collectionneur » présenté à l’Exposition internationale de Paris, à celui de l’ambassade française, mis en place par la Société des Artistes décorateurs, un salon où il a été nommé vice-président de la section verre ; un triomphe total. Son vase aux serpents est acquis par le Metropolitant Museum, déjà acquéreur de quelques-unes de ses pièces. La carrière de Décorchemont est encore accélérée par le succès de l’exposition, et s’ouvre totalement au monde. Son style, robuste, à pans coupés, de plus en plus stylisé, consacre la gloire du style Art Déco, dont il est l’une des étoiles françaises. Décorchemont, malgré la crise de 29, expose au MoMa, au Palais Galliera et dans d’autres monuments dévoués aux arts appliqués. En 1933, malgré quelques problèmes financiers, Décorchemont se lance dans le vitrail. En 1934, il travaille à la réalisation des vitraux de l’église Sainte-Odile à Paris, chantier terminé en 1938. En 1935, c’est la chambre de Commerce d’Evreux qui lui commande un vitrail. En 1937, à l’exposition unvierselle, Décorchemont expose au pavillon de la céramique, tandis que ses vitraux sont exposés au pavillon de la Société des artistes décorateurs, au pavillon du vitrail et au pavillon de la Normandie. Décorchemont reçoit un diplôme d’honneur pour le vitrail et un grand prix pour la verrerie, se voyant ainsi consacré comme l’un des plus grands verriers de l’Art Déco. En 1942, malgré la guerre, il réalise 4 panneaux de verre pour l’autel de l’église de Pacy-Sur-Eure. Puis entre 1943 et 1945 l’activité cesse, faute de combustible. Dans les années 50 et 60, de nombreux édifices religieux lui commandent des vitraux. Plus tard, avec la redécouverte de l’art Nouveau en vogue, Décorchemont se remet à créer des oeuvres en pâte de verre fine, semblables à ses essais des années 1900. Il meurt en 1971. 

L’estimation des oeuvres de François-Émile Décorchemont

A Paris, en 2021, un vase daté 1921 en pâte épaisse moulée à la cire perdue, aux tonalités rouges, de petit format (25,5 cm x 22 cm), s’est vendu pour 60 000 euros hors frais. C’est le record pour un vase de François Décorchemont. Plusieurs vases et coupes de l’artistes vendus entre 2020 et 2021 ont réalisé des prix similaires. Les verres et coupes de plus petit format oscillent entre 2 000 et 20 000 euros d’estimation selon la date, la qualité d’exécution, l’épaisseur du verre. La cote de Décorchemont est en hausse. Ses peintures ne dépassent pas les 5 000 euros d’estimation (estimation haute). 

(Illus.) François émile Decorchemont (1880-1971) Vase en pâte de verre dans les tons jaune brun modèle «Vase à pans deux anses» créé en 1927, exécuté à six exemplaires. Signé.

Reconnaître la signature de François-Emile Décorchemont

Pour authentifier une œuvre de François-Émile Décorchemont, il est essentiel de savoir identifier sa signature. Cet artiste, reconnu pour sa maîtrise de la pâte de verre, utilisait plusieurs marques distinctives pour signer ses créations. La signature la plus courante est un cachet circulaire moulé portant le nom « DÉCORCHEMONT », parfois accompagné d’un numéro d’édition ou d’un modèle, tel que « B635 » ou « A679 », et parfois d’une date, comme « 1-4-29 ». Ce cachet est généralement situé sur la base de l’œuvre, assurant ainsi une identification discrète mais fiable. Dans certains cas, notamment pour les pièces en pâte de cristal, une gravure manuelle « F. DÉCORCHEMONT » peut être présente, offrant une alternative à la signature moulée. Les œuvres de Décorchemont sont souvent numérotées, ce qui permet de retracer leur provenance et leur authenticité. Face à un marché où circulent de nombreuses œuvres d’atelier ou contrefaçons, faire vérifier la signature d’un François-Émile Décorchemont par un expert qualifié reste indispensable. Sur Estimon’Objet, nos spécialistes de l’art verrier vous accompagnent dans l’identification, l’authentification et l’estimation de vos œuvres signées François-Émile Décorchemont, qu’il s’agisse d’une pièce en pâte de verre, d’un vase ou d’une sculpture.

Signature François-Emile Décorchemont
Expertise signature François-Emile Décorchemont

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Jean-Étienne Liotard

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Estimation et cote de l'artiste Jean-Étienne Liotard

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Jean-Étienne Liotard, premiers pas vers la peinture entre Genève et Paris

Jean-Etienne Liotard est né à Genève en 1702, dans la famille d’un négociant français en joaillerie de confession protestante qui, avec sa femme, avait quitté le sol métropolitain après la révocation de l’Edit de Nantes par Louis XIV. Jean-Etienne Liotard a un frère jumeau, Jean-Michel Liotard, futur graveur et dessinateur. La carrière de Jean-Etienne Liotard se dessine rapidement, avec celle de son frère. Le jeune virtuose est admis auprès du professeur de dessin genevois Daniel Gardelle (1673-1753), ébloui par le talent de son élève. Puis il passe à l’atelier de Jean-Louis Petitot (1692-1730), dans lequel il se forme en copiant émaux et miniatures réalisées par le maître genevois. 

Après ces études, pour parfaire son apprentissage, Liotard accompagné de son frère part à Paris, vers 1723, semble-t-il, et il entre dans l’atelier de Jean-Baptiste Massé (1687-1767), tout à la fois graveur, portraitiste et miniaturiste. Le frère de Jean-Etienne, Jean-Michel Liotard, entre lui dans l’atelier de Benoît Audran le Jeune. Cet apprentissage parisien marque pour les frères Liotard le début d’une vie professionnelle dans les arts. Jean-Etienne, sous la férule de Massé, exécute ses premiers portraits mondains, et en quelques années, sa réputation est faite. Outre la peinture, dans les années 1730, Liotard commence à manier le burin et réalise ses premières estampes. 

Jean-Étienne Liotard en voyage en Italie

Liotard se présente au concours de l’Académie Royale de peinture et de sculpture en 1735, mais son tableau (David et Abimelech, aujourd’hui perdu) est refusé. Cependant, ses portraits et son tableau d’histoire témoignent de son talent, et François Lemoyne, grand peintre devenu peintre royal, remarque Liotard et le confie au marquis de Puysieulx, diplomate français nommé ambassadeur de Naples en 1736. Jean-Etienne Liotard part avec le marquis en Italie, et réalise le fameux Grand Tour, inévitable circuit de la bonne société européenne pour visiter les merveilles de l’Italie. Liotard exécute durant son voyage à Rome les portraits du Pape Clément XII et de quelques cardinaux, ce qui lui vaut une belle renommée dans la Péninsule. Il se lie à l’amateur anglais William Ponsonby et à ses amis aristocrates, qui proposent au peintre de les accompagner à Constantinople. En 1738, Liotard monte dans le navire qui l’emmènera en Turquie, en passant par la Sicile et Malte, qu’il découvrira au cours de longues haltes. Jean-Etienne Liotard arrive à l’été 1738 à Constantinople, et y restera jusqu’en 1942. 

Jean-Étienne Liotard à Constantinople et à Vienne, succès du « peintre turc »

Liotard est à plusieurs égards le précurseur de l’orientalisme ; il est surnommé « le peintre turc ». Il se prend de passion pour les coutumes locales, se laisse pousser la barbe et adopte le turban et les vêtements traditionnels, comme le montrent des autoportraits de cette période. Claude Alexandre de Bonneval, renommé Humbaraci Ahmed Pacha, est un officier français qu’il rencontre sur place, et qui, nourri de la même fascination pour l’orient, introduit le peintre dans la cour ottomane. 

Puis il est invité par le Prince de Moldavie à voyager vers sa cour, en Europe. Liotard délaisse l’orient, mais pas son accoutrement, et se fait remarquer, vêtu à l’orientale dans les cours européennes qu’il traverse. L’autoportrait dessiné des Offices, réalisé en 1744, nous laisse imaginer l’effet qu’il laissait sur son passage. À Vienne, le futur empereur François Ier s’attache les services du peintre, qui deviendra peintre de la cour, et réalisera d’innombrables portraits de la famille royale. 

 

Liotard, artiste voyageur

Rentré à Paris en 1746, Jean-Etienne Liotard devient membre de l’Académie de Saint-Luc et continue de pratiquer on art du portrait. William Ponsonby, son ami anglais, est devenu Comte de Bessborough, et l’invite en 1753 en Angleterre. Son succès est établi, et les familles royales de France et du pays de Galles lui commandent des portraits. Après deux ans, le peintre se rend à La Haye et à Amsterdam. en 1757, avec femme et enfants, il rentre à Genève, sa ville natale. Jean-Etienne Liotard est désormais très célèbre, et immensément reconnu pour ses dons de portraitiste. Il travaille pour la haute-bourgeoisie de Genève, et voyage encore lorsque les commandes sont prestigieuses. C’est ainsi qu’en 1762, puis en 1777, il retourne à Vienne pour honorer des commandes de portraits de la famille royale autrichienne. En 1781, il s’installe provisoirement à Lyon. C’est là qu’est publié son art poétique, le Traité des principes et des règles de la peinture, où il explique que la peinture doit imiter fidèlement la nature. De retour près de Genève en 1782, il y meurt en 1789. 

L’estimation des oeuvres de Jean-Étienne Liotard

Les tableaux de Jean-Etienne Liotard sont très prisés, et peu circulent sur le marché. 

Le record d’enchères pour un tableau du maître a été atteint en 2016, pour « une enfant hollandaise au petit déjeuner », une huile sur toile de 47 x 39 cm, vendue 4 500 000 euros hors frais à Londres. On compte près d’une dizaine de tableaux et dessins de Jean-Etienne Liotard adjugés pour plus d’un million d’euros, ou une somme les approchant. 

Le record pour un dessin de Liotard a été adjugé en 2019 à Londres pour un pastel sur papier marouflé sur toile, « femme dans un costume turc dans un hamam donnant des ordres à une servante », une feuille de 70,3 x 56,3 cm, remportée pour 2 174 000 euros hors frais. Ses beaux portraits au pastel s’estiment en général entre 700 000 et 40 000 euros, certains bien moins selon leur technique, leur degré de qualité, de finition, selon le personnage représenté, ou encore le format. 

(Illus.) Jean-Étienne Liotard, Public domain, via Wikimedia Commons

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Louis-Michel van Loo

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Estimation et cote de l'artiste Louis-Michel van Loo

En digne descendant de la lignée d’artistes dont il est issu, Louis-Michel van Loo (1707 – 1771) est un peintre reconnu pour ses tableaux d’histoire et ses portraits. Son talent lui permet de recevoir des commandes prestigieuses de la royauté espagnole et française, comme de la haute société du XVIIIe siècle. 

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Louis-Michel van Loo, héritier d’une lignée artistique

Fils du peintre Jean-Baptiste van Loo, Louis-Michel van Loo est également le frère de François et de Charles-Amédée, et le neveu de Carle van Loo, tous trois artistes. Il est issu de cette dynastie de peintres français d’origine néerlandaise, dont le premier représentant n’est autre que Jacob van Loo.

Né à Toulon en 1707, Louis-Michel van Loo suit son apprentissage artistique auprès de son père. Il accompagne ce dernier à Turin et à Rome, avec ses frères et son oncle. Le peintre François Boucher voyage en leur compagnie. La formation académique du jeune homme lui permet de se perfectionner dans la peinture d’histoire.
En 1725, Louis-Michel van Loo remporte le prix de l’Académie royale de peinture et de sculpture de Rome (Prix de Rome). Son tableau Moïse enfant faisant tomber la couronne de pharaon suscite l’admiration. Ce sont cependant ses portraits qui lui permettront de forger sa réputation.

Les portraits réalisés par le peintre Louis-Michel van Loo

En effet, reconnu pour ses talents de portraitiste, Louis-Michel van Loo reçoit de prestigieuses commandes. Sa renommée grandissante dépasse les frontières françaises. En 1736, l’artiste est nommé peintre officiel de la cour d’Espagne, à Madrid. Il prend ainsi la suite du portraitiste Jean Ranc. Là-bas, le peintre exécute de nombreux portraits de la famille royale espagnole, dont celui de Philippe V, roi d’Espagne. Louis-Michel van Loo est l’un des membres fondateurs de l’Académie de Madrid.

De retour en France en 1752 à la mort du roi d’Espagne, le peintre reçoit des commandes des Bâtiments du roi. En 1759, Louis-Michel van Loo gagne l’honneur de peindre le portrait de Louis XV en habit royal.
Concernant ses expositions au Salon de peinture et de sculpture de Paris, il y prend part pour la première fois en 1753. Par la suite, Louis-Michel van Loo y présentera des œuvres régulièrement jusqu’en 1769. 

Fréquentant la haute société, Louis-Michel van Loo représente également des écrivains ou des artistes tel l’architecte Jacques-Germain Soufflot. Son portrait de Marivaux reste l’une des plus célèbres représentations du romancier. En 1762, Louis-Michel van Loo succède à son oncle Carle van Loo en tant que premier peintre du roi. Trois ans plus tard, il prend également sa place à la direction de l’École royale des élèves protégés.

Le Portrait de l’auteur, accompagné de sa sœur et travaillant au portrait de son père, exécuté en 1763, constitue un bel exemple du talent de Louis-Michel van Loo dans l’art du portrait. L’artiste est représenté assis, jambes croisées, tenant ses pinceaux d’une main. Sa sœur Marie-Anne se tient derrière lui, vêtue d’une riche robe. L’exécution de cet habit est particulièrement soignée. Les deux personnages semblent interrompus dans leur tâche. Ils regardent l’air interrogatif en direction du spectateur du tableau. Sur le chevalet est posée une esquisse d’un portrait de Jean-Baptiste van Loo, père de Louis-Michel, décédé en 1745.  

Un autre portrait de Louis-Michel van Loo reste également parmi les plus célèbres de sa production. En 1767, le peintre réalise un portrait de Denis Diderot en signe de son amitié pour le philosophe. L’illustre homme des Lumières est représenté à sa table de travail, rédigeant un texte. Il semble pensif, interrompu dans ses idées. Il pointe un doigt nonchalant vers sa droite. Vêtu d’une robe de chambre en satin finement travaillée, l’écrivain suspend son écriture le temps de la pose. La mise en scène est étudiée. Pourtant, Denis Diderot critiquera cette œuvre à cause de son allure qu’il trouve enjolivée, et de l’habit bien trop luxueux. Cette toile est exposée au Salon de peinture et de sculpture de Paris de la même année. 

Poursuivant ses tableaux de commande jusqu’à sa mort, Louis-Michel van Loo décède à Paris, en 1771.

Estimations des tableaux et des dessins du peintre Louis-Michel van Loo

Ces dernières années, ce sont plutôt les peintures de portraits exécutés par Louis-Michel van Loo qui sont présentées dans les salles de vente aux enchères. Peu de dessins ou d’aquarelles de cet artiste circulent sur le marché de l’art.

En 2022, l’huile sur toile Portrait d’une jeune fille, en buste, s’est vendue 7 099 euros. Le Portrait de François Louis Colins, chargé de l’entretien des tableaux du roi, a quant à lui été vendu 20 000 euros la même année. Cependant, quelques années avant, le Portrait de Charles-Nicolas Cochin avait atteint la somme de 100 000 euros en 2015. Le Portrait de Jacques Roettiers, dans une veste mauve tenant un médaillon, a été acquis pour le prix de 49 628 euros. Dans un genre différent, l’huile sur toile Scène galante dans un parc a été vendue à 20 000 euros en 2018.

(Illus.) Louis-Michel van Loo Portrait de Denis Diderot 1767



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Jean-Baptiste van Loo

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Estimation et cote de l'artiste Jean-Baptiste van Loo

Fils du peintre Louis-Abraham van Loo, Jean-Baptiste van Loo (1684 – 1745) fait partie d’une dynastie d’artistes d’origine néerlandaise. Il est particulièrement réputé pour ses portraits, ses scènes de genre et ses peintures d’histoire.

 

 

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L’apprentissage artistique de Jean-Baptiste van Loo

Né à Aix-en-Provence, Jean-Baptiste van Loo est initié très tôt à la peinture par son père Louis-Abraham van Loo. Ce dernier est le fils de Jacob van Loo, peintre néerlandais reconnu pour ses scènes mythologiques et bibliques. Rapidement, Jean-Baptiste van Loo accompagne son père dans ses voyages au sud de la France. En 1706, le jeune artiste découvre les œuvres de Pierre Puget à l’Arsenal de Toulon. Jean-Baptiste van Loo débute sa carrière de peintre en acceptant des commandes des portraits. Il se marie avec Marguerite Lebrun, à qui il enseigne l’art de la miniature. 

Fuyant l’invasion de la ville en 1707 par le duc de Savoie lors de la guerre de Succession d’Espagne, Jean-Baptiste van Loo retourne à Aix-en-Provence. Il y réalise des tableaux religieux, ainsi que deux plafonds de la maison de campagne du commissaire général des guerres Simon Lenfant. À cette période, le peintre exécute notamment une Annonciation pour les jacobins, L’Agonie de saint Joseph pour l’église de la Madeleine et un portrait de François de Mailly, archevêque d’Arles.

Jean-Baptiste van Loo, peintre reconnu par la Cour

La notoriété de Jean-Baptiste van Loo ne cesse de croitre. Le peintre est invité à la cour de Monaco pour y réaliser des portraits de la famille Grimaldi et de la société mondaine.

Dès l’année 1912, Jean-Baptiste van Loo voyage en Italie, à Turin. Il y emmène son jeune frère, le peintre Carle van Loo, ainsi que ses fils Louis-Michel, François et Charles Amédée Philippe van Loo. Son talent l’amène à rencontrer le prince de Carignan, cousin et gendre du roi Victor Amédée de Savoie. Celui-ci devient son mécène, lui permettant de séjourner à Rome. Par la suite, le prince loge Jean-Baptiste van Loo et sa famille dans son hôtel parisien, en 1720. Ainsi débutent les honneurs de la haute société comme de la royauté. Jean-Baptiste van Loo exécute notamment le portrait du banquier John Law, connu pour son invention du billet de banque.

Jean-Baptiste van Loo se voit attribuer des commandes par son protecteur telle sa toile Le Triomphe de Galathée. Pour l’église de Saint-Germain-des-Prés, il peint Saint Pierre délivré de la prison par un ange. Présenté à la Cour, Jean-Baptiste van Loo réalise des peintures pour le Régent, le duc Philippe d’Orléans. Le roi Louis XV lui commande ensuite deux portraits. En 1731, Jean-Baptiste van Loo est reçu à l’Académie royale de peinture et de sculpture. Le peintre présente son tableau Diane et Endymion, considéré comme l’un de ses chefs-d’œuvre. 

Parmi les élèves de Jean-Baptiste van Loo figurent Jean Siméon Chardin, Françoise Duparc ou encore Pierre Charles Trémolières. Son jeune frère et ses enfants ont également bénéficié de ses conseils. Son fils Louis-Michel van Loo deviendra premier peintre du roi d’Espagne tandis que son autre fils Charles-Amédée sera nommé auprès du roi de Prusse.

Le retour à Aix-en-Provence de l’artiste Jean-Baptiste van Loo

En 1737, Jean-Baptiste van Loo présente au Salon sa peinture Le Bain de Diane, exécutée pour le prince de Carignan. Le succès est minime par rapport à celui de Carle van Loo. Le thème mythologique, pourtant en vogue à cette époque, ne séduit pas autant que les peintures de son jeune frère.  

À Londres de 1738 à 1742, l’artiste y retrouve la gloire. Il est recherché par la société pour ses portraits. Il réalise notamment celui de William Murray, comte de Mansfield, et celui d’Augusta de Saxe-Gotha, princesse de Galles, et de sa famille.
Jean-Baptiste von Loo se retire ensuite à Aix-en-Provence pour des raisons de santé où il continue de peindre jusqu’à sa mort, en 1745, à l’âge de soixante-et-un ans. Durant cette période, l’artiste peint les portraits de la princesse de Carignan, du comte de Brue ou encore du prince Dom Philippe.

Estimations des tableaux et des dessins du peintre Jean-Baptiste van Loo

Sur le marché de l’art, les prix des tableaux de Jean-Baptiste van Loo se situent entre 1 500 euros et 175 000 euros. En 2020, le tableau Portrait d’un acteur de Jean-Baptiste van Loo a été vendu au prix de 58 000 euros, somme la plus importante obtenue ces dernières années. Plus récemment, le portrait de Madame Marie Justine Benoit Duronceray Favart a été vendu 4 023 euros en 2022. Le propriétaire de l’huile sur toile La Flagellation du Christ à la colonne a quant à lui obtenu 9 453 euros pour la vente du tableau en 2019. Peu de dessins ou d’aquarelles ont été mis en vente. En 2014, un dessin représentant Une Femme nue assise, exécuté à la craie sur papier, a cependant été vendu à 5 377 euros.

(Illus.) Jean-Baptiste van Loo Le Bain de Diane



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Charles-André Van Loo

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Estimation et cote de l'artiste Charles-André van Loo

Issu d’une dynastie de peintres d’origine néerlandaise, Charles-André van Loo (1705 – 1765) acquiert une renommée importante de son vivant. Cet artiste virtuose s’illustre dans le style rococo. Populaire à la cour, il est nommé premier peintre du roi Louis XV.

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La formation artistique de Charles-André van Loo

Charles-André van Loo, dit Carle van Loo ou Carle Vanloo, est né à Nice en 1705. Il est l’un des descendants de Jacob van Loo (1614 – 1670), peintre néerlandais réputé pour ses scènes mythologiques et bibliques. Son père, le peintre Louis-Abraham van Loo, décède en 1912. C’est alors son frère Jean-Baptiste van Loo qui prend en charge l’éducation artistique du jeune garçon. Artiste également, son aîné l’emmène avec lui à Turin et à Rome. Charles-André van Loo se forme auprès du peintre italien baroque Benedetto Lutti, puis avec Pierre Le Gros qui lui fait découvrir la sculpture. 

En 1720, la famille van Loo s’installe à Paris. Charles-André van Loo, déjà précédé par sa réputation d’artiste de talent, obtient en 1724 le premier prix de Rome avec sa toile Jacob purifie sa maison avant de partir pour Bethel. Ce succès lui permet de devenir pensionnaire à l’Académie de France à Rome en 1728. L’année suivante, il réalise Enée portant Anchise, l’un de ses plus célèbres tableaux. Cette toile illustre une scène mythologique, un épisode de la guerre de Troie. Le pape Benoît XIII, sensible à ses talents, l’honore d’un cordon de chevalier.  

Charles-André van Loo, premier peintre du roi Louis XV

Charles-André van Loo effectue des tableaux pour le roi Charles-Emmanuel III de Sardaigne. En 1732, l’artiste épouse la musicienne Christina Somis à Turin. Il réalise des fresques pour le palais de Stupinigi. Il peint également des toiles pour le Palazzo Reale. Charles-André van Loo y reçoit de nombreux éloges, tant par la critique que par ses pairs.

De retour en France deux ans plus tard, Charles-André van Loo est nommé membre de l’Académie royale de peinture et de sculpture, et en deviendra l’un de ses professeurs. En 1749, il reçoit le titre de gouverneur de l’École royale des élèves protégés. Poursuivant son ascension administrative, Charles-André van Loo accède au poste de directeur de l’Académie en 1763. Entre-temps, bénéficiant de la faveur de Louis XV, il est nommé premier peintre du roi en 1762. 

Les œuvres majeures de Charles-André van Loo

La renommée de Charles-André van Loo est telle que des commandes lui parviennent de la manufacture des Gobelins et de personnalités de la haute bourgeoisie, mais aussi du Roi. Le peintre se diversifie dans son art. Il exécute aussi bien des scènes mythologiques et religieuses que des scènes de genre, des allégories et des portraits. 

Pour le Roi et la Marquise de Pompadour, Charles-André van Loo exécute des scènes de chasse à Versailles telle son œuvre La Chasse à l’autruche, peinte en 1738. Son habileté dans le dessin est éminemment reconnue, tout comme la suavité de ses coloris. Ses scènes de genre, des turqueries – c’est-à-dire des portraits de personnalités mondaines vêtues à la mode « exotique » -, accroissent sa popularité. Peu instruit, le peintre est influençable et il recommence parfois sa composition par suite d’une mauvaise critique. Cela a été le cas pour la première version du premier tableau commandé pour la décoration du chœur de l’église Notre-Dame-des-Victoires, à Paris. Suivront six tableaux, de grande dimension, représentatifs des peintures religieuses de Charles-André van Loo. Exécutées entre 1745 et 1755, les toiles retracent la vie de saint Augustin. 

Délaissant le style rococo vers 1750, Charles-André van Loo se fait peintre d’histoire. En 1757, Frédéric II de Prusse commande au peintre une de ses œuvres les plus marquantes : Le Sacrifice d’Iphigénie. Destinée au Salon de marbre du Nouveau Palais de Potsdam, elle y est admirée et acclamée par les uns, critiquée par d’autres. En effet, Charles-André van Loo y représente Agamemnon le visage découvert, une nouveauté dans la tradition picturale.

Estimations des tableaux et des dessins du peintre Charles-André van Loo

En 2022, le tableau de Charles-André van Loo intitulé L’Aveuglement des habitants de Sodome atteint la somme de 100 574 euros lors d’une vente aux enchères. La même année, Le Sacrifice à l’amour, huile sur toile représentant une jeune femme offrant une guirlande de fleurs à une statue d’ange, a été vendue au prix de 38 600 euros. Auparavant, le Portrait de Louis XV en habit militaire a été cédé pour 73 000 euros en 2016. De plus petite dimension, sa toile Une Nymphe à son bain a obtenu pour sa vente la somme de 48 011 euros en 2020. 

Récemment, les dessins de Charles-André van Loo se sont vendus à des sommes allant de 400 à plus de 30 000 euros. Par exemple, son dessin à la pierre noire représentant une Nymphe au bord de l’eau a été acheté à 13 000 euros en 2022. Un Portrait de jeune homme assis, toujours à la pierre noire, a atteint la somme de 33 000 euros. Par ailleurs, Le Mendiant et son chien, une sanguine sur papier, a été cédé pour 650 euros en 2022. En 2019, une étude académique d’un homme nu, sanguine, atteignait 10 591 euros sur le marché de l’art.

(Illus.) Charles-André van Loo Enée portant Anchise 1729

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Estimation gratuite Pierre Hubert Subleyras

Pierre-Hubert Subleyras

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Estimation et cote de l'artiste Pierre-Hubert Subleyras

Pierre-Hubert Subleyras (1699 – 1749) est l’un des plus importants représentants de la peinture française à Rome au XVIIIe siècle. S’inspirant de peintres italiens tels Le Titien ou Le Caravage, il réalise des tableaux de scènes religieuses et des portraits de personnalités. L’artiste exécute également des œuvres pour des églises, certaines commandées par le pape Benoît XIV.

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Pierre-Hubert Subleyras, peintre italien de cœur

Bien que français, Pierre-Hubert Subleyras, appelé aussi Pierre Subleyras, est presque considéré comme un peintre italien. Né à Saint-Gilles-du-Gard (France) et décédé à Rome (Italie), l’artiste ne quitte plus la Ville éternelle dès l’année de ses vingt-neuf ans. En effet, en 1728, il présente avec succès son tableau Le Serpent d’airain au prix de Rome. Pierre-Hubert Subleyras remporte alors le grand prix de l’Académie de peinture et de sculpture, ce qui lui permet de s’installer en tant que pensionnaire dans la ville romaine. Les jeunes peintres Pierre-Charles Trémollières et Louis-Gabriel Blanchet l’accompagnent.
En 1739, Pierre-Hubert Subleyras se marie avec la miniaturiste romaine Maria Felice Tibaldi. Amoureux de sa femme, de la ville et du pays, il séjourne à Rome jusqu’à sa mort. 

Pierre-Hubert Subleyras, peintre de scènes religieuses

Pierre-Hubert Subleyras est le fils de Mathieu Subleyras, peintre-verrier local. Remarqué pour son talent, il est envoyé en apprentissage à seize ans chez le portraitiste toulousain Antoine Rivalz. Après un bref séjour à Paris, son arrivée à Rome engendre une certaine reconnaissance. Pierre-Hubert Subleyras conserve sa résidence au palais Mancini plus longtemps que la durée réglementaire, grâce à l’aide du duc d’Antin, de la princesse Pamphili, puis du duc de Saint-Aignan. 

L’ordre de Saint-Jean-de-Latran, à Asti, commande à Pierre-Hubert Subleyras le tableau Le Repas chez Simon. Achevée en 1737, la scène est tirée de La Bible. Elle représente Jésus, invité à manger chez Simon le pharisien. Les convives sont nombreux. Parmi eux figure la femme pécheresse qui verse du parfum sur les pieds du Seigneur. Cette composition, d’une longueur de sept mètres, se distingue par la finesse de son exécution, et la richesse de ses détails. Elle établit la bonne réputation de Pierre-Hubert Subleyras. Suivront d’autres commandes de tableaux, principalement religieux.
Par exemple, l’huile sur toile Saint Camille de Lellis sauvant les malades lors des inondations du Tibre, est peinte en 1746 pour la canonisation du saint. Dans cette scène dramatique, le fondateur de l’ordre des Camilliens est représenté en sauveur des nombreux malades. Le tableau était destiné à la basilique Sainte-Marie-Majeure, à Rome. Il est aujourd’hui exposé au Museo di Roma.

Les peintures d’histoire et les portraits de l’artiste Pierre-Hubert Subleyras

Le duc de Saint-Aignan, ambassadeur de France à Rome, commande à Pierre-Hubert Subleyras des illustrations de contes de La Fontaine. Parmi les quatre tableaux figurent notamment Le Faucon et La Courtisane amoureuse. Il existe plusieurs versions de ces œuvres. 

En 1740, Pierre-Hubert Subleyras est reçu à l’Académie de Saint-Luc. Sa renommée s’étend. Cette même année, le peintre exécute le Portrait du pape Benoît XIV, sur la demande du cardinal Silvio Valenti Gonzaga. L’habileté à représenter les tissus avec finesse, la palette de couleurs aux contrastes élégants, ainsi que la capacité à saisir l’expression du souverain pontife rendent cette peinture à l’huile particulièrement remarquable. Pierre-Hubert Subleyras réalise également des portraits de personnalités religieuses et politiques tels le cardinal Valenti Gonzaga, Don Cesare Benvenuti ou encore la comtesse Mahony.

En 1743, Pierre-Hubert Subleyras est chargé de peindre une toile pour la basilique Saint-Pierre de Rome. Cette œuvre monumentale s’intitule Saint Basile célébrant la messe de rite grec devant l’empereur Valens. Elle représente saint Basile le Grand, évêque de Césarée. Les expressions des personnages sont particulièrement soignées. De nombreuses esquisses ont été réalisées au préalable. Le tableau est terminé en 1748, un an avant le décès du peintre à cinquante ans. Il obtient un grand succès.

Estimations des tableaux et des dessins du peintre Pierre-Hubert Subleyras

Les œuvres de Pierre-Hubert Subleyras sont estimées entre 18 000 euros et 620 000 euros pour une peinture. Le prix de ses dessins se situe entre 260 et 6 000 euros.
Cependant, la peinture Ulysse découvrant Achille parmi les filles de Lycomède a été adjugée à 136 068 euros en 2018. Cette somme est l’une des plus hautes atteintes ces dernières années. En 2021, le Portrait présumé de Pierre Jacques a été vendu au prix de 90 000 euros. Les toiles intitulées La Visitation, Présentation de la Vierge au Temple et Petit garçon dégustant une gimblette ont été cédées respectivement pour 12 341 euros et 15 000 euros en 2023 et 2022.

Sur le marché de l’art, la sanguine sur papier intitulée Le Faucon de Pierre-Hubert Subleyras a été adjugée à 52 878 euros, l’un des prix les plus élevés de ces dernières années (2020). Une tête de vache avait été vendue 400 euros en 2012.

(Illus.) Pierre-Hubert Subleyras Portrait du pape Benedict XIV (Prospero Lambertini) 1746




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