Estimation gratuite Artemisia Gentileschi

Artemisia Gentileschi

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Estimation et cote de l'artiste Artemisia Gentileschi

Audacieuse, inventive et d’une grande force créative, l’Italienne Artemisia Gentileschi est considérée comme l’une des plus importantes peintres baroques. De ses autoportraits aux scènes religieuses, ses tableaux sont peuplés de courageuses héroïnes. Découvrez l’histoire d’Artemisia Gentileschi et ses œuvres baroques. Besoin d’une expertise gratuite et en ligne ? C’est sur Estimon’objet !

Estimation gratuite Artemisia Gentileschi

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La formation artistique d’Artemisia Gentileschi dans l’atelier paternel

À Rome, Artemisia Gentileschi (1593 – 1656) débute son apprentissage auprès de son père, le peintre Orazio Gentileschi. La jeune fille, comme ses frères, y apprend les techniques de la peinture. Elle se révèle particulièrement douée, suscitant une attention particulière de son père, disciple du Caravage. En effet, dès ses dix-sept ans, Artemisia Gentileschi est apte à réaliser un tableau d’envergure. Elle peint l’épisode biblique de Suzanne et les vieillards. Sa faculté à peindre une jeune femme nue, harcelée par deux hommes, est empreinte d’une maturité certaine. L’invention dans la composition y est remarquable.

Afin de poursuivre son apprentissage, puisque les femmes ne sont pas autorisées à intégrer les écoles des Beaux-Arts, Artemisia Gentileschi suit l’enseignement du peintre Agostino Tassi. Celui-ci, surnommé il smargiasso (le fanfaron), est peu recommandable. Il la viole. Un an plus tard, sur fond de différends et d’ambiance familiale dégradée, le père d’Artemisia Orazio Gentileschi intente un procès contre le professeur de sa fille. Le processus judiciaire dure neuf mois. La jeune fille est humiliée, torturée afin de vérifier son innocence. Le violeur est condamné. Artemisia Gentileschi est vite mariée au peintre Pierantonio Stiattesi. Ils auront quatre enfants. Ensemble, ils se réfugient à Florence.

La reconnaissance florentine pour la peinture d’Artemisia Gentileschi

En 1613, Artemisia Gentileschi achève son tableau Judith décapitant Holopherne. Cette œuvre illustre la scène de l’Ancien Testament. Judith et sa servante maintiennent fermement le général pour le tuer. Le clair-obscur renforce la puissance dramatique. L’influence du Caravage y est notable. Cette représentation puissante, réaliste jusqu’aux détails, est considérée comme une œuvre féministe, résistante à l’oppression des hommes. Artemisia Gentileschi peindra d’autres toiles inventives sur ce sujet, variant les compositions.
En 1616, Artemisia Gentileschi est la première femme à être acceptée à l’Académie de dessin de Florence. Ce statut lui offre l’autonomie légale. La peintre peut acquérir son matériel, accepter des commandes en son nom et voyager seule. Le Grand-duc Cosme II de Médicis lui demande des œuvres.

Artemisia Gentileschi réalise le tableau Allégorie de l’Inclination pour la Casa Buonarroti, en mémoire de Michel-Ange. Sa notoriété grandit. Ses représentations d’héroïnes bibliques ou profanes sont recherchées. À cette époque, Artemisia Gentileschi se lie avec le gentilhomme Francesco Maringhi, qui devient son amant. Cependant, Artemisia Gentileschi peine à tenir les délais pour ses peintures. Acculé par des dettes dues à des dépenses démesurées, le couple marital retourne à Rome en 1621.

Artemisia Gentileschi, artiste peintre indépendante et audacieuse 

En 1623, son mari Pierantonio Stiattesi disparaît. Artemisia Gentileschi est maintenant indépendante. Elle exécute des portraits, des scènes bibliques et mythologiques. Elle se représente dans plusieurs de ses tableaux, prenant les traits de ses héroïnes. Après un séjour à Venise, c’est à Naples que l’artiste connait la consécration. Elle reçoit des commandes pour des édifices religieux. Sa maîtrise du clair-obscur, ses représentations des femmes, sa palette de couleurs profondes en font une artiste unique en son temps. La peintre dépeint avec habileté la violence, la passion et la vulnérabilité. 

Dans son Autoportrait en Allégorie de la peinture, peint entre 1638 et 1639, Artemisia Gentileschi se représente en train de travailler. Absorbée par sa tâche, elle s’y affirme en tant qu’artiste. En 1638, Artemisia Gentileschi se rend en Angleterre, au service de Charles Ier. Elle y aurait collaboré avec son père Orazio Gentileschi. La date de sa mort est incertaine. Artemisia Gentileschi serait décédé entre 1652 et 1654 de la peste, à Naples.

Estimations des tableaux de l’artiste Artemisia Gentileschi

Les valeurs des tableaux d’Artemisia Gentileschi sont estimées entre 15 000 euros et plus de 2 500 000 euros. L’huile sur toile Lucrèce a même atteint la somme de 4 000 000 euros en 2019, prix au marteau lors d’une vente aux enchères. D’autres œuvres peuvent également parvenir à des sommes importantes. En 2021, le tableau Venus et Cupidon a été adjugé à 2 325 712 euros. L’année suivante, le Portrait d’une dame assise a été vendu pour 1 974 940 euros. Plus récemment encore, en 2023, la toile intitulée Allégorie de la sculpture a été achetée pour le prix de 1 756 190 euros tandis que la même année, Portrait d’un gentilhomme, probablement Antoine de Ville, a été cédé à 550 441 euros. Le tableau Sainte Marie Madeleine, vendu en 2021, constitue l’une des enchères les plus basses ces dernières années. Il a tout de même atteint la somme de 40 000 euros pour sa vente. De même, dans ordre de prix plus élevé, la toile représentant Sainte Cécilia a été vendue pour 166 395 euros en 2022.

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(Illus.) Artemisia Gentileschi, Judith décapitant Holopherne, Entre 1611 et 1612

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Estimation gratuite Marie Bracquemond

Marie Bracquemond

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Estimation et cote de l'artiste Marie Bracquemond

Peintre, céramiste et illustratrice, Marie Bracquemond se distingue par son œuvre variée aux influences impressionnistes. Qualifiée de discrète, elle est longtemps restée dans l’ombre de son mari, le peintre et graveur Félix Bracquemond. Découvrez l’histoire de Marie Bracquemond et ses peintures impressionnistes. Besoin d’une expertise gratuite et en ligne ? C’est sur Estimon’objet !

Estimation gratuite Marie Bracquemond

Prix des œuvres de Marie Bracquemond

  • Peinture (huile sur toile, huile sur panneau) : entre 400 € et plus de 288 640 €

  • Aquarelle, pastel, dessin (crayon, fusain, sanguine, études préparatoires) : entre 100 € et 30 000 €

  • Estampe, lithographie, tirages et reproductions : entre 50 € et 5 000 €

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Les débuts artistiques de Marie Bracquemond

Marie Quivoron (1840 – 1916) est née en Bretagne. Elle est la fille de l’officier de la marine Théodore Quivoron et d’Aline Pasquiou, dont elle prendra le nom sur ses premiers tableaux. Son enfance est propice à diverses hypothèses. Sa mère se serait remariée après la mort de son époux, ou se serait enfuie avec Émile Langlois, emmenant sa fille. Toujours est-il que Marie s’installe à Étampes dans les années 1850. Douée en dessin, elle suit les cours d’Auguste Vassort, puis entre à l’atelier de Jean-Dominique Ingres. En 1859, Marie Bracquemond, alors nommée Marie Pasquiou, fait ses débuts au Salon de peinture et de sculpture de Paris avec son tableau Portrait de la famille de l’auteur. La jeune artiste n’a alors que dix-neuf ans. En parallèle à sa pratique, elle débute les commandes de copies de tableaux. Elle accroche sa toile Deux sœurs au Salon de l’année 1864. Sur le livret de l’exposition, l’artiste est présentée en tant qu’élève de Désiré François Lugée, lui-même élève de Jean-Dominique Ingres. Son style est encore classique, dans la lignée de celui de son maître de peinture. En 1869, Marie épouse le peintre et graveur Félix Bracquemond. Leur fils, Pierre, nait l’année suivante.

Marie Bracquemond et le mouvement impressionniste

Félix et Marie Bracquemond s’installent à Sèvres en 1874, à la villa Brancas. À leur table, ils convient régulièrement des artistes tels Édouard Manet, Alfred Sisley, Auguste Rodin ou encore Edgar Degas. Influencée par les impressionnistes, la jeune femme intensifie sa palette. Elle peint en plein air, par touches rapides. En 1872, Félix Bracquemond est embauché comme directeur artistique à la manufacture Haviland afin d’en moderniser les collections. Inspiré par le japonisme, il collabore avec sa femme sur des céramiques et des services en porcelaine. Novatrice, Marie Bracquemond réalise des peintures sur de la faïence, usant de son talent pour réunir les secteurs de l’art et de l’industrie. Elle représente des figures féminines dans la vaisselle. La peintre contribue au Service à fleurs et rubans et en compose douze sujets. Certaines de ses femmes lisent, d’autres jardinent. Elle y illustre la vie moderne. En 1875, Marie Bracquemond expose au Salon son tableau intitulé La Lecture. Trois ans plus tard, elle présente à l’Exposition universelle Les Muses des Arts. Ce panneau monumental est réalisé pour la manufacture de Charles Haviland. Il impressionne Edgar Degas, qui invite la peintre au Salon des impressionnistes en 1879. Les artistes Mary Cassatt et Berthe Morisot sont les seules autres femmes à y participer. Marie Bracquemont y expose à plusieurs reprises. Pour cette première fois, elle présente un plat en céramique et les cartons préparatoires de son panneau envoyé à l’Exposition universelle.

 

Marie Bracquemond, la reconnaissance de son talent

De ces années datent les plus célèbres des tableaux de Marie Bracquemond. Le Goûter, Sur la terrasse de la villa Brancas et Trois femmes aux ombrelles figurent parmi ceux-ci. Sur son tableau Sous la lampe, peint en 1887, la peintre représente ses amis intimes Marie-Louise et Alfred Sisley. Le couple est éclairé par une lampe à gaz, permettant des effets de lumières soignés. Le critique Gustave Geffroy écrit à ce propos, dans la préface de l’exposition posthume de l’artiste à la galerie Bernheim : « le combat gradué de la flamme qui vient de surgir et du jour qui lutte encore et s’éloigne est merveilleusement exprimé ». On y décèle l’influence des impressionnistes, cette fois dans une scène de la vie quotidienne d’intérieur. La femme se tient de dos, au premier plan, couvée du regard par son époux au second plan, au centre du tableau. Des dessins de Marie Bracquemond sont publiés dans le journal La Vie moderne durant un an, jusqu’en 1880. Tous les tableaux de Marie Bracquemond sont antérieurs à l’année 1890. L’artiste aurait cessé de peindre à cette période, pour des raisons incertaines. De santé fragile, elle n’en aurait plus eu la force. Le caractère jaloux de Félix Bracquemond ne serait pas non plus étranger à cette décision. Marie Bracquemond décède en 1916, à Paris, deux ans après la mort de son mari.

Cote de la peintre Marie Bracquemond sur le marché de l'art

Ces dernières années, les tableaux de Marie Bracquemond sont rares dans les ventes aux enchères. Beaucoup appartiennent à des collectionneurs privés. Seuls quatre tableaux ont été adjugés en 2021. Ils ont été vendus entre 900 euros et 18 000 euros. En effet, l’huile sur toile Sur la terrasse à Sèvres a été cédée pour 900 euros tandis que Femme lisant a été adjugée à 17 500 euros. Le tableau Jeune fille allongée sous un pommier en fleurs a été vendu à 17 000 euros. Le Portrait du professeur Demons a quant à lui obtenu 2 000 euros pour sa vente. Les dessins de Marie Bracquemond ne sont pas plus nombreux sur le marché de l’art. En 2016, La Cueillette des fleurs, réalisé au crayon sur papier, a été adjugé à 1 000 euros, prix au marteau. Vous souhaitez faire expertiser un tableau de Marie Bracquemond et recevoir son estimation. Remplissez votre demande via notre formulaire en cliquant ici. Faites estimer une peinture de Marie Bracquemond en quelques clics et recevez une réponse sous quelques jours. C’est gratuit et totalement confidentiel.

(Illus.) Marie Bracquemond, Sous la lampe (Sisley et sa femme dînant chez les Braquemond à Sèvres), 1887

Reconnaître la signature de Marie Bracquemond

Reconnaître la signature de Marie Bracquemond est essentiel pour authentifier les œuvres de cette artiste majeure, longtemps méconnue, de l’impressionnisme. Bracquemond signe généralement ses peintures et dessins de son nom complet « M. Bracquemond » ou « Marie Bracquemond » ou encore  ces initiales « Marie.B », souvent placé en bas à droite, avec une écriture fine, légèrement inclinée et élégante. Sur des œuvres emblématiques comme La Jeune Fille au voile ou Sur la terrasse à Sèvres, la signature apparaît discrète, tracée dans une teinte sombre — brun ou noir — afin de se fondre dans l’harmonie lumineuse de la composition. Dans certaines études et feuilles préparatoires, l’artiste utilise un simple « Bracquemond » rédigé au crayon, parfois accompagné d’une date, pratique observée notamment dans ses dessins conservés au Musée du Louvre et dans diverses collections particulières. Comme ses œuvres sont rares et très recherchées, la présence d’une signature authentique joue un rôle déterminant dans la valeur de marché. Face aux attributions incertaines ou aux signatures apocryphes, faire vérifier une œuvre de Marie Bracquemond par un expert spécialisé demeure indispensable. Sur Estimon’Objet, nos spécialistes vous accompagnent dans l’identification, l’authentification et l’estimation de vos œuvres signées Bracquemond, qu’il s’agisse d’une peinture, d’un pastel ou d’un dessin.

Signature Marie Bracquemond
Expertise signature Marie Bracquemond

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Estimation gratuite Lavinia Fontana

Lavinia Fontana

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Estimation et cote de l'artiste Lavinia Fontana

Peintre italienne, Lavinia Fontana est considérée comme une pionnière dans l’émancipation féminine. Portraitiste recherchée, l’artiste peint également des scènes mythologiques et religieuses. Découvrez l’histoire de Lavinia Fontana et ses œuvres maniéristes. Besoin d’une expertise gratuite et en ligne ? C’est sur Estimon’objet !

Estimation gratuite Lavinia Fontana

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Les débuts de l’artiste italienne Lavinia Fontana

Rares sont les peintres féminines à s’imposer artistiquement au XVIe siècle. Les femmes devaient se contenter de peindre pour leur loisir, sans songer à vivre de leur art. Peu importait leur talent. Lavinia Fontana fait figure d’exception, parmi quelques autres dont Sofonisba Anguissola. Lavinia Fontana (1552 – 1614) est née en Italie, à Bologne. Son père, le peintre maniériste Prospero Fontana, lui apprend les techniques de la peinture dans son atelier. La jeune fille se révèle particulièrement douée. Par l’intermédiaire paternel, Lavinia Fontana reçoit des commandes de portraits de notables. À vingt-cinq ans, déjà établie, elle épouse le peintre Gian Paolo Zappi. Celui-ci délaisse alors la peinture pour devenir l’assistant de sa femme. Le couple aura onze enfants. Seulement trois survivront.

Lavinia Fontana, portraitiste féminine reconnue au XVIe siècle

Par la finesse de ses tableaux, Lavinia Fontana impose sa position de portraitiste affirmée. Des demandes affluent de la part de la bourgeoisie, mais aussi d’humanistes. Dans ses toiles, les dames sont sublimées. Leurs coiffures, leurs bijoux et leurs vêtements ornés de dentelles sont peints avec une grande minutie. Vers 1594, Lavinia Fontana exécute le portrait de Tognina Gonsalvus. Cette dernière, encore enfant, souffre d’hypertrichose congénitale qui a pour effet de recouvrir sa peau d’une pilosité excessive. Lavinia Fontana représente son modèle avec douceur. Elle la peint vêtue de riches habits : collerette garnie de perles, soie de la robe, boutons précieux. Ces ornements raffinés contrastent avec la peau velue. Lavinia Fontana fait ressortir les mains potelées et le regard tendre de la fillette.

Son Autoportrait à l’épinette, peint en 1577, accroit sa réputation. Lavinia Fontana s’y représente vêtue d’une robe délicate, au col perlé. Ses mains sont posées sur l’instrument, ce qui montre l’intérêt de la jeune femme pour les arts. Une servante, en arrière-plan, lui présente une partition. De même, le Portrait de Bianca degli Utili Maselli, tenant un chien et entourée de six de ses enfants, peint avant 1614, démontre le savoir-faire de la peintre. Dans ce portrait de famille, tous les personnages sont habillés avec le même riche tissu. Collier de perles, collerettes en dentelle et objets précieux sont représentés finement, avec un soin méticuleux apporté aux détails.

Les tableaux mythologiques et les scènes religieuses de Lavinia Fontana

Lavinia Fontana ne se cantonne pas aux portraits. Elle réalise également des scènes mythologiques. Contre les bonnes mœurs qui réservaient ces thèmes aux hommes, Lavinia Fontana peint des nus féminins, d’après des modèles vivants. En 1595, Lavinia Fontana réalise Mars et Vénus. Dans cette toile remarquable, le dieu, seulement vêtu d’un pagne, pose une main audacieuse sur les fesses nues de Vénus, représentée de dos, sa tête tournée vers le spectateur. Son tableau Minerve en train de s’habiller, peint en 1613, est également un modèle du genre.

Lavinia Fontana représente aussi des scènes religieuses. En 1589, elle exécute le retable Sainte Famille pour le palais de l’Escorial, à Madrid. Le pape Grégoire XIII, sensible à ses productions, lui accorde alors sa protection. Lavinia Fontana brossera son portrait. En 1600, l’artiste réalise la Vision de saint Hyacinthe pour l’église Sainte-Sabine de Rome. Ce tableau religieux, aux couleurs vives et contrastées, est une commande du cardinal d’Ascoli. Il déclenche des hostilités. Une demande de cette envergure n’est généralement pas attribuée à une femme. Suivront d’importantes commandes de la part du clergé et de l’aristocratie. En 1604, Lavinia Fontana est nommée peintre de cour à Rome par le pape Clément VIII. Elle devient ensuite membre de l’Académie des Beaux-Arts à Rome. L’artiste décède à soixante-et-un ans, en 1614, à Rome.

Estimations des tableaux de l’artiste Lavinia Fontana

En 2023, le fameux Portrait de Tognina Gonsalvus peint par Lavinia Fontana, représentant la fillette atteinte d’hypertrichose, a battu des records. Sur le marché de l’art, la toile a atteint le prix de 1 250 000 euros pour sa vente, dépassant de loin les sommes auparavant acquises. En effet, les tableaux de l’artiste n’avaient pas atteint les 200 000 euros. En 2015, le Portrait d’un jeune homme à sa table a cependant été vendu pour 170 000 euros. En 2020, l’huile sur cuivre Madone du Silence a été adjugée pour 190 000 euros. En 2021, le Portrait en pied d’un jeune garçon avec son chien a été vendu à 130 000 euros. Le Portrait de Bianca Lucia Aliprandi, née Crivelli, a quant à lui été cédé pour 117 642 euros. L’année suivante, le tableau religieux intitulé L’Annonciation a été acquis pour la somme de 34 874 euros. Plus récemment encore, en 2023, deux miniatures en vis-à-vis, représentant un gentilhomme à perles et une dame en collerette blanche, ont été vendues à 13 881 euros.

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(Illus.) Lavinia Fontana, Portrait de Bianca degli Utili Maselli, tenant un chien et entourée de six de ses enfants, Avant 1614

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Estimation gratuite Louise Bourgeois

Louise Bourgeois

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Estimation et cote de l'artiste Louise Bourgeois

De sa vie, Louise Bourgeois en tire une œuvre troublante, parfois oppressante. L’artiste se sert de ses souvenirs, de ses émotions et de ses anxiétés pour créer des installations. Araignées monumentales, sculptures phalliques et cellules grillagées s’imposent pour aborder les thèmes de l’enfance, de la maternité et de la sexualité. Découvrez l’histoire de Louise Bourgeois et ses œuvres contemporaines. Besoin d’une expertise gratuite et en ligne ? C’est sur Estimon’objet !

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L’enfance perturbée de Louise Bourgeois

Les événements de la vie de Louise Bourgeois imprègnent sa production. En s’exprimant, l’artiste tente de surmonter ses traumatismes. En effet, Louise Bourgeois a été profondément marquée par les infidélités de son père, et par son caractère autoritaire. L’amour fusionnel maternel l’a protégée. De cette enfance perturbée, l’artiste tire les fils de ses obsessions artistiques. Dès ses dix ans, Louise aide sa mère dans son atelier de restauration à Choisy-le-Roi, puis à Antony. Elle redessine les motifs abimés des tapisseries, contribuant à leur réparation. Son père tient une galerie parisienne.

En 1932, quand sa mère décède d’une longue maladie, Louise Bourgeois n’a que vingt ans. La jeune fille suit des cours dans diverses institutions, dont les Beaux-Arts, la Grande Chaumière et l’École du Louvre. Elle rencontre Fernand Léger, qui l’influencera dans la poursuite de la sculpture. Pour l’heure, Louise Bourgeois peint, dessine et grave. En 1938, elle fait la connaissance de l’historien d’art américain Robert Goldwater, qu’elle épouse. Le couple s’installe à New York.

Les œuvres de Louise Bourgeois

Dès ses premières œuvres, le thème de la « femme-maison » apparait dans le travail de Louise Bourgeois. Le corps féminin se transforme en maison, symbole du foyer, de l’enfance, du refuge. L’artiste réalise ensuite des totems sculptés en bois, qu’elle expose en 1949 à la Peridot Gallery. Chacun représente un personnage, lui rappelant les êtres chers restés en France. La sculptrice maîtrise les techniques du bronze, du marbre et du plâtre. Son père meurt en 1951. Ce décès marque le début d’une longue psychanalyse, dont l’artiste se sert dans ses œuvres. Les sculptures prennent des formes rondes, phalliques. La figure paternelle est amputée, martyrisée, comme une tentative d’apaiser son passé. En 1974, un an après la mort de son mari, Louise Bourgeois expose son installation macabre intitulée La Destruction du père. Le titre en révèle le sujet, très présent dans son travail. Dans un espace tamisé sont installées des formes organiques, laissant imaginer un repas de famille horrifique. Le travail de Louise Bourgeois, tranchant par sa violence, est amplement reconnu aux États-Unis. Le Museum of Modern Art de New York lui consacre une rétrospective en 1982. L’artiste représente son pays d’adoption à la Biennale de Venise en 1993.

Louise Bourgeois ne cesse de s’intéresser à ses souvenirs. Elle tente de réparer son passé comme sa mère reprisait les tapisseries. La figure maternelle est d’ailleurs évoquée dans la plupart des œuvres, symbolisée par une araignée. Elle est présente dans des sculptures, mais aussi dans de nombreux dessins et textes. L’araignée évoque la mère par sa fonction de tisser sa toile. Pour Louise Bourgeois, l’animal protège, il construit et file la maison. Ses longues pattes servent d’abri comme dans les sculptures monumentales où le spectateur peut y trouver refuge. Ambivalente, l’araignée suscite pourtant des frayeurs au commun des mortels. Avec Cellules, Louise Bourgeois développe une série d’installations. Des cages bâties avec des portes, des fenêtres ou des grilles enserrent des objets et des œuvres symboliques. L’artiste revient sur des passages de sa vie. L’angoisse, les peurs et les douleurs y sont matérialisées. Autrice d’une œuvre puissante, Louise Bourgeois ne cesse de créer, de se renouveler. Elle traite ses thèmes de prédilection en employant des matériaux, des formes et des aspects toujours inventifs et personnels. Elle décède à quatre-vingt-dix-huit ans, en 2010.

Estimations des sculptures et des dessins de l’artiste Louise Bourgeois

La cote de Louise Bourgeois grimpe régulièrement. Les exemplaires de ses araignées monumentales s’arrachent dans les foires d’art contemporain. En 2023, la statue Spider, réalisée en bronze, a été vendue à plus de 26 millions d’euros. La même année, The Worm a été adjugée à 289 228 euros tandis que Nature Study, en porcelaine, était vendue pour le prix de 521 530 euros. Les sculptures sont généralement estimées entre 200 euros, pour un petit objet, à 38 millions d’euros pour une araignée de grande taille.
Concernant les estampes, elles sont plus fréquentes sur le marché de l’art. L’album He disappeared into complete silence (Il disparut dans un silence complet) est vendu 341 754 euros en 2018. Récemment, en 2023, l’eau-forte Paris Review a été acquise pour 10 446 euros. Les dessins peuvent se vendre jusqu’à 1 million d’euros. En 2023, la gouache sur papier intitulée Les Fleurs a été adjugée pour 969 076 euros. L’encre My Secret Life est vendue 330 194 euros en 2017.
Les peintures de Louise Bourgeois sont rares dans les salles de vente. L’un des prix les plus élevés a été atteint en 2014 avec New Orleans. Cette huile sur papier a été adjugée à 422 298 euros. En 2020, Sans titre, techniques mixtes, a été cédé pour 199 237 euros.

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(Illus.) Louise Bourgeois, Maman, 2008, Musée Guggenheim, Bilbao
© Fernando Pascullo

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Estimation gratuite Mary Cassatt

Mary Cassatt

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Estimation et cote de l'artiste Mary Cassatt

Mary Cassatt illustre la maternité de manière touchante et inédite dans ses peintures et ses gravures. Influencée par le mouvement impressionniste et le japonisme, l’artiste brosse le portrait de la femme moderne. Découvrez l’histoire de Mary Cassatt et ses peintures impressionnistes. Besoin d’une expertise gratuite et en ligne ? C’est sur Estimon’objet !

Estimation gratuite Mary Cassatt

Prix des œuvres de Mary Cassatt

  • Peinture (huile sur toile, huile sur panneau) : entre 500 € et plus de 7 500 000 €

  • Pastel, aquarelle, dessin (crayon, fusain, sanguine, grandes feuilles et études préparatoires) : entre 200 € et 1 500 000 €

  • Estampe, eau-forte, pointe sèche, burin, lithographie (tirages d’atelier, éditions) : entre 30 € et 50 000 €

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De Pittsburgh à Paris, les années d’apprentissage de Mary Cassatt

Bien qu’Américaine née à Pittsburgh, Mary Cassatt (1844 – 1826) bâtit sa carrière en France. Robert Cassatt, son père d’origine française, est banquier et fonde une société d’investissement. Sa mère, Katherine Johnston, aime la culture française. Mary Cassatt a alors l’occasion de voyager en Europe dès son enfance. Attirée par les arts, elle suit des cours à la Pennsylvania Academy of the Fine Arts. Elle décide de poursuivre son apprentissage à Paris, auprès de Charles Chaplin et Jean-Léon Gérôme. En Europe, elle étudie les chefs-d’œuvre de la peinture dans les musées. De Rome, elle voyage jusqu’à Madrid, puis Anvers, s’émerveillant devant les tableaux du Corrège et de Rubens. Mary Cassart participe au Salon de peinture et de sculpture de Paris en 1868, avec son tableau La Joueuse de mandoline. En 1874, elle présente au Salon son Portrait de madame Cordier, dit aussi Ida. Cette toile interpelle le peintre Edgar Degas. Les deux artistes nouent une profonde relation d’amitié.

Mary Cassatt, femme impressionniste américaine

Influencée par Edgar Degas et ses amis, Mary Cassatt affirme peu à peu son style. Elle éclaircit sa palette, tout en travaillant ses effets de lumière. La peintre s’épanouit dans l’art du portrait. Ses modèles féminins sont saisis à coups de pinceau vifs dans leur vie quotidienne. En 1879, Mary Cassatt présente certains de ses tableaux et de ses dessins à la quatrième exposition des impressionnistes. Son huile sur toile Femme dans une loge y est remarquée. Elle représente le portrait d’une femme moderne, cultivée et bourgeoise, dans une loge de théâtre. Parmi les autres toiles figurent celles de Félix et Marie Bracquemond, Edgard Degas, Camille Pissaro ou encore Claude Monet. Mary Cassatt se tourne vers des scènes plus intimistes. Elle introduit des enfants, personnages qui lui sont chers et dont elle brossera fréquemment le portrait. Son tableau Petite fille dans un fauteuil bleu, peint en 1878, montre une enfant avachie sur son siège. À ses côtés, dans un fauteuil identique, dort un petit chien. La fille se détache du tissu floral bleu par sa peau et sa robe blanche. La composition est audacieuse. C’est à cette période que le galeriste Paul Durand-Ruel s’intéresse aux œuvres de la peintre. Par la suite, il lui consacrera plusieurs expositions personnelles à Paris, en 1891 et 1893, puis à New York en 1895 et en 1898.

La peintre, graveuse et illustratrice Mary Cassatt

Émerveillée par les estampes japonaises, Mary Cassatt s’essaie à différentes techniques. Outre la peinture, elle maitrise le pastel, l’eau-forte et la gravure à la taille-douce. En 1891, elle réalise notamment Femme à sa toilette et Le Bain, à la pointe sèche et l’aquatinte sur papier. Ces scènes intimes, issues de la vie quotidienne, sont réalisées avec des couleurs en aplat, dans une douce harmonie. Les formes sont simplifiées. Les traits sont fins, formant un dessin élégant. Les femmes et les enfants sont au centre de ses préoccupations esthétiques. En 1893, Mary Cassatt envoie à l’Exposition universelle de Chicago un panneau ayant pour thème La Femme moderne. Mary Cassatt contribue également à diffuser la peinture européenne sur ses terres natales. Elle conseille à moult reprises des mécènes américains pour l’achat de toiles dans leur collection. En 1904, l’artiste est décorée de la Légion d’honneur. Atteinte de cataracte, elle cesse de peindre en 1914. Elle décède douze ans plus tard, en 1926.

Estimations des tableaux de la peintre Mary Cassatt

Si les estampes de Mary Cassatt se vendent fréquemment, ses tableaux sont particulièrement recherchés sur le marché de l’art. Leur valeur est estimée entre 15 000 euros et plus de 5 millions d’euros. En 2018, Enfants jouant avec un chien a été adjugé à 3 528 900 euros. Cette toile constitue l’un des plus fameux exemples du thème de la maternité traité par l’artiste. En 2021, les tableaux Bébé Charles regardant par-dessus l’épaule de sa mère et Jeune fille en noir se sont respectivement vendus à 1 064 589 euros et à 110 000 euros. Les prix des estampes de Mary Cassatt varient. Ses gravures à la pointe sèche se vendent à partir de 200 euros. La Cueillette des fruits a cependant été cédée pour 172 796 euros en 2022. Quant aux dessins et aux aquarelles de l’artiste, ils sont estimés entre 100 et 5 millions d’euros. En 2022, Jeune femme dans une loge regardant vers la droite a battu des records puisque ce dessin a été adjugé à 6 324 309 euros. L’année suivante, le pastel Mère Jeanne allaitant son enfant a été acquis pour 11 342 euros. Vous souhaitez faire expertiser un tableau de Mary Cassatt et recevoir son estimation. Remplissez votre demande via notre formulaire en cliquant ici. Faites estimer une peinture de Mary Cassatt en quelques clics et recevez une réponse sous quelques jours. C’est gratuit et totalement confidentiel.

(Illus.) Mary Cassatt, The Child’s Bath (La Toilette de l’enfant), 1893
 

Reconnaître la signature de Mary Cassatt

Reconnaître la signature de Mary Cassatt est essentiel pour authentifier une œuvre de cette grande figure de l’impressionnisme américain. L’artiste signe la plupart de ses peintures, pastels et estampes de son nom complet « Mary Cassatt », généralement placé en bas à droite, dans une écriture lisible et régulière. Sur certaines toiles emblématiques, comme The Child’s Bath (1893) ou Young Mother Sewing (1900), la signature apparaît discrète, souvent en ocre ou en brun, intégrée harmonieusement aux tons doux caractéristiques de son œuvre. Dans ses estampes japonisantes des années 1890 — par exemple The Letter ou The Coiffure — Cassatt signe parfois au crayon dans la marge inférieure, avec une graphie plus fine, accompagnée du numéro de tirage sur les épreuves de qualité. Sur ses pastels tardifs, on retrouve parfois un simple « Cassatt », tracé au fusain ou au pastel sombre. Face à un marché où circulent de nombreuses épreuves posthumes ou signatures ajoutées, faire vérifier l’authenticité d’une signature de Mary Cassatt par un expert qualifié reste indispensable. Sur Estimon’Objet, nos spécialistes vous accompagnent dans l’identification, l’authentification et l’estimation de vos œuvres signées Mary Cassatt, qu’il s’agisse d’un pastel, d’une huile ou d’une estampe.

Signature Mary Cassatt
Expertise signature Mary Cassatt

En lien avec Mary Cassatt

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Estimation gratuite Marie-Guillemine Benoist

Marie-Guillemine Benoist

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Estimation et cote de l'artiste Marie-Guillemine Benoist

Osant s’affranchir des règles académiques de son temps, Marie-Guillemine Benoist (1768 – 1826) est non seulement une portraitiste et une peintre de scènes de genre, mais aussi d’histoire. Parmi d’autres, son tableau Portrait de Madeleine est un chef d’œuvre marquant de l’histoire de l’art. Découvrez l’histoire de Marie-Guillemeine Benoist et ses peintures néoclassiques. Besoin d’une expertise gratuite et en ligne ? C’est sur Estimon’objet !

Estimation gratuite Marie-Guillemine Benoist

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Chez Élisabeth Vigée Le Brun et Jacques-Louis David, l’apprentissage artistique de Marie-Guillemine Benoist

Née Laville-Leroux, Marie-Guillemine Benoist – ou Marie-Guihelmine – est issue d’une famille de la petite noblesse. Son père René Le Roulx de la Ville, dit Delaville-Leroulx, est administrateur. Il a également été brièvement ministre des Contributions et des Revenus publics, puis consul de France à Rotterdam. Marie-Guillemine grandit à Paris avec ses deux sœurs. Comme les jeunes filles de son milieu, et comme sa sœur Marie-Elisabeth-Charlotte, elle étudie la peinture. Sa formation débute en 1781, à treize ans, avec Élisabeth Vigée Le Brun, la peintre officielle de la reine Marie-Antoinette. 

Cinq ans plus tard, alors âgée de dix-huit ans, elle poursuit son apprentissage avec le peintre néoclassique Jacques-Louis David. Les œuvres de ses deux maîtres, si différentes dans leur exécution, influencent son travail. Du rococo léger d’Élisabeth Vigée Le Brun avec ses portraits flatteurs et délicats, elle étudie la rigueur néoclassique de Jacques-Louis David. Dès 1784, elle présente à l’Exposition de la jeunesse un portrait de son père. Deux ans plus tard, à cette même exposition, son tableau Autoportrait copiant le Bélisaire et l’enfant à mi-corps de David rend hommage à ses deux professeurs par son traité pictural.

L’engagement féministe de la peintre Marie-Guillemine Benoist

Le talent de Marie-Guillemine ne tarde pas à être reconnu. En 1791, le Salon de la peinture et de la sculpture vient de s’ouvrir à tous les peintres, même à ceux qui ne sont pas admis à l’Académie. Âgée de vingt-trois ans, Marie-Guillemine Benoist y expose deux peintures d’histoire, un genre habituellement réservé aux hommes. L’Innocence entre la vertu et le vice y est remarquable. Ici, c’est la femme qui fuit le vice, représenté par un jeune homme, et non l’inverse. Marie-Guillemine Benoist exposera régulièrement aux salons jusqu’en 1812. Marie-Guillemine se marie avec le banquier et diplomate Pierre-Vincent Benoist, dit Benoist d’Angers, en 1793. Le couple aura trois enfants. Royaliste, son mari doit se cacher durant la période de la Terreur. C’est alors Marie-Guillemine Benoist qui finance les besoins de la famille. Devant rester discrète, elle effectue des portraits et des scènes de genre, délaissant la peinture d’histoire. Finalement, Pierre-Vincent Benoist revient sur le devant de la scène politique, et la peintre expose à nouveau au Salon. Son Portrait du député Belley séduit les visiteurs.

En 1800, Marie-Guillemine Benoist présente une œuvre des plus audacieuses pour l’époque. Avec son Portrait de Madeleine, alors intitulé Portrait d’une négresse, l’artiste veut attirer l’attention du public. Elle montre une femme à la peau noire, seule sur un fond neutre, de face. Celle-ci est la première dans l’histoire de la peinture à être représentée dans une pose identique à celles des femmes de la haute société. Marie-Guillemine Benoist, qui s’affirme en tant que femme peintre, met en valeur la domestique guadeloupéenne. Vêtu d’une robe et d’un turban blancs, contrastant avec sa peau noire, le sujet à la poitrine dénudée interroge le spectateur. En 1794, soit six ans avant la réalisation de ce tableau, avait été décrété l’abolition de l’esclavage. Marie-Guillemine Benoist se sert de la peinture comme un manifeste politique. À la suite de cette exposition, elle obtient une bourse du gouvernement. Elle fonde alors une école d’art pour les femmes.

La reconnaissance, puis l’effacement artistique de Marie-Guillemine Benoist

Reconnue et estimée, Marie-Guillemine Benoist reçoit des commandes de l’Empereur. Elle peint le Portrait de Napoléon Ier en 1803. D’autres portraits de sa famille suivront. L’artiste se voit décerner une médaille d’or au Salon de 1804 pour son œuvre. Vers 1806, elle achève son tableau Le Sommeil de l’Enfance et celui de la vieillesse, émouvant portrait d’une vieille dame et d’un très jeune enfant. Si la renommée de Marie-Guillemine Benoist ne cesse de grandir, celle de son mari également. Pierre-Vincent Benoist est promu conseiller d’État en 1814. Cette activité politique impose à Marie-Guillemine Benoist d’interrompre son travail de peintre. À contrecœur, l’artiste cesse d’exercer sa profession. Une seule œuvre est exécutée à une date postérieure. La Vierge à l’Enfant, réalisée pour la cathédrale d’Angers, est peinte en 1821. Marie-Guillemine Benoist décède en 1826.

Estimations des tableaux de la peintre Marie-Guillemine Benoist

Les peintures de Marie-Guillemine Benoist sont assez rares sur le marché de l’art. Ces dernières années, l’huile sur toile Les Adieux de Psyché à sa famille a cependant établi un record. En 2020, ce tableau a été acheté par le Fine Arts Museums de San Francisco pour la somme de 292 000 euros au marteau. D’autres peintures sont apparues, attribuées à Marie-Guillemine Benoist. En 2021, le Portrait d’une dame, probablement madame de Reiset d’Arques, en Sappho, a été vendu pour 29 000 euros. En 2023, Femme en robe blanche dans la campagne a été cédé pour 16 000 euros. Quant au Portrait de femme au manchon, il a été vendu 3 200 euros en 2016. Les dessins de Marie-Guillemine Benoist sont également peu fréquents dans les ventes aux enchères. En 2019, Portrait de jeune fille assisse, réalisé au crayon sur papier, a été vendu pour 1 000 euros.

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(Illus.) Marie-Guillemine Benoist, Portrait de Madeleine, 1800

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Estimation gratuite Rosalba Carriera

Rosalba Carriera

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Estimation et cote de l'artiste Rosalba Carriera

Artiste vénitienne du XVIIe siècle, Rosalba Carriera remporte un succès international grâce à ses miniatures et à ses portraits au pastel. Rococo, ses œuvres fines et délicates sont recherchées par la monarchie et l’aristocratie. Découvrez l’histoire de Rosalba Carriera et ses œuvres rococo. Besoin d’une expertise gratuite et en ligne ? C’est sur Estimon’objet !

Estimation gratuite Rosalba Carriera

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Des tabatières aux miniatures, le parcours artistique de Rosalba Carriera

Rosalba Carriera est née en 1675, à Chioggia, près de Venise. Fille d’Andréa Carriera de Costantino, greffier, et d’Alba di Angelo Foresti, brodeuse, elle est issue d’un milieu très modeste. Pourtant, comme dans les classes sociales plus aisées que la sienne, sa famille pratique la musique, la peinture et autres arts. Rosalba Carriera débute comme dentellière. Aimant le dessin, elle se plaît à représenter des sujets minutieux, certainement influencée par le miniaturiste Jean Stève. Elle aurait étudié dans l’atelier du graveur et peintre Giuseppe Diamanti.

L’usage du tabac à priser étant répandu, Rosalba Carriera illustre des tabatières, un travail minutieux. Elle est l’une des premières à pratiquer la tempera sur de l’ivoire. Cette activité la rend bientôt célèbre. Ses boîtes à tabac sont convoitées, notamment par les étrangers de passage en Italie. Rosalba Carriera se spécialise alors dans les miniatures. En 1703, Rosalba Carriera s’essaie avec brio à la technique du pastel. Elle veut travailler vite. L’artiste innove en dessinant directement sur le papier avec ses couleurs, sans tracer au préalable une esquisse. Cette technique lui permet de donner de la spontanéité à ses pastels. Elle exécute son premier portrait pour le collectionneur Anton Maria Zanetti. À trente ans, la jeune artiste est reçue à l’Académie de Saint-Luc à Rome. Sa notoriété se propage en Europe. Ses portraits raffinés, minutieux et délicats, charment les cours royales et aristocratiques.

Les portraits rococo en pastel de Rosalba Carriera

Courtisée par les amateurs d’art, Rosalba Carriera se rend à la cour de Düsseldorf. En 1715, Rosalba Carriera reçoit à Venise la visite de Pierre Crozat, un marchand d’art français. Séduit par ses œuvres, celui-ci la convainc de venir à Paris. Elle s’y rend cinq ans plus tard, et va éblouir l’Europe.
À Paris, Rosalba Carriera est accompagnée par sa mère et sa sœur Giovanna, qui l’assiste. Le peintre Gian Antonio Pellegrini, marié à son autre sœur Angela, séjourne dans la capitale et l’aurait aidée dans ses commandes.

Rosalba Carriera fréquente les artistes Antoine Coypel, Nicolas de Largillière et Hyacinthe Rigaud, entre autres. Elle reçoit dans son salon, envoûtant son auditoire par sa pratique du violon. Surtout, elle ne cesse de travailler. Ses compositions délicates, aux couleurs fines, sont flatteuses pour ses sujets. Elles plaisent aux aristocrates. Parmi d’autres, elle réalise le portrait d’Antoine Watteau, du Régent, et même du jeune Louis XV. Les commandes affluent. Très estimée, Rosalba Carriera instaure la popularité du pastel. Elle influence artistiquement les peintres Maurice Quentin de la Tour ou encore François Boucher. Sa rapidité d’exécution, avec ses coups de pinceau spontanés, ses effets de lumières soignés et la minutie apportée aux costumes, lui valent le respect de ses pairs comme du public.


En 1721, Rosalba Carriera retourne en Italie. L’année suivante, elle est admise à l’Académie royale de peinture et de sculpture de Paris. De Modène en 1723, à la cour d’Autriche quelques années plus tard, Rosalba Carriera voyage afin brosser le portrait de personnalités. En 1730, elle enseigne le dessin à l’impératrice Marie-Amélie, à Vienne. Elle en fait le portrait. Charles VI, empereur du Saint-Empire romain germanique, lui commande plus de cent cinquante pastels. À partir de 1746, affaiblie, Rosalba Carriera devient aveugle. Elle s’isole, et meurt en 1757, à quatre-vingt-deux ans.

Estimations des tableaux de l’artiste Rosalba Carriera

Sur le marché de l’art, les dessins et les aquarelles de Rosalba Carriera apparaissent plus fréquemment que ses miniatures. Leurs prix sont estimés entre 1 500 et 750 000 euros. En 2023, le Portrait de Joseph Spence, un pastel sur papier, a été adjugé pour 220 176 euros. En 2020, le Portrait d’une jeune dame, Allégorie de l’été et Portrait d’une dame, Allégorie de l’automne, remportaient respectivement les sommes de 82 186 euros et 54 790 euros pour leurs ventes. Ces prix figurent parmi les plus importants ces dernières années, avec le Portrait d’un gentilhomme qui s’est vendu à 55 000 euros en 2016.

Quant aux miniatures de Rosalba Carriera, elles sont cédées à des prix inférieurs. En 2018, le Portrait d’une dame tenant une flûte s’est tout de même vendu à 78 606 euros. La même année, son Allégorie de la peinture a été achetée pour 26 950 euros. Le Portrait d’un gentilhomme, vendu en 2019, a été adjugé pour la somme de 15 611 euros. Récemment, d’autres œuvres ont été adjugées à des prix inférieurs à 5 000 euros. En 2023, Jeune femme couronnée de fleurs devant un miroir a été acheté pour 3 000 euros. Deux ans plus tôt, en 2021, le Portrait d’une dame tenant un lapin a été vendu à 1 496 euros, prix au marteau.

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(Illus.) Rosalba Carriera, Autoportrait, 1730 ou 1731

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Estimation gratuite Marie-Gabrielle Capet

Marie-Gabrielle Capet

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Estimation et cote de l'artiste Marie-Gabrielle Capet

Réputée pour ses miniatures et ses pastels, Marie-Gabrielle Capet a exécuté des portraits fins et délicats de la société parisienne. Élève de la peintre Adélaïde Labille-Guiard, elle en est la protégée, la consœur et la confidente. Découvrez l’histoire de Marie-Gabrielle Capet et ses œuvres néoclassiques. Besoin d’une expertise gratuite et en ligne ? C’est sur Estimon’objet !

Estimation gratuite Marie-Gabrielle Capet

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Marie-Gabrielle Capet, brillante élève de la peintre Adélaïde Labille-Guiard

Le parcours de Marie-Gabrielle Capet demeure atypique. Née en 1761, à Lyon, Marie-Gabrielle Capet est issue d’une famille très modeste. Son père, Henry Cappet, exerce le métier de domestique. Sa mère, Marie Blanc, est servante. De Lyon où elle est née jusqu’à son arrivée à Paris, son enfance et sa jeunesse restent mystérieuses. En 1781, Marie-Gabrielle Capet expose un dessin à l’Exposition de la jeunesse, une « tête expressive en trois couleurs ». Elle est alors élève dans l’atelier d’Adélaïde Labille-Guiard. Cette dernière est connue non seulement pour sa peinture et ses pastels, mais aussi pour son engagement en faveur de la place des femmes dans l’art. Académicienne, elle tente d’y faire admettre ses consœurs sans limitation de place. Elle fonde un atelier féminin pour les former dans l’apprentissage artistique. Marie-Gabrielle Capet s’y distingue par ses talents, devenant l’amie de sa maîtresse en peinture. Elle loge chez Adélaïde Labille-Guiard.

Les miniatures de l’artiste Marie-Gabrielle Capet

En 1782, Marie-Gabrielle Capet présente des pastels à l’Exposition de la jeunesse. L’année suivante, elle se perfectionne dans la technique de la peinture à l’huile. Elle expose des autoportraits. L’un d’eux, réalisé en 1783, la représente fière et sûre d’elle, regardant le spectateur. Pinceau à la main, la jeune femme affirme sa situation d’artiste. L’exécution de la robe bleue à la dentelle fine et son nœud élégant dans les cheveux démontre sa maîtrise des textures. En 1785, Adélaïde Labille-Guiard, alors reçue à l’Académie de peinture et de sculpture de Paris, réalise son tableau Autoportrait avec deux élèves. 

Marie-Gabrielle Capet figure en compagnie de Marie-Marguerite Carreaux de Rosemond. Bénéficiant de la notoriété de sa professeure, et dotée d’un talent certain, Marie-Gabrielle Capet reçoit des commandes de portraits. Elle représente des personnalités artistiques et de la noblesse comme le révérend Père Moisset ou le comte des Sources. Sa popularité continue de s’accroitre. En 1787, elle dessine Adélaïde, Victoire et Élisabeth de France. En 1788, elle exécute une miniature de Buffon. Les critiques sont gratifiantes, l’encourageant à poursuivre.

La Révolution éclate. Marie-Gabrielle Capet peint toujours ses miniatures, qu’elle expose régulièrement au Salon du Louvre. Elle maîtrise le pastel comme la peinture à l’huile, en accordant un soin particulier aux étoffes et aux matières. Ses personnages sont réalistes et expressifs. Son talent se voit récompensé par une mention honorable au Salon de 1801. Elle y présente une miniature représentant le sculpteur Jean-Antoine Houdon, travaillant au buste de Voltaire. Elle copie également des œuvres d’Adélaïde Labille-Guiard.

L’atelier de madame Vincent par Marie-Gabrielle Capet

En 1808, Marie-Gabrielle Capet réalise une peinture à l’huile d’envergure. Elle y rend hommage à sa professeure Adélaïde Labille-Guiard, décédée en 1803. Sa toile représente l’atelier de madame Vincent, qui n’est autre qu’Adélaïde Labille-Guiard désignée par son nom marital. Celle-ci est assise en train de peindre Joseph-Marie Vien en tenue d’apparat. Le peintre François-André Vincent, son mari, se penche sur son épaule, paraissant lui prodiguer quelques conseils. L’auteure du tableau se tient derrière elle, fidèle assistante préparant sa palette. 

Figurent ensuite des amis du couple, en majorité des hommes. La seule autre femme est la peintre Marie-Thérèse Reboul, dite madame Vien (la femme du peintre). La toile revendique la place de la femme en tant qu’artiste, malgré tout chapeautée par son mari. Marie-Gabrielle Capet s’essaie à la peinture d’histoire. Son tableau mythologique représente la déesse de la santé, Hygie. Depuis son arrivée à Paris, elle réside chez le couple Labille-Vincent, et prend soin d’eux jusqu’à leur décès. Marie-Gabrielle Capet meurt à cinquante-sept ans, en 1818, deux ans après la mort de François-André Vincent.

 

Estimations des tableaux de l’artiste Marie-Gabrielle Capet

Ces dernières années, les miniatures de Marie-Gabrielle Capet se sont vendues entre 350 euros et plus de 130 000 euros. Le Portrait de jeune femme, en buste de face, en costume de voyage a été acheté au prix minime en 2016. C’est Le Portrait de la baronne Dannery tenant son fils Jean Germain Samuel dans ses bras qui a atteint la somme de 135 000 euros en 2013. Récemment, en 2022, le Portrait d’homme à la redingote marron a été vendu pour 11 800 euros. Celui d’un gentleman a été cédé pour 7 248 euros en 2019. L’année précédente, le portrait de la célèbre peintre et maître de la jeune fille Adélaïde Labille-Guiard avait été vendu pour le prix de 4 267 euros.

Les peintures de Marie-Gabrielle Capet peuvent également dépasser les 10 000 euros pour leur vente. En 2017, le Portrait de François-André Vincent a été vendu à 12 000 euros. Le Portrait présumé du sous-lieutenant Jules Adolphe Pallière a quant à lui été acheté à 11 500 euros. Les dessins et les aquarelles sont peu présents sur le marché de l’art. L’Allégorie d’un poète, exécuté à la pierre noire, s’est vendue 9 743 euros en 2022. Une Allégorie de la peinture, d’après François-André Vincent, également à la pierre noire, a été cédée à 850 euros l’année précédente.

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(Illus.) Marie-Gabrielle Capet, Autoportrait, 1783

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Estimation gratuite Harriet Backer

Harriet Backer

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Estimation et cote de l'artiste Harriet Backer

Peintre scandinave d’importance, Harriet Backer brille par l’exécution de ses scènes d’intérieur et de ses paysages lumineux. Influencée par l’impressionnisme, l’artiste soigne les détails dans ses peintures, les effets de la lumière et les expressions de ses personnages. Découvrez l’histoire d’Harriet Backer et ses peintures impressionnistes. Besoin d’une expertise gratuite et en ligne ? C’est sur Estimon’objet !

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Les débuts artistiques de la peintre Harriet Backer

D’une famille plutôt aisée, Harriet Backer (1845 – 1932) vit avec ses parents et ses trois sœurs à Holmestrand, une petite ville de Norvège. Son père est marchand. L’intérêt pour les arts est manifeste dans la famille. Les quatre filles sont encouragées à pratiquer une activité artistique. Harriet Backer a une prédilection pour le dessin et la peinture tandis qu’Inga chante, Margrethe peint et leur sœur cadette Agathe joue du piano.

En 1856, la famille Backer déménage à Christiana (renommée Oslo en 1924). À quinze ans, Harriet Backer suit des cours dans l’école d’art privée de Johann Fredrik Eckerberg. Cet artiste est renommé pour ses peintures de paysages. Sa sœur Agathe progresse au piano. Elle devient si talentueuse qu’elle voyage en Europe pour se perfectionner et, enfin, se produire sur scène. La jeune Harriet Backer l’accompagne et en profite pour visiter les musées dans chaque pays visité. Elle copie notamment les œuvres des maîtres italiens.

Harriet Backer suit des cours à Christiania quand elle y réside, entre deux tournées. Elle est l’élève du peintre norvégien Knud Bergslien, qui la marque particulièrement. Son tableau Lille Rødhette (Petit Chaperon rouge) date de cette période. Une grand-mère y confectionne un bonnet, d’un rouge éclatant, à sa petite-fille. Les couleurs sont sombres, hormis ce chaperon quasiment au centre du tableau. Les détails sont travaillés, donnant à cette scène de vie quotidienne un grand réalisme. Les expressions sont fidèles, notamment le regard attendri de la vieille dame.

La formation approfondie d’Harriet Backer sous le tutorat de divers peintres

L’apprentissage d’Harriet Backer se poursuit en 1874 à Munich, où la peintre reçoit les leçons du norvégien Eilif Peterssen. Elle y rencontre l’artiste Kitty Kielland, avec qui elle noue une relation d’amitié profonde. En 1878, elle réalise son tableau Avskjeden (L’Adieu) représentant une jeune fille quittant le foyer familial. Dans la salle à manger, typique d’un intérieur bourgeois scandinave, la demoiselle pose une main sur l’épaule de son père, tandis que sa mère se détourne pour pleurer. Cette scène intime a été peinte peu après le décès du père d’Harriet Backer. L’artiste refuse de regagner son domicile afin d’aider sa mère. Harriet Backer fait le choix de persévérer dans son art. Elle part s’installer à Paris.

Harriet Backer, artiste féminine au Salon de peinture de Paris

Harriet Backer continue son apprentissage de la peinture. Elle s’inscrit à l’atelier de madame Trélat de Vigny et y reçoit les enseignements de Léon Bonnat et de Jean-Léon Gérôme. Sensible au mouvement impressionniste, elle s’applique dans le traitement de la lumière sur ses toiles. Elle choisit avec soin sa palette lumineuse. En 1880, Harriet Backer propose Solitude au Salon de peinture et de sculpture. Ce tableau représente un intérieur hollandais. Une jeune fille, habillée de noir en signe de deuil, est attablée seule, face à une fenêtre diffusant la lumière. La toile procure une « impression triste, recueillie, pénétrante, que la simplicité grave et sincère de l’exécution fait admirablement valoir » peut-on lire dans Le Livre d’or du Salon, rédigé en 1880 par Georges Lafenestre. Admirée, la toile reçoit une mention honorable.
Les scènes d’intérieur, avec la représentation d’une personne seule, se multiplient. L’huile sur toile Chez moi, peinte en 1887, en est un autre exemple. Elle reçoit la médaille d’argent à l’Exposition universelle de Paris en 1889.

Outre ses scènes de vie quotidienne, Harriet Backer réalise également des paysages, notamment de son pays où elle séjourne chaque été. Huit ans plus tard, en 1888, elle retourne en Norvège, à Sandvika située non loin de Christiania. Elle y peint des intérieurs, comme Barnedåp i Tanum kirke (Baptême dans l’église de Tanum) qu’elle envoie à l’Exposition universelle de Chicago. En parallèle à sa pratique, elle fonde une école de peinture, prodiguant alors de précieux conseils à de jeunes artistes. Les peintres norvégiens Borghild Arnesen ou Harald Oscar Sohlberg figurent parmi ses élèves. En 1908, Harriet Backer reçoit la médaille en or du mérite du roi. Elle est membre de l’Académie royale des Beaux-Arts de Stockholm en 1925. Elle décède en 1932, à quatre-vingt-sept ans.

Estimations des tableaux de la peintre Harriet Backer

Lumineuses et sensibles, les œuvres d’Harriet Backer sont appréciées sur le marché de l’art. Certaines de ses toiles ont dépassé le prix de 200 000 euros pour leur vente. C’est le cas de l’huile sur toile intitulée From Sandvikselven (La Rivière Sandvik). Elle a été vendue 269 500 euros en 2014. La même année, le tableau Pinseaften (Pentecôte) a été adjugé pour 159 510 euros. Plus récemment, en 2023, l’œuvre De Kvalbein a été cédée pour 63 819 euros tandis qu’en 2018 Lavendler (Lavande) était vendu pour 51 683 euros. Les œuvres les moins chères se vendent approximativement à 10 000 euros. Den Barmhjertige Samaritan (Le Bon Samaritain, une copie d’après Rembrandt) s’est vendu 10 340 euros en 2018. L’huile sur toile Mussik (Musique) a seulement atteint la somme de 13 699 euros pour sa vente la même année.

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(Illus.) Harriet Backer, Chez moi, 1887

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Eva Bonnier

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Estimation et cote de l'artiste Eva Bonnier

Figure importante de la peinture suédoise à la fin de XIXe siècle, Eva Bonnier capte les sensibilités dans ses portraits délicats. La peintre s’illustre en maîtrisant les reflets de la lumière dans des scènes d’intérieur. Découvrez l’histoire d’Eva Bonnier et ses portraits réalistes. Besoin d’une expertise gratuite et en ligne ? C’est sur Estimon’objet !

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L’apprentissage artistique à Stockholm de la peintre suédoise Eva Bonnier

Engagée et intense est la vie d’Eva Fredrika Bonnier. Née à Stockholm en 1837, elle décède à cinquante-et-un ans, par suicide ou par accident, à Copenhague en 1909. Sa vie durant, elle n’a cessé de défendre et de promulguer les arts. Eva Bonnier est élevée dans un milieu culturel aisé. Son père, Albert Bonnier, dirige l’entreprise Albert Bonniers förlag, l’une des plus grandes maisons d’édition du pays. La jeune femme suit des cours d’art avec le portraitiste Arvid Gottfrid Virgin, spécialisé dans les scènes de genre de la vie paysanne. 

À dix-huit ans, elle continue ses leçons dans une école d’art privée, avec le peintre et illustrateur suédois August Malmström. Celui-ci s’inspire de la mythologie nordique dans ses peintures. En 1878, Eve Bonnier entre à l’Académie royale des beaux-arts de Stockholm, dans la section réservée aux femmes. Elle y fréquente Hanna Hirsch, qu’elle a rencontré à l’école de peinture d’August Malmström.

Les années parisiennes de l’artiste Eva Bonnier

En 1883, Eva Bonnier et Hanna Hirsch décident de découvrir la vie artistique parisienne. Les deux jeunes femmes s’installent dans le quartier Montparnasse, à proximité de l’Académie Colarossi où elles étudient. C’est une époque foisonnante. Pendant cinq ans, jusqu’à son retour à Stockholm, Eve Bonnier produit un grand nombre d’œuvres. Elle est l’élève des peintres Pascal Dagnan-Bouveret et Gustave Courtois. À Paris, Eva Bonnier participe à la vie artistique. Elle peint beaucoup, et elle expose aux salons parisiens, dont ceux organisés par l’Association artistique suédoise. Elle fréquente l’artiste Per Hasselberg avec qui elle se fiance. Leur relation est compliquée et prend fin en 1893. À la mort du peintre en 1894, Eva Bonnier adopte alors la fille illégitime de celui-ci.

C’est en 1886 qu’Eva Bonnier exécute son tableau Interior of a Studio in Paris (Intérieur d’atelier). La lumière naturelle bleutée éclaire le buste sculpté d’un jeune garçon. Les couleurs sont harmonieuses, claires. Les touches rapides révèlent l’intérêt pour l’impressionnisme qui se développe en France.
Eva Bonnier affectionne les portraits. Elle s’attache à représenter des scènes poignantes, dont la maladie. En 1887, elle expose au Salon de Paris son tableau Reflection in Blue (Réflexion en bleu). Une femme veille sur une malade, allongée dans son lit. Cette scène d’intérieur est pénétrée par la lumière, tout en nuance de bleus qui teintent les draps blancs. Le critique d’art Tor Hedberg, dans le Dictionnaire biographique suédois (1925), présente ses travaux comme « une peinture moderne en plein air appliquée à l’intérieur ». Son tableau Musik (Musique) reçoit une mention honorable à l’exposition universelle de 1889. La même année, Eva Bonnier retourne en Suède.

Eva Bonnier, de portraitiste à mécène

Dans son atelier de Stockholm, Eva Bonnier réalise des portraits fins et délicats. Son tableau La Gouvernante, portrait de la servante de la famille, et sa représentation du Dr Hjalmar Lundbohm en attestent. Eva Bonnier participe à l’Exposition universelle de Chicago en 1893 avec huit de ses œuvres. Elle se tourne vers l’artisanat et elle produit des objets tels des lampes et des miroirs. En 1900, Albert Bonnier décède, laissant à sa fille Eva une grande fortune. La peintre devient mécène. Elle soutient ses amis artistes, et notamment le peintre Herman Norman et le sculpteur Carl Eldh. Eva Bonnier se préoccupe également de la décoration des bâtiments publics à Stockholm. Elle finance des sculptures et des peintures murales. En 1909, Eva Bonnier se rend à Copenhague. Au cours de son séjour, elle tombe de sa fenêtre et en meurt. Souffrant de dépression, sa mort suscite des interrogations quant à savoir s’il s’agit d’un suicide ou non. Sa peinture, lumineuse et sensible, constitue un apport considérable dans l’art suédois.

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Les œuvres d’Eva Bonnier sont peu présentes sur le marché de l’art. Ces dernières années, leur prix de vente est établi approximativement entre 2 000 euros et 8 000 euros. En 2014, l’huile sur toile Midsommar a cependant atteint la somme de 11 329 euros. Elle avait été estimée entre 21 500 et 27 000 euros. Plusieurs de ses tableaux ont été vendus en 2018, notamment Sjalvportratt vid 18 ars alder (Autoportrait à dix-huit ans). Cette huile sur toile a été achetée pour le prix de 3 359 euros. Winter Scene (Scène d’hiver) a été acquise pour la somme de 883 euros. L’année précédente, l’huile sur bristol Gardsmotiv (Rideau) a été cédée pour 7 287 euros. En 2016, le tableau Café en Égypte a quant à lui été adjugé à 6 500 euros.

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(Illus.) Eva Bonnier Magdalena 1887

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