Estimation gratuite René Goscinny

René Goscinny

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Estimation et cote de l'artiste René Goscinny

Créateur d’Astérix et Obélix et de Lucky Luke, René Goscinny a profondément marqué l’histoire de la bande dessinée française par son humour, ses scénarios inédits mais aussi par son combat pour la reconnaissance du métier de scénariste de bande dessinée. Découvrez ici l’histoire de René Goscinny et ses œuvres emblématiques. Besoin d’une expertise René Goscinny ? Contactez l’équipe d’Estimon’objet !

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L’enfance de René Goscinny entre Buenos Aires et New-York

René Goscinny est un scénariste de bande dessinée français né le 14 août 1926 dans une famille juive originaire de Pologne et d’Ukraine. Dès 1927, sa famille part en Argentine à Buenos Aires car son père, Stanislas Goscinny, est employé par la Jewish Colonization Association, pour aider et favoriser l’émigration des Juifs d’Europe ou d’Asie sur le continent américain. René Goscinny grandit donc dans un pays multiculturel, cosmopolite et multilingue. Il étudie au lycée français de Buenos Aires et passe ses vacances en Uruguay. Très tôt, René Goscinny commence à dessiner en ayant en tête les dessins de Dante Quinterno et particulièrement l’historiera argentine – nom de la bande dessinée sud-américaine – du chef indien Patoruzù. Il est aussi fasciné par les dessins de Zig et Puce par Alain Saint-Ogan, des héros Superman et Tarzan. Il rapportera même à Paris une copie de l’album Les Pieds Nickelés de Louis Forton. 

Pendant la Seconde Guerre mondiale, René Goscinny et sa famille proche sont en Argentine. Toutefois, les autres membres de sa famille restés en Europe sont victimes de la Shoah et déportés. René Goscinny et sa famille n’apprennent l’existence des camps de concentration qu’à la fin de la guerre, ce qui le traumatise une bonne partie de sa vie. En 1943, la mort de son père plonge la famille dans la précarité. Obligé de travailler, René Goscinny est d’abord dessinateur dans une agence de publicité. En parallèle, il publie ses premiers dessins et textes dans le bulletin interne du collège français de Buenos Aires. 

En 1945, René Goscinny et sa mère quittent Buenos Aires pour New-York. Il rejoint l’armée française en 1946 lors de son service militaire. Il devient illustrateur officiel du régiment. À la fin de son service militaire, il rentre à New-York avec pour ambition de rencontrer Walt Disney, dont les dessins circulent partout. Mais surtout, René Goscinny veut faire rire les autres. Avec ses dessins humoristiques et ses caricatures, il sollicite les éditeurs, les agences de presse et les studios de création mais n’essuie que des refus. Après cet échec, René Goscinny reste sans emploi et dépressif pendant un an et demi.  

Il fait ses premiers pas dans la publicité américaine en 1948. Il fait la rencontre d’Harvey Kurtzman, le futur fondateur du magazine Mad. Ensemble, ils collaborent sur la publication d’un livre animé pour enfants qui comporte des mécanismes pour mettre en mouvement certains éléments. Ce livre, Playtime Stories, aux éditions Kunen Publishers publié en 1949, rassemble trois histoires réinterprétées par René Goscinny : Robin Hood, Pinocchio et Aladin. 

René Goscinny, dessinateur de bande dessinée ?

La rencontre de René Goscinny avec l’auteur de bande dessinée belge Jijé, installé aux États-Unis, change le cours de sa carrière. Par son intermédiaire, il fait la connaissance de Morris, élève de Jijé. À l’été 1949, René Goscinny travaille pour une société d’édition de cartes postales peintes à la main. Régulièrement, il rend visite à Jijé et se forme au dessin à ses côtés. Mais Jijé remarque que René Goscinny n’a pas la même appétence pour le dessin que ses autres élèves. Il est plutôt doué pour son sens de l’humour, des gags et des mots. René Goscinny tente de créer une seule bande dessinée, Dick Dicks, où il écrit le scénario et dessine les planches. Refusé par tous les journaux et agences de presse de New-York, il envoie les planches à Jijé afin qu’il les montre à l’éditeur Charles Dupuis. Finalement, à cause d’une erreur d’acheminement du courrier, l’éditeur ne les voit jamais. 

La deuxième rencontre importante pour la carrière de René Goscinny est celle de Georges Troisfontaines, directeur de la World Press, agence de presse belge spécialisée dans la diffusion de bande dessinée pour différents journaux périodiques, qui collabore étroitement avec l’éditeur Dupuis. René Goscinny se rend à Bruxelles à la World Press et présente les planches de Dick Dicks à Jean-Michel Charlier, directeur artistique. Il n’est pas emballé par le dessin mais est séduit par le scénario. Dick Dicks est alors publié dans le supplément du magazine La Wallonie. En 1951, René Goscinny est employé par la World Press et part à Paris pour travailler sur sa série. Dans le bureau des Champs-Elysées, une longue amitié et collaboration naît entre René Goscinny et Albert Uderzo. Ils publient ensemble une chronique humoristique de deux cents épisodes, Sa Majesté son mari, dans l’hebdomadaire belge Bonne Soirées.

René Goscinny est envoyé à New-York en 1952 par la World Press pour lancer le magazine télévisé TV Family. C’est un bref succès qui lui vaut la promotion de directeur artistique puis scénariste de la World Press. De retour à Paris, René Goscinny écrit des nouvelles policières publiées dans le magazine Le Moustique. Il est aussi scénariste et dessinateur du Capitaine Bibobu, publié en 1955 dans l’hebdomadaire Risque-Tout. Après cette ultime tentative, il abandonne le dessin et se consacre désormais à l’écriture. 

René Goscinny, scénariste méthodique de bande dessinée 

René Goscinny commence alors à développer sa méthode d’écriture. Issu d’une famille d’imprimeurs, la mise en page esthétique d’un ouvrage est centrale pour lui. Son processus d’écriture est organisé et méticuleux. Il écrit d’abord le synopsis de l’histoire qu’il divise en paragraphes détaillés. Un paragraphe correspond à une planche. Puis, il découpe chaque paragraphe car « comme pour un film, il faut décrire chaque scène et en écrire le dialogue ». 

Au-delà de la bande dessinée pour enfants, René Goscinny est très tôt influencé par le cinéma. Avec son père, ils fréquentent les salles obscures projetant les films burlesques de Charlie Chaplin, des Marx Brothers et de Laurel et Hardy. Plusieurs scénarios de ses futurs albums sont des clins d’œil aux films de westerns du cinéaste John Ford. René Goscinny va d’ailleurs travailler dans le cinéma, comme producteur, réalisateur et scénariste de films. Il va lui-même réaliser les adaptations de ses albums, notamment Astérix et Cléopâtre en 1968.

Les premiers succès de René Goscinny 

Le premier succès de René Goscinny est le personnage de Lucky Luke. Le personnage est créé en 1947 par Morris et son frère Louis de Bevere. Morris sollicite René Goscinny pour écrire le scénario des aventures de Lucky Luke. L’épisode Des rails sur la prairie, publié dans le magazine Spirou en 1955 est la première histoire du cow-boy scénarisée par René Goscinny. Il reprend définitivement le scénario à partir de 1958 avec Lucky Luke contre Joss Jamon et Morris se consacre au dessin. L’intervention de René Goscinny fait évoluer le personnage en lui donnant plus de profondeur. Les deux auteurs connaissent bien l’Ouest Américain et mettent en scène des personnages historiques dans les épisodes comme Calamity Jane, Billy the Kid, Roy Bean et Jesse James. La série devient alors une parodie des westerns avec des personnages récurrents qui accompagnent le héros. René Goscinny invente les personnages des frères Dalton, le chien Rantanplan et Jolly Jumper le cheval qui parle. Entre 1957 et 1977, René Goscinny et Morris publient trente-six aventures de Lucky Luke. En 1960, Lucky Luke est désormais publié par Dargaud dans le magazine Pilote afin d’assurer au personnage une meilleure diffusion sur le marché français. Lucky Luke devient un personnage iconique qui fait l’objet de dessins animés et adaptations cinématographiques.

René Goscinny rencontre Jean-Jacques Sempé dans les bureaux de la World Press. Ce dernier réalise des dessins humoristiques pour le journal Le Moustique dans lequel s’incarne un enfant prénommé Nicolas. Le journal lui demande d’en faire une bande dessinée. Jean-Jacques Sempé sollicité alors René Goscinny pour le scénario. Après avoir rompu son contrat avec Le Moustique, Sempé est contacté par le magazine Sud Ouest. Le Petit Nicolas est une œuvre à part entière dans la carrière de René Goscinny. Il y met en scène un jeune garçon qui raconte, avec ses mots et son vocabulaire d’enfant, les péripéties de sa vie, inspirées des souvenirs de Jean-Jacques Sempé. Ils publient, en 1958, dans le magazine Sud Ouest, Le Noël du Petit Nicolas qui remporte un franc succès. Toutes les semaines pendant plusieurs années, un épisode de la vie du petit garçon paraît.

La fondation du magazine Pilote, point de départ des personnages iconiques de René Goscinny

En 1959, Raymond Joly souhaite créer un magazine pour la jeunesse. Avec Jean-Michel Charlier, Albert Uderzo, René Goscinny et François Clauteaux, ils fondent le magazine de bande dessinée Pilote. René Goscinny est un des auteurs les plus productifs de ce magazine dans lequel vont naître ses personnages iconiques : Astérix et Iznogoud auxquels il se consacre jusqu’à la fin de sa vie. 

Astérix est le fruit de la collaboration entre René Goscinny, scénariste, et Albert Uderzo, dessinateur. René Goscinny veut raconter l’histoire de France dans un registre comique. La période des Gaulois est inédite en bande dessinée et apparaît alors comme une évidence. Astérix est un héros malin, de petite taille et au nez arrondi, qui tranche avec les héros des bandes dessinées de l’époque. Uderzo crée un deuxième personnage imposant, livreur de menhirs. Astérix et Obélix prennent vie. Les noms des gaulois Astérix et Obélix semblent prendre leur origine dans l’atelier typographique du grand-père paternel du scénariste, en référence aux signes astérisque et obèle dont les noms anglais sont « asterisk » et « obelisk ». Les héros intègrent le journal Pilote pour son lancement le 29 octobre 1959 et dont le premier numéro s’écoule à 300 000 exemplaires. 

Astérix connaît un vrai succès éditorial. Les deux premiers albums La Serpe d’or et Astérix chez les Goths sont tirés à 15 000 exemplaires. En 1965, le cap des 100 000 exemplaires est franchi avec Astérix et Cléopâtre. En 1967, Astérix et les Normands atteint le record exceptionnel de plus d’un million d’exemplaires. À cette époque, la bande dessinée est restreinte à une clientèle infantile et seul Tintin avait atteint des niveaux de ventes comparables. C’est la consécration pour René Goscinny et Albert Uderzo. 

En 1960, le magazine Pilote est en difficultés financières puis racheté par Georges Dargaud. Les ventes continuent de chuter et il fait appel à René Goscinny et Jean-Michel Charlier pour relancer le journal. Ils sont nommés co-rédacteurs en chef en septembre 1963. L’ambition est de faire un magazine pour les adolescents en publiant des bandes dessinées plus inventives. René Goscinny donne un nouveau souffle au magazine en intégrant des jeunes auteurs. Il permet de révéler au grand public beaucoup de dessinateurs et auteurs comme Pierre Christin, Jean-Claude Mézières (Valérian, agent spatio-temporel) et Fred (Philémon).

Avec Jean Tabary, René Goscinny met en scène le personnage Iznogoud, d’abord publié sous le titre Les Aventures du calife Haroun-el-Poussah dans le magazine Record en 1962. L’origine de ce personnage se trouve dans Le Petit Nicolas dans lequel est racontée l’histoire d’un méchant vizir qui veut prendre la place du calife. René Goscinny fait une parodie du conte des Mille et Une Nuits. Il met en scène les péripéties du vizir qui, par tous les moyens, essaie de devenir calife sans jamais y parvenir. Dans cette série s’incarne l’humour de René Goscinny et son goût pour les calembours. Les épisodes d’Iznogoud sont publiés simultanément dans Record et Pilote. Ce personnage prend vie tout au long de la carrière de René Goscinny. Après sa mort en 1977, Jean Tabary continue les aventures du vizir. 

Le combat de René Goscinny pour la reconnaissance du métier de scénariste de bande dessinée

À travers ses personnages, René Goscinny fait reconnaître le métier de scénariste comme un métier à part entière. Toute sa vie, il se bat pour la reconnaissance du métier en inscrivant son nom à côté du dessinateur. L’exemple de la collaboration entre René Goscinny et Morris pour Lucky Luke est symptomatique de cette omission du nom du scénariste. Alors qu’il écrit les scénarios de la série dès 1955, le nom de Goscinny n’apparaît sur la couverture qu’en 1962 pour l’album Les Rivaux de Painful Gulch. Jusque-là, les albums étaient signés « texte et illustrations de Morris ». Il fait un premier pas en mentionnant son nom à côté de celui du dessinateur, en haut des planches, puis sur la couverture. Enfin, il obtient la mention du nom du scénariste dans les contrats d’édition, lui octroyant des droits d’auteur.

Sa lutte pour les droits d’auteurs du scénariste de bande dessinée lui a valu un procès avec l’éditeur Dargaud. En effet, quand Georges Dargaud reprend le magazine Pilote en 1960, les relations sont difficiles. Un conflit naît à propos d’un contrat pour l’édition de Lucky Luke dont certaines mentions lèsent les intérêts des auteurs. René Goscinny refuse le contrat proposé par Dargaud mais continue à écrire le scénario de l’album Le Fil qui chante. Finalement, le contrat est signé par Morris seul et l’album est imprimé en 1975. Une fois de plus, l’intérêt de René Goscinny est négligé. 

Pourtant, René Goscinny et Albert Uderzo renouvellent leur contrat pour Astérix en 1975. Après cet incident, René Goscinny fait alors mettre sous scellés les albums et demande à Albert Uderzo de ne plus dessiner les planches de l’épisode en cours : Astérix chez les Belges. Après la mort de René Goscinny, Dargaud contraint Albert Uderzo de lui remettre les planches manquantes, sous peine de dommages et intérêts. La veuve de René Goscinny, Gilberte Goscinny, s’oppose à la diffusion de l’album du Fil qui chante mais perd le procès contre Morris. En 1990, un procès contre l’éditeur Dargaud est intenté par Gilberte Goscinny et Albert Uderzo à propos des conditions d’exploitation des albums d’Astérix. En 1998, la cour d’appel de Paris leur donne gain de cause et Dargaud se voit retirer l’exploitation de tous les albums parus avant 1977. 

La postérité de René Goscinny 

Après la mort subite de René Goscinny en 1977, Albert Uderzo continue seul la série Astérix, tout en signant de leurs deux noms, en hommage à son ami. Si la suite ne fait pas l’unanimité auprès des lecteurs qui considèrent qu’elle a perdu en qualité, le succès commercial persiste. La série est traduite dans 700 langues et dialectes. Depuis la parution du premier album d’Astérix en 1961, plus de 370 millions d’exemplaires ont été vendus dans le monde entier.

René Goscinny a reçu de multiples hommages et est considéré comme l’un des pères de la bande dessinée française. Aujourd’hui, des récompenses de bande dessinée portent son nom : le Prix René-Goscinny du festival d’Angoulême est créé en 1988 ; mais aussi des noms d’école, de rues, etc. Sur le marché de l’art, les planches et albums proposés sont majoritairement de la main d’Albert Uderzo et du scénario de René Goscinny. Les éditions originales des albums sont les plus prisées. Mais en 2019, une planche de Dick Dicks par René Goscinny a été vendue 3 640€. 

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Estimation et cote de l'artiste Blutch

Blutch est un auteur de bande dessinée atypique. Alors qu’il est membre de la Nouvelle bande dessinée, mouvement qui propose une bande dessinée alternative à l’école franco-belge de bande dessinée des années 1950-60, il reste profondément attaché et admiratif de la bande dessinée franco-belge des années 1950. Explorant les techniques graphiques et les univers, son dessin, presque toujours en noir et blanc, révèle ses influences multiples, aussi bien traditionnelles que contemporaines. 

Cette position fait de Blutch le parfait héritier de la bande dessinée classique et le précurseur de la bande dessinée contemporaine. Sur cette page vous découvrirez l’histoire de Blutch et ses œuvres emblématiques.  Besoin d’une expertise Blutch ? Contactez l’équipe d’Estimon’objet !

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Figure de la Nouvelle bande dessinée et réinterprétation des classiques par Blutch

Blutch, de son vrai nom Christian Hecker, est un auteur de bande dessinée, né le 27 décembre 1967. Son pseudonyme est tiré d’un des personnages de la série belge Les Tuniques bleues (de Cauvin et Salvérius publié chez Dupuis en 1968), le caporal Blutch, avec lequel il a une ressemblance physique avérée. Dès son enfance, il est fasciné par la bande dessinée et le dessin. Il entreprend des études artistiques à l’École des Arts Décoratifs de Strasbourg. Blutch est découvert lors d’un concours organisé par le mensuel Fluide glacial et s’illustre dans un graphisme proche de Morris, dessinateur du célèbre Lucky Luke. Il travaille d’abord pour le magazine Umour puis va à la rencontre des éditeurs indépendants avec ses premières bandes dessinées. 

En 1994, il publie chez L’Association sa série Sunnymoon, tu es malade. L’éditeur Cornélius, lui, publie La Lettre américaine en 1995 puis Mitchum entre 1996 et 1999. En 1996, Blutch fait son entrée dans le mensuel « (À suivre) » avec Péplum et impose son style très particulier, traité en noir et blanc. Publiée en intégralité en 1997 par Cornelius, cette adaptation libre du Satyricon de Pétrone, découvert via l’adaptation italienne de Fellini, construit sa réputation dans le monde de la bande dessinée. Cet album est le reflet de l’univers sauvage et indompté exploré par Blutch. Il renouvelle perpétuellement son travail et reprend les classiques de la bande dessinée.

En 1998, il publie des souvenirs de son enfance en Alsace dans les années 1970 rassemblant les pages de Petit Christian, parues dans Fluide Glacial entre 1994 et 1996. À la fin des années 1990, il invente le personnage de Blotch, dont le prénom est choisi expressément en référence à son pseudonyme. Il met en scène un pédant dessinateur de l’entre-deux-guerres à l’humour ringard et misogyne. Il raconte ses propres aventures comme dessinateur comique au sein d’un magazine hebdomadaire titré « Fluide glacial ». Ce personnage fait étrangement écho à la propre vie de Blutch.

 En 2000, il publie Blotch, le roi de Paris avec lequel il remporte l’Alph-Art humour du Festival International de la Bande Dessinée à Angoulême. Au tournant des années 2000, l’illustration d’ouvrages pour enfants lui permet d’explorer différentes techniques et différents univers graphiques. Par exemple, les illustrations des Contes d’Amériques par Henri Gougaud, publié aux éditions du Seuil en 2004, sont réalisées au pastel gras.
Blutch est considéré comme un des principaux auteurs de la Nouvelle bande dessinée qui veut proposer une alternative à la bande dessinée franco-belge des années 1950. Pourtant, les auteurs classiques de la bande dessinée sont importants pour Blutch et il rejette toute opposition avec la bande dessinée contemporaine. Au contraire, il critique la dimension commerciale de celle-ci en proie à la pression des éditeurs. En 2014, il publie sa bande dessinée Lune l’envers chez Dargaud. 

Dans ce récit à mi-chemin entre science-fiction et comédie dramatique, il évoque la question du processus de création artistique et le rapport au temps. Il livre une caricature caustique du monde de l’édition et critique l’injonction de toujours produire une suite. Il est aussi attaché à la tradition classique du strip américain et compartimente ses planches en trois colonnes, cherchant la clarté des grands maîtres américains. Blutch veut également rendre hommage aux auteurs de la bande dessinée classique. En 2017, son album Variations regroupe trente planches en noir et blanc dans lesquelles il réinterprète des extraits d’albums classiques de la bande dessinée franco-belge et italienne (André Franquin, Albert Uderzo, Jean-Claude Forest, Michel Greg, René Pellos et Daniel Goossens) qui l’ont marqué. Comme aboutissement de cette démarche, Blutch publie en 2023 une réinterprétation de Lucky Luke de Morris, faisant du cowboy une baby-sitter d’enfants difficiles à dompter.

Blutch ou le « Mozart de la BD »

Blutch est qualifié de virtuose ou encore de « Mozart de la BD » par le cinéaste Patrice Leconte. Le dessin est, pour lui, aussi important que l’était la musique pour le compositeur. Blutch se réclame majoritairement de l’école franco-belge, avec notamment pour influences : Hergé, Ungerer, Moebius, Jijé et René Pellos. Comme beaucoup d’auteurs de bande dessinée, il est aussi inspiré par la peinture et la danse, notamment par le peintre Edgar Degas dont on connaît les représentations des petits rats de l’opéra. Le septième art est important pour Blutch et irrigue toute son œuvre. En 2008, il fait la rencontre d’Alain Resnais pour lequel il réalise l’affiche de son film Les Herbes Folles. Il s’ensuit une collaboration fructueuse avec le réalisateur pour plusieurs films, décors et bandes annonces. En 2011, il consacre un album à sa passion de cinéphile : Pour en finir avec le cinéma, chez Dargaud. 

La musique, et particulièrement le jazz, séduisent Blutch. Il y consacre un album, Total Jazz, en 2004 chez Seuil dans lequel il met en scène des histoires musicales. Il fait un parallèle entre sa pratique du dessin et le genre musical notamment dans la place que prend l’improvisation. Dans le jazz, les jazzmen travaillent sur des morceaux connus, réinventés par chaque musicien, appelés standards. A l’instar des jazzmen, Blutch reprend des planches existantes connues de tous, pour les réinterpréter, comme avec le personnage de Lucky Luke. Le dessin de Blutch est connu pour être en noir et blanc, à quelques exceptions près. Son fameux coup de « feutre-pinceau » lui permet de modeler les volumes par des petits traits veloutés et rapprochés. 

En 2002, Blutch fait appel à la coloriste Ruby pour son album Vitesse moderne, publié chez Dupuis. Cette collaboration montre l’importance du dessin en noir et blanc chez Blutch qui semble refuser toute utilisation de la couleur dans cet ouvrage, au point de devoir faire appel à un autre corps de métier. Toutefois, il utilise les couleurs dans un but précis. En 2005, il publie un recueil de dessins chez Futuropolis : C’était le bonheur, qui porte sur la famille et le couple. Son trait est fin et griffonné. Deux autres recueils voient le jour sur ce sujet : le dernier, La Beauté, rassemble des dessins au crayon de couleur. Les tonalités rouges, marrons et noires sont pour Blutch un moyen de suggérer l’érotisme des scènes et de séduire le lecteur, ou, au contraire, de le choquer par une image animale de la sexualité.

Blutch est en quête perpétuelle du dessin. Il cherche à donner une interprétation graphique du réel, vraie et subjective à la fois. Pour Blutch, un bon dessinateur doit « penser avec la main ». Mais la narration n’est pas en reste : passionné de littérature, la bande dessinée est, selon Blutch, le seul moyen pour allier le dessin et les mots. Il est d’ailleurs stimulé par des œuvres contemporaines qui se démarquent par leur dessin simple qui laisse la place au blanc comme Frédéric Poincelet ou Fabio Viscogliosi.

 

Blutch, auteur consacré par le monde de la bande dessinée et le marché de l’art

Blutch est un auteur admiré en France et à l’international. Les festivals de bande dessinée lui accordent une place particulière tout au long de sa carrière. En 2009, il est récompensé par le Grand prix de l’Académie des Grands Prix du festival de la ville d’Angoulême pour l’ensemble de son œuvre. Il est nommé président de l’édition de 2010 du Festival International de la Bande Dessinée à Angoulême au cours de laquelle une grande exposition rétrospective lui est consacrée. En 2019, Blutch est l’invité d’honneur des 4e Rencontres de l’illustration et du festival Central Vapeur à Strasbourg. À cette occasion, cinq expositions montrent ses planches au public. Dans l’exposition Art mineur de fonds au Musée d’Art moderne et contemporain de Strasbourg, ses planches originales dialoguent avec les gravures d’Antonio Pollaiuolo, Albrecht Dürer, Gustave Doré, Max Ernst ou Pierre Alechinsky. L’événement permet aussi la publication d’ouvrages concentrés sur le travail d’illustrateur de Blutch. Le livre Un Autre Paysage, publié chez Dargaud, offre un panorama sur son œuvre et ses différentes techniques utilisées, comme le pastel, le crayon de couleur, le stylo-bille, etc. Le but de cet ouvrage est de montrer l’éclectisme des influences de Blutch.

Blutch est présent dans le marché de l’art, aussi bien en galerie qu’en salle des ventes. En 2023, la galerie Barbier expose les planches originales de sa dernière publication : La Mer à boire (2023, Editions 2024). Cette exposition offrait la possibilité unique d’observer les planches avant leur colorisation et de comprendre le processus créatif de Blutch. Certaines planches étaient montrées avec des essais chromatiques. Quant aux salles des ventes, les planches de Blutch sont régulièrement soumises au poids du marteau et atteignent parfois plusieurs milliers d’euros. Il fait lui-même don de certaines planches pour les mettre en vente. En 2022, la planche originale n°11 de son album Pour en finir avec le cinéma a atteint 2 400 €.

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(Ilus.) Cartel : Blutch, Sunnymoon tu es malade, L’Association, 1994

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Marjane Satrapi

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Estimation et cote de l'artiste Marjane Satrapi

Marjane Satrapi est une auteure de bande dessinée engagée. Bien qu’elle ne le revendique pas clairement, son œuvre met à l’honneur les femmes iraniennes, qui, depuis les années 1970, se battent pour leurs libertés. C’est d’ailleurs cet aspect précis de son œuvre qui est apprécié par ses admirateurs et lui permet d’être reconnue sur la scène internationale. 

La mémoire de son pays et des combats du peuple iranien sont essentiels. Elle se place dans la lignée de ceux qui s’efforcent de rendre perpétuels les événements que l’actualité instantanée écarte. Découvrez ici l’histoire de Marjane Satrapi et ses œuvres emblématiques.  Besoin d’une expertise Marjane Satrapi ? Contactez l’équipe d’Estimon’objet !

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L’enfance de Marjane Satrapi, entre l’Iran et l’Europe  

Marjane Satrapi est une artiste, auteure de bande dessinée et réalisatrice franco-iranienne, née le 22 novembre 1969 à Rasht, en Iran. Elle grandit dans un contexte de restriction croissante des libertés individuelles au moment de la révolution islamique et de la guerre Iran-Irak. Sa famille est sympathisante du parti communiste et son oncle, dirigeant du parti communiste iranien, est exécuté pour ses opinions politiques. À partir de 1984, Marjane Satrapi multiplie les allers-retours entre son pays natal et l’Europe. En Autriche, elle étudie au lycée français de Vienne. De retour en Iran en 1988, elle obtient une maîtrise de communication visuelle à l’école des Beaux-Arts de Téhéran. En 1994, elle est diplômée de l’École Supérieure des Arts Décoratifs de Strasbourg.

Le début de carrière de Marjane Satrapi est semé d’embûches. Elle fait plusieurs tentatives de publications de livres pour enfants mais se retrouve obligée de multiplier les emplois. Son entrée dans l’Atelier des Vosges est un véritable tremplin pour Marjane Satrapi. C’est un groupe d’auteurs de bande dessinée qui travaillent dans un même lieu à partir de 1995. Aux côtés d’Emile Bravo, Fabrice Tarrin, Christophe Blain, Joann Sfar, Frédéric Boilet et David B., Marjane Satrapi prend goût à la bande dessinée.

Le roman graphique remis à l’honneur par Marjane Satrapi

La lecture du roman graphique Maus par Art Spiegelman, qui raconte l’horreur de la Shoah et des camps de concentration juifs, est une révélation pour Marjane Satrapi. Elle est particulièrement touchée par sa manière de raconter des événements de crise avec une touche d’humour. Le roman graphique devient alors le format privilégié pour le récit mémoriel. Marjane Satrapi publie Persepolis, une bande dessinée autobiographique, en noir et blanc. Dans les quatre volumes, publiés entre 2000 et 2003 par L’Association, l’auteure raconte son enfance et sa jeunesse entre l’Iran de la révolution islamique et l’Europe des années 1980-1990. Vendue à plus d’un million d’exemplaires et traduite dans de nombreuses langues, cette œuvre la hisse sur la scène internationale de la bande dessinée.

 La série est le plus grand succès éditorial de la bande dessinée alternative européenne des années 2000 et le plus gros succès de l’éditeur. Avec Persepolis, Marjane Satrapi pose les bases de son style, qu’elle poursuit dans ses bandes dessinées postérieures : des dessins en noir et blanc, sur fond noir ou blanc, des décors non détaillés qui laissent plus de place au texte. L’image sert de support au texte. Cette particularité de Marjane Satrapi montre son goût pour la narration, alors que la plupart des auteurs de bande dessinée accordent plus de place au dessin. Elle emploie plusieurs registres de langue : courant, familier et parfois vulgaire.

Persepolis est très bien reçu par la critique et les lecteurs. Aux États-Unis, le deuxième tome se classe parmi les meilleures ventes de romans graphiques en 2004. En 2010, le Newsweek place la série à la cinquième place des dix meilleurs ouvrages non-fictionnels de la décennie. Cette bande dessinée est même devenue un manuel dans les académies militaires pour comprendre les enjeux du Moyen-Orient. L’auteure reçoit plusieurs distinctions dans divers pays dont la Suède, la Norvège et l’Allemagne. Dans la foulée de la publication de Persepolis, Marjane Satrapi publie deux bandes dessinées qui se déroulent en Iran : Broderies, publiée en 2003 et Poulet aux prunes en 2004. Ces albums sont aussi traduits dans plusieurs langues et récompensés à l’international. Le premier est récompensé du Prix suédois Urhunden du meilleur album étranger, en 2007. Le second reçoit le Prix du meilleur album au Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême, en 2005. En 2015, elle reçoit le Prix suédois Adamson du meilleur auteur international pour l’ensemble de son œuvre.

Marjane Satrapi, artiste multiple

Marjane Satrapi est une artiste multiple, c’est-à-dire que sa production artistique n’est pas limitée à celle de la bande dessinée. Elle est aussi reconnue pour sa production cinématographique et picturale.

Sa production cinématographique

Après le succès de ses premiers romans graphiques, Marjane Satrapi décide de se consacrer au cinéma. Elle co-réalise avec Vincent Paronnaud deux adaptations de ses œuvres. Le dessin animé Persepolis, réalisé en noir et blanc, est primé au Festival de Cannes en 2007 et aux Césars en 2008. Sa sélection sur la croisette a agité les relations diplomatiques entre les autorités iraniennes et le gouvernement français, bien que le comité de sélection soit indépendant. Plusieurs films iraniens avaient déjà été sélectionnés à Cannes mais ici c’est une évocation directe, à charge, de la révolution iranienne de 1979. Son album, Le poulet aux prunes, fait aussi l’objet d’une adaptation cinématographique en 2011.

Sa production picturale dédiée aux femmes

La peinture occupe une place chère dans le cœur de Marjane Satrapi. Elle peint déjà, en pratique amateur, lorsqu’elle décide de se consacrer à la bande dessinée. Elle dédie son œuvre aux « femmes fortes » qui ont marqué sa vie, « pour les rendre éternelles, pour ne pas les oublier ». Ce sujet unique, les femmes, est une obsession pour l’artiste. Elles incarnent, selon Marjane Satrapi, la beauté. Son ambition n’est pas de faire une peinture engagée ou conceptuelle. Elle préfère la peinture figurative pour « créer du beau comme les peintres anciens ».

Sa peinture est caractérisée par des aplats de couleurs explosives. Sa palette est réduite à quatre couleurs : rouge, bleu, rose et noir, elles-mêmes résultats d’un mélange d’au moins cinq ou six couleurs. Ses inspirations ne sont autres que le pop art et particulièrement Jasper Johns. Elle est aussi marquée par les œuvres d’Henri Matisse, Félix Vallotton et Balthus. Contrairement à ses dessins de bande dessinée, Marjane Satrapi accorde, dans sa peinture, une attention particulière aux ombres pour donner un caractère cinématographique à l’image. 

Les sources de lumière sont multiples et proviennent de différents endroits pour éclairer différentes parties de la composition. L’idée générale est de créer une sensation de légèreté et de gaieté qui peut être troublée à tout moment. Pour l’artiste, la peinture est un espace de liberté. Contrairement à la bande dessinée où la narration est nécessaire, la peinture n’a pas besoin de se soucier de la compréhension de l’histoire par le spectateur. Les seuls indices de lecture donnés par l’artiste sont les titres énigmatiques de ses toiles. En 2013, Marjane Satrapi expose pour la première fois ses toiles, à la galerie Jérôme de Noirmont à Paris. En 2020, elle renouvelle l’expérience à la galerie Françoise Livinec avec son exposition « Femme ou Rien ».

Marjane Satrapi, porte-parole de l’actualité

Marjane Satrapi participe à l’actualité. En 2021, elle est mandatée par le ministère de la Culture français pour concevoir le dessin d’un triptyque d’une tapisserie aux dimensions imposantes, tissée par la manufacture des Gobelins pour les Jeux Olympiques de Paris 2024. Sur fond de tour Eiffel, l’artiste représente une lanceuse de javelot, en référence à l’affiche des jeux de 1924, mais aussi des sportifs des nouvelles disciplines, comme le skateboard et le breakdance : un style de danse développé à New-York dans les années 1970, caractérisé par des mouvements de corps saccadés, des figures au sol et acrobaties.
Autre événement de l’actualité auquel Marjane Satrapi prend part : la révolte féministe en Iran débutée en 2022 après la mort de Masha Amini, tuée pour avoir mal porté le voile. En 2023, Marjane Satrapi coordonne le projet Femme, Vie, Liberté, roman graphique en soutien à cette révolte, publié aux éditions l’Iconoclaste.

Accompagnée de trois spécialistes du sujet et de dix-sept dessinateurs et dessinatrices, 192 planches dessinées mettent en image le mouvement de contestation éponyme. La diversité des plumes permet la diversité artistique. À travers des photographies, des anecdotes illustrées, des passages rédigés, des dessins sobres, le lecteur plonge dans les horreurs du conflit. Cet ouvrage contestataire donne une nouvelle visibilité au conflit et permet de mieux comprendre les enjeux contemporains iraniens. Œuvre pédagogique militante, elle retrace la genèse du pays, l’histoire des premières révolutions et des différents régimes politiques successifs par le biais de dates clés, personnages historiques et symboles. Dédié à la jeunesse iranienne, ce projet est traduit en persan et diffusé sur des centaines de sites internet iraniens. Seule ombre au tableau, l’infériorité numérique d’artistes iraniens et de femmes pour sa réalisation.

Marjane Satrapi est une auteure internationale, reconnue par les institutions du monde de la bande dessinée. Également reconnue par le marché de l’art, ses originaux font régulièrement l’objet de vente aux enchères. En 2022, quarante-quatre originaux de sa série Persepolis, en provenance de la collection de l’artiste, sont dispersés sur le marché londonien. La vente prend place au moment où la révolte féministe bouleverse l’Iran. Les planches de cet album sont estimées à plusieurs milliers de livres anglaises. Parmi les records, certaines ont largement dépassé leur estimation haute. La plus haute adjudication de cette vente est de 25 200 livres sterling.

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 (Illus.) Cartel : Marjane Satrapi, Persepolis, L’Association, 2000-2003

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Estimation gratuite Christophe Blain

Christophe Blain

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Estimation et cote de l'artiste Christophe Blain

Christophe Blain est un auteur de bande dessinée fortement marqué par ses voyages et ses expériences pendant lesquels il gratte de nombreux carnets de dessins. Il reprend ce principe dans la plupart de ses séries. Dans Réducteur de vitesse, son vécu à bord d’un bateau durant son service militaire l’inspire. Pour Quai d’Orsay, c’est l’expérience de son co-auteur, Abel Lanzac, qui dévoile les rouages du ministère des Affaires étrangères quand il y était stagiaire. Les personnages de Christophe Blain sont aussi guidés par l’amour, qui devient fil conducteur de ses récits. Il s’impose alors comme un auteur majeur dans son domaine et séduit de nombreux lecteurs par ses personnages attachants qui vivent des aventures proches de la réalité. Découvrez ici l’histoire de Christophe Blain et ses œuvres emblématiques.   

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Christophe Blain, illustrateur de ses voyages

Christophe Blain est un auteur de bande dessinée et illustrateur français né le 10 août 1970. Il suit une formation artistique, d’abord à l’école municipale supérieure des arts et techniques de Paris puis à l’École des Beaux-Arts de Cherbourg-Octeville. La carrière de dessinateur de Christophe Blain commence par la publication de ses carnets de dessins. Il illustre ses voyages, ses expériences, ses observations. En 1991, il part au Bangladesh, accompagné du journaliste Daniel Druesne, au moment de la reconstruction du pays après le passage du cyclone Gorky. Ses dessins d’après nature font l’objet d’une publication chez Albin Michel Jeunesse en 1992 sous le titre Cyclone à Chittagong, Bangladesh. L’expérience est renouvelée en 1994 avec Carnet d’un matelot, chez le même éditeur, qui s’appuie sur les souvenirs du service militaire dans la Marine de Christophe Blain en 1991. Embarqué à bord de la frégate « Tourville », conçue pour traquer un sous-marin soviétique dans l’Atlantique nord, cette expérience, et surtout son mal de mer, marquent Christophe Blain à vie. 

Pour tenter de se sentir mieux à bord, il dessine en cachette. L’équipage le repère et espère le voir entrer dans la tradition des « peintres de la Marine », titre officiel, décerné par le Ministère français de la Défense, pour les artistes de tout genre ayant consacré leur talent à la mer, à la Marine nationale et aux marins. Carnet d’un matelot est donc publié en souvenir de ce service militaire éprouvant et raconte un récit réaliste de la vie à bord d’un bateau. Christophe Blain reçoit sa première récompense pour cet album : le Prix Jeunesse Gabier du Salon du livre maritime de Concarneau. Parmi ses carnets de voyages publiés, on retrouve Carnet de Lettonie, en 2005, pays qu’il a visité lors du festival franco-letton « Étonnante Lettonie » à l’occasion de l’adhésion du pays à l’Union Européenne en 2004 ; mais aussi Carnet polaire en 2007 qui raconte son expérience dans la base scientifique Dumont-d’Urville en terre Adélie pendant l’été austral.  En dehors des publications de carnets de dessins, Christophe Blain s’affirme, dès 1995, comme illustrateur pour des magazines de jeunesse comme Astrapi, Okapi et Science et Vie Junior.

L’Atelier des Vosges, élément déclencheur de la passion de Christophe Blain pour la bande dessinée

Comme beaucoup d’auteurs de cette génération, Christophe Blain découvre sa passion pour la bande dessinée lorsqu’il rejoint l’Atelier des Vosges en 1996. Ensemble, ils veulent incarner une nouvelle école de bande dessinée : une bande dessinée alternative à l’école franco-belge, plus indépendante. De nombreuses collaborations vont découler de cet événement. Christophe Blain devient l’illustrateur de ses amis auteurs et scénaristes. En 1997, il réalise les dessins de la première série de David B., Hiram Lowatt et Placido, publiée par Dargaud. Christophe Blain se fait remarquer du grand public en illustrant les quatre premiers tomes de la série Donjon Potron-Minet de Joann Sfar et Lewis Trondheim, publiés entre 1999 et 2006 par Delcourt.

À ce moment-là, Christophe Blain se lance de manière autonome dans la bande dessinée. Sa première publication en 1999 comme dessinateur et scénariste est l’album Le Réducteur de vitesse, chez Dupuis. Dans ce récit autobiographique, Christophe Blain se met en scène dans un bateau gris de la Marine. Les bateaux sont des jouets énormes et les marins ont des physionomies excessives. Christophe Blain, le marin qui est personnage principal, se réfugie dans les entrailles du navire pour échapper au mal de mer et à l’ordre militaire. Cet univers révèle sa fascination pour les grosses machines et fait écho à son expérience dans la Marine nationale lors de son service militaire. 

Christophe Blain enchaîne les succès avec la publication des séries Isaac le pirate en 2001 et Gus en 2007, par l’éditeur Dargaud. Isaac le pirate reçoit le Fauve d’Or à Angoulême en 2002 pour le deuxième tome : Les Amériques. Cette bande dessinée raconte l’histoire d’un peintre qui embarque sur un navire et se retrouve à faire le tour du monde. Avec la série Gus, Christophe Blain réalise son rêve d’écrire un western. Entre braquages, bagarres, saloons, shérifs, mais aussi femmes, il raconte les aventures sentimentales de trois cowboys. En 2017, Gus est récompensé par le prix Diagonale de la meilleure série, puis nommé en sélection officielle du Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême en 2018.

Les sujets brûlants et le dessin accessible de Christophe Blain

Christophe Blain est apprécié par les lecteurs pour sa capacité à illustrer et raconter des sujets brûlants et d’actualité. Entre 2010 et 2011, il s’associe avec Abel Lanzac, pseudonyme du diplomate Antonin Baudry, pour la série Quai d’Orsay, publiée en deux volumes par Dargaud. Cette série met en scène Arthur de Vlaminck, chargé d’écrire les discours du ministre Taillard de Vorms, qui fait référence à Dominique de Villepin. Le récit est constitué d’après des souvenirs d’Abel Lanzac lorsqu’il était stagiaire au ministère. Cette série est un vrai succès pour le duo car elle traite de la politique et des dessous des institutions étatiques, sujet qui stimule la curiosité du lecteur. Ensemble, ils sont récompensés par le Fauve d’Or du Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême, en 2013 pour Chroniques diplomatiques, le tome 2 de la série. 

Autre album dans lequel Christophe Blain se consacre à un thème d’actualité, Le Monde sans fin, publié en 2021 par Dargaud avec Jean-Marc Jancovici, membre du Haut Conseil pour le climat. Sous la forme d’un dialogue entre un optimiste convaincu et un ingénieur, la bande dessinée vulgarise les questions énergétiques. Il traite des enjeux climatiques et de l’addiction des humains aux énergies, dont le pétrole. Le dessin compréhensible et expressif de Christophe Blain et la démonstration de Jean-Marc Jancovici rendent le sujet accessible. L’album rencontre un franc succès et est en rupture de stock dès sa sortie chez les libraires. Mais il fait aussi l’objet de vives critiques concernant la position de Jean-Marc Jancovici, accusé de « défendre la cause du nucléaire ». 

Christophe Blain est aussi apprécié de ses lecteurs pour son trait nerveux, schématique et expressif. Sa palette de couleurs diffère en fonction de l’univers qu’il souhaite représenter. Pour la série Gus, il emploie des couleurs vives et primaires ; dans Quai d’Orsay, il privilégie des couleurs neutres comme le bleu marine, le beige et le noir ; Le Monde sans fin est dessiné avec des couleurs sombres qui laissent paraître l’urgence climatique. Le dessin est primordial pour Christophe Blain, il s’inspire des illustrateurs romantiques et fantastiques du XIXe siècle comme Honoré Daumier, mais aussi des peintres Gustave Caillebotte et Henri de Toulouse-Lautrec.

Christophe Blain, le crayon de l’industrie musicale

Plusieurs fois en collaboration avec des artistes, Christophe Blain prête son trait pour illustrer des albums musicaux. En 2008, il participe à l’édition spéciale de l’album Comme un manouche sans guitare de Thomas Dutronc. Avec d’autres dessinateurs, il illustre le livret qui présente le texte des chansons. Il réalise aussi le clip vidéo du single éponyme. En 2011, il dessine la pochette et le livret de l’album Je suis au paradis de Thomas Fersen.

Christophe Blain est tellement lié à l’industrie musicale qu’il y prend pleinement part en réalisant une bande dessinée musicale. De sa rencontre avec la chanteuse Barbara Carlotti pour la réalisation d’une affiche, naît la bande dessinée La Fille, publiée par Gallimard en 2013. Sur le principe des livres-disques, c’est-à-dire l’association complémentaire d’un ouvrage écrit et d’un support audio ou audiovisuel, Christophe Blain conçoit la bande son comme une musique de film. Le trait de Christophe Blain se mêle à la voix de Barbara Carlotti qui incarne la narratrice et l’héroïne. Pour le cowboy fou amoureux de la Fille, c’est Christophe Blain qui est à la fois au dessin et à la voix. Pour les autres voix, les deux auteurs les ont choisies dans un casting à la manière des doubleurs et doubleuses des films de Quentin Tarantino.

La cote de Christophe Blain sur le marché de l’art

Enfin, pour couronner le succès de sa carrière, Christophe Blain est présent sur le marché de l’art. Ses originaux sont régulièrement proposés à la vente. Les séries de Gus et Isaac le Pirate atteignent des adjudications records. En décembre 2022, un dessin original à l’encre de Chine représentant le personnage Gus a été adjugé à 5 000 €. En 2013, une encre de Chine de la planche 43 de l’album Les Amériques, tome 2 de la série Isaac le pirate s’est envolée à 6 316 €. Vous souhaitez faire expertiser une œuvre de Christophe Blain et recevoir son estimation ? Remplissez votre demande via notre formulaire en ligne. Faites estimer une œuvre de Christophe Blain en quelques clics et vous recevez une réponse en 48h. C’est gratuit et totalement confidentiel !   

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Estimation gratuite François Schuiten

François Schuiten

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Estimation et cote de l'artiste François Schuiten

François Schuiten est un auteur talentueux. Ayant commencé à seize ans, sa longue carrière est riche de séries poétiques qui mettent en scène les villes et les engins à moteur. Fasciné par cet univers, avec François Schuiten, le lecteur plonge dans des réalités parallèles pour suivre l’histoire de différents personnages farfelus. Découvrez ici l’histoire de François Schuiten et ses œuvres emblématiques. Besoin d’une expertise François Schuiten ? Contactez l’équipe d’Estimon’objet !

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Prodige de la bande dessinée belge, qui est François Schuiten ?

François Schuiten est un auteur de bande dessinée et scénariste belge né le 26 avril 1956. Précoce dans le milieu de la bande dessinée, il publie sa première histoire courte, Mutation, entièrement dessinée au stylo Bic, dans l’édition belge Pilote, alors qu’il n’a que seize ans. Étudiant à l’Institut Saint-Luc de Bruxelles, il fait partie de l’atelier de bande dessinée animé par Claude Renard, également auteur et professeur de bande dessinée belge. Pendant plusieurs années, François Schuiten publie des bandes dessinées dans des périodiques dédiés. Parmi ses publications, en 1977, en collaboration avec son frère Luc Schuiten, il publie Les Terres creuses, dans le magazine Métal hurlant, édité par les Humanoïdes associés. Le lien entre Claude Renard et François Schuiten s’illustre dans leur publication commune de deux albums : Aux médianes de Cymbiola en 1979 et Le Rail en 1981.

En 1983, François Schuiten publie le premier tome de sa série mythique Les Cités obscures dans la collection « (À Suivre) » aux éditions Casterman. Puis, onze albums et quatorze hors-série sont édités et traduits dans une dizaine de langues. La particularité de cette série réside dans l’indépendance de chaque album : plusieurs cités-états sont mises en scène avec des personnages et péripéties qui leur sont propres. Cet univers onirique de villes urbaines peuplées de vaisseaux, de tramways marins, de voitures volantes séduit le jury de plusieurs festivals. François Schuiten et Benoît Peeters, scénariste, reçoivent la fièvre d’Urbicande du prix du meilleur album du festival d’Angoulême, en 1985. En 2013, ils reçoivent le Grand Prix Manga au Japan Media Arts Festival. Ce festival de l’Agence pour les Affaires culturelles du Japon décerne chaque année, depuis 1997, un Grand Prix dans quatre catégories : arts numériques, jeux vidéo et sites web, animation et manga. François Schuiten n’est pas seulement auteur de bande dessinée. Affiches, illustrations, sérigraphies et lithographies constituent sa production. Il se diversifie en participant à la conception de plusieurs films, de scénographies d’opéra et de spectacles. 

Les inspirations de François Schuiten

Les inspirations de François Schuiten sont multiples et rattachées à son histoire familiale. Passionné de Jules Verne, il regarde avec attention les illustrations de ses ouvrages et certains lieux et personnages iront même jusqu’à se retrouver dans ses dessins. Né dans une famille d’architectes, François Schuiten reste marqué par l’empreinte de ce métier. Son père joue une importance capitale dans sa formation en lui apprenant à observer attentivement son environnement. Cette passion de l’architecture et de l’urbanisme s’incarne dans la ville de Bruxelles, source inépuisable d’inspiration. Tout cet univers est remarquable dans la série des Cités Obscures : les cités-états indépendantes abritent une civilisation distincte caractérisée par un style architectural particulier, tantôt futuriste, tantôt médiéval. 

François Schuiten est ferroviphile, passionné par les trains, ce qui se reflète dans son univers artistique. Il dessine des trains rapides japonais, des TGV français et des anciennes locomotives. Au-delà de ses dessins, François Schuiten a notamment scénographié la station de métro parisien “Arts et Métiers” en sous-marin Nautilus. En 2012, François Schuiten évoque la rencontre fortuite avec une locomotive Type 12 et décide de lui consacrer un album en noir et blanc, titré La Douce. Il souhaite que son dessin sente la fumée et le charbon. Pour donner cette sensation, François Schuiten utilise uniquement les nuances de noir et blanc. Son dessin est chargé en couleur sombre et donne l’impression d’un ouvrage poussiéreux tout droit venu de la mine. La machine est construite en 1935, mise en service en 1939 pour la locomotive à vapeur. François Schuiten renoue avec les dessins industriels de la fin du XIXe siècle dans un monde en plein essor. La locomotive a une forme aérodynamique et donne l’impression de fendre l’air. Les lignes de fuite, les obliques et les traits hachurés renforcent la sensation de vitesse.

Plusieurs artistes rythment son œuvre. Il se réclame de la manière d’Hugh Ferriss et Antonio Sant’elia, mais aussi de l’art de Pieter Brueghel l’Ancien. Le lien entre le style de François Schuiten et celui de ces artistes est le plus visible dans son album La Tour de la série des Cités Obscures. La Tour, un monument plutôt médiéval, rendu par l’emploi de nuances chaudes, se réfère explicitement aux toiles de Brueghel l’Ancien et d’Eugène Delacroix. En 2019, après plusieurs expositions, François Schuiten se retire du monde de la bande dessinée, considérant qu’il a fait le tour de sa carrière.

La cote de François Schuiten, bien établie après une entrée tardive sur le marché de l’art

François Schuiten fait une entrée tardive sur le marché de l’art. Plusieurs facteurs sont responsables de ce retard, à commencer par la rareté de ses planches sur le marché, en raison d’un don conséquent de l’artiste lui-même. C’est un auteur qui ne souhaite initialement pas vendre ses planches. Pour protéger son œuvre, François Schuiten fait don de 1 200 planches à des institutions belges et françaises en 2013. La Bibliothèque nationale de France possède ainsi une riche collection de planches de l’auteur. En parallèle, François Schuiten décide de mettre en vente une trentaine d’œuvres pour enfin entrer sur le marché de l’art contemporain. C’est un moyen pour lui d’attirer de nombreux collectionneurs européens qui recherchent dans la bande dessinée le caractère figuratif de l’art contemporain. Sa cote sur le marché des ventes aux enchères est bien établie, et ses planches battent des records. Par exemple, une planche des Cités Obscures a obtenu le montant d’adjudication de 10 000 € en 2016. En 2023, la vente d’une planche originale de son dernier album La Douce a atteint la somme de 12 060 €. François Schuiten devient alors l’auteur de bande dessinée belge le plus cher dans son domaine

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(Illus.) Cartel : François Schuiten et Benoît Peeters, Les Cités obscures, Le retour du capitaine Némo, Tome 12, Casterman, 2023

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Estimation gratuite Nicolas de Crecy

Nicolas de Crécy

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Estimation et cote de l'artiste Nicolas de Crécy

Nicolas de Crécy est un passionné d’histoire de l’art. Son grand défi est de l’associer au monde moderne de la bande dessinée. Ses réalisations complètes, dans lesquelles il réalise le scénario, le dessin et les couleurs, ont à cœur d’initier les lecteurs à l’histoire de l’art en passant par la narration et l’illustration.Découvrez ici l’histoire de Nicolas de Crécy et ses œuvres emblématiques. Besoin d’une expertise Nicolas de Crécy ? Contactez l’équipe d’Estimon’objet !

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Passionné d’histoire de l’art et auteur de bande dessinée, qui est Nicolas de Crécy ?

Nicolas de Crécy est un auteur de bande dessinée et artiste français, né le 29 septembre 1966. Il se forme à l’École supérieure de l’image d’Angoulême. Diplômé en 1987, il reçoit un Prix pour « la liberté de ses sujets et son audace communicative. » Après un passage dans la réalisation de plusieurs films d’animation, Nicolas de Crécy se lance dans la bande dessinée. En 1989, il adapte le roman Bug-Jargal de Victor Hugo, en collaboration avec Sylvain Chomet, aux éditions Ikusager. En 1991, sa première bande dessinée Foligatto, sur un scénario d’Alexios Tjoyas raconte l’histoire d’un castrat dans une cité italienne du XVIIIe siècle. Dans sa bande dessinée, il cherche à intégrer un vocabulaire issu de l’histoire de l’art. Il expérimente la gouache, l’aquarelle et l’acrylique. Alors qu’il est encore novice dans le milieu de la bande dessinée, l’album est salué par la critique et remporte plusieurs prix.

Entre 1994 et 2002, il publie la trilogie Le Bibendum céleste, aux Humanoïdes associés. Dans cette série, le personnage principal est un phoque unijambiste qui débarque à New-York-sur-Loire, ville imaginaire. Nicolas de Crécy mêle l’architecture de la ville américaine à celle des châteaux de la Loire. Ainsi, se confrontent la verticalité des building américains aux volumes des châteaux de la Renaissance. Dans la série Léon sur la came qui fait la satire d’une société post-industrielle et néo-libéraliste, parue entre 1993 et 1998 chez Casterman, Nicolas de Crécy confirme son style original par l’emploi de moyens techniques simples et de traits rapides ; alors que pour ses séries précédentes il employait un style très détaillé.

Nicolas de Crécy, auteur de bande dessinée aux influences multiples

Nicolas de Crécy s’inspire beaucoup de l’histoire de l’art. Il reprend, de l’expressionnisme allemand de Georges Grosz et Emil Nolde, mais aussi des gravures sur bois d’Otto Dix, un trait vif et noir. Il est aussi marqué par la peinture des XIXe et XXe siècle, plus particulièrement par l’œuvre de David Hockney, Edward Hopper, Egon Schiele et Oskar Kokoschka. Pour la colorisation de ses planches, Nicolas de Crécy s’appuie sur des classiques de la bande dessinée utilisant des aplats de couleur : Tintin, Astérix et Lucky Luke. Son intérêt pour l’histoire de l’art est tel qu’il y consacre une série entière, Période glaciaire, en 2005, nous poussant à réfléchir sur la conservation des images dans notre société. 

Il met en scène, dans un monde futuriste, des explorateurs accompagnés de cochons parlant qui découvrent le musée du Louvre sous la neige et tentent de retracer l’histoire de l’humanité à travers des œuvres du musée. Nicolas de Crécy y cite les œuvres de Jérôme Bosch, Eugène Delacroix et Gustave Corot, mais aussi des antiquités grecques et babyloniennes. Toujours avec humour, Nicolas de Crécy invente des personnages attachants, plus ignorants que lui lorsqu’il s’est retrouvé devant les œuvres du Louvre. Les planches et dessins de cette série ont fait l’objet d’une exposition au musée du Louvre en 2009.

Après ces succès, Nicolas de Crécy s’éloigne de la bande dessinée et se consacre à la pratique du dessin pour y rechercher le narratif, c’est-à-dire raconter une histoire à travers le dessin, sans passer par le scénario. Dans ses dessins, son style reste proche de sa bande dessinée et il y a une vraie continuité entre les deux médiums. Il fait son grand retour en 2015 avec une bande dessinée publiée au Japon, La République du catch, réalisée en partie lors d’un séjour à la Villa Kujoyama de Kyoto. Le récit est d’abord édité en quelques épisodes entre août 2014 et mars 2015 dans la revue japonaise Ultra Jump. Nicolas de Crécy se place dans un univers qui parle au lecteur japonais, sans pour autant évoquer directement le pays. Cette publication au Japon illustre les liens forts qu’entretient Nicolas de Crécy avec ce pays, dans lequel il fait plusieurs séjours. C’est un des rares auteurs européens à être traduit dans le pays du manga.

Auteur consacré par les institutions culturelles, quelle est la cote de Nicolas de Crécy ?

Nicolas de Crécy est un auteur présent sur le marché de l’art : en salle des ventes, en galerie, mais aussi dans les institutions culturelles. La Biennale du neucième art de Cherbourg de 2023 est consacrée à Nicolas de Crécy. De même, l’exposition « Etranges citées » au musée Thomas Henry présente cent trente œuvres de l’artiste représentant des villes réelles ou fantasmées, dont Cherbourg. Pour la représentation de cette ville, Nicolas de Crécy s’intéresse à l’architecture. La ville portuaire devient le sujet. L’atmosphère navale est perceptible dans ses gravures par la perspective faussée et des éléments distordus tandis que les cadrages serrés mettent en valeur les navires et les sous-marins. Cette consécration par le musée cherbourgeois montre la qualité de ses illustrations et l’importance de l’auteur dans le monde de la bande dessinée et dans le monde muséal. Si la représentation des villes par Nicolas de Crécy attire tant d’admirateurs dans les musées, ces derniers sont également présents sur le marché de l’art. Sa cote est croissante et atteint des records. En 2013, une vue de la ville « New York sur Loire » atteint la somme de 16 421 €.

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Estimation gratuite Winshluss

Winshluss

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Estimation et cote de l'artiste Winshluss

Winshluss est une figure originale dans le monde de la bande dessinée. Reconnaissable par son humour noir et cynique, il raconte avec ironie l’Amérique des années 1930 et 1950, considérée par la société capitaliste comme modèle insubmersible. Winshluss dresse le constat de ce paquebot de croisière qui prend l’eau. 

Ses dessins sont presque “disneyiens” puisqu’il détourne les codes des histoires pour enfants en plaçant ses personnages dans des situations macabres. Découvrez ici l’histoire de Winshluss et ses œuvres emblématiques. Besoin d’une expertise Winshluss ? Contactez l’équipe d’Estimon’objet !

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Winshluss, auteur de bande dessinée aux multiples casquettes

Vincent Paronnaud, alias Winshluss, est auteur de bande dessinée, cinéaste et artiste français. Auteur autodidacte, il développe un travail extrêmement narratif au cours de ses séries. En 1995, il publie ses premiers travaux dans le fanzine Les Aventures de Miguel. Ce fanzine est une publication de faible diffusion entre passionnés de science-fiction, de bande dessinée et de cinéma, moyen pour Winshluss d’avoir un premier pas dans le milieu. En 1999, commence une solide collaboration entre Winshluss et la maison d’édition Les Requins Marteaux par la publication de son album Super Negra. Il leur reste fidèle toute sa carrière. À travers les planches de cet album, Winshluss affirme son style graphique très personnel par un trait acéré qui reflète la noirceur de son propos cynique et corrosif. 

Cet album pose les prémisses de sa marque de fabrique, son humour noir et parfois immoral. Winshluss et l’auteur Cizio, son acolyte de toujours, publient ensemble plusieurs albums dans lesquels ils se moquent, avec ironie, de la réalité de notre société (Wizz et Buzz, Delcourt, 2006).En 2007, Winshluss est récompensé dans sa carrière de cinéaste pour le film Persepolis, réalisé sous son vrai nom, Vincent Paronnaud, avec Marjane Satrapi, elle aussi auteur de bande dessinée. Ils reçoivent ensemble le Prix du Jury du Festival de Cannes et deux Césars en 2008. Le film est nommé aux Oscars la même année. Artiste touche-à-tout, Winshluss pratique presque tous les médiums artistiques : dioramas, tableaux mêlant crayons de couleur, feutre mais aussi peinture, sculptures et films d’animation.

L’écriture comme exutoire face à la vision du monde par Winshluss

Winshluss fait paraître son album Pinocchio, livre d’adaptation de Carlo Collodi, publié en 2008 chez Requins Marteaux. Il reprend les événements et personnages du roman éponyme pour en faire une parodie. Il s’attaque au libéralisme et à la mondialisation en détournant le personnage de Pinocchio : enfant robot destiné à être vendu comme arme de guerre. Il parcourt le monde et assiste naïvement à des scènes d’horreur provoquées par l’Homme. Il évoque et détourne d’autres contes pour enfants comme Blanche Neige et les Sept Nains. Pour cet album, Winshluss reçoit plusieurs distinctions. Par exemple, en 2009, il reçoit le Fauve d’or, prix du meilleur album du Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême. L’album est même traduit en anglais et diffusé en Europe.

Winshluss détourne sans cesse les codes de représentation. Son style coloré a pour but de faire passer des messages très crus, violents, immoraux et cyniques. En 2013, son album In God we trust, est la version d’une Bible dans laquelle Dieu et Superman s’affrontent. Son dernier album J’ai tué le soleil, paru en 2021, est une véritable analyse de l’être humain. Ce récit post-apocalyptique met en scène Karl qui tente de survivre dans un monde où les humains sont décimés par une terrible pandémie. Ce personnage a un projet particulier : il veut tuer le soleil. Winshluss utilise les codes du récit survivaliste et l’humour pour adoucir le pathos de son récit. Il rend compte des âmes humaines tourmentées grâce à des dessins en grisaille au trait nerveux. Ce dernier album se distingue de ses albums précédents puisque le lecteur est directement confronté à la violence des scènes. Il n’emploie plus de couleurs douces et chaleureuses dans le but de faire passer des messages très crus.

À travers ses albums, Winshluss réaffirme son humour bien à lui : proche du macabre, parfois immoral, qui détourne et travestit les mythes. Son propos corrosif et cynique est incarné par plusieurs motifs fréquemment employés dans son œuvre. L’action de tuer le soleil est, pour lui, une manifestation de la colère. Le papillon en flammes évoque la fragilité de la vie. L’écriture est, pour lui, un exutoire, un moyen ludique de constater l’absurdité du monde. Mais sa bande dessinée n’est pas, selon l’auteur, engagée. Winshluss évoque plutôt un constat de la société dans laquelle il évolue. Il se place en observateur du monde.

Winshluss, l’auteur qui ne recherche pas la célébrité

Winshluss est, malgré lui, présent dans les institutions et sur le marché de l’art. C’est un auteur qui ne recherche pas la célébrité. Il reste en marge des autres auteurs de bande dessinée et refuse les schémas du marketing et de grande diffusion. Pourtant, cette conception de la personnalité de l’auteur ne lui empêche pas de faire l’objet d’expositions. En 2013, il est exposé dans la galerie des jouets du musée des Arts Décoratifs de Paris « Winshluss, un monde merveilleux ». Dix ans plus tard, en décembre 2023, son exposition prend place à la galerie Georges-Philippe & Nathalie Vallois à Paris sous le nom de « Something is burning ». 

Il expose des dessins aux couleurs acidulées, jaunes, rouges et roses, qui donnent une sensation d’embrasement. À travers ces dessins, Winshluss pose la question centrale de son œuvre : « Quelle place reste-t-il à l’individu dans la société ? ». Le spectateur est alors plongé dans le tumulte de la guerre et de la violence. En résonance et contraste avec ces œuvres, Winshluss expose les planches de sa bande dessinée J’ai tué le soleil. Sa personnalité discrète se reflète dans le marché de l’art. Peu présent dans les salles de vente, quelques lots ont déjà été proposés aux enchères. En 2013, la planche 16 de son ouvrage Pinocchio atteint un montant d’adjudication de 3 537 €.

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(Illus) Cartel : Winshluss, Pinocchio, Les Requins Marteaux, 2008

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Estimation gratuite Olivier Ledroit

Olivier Ledroit

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Estimation et cote de l'artiste Olivier Ledroit

Bien qu’Olivier Ledroit ait dû faire face à certains obstacles au cours de sa carrière, il est aujourd’hui considéré comme précurseur et leader dans la bande dessinée gothique d’inspiration médiévale-fantastique. 

Son processus créatif élaboré et réfléchi lui permet de représenter des univers aussi bien violents que féériques avec autant de talent. Découvrez ici l’histoire d’Olivier Ledroit et ses œuvres emblématiques. 

Estimation gratuite Olivier Ledroit

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Un début de carrière difficile pour l’auteur de bande dessinée Olivier Ledroit 

Olivier Ledroit est un dessinateur de bande dessinée français, né le 3 juin 1969. Après ses études à l’École Supérieure des Arts Appliqués Duperré à Paris, il collabore avec l’auteur Froideval pour la série Chroniques de la Lune noire, publiée en 1989. Il dessine les cinq premiers volumes de cette série et l’intégralité des couvertures. Cette série va avoir une grande influence sur son style et l’univers qu’il va déployer durant les premières années de sa carrière. En 1994, il publie son diptyque Xoco, sur un scénario de Thomas Mosdi, édité par Vents d’Ouest. Ce polar fantastique au trait très graphique reprend le style gothique et macabre des Chroniques de la Lune noire.  
 
Plusieurs collaborations sont marquantes dans la carrière d’Olivier Ledroit, en particulier
celle avec Pat Mills. Ils publient ensemble la série Sha, entre 1996 et 1998, aux éditions Soleil. D’une part, les ventes de cette série ne sont pas fructueuses et conduisent au début d’une rupture avec la maison d’édition. D’autre part, la publication du premier ouvrage complet d’Olivier Ledroit en 1998, La Porte écarlate, fait face à des résultats de vente décevants. Cela va conduire Olivier Ledroit et Pat Mills à s’associer avec Jacques Collin pour co-créer la maison d’édition Nickel Productions. 

Olivier Ledroit et sa collaboration avec Pat Mills, la clé du succès 

Avec Pat Mills, Olivier Ledroit va connaître le succès tant espéré. Pat Mills écrit des scénarios assez brefs et Olivier Ledroit y fait des ajouts. Pour lui, la prouesse de Mills réside dans sa capacité à intégrer de nouveaux personnages dans chaque épisode. Ensemble, ils publient la série Requiem, Chevalier Vampire en 2000. Dans cette série de douze tomes, les mortels se réincarnent en monstres selon leurs actions passées. Le style met de plus en plus en avant l’ambiance sanglante et violente de la série, avec une surenchère à chaque épisode. Il utilise la couleur, le découpage des cases et le contraste pour donner une impression de violence. Chaque tome est caractérisé par une couleur dominante, même si la couleur rouge reste majoritaire. Les quatre premiers albums sont déconcertants par l’agencement des cases et l’association des couleurs, effet voulu par Olivier Ledroit. Bien que publiée au début des années 2000, cette série est toujours en vogue dans le milieu de la bande dessinée. Une exposition était dédiée à Requiem au Festival de la Bande Dessinée d’Angoulême de 2024. 

La première moitié de l’exposition était consacrée à une rétrospective des premiers tomes et aux couvertures grands formats de la nouvelle édition. La seconde moitié se concentrait sur le tome 12 et présentait des objets, des sculptures et des carnets de croquis en lien avec la série. Proche de ses lecteurs, Olivier Ledroit a offert une sérigraphie à chaque lecteur venu déguisé en vampire. Cet événement témoigne de son goût pour le cosplay, pratique de jeu de rôle qui consiste à imiter un personnage de fiction en portant un costume identique, et lui permet de renouer avec les dédicaces nocturnes de ses débuts, faites dans des bars. Cette série a fait l’objet d’une réédition chez Glénat en 2016. Publiée à l’international, aux États-Unis, en Angleterre et en Allemagne, la série a eu beaucoup de succès auprès du public et de la critique. La maison d’édition va publier une suite inédite le 24 avril prochain et a prévu de sortir le dernier tome en 2025. 

Les choix créatifs d’Olivier Ledroit, adaptés à ses multiples univers

Le style d’Olivier Ledroit se caractérise par son inspiration médiévale-fantastique. Ce nouveau style de bande dessinée gothique apparaît dans les années 1990. Olivier Ledroit est alors le chef de file des auteurs fascinés par l’heroic fantasy, les jeux de rôle et la nouvelle bande dessinée anglo-saxonne. La bande dessinée gothique se traduit par des canons esthétiques et une vision du corps comme forme d’idéalisation. Le corps devient un lieu de recherche artistique à part entière. Dans ses dessins, Olivier Ledroit porte une attention particulière à la coiffure, au maquillage, aux costumes et aux bijoux. Son style est reconnaissable par un graphisme détaillé. Il utilise des techniques d’aquarelles et un trait de crayon peu marqué, le rapprochant de l’illustrateur John Howe.  
 
En fonction de l’effet recherché, Olivier Ledroit varie les procédés de dessin et de colorisation de ses planches. Il abandonne les dessins séparés et travaille directement sur la planche. Pour un monde féérique, il utilise davantage l’aquarelle. Pour un univers violent, il préfère employer l’acrylique qui permet des couleurs denses. Olivier Ledroit explique recourir à l’outil informatique uniquement pour rajouter des bulles et des cases dans son dessin. Il ne retouche jamais les couleurs car elles perdent toute leur matérialité à l’impression.  

La pratique de la peinture dans la bande dessinée d’Olivier Ledroit 

Son style évolue tout au long de sa carrière. En 2005, il publie chez Daniel Maghen un recueil d’illustrations, Univers féérique. Ce recueil regroupe des dessins inédits de l’artiste représentant des créatures imaginaires. Il tranche avec son style habituel en mettant en scène un univers doux et calme. En 2014, sa nouvelle bande dessinée Wika, sur un scénario de Thomas Day, en trois tomes chez Glénat, mêle le conte de fées et l’univers steampunk. Le steampunk, ou rétrofuturisme, est un genre littéraire né à la fin du XXe siècle qui inclut les œuvres littéraires dont l’action se déroule dans une atmosphère victorienne, mais aussi les œuvres fantastiques, de fantasy et d’anticipation. 

Ici, Olivier Ledroit met en scène un univers féerique. Dans cette série, il expérimente l’apport de matières : il introduit de la dentelle, des pièces de métal dorées ou argentées, en les collant directement sur ses dessins. L’utilisation de l’aquarelle et de l’encre lui permet d’obtenir des couleurs vaporeuses, éclatantes et douces. Ce virage dans le style d’Olivier Ledroit est corrélé à sa pratique de la peinture. Il constate effectivement avec déception que l’impression des planches fait disparaître les jeux de matières et de transparence. A l’inverse, tout cela reste en peinture. Sa pratique de la peinture, importante, lui permet de vendre ses tableaux dans la galerie Glénat. Comme complément à sa pratique artistique de la bande dessinée, la peinture finit par entrer en résonance avec celle-ci, permettant les effets que l’impression exclut. Olivier Ledroit est un auteur connu pour la cote importante de ses originaux, aussi bien en galerie qu’en vente publique. En 2023, l’adjudication d’une planche du tome 9 de la série Requiem, Chevalier Vampire, a atteint la somme de 3 280 €. 

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(Illus.) Cartel  : Olivier Ledroit et Thomas Day, Wika, édition Intégrale collector, Glénat, 2023 

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Estimation gratuite Charles Berberian

Charles Berberian

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Estimation et cote de l'artiste Charles Berberian

Dès son enfance, Charles Berberian dévore les livres et particulièrement les comics et les bandes dessinées. Il échange des albums dans la cour de récréation pendant que d’autres enfants jouent avec des billes. La bande dessinée franco-belge le fascine et le pousse à dessiner ses propres histoires pour agrandir sa collection. 

Au-delà du dessin, Charles Berberian grandit dans une famille guidée par la culture du livre, qui le pousse à collectionner les albums de bande dessinée jusqu’à créer les siens.Découvrez ici l’histoire de Charles Berberian et ses œuvres emblématiques.  Besoin d’une expertise Charles Berberian ? Contactez l’équipe d’Estimon’objet !

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Charles Berberian, auteur de bande dessinée entre la Méditerranée et la France

Charles Berberian est un dessinateur et scénariste de bande dessinée, né le 28 mai 1959 à Bagdad, en Irak, d’un père arménien et d’une mère grecque. Il passe son enfance au Liban. Marqué dès le plus jeune âge par la bande dessinée, Charles Berberian fait des comics américains Batman et Superman ses premières lectures. La découverte de la bande dessinée franco-belge, comme Astérix, Lucky Luke et Buck Danny, interrompt sa passion pour les comics. Il a une vraie révélation pour l’album Le combat des chefs de René Goscinny et Albert Uderzo. Charles Berberian se met alors en quête d’un grand nombre d’albums de bande dessinée pour se créer sa collection, mais se heurte à la difficulté de se les procurer à Beyrouth. C’est ainsi qu’il commence à dessiner ses propres bandes dessinées pour agrandir sa collection. Charles Berberian parcourt le journal de Spirou, y découpe les histoires publiées et les transforme en album. En 1975, contraint de fuir son pays en guerre, il s’installe à Paris. Après une brève année en faculté de médecine, Charles Berberian suit des études d’art à l’École des Beaux-Arts de Paris.  
 
En 1983, commence une collaboration avec le dessinateur et scénariste de bande dessinée Philippe Dupuy. Ensemble, ils publient pas moins de vingt-cinq albums et illustrations, sous le nom de Dupuy-Berberian. Leur travail est vite récompensé. Leur album Le Journal d’Henriette chez Fluide Glacial remporte l’Alph-Art coup de cœur au Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême en 1989. En 1999, ils publient Monsieur Jean chez Humanoïdes associés, qui met en scène un écrivain parisien des années 1990. Cette série contribue à l’émergence de l’autofiction et du récit autobiographique, en vogue à cette époque. Pour cet album, ils reçoivent l’Alph-Art du meilleur album français. Le duo est influencé par les grands illustrateurs de l’École de Paris des années 1930 : Gus Bofa, Chas Laborde et le grand affichiste Raymond Savignac. Leur dessin, clair, limpide et direct, est très apprécié dans la publicité et ils réaliseront même des illustrations pour le célèbre négociant en vin Nicolas.

La poétique et la musique, sources du travail de Charles Berberian

Après une collaboration fructueuse avec Philippe Dupuy, Charles Berberian prend son indépendance et publie désormais des albums complets sous son seul nom. Il aime évoquer des éléments autobiographiques, plus ou moins explicites, dans ses albums. Passionné de musique, il y consacre un album en 2011 : Jukebox, chez Fluide Glacial. Il dessine des musiciens et fait voyager le lecteur à travers des souvenirs intimes et des anecdotes musicales. Pour lui, la difficulté de cet ouvrage réside dans la représentation de la musique, capturer l’insaisissable et l’impression du son. Il se rapproche alors de la démarche des journalistes de rock, de Lester Bangs aux États-Unis et de Philippe Manœuvre en France. Charles Berberian est lui-même musicien et son album, musical cette fois-ci, Tout pour le mieux est sorti en 2019. 

Charles Berberian est un dessinateur de son époque. Il croque sur papier ce qu’il voit, ce qu’il entend et ce qui l’entoure. Son dessin est simple et s’inspire de l’École belge, plus particulièrement du langage graphique de la Ligne Claire, aussi surnommé le “style Tintin”, de la fin des années 1970-1980 incarnée par Hergé. On retrouve particulièrement chez Charles Berberian le contour noir systématique, les couleurs en aplats sans effets d’ombre et de lumière ainsi que le réalisme des décors. 

Pour Charles Berberian, le dessin a le pouvoir de faire revivre des personnes disparues, « des gens qui nous manquent ». Le dessin est pour lui une retranscription poétique. De Sempé, il hérite une capacité d’observation, une manière de retranscrire le monde qui embellit tout. Charles Berberian exprime aussi son admiration pour Claire Bretécher : ses dessins lui font «  l’effet d’une belle musique  ». Son dernier album, Une éducation orientale, paru en 2023 chez Casterman, affirme son goût pour le récit autobiographique. Son désir de transmission et de mémoire l’a poussé à écrire ce roman graphique qui met en scène sa propre histoire familiale dans le chaos de Beyrouth. Riche de sa culture méditerranéenne, Charles Berberian parcourt ses souvenirs familiaux.  Charles Berberian est à la fois présent sur le marché de l’art et en galerie. En février 2021, la Galerie Barbier a exposé les planches de ses albums Une époque fantastique et Histoire secrète de la musique moderne. Les illustrations issues de sa collaboration avec Philippe Dupuy sont les plus recherchées en vente publique. En 2015, une illustration DUPUY & BERBERIAN du tome 5 de leur série Monsieur Jean a été vendue à 780 €. 

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(Illus.) Cartel  : Charles Berberian, Une éducation orientale, Casterman, 2023

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Estimation gratuite Enrico Marini

Enrico Marini

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Estimation et cote de l'artiste Enrico Marini

Enrico Marini est l’auteur de multiples séries, parmi lesquelles, Les Aigles. Cette série est la plus emblématique de son œuvre, de son goût pour la proximité historique et les dessins détaillés. Mais loin de se résumer à cela, Enrico Marini est un auteur de bande dessinée, riche en diversité et apprécié pour cela par ses lecteurs.Découvrez ici l’histoire de Enrico Marini et ses œuvres emblématiques.

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Auteur de bande dessinée à succès, qui est Enrico Marini ?

Auteur italien né en Suisse en 1969, Enrico Marini étudie le graphisme en Suisse, à l’École des Beaux-Arts de Bâle. Sa carrière débute en 1987 au Festival international de la Bande Dessinée de Sierre où il est repéré par Cuno Affolter qui le présente à l’éditeur suisse Alpen Publishers. Cuno Affolter est un collectionneur suisse de bande dessinée qui y consacre toute sa vie. Grâce à cette rencontre, l’éditeur Alpen Publishers publie les dessins d’Enrico Marini pour La Colombe de la Place rouge, sur un scénario de Marelle. 

Cet album deviendra par la suite le premier tome de sa première série, Les Dossiers d’Olivier Varèse, sur un scénario de Thierry Smolderen, prolongé par trois tomes successifs entre 1990 et 1993. En 1992, Enrico Marini crée, avec Thierry Smolderen, un personnage emblématique nommé « Gispy », un héros de chair et de sang, qui s’incarne dans six tomes entre 1993 et 2002. C’est finalement à partir de 1997 qu’Enrico Marini voit son travail récompensé par différentes distinctions. Il reçoit notamment le Prix des Libraires de Bande Dessinée pour L’Etoile du désert, un western, avec Stephen Desberg, publié chez Dargaud en 1996. 

L'univers graphique de Marini, entre bande dessinée historique et comics américains

Les inspirations d’Enrico Marini sont multiples. Il s’inspire des comics américains, des fumetti italiens, nom donné à la bande dessinée italienne, et du manga japonais. Il a une admiration profonde pour divers auteurs franco-belges, comme Moebius et Hermann, mais aussi espagnols dans les figures de Jordi Bernet et Alfonso Font, et enfin l’américain Milton Caniff, connu pour ses iconiques comics strips en noir et blanc. Riche de cet univers, le graphisme et la narration d’Enrico Marini sont caractérisés par des dessins détaillés, des personnages à la personnalité profonde, une utilisation typique de la lumière et de l’ombre pour créer une atmosphère dramatique. 

Son style s’adapte en fonction du genre et de l’ambiance qu’il souhaite représenter. Cette diversité fait la richesse de son œuvre, appréciée par ses lecteurs. Enrico Marini publie, avec Stephen Desberg au scénario, sa série de bande dessinée historique Le Scorpion, en 2000 chez Dargaud ; toujours en cours et repris par le dessinateur et coloriste Luigi Cortone. Cette série de cape et d’épées est le fruit de la collaboration entre les auteurs de L’Etoile du désert. D’abord conçue comme une adaptation des Trois Mousquetaires d’Alexandre Dumas, les auteurs décident d’innover en racontant une théorie machiavélique du pouvoir religieux. Cette série est délibérément un hommage aux films de cape et d’épées et Marini s’inspire directement des héros Zorro et Scaramouche pour créer son personnage.

Le premier tome de la série historique d’Enrico Marini, Les Aigles de Rome, est publié en 2007. Cette bande dessinée est sa première création complète. Il devient alors scénariste, dessinateur et coloriste. Cette série, vendue à plus de 530 000 exemplaires, est toujours en cours avec un sixième tome publié en 2023. Dans Les Aigles de Rome, Enrico Marini explore l’histoire antique romaine et se concentre sur un événement historique précis, la bataille de Teutobourg, une défaite majeure pour les légions romaines. Dans cet univers, Enrico Marini dépeint la dualité entre deux frères romains, Marcus et Arminius, aux personnalités nuancées, loin des stéréotypes manichéens habituels. Son intrigue est palpitante tandis qu’Enrico Marini met en scène différentes machinations politiques et les tensions entre peuples. Le graphisme d’Enrico Marini est minutieux et lui permet une restitution historique détaillée dans les costumes, les décors et les scènes de batailles. Ses choix de coloration favorisent la profondeur du dessin. 

Entre 2017 et 2018, la carrière d’Enrico Marini est à son apogée, suite à sa collaboration avec le célèbre éditeur américain DC Comics pour la réalisation du légendaire héros Batman. C’est la première fois que le héros américain est confié au crayon d’un bédéiste européen. Cette collaboration est l’occasion pour le comics américain de créer un nouvel univers, à mi-chemin entre celui du comics et celui de la bande dessinée franco-belge. L’enfance d’Enrico Marini étant bercée par Batman, il apparaît comme l’auteur parfait pour en raconter son histoire. Pour cette série, Enrico Marini ne travaille pas à partir de documents existants, il s’inspire directement de ses voyages dans les villes américaines de New-York et Chicago. Il utilise une couleur dominante, le marron, puis ajoute quelques touches colorées.

 Les planches sont dessinées à l’encre de Chine et il utilise des acryliques liquides ou fluides pour couvrir les parties claires. Enrico Marini se différencie en créant à lui seul l’ensemble de la série, alors qu’une équipe est habituellement nécessaire à la réalisation d’un comics. Sa dernière série, Noir Burlesque, publiée entre 2021 et 2022 chez Dargaud, montre son attachement profond à l’univers américain. Enrico Marini s’inspire des films noirs américains des années 1950 et des polars sombres, rythmés par le crime, la violence, la jalousie et les trahisons. 

La cote d'Enrico Marini

Enrico Marini est un auteur reconnu par le marché de l’art. Il expose ses planches en galerie, comme récemment à Paris en décembre 2023, et les fait découvrir à un public averti qui cherche à collectionner divers objets de qualité liés à la bande dessinée. Les planches de sa série de capes et d’épées, Le Scorpion, battent des records d’adjudication sur le marché de l’art français allant jusqu’à plusieurs milliers d’euros. En 2016, une encre de Chine et aquarelle pour la planche 39 du tome 8 du Scorpion, publiée en 2008 chez Dargaud a été adjugée à 9 570 €.

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Illus. Cartel : Enrico Marini, Les Aigles de Rome, Tome IV, Dargaud, 2013

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