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Morris

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Estimation et cote de l'artiste Morris

Maurice De Bevere (1923 – 2001), dit Morris, est un auteur de bande dessinée belge. Il est l’un des rares dessinateurs de ce genre à s’être presque exclusivement consacré à une seule série, Lucky Luke, d’abord seul, puis avec René Goscinny au scénario au milieu des années 1950. À fort caractère humoristique, les aventures de « l’homme qui tire plus vite que son ombre » s’attachent à parodier les œuvres de western, mettant en scène des personnages emblématiques comme les frères Dalton et des figures historiques telles que Billy the Kid ou encore Calamity Jane. Lucky Luke connaît un grand succès, les albums de la série ayant été vendus à plus de 300 millions d’exemplaires. Durant sa carrière, Morris a ainsi pu dessiner 70 albums pour environ 3 000 planches. Découvrez ici l’histoire de Morris et ses œuvres emblématiques. Besoin d’une expertise Morris ? Contactez l’équipe d’Estimon’objet !

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L’enfance de Morris

Issu d’une famille bourgeoise, Morris possède un projecteur Pathé-Baby durant son enfance qui lui permet de visionner des films d’animation. Son goût pour le dessin s’affirme dès cette période : l’enfant prend plaisir à examiner image après image les mouvements saccadés de films comme Lonesome Luke (1917) et Félix le Chat (1919). À six ans, il découvre Tintin au pays des Soviets (1929) d’Hergé qui le passionne, au point qu’il redessine plusieurs fois l’album. À l’école primaire, il réalise ses propres créations sous forme de petits livres d’images. Il est sensible à la caricature et aux films d’animation américains qui connaissent une mutation dans les années 1930 avec l’apparition de la couleur et de la musique. C’est l’époque de Mickey et de Blanche-Neige et les sept nains des frères Disney, ainsi que des productions des frères Fleischer, comme Betty Boop et Popeye, que le jeune Morris apprécie tout particulièrement. Au collège, il dessine également des caricatures.

Le début de carrière de Morris dans le film d’animation

Cependant, dès 1940, la Belgique est sous occupation allemande, le divertissement américain est interdit. Mais si cet embargo est une malédiction pour le public, elle représente une occasion pour les dessinateurs belges de proposer leurs propres créations. Après une formation par correspondance de dessin animé, Morris rejoint en 1943 le studio d’animation la Compagnie belge d’actualités (CBA) en tant qu’encreur, où travaillent aussi comme dessinateurs de films d’animation Franquin, Peyo et Édouard Paape. En parallèle, il propose depuis la fin 1944 des dessins pour l’un des journaux des éditions Dupuis, Le Moustique.
À la Libération, les productions américaines sont à nouveau autorisées. La CBA est alors confrontée à la concurrence de nombreux dessins animés des célèbres réalisateurs Tex Avery, Chuck Jones ou encore Bob Clampett, ce qui provoque sa faillite.

L’affirmation du style de Morris dans le journal Spirou

En 1946, Morris, Franquin et Eddy Paape décident de se reconvertir dans la bande dessinée, un domaine qu’ils estiment être proche du film d’animation. Ils intègrent l’équipe des éditions Dupuis et se forment auprès du dessinateur Joseph Gillain, dit Jijé, qui produit l’essentiel du magazine destiné à la jeunesse : Spirou. Dès la fin des années 1946, Morris publie ses premières planches de Lucky Luke. Celles-ci témoignent d’une influence des dessins animés de Walt Disney et de Chuck Jones, mais aussi des bandes dessinées de Mickey réalisées par Floyd Gottfredson, un dessinateur de cinéma d’animation lui aussi reconverti dans ce domaine. Très marqué par Tintin au pays des Soviets, Morris reprend le principe de la ligne claire et nourrit un goût pour la lisibilité et l’épure. Ses structures sont géométriques et les perspectives maîtrisées. Le dessinateur ose innover. Appliquant à la bande dessinée ses compétences de dessinateur de films d’animation et s’inspirant des photographies instantanées d’Eadweard Muybridge, ses dessins décomposent le mouvement, ce qui est inédit à l’époque. À la différence de Franquin, il n’use pas d’effets pour signifier le dynamisme d’une action, mais utilise plutôt une grammaire corporelle maîtrisée. Il conçoit également de nouveaux types de cadrages, dessinant des cases qui occupent la moitié de la page ou des gros plans pour créer des effets cinématographiques.

La découverte des États-Unis par Morris, de 1949 à 1955

En 1949, Morris se rend aux États-Unis afin de s’imprégner de l’atmosphère des westerns et découvrir les méthodes de travail des auteurs américains. Il y fait la rencontre du scénariste de bande dessinée René Goscinny qui lui présente l’équipe du Mad Magazine. Ce journal satirique créé en 1952 s’applique à caricaturer tous les pans de la culture populaire américaine d’après-guerre : les super-héros, le cinéma hollywoodien, la publicité… Influencé par ce mensuel, Morris donne à partir de là une dimension plus parodique à Lucky Luke. La bande dessinée devient alors un véritable pastiche des westerns, reprenant les clichés du genre, citant des personnages célèbres pour les caricaturer. Des membres de l’équipe du Mad, il intègre certains aspects de leurs dessins comme les silhouettes longilignes et l’encrage caractéristiques de Jack Davis ainsi que les compositions géométriques d’Harvey Kurtzman. Son trait, jusqu’alors tout en rondeur, devient plus délié. L’humour de sa bande dessinée adopte également un ton incisif et absurde, Morris étant inspiré en particulier par le dessinateur Virgil Partch et le caricaturiste Al Hirschfeld.

La collaboration de Morris avec René Goscinny et l’âge d’or de Lucky Luke

De retour en Belgique, il propose à René Goscinny de lui écrire un scénario. Le style arrivé à maturité de Morris, couplé à l’humour visuel du célèbre scénariste, font de la bande dessinée Lucky Luke un véritable succès. Ensemble, ils publient leur premier album, Des Rails sur la prairie dans Spirou en 1955. Suivra une série prolifique jusqu’à la mort de Goscinny en 1977 : citons entre autres Les Cousins Dalton, Le Juge, Calimity Jane ou encore La Diligence. Par la suite, Morris choisit de travailler avec d’autres scénaristes.

La cote de Morris

Les ayants droit de Morris conservant ses originaux comme lui-même le faisait de son vivant, ses dessins sont extrêmement rares. En décembre 2023, pour les cent ans de la naissance de Morris, dix dessins originaux issus de la collection familiale ont néanmoins été mis en vente pour un total de 330 184 €. Les dessins de Morris présents sur le marché de l’art encrés et mis en couleur sont estimés entre 2 000 et 18 000 €. Les dessins dédicacés sont également mis en vente pour une estimation oscillant entre 100 et 300 €. L’estimation des albums en éditions originales dans un état neuf s’élève quant à elle à 200, voire 800 €. Les sérigraphies de Morris se vendent entre 100 et 250 €. Fort du succès du célèbre lonesome cowboy, les prix des dessins de Morris peuvent s’envoler. Ainsi, en 2022 s’est vendue à Bruxelles pour 70 327 € une des illustrations les plus connues de Lucky Luke et Jolly Jumper, une quatrième de couverture apparue pour la première fois dans Des Rails sur la prairie (1957), représentant le fidèle destrier léchant la cigarette de son maître. Vous souhaitez faire expertiser un dessin de Morris et recevoir son estimation ? Remplissez votre demande via notre formulaire en cliquant ici. Faites estimer un dessin de Morris en quelques clics et recevez une réponse sous quelques jours. C’est gratuit et totalement confidentiel !

(Illus.) Cartel : Lucky Luke, Morris

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André Franquin

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Estimation et cote de l'artiste André Franquin

André Franquin (1924-1997) est l’un des auteurs de bande dessinée franco-belge les plus influents, connu notamment pour ses séries Spirou et Fantasio, Gaston, Le Marsupilami et les Idées noires. Il se démarque par la qualité de son dessin, qui, dans des histoires pleines d’humour, décrit avec finesse les mouvements, les expressions et les détails de ses personnages. Découvrez ici l’histoire d’André Franquin et ses œuvres emblématiques. Besoin d’une expertise André Franquin ? Contactez l’équipe d’Estimon’objet !

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La carrière d’André Franquin : de Spirou à Gaston Lagaffe

André Franquin reçoit une éducation catholique plutôt rigide. Selon ses dires, son “désir de dessiner a été de pair avec son envie de rire”, sa famille étant peu encline à l’humour. Il commence à dessiner dans sa jeunesse des situations de petits accidents, puis des croquis d’après nature ou d’après photographies. Il lit beaucoup de bandes dessinées américaines d’avant-guerre, notamment Mickey et Robinson. Son père envisage pour lui une carrière d’ingénieur agronome, mais il intègre une école d’art en 1942.
Entraîné par son ami Morris, le futur dessinateur de Lucky Luke, André Franquin intègre en 1946 l’équipe du journal Spirou, dirigé par Charles Dupuis. C’est là qu’il se forme à l’art de la bande dessinée auprès du dessinateur Jijé (Jerry Spring, Blondin et Cirage). En reconnaissance de son travail, il se voit confier le personnage phare du journal, Spirou. Il s’applique à étoffer sa personnalité et son monde, créant le comte de Champignac et Fantasio. Dans les années 1950, Spirou connaît un grand succès. André Franquin imagine dans cette même période le Marsupilami, mammifère de la forêt de Palombie. 
C’est durant une période de travail au rythme soutenu, lors de laquelle Franquin doit produire une série de Spirou toutes les semaines, que lui vient l’idée de Gaston Lagaffe, personnage distrait, maladroit et paresseux. Le dessin représente alors pour Franquin l’occasion de se divertir, celui-ci pouvant apporter à son bureau toutes sortes d’objets afin d’y puiser son inspiration. Par ses maladresses, Gaston Lagaffe provoque autour de lui de l’énervement, mais aussi des sentiments tendres, notamment chez sa collègue, Mademoiselle Jeanne. Les bandes dessinées d’André Franquin sont ainsi empreintes d’une certaine candeur, le dessin étant pour lui une activité d’enfant. 
Cependant, si les œuvres de Franquin laissent transparaître de la légèreté, celles-ci sont le fruit d’une personnalité particulièrement exigeante et soucieuse.

Les Idées noires d’André Franquin

Face à ses doutes sur l’évolution du monde qui sont pour lui source d’angoisses, André Franquin dessine en 1977 Idées noires, un ensemble de gags au caractère sinistre, bien différents des récits humoristiques bon enfant qu’il avait l’habitude de produire. Celles-ci sont publiées dans Le Trombone illustré, un supplément du journal Spirou créé sous l’impulsion de Franquin et du scénariste Yvan Delporte. Ces pages proposent un humour impertinent dans un esprit plus adulte, cela en réaction à l’esthétique conventionnelle du journal Spirou qui est la même depuis trente ans. Les Idées noires sont également publiées dans Fluide Glacial, un mensuel de bande dessinée à l’humour provocateur et décalé. Les pages sont dépourvues de couleurs, donnant à voir des silhouettes et des ombres noires. La rupture se fait en particulier dans le style graphique de Franquin, le dessinateur utilisant pour cette série une plume particulièrement fine, lui permettant de donner à ses dessins un aspect miniaturiste et particulièrement fouillé. Ce travail long et minutieux s’inspire notamment de Guido Buzzelli, un auteur de bande dessinée italien, dont les pages en noir et blanc laissent à voir un dessin vif et détaillé.

Les gags, qui oscillent entre le rire et le désespoir, critiquent les corporations qu’André Franquin exècre : les militaires, les chasseurs, les capitalistes… Ces courtes histoires se déploient sur une page, exposant toute la violence et la cruauté de la psychologie humaine à travers des gags, desquels se dégage un fort pessimisme mais qui donnent néanmoins au lecteur l’envie d’en rire. Les Idées noires sont le reflet d’un auteur en proie à la dépression, rattrapé par de sombres pensées après des années de joyeuses productions. 
Dans les années 1980, l’état dépressif d’André Franquin le pousse à ralentir son rythme de production même s’il continue à mener quelques projets, en particulier pour Gaston. Le Marsupilami est repris par Luc Collin, avec qui il travaille en collaboration, lequel signe sous le pseudonyme de Batem.

Quelle est la cote d’André Franquin sur le marché de l’art ?

Les planches d’André Franquin sont ses œuvres qui se vendent le plus cher sur le marché de l’art. Leurs estimations sont comprises entre 8 000 et 100 000 €. En novembre 2023, une planche originale du tome Un Gaffeur sachant gaffer de la série Gaston représentant l’une des innombrables inventions explosives du personnage éponyme, a ainsi été estimée entre 60 000 et 70 000 €, pour atteindre un prix d’adjudication de 74 980 €. Les comics strips (des bandes dessinées de quelques cases) de Franquin sont estimés entre 4 000 et 12 000 €.  La valeur de ses dessins dépend en particulier de leur état de finition. Les croquis et les esquisses valent entre 400 et 1 200 €, les dessins les plus fins et expressifs entre 2 000 et 6 000 €. Les estimations peuvent néanmoins s’élever à 8 000 voire 20 000 € pour ses dessins les plus travaillés, encrés et mis en couleur. Les bandes dessinées de Franquin en édition originale se vendent sur le marché de l’art pour une estimation comprise entre 100 et 2 500 €. Quant aux sérigraphies, celles-ci sont estimées entre 100 et 1 500 €. La valeur de ces différents types de production est cependant susceptible de varier selon chaque œuvre. En 2019 avait été adjugée au prix de 190 800 € une couverture originale à l’encre de Chine de la série Spirou et Fantasio, représentant un éléphant accompagné du Marsupilami. Vous souhaitez faire expertiser un dessin d’André Franquin et recevoir son estimation ? Remplissez votre demande via notre formulaire en cliquant ici.  Faites estimer un dessin d’André Franquin en quelques clics et recevez une réponse sous quelques jours. C’est gratuit et totalement confidentiel !

(Illus.) Cartel : Gaston Lagaffe, André Franquin

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Estimation gratuite Philippe Druillet

Philippe Druillet

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Estimation et cote de l'artiste Philippe Druillet

Philippe Druillet est un dessinateur et scénariste de bande dessinée français, né le 28 juin 1944 à Toulouse. Considéré comme le maître de la science-fiction et un précurseur dans le domaine, il crée des œuvres empreintes d’un lyrisme sombre. Découvrez ici l’histoire de Philippe Druillet et ses œuvres emblématiques. Besoin d’une expertise Philippe Druillet ? Contactez l’équipe d’Estimon’objet !

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Les influences du jeune Druillet

Philippe Druillet naît en 1944 dans une famille de fascistes convaincus, son père étant le chef de la milice du Gers, à Auch. À la Libération, ils s’enfuient en Allemagne, où l’enfant, alors gravement malade, est soigné par l’écrivain et médecin Louis-Ferdinand Céline. Ce lourd héritage le pousse à écrire son autobiographie en 2014, publiée sous le nom de Délirium : il réalise alors que toute son œuvre cherchait à lui éviter de ressembler à son père. Il retourne en France après la mort de ce dernier en 1952. Durant sa jeunesse, le malaise qu’il ressent dans sa famille le pousse à trouver refuge dans la culture et dans les musées, qui ont, selon lui, été un moyen de se reconstruire. Philippe Druillet témoigne alors d’un goût prononcé pour le cinéma américain, la littérature de science-fiction, la musique classique et le rock, The Doors notamment. Il découvre également l’écrivain H. P. Lovecraft, qui l’a beaucoup inspiré dans son travail. À seize ans, il rencontre Jean Boullet pour qui il travaille en tant que photographe. Cet homme, grand collectionneur, amateur de cinéma, rockeur, peintre et sculpteur entre autres, lui fait découvrir un monde différent, empreint de science-fiction et de fantastique. Ensemble, ils étudient des films comme Dracula et King Kong afin d’en tirer des sources d’inspiration et collaborent pour le journal le Midi-Minuit Fantastique. 

La bande dessinée de Philippe Druillet

Dans les années 1960, Philippe Druillet dessine ses premières planches de bande dessinée en autodidacte. En 1968, il intègre l’équipe du journal Pilote, revue spécialisée dans l’humour et destinée à la jeunesse. Il y publie avec l’approbation de René Goscinny, rédacteur en chef du journal, sa bande dessinée de science-fiction Lone Sloane, dont les illustrations, inédites dans leur cadrage et leur dimension fantasmagorique, révolutionnent la bande dessinée française. Trop à l’étroit dans les cadres classiques des pages de Pilote, il participe en 1974 à la création du journal Métal Hurlant et de la maison d’édition Les Humanoïdes Associés avec Jean Giraud, Jean-Pierre Dionnet et Bernard Farkas. Leurs œuvres bousculent les standards de la bande dessinée, proposant un univers fantastique et spectaculaire, plus adulte. Ils connaissent un succès international, influencent les auteurs de Blade Runner, Alien, le Huitième passager, ou encore Tron. 

Des générations de dessinateurs ont été inspirées par leur travail. C’est dans cette période de grand succès que Philippe Druillet perd sa femme. Dévasté, il réalise en 1976 La Nuit en son hommage, qui sera selon lui son « requiem ». Dans un univers sombre où évoluent des bandes anarchistes au côté rock’n roll, il pointe l’inéluctabilité de la mort, thème alors inédit en bande dessinée. Cette œuvre, marquant un tournant dans le travail de l’artiste, connaît un grand succès. En 1980, il publie Salammbô, inspiré du roman de Gustave Flaubert. Il y mélange références à l’Antiquité et science-fiction pour livrer sa conception psychédélique de l’amour et de la guerre. Philippe Druillet a exercé de nombreux métiers : il a été photographe et sculpteur, a également réalisé des tapisseries. Il participe à l’élaboration du clip de musique Excalibur pour le chanteur William Sheller en 1990, ainsi qu’à la conception des décors de la série télévisée Les Rois maudits en 2005. En collaboration avec la cristallerie Daum, il crée des sculptures en verre.

Le style et l’héritage de Philippe Druillet

Le style de Philippe Druillet se caractérise par un trait fourmillant et une mise en page audacieuse. Son imaginaire fantastique est chargé de structures colossales qui surgissent du papier, de scènes où le fracas du combat retentit, où les personnages sont en proie à la colère et à l’agitation. Ses histoires nous emmènent au fond des abîmes pour nous en faire goûter tout le mystère. Si le maître de la science-fiction puise son inspiration essentiellement de Lovecraft, il se dit avoir également été influencé par Gustave Doré, Gustave Moreau et l’architecte Gaudi. Il a lui-même orienté Jean Giraud dans son évolution vers le fantastique, ainsi que Georges Lucas dans sa conception de Star Wars. Hans Ruedi Giger reconnaît son talent après la lecture des Six voyages de Lone Sloane (1972). La reconnaissance de Philippe Druillet a été confirmée en 1988 par le Grand prix d’Angoulême et par le Grand Prix national des arts graphiques en 1996.

La cote de Philippe Druillet

Philippe Druillet jouit d’une bonne cote, sa valeur augmentant depuis 2016. En 2017, il réalise un nouveau record avec la vente d’une planche de sa bande dessinée La Nuit, adjugée à 50 000 €. L’estimation de ses œuvres dépend notamment de leur nature. Les estampes ainsi que les dessins au crayon de couleur sont estimés entre 200 et 700 €, ses dessins à l’encre et en couleur entre 500 et 1 000 €. Les prix augmentent sensiblement pour ses peintures et ses planches, leurs estimations pouvant s’élever à plusieurs dizaines de milliers d’euros. En 2016, une autre planche de La Nuit avait été mise en vente à une estimation haute de 450 000 €. Vous souhaitez faire expertiser un dessin de Philippe Druillet et recevoir son estimation ? Remplissez votre demande via notre formulaire en cliquant ici. Faites estimer un dessin de Philippe Druillet en quelques clics et recevez une réponse sous quelques jours. C’est gratuit et totalement confidentiel !

(Illus.)Cartel : Démons et merveilles, Druillet, 1976

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Estimation gratuite Jean Giraud

Jean Giraud

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Estimation et cote de l'artiste Jean Giraud

Jean Giraud (1938 – 2012) est l’un des dessinateurs français de bande dessinée les plus éminents. D’abord dessinateur d’un style réaliste sous le nom de Giraud, il est l’un des premiers à proposer dans les années 1970 des univers fantastiques, souvent inspirés de la science-fiction, qu’il signe Moebius. Ce choix de nom souligne tous les paradoxes de son œuvre, en constante évolution et en quête de nouveaux univers. Découvrez ici l’histoire de Jean Giraud et ses œuvres emblématiques. Besoin d’une expertise Jean Giraud ? Contactez l’équipe d’Estimon’objet !

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Les débuts de Jean Giraud dans la bande dessinée

Jean Giraud est élevé par sa mère à Fontenay-sous-Bois, dans une famille plutôt modeste. Enclin à la mélancolie, comme il l’affirma plus tard, il trouve très tôt refuge dans le dessin. Dès son adolescence, il publie ses premières bandes dessinées dans différents magazines tels que Far West ou encore Fripounet et Marisette. Il s’adonne alors à la réalisation de westerns, mais aussi de dessins plutôt destinés à la jeunesse ou à un public féminin. À quinze ans, il vend sa première histoire de bande dessinée. À partir de là, il réalise des westerns, des dessins pour les jeunes enfants, les filles… Cela le conduit à intégrer à seize ans l’École supérieure des arts appliqués Duperré, qui est l’occasion pour lui de s’ouvrir davantage à la culture et notamment à la Nouvelle Vague, un cinéma en rupture avec les films traditionnels et mettant en avant des noms comme Godard, Truffaut, Belmondo. En 1955, il se rend au Mexique pour rejoindre sa mère qui s’y est mariée. Envisagé pour durer quelques semaines, son voyage se prolonge sur un an. Le jeune homme est alors particulièrement marqué par les paysages désertiques du pays, passant des heures à contempler l’espace plat à perte de vue, le ciel et le soleil qui lui ont, selon ses dires, « craqué l’âme ».

Ces horizons seront une source d’inspiration pour ses dessins, Jean Giraud aimant représenter des personnages évoluant au milieu de surfaces planes et uniformes. À Paris, il intègre en 1963 l’équipe de Pilote, journal spécialisé dans l’humour et destiné à la jeunesse. Il y rencontre Jean-Michel Charlier, scénariste belge et auteur de Spirou. Ensemble, ils commencent Blueberry, un western au grand succès. Cette bande dessinée se démarque par son personnage principal, le lieutenant Blueberry, pour lequel Jean Giraud s’est inspiré de Jean-Paul Belmondo. Il lui confère ainsi une charge d’animalité et de sexualité que les personnages de bande dessinée n’avaient pas jusqu’alors (à titre de comparaison, Tintin ne semble pas particulièrement sexué…).

La naissance de Moebius et de son style fantastique

Toujours membre de Pilote, Jean Giraud sent naître en lui des idées plus surréalistes et subversives qui ne s’inscrivent pas dans la ligne éditoriale de la revue.
Habité par le souvenir du Mexique, il y retourne en 1965. Il y fait une expérience très étrange sous substances hallucinogènes qui l’ouvre au monde de l’inconscient et du rêve.
De retour à Paris, il publie en 1973 La Déviation sous le pseudonyme de Moebius : l’histoire est celle d’un dessinateur qui emprunte une déviation dont la route le mène dans un monde parallèle. En rendant ainsi compte de son expérience avec les champignons hallucinogènes, Jean Giraud affirme son refus de demeurer dans une tradition et confirme son désir de faire entrer la bande dessinée dans un univers plus fantastique.

En 1974, Jean Giraud, l’auteur de bande dessinée Philippe Druillet, le scénariste Jean-Pierre Dionnet et l’homme d’affaire Bernard Farkas fondent Métal hurlant, magazine consacré à la science-fiction et rattaché à la maison d’édition Les Humanoïdes Associés. Très vite, cette revue s’affirme comme l’un des journaux majeurs de la presse adulte, révolutionnant le monde de l’édition à l’échelle internationale. En développant son lectorat adulte, la bande dessinée se pare d’effets visuels bien plus importants que ceux de la bande dessinée destinée à la jeunesse. Jean Giraud y publie notamment La Déviation, Le Bandard fou, Arzach et Le Garage hermétique, des œuvres qui constituent un accomplissement pour les inspirations fantastiques de l’artiste. Dans la même veine, il créera, plus tard, L’Incal, Le Monde d’Edena ou encore The Long Tomorrow.

Le succès de Jean Giraud

Le succès de Jean Giraud est tel qu’il obtient une reconnaissance internationale, des pays d’Europe jusqu’aux États-Unis et au Japon. Il participe ainsi à la préproduction de certains films de science-fiction, dont Dune en 1975 à la demande de Jodorowsky, mais qui n’aboutira pas et celle d’Alien, le huitième passager de Ridley Scott en 1979 ou encore celle de Tron en 1982. En 1988, il travaille également avec Stan Lee, le fondateur de Marvel Comics, sur une histoire autour du Surfer d’argent. Son style a marqué toute une génération de dessinateurs, allant de Mike Mignola, auteur de Hellboy, à Jim Lee (X-Men) ou encore Sylvain Despretz, son propre assistant, qui a réalisé en particulier des storyboards pour le film Gladiator de Ridley Scott et La Planète des singes de Tim Burton.

Docteur Gir et Mister Moebius

Philippe Druillet, cofondateur de la revue Métal hurlant, a pu dire à son sujet « qu’il a cherché partout une identité qu’il n’a jamais trouvée mais qu’il a explorée sans cesse ». Jean Giraud est en effet un dessinateur qui a su varier les styles. Sous le nom de Gir ou de Giraud, notamment pour la bande dessinée Blueberry, son trait est académique, ses univers réalistes et particulièrement détaillés. Ce style détonne avec celui signé Moebius, dont la ligne claire et épurée dessine des mondes fantastiques proches du rêve et de la science-fiction, dans lesquels l’espace négatif est privilégié. Certains de ses dessins sont néanmoins le fruit du mélange de ces styles, nous donnant à voir des œuvres d’une grande complexité.

La cote de Jean Giraud

Fort de sa grande renommée, Jean Giraud est l’un des artistes de bande dessinée dont les œuvres se vendent le mieux sur le marché de l’art. Ses sérigraphies sont estimées en moyenne entre 50 et 600 €, ses dessins entre 2 000 € et 30 000 €. L’un d’eux, Mystère Montrouge et petit soleil, s’est vendu à 36 000 € en 2018, en Belgique. Quant à ses planches, leur estimation est comprise entre 2 000 et 3 000 € pour les story board et entre 4 000 et 18 000 € pour les planches originales. En 2015, la planche originale n°42 de l’histoire Lac d’acide, a été adjugée au prix de 61 500 €. Vous souhaitez faire expertiser un dessin de Jean Giraud et recevoir son estimation ? Remplissez votre demande via notre formulaire en cliquant ici. Faites estimer un dessin de Jean Giraud en quelques clics et recevez une réponse sous quelques jours. C’est gratuit et totalement confidentiel !

(Illus.) Cartel : Starwatcher, Moebius, Casterman, Paris, 1992

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Estimation gratuite Jean-Claude Forest

Jean-Claude Forest

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Estimation et cote de l'artiste Jean-Claude Forest

Jean-Claude Forest a participé, par son œuvre, à désenclaver la bande dessinée du domaine enfantin et a contribué à sa reconnaissance comme un art à part entière et autonome. Son œuvre, connue pour l’élégance de son trait, le sex-appeal de ses héroïnes et la qualité littéraire de ses dialogues, ouvre la bande dessinée à un public adulte.Découvrez ici l’histoire de Forest et ses œuvres emblématiques.  Besoin d’une expertise Forest ? Contactez l’équipe d’Estimon’objet !  

Estimation gratuite Jean-Claude Forest

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Les débuts de Forest

Jean-Claude Forest est un auteur de bande dessinée français, né le 11 septembre 1930 et mort le 30 décembre 1998. Il signe sous le nom de Forest. Il souffre d’asthme dès son enfance et va développer une passion pour la lecture pour s’évader. Il est déscolarisé pendant une partie de son enfance et sa culture se compose principalement de la bande dessinée et de la littérature jeunesse. D’une part, il lit les romans d’aventures de Jules Verne, de Lewis Caroll et Boris Vian. D’autre part, il se nourrit de la bande dessinée américaine de l’Âge d’or, entre 1938 à 1954. Naturellement, il se lance dans la bande dessinée, alors qu’il rêve de faire du cinéma et de devenir écrivain, car c’est un domaine qu’il maîtrise dès le départ. Il fait ses études à l’École des Métiers d’Art de Paris et entre dans l’atelier de dessin animé. Forest publie ses premières planches de bande dessinée comique destinées à la jeunesse pour les récits complets des « Albums de Poche » : « Croquenoix l’Écureuil », dans la série Les Albums de Poche (Tom Clay Le Petit Cow-Boy) en 1948 et 1949, « Hippolyte et les diamants de Pésetas-City » en 1948 et « Le Vaisseau hanté » de la série Les Albums d’or aux éditions Élan en 1949. En 1949, il débute dans le magazine O.K. avec la publication de La Flèche noire entre mars et juin 1949. 

Forest commence sa carrière au moment où il n’est pas difficile de voir ses planches publiées, malgré une mauvaise reconnaissance du statut d’auteur qui n’est pas toujours mentionné. Il réussit à publier ses planches sans trop de peine auprès de divers éditeurs. Au début de sa carrière, Forest est influencé par les dessinateurs américains comme Milton Caniff, Nicholas Afonsky et Elzie Crisler Segar, créateur de Popeye. En 1951, il travaille pour Caméra 34, le bimensuel de poche des éditions Vaillant, un journal français hebdomadaire de sympathie communiste et l’un des plus renommés dans les journaux illustrés pour enfants. Entre 1951 et 1954, Forest dessine de nombreuses illustrations de romans mais aussi des courtes histoires d’une dizaine de pages pour lesquelles son nom n’est pas crédité. Forest se fait connaître par les illustrations des aventures de Charlot qui met en scène le protagoniste des films de Charlie Chaplin en 1952 chez Vaillant. Les cases de ses planches ont des bords arrondis pour donner l’impression d’une pellicule de cinéma. Il utilise le même procédé pour sa bande dessinée Le Copirit publiée dans le magazine Vaillant en 1952. Il y met en scène un animal imaginaire qui va inspirer Nikita Mandryka pour Le Concombre masqué en 1965.

L’affirmation de la bande dessinée pour adultes : ses premiers succès

Barbarella, héroïne libre qui renouvelle la place de la femme dans la bande dessinée. Sa première série à succès est nommée Barbarella, publiée dans V Magazine en 1962. Il met en scène une héroïne pulpeuse dans un univers de science-fiction débridé. Ce premier album mélange deux genres menacés par la censure : l’érotisme et la science-fiction. Barbarella est considérée comme provoquante, non pas pour son côté érotique mais plutôt parce que c’est un personnage libre.  Elle tranche radicalement avec le rôle de faire-valoir auquel la bande dessinée avait cantonné les personnages féminins jusque-là.  Barbarella est ensuite publiée en album aux éditions Losfeld en 1964. Malgré le scandale, Barbarella est une œuvre pionnière car elle amène la bande dessinée “pour adultes” dans un support, plus traditionnel, qui touche un nouveau lectorat. Elle échappe à tous les stéréotypes de la bande dessinée enfantine des années 1960. Barbarella va connaître une notoriété mondiale grâce au film de science-fiction mythique éponyme de 1968 de Roger Vadim avec l’actrice Jane Fonda. Le film est critiqué par Forest qui intente un procès, qu’il perd, contre son producteur, Dino de Laurentiis. L’action militante de Forest pour la reconnaissance de la bande dessinée. En 1962, Forest commence son action militante pour la reconnaissance de la bande dessinée. Il fonde avec Alain Resnais, Chris Marker et Francis Lacassin, le Club des bandes dessinées qui deviendra en 1964 le Centre d’Études des Littératures d’Expression Graphique (CELEG). Cette association ouvre le processus de légitimation de la bande dessinée comme art à part entière.

Hypocrite, tournant dans le style graphique de Forest

En 1971, Forest publie Hypocrite dans les pages du quotidien France-Soir, dans la même veine que Barbarella. Cette bande dessinée avant-gardiste ne fait pas l’unanimité auprès des amateurs de la bande dessinée franco-belge. Cette série constitue un tournant dans le style graphique de Forest. Alors que le dessin de Barbarella est marqué par l’esthétique des années 1960 et par son dessin anguleux et réaliste, il adopte ici un trait beaucoup plus souple, plus stylisé, qui se détache d’une certaine forme de réalisme. Hypocrite est aussi marqué par un usage de la couleur psychédélique qui pousse la tendance pop de l’œuvre de Forest. Forest est aussi un très bon dialoguiste. Il a un goût unique pour l’écriture et ses dialogues sont d’une qualité littéraire inattendue pour une bande dessinée, genre littéraire encore considéré comme pour enfants. Son texte est très travaillé, a un côté théâtral et manque de réalisme. Il joue aussi avec la typographie et le type de texte, à la fois dans les bulles et dans le texte de narration, avec des lettres capitales. L’écriture de Forest est la marque constitutive de son travail, montrant son ambition de devenir écrivain.

Le succès de Forest dans les années 1970

À partir des années 1970, Forest collabore avec toutes les revues d’avant-garde des années 1970 comme Fluide glacial, Métal hurlant et en particulier (À Suivre). En 1978, il collabore avec Jacques Tardi pour Ici Même. L’œuvre est écrite par Forest et dessinée par Tardi mais relève parfaitement de l’univers du scénariste. Histoire emblématique de 160 planches publiées dans le magazine (À Suivre), Forest innove une fois de plus en publiant un récit très long en bande dessinée. Avec Ici Même, la bande dessinée de Forest quitte définitivement la littérature pour enfants qui préfère les histoires courtes.

L’hommage à Jules Verne

En 1972, Forest rend hommage à Jules Verne avec sa série Mystérieuse matin, midi et soir dont les planches sont publiées dans Vaillant. Le roman L’Île Mystérieuse de Jules Verne paru en 1875 est “quasiment la bible” de Forest, il en fait l’adaptation. Le manque de présence féminine dérange Forest dès son enfance et l’introduction d’une femme dans son récit devient alors une nécessité. Forest s’efforce aussi de raconter ses histoires sur plusieurs plans afin de suggérer au lecteur un récit plus profond. C’est ce qu’il manquait, selon lui, à l’œuvre de Jules Verne. Après le succès des années 1970, Forest crée de moins en moins de bande dessinée jusqu’à sa mort en 1998, s’essayant au cinéma. En 1983, il est récompensé par le Grand Prix du Festival international de bande dessinée d’Angoulême pour l’ensemble de son œuvre.

Faire estimer gratuitement une oeuvre de Forest

Sur le marché de l’art, les planches de Forest sont régulièrement proposées à la vente. Particulièrement les planches de Barbarella, Copirit et Hypocrite, ses œuvres majeures. En 2023, la planche originale n°46 de Barbarella a été adjugée à 13 400 €. Vous souhaitez faire expertiser une œuvre de Forest et recevoir son estimation ? Remplissez votre demande via notre formulaire en ligne. Faites estimer une œuvre de Forest en quelques clics et recevez une réponse sous quelques jours. C’est gratuit et totalement confidentiel !

En lien avec Jean-Claude Forest

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Lambil

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Estimation et cote de l'artiste Lambil

Lambil est surtout connu pour être le dessinateur de la série de bande dessinée Les Tuniques Bleues, créée en 1968 en collaboration avec le scénariste Raoul Cauvin. Bien que Les Tuniques Bleues reste son travail le plus célèbre et le plus durable, Lambil a aussi réalisé la série Sandy et Hoppy. Tout au long de sa carrière, Lambil a reçu de nombreux prix et distinctions pour son travail dans le domaine de la bande dessinée. Son œuvre continue de divertir et d’inspirer les lecteurs à travers le monde, faisant de lui l’un des dessinateurs les plus appréciés de la bande dessinée franco-belge. Découvrez ici l’histoire de Lambil et ses œuvres emblématiques. Besoin d’une expertise Lambil ? Contactez l’équipe d’Estimon’objet !

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De dessinateur industriel à auteur de bande dessinée renommé  

Lambil, de son nom complet Willy Lambillotte, est né en 1936 à Tamines en Belgique. Il a forgé son talent artistique par une formation autodidacte avant de se lancer dans le monde de la bande dessinée. Lambil a notamment travaillé comme dessinateur industriel. Son parcours lui a permis d’acquérir une maîtrise technique qui transparaît dans ses dessins précis et détaillés. Il a alors développé une capacité à représenter des objets et des structures de manière réaliste, une compétence qui a certainement influencé son style graphique en bande dessinée. De plus, ce travail lui a permis de maîtriser les techniques de dessin et de perspective, des compétences essentielles pour créer des illustrations cohérentes et convaincantes. L’expérience en tant que dessinateur industriel a également contribué à forger la discipline et la persévérance de Lambil. Ce métier demande souvent de respecter des délais stricts et de produire un travail de qualité, ce qui s’est révélé essentiel dans le domaine exigeant de la bande dessinée. Lambil a ainsi pu appliquer cette dynamique de travail rigoureuse à sa pratique artistique, ce qui a sans aucun doute joué un rôle dans le succès de ses séries, notamment Les Tuniques Bleues. Lambil a puisé ses inspirations artistiques dans diverses sources tout au long de sa carrière. 

Parmi ses influences les plus marquantes figurent les grands maîtres de la bande dessinée franco-belge tels que Hergé et Franquin. Lambil a admiré le trait clair et précis de Hergé ainsi que son sens de la narration, des qualités qu’il a cherché à incorporer dans son propre travail. De même, l’humour et la vivacité des personnages de Franquin ont laissé une empreinte indélébile sur le style de Lambil, qui a également embrassé le dynamisme et la caricature dans ses dessins. Concernant son style artistique, Lambil utilise un trait clair et précis, qui donne à ses dessins une lisibilité et une netteté remarquables. Ses contours sont définis avec soin, ce qui permet aux détails et aux expressions faciales de ses personnages de ressortir. Les visages des personnages de Lambil sont particulièrement expressifs. Leurs expressions variées, qu’il s’agisse de joie, de colère, de surprise ou de tristesse, sont rendues avec finesse et subtilité, ce qui permet aux lecteurs de ressentir pleinement les émotions des personnages.

De plus, bien que son style soit largement humoristique, Lambil ne néglige pas les détails réalistes. Les décors, les costumes et les accessoires sont dessinés avec précision, ce qui confère à ses bandes dessinées une certaine crédibilité et une immersion dans l’univers qu’il crée. Les scènes d’action et les séquences dynamiques sont une autre caractéristique notable du style de Lambil. Il parvient à transmettre un sentiment de mouvement et de fluidité à travers son trait, rendant les moments d’action encore plus palpitants pour les lecteurs. En somme, le style de dessin de Willy Lambil est à la fois dynamique, expressif et plein d’humour, ce qui en fait une signature reconnaissable et appréciée par les fans de bande dessinée du monde entier : traduit en quinze langues avec plus de vingt millions d’albums vendus rien que pour Les Tuniques Bleues.

Le dessinateur derrière Les Tuniques Bleues 

Avec une telle conception, Bernard LORJOU s’oppose à l’idée de l’art pour l’art et devient un opposant farouche de l’art abstrait qui s’impose dans l’art contemporain de l’après-guerre. En 1948, il crée le groupe « L’Homme témoin de son temps » avec les artistes Paul Rebeyrolle, Gaston Sébire Michel Thompson, et Yvonne Mottet – également sa compagne. Le groupe se forme autour de la contestation de l’abstraction et de l’engagement des artistes envers les évènements historiques de leur temps. Dans sa peinture, ses dessins et ses gravures ou lithographies, Bernard Lorjou représente et dénonce des thèmes politiques et sociaux tels que la guerre, la pollution, la ségrégation raciale, l’invasion de l’Afghanistan ou encore l’épidémie du Sida. En parallèle, Bernard Lorjou fait également la part-belle, dans ses oeuvres, à des figures marginales, bien que plus classiques en histoire de l’art, telles que les arlequins, les saltimbanques ou encore les musiciens. Bernard Lorjou se laisse ainsi aller au plaisir de la peinture, ce que l’on retrouve dans ses nombreuses représentation de natures mortes. Car d’un point de vue stylistique, en effet, l’artiste se fait le maître des aplats de couleurs éclatantes et contrastées et des cernes marqués, des figures aux traits accentués et des compositions complexes, déstructurées et oniriques. Ce style si particulier à la peinture de Bernard Lorjou, et dans la peinture contemporaine, intensifie l’émotion véhiculée.

 

La cote de Lambil

La cote des bandes dessinées de Lambil, en particulier celles de la série Les Tuniques Bleue, est généralement assez stable et se situe aux alentours de plusieurs milliers d’euros. En tant que série emblématique de la bande dessinée franco-belge, elle continue de jouir d’une grande popularité auprès des collectionneurs et des fans, ce qui maintient la demande pour les albums originaux. Les premiers albums de la série, en particulier ceux des premières éditions, peuvent avoir une cote plus élevée en raison de leur rareté et de leur importance historique. Les albums signés par l’auteur ou comportant des dédicaces spéciales peuvent également être très prisés par les collectionneurs.
En 2023, la couverture originale du tome 16 des Tuniques Bleues, « Bronco Benny », signée à l’encre de Chine sur papier s’est vue adjugée 16 080 €.

Faire estimer gratuitement un dessin de Lambil

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(Illus.)Cartel : Fresque située en Belgique à Ottignies rue des Deux Ponts reprenant les fameux personnages des Tuniques Bleues

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Pierre Probst 

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Estimation et cote de l'artiste Pierre Probst

Vous possédez un dessin original de Pierre Probst, une illustration de Caroline, une couverture, une gouache ou un album ancien ? Estimon’Objet vous accompagne dans l’expertise et l’estimation de votre œuvre de Pierre Probst. Nos spécialistes étudient son authenticité probable, sa date de création, sa technique, son sujet et sa valeur sur le marché de l’art.

Estimation gratuite Pierre Probst

Prix des œuvres de Pierre Probst

  • Illustrations originales publiées de Caroline : de 1 500 à plus de 12 000 euros

  • Couvertures originales et doubles pages : de 3 000 à plus de 10 000 euros

  • Dessins, croquis et travaux publicitaires : de 100 à 2 000 euros

  • Albums anciens et éditions originales : de 5 à plus de 150 euros

Pour obtenir une première estimation d’un dessin de Pierre Probst, transmettez à Estimon’Objet des photographies nettes de l’œuvre dans son ensemble, du recto et du verso. Ajoutez des vues rapprochées de la signature, des inscriptions, des annotations éditoriales, des étiquettes et des éventuelles marques d’impression. Les dimensions, la technique employée, l’état de conservation ainsi que les informations relatives à la provenance sont également utiles. Si l’image a été publiée dans un album de Caroline, indiquez son titre et joignez si possible une photographie de la page correspondante.

Les spécialistes d’Estimon’Objet comparent ensuite l’œuvre aux créations documentées de l’artiste et aux résultats connus du marché. Cette étude permet d’en déterminer la nature, la période probable et la valeur indicative. Une estimation ne constitue toutefois pas, à elle seule, une authentification définitive : selon l’importance de la pièce, un examen physique et des recherches complémentaires peuvent être recommandés.

La cote de Pierre Probst sur le marché de l’art

La cote de Pierre Probst repose principalement sur ses illustrations originales destinées aux albums de Caroline. Les compositions publiées, facilement identifiables et mettant en scène Caroline avec plusieurs de ses compagnons figurent parmi les œuvres les plus recherchées. Les couvertures, les doubles pages panoramiques et les scènes particulièrement détaillées obtiennent généralement les meilleurs résultats.

Les collectionneurs apprécient aussi les œuvres associées aux albums historiques de la série, notamment les scènes de voyage, de vacances, de découverte de Paris ou d’exploration. La qualité graphique, la fraîcheur des couleurs et la présence de personnages emblématiques jouent un rôle déterminant.

La cote des illustrations originales de Caroline

Les illustrations originales sont le plus souvent exécutées à la gouache et au crayon sur papier ou carton. Certaines présentent également des collages et des indications destinées à la fabrication du livre.

Plusieurs résultats publics illustrent la valeur atteinte par ces œuvres :

  • En 2019, une illustration intitulée « Balade aux temps préhistoriques », publiée dans Caroline à travers les âges, a été adjugée 9 750 euros.
  • La même année, une composition intitulée « Camping au bord du lac », réalisée pour Les Vacances de Caroline, a atteint 8 450 euros.
  • Une illustration intitulée « En voiture ! », liée au premier album de la série, a été vendue 8 060 euros en 2019.
  • En 2025, une importante composition intitulée « Caroline en randonnée » a dépassé 12 000 euros, établissant l’un des résultats publics les plus élevés connus pour l’artiste.

Ces montants concernent des œuvres originales publiées. Ils ne doivent pas être appliqués automatiquement à un dessin non publié, à une étude préparatoire ou à une reproduction imprimée.

La cote des couvertures et doubles pages

Les couvertures originales de Pierre Probst sont particulièrement recherchées en raison de leur rareté et de leur place dans l’histoire éditoriale de Caroline. Une couverture présentant l’héroïne, plusieurs animaux et un décor immédiatement reconnaissable peut atteindre plusieurs milliers d’euros.

En 2019, une scène intitulée « Rencontre sur la banquise », utilisée pour la couverture de Caroline au Pôle Nord, a été adjugée 5 200 euros. Une couverture de Caroline et la galette des rois a atteint 3 250 euros, tout comme une composition préparée pour Caroline fait du cheval.

Les doubles pages richement composées sont également appréciées. Une vue de Notre-Dame de Paris a été vendue 5 460 euros, tandis qu’une scène représentant un vol au-dessus du Centre Pompidou a atteint 5 850 euros.

La cote des albums de Caroline

Les albums anciens de Caroline demeurent accessibles dans la majorité des cas. Leur valeur dépend de l’édition, de la date d’impression, de l’état de la couverture et du dos, de la présence de toutes les pages et d’une éventuelle dédicace de l’artiste.

Un album courant en état d’usage se négocie généralement pour quelques euros ou quelques dizaines d’euros. Une édition originale, un exemplaire particulièrement bien conservé ou un album enrichi d’un dessin dédicacé de Pierre Probst peut obtenir un prix supérieur. Il convient de distinguer ces livres des gouaches originales ayant servi à leur illustration.

Comment reconnaître un dessin de Pierre Probst ?

Le travail de Pierre Probst se reconnaît à son dessin lisible, à ses couleurs lumineuses et à son sens du mouvement. Ses personnages sont représentés avec des contours précis et des expressions immédiatement compréhensibles. Les compositions associent souvent une grande clarté narrative à de nombreux détails humoristiques.

Les illustrations de Caroline montrent fréquemment une jeune fille blonde vêtue d’une salopette rouge, accompagnée de ses huit amis : Pitou, Boum, Youpi, Pipo, Kid, Bobi, Pouf et Noiraud. Ces animaux anthropomorphes participent aux jeux, aux voyages et aux découvertes de l’héroïne.

Les œuvres originales sont généralement réalisées à la gouache, au crayon et au crayon de couleur sur papier fort. Des traces de crayon sous la couleur, des annotations de fabrication, des repères éditoriaux, des collages ou des marques laissées par le travail d’impression peuvent être observés.

Reconnaître la signature de Pierre Probst

La signature de Pierre Probst peut prendre la forme du nom « Pierre Probst » ou du seul patronyme « Probst », tracé de manière assez lisible. Elle peut être placée dans un angle de la composition ou apparaître au verso.

Toutefois, une partie des illustrations destinées à l’édition n’est pas signée sur le recto. Dans ce cas, l’identification repose sur la comparaison avec l’image publiée, les annotations éditoriales, la provenance et les caractéristiques matérielles de l’œuvre. Une signature seule ne suffit jamais à garantir l’authenticité d’un dessin.

Expertise Pierre Probst

Dessin de Pierre Probst : ce que regardent nos experts

Pour évaluer un original de Pierre Probst, les spécialistes d’Estimon’Objet recherchent en priorité une correspondance avec une illustration publiée. La présence d’un titre d’album, d’un numéro de page ou d’une annotation de l’éditeur peut aider à identifier précisément la composition.

La technique est également examinée avec attention. Les superpositions de gouache, le dessin préparatoire au crayon, les retouches et les éventuels collages permettent de distinguer une œuvre originale d’une impression. L’état du papier est essentiel : plis, déchirures, taches, jaunissement et anciennes restaurations peuvent influer sur la valeur.

Enfin, le sujet joue un rôle majeur. Une grande composition réunissant Caroline et ses animaux, une couverture ou une double page publiée bénéficie généralement d’une demande plus soutenue qu’une étude isolée ou un travail publicitaire non identifié.

Pierre Probst, le créateur de Caroline

Pierre Probst naît le 6 décembre 1913 à Mulhouse et suit une formation à l’École des beaux-arts de la ville. Il commence sa carrière dans le dessin textile et la publicité, réalisant notamment des affiches, des étiquettes, des calendriers et différents travaux graphiques. Cette expérience lui permet de développer un style précis, coloré et immédiatement accessible.

Après la Seconde Guerre mondiale, il s’oriente vers l’illustration jeunesse et collabore avec les éditions Hachette. En 1953 paraît Une fête chez Caroline, premier album consacré à la jeune héroïne blonde et à ses huit animaux. Le succès conduit à la publication de plus de quarante aventures, dans lesquelles Caroline voyage, pratique différents métiers et découvre de nouveaux environnements.

Pierre Probst illustre également d’autres personnages, parmi lesquels Fanfan et Tim et Poum, mais Caroline reste sa création la plus célèbre. Les albums ont été diffusés à plusieurs millions d’exemplaires et traduits dans de nombreux pays. L’artiste meurt le 12 avril 2007 à Suresnes, laissant une œuvre devenue emblématique de l’illustration jeunesse française.

La valeur d’un dessin de Pierre Probst dépend moins de sa seule signature que de son contexte éditorial. Avant toute démarche, recherchez l’album dans lequel l’illustration pourrait avoir été publiée. Une correspondance exacte avec une couverture, une pleine page ou une double page peut modifier sensiblement son estimation. Évitez également de nettoyer, de décoller ou de restaurer l’œuvre sans avis professionnel. Les annotations, les collages et même certaines marques de fabrication constituent des informations importantes pour l’expertise.

Vous souhaitez connaître la valeur d’une illustration de Caroline, d’un dessin, d’une couverture originale ou d’un album ancien ? Estimon’Objet vous propose une première étude confidentielle à partir de vos photographies et des informations disponibles. Grâce à son réseau de spécialistes et à sa connaissance du marché, Estimon’Objet est votre partenaire privilégié pour l’expertise et l’estimation des objets d’art et de collection. Notre équipe vous accompagne dans l’identification de votre œuvre, l’analyse de sa cote et le choix de la solution la plus adaptée à votre projet.

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Yves Chaland

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Estimation et cote de l'artiste Yves Chaland

Yves Chaland est le talent regretté de la bande dessinée française. Auteur prometteur, sa mort soudaine a privé les lecteurs de nombreuses séries riches en second degré et en ironie. Partagé entre la France et la Belgique, il a participé à relancer le style de Ligne claire dans les années 1980, avec Ted Benoit, Serge Clerc et Floc’h tout en étant l’héritier du style atome, opposé à la Ligne claire et associé aux auteurs du journal Spirou. Yves Chaland réinterprète si bien les personnages iconiques de l’école franco-belge qu’il mériterait presque la double nationalité. Découvrez ici l’histoire de Yves Chaland et ses œuvres emblématiques. Besoin d’une expertise Yves Chaland ? Contactez l’équipe d’Estimon’objet !

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Yves Chaland, prodige de la bande dessinée française

Yves Chaland est un auteur de bande dessinée français, né le 3 avril 1957 et mort le 18 juillet 1990. Il passe son enfance dans le sud-ouest de la France et est initié très tôt à la bande dessinée par le biais de son parrain qui possède une importante collection d’albums. À dix ans, Yves Chaland prend des cours de dessin par correspondance et passe ses journées à dessiner. Sa passion est de raconter des histoires en images et de dessiner des planches aux décors soignés. Très jeune, il décide de devenir auteur de bande dessinée. À l’âge de quinze ans, Yves Chaland fait la découverte des œuvres de René Franquin. Il est fasciné par son style mais aussi par celui de Will Eisner, auteur de comic américain, ainsi que ceux d’Edgar P. Jacobs et Jijé, figures de la bande dessinée belge. Il a également beaucoup lu Hergé, de qui il collectionne les numéros du Petit Vingtième, hebdomadaire belge de bande dessinée pour la jeunesse, qui lui permettent de comprendre comment raconter des histoires, construire des pages et manier les ellipses. Il est marqué par la lecture de “Comment on devient créateur de bande dessinée”, écrit par Philippe Vandooren et publié en 1969. 

Yves Chaland développe alors une vraie passion pour l’école de bande dessinée belge. À dix-sept ans, Yves Chaland publie ses premières planches dans le fanzine Biblipop, publication imprimée indépendante, créée et réalisée par des amateurs. Entre 1975 et 1980, il fait ses études à l’École des Beaux-Arts de Bordeaux, période pendant laquelle il publie ses premières bandes dessinées. En 1975, il publie un récit de vingt planches, « Lo Parisenc en vacanças », dans le journal Vita nostra et en recueil aux éditions Revolum. En 1976, il crée son propre fanzine avec Luc Cornillon : L’Unité de Valeur. En 1978, Yves Chaland est remarqué par Jean-Pierre Dionnet grâce à l’envoi d’un fanzine de son école, ce qui lui permet de collaborer au journal Métal hurlant. Finalement, il arrête ses études d’art car il estime déjà maîtriser le dessin, l’art de la perspective et l’art de la construction. Il décide alors de s’installer à Paris pour donner un nouveau tournant à sa carrière. 

En 1979, il publie plusieurs pastiches de bande dessinée des années 1950, réunis dans l’album Captivant. Puis, pour Astrapi, il crée le personnage de John Bravo en 1980. La même année, il illustre en huit planches un court récit intitulé « La Vie exemplaire de Jijé », paru dans Métal hurlant. En 1981, les aventures de son personnage Bob Fish sont publiées dans un album aux Humanoïdes associés. Yves Chaland est aussi coloriste, notamment pour le tome 1, « L’Incal noir », de la série Une Aventure de John Difool, Alexandro Jodorowsky et Moebius, publiée dès 1980 dans Métal hurlant. Son premier succès est la série Les Aventures de Freddy Lombard, composée de cinq albums, d’abord publié dans Bananas dans la collection Atomium 58 des éditions Magic Strip en 1981, puis dans Métal Hurlant Aventure en 1983. La deuxième série à succès d’Yves Chaland, Les Aventures du Jeune Albert, est publiée en 1981 dans Métal hurlant. Il y met en scène un personnage de sa propre création, développé sous forme de gag et dont les caractéristiques physiques font beaucoup penser au personnage de Tintin imaginé par Hergé. Après sa mort en 1990, son épouse n’a jamais voulu que quelqu’un d’autre reprenne le personnage du Jeune Albert.

La contribution d’Yves Chaland au journal Spirou

Yves Chaland contribue au journal Spirou dès 1982. Il réalise une aventure de Spirou, « Spirou au Bocongo », dessiné dans le style de la bande dessinée des années 1940-1950. Cet épisode révèle ses influences. Il reprend les Aventures de Spirou et Fantasio dans un style proche de celui de Jijé par son dessin et ses formes longiformes. On ressent aussi l’influence d’André Franquin avec l’invention de robots. Il y a aussi, de façon presque évidente, une part de « Tintin au Congo » par Hergé. Le tout parait dans un format spécial : deux simples strips hebdomadaires, bande dessinée de quelques cases disposées le plus souvent de manière horizontale, en noir et blanc avec des aplats de gris. L’histoire reste inachevée. En 1984, paraît une édition pirate, Cœurs d’acier aux éditions Champaka en 1990. Les personnages ont les visages couverts de bandelettes, en réaction à l’interdiction d’utiliser les personnages de Spirou et Fantasio par les éditions Dupuis. En parallèle de la bande dessinée, Yves Chaland réalise de nombreuses publicités, notamment pour les stylos Parker, les restaurants Quick, les chocolats Poulain, les jeux Fisher-Price, etc. Il illustre aussi en 1987 la pochette de l’album Chic Planète du groupe de musique L’Affaire Louis Trio.
Le travail d’Yves Chaland est beaucoup commenté dans les revues européennes consacrées à la bande dessinée. Mais la carrière d’Yves Chaland s’arrête net lorsqu’il décède d’un accident de voiture à seulement trente-trois ans.

Yves Chaland, figure de la Ligne claire et héritier de l’école de Marcinelle

L’œuvre d’Yves Chaland se caractérise par son style particulier. Membre de la Ligne claire française, formée avec Ted Benoit, Floc’h et Serge Clerc, il cherche à simplifier le trait pour en garder l’essentiel. Ce qui prime dans les planches d’Yves Chaland c’est l’élégance du trait, l’art de la composition, la construction des plans, mais aussi ses personnages souples et mobiles. Il est également considéré comme l’héritier de l’école de Marcinelle, associée au journal Spirou, qui se caractérise par des dessins caricaturaux, des gros nez et des bulles arrondies. Les deux écoles sont pourtant opposées. La richesse de l’œuvre d’Yves Chaland réside dans cette dualité. Marqué par l’esthétique des années 1950, il a une passion pour le design et l’architecture et collectionne les meubles chinés et les magazines avec des mises en scène d’époque. Il se rend aussi sur les lieux de ses histoires pour y prendre des clichés. Par exemple, pour l’épisode « La comète de Carthage » de la série Freddy Lombard, publié en 1986, il se rend à Cassis un jour de tempête pour photographier la scène et en faire des croquis. Yves Chaland joue avec les aspects de la bande dessinée belge et parle des préoccupations des années 1970-1980 : le colonialisme, la guerre, la misogynie. Avec ironie et second degré, il remixe les personnages iconiques du journal Spirou.

La postérité d’Yves Chaland malgré une carrière avortée

Malgré sa courte carrière, Yves Chaland a une postérité importante et a influencé de nombreux auteurs contemporains de la bande dessinée européenne comme Charles Berberian, Zep, François Schuiten et Bernard Yslaire. Freddy Lombard et le Jeune Albert sont ses créations majeures dans lesquelles il exerce un tour de force graphique et fait preuve d’une grande ironie. En mai 2000 est inaugurée la fresque du Jeune Albert, la septième du Parcours BD de Bruxelles, réalisée par Georges Oreopoulos et David Vandegeerde de la société Art Mural, d’après un projet original d’Yves Chaland. Il est le premier auteur étranger à avoir sa fresque murale en Belgique. En 2008, les Rencontres Chaland sont créées au festival de la bande dessinée annuel de Nérac, ville d’origine de l’auteur, ayant pour but de mettre en valeur son œuvre et ses liens avec des auteurs contemporains.
Sur le marché de l’art, les planches d’Yves Chaland sont régulièrement proposées à la vente. En 2023, la planche originale n°16 de Freddy Lombard, F-52 est vendue à 18 700€. D’après une base de données du marché de l’art, les œuvres d’Yves Chaland ont été présentées en vente aux enchères publiques à 178 reprises : la plus ancienne répertoriée datant de 1997 et la plus récente de 2023. Yves Chaland est classé 7 067e au palmarès mondial des artistes les mieux vendus aux enchères essentiellement adjugées en France.

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Estimation et cote de l'artiste Gō Nagai

Gō Nagai est surtout connu en France pour sa trilogie de manga dont est issu le phénomène Goldorak, qui berce les enfants des années 1970-1980 notamment par la diffusion de la série animée. Au Japon, Gō Nagai est reconnu comme un auteur à la production colossale de plus de trois cent soixante mangas et d’une cinquantaine d’animés, films ou séries d’animation japonais, tirés de son œuvre. Il participe au renouvellement de la bande dessinée japonaise en proposant de nouveaux univers, controversés mais appréciés des lecteurs. Découvrez ici l’histoire de Gō Nagai et ses œuvres emblématiques. Besoin d’une expertise Gō Nagai ? Contactez l’équipe d’Estimon’objet !  

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Les débuts de la carrière de Gō Nagai, mangaka prolifique 

Kiyoshi Nagai, de son pseudo Gō Nagai, est un mangaka japonais né le 2 septembre 1945. Il est l’auteur prolifique de plus de trois cent soixante bandes dessinées japonaises. Pendant son enfance, Gō Nagai rêve de créatures et monstres médiévaux, d’êtres velus et griffus. À l’âge de quatre ans, il découvre le manga lorsque son frère lui lit le manga Lost World d’Osamu Tezuka publié en 1948. Ses lectures renforcent son goût pour le dessin et pour les personnages féminins forts. Gō Nagai fréquente très tôt les salles de cinéma et visionne environ cent cinquante films par an, ce qui l’aide à structurer ses scénarios. Il commence sa carrière dans le manga à vingt ans, lorsqu’il est remarqué par le Shōnen Sunday qui lui propose un poste d’assistant. Il a ensuite la chance de travailler pour le sensei – maître en japonais – Shōtarō Ishinomori qui est impressionné par ses qualités d’auteur. Pendant deux ans, Gō Nagai fournit un travail acharné : il dort peu et peine à se reconnaître dans le miroir tant il s’attèle à la tâche. Gō Nagai s’oblige à rendre son travail en temps voulu, ce qui lui demande beaucoup de sacrifices. En parallèle, il développe des projets personnels qui consistent en de courtes histoires comiques. Du fait de sa formation, son dessin est fortement influencé par celui des auteurs Osamu Tezuka et Shōtarō Ishinomori. En 1967, Gō Nagai publie son histoire humoristique Meakashi Poli Kichi dans le magazine Bokura des éditions Kodansha, racontant les péripéties d’un petit policier à l’époque d’Edo.

 Il devient alors un mangaka à part entière et enchaîne les publications. En 1968, la maison d’édition Shueisha crée le magazine Shônen Jump dans le but de promouvoir de nouveaux talents, libres de leurs sujets. Gō Nagai publie son premier succès, Harenchi Gakuen en 1968. C’est le premier manga qui le fait connaître au grand public et pose les bases de ses thématiques majeures : un érotisme cru et une violence explicite. Cet ouvrage est très controversé et Gō Nagai doit faire face à la commission de censure et de vertu Parental and Teacher Association, puisqu’il introduit un érotisme chez les enfants. À destination des jeunes garçons, de type shōnen, ce manga plaît aux lecteurs. Après ce premier succès, son éditeur le pousse à toujours faire la même chose, des mangas de type shōnen à destination des jeunes garçons, ce que Gō Nagai déteste par-dessus tout. Il s’efforce de s’essayer à tous les styles possibles comme ses maîtres Osamu Tezuka et Shōtarō Ishinomori. Ce dernier publie Dynamic Trois en 1959, ce qui inspire Gō Nagai pour le nom de son studio de production. En avril 1969, il fonde Dynamic Productions associé à Toei Animation pour produire des séries à la fois en manga et en dessin animé. Fonder sa propre société apparaissait effectivement comme la seule solution pour être plus libre dans sa création et avoir un meilleur rythme de travail. Il a alors la liberté d’imposer ses histoires face aux grands éditeurs. La société participe surtout à l’adaptation animée de ses œuvres. En 1970, Gō Nagai publie le premier album de sa série Abashiri Ikka chez l’éditeur Akita Shoten dans le magazine Shōnen Champion dans lequel il met en scène une femme comme personnage principal, contre l’avis du milieu du manga, considéré comme un milieu très masculin.

Gō Nagai et la science-fiction

Gō Nagai fait des allers-retours entre la science-fiction, l’humour et l’horreur. En 1970, il publie son album Oni-2889 nen no henran chez Kodansha, portant sur des démons issus du folklore japonais, qu’il a eu du mal à achever mais qui lui vaut le respect du milieu du manga et des adeptes de science-fiction. En 1972, Gō Nagai publie Devilman dans le Shōnen Magazine qui connaît un succès rapide et est suivie d’une adaptation animée. Cette histoire de démons est très difficile à écrire pour lui : « Dessiner des petites histoires humoristiques était très relaxant, mais dès lors que j’ai dessiné des histoires plus sombres ou alors avec des démons, cela a changé du tout au tout. Dessiner des histoires sombres me demandait énormément d’énergie et d’efforts. J’avais l’impression à chaque fois de pousser une porte donnant sur une autre dimension. J’étais littéralement crevé, vidé de toute énergie ». Cette malédiction va se produire pour chaque manga qui raconte des histoires de démons, notamment en 1973 pour l’écriture de “Violence Jack”, monstre qui incarne l’espoir dans un monde contemporain en proie à une série de catastrophes inexpliquées. Gō Nagai a une telle place dans la science-fiction japonaise qu’il intègre le cercle japonais restreint des auteurs de science-fiction, la Science-Fiction and Fantasy Writers of Japan (SFWJ) dont il est le président de 1996 à 1999. Gō Nagai s’essaye aussi au mecha, sous-genre de la science-fiction qui met en scène des personnages utilisant ou incarnant des armures robotisées et humanoïdes.

 Gō Nagai révolutionne les robots avec son ouvrage Mazinger Z publié en 1972. Ils deviennent des machines de guerre pilotées de l’intérieur par des humains, concept qui séduit le public japonais. Cet album est le premier tome d’une trilogie complétée par Great Mazinger en 1974 et Grendizer, plus connu sous le titre anglais et français Goldorak en 1975. Cette série fait l’objet d’une adaptation animée. Le 3 juillet 1978, les écrans de la chaîne télévisée française Antenne 2, aujourd’hui France 2, diffusent le premier épisode de Goldorak. Le succès est immédiat et contribue à populariser l’animation japonaise et le manga en France mais aussi dans d’autres pays occidentaux et au Québec. En 1973, Gō Nagai s’attaque au genre de la Magical girl – sous-genre fantastique japonais centré sur des jeunes filles qui se transforment en alter ego pour utiliser leurs pouvoirs magiques – pour en faire une parodie érotique dans Cutie Honey. Il y met en scène une fille androïde qui se transforme en héroïne à la poitrine généreuse, aux cheveux roux ou roses qui lutte contre divers méchants menaçant son monde. Elle est la première femme à être la protagoniste d’une série de manga shōnen, c’est-à-dire destinée aux jeunes garçons. Pour revisiter les genres, Gō Nagai s’inspire d’univers divers : la mythologie grecque pour ses œuvres principales, les illustrations de Gustave Doré en particulier pour Devilman, le cinéma rose (érotique) pinku eiga des années 1960-70, les récits d’horreur et de science-fiction et la mythologie japonaise.

La reconnaissance de Gō Nagai

Gō Nagai est aujourd’hui reconnu comme un auteur prolifique qui s’illustre dans des genres très variés. En 2019, Gō Nagai est l’invité de la Japan Expo, salon qui invite à découvrir la culture japonaise, à Paris, qui dédie une exposition aux adaptations animées de ses plus célèbres œuvres, à travers des croquis de personnages, de machines et de décors, mais aussi des extraits animés. Les illustrations de Gō Nagai sur le marché de l’art sont rares, mais celles de Goldorak sont les plus courantes. En 2023, une illustration originale de Goldorak s’est vendue à 46 800€. Des figures dérivées de l’œuvre de Gō Nagai sont aussi présentées à la vente. 

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Estimation et cote de l'artiste Bar2

Dans toute la littérature, c’est la bande dessinée qui a le plus contribué à populariser la culture motarde auprès du grand public. Bar2 est un des pionniers de la bande dessinée motarde. Lui-même passionné de moto, il est imprégné de cet univers et met en scène des personnages cultes qui deviennent incontournables pour tous les mordus de moto. Découvrez ici l’histoire de Bar2 et ses œuvres emblématiques. Besoin d’une expertise Bar2 ? Contactez l’équipe d’Estimon’objet ! 

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Bar2, auteur de bande dessinée et motard passionné

Christian Debarre, alias Bar2 ou encore Chris Deb, est dessinateur et scénariste de bande dessinée français, né le 18 avril 1960. Très tôt, Bar2 apprend à dessiner par l’observation des dessinateurs de bande dessinée de tous les styles. Son dessin est méticuleux et soigné et révèle, selon lui, d’un manque de technique et de confiance en soi. En parcourant les albums de bande dessinée, Bar2 observe le dessin mais aussi la qualité des dialogues. Dès son adolescence, Bar2 a deux passions : le dessin et la moto. Sa carrière est donc pour lui le moyen de mettre en lien ces deux domaines qui l’animent. En 1977, il commence à écrire pour le magazine Plein Pot, un mensuel de moto illustré de bande dessinée. Il fait ensuite des illustrations publicitaires et des dessins de presse. Après une brève expérience comme illustrateur dans le journal Moto Crampons, il intègre l’équipe de Moto Journal en tant que dessinateur et essayeur de motos. Les premières planches de sa série mythique Joe Bar Team sont publiées chaque semaine entre 1988 et 1989 dans le Moto Journal. Puis, l’éditeur Vents d’Ouest décide de regrouper les planches en album, publié en 1990. Après ce premier album, Bar2 considère avoir fait le tour de cet univers et ne le conçoit pas comme le premier d’une série. 

Son manque de passion et de technique pour le métier d’auteur le pousse à confier la suite de la série à Fane, autre auteur de bande dessinée. Joe Bar Team est une bande dessinée humoristique qui connaît le succès dès ses débuts. Bar2 écrit les tomes 1 et 5 de la série, pour lequel il revient à la demande des lecteurs, tandis que plusieurs auteurs se passent le relais pour les autres. Le synopsis de Joe Bar Team, ou JBT pour les connaisseurs, met en scène une bande de motards qui se retrouvent au café Joe Bar dans les années 1970. Ensemble, ils font des courses en ville et maintiennent leur réputation d’être les plus rapides du quartier. Les personnages ont des noms humoristiques comme Edouard Bracame, Jean Manchzeck, Jean-Raoul Ducable et Guido Brasletti. Vingt ans plus tard, débarque une bande de jeunes motards, Jérémie Lapurée, Paul Posichon et Pierre Leghnôme qui confronte les vieux motards. Cette rencontre entre deux générations est pleine de nostalgie, regrettant la liberté des années 1970. Si les personnages sont caricaturaux dans leurs traits physiques, les dessins des motos respectent très précisément les caractéristiques des modèles existants. L’expertise de Bar2 pour les motos le pousse à être très réaliste et exact dans la représentation des bolides. Par exemple, les motards accordent beaucoup d’importance au son de leur moto, chaque modèle fait un bruit différent, il va même jusqu’à introduire les bruitages des motos par des onomatopées dans ses planches.  

Ce qui caractérise particulièrement Joe Bar Team, c’est l’humour dont la mauvaise foi est un ingrédient capital. Bar2 s’inspire de situations réelles pour ses gags. Le bar, renommé Joe Bar, où se réunissent les motards, existe réellement sous le nom de « Royal bar ». C’est le genre de « bar à motards » très répandu dans les années 1970, dont le plus célèbre était à Alfortville, car plusieurs de ceux qui le fréquentaient sont devenus de grands pilotes. Aussi, dans son recueil de nouvelles Chroniques du Joe Bar, publié en 2014 chez Vents d’Ouest, le personnage de Joe est la synthèse de plusieurs personnes que côtoient l’auteur. En 1990, il fonde le Joe Bar Mag avec Michel Bidault, une revue loufoque dédiée à la moto dont une trentaine de numéros ont été édités.

Joe Bar Team, série culte de l’univers motard 

La série Joe Bar Team est un succès éditorial. Composée de huit albums, ils se sont vendus à plus d’un million d’exemplaires chacun. S’ensuit le développement intense de produits dérivés en tout genre, des figurines, des agendas et même des préservatifs à l’effigie des personnages de la série. Ce phénomène est innovant car Bar2 fait le choix de s’adresser à un public averti et adulte. La plupart de ses lecteurs sont plus amateurs de sports mécaniques que de bande dessinée. Avant lui, seul Michel Angélini avait publié quelques planches sur l’univers motard dans Moto Journal, dans les années 1970. Joe Bar Team devient culte dans l’univers motard et va inspirer beaucoup de dessinateurs. 

Parmi les séries qui s’en inspirent, on retrouve Les Fondus de Moto de Christophe Cazenove et Bloz publié en 2009, Même pas Peur de Satô en 2007 et Sam Speed de Pierre-Yves Madeline et Batem en 2003. Après ce succès, Bar2 donne à Fane les rênes de la suite de la série. En 2003, il se remet à la tâche pour le tome 5. Depuis 2003, les auteurs Fane et le duo Pat Perna et Henry Jenfèvre partagent le succès de la série. Bar2 occupe ensuite le poste de rédacteur en chef adjoint du journal Moto Revue. En 2006, il publie L’Encyclopédie Imbécile de la Moto chez Vents d’Ouest. Depuis, Bar2 a tourné la page du neuvième art et s’est reconverti dans l’écriture. Selon lui, il n’avait pas assez de passion et de courage pour atteindre le niveau qu’il souhaitait dans son dessin. Par la même occasion, il a arrêté de rouler à moto, regrettant la liberté de rouler à vive allure dans les années 70.

Le modèle d’André Franquin

Le style de Bar2 se caractérise par sa similitude avec celui d’André Franquin, auteur de la série Gaston Lagaffe. Bar2 découvre Franquin dès son enfance et admire sa virtuosité. Il s’imprègne de ses dessins au point d’adopter son trait, comme un automatisme. C’est un dessin très rond, habituellement employé pour les bandes dessinées à destination des enfants. Derrière le « gros nez », le dessin de Franquin est très réaliste. Bar2 propose un mélange des genres audacieux en remployant ce style pour un public adulte dans un univers considéré comme subversif et viril. Pour dessiner, Bar2 emploie la plume plutôt que le crayon ou le stylo, ce qui renforce sa filiation avec Franquin. Bar2 apprécie d’autres auteurs de bande dessinée, qui se situent dans la veine réaliste comme Christophe Blain, Jordi Bernet et Daniel Goossens. Bar2 admire également René Pétillon pour la qualité et l’efficacité de ses dessins, pour son style épuré, franc, mais aussi pour son humour. Bar2 se décrit comme un « fan absolu de Pétillon », le seul qui puisse rivaliser avec René Goscinny selon lui. Bar2 mentionne aussi son engouement pour le dessin et la technique de Philippe de la Fuente qui créent un sentiment nerveux voire agressif par un cerne noir et des formes géométrisées.

Les planches de Bar2 sur le marché de l’art 

Les planches originales de la série Joe Bar Team sont présentes sur le marché de l’art et ce sont celles de Bar2, créateur, qui s’envolent le plus haut. Les estimations se hissent à plusieurs milliers d’euros et le prix d’adjudication dépasse souvent l’estimation haute. Par exemple, la planche originale n°35 du tome 1 de quatre pages portant sur le dénouement de l’épisode – habituellement les autres épisodes se déroulent sur une seule page – Jeannot pilote de course a été adjugée à 14 300€ en juin 2023.  

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