Estimation gratuite Charles Le Brun

Charles Le Brun

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Estimation et cote de l'artiste Charles Le Brun

Charles Le Brun (1619 – 1690) est un artiste illustre de l’Ancien Régime. Peintre de Louis XIV, il met son talent au service du pouvoir royal dans des décors monumentaux, historiques, religieux ou mythologiques, ornant le Palais du Louvre, de Vaux-le-Vicompte ou encore de Versailles.  

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Charles Le Brun, un artiste précoce

Né à Paris, Charles Le Brun grandit au sein d’une famille porté sur les arts, et aux relations sociales établies. Dès l’enfance, il manifeste son goût pour la création et produit plusieurs masques et griffons. Rapidement, il maîtrise la technique de la sculpture de glaise et la taille de bois, bien qu’il préfère la peinture et le dessin.  

Dès le début des années 1630, Charles Le Brun intègre alors l’atelier de François Perrier. Dans un contexte esthétique marqué par le maniérisme, Le Brun découvre auprès de son maître la peinture baroque italienne, l’esthétique nouvelle des frères Carrache et les modèles antiques. Il est marqué durablement par ce premier enseignement. 

Entre 1634 et 1642, Charles Le Brun poursuit sa formation dans l’atelier de Simon Vouet. Au cours de ces années, il illustre de nombreux ouvrages et frontispices de thèses, s’essaye à la gravure à l’eau-forte notamment, et compose de petites huiles sur bois. Charles Le Brun visite également Fontainebleau et les collections royales à plusieurs reprises, et est désigné « peintre de sa Majesté » en 1638.

L’année 1641 marque un premier tournant pour la carrière de Charles Le Brun. Le tableau Hercule et les juments de Diomède, commandé par le cardinal Richelieu, éblouit le Roi Louis XIII. Sous la régence d’Anne d’Autriche, Charles Le Brun deviendra le « peintre et valet de chambre » de Louis XIV en 1647.  

Charles Le Brun, les grands décors

Charles Le Brun termine sa formation dans un voyage initiatique à Rome, entrepris de 1642 à 1645, aux côtés de Nicolas Poussin. À son retour de France, le nouveau paradigme esthétique, privilégiant l’art mesuré à la Poussin, lui bénéficie. Il s’installe en tant que peintre à Paris, co-fonde l’Académie royale de peinture et de sculpture, et reçoit de multiples commandes.

Dans les années 1650, Charles Le Brun réalise de nombreux grands décors parisiens. Il orne de ses oeuvres l’hôtel de Nouveau, l’hôtel de Jars, les demeures Hesselin, l’hôtel de la Rivière ou encore la galerie d’Hercule de l’hôtel Lambert. Puis, au service de Nicolas Fouquet, il crée de prestigieux décors pour le Château de Vaux-le-Vicompte ainsi que des cartons de tapisseries à La Manufacture de Maincy. 

En cette décennie, Charles Le Brun reçoit également ses premières commandes royales. Pour le palais du Louvre, où siège la cour, il conçoit le plafond de la Grande Chambre du Conseil, certains décors des appartements du roi et de la reine ainsi que la Galerie d’Apollon. Cette décennie installe peu à peu Charles Le Brun en tant qu’artiste de prédilection de la Royauté.

Charles Le Brun, Premier peintre du roi

En 1660, Charles Le Brun réalise le tableau Les Reines de Perse aux pieds d’Alexandre pour le roi Louis XIV. Ce dernier l’installe dans le Salon de Mars, au Château de Versailles, tandis qu’il promeut l’artiste au statut de Premier peintre du Roi. Dès lors, le Roi Soleil et Charles Le Brun entreprennent une collaboration étroite, mettant les arts au service pouvoir royal. 

Charles Le Brun devient directeur de la nouvelle Manufacture des Gobelins en 1663. L’artiste contrôle ainsi l’ensemble de la production royale de tapisseries et de meubles. Il réalise également les cartons de tapisseries de l’Histoire d’Alexandre pour le Louvre et de l’Histoire du Roi pour Versailles, glorifiant les actions du roi. 

Le Château de Versailles est sans doute le résultat le plus éloquent de cette relation entre Louis XIV et Charles Le Brun. En quelques années, l’artiste conçoit ses plus grands décors, choisit les meilleurs peintres pour en réaliser certains à partir de ses dessins, et dessine la majorité des sculptures du jardin. On lui doit ainsi, par exemple, les décors de l’escalier des Ambassadeurs, de la Galerie des Glaces ainsi que des Salons de la Paix et de la Guerre. 

Faire estimer gratuitement une oeuvre de Charles Le Brun

Illustre peintre de l’Ancien Régime, Charles Le Brun a une place singulière sur le marché de l’art. Majoritairement des décors, ses oeuvres se trouvent toujours dans les lieux historiques auxquels elles étaient destinées. On retrouve toutefois certaines de ses illustrations, gravures, dessins et cartons, ainsi que de rares tableaux et tapisseries sur le marché. 

Pour une peinture de Charles Le Brun, majoritairement des portraits, les prix varient entre 15 000 et 60 000 euros. Pour les très rares peintures d’Histoire, on observe des prix bien supérieurs à partir de 100 000 euros, et jusqu’à 1 200 000 euros pour Le Sacrifice de Polyxène de 1647. Les estimations pour les rares tapisseries présentes oscilleront entre 9 000 et 11 000 euros. 

Les collectionneurs se délectent également des oeuvres de ce dessinateur hors-pair. Les dessins de Charles Le Brun obtiennent des résultats entre 600 et 65 000 euros pour les pierres noires, 5 000 et 75 000 euros pour les sanguines, et pas moins de 70 000 euros pour les pastels. Quant aux estampes, gravure à l’eau forte ou au cuivre, il faudra compter entre 400 et 9 000 euros. 

 

(Illus.) Les reines de Perse aux pieds d’Alexandre, 1660-1661, Huile sur toile, 298 x 453 cm, Musée de l’Histoire de France 

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Nicolas Lancret

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Estimation et cote de l'artiste Nicolas Lancret

Nicolas Lancret (1690-1743) a su transformer les fêtes mondaines du XVIIIe siècle en tableaux somptueux. Élève de Gillot puis protégé de Watteau, il a parfaitement compris ce que la haute société parisienne voulait : une peinture légère, qui fait oublier la réalité, une sorte d’art de vivre mis en images. Il est devenu le peintre incontournable des salons aristocratiques et du genre rococo. Plus qu’une décoration, un tableau de Lancret est une valeur sûre !

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La cote de Nicolas Lancret sur le marché de l’art

La cote des huiles sur toile et sur panneau

Nicolas Lancret est une figure incontournable du XVIIIe siècle français. Comme beaucoup de ses œuvres majeures sont aujourd’hui conservées dans de grandes institutions (comme le Louvre ou la Fondation Bemberg), les pièces authentiques disponibles sur le marché privé sont des occasions rares qui suscitent systématiquement l’intérêt des amateurs !

La valeur d’une peinture à l’huile dépend étroitement de son état de conservation, de sa provenance et de l’authenticité de la main de l’artiste, souvent confirmée par un certificat.

Voici quelques résultats de ventes significatifs :

  • Le Nid d’oiseau (Huile sur panneau) : cette œuvre a été adjugée pour 10 080 £ (soit environ 11 700 € au cours de l’époque) lors d’une vente chez Christie’s en 2022.
    La réunion en plein air (Huile sur toile, 53 x 65 cm) : cette œuvre réalisée en collaboration avec Jean-Baptiste Pater a été adjugée 5 500 € (frais inclus) lors d’une vente récente chez Artcurial en 2026.
    Étude de jeune homme tendant le bras (Sanguine) : pour bien comprendre l’écart avec les huiles, ce dessin préparatoire authentifié a été adjugé 10 400 € lors d’une vacation en 2020 !

La cote des dessins et œuvres sur papier

Le dessin était le terrain d’expression privilégié de Lancret ! Sanguines, pierres noires ou lavis : il utilisait ces outils pour fixer l’attitude d’un personnage ou le drapé d’une robe de soie. Ces feuilles originales sont de vrais témoignages de son génie et les collectionneurs se les arrachent dès qu’elles apparaissent.

Voici des résultats de ventes réels, basés sur des adjudications publiques :

  • Femme assise à l’éventail (Sanguine) : ce dessin autographe a été adjugé 10 400 € (frais inclus) lors d’une vente chez Artcurial en 2020.
    Étude de personnages (Pierre noire) : une feuille qui témoigne de la recherche de mouvement typique de l’artiste, adjugée 2 500 € lors d’une vente en 2016.

La cote des estampes et gravures d'époque

Au XVIIIe siècle, Lancret était une immense star grâce à la gravure ! Ses œuvres, reproduites par les meilleurs graveurs du temps, circulaient partout en Europe. Aujourd’hui, leur valeur dépend de l’état et de la rareté de la feuille.

Voici des résultats de ventes réels constatés en salle des ventes :

  • « La Diseuse de bonne aventure » (Gravure d’époque) : cette estampe a été adjugée 520 € lors d’une vente spécialisée en 2023.
    « Le Thé » (Gravure d’époque) : une épreuve à l’impression fine et bien conservée a été vendue 780 € lors d’une vacation à Drouot en 2024.
    Suite de quatre gravures des « Saisons » : cet ensemble complet d’époque a été adjugé 1 150 € (prix marteau) lors d’une vente en 2025.
    « Le petit maître » (Épreuve rare) : ce tirage historique a été cédé à 950 € pendant une vente récente en 2026.

Comment reconnaître une œuvre de Nicolas Lancret ?

Pour savoir si vous avez un vrai Lancret, regardez si les personnages ont l’air vivants. Chez lui, personne ne pose comme sur une photo officielle ! Ses personnages sont toujours en plein mouvement : un sourire qui démarre, un pas de danse, une main qui bouge… Si le tableau vous donne l’impression d’être figé ou trop raide, c’est sûrement une copie.

Regardez aussi ses mains et ses pieds, c’est là qu’il se trahit souvent : il ne fait pas de détails parfaits, il les peignait un peu courts et surtout très vite, avec un coup de pinceau très vif et rapide. C’est ce côté un peu « brut » mais plein d’énergie dans les extrémités qui permet souvent de faire la différence avec les imitations qui, elles, essaient de trop bien faire et finissent par paraître lourdes.

Reconnaître la signature de Nicolas Lancret

La signature de Lancret n’a rien de très officiel : elle change souvent selon ses humeurs ou le format du tableau. En général, il la plaçait de façon assez discrète, souvent dans un coin sombre ou une ombre du décor pour ne pas gâcher son travail. Il l‘écrivait avec la pointe fine de son pinceau sans chercher à faire quelque chose de trop rigide ou de trop appliqué !

Par contre, ne tombez pas dans le piège : ce n’est pas parce qu’il y a un nom écrit dans un coin que c’est un vrai Lancret. À l’époque, ses élèves et même d’autres peintres copiaient son style et imitaient sa façon de signer pour rendre leurs propres tableaux plus faciles à vendre. Une signature, c’est facile à rajouter, même longtemps après !

Chez Estimon’objet, on ne regarde pas juste si le nom est bien écrit : on vérifie si la signature est bien « en dessous » du vernis ou si elle a été rajoutée par-dessus des années plus tard. C’est ce qui permet de faire la différence entre une signature d’origine et une fausse piste.

Tableau de Nicolas Lancret : ce que regardent nos experts

Quand Pierre-François Dayot (notre expert en art classique chez Estimon’objet !) reçoit des photos d’un tableau, la première chose qu’il regarde, c’est la lumière. Chez Lancret, elle ne doit pas être lourde ou écrasante : elle doit caresser les tissus, surtout la soie et le satin, en leur donnant un côté brillant et vivant. Si la peinture a l’air un peu terne, si les visages manquent de vie ou si les ombres paraissent « sales » ou artificielles, Pierre-François se méfie tout de suite. Le travail de Lancret doit toujours rester léger, comme s’il avait peint ses scènes en un seul jet.

À travers ses analyses photo, il observe aussi la texture et la préparation de la toile. Même à distance, les détails de la matière permettent de repérer des incohérences avec les recettes de l’époque. Si le fond semble trop lisse, trop moderne, ou si la façon dont la peinture a craquelé ne correspond pas à ce qu’on trouve sur les œuvres du XVIIIe siècle, c’est un signal d’alerte. C’est tout ce travail de détective sur les détails techniques, bien plus fiable qu’une simple signature, qui permet à Pierre-François de déterminer si l’on est face à la main du maître ou à une copie d’époque. Chez Estimon’objet, il ne laisse passer aucun détail, même sur écran !

Nicolas Lancret, le peintre d’un XVIIIe siècle en fête

Nicolas Lancret voit le jour en 1690 à Paris, bien loin des privilèges de la haute aristocratie. Fils d’un modeste épicier, rien ne le prédestine à fréquenter le monde des arts ! Pourtant, très jeune, il abandonne tout pour rejoindre l’atelier de Claude Gillot. Sa rencontre avec Antoine Watteau est un véritable tournant : il comprend qu’il peut faire de sa vie une aventure à part entière. Il décide alors de tourner le dos aux chemins tout tracés pour se consacrer à la peinture de la vraie vie, celle des jardins, du théâtre et des gens qui s’amusent !

C’est un homme qui a toujours fait le choix de la liberté plutôt que celui de la carrière facile. Alors que tant d’autres couraient après les titres à la cour, Lancret, lui, préfère la compagnie des musiciens et des comédiens parisiens. Il s’installe à son compte et bâtit son existence au rythme de ses propres envies, et refuse d’être enfermé dans des cases ou des obligations royales. Il était, dit-on, un travailleur acharné et un esprit indépendant, qui préférait la tranquillité de son atelier aux mondanités bruyantes qu’il observait si bien. Pour lui, être libre, c’était d’abord pouvoir choisir ce qu’il peignait chaque jour.

Jusqu’à sa mort en 1743, Lancret est resté fidèle à cet engagement de simplicité et de droiture. C’était un homme entier, profondément attaché à sa ville et à ses amis, qui a mené une existence sans détour. Il nous laisse l’image d’un artiste qui a su transformer son quotidien en une œuvre vibrante, tout en restant un homme discret qui a réussi le pari fou de vivre comme il l’entendait jusqu’au dernier souffle !

(Illus.) Nicolas Lancret, La Bergère endormie, 1730, huile sur toile, 71 × 84,5 cm, Musée national de l’Art occidental, Japon.

Pour savoir si vous avez un vrai Lancret sous les yeux, ne cherchez pas la perfection, cherchez l’hésitation ! Un artiste, quand il crée, change parfois d’avis en cours de route : il décale une main, ajuste le mouvement d’un tissu ou modifie l’inclinaison d’un visage.

Mon conseil : regardez de très près les détails ou utilisez une lampe pour éclairer la toile de biais. Si vous voyez ces petites corrections (ce qu’on appelle des « repentirs »), c’est une excellente nouvelle ! Une copie est toujours trop propre, trop figée. La main de Lancret, elle, était vivante : là où il y a un petit ajustement, il y a la preuve que c’est bien l’artiste qui a cherché, réfléchi et peint en direct.

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Jean-Siméon Chardin

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Estimation et cote de l'artiste Jean-Siméon Chardin

Jean-Siméon Chardin (1699-1779) est un grand peintre français du XVIIIe siècle. Sa production a été particulièrement riche en natures mortes mais aussi en scènes de genre et en pastels à la fin de sa carrière.

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Les instants figés de Jean-Siméon Chardin

Jean-Siméon Chardin a été l’élève du peintre d’histoire Pierre-Jacques Cazes. En 1724, il entre à 25 ans à l’Académie de Saint-Luc. En 1728, il réalise deux morceaux de réception. Ce sont des œuvres d’art dont la réalisation est imposée pour les artistes qui veulent devenir membres d’une académie des beaux-arts. Ces deux toiles, La Raie et Le Buffet, sont des natures mortes. Celles-ci sont remarquées à l’occasion de l’Exposition de la Jeunesse de 1728 par des membres de l’Académie royale. Jean-Siméon Chardin entre ainsi à l’Académie, dans cette catégorie dite « dans le talent des animaux et des fruits ». Vers 1733, Jean-Siméon Chardin se diversifie et peint également des scènes de genre. Dans ce registre, deux chefs-d’œuvre émergent : Une femme occupée à cacheter une lettre et Une femme tirant de l’eau à la fontaine. Jean-Siméon Chardin peint lentement, il repasse sur son travail encore et encore jusqu’à satisfaction. Son rendu de l’immobilité est d’ailleurs meilleur que celui du mouvement. Cet immobilisme et ce calme sont particulièrement bien révélés dans deux tableaux : La Fillette au volant et son pendant, le Garçon au château de cartes. On perçoit l’influence de maîtres des scènes de genre tel que le peintre flamand Johannes Vermeer. Toute la beauté qui en émane est indissociable du naturel de la scène. Dans le cas de la fillette, celle-ci ne regarde pas le peintre, ni ne minaude. Elle reste concentrée sur son jeu ou perdue dans ses rêveries d’enfant. On ressent aussi le regard du peintre sur son modèle et l’obéissance à ne point bouger pendant la pose. Il en va de même pour le sage garçon, très concentré sur son jeu d’adresse et de patience.

Jean-Siméon Chardin et la reconnaissance

Vers 1748, Jean-Siméon Chardin se consacre à nouveau à la nature morte. Mais à présent, il s’intéresse davantage aux volumes de ses compositions et aux jeux de lumière, aux reflets, aux transparences, au fondu, etc. Dans cette période, il peint notamment Le Bocal d’olives dont Diderot en fait l’éloge puisqu’il le désigne comme modèle à copier pour devenir peintre. À ce propos, il écrit : « Ô Chardin ! Ce n’est pas du blanc, du rouge, du noir que tu broies sur ta palette : c’est la substance même des objets, c’est l’air et la lumière que tu prends à la pointe de ton pinceau que tu attaches sur la toile. » (Salon de 1763).

En 1755, Jean-Siméon Chardin est nommé Trésorier de l’Académie. En 1757, Louis XV lui accorde un logement dans les Galeries du Louvre.

Dans la dernière décennie de sa vie, Jean-Siméon Chardin est malade et délaisse ses natures mortes. Il se consacre maintenant au pastel. Par cette technique, il peint surtout des portraits et autoportraits. Il a la particularité de juxtaposer les couleurs plutôt que de les mélanger. De près, l’œuvre a l’aspect d’une mosaïque ou d’une tapisserie. En prenant un peu de recul, c’est alors que la magie opère et que la représentation devient nette. C’est une sorte d’illusion d’optique qui attire de nombreux collectionneurs. Jean-Siméon Chardin connaît le succès de son vivant.

Jean-Siméon Chardin et sa vision du XVIIIe siècle bourgeois

Jean-Siméon Chardin et Antoine Watteau sont contemporains. Ils illustrent chacun la société bourgeoise du XVIIIe siècle. Mais ils en donnent deux visions aux antipodes. D’un côté, le portrait d’une coquette marquise en plein air, de l’autre, celui de l’humble bourgeoise en son foyer. Jean-Siméon Chardin choisit de révéler des intérieurs calmes, avec les regards de ses personnages comme perdus dans leurs pensées. Il donne ainsi « le sentiment d’une durée indéfinie, nous montrant des personnages à la fois engagés dans une action et détachés d’elle », comme l’écrit René Demoris en 1969, dans son article « La Nature morte chez Chardin » (Revue d’esthétique n° 4). Antoine Watteau comme Jean-Siméon Chardin ont l’art de peindre la légèreté. Mais le premier la peint au sens d’une scène frivole alors que le second capte la contemplation humaine. Les scènes galantes sont souvent associées à une forme de mélancolie. Finalement, il y a peut-être moins de gravité chez Jean-Siméon Chardin. Il a cette capacité à rendre ses natures mortes vivantes. L’artiste disparaît le 6 décembre 1779, à 80 ans. Le 22 avril 2022, sa nature morte Le Panier de fraises des bois est classé trésor national par l’État français.

Faire estimer gratuitement une œuvre de Jean-Siméon Chardin

Les œuvres de Jean-Siméon Chardin présentent sur le maché de l’art sont essentiellement des estampes et des gravures estimées à quelques centaines d’euros ; des dessins et des aquarelles à plusieurs dizaines de milliers d’euros ; et bien sûr des peintures à plus forte valeur, allant de plusieurs centaines de milliers d’euros jusqu’à plusieurs millions d’euros. La vente aux enchères récente du Panier de fraises des bois a atteint un record avec une adjudication à plus de 20 millions d’euros.


Le 23 mars 2022, une huile sur toile, Le Panier de fraises des bois, de 38 × 46 cm, avec signature, s’est vendue à 20.500.000 €, à Paris.

Le 22 novembre 2021, une huile sur toile, La Fontaine, de 50 × 43 cm, avec signature, s’est vendue à 6.000.000 €, à Paris.

Le 22 avril 2021, une huile sur toile, Un colvert et une orange amère, de 80 × 65 cm, avec signature, s’est vendue à 1.748.764 €, aux États-Unis.

Le 25 janvier 2023, une huile sur panneau, Le Petit dessinateur, de 19 × 16,5 cm, s’est vendue à 917.402€, aux États-Unis.

Le 9 novembre 2022, une huile sur toile, Marmite de cuivre, choux-fleurs et egrugeoir avec son pilon sur un entablement, de 33 × 40,5 cm, avec signature, s’est vendue à 570.000 €, à Paris.

Le 15 décembre 2020, une huile sur toile, Un lapin mort et un cartable, de 72,2 × 55,6 cm, s’est vendue à 906.002 €, à Londres.

(Illus.) Chardin, Autoportrait, 1771, pastel, 46 × 38 cm, Musée du Louvre, Paris.

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Jean-Honoré Fragonard

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Estimation et cote de l'artiste Jean-Honoré Fragonard

Jean-Honoré Fragonard (1732-1806) est un illustre peintre. Il est l’un des principaux représentants du style rococo français.

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Fragonard et l’imitation des grands maîtres

Après avoir travaillé un temps auprès de Jean-Siméon Chardin, Jean-Honoré Fragonard entre comme apprenti dans l’atelier de François Boucher. Il n’a que 14 ans et il s’exerce à copier les peintres de renom tout en affirmant son propre talent. Jean-Siméon Chardin et François Boucher font partie des plus grands représentants de la peinture française du XVIIIe siècle. Jean-Honoré Fragonard devient à son tour emblématique de cette peinture rococo.

François Boucher le présente au grand prix de peinture de l’Académie royale. Il remporte ce prix en 1752 avec son œuvre Jérusalem sacrifiant aux idoles.

Ensuite, il entre à l’École royale des élèves protégés dirigée par Carle van Loo. Il y étudie pendant trois années. Puis, il commence son Grand Tour. Il voyage notamment à travers l’Italie dans les villes de Florence, Bologne et Venise.

En 1756, il part pour l’Académie de France à Rome avec le peintre Hubert Robert et l’architecte Victor Louis. Il y réside jusqu’en 1761. Là-bas, il se nourrit notamment des influences de Giovanni Battista Tiepolo et du style baroque de Pierre de Cortone. Jean-Honoré Fragonard s’inspire également des peintres flamands (Jacob van Ruisdael, Meindert Hobbema, etc). On le voit en particulier dans ses paysages et ses forêts pour lesquels on ressent aussi l’influence d’Antoine Watteau. Jean-Claude Richard de Saint-Non est alors son protecteur et principal commanditaire.

Fragonard et les scènes galantes

À son retour en France, Jean-Honoré Fragonard obtient la prestigieuse mission de décorer la galerie d’Apollon au palais du Louvre. Il y installe son atelier où il réside désormais.

En 1765, la manufacture des Gobelins lui passe commande et il réalise Corésus et Callirhoé qui connaît un franc succès au Salon. Avec cette œuvre, il entre à l’Académie. Vers 1765-1775, il s’attèle à l’illustration des Contes et Nouvelles en vers de Jean de La Fontaine. Les contes sont en effet très à la mode à cette période et les artistes y puisent leurs sujets. Beaucoup sont remaniés en scène galante pour scier à l’iconologie libertine en vigueur. Jean-Honoré Fragonard délaisse d’ailleurs ensuite le genre classique pour se tourner vers ces scènes de genre érotiques. C’est alors qu’il rencontre son plus grand succès, notamment à la Cour de Louis XV.

Jean-Honoré Fragonard devient le peintre tendance auprès d’une aristocratie commanditaire.

Entre 1767 et 1769, il peint une scène galante intitulée Les Hasards heureux de l’escarpolette. Il s’agit de la commande du receveur général des biens du clergé, M. de Saint-Julien. Ce dernier précisait au peintre sa demande : « Je désirerais que vous peignissiez Madame sur une escarpolette qu’un évêque mettrait en branle. Vous me placerez de façon, moi, que je sois à portée de voir les jambes de cette belle enfant et mieux même, si vous voulez égayer votre tableau. » Cette légèreté est celle de l’esprit de la société bourgeoise du XVIIIe siècle en France. Néanmoins, la portée d’une telle scène va au-delà chez Jean-Honoré Fragonard. On peut lire dans ses œuvres une forme d’inquiétude, peut-être le rappel du temps qui passe. Il s’agit aussi de l’expression de l’inexorable fin en toute chose et spécialement de la jeunesse des protagonistes qu’il peint. C’est la représentation simultanée du moment festif et de sa nostalgie, de sa fin approchante.

Fragonard emblématique d’une fin de siècle

Durant les années 1773-1774, Jean-Honoré Fragonard voyage en Flandre, en Italie, en Europe. Il passe par Vienne, Prague, Dresde, Francfort ou encore Strasbourg. C’est à la suite de ce périple qu’il produit son chef-d’œuvre : Le Verrou. Le tableau a été commandité par Louis-Gabriel de Véri-Raionard et exécuté entre 1774 et 1779. On peut y voir une scène d’amour passionnel ou imposé. Les interprétations divergent. Cette toile est une véritable référence de la peinture du XVIIIe siècle. Elle est également un symbole de l’esprit libertin de l’époque. C’est dans cette mentalité, tout juste quelques années après, que les Liaisons dangereuses de Laclos sont éditées en 1782.

Jean-Honoré Fragonard s’est illustré dans divers registres : paysages, scènes religieuses, mythologie, etc. Mais il est avant tout célèbre pour cette peinture dite de la frivolité. C’est une peinture vivante, en mouvement, le tracé est rapide. Les gestes sont à la fois expressifs et emprunts de grâce.

En 1793, Jean-Honoré Fragonard devient membre de la Commune des Arts. Puis, il est nommé comme l’un des conservateurs du musée du Louvre. Sa peinture imprègne fortement la fin de ce siècle qui lui demeure associée.

Toutefois, la grande popularité de ces scènes de genre et notamment érotiques ne perdure pas. En 1805, un décret impérial stipule la réorganisation du Louvre en musée Napoléon. Tous les artistes résidents sont alors expulsés. Sous l’Empire, c’est le style néo-classique qui s’impose. La rigueur, comme sait la représenter un peintre comme Jacques-Louis David, est alors de mise. Jean-Honoré Fragonard perd donc ses commandes et sa fortune. Il meurt seulement un an plus tard, en 1806.

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Les œuvres de Jean-Honoré Fragonard sont très prisées sur les ventes aux enchères. Ses peintures et dessins se vendent à plusieurs dizaines de milliers d’euros, souvent plusieurs centaines de milliers d’euros et plus d’une fois, le million d’euros a été dépassé. En 2021, l’huile sur toile Un philosophe lisant a atteint un record de vente à plus de 6 millions d’euros. Il s’agit d’une œuvre qui était tombée dans l’oubli pendant près de deux siècles et qui a été redécouverte lors d’une succession. Le 25 janvier 2023, un pastel sur papier, Un enfant sous les traits de Cupidon, de 55 × 45 cm, s’est vendu à 77.979 €, aux États-Unis. Le 9 novembre 2022, une huile sur toile, Intérieur d’étable, de 54 × 65 cm, s’est vendue à 380.000 €, à Paris. Le 20 octobre 2022, un dessin à la sanguine sur papier, Le Verrou, de 24 × 36,5 cm, avec inscription « Fragonard », s’est vendu à 510.024 €, aux États-Unis. Le 6 juillet 2022, une huile sur toile, La Fontaine de l’amour, de 47 × 37,5 cm, s’est vendue à 664.920 €, à Londres. Le 26 juin 2021, une huile sur toile, Un philosophe lisant, de 59 × 70 cm, s’est vendue à 6.300.000 €, à Epernay. Le 4 juillet 2019, une huile sur toile, Dans les blés, de 33 × 45,7 cm, s’est vendue à 1.672.689 €, à Londres.

(Illus.) Jean-Honoré Fragonard, Le Verrou, huile sur toile, 73,5 × 93,5 cm, vers 1774-1779, Musée du Louvre, Paris.

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Jean-Baptiste Pater

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Estimation et cote de l'artiste Jean-Baptiste Pater

Jean-Baptiste Pater (1695-1736) est un peintre rococo français, notamment célèbre comme étant l’un des rares élèves d’Antoine Watteau. Il est son plus proche successeur.

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Les débuts de Jean-Baptiste Pater

Jean-Baptiste Pater naît dans le nord de la France, à Valenciennes. Il est le fils d’Antoine Joseph Pater, un maître sculpteur qui lui apprend la sculpture.

En 1706, à seulement 11 ans, il entre chez Jean-Baptiste Guidé, un peintre de l’Académie de Saint-Luc. Il délaisse alors la sculpture pour s’immerger dans le milieu de la peinture.

Bientôt, Jean-Baptiste Pater rencontre un grand maître en la matière. En effet, Antoine Watteau est de retour dans son atelier de Valenciennes vers 1709-1711.

Jean-Baptiste Pater devient le disciple d’Antoine Watteau et le suit à Paris. Ces leçons de peinture durent jusqu’en 1713. La séparation entre Jean-Baptiste Pater et Antoine Watteau serait notamment due au caractère difficile de ce dernier.

De retour à Valenciennes vers 1715, Jean-Baptiste Pater rencontre des difficultés à s’établir comme peintre à son propre compte. À l’époque, pour ce faire, il est impératif d’intégrer l’Académie de Saint-Luc. Jean-Baptiste Pater n’y parvient pas car il se serait opposé à certaines des règles imposées par cette corporation. Il travaille alors à nouveau avec son père pour un temps.

Un peu avant 1720, il décide de retourner à Paris notamment parce qu’Antoine Watteau, en fin de vie, le réclame. Jean-Baptiste Pater reprend donc son apprentissage auprès du maître flamand jusqu’en 1721, année de la mort d’Antoine Watteau.

Jean-Baptiste Pater, successeur d’Antoine Watteau

Jean-Baptiste Pater considère que c’est dans les tout derniers instants de la vie d’Antoine Watteau qu’il en a reçu les plus précieux conseils. Durant ces années passées auprès de lui, Jean-Baptiste Pater s’exerce à imiter les célèbres scènes de fêtes galantes si caractéristiques d’Antoine Watteau. Après sa mort, Jean-Baptiste Pater a même l’honneur d’avoir à terminer certaines commissions. Ces scènes de fêtes galantes deviennent donc également la spécialité de Jean-Baptiste Pater.

Sa carrière décolle lorsqu’en 1725, il est agréé à l’Académie royale de peinture et de sculpture. Et à la toute fin de 1728, il est enfin reçu comme membre grâce à son morceau de réception intitulé : Une fête champêtre. Réjouissance de soldats.

Jean-Baptiste Pater est très productif. Tout comme Antoine Watteau, il ne fait pas partie des peintres officiels mais bon nombre d’amateurs et de marchands lui passent commande tel le duc de La Force. Son œuvre est tout à fait au goût de l’aristocratie de ce début de XVIIIe siècle. Il réalise de multiples petites scènes galantes. Ces petits formats rencontrent un grand succès.

Parmi ses clients les plus prestigieux, on peut citer Frédéric II, dit le Grand. Ce roi de Prusse commande en effet à Jean-Baptiste Pater plusieurs dizaines de toiles dont deux portraits de lui-même appelés les « turqueries » : Le Sultan au Harem et Le Sultan au Jardin.

L’œuvre de Jean-Baptiste Pater

Dans sa filiation avec Antoine Watteau, Jean-Baptiste Pater s’inscrit bien dans le genre pictural du rococo. Et tout comme cet autre peintre, Nicolas Lancret, il puise ses sujets dans le théâtre et la littérature. Les Fables de Jean de La Fontaine sont pour lui une bonne source d’inspiration. Il affectionne la commedia dell’arte également. Jean-Baptiste Pater a par exemple représenté le Roman comique de Scarron. De même, on peut citer l’influence de Molière et sa représentation de Monsieur de Pourceaugnac.

Jean-Baptiste Pater peint aussi des scènes de la vie quotidienne militaire ou encore des scènes de foires. Tandis que Nicolas Lancret se focalise par la suite davantage sur ce type de scènes de famille, Jean-Baptiste Pater reste quant à lui fidèle à ses scènes galantes.

C’est surtout dans ses paysages que Jean-Baptiste Pater déploie son talent et qu’il fait preuve de singularité. Ses horizons lointains captent le regard du spectateur et le font entrer dans ces rêves bucoliques. On retrouve chez Jean-Baptiste Pater l’effet vaporeux et onirique de la végétation typique de son illustre maître. Et Jean-Baptiste Pater est également un grand coloriste. D’ailleurs, si l’œuvre d’Antoine Watteau est souvent teintée de mélancolie, Jean-Baptiste Pater insuffle parfois plus de gaieté à sa peinture par le choix de couleurs chatoyantes. Les habits de ses personnages sont directement inspirés des costumes de scènes de théâtre. Leurs couleurs vives donnent le contraste avec la verdure et le gris des nuages. Jean-Baptiste Pater sait aussi remarquablement bien rendre l’aspect satiné d’un tissu.

Mais comme Antoine Watteau, sa santé ne lui permet pas de poursuivre cette brillante carrière très longtemps. Il décède à l’âge de 41 ans seulement, le 28 juin 1736.

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Jean-Baptiste Pater ayant été un élève talentueux et très proche d’Antoine Watteau, certaines de ses œuvres ont parfois été attribuées par erreur au grand maître flamand. Au début de son succès, Jean-Baptiste Pater a produit de nombreuses toiles de scènes galantes de petit format, de moins d’un mètre de côté. Aujourd’hui, on en retrouve sur le marché de l’art atteignant plusieurs centaines de milliers d’euros.

Le 31 mars 2022, un lot constitué des huiles sur toile Le Concert champêtre et La Cueillette des roses, de 52 × 63,4 cm, a été vendu à 220.000 €, en Allemagne. Le 28 avril 2015, un lot d’huiles sur toile, composé de L’Amour en plein air et Réunion champêtre, de 44,5 × 54,6 cm, s’est vendu à 335.352 €, à Londres. Le 28 avril 2015, une huile sur toile, La Danse au parc, de 59,5 × 70,7 cm, s’est vendue à 349.325 €, à Londres. Le 26 mars 2015, un lot d’huiles sur toile, composé de La Danse et La Balançoire, de 76,8 × 100 cm, s’est vendu à 280.000 €, à Paris.  Le 30 janvier 2014, un lot d’huiles sur panneau, composé de La Cueillette des roses et Le Musicien, de 23 × 31,5 cm, s’est vendu à 351.456 €, aux États-Unis.

Le 22 mars 2013, une huile sur toile, Fête champêtre, de 89 × 110 cm, s’est vendue à 409.150 €, en Suisse.

(Illus.) Jean-Baptiste Pater, Concert champêtre, 1734, huile sur toile, 53 × 69 cm, Musée Thyssen-Bornemisza, Madrid.

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Antoine Watteau

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Estimation et cote de l'artiste Antoine Watteau

Antoine Watteau (1684-1721) est un des grands noms de la peinture rococo française. Il est à l’origine des scènes de fêtes galantes. Il s’agit de fête de plein air réunissant des aristocrates du XVIIIe siècle. Ce thème et la façon dont le traite Antoine Watteau a eu une grande influence en peinture mais aussi en littérature.

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Antoine Watteau, à l’origine du rococo à la française

Antoine Watteau naît à Valenciennes et vers l’âge de 10 ans, il y commence un apprentissage chez le peintre Jacques-Albert Gérin. Rapidement, il quitte son Hainaut natal et se rend à Paris. Il s’installe dans un quartier où résident comme lui plusieurs artistes du nord et d’inspiration flamande. C’est Saint-Germain-des-Prés. Là, il effectue plusieurs missions picturales pour survivre. À cette époque, il fait la connaissance du peintre flamand Nicolas Vleughels, du peintre anversois Jean-Jacques Spoëde et de l’artiste Claude Gillot. C’est grâce à ce dernier que la carrière d’Antoine Watteau connaît un tournant. Claude Gillot s’intéresse à sa peinture et l’invite à résider chez lui. Antoine Watteau commence alors à peindre des scènes de théâtre, également ses fameuses fêtes galantes, ou encore des singeries. Ses scènes théâtrales sont inspirées de la commedia dell’arte et sont à l’origine du style rocaille ou rococo à la française. Les visages et les attitudes qu’il peint sont très expressifs. Un de ses chefs-d’œuvre est d’ailleurs la représentation du personnage de Pierrot, autrefois appelé Gilles. Antoine Watteau sera toujours reconnaissant envers Claude Gillot pour lui avoir permis de développer son talent. En tant que peintre, Antoine Watteau prend part à la querelle des Anciens et des Modernes et se positionne comme coloriste, plutôt « rubéniste » donc, et non pas « poussiniste » qui privilégie au contraire la forme. Son traitement de la couleur et de la lumière sont remarquables.

Antoine Watteau, un peintre accompli

En 1712, à 28 ans, Antoine Watteau devient membre de l’Académie royale de peinture et de sculpture. Cinq ans plus tard, il triomphe avec sa toile Pèlerinage à l’île de Cythère.

Les œuvres d’Antoine Watteau expriment l’esprit de l’aristocratie du XVIIIe siècle avec ces fêtes galantes caractéristiques mais aussi une certaine mélancolie. Il y représente tout à la fois les joies légères de la vie et le sentiment de futilité qui en découle. On peut y observer le sentiment amoureux représenté dans tout son spectre. Il y a là la politesse, la galanterie, l’érotisme. Des instants fragiles et le temps qui passe.

Des artistes comme Nicolas Lancret ou encore Jean-Baptiste Pater sont, en cela, ses héritiers. Ils travaillent à révéler cet esprit et cette ambiguïté. Jean-Honoré Fragonard en est un autre exemple qui parvient au succès.

Le tracé léger et le flou d’Antoine Watteau, cette capacité à donner l’illusion d’une présence, d’une atmosphère, sont même vus par certains critiques d’art comme les prémisses à l’impressionnisme.

Antoine Watteau est encensé de son vivant mais cela n’est que de courte durée car il est atteint de tuberculose. Il séjourne notamment à Londres afin de se soigner. Son passage marque également des artistes anglais dont le peintre Thomas Gainsborough.

Antoine Watteau, la postérité

La peinture d’Antoine Watteau est mise de côté pendant la période néo-classique. Mais elle est réhabilitée au siècle suivant avec les romantiques qui lui prêtent un tempérament mélancolique. Il peint des personnages à l’expression souvent rêveuse et l’idée de fête désenchantée s’impose alors. Pour autant, cette interprétation ne fait pas l’unanimité. Citons par exemple Philippe Sollers qui, dans sa monographie de 1992 Watteau et les femmes, écrivait ceci : « Watteau, le feu et l’eau, l’énergie instantanée devenue liquide, l’invention électrique, le flash minutieux. Quoi ? Quoi ? Vous dites qu’il est nostalgique ? Toujours la propagande romantique ! Quel contresens ! Quelle culpabilité ressassée, quel ennui ! Comme cette erreur d’interprétation en dit long sur la peur de jouir, véritable malédiction des temps dit modernes ! »

Quoiqu’il en soit, Watteau influence voire fascine nombre d’artistes qui lui rendent hommage.

En 1831, le peintre anglais William Turner réalise son Étude de Watteau selon les règles de du Fresnoy dans laquelle apparaît Antoine Watteau lui-même, certaines de ses toiles et ses admirateurs. En 1838, Théophile Gautier écrit un poème sur cette atmosphère singulière qui marque l’œuvre d’Antoine Watteau. En 1857, Charles Baudelaire cite Antoine Watteau dans Les Phares et le compare aux plus grands maîtres. En 1881, dans leur étude sur L’Art au XVIIIe siècle, les frères Goncourt décrivent Antoine Watteau comme étant « le grand poète du siècle passé ».

La carrière d’Antoine Watteau a été brève, allant environ de 1700 à 1721. Il décède en effet à seulement 37 ans de la tuberculose. Mais il imprègne durablement la peinture par son génie.

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Des peintures, dessins et estampes d’Antoine Watteau sont présents sur le marché. Ses œuvres les plus prisées sont ses peintures de scènes galantes qui peuvent se vendre à plusieurs millions d’euros.

Le 20 octobre 2022, un dessin à la pierre noire, craie rouge, graphite sur papier, Trois études de la tête d’une fille portant un chapeau, de 14 × 24,7 cm, s’est vendu à 2.856.139 €, aux États-Unis.
Le 25 janvier 2023, une huile sur toile Le Pèlerinage à l’Ile de Cythère, de 97 × 116 cm, s’est vendue à 1.376.103 €, aux États-Unis. Le 11 octobre 2022, une huile sur toile L’Alliance de la Musique et de la Comédie, de 65 × 54,2 cm, s’est vendue à 480.000 €, à Paris. Le 26 janvier 2023, un dessin à la sanguine sur papier, Deux études d’un acteur dans le costume de Crispin, de 17,5 × 16,8 cm, s’est vendu à 133.473 €, aux États-Unis. Le 28 octobre 2022, un dessin à la sanguine sur papier, Gentilhomme debout tenant avec sa canne, de 17 × 10,3 cm, s’est vendu à 12.000 €, à Paris. Le 9 novembre 2022, une huile sur panneau, La Revanche des paysans, de 32,5 × 39,5 cm, s’est vendu à 180.000 €, à Paris.

(Illus.) Antoine Watteau, Pierrot, huile sur toile, 184.5 × 149.5 cm, vers 1718 – 1719, Musée du Louvre, Paris.

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Théophile Lybaert

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Estimation et cote de l'artiste Théophile Lybaert

Théophile Marie Françoise Lybaert (1848-1927) est un peintre et sculpteur belge. Peintre académiste, il doit sa renommée aux nombreuses scènes chrétiennes qu’il a réalisées, d’une part, et à ses œuvres orientalistes, d’autre part. Mais l’artiste, curieux, ne se cantonne pas à ces seuls genres…

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Théophile Marie Françoise Lybaert, chantre de la peinture religieuse

Le père de Théophile Marie Françoise Lybaert, ancien élève de l’Académie royale des beaux-arts de Gand, est un peintre héraldique versé dans l’art décoratif ancien. Aussi Théophile reçoit-il, très tôt, une éducation artistique : il est formé à l’atelier des frères Paul et Félix de Vigne, respectivement sculpteur et peintre spécialisés dans le style troubadour. Mais, très vite, Théophile Marie Françoise Lybaert se démarque en peignant des tableaux d’histoire de son pays natal, la Belgique, principalement. Puis, il délaisse ce genre au profit des scènes religieuses : sa carrière artistique débute alors véritablement. L’artiste trouve dans ce genre le terreau pour développer sa touche : ses peintures religieuses sont réalisées dans un style gothique archaïque inspiré des maîtres du nord de l’Europe du XVIème siècle, tels Albrecht Dürer et Hans Memling. Il est d’ailleurs surnommé le « Memling contemporain »  et son style qualifié de « gothique moderne ».

Il se tourne ensuite vers les scènes de genre et l’orientalisme.

La période orientaliste de Théophile Marie Françoise Lybaert

En 1862, Théophile Marie Françoise Lybaert intègre l’Académie royale des beaux-arts de Gand où il étudie sous la houlette du peintre d’histoire belge Théodore-Joseph Canneel. Brillant étudiant, il remporte un certain nombre de prix notamment en dessin et en anatomie. Afin de financer ses études artistiques, il peint des portraits triviaux et des scènes de genre à destination du marché américain.

Il se rend ainsi à Paris, en 1874, pour y étudier sous la direction de l’illustre artiste orientaliste Jean-Léon Gérôme. Pendant cette période et dans le cadre de cette formation, il voyage en Afrique du Nord. À son retour en Belgique, à Gand, en 1878, il acquiert une renommée en tant que peintre orientaliste mais le succès escompté n’est pas au rendez-vous et Théophile Marie Françoise Lybaert se voit contraint d’abandonner la peinture de genre.

Théophile Marie Françoise Lybaert et la peinture religieuse : le retour aux sources

Le peintre s’investit, dans un premier temps, dans la réalisation d’immenses tableaux historiques : ces œuvres destinées aux expositions internationales lui apportent la reconnaissance de la critique du monde artistique. Enhardi, il décide alors de se concentrer sur des thèmes religieux, en accord avec ses propres convictions chrétiennes, lui permettant ainsi d’illustrer son admiration pour les artistes du XVIème siècle tel Dürer. Il se déplace d’ailleurs en Allemagne afin d’étudier les œuvres de l’artiste. Il acquiert progressivement une réputation internationale, recevant des prix à divers salons comme celui de Paris… En 1884, au salon de Caracas, il est gratifié de l’Ordre du Libérateur par le gouvernement du Venezuela. En 1858, il est fait chevalier de l’Ordre de Léopold par le gouvernement belge.

Sa notoriété s’étend jusque dans les cercles religieux, en particulier catholiques qui accueillent ses peintures avec enthousiasme. Théophile Marie Françoise Lybaert atteint la consécration avec une commande d’une Vierge à l’Enfant Jésus par le Vatican. S’ensuivent d’autres commandes pour des projets de fresques dans diverses églises belges, notamment à Gand. Il est, par ailleurs, très investi dans la vie culturelle de sa ville natale, siégeant à la commission provinciale pour la protection des monuments et la commission du Musée des beaux-arts de Gand. Et ce, jusqu’à sa mort le 28 mai 1927.

L’estimation des œuvres de Théophile Marie Françoise Lybaert

Ces dix dernières années, la valeur des œuvres de Théophile Marie Françoise Lybaert est marquée par une certaine fluctuation avec un pic observé en 2014 suivi d’un passage à vide en 2015. Ce schéma se répète jusqu’à l’installation d’une stabilité dès 2021. Ses peintures constituent la majorité des ventes (83%), les prix variant de 20 à 14 213 €. Ses dessins et aquarelles ne concernent, quant à eux, qu’une part infime (12%) tout comme ses sculptures (4%). Le record est détenu par une huile sur toile, A l’entrée de la mosquée (1886), vendue 14 213 € (9 500 £) à Londres en 1997. Bien que classé 38 149e sur le marché mondial en 2022, Théophile Marie Françoise Lybaert occupe la 1ère place du marché autrichien (pour la même année).

(Illus.) Theophile Lybaert – Oriental scholar with a pipe

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Karel Ooms

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Estimation et cote de l'artiste Karel Ooms

Karel Ooms (1845-1900) est un peintre belge. De nature curieuse, il s’essaye, tout au long de sa vie, à des genres pluriels, que ce soient les sujets d’histoire, le paysage, le portrait ou les scènes de genre. Des sujets qu’il transpose également dans ses tableaux influencés par le courant orientaliste, fruits de ses voyages. Sa notoriété est toutefois principalement due à ses peintures en lien avec l’Histoire belge.

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Karel Ooms, ambassadeur de la Belgique

La production d’œuvres de Karel Ooms, retraçant l’histoire de son pays natal, est conséquente.

Né à Dessel, le jeune Karel Ooms évolue dans une famille paysanne nombreuse. De par ses talents pour le dessin, il reçoit, très tôt, une éducation artistique. A l’âge de douze ans, il obtient une bourse de sa ville natale lui permettant d’étudier à l’Académie royale des beaux-arts d’Anvers. Il suit alors l’enseignement de Nicaise de Keyser, peintre représentatif de l’école du romantisme belge excellant dans l’art du portrait et la peinture d’histoire. En 1865, diplômé de l’Académie, Karel Ooms revient dans sa ville natale, laquelle lui passe commande de deux retables destinés à l’église Saint Nicolas.

Vers 1871, il s’installe à Anvers en tant qu’artiste indépendant : les nombreuses commandes de la ville contribuent à sa renommée. Outre les quelques tableaux religieux, ce sont les commandes relatives aux sujets historiques qui assoient sa renommée notamment les deux immenses tableaux qu’il réalise pour la salle d’audience du tribunal du crime du palais de justice. Dès lors, sa popularité traverse les frontières européennes pour atteindre l’Australie et les Etats-Unis : ses peintures – principalement d’histoire – sont primées à Prague (1877), Amsterdam (1883), Chicago (1893), …

Si les œuvres historiques de Karel Ooms remportent un tel succès dans son pays natal, c’est en grande partie dû au choix des sujets : en effet, bon nombre de ses peintures font référence à des temps forts de l’histoire de la religion en Belgique. La lecture interdite, réalisé par l’artiste en 1876, est un exemple significatif : le tableau représente un vieil homme et une jeune femme penchés sur une bible mais dont l’attention est détournée par un élément hors-champ. Le succès de cette peinture est tel qu’elle a été imitée par d’autres peintres à des fins décoratives, dans des lieux religieux protestants mais également chez des particuliers.

Par ailleurs, cette œuvre révèle l’intérêt de Karel Ooms pour le portrait, un art dans lequel il excelle.

Karel Ooms, un portraitiste hors-pair

Dans la plupart des peintures de Karel Ooms figurant des scènes de genre – qu’elles soient religieuses ou historiques – transparait la prédilection de l’artiste pour le portrait, notamment le portrait de famille. 

Dès son établissement à Anvers, parallèlement à son activité principale, il investit une partie de son temps dans cet art, ciblant la riche bourgeoisie d’Anvers. Il acquiert alors une certaine notoriété. 

Ainsi, sur les 220 œuvres inscrites à son répertoire, un tiers est constitué de portraits.

Le succès rencontré par les portraits de Karel Ooms s’explique, non seulement, par la maîtrise de l’artiste à retranscrire la personnalité des modèles, mais également par le choix d’une certaine tonalité de couleurs – des pigments terreux – qui apporte une touche personnelle (bien que cette caractéristique soit académique à cette époque).

La période orientaliste de Karel Ooms

Si l’image principale de Karel Ooms est celle d’un artiste (r)attaché à son pays, il n’en reste pas moins que ses productions orientalistes – scènes du quotidien, portraits et paysages – lui confèrent une popularité. 

En effet, l’artiste voyage souvent en Europe, au Moyen-Orient. Cette partie du monde – l’Égypte et la Palestine, en particulier – se révèle être une source d’inspiration importante. Son intérêt pour les thèmes du harem et de l’odalisque, notamment, transparaît dans ses œuvres orientalistes même si les paysages prédominent.

Cependant l’attachement de Karel Ooms à sa Belgique natale est tel qu’il ne peut rester loin de son pays très longtemps. Aussi épouse-t-il tardivement, en 1897, la baronne Edith van Eersel, appartenant à une famille aristocratique belge aisée, avec laquelle il partage sa passion pour l’art. Ils s’installent alors à Cannes, Karel Ooms étant atteint d’une maladie cardiaque. Malheureusement la vie à deux est de courte durée : l’artiste décède en 1900 à l’âge de 55 ans seulement.

L’estimation des œuvres de Karel Ooms

La valeur des œuvres de Karel Ooms témoigne d’une grande disparité entre les années de 2013 à 2021. En effet, on observe une courbe très irrégulière, avec des chiffres conséquents tous les deux ans, approximativement. Ses peintures constituent la majorité des ventes (91%), les prix variant de 95 à 30 000 €. Ses dessins et aquarelles ne concernent, quant à eux, qu’une part infime (4%). Le record est détenu par une huile sur toile, Réconciliation devant le tribunal (1888), vendue 30 000 € à Anvers en 2015. Bien que classé 91 403e sur le marché mondial en 2022, Karel Ooms occupe la 1ère place du marché belge (pour la même année).

(Illus.) Karel Ooms – MET DP – 386 – 389

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Jan Baptist Huysmans

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Estimation et cote de l'artiste Jan Baptist Huysmans

Jan Baptist Huysmans (1826-1906) est un peintre belge. Sa vie de bohême et son intérêt pour les voyages font qu’il a parcouru de nombreux pays, principalement en Orient. Les nombreuses toiles qu’il a réalisées – des scènes de la vie quotidienne des habitants de cette partie du globe – contribuent à sa renommée en tant que peintre orientaliste.

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Jan Baptist Huysmans, un grand voyageur

Après avoir suivi un cursus en peinture à l’Académie royale des beaux-arts d’Anvers, de 1843 à 1849, Jan Baptist Huysmans entreprend de parcourir le monde suivant les préceptes reçus tout en assouvissant son goût pour les voyages. Il visite ainsi la Grèce, la Tunisie, l’Algérie, l’Egypte et l’Asie mineure. Il en résulte un engouement pour l’Orient qui se traduit par des peintures représentant des scènes de la vie quotidienne des autochtones. L’artiste ne se limite toutefois pas à cette thématique et explore le champ religieux en peignant des tableaux pour des églises, lors d’un séjour à Jérusalem. De retour dans son pays natal, Jan Baptist Huysmans réalise des panneaux décoratifs toujours pour des églises mais également pour d’autres bâtiments.

Dès 1850, ses toiles se trouvent exposées en Belgique, au Royaume-Uni ainsi qu’au Salon des artistes français, à Paris, dans le cadre de l’Exposition Universelle de 1889.

De 1856 à 1862, Jan Baptist Huysmans s’investit dans un projet de rédaction de ses mémoires, issues  de ses nombreux voyages, qui sont alors publiées dans des ouvrages illustrés intitulés Voyages en Italie et en Orient et Voyages en Espagne et en Algérie, notamment.

Jan Baptist Huysmans et l’art orientaliste naturaliste

Les peintures de Jan Baptist Huysmans relèvent indubitablement de l’Orientalisme, mouvement littéraire puis pictural qui marque l’Occident au XIXe siècle et se traduit par l’engouement des artistes européens pour l’Orient. Un Orient qu’ils découvrent avec l’expansion coloniale en Afrique du Nord qui a lieu à cette époque, et qui marque les débuts de l’égyptomanie. Ces peintres y trouvent une inspiration nouvelle teintée d’exotisme. Les représentations, tantôt réalistes, tantôt imaginaires et fantasmées, portent sur des scènes de la vie quotidienne (scènes de harem, de chasses, de combat…) ainsi que des paysages exotiques typiques (oasis, déserts…).

Sur le plan technique, à l’instar de la plupart des peintres orientalistes, Jan Baptist Huysmans a recours à des couleurs chaudes et chatoyantes, principalement des tons rouges, jaunes, orangés ou bruns. Il utilise, par ailleurs, des contrastes très marqués. La lumière – chaude, en l’occurrence – joue un rôle important.

Au tournant du siècle, cependant, une nouvelle représentation de l’Orient apparaît, issue de l’influence de l’esthétique naturaliste naissante ainsi que de l’apparition de la photographie. Un certain nombre d’artistes rattachés au courant orientaliste s’essaye à représenter une vision plus réaliste de l’Orient en abordant de nouveaux thèmes tels que les paysages orientaux authentiques, non idéalisés… comme en témoignent les œuvres de Jan Baptist Huysmans. Ce sont les prémices de l’ethnographie.

Enfin, les peintures de l’artiste attestent également d’une influence importante du maître de l’Orientalisme, Gérôme, et de l’artiste britannique, John Frederick Lewis, célèbre pour ses peintures illustrant le Moyen-Orient dans des scènes du quotidien.

L’estimation des œuvres de Jan Baptist Huysmans

Ces dix dernières années, la valeur des œuvres de Jan Baptist Huysmans s’est révélée très fluctuante : après un pic important en 2013, une baisse significative s’est installée de 2014 à 2017, suivie d’une première remontée, qui a perduré jusqu’en 2019, puis d’une seconde, plus conséquente, débutée en 2022. Ses peintures, très présentes sur le marché, constituent 86% des ventes de l’artiste et se monnayent généralement entre 180 € et 150 000 €, les prix augmentant considérablement lorsqu’il s’agit de représentations de scènes de la vie quotidienne. Ses huiles sur toile, en particulier, peuvent atteindre des sommes variant de quelques centaines d’euros à quelques centaines de milliers d’euros. Le record est d’ailleurs détenu par une huile sur panneau, intitulée Un nuage en plein soleil (A plume of smoke), vendue 227 646 € (180 000 £) à Londres en 2008. Ses dessins et aquarelles représentent une part moindre : seulement 13% des ventes. Jan Baptist Huysmans est classé 9 133ème au palmarès mondial des artistes les mieux vendus aux enchères (en 2022) et occupe la 1ère place du marché français (en 2022, toujours). 

(Illus.) Jan-Baptist Huysmans – A Private Meeting

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Estimation et cote de l'artiste David Roberts

David Roberts (1796-1864) est un peintre écossais. Epris de voyages, il a réalisé de très nombreuses aquarelles immortalisant, notamment, le Moyen-Orient et son patrimoine architectural. Les lithographies, obtenues à partir de ces dernières et de ses croquis, rassemblées en plusieurs recueils, lui ont valu la postérité.

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David Roberts, un artiste en quête de nouveaux horizons

A quatorze ans, ses facilités pour le dessin le conduisent à devenir apprenti dans une entreprise de peinture en bâtiment restaurant des habitations et bâtisses de plus grande ampleur, située à Edimbourg. Parallèlement à cette formation, David Roberts suit des cours de dessin à l’Académie des Beaux-Arts de la ville. Sensible à tout ce qui touche à la décoration, il décide alors de devenir décorateur de théâtre. En 1816, il fait ses premiers pas au sein d’une troupe théâtrale itinérante. Deux ans plus tard, le Théâtre national d’Édimbourg lui passe commande de décors. En 1822, c’est au tour du théâtre à Londres. Ce sont les prémices de la notoriété.

En 1824, la rencontre avec Charles Dickens et William Turner modifie son rapport au monde et à l’art. Ce dernier aura une influence prépondérante sur David Roberts, l’exhortant à voyager. De ses premiers séjours – en France, tout d’abord, puis en Espagne et au Maroc – en résultent des croquis et aquarelles desquels l’artiste fait exécuter des lithographies. Le succès des 1 200 exemplaires de Picturesque sketches in Spain – vendus en deux mois – l’incite à réitérer l’expérience et à concrétiser son projet de voyage en Égypte et en Terre Sainte.

David Roberts, ethnographe avant l’heure

En 1838, David Roberts se rend au Caire : de là, il remonte le Nil en bateau jusqu’à Abou Simbel. Il effectue alors de très nombreux dessins et aquarelles des monuments dans lesquels sont représentés des autochtones permettant de souligner le gigantisme des trésors architecturaux égyptiens. Le Caire et ses mosquées sont également des sources d’inspiration. En 1839, il gagne Baalbek, en Terre Sainte. A son retour en Angleterre, en 1841, grâce à ses œuvres, il est élu membre de la Royal Academy : c’est la consécration. Enhardi par ce succès, il s’investit entièrement dans la réalisation de 247 lithographies, gravées d’après ses croquis et aquarelles rapportés de ce voyage, par son ami et complice de la première heure, Louis Hague. Entre 1842 et 1849, elles sont publiées en six recueils, sous l’intitulé The Holy land, Syria, Idumea, Arabia, Egypt and Nubia (La Terre Sainte, Syrie, Pétra, Arabie, Égypte et Nubie) : les œuvres relatives à l’Égypte lui valent la renommée. Dès 1851, il reprend ses voyages et visite l’Italie, notamment. Il consacre les dernières années de sa vie à peindre des vues de Londres depuis la Tamise, avant de s’éteindre en 1864.

L’ensemble de ses œuvres ainsi que son attrait pour l’Occident font indubitablement de David Roberts un peintre orientaliste. Outre son intérêt très prononcé pour l’Orient, ce mouvement artistique et littéraire, apparu au XVIIe siècle, s’épanouit au XIXe siècle en Occident et connaît, au XXe siècle, une couleur particulière, pour ce qui est du mouvement pictural du moins. En effet, les œuvres de cette période tendent davantage vers une représentation moins idéalisée se rapprochant de la peinture dite ethnographique. Un aspect déjà présent dans les œuvres de David Roberts, avec notamment ses célèbres scènes du Caire.

L’estimation des œuvres de David Roberts

Ces dix dernières années, la valeur des œuvres de David Roberts est fluctuante avec une hausse notoire en 2016 suivie d’une baisse conséquente en 2020 et 2021 avant de connaître une reprise en 2022. Les ventes de l’artiste concernent essentiellement la catégorie « Estampe-Multiple » (54%), ses dessins et aquarelles représentant une part moindre (33%). Celles-ci se vendent généralement entre 60 € et 625 995 € (pour Panorama of Caire en 1839 – aquarelle et crayon – vendue en 2007 à Londres). Cependant, ce sont ses peintures (14% des ventes) qui représentent la catégorie la plus vendue, débutant à 1 500 € pour atteindre 967 120 €, record détenu par une huile sur toile, Jerusalem, from the South (1860), vendue à Londres en 2016. Bien que classé 1498ème dans le top 5000 au palmarès mondial des artistes les mieux vendus aux enchères (en 2022), David Roberts occupe la 1ère place du marché au Royaume-Uni.

(Illus.) David Roberts – Petra, Eastern End of the Valley – 1927.127 Cleveland Museum of Art

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