Estimation gratuite Jacques Adnet

Jacques Adnet

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Estimation et cote de l'artiste Jacques Adnet

Jacques Adnet (1900-1984) est un architecte, un décorateur et ensemblier, ainsi qu’un créateur de design français. Il est notamment une icône du modernisme français de luxe.

Estimation gratuite Jacques Adnet

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Jacques Adnet et la création gémellaire

Jacques Adnet débute un parcours commun à l’âge de 16 ans. En effet, Jacques Adnet a un frère jumeau : Jean Adnet. Et les deux frères suivent la même formation et marquent leurs créations d’une seule et même signature jusqu’en 1928 : « J. J. Adnet ». Comme son frère, en 1916, Jacques Adnet entre à l’École des Arts décoratifs. Diplômé, il est engagé chez les décorateurs Tony Selmersheim et Maurice Dufrène. Il y apprend notamment l’art et la technique du meuble. Lorsque Maurice Dufrène devient directeur de La Maîtrise, l’atelier d’art des Galeries Lafayette, les frères Adnet le suivent. En 1925, Jacques et Jean Adnet présentent leurs céramiques sur le stand de La Maîtrise à l’Exposition internationale des Arts Décoratifs et industriels modernes. Ils créent des meubles et des objets typiques de l’Art déco. En 1927, Jacques Adnet obtient le prix Blumenthal. Puis, en 1928, Jacques Adnet reprend la direction de la Compagnie des arts français. C’est à ce moment que le parcours artistique des deux frères se sépare. Jean Adnet reste aux Galeries Lafayette. Jacques Adnet dirige la Compagnie des arts français, fondée en 1919, jusqu’à sa fermeture en 1959. Sa devise au sein de la Compagnie est « Évolution dans la tradition ».

Jacques Adnet, évolution vers le modernisme

Jacques Adnet a un esprit moderne. Il s’intéresse aux nouveautés de son époque. Pour réaliser sa décoration, il s’inspire de l’invention de l’électricité, du cinéma, de la voiture et de l’avion. Il recherche aussi à interconnecter diverses formes d’art qu’il affectionne. C’est ainsi qu’il fait appel à plusieurs collaborateurs pour œuvrer dans l’orfèvrerie, la bijouterie, la verrerie, la ferronnerie, la sculpture, la dinanderie (laiton), etc. Il s’associe notamment avec Gilbert Poillerat (décorateur et maître-ferronnier d’art français) pour l’ouvrage du métal. Jacques Adnet est l’un des premiers à marier le métal au verre dans la fabrication d’objets, de luminaires et de meubles. Jacques Adnet est captivé par l’aspect réfléchissant des matériaux. Il aime travailler le métal chromé ou nickelé, le miroir, le verre, le cristal de Baccarat, le bois laqué noir, ou encore l’opaline. Il conçoit des luminaires d’aspect véritablement nouveau et sans détail superflu. En 1934, il réalise l’architecture, la décoration et l’aménagement de l’hôtel particulier du boulevard Suchet à Paris. On y trouve son Fauteuil club ou encore son Wall mirror d’allure résolument moderne. Pour l’Exposition internationale des arts et techniques de 1937, Jacques Adnet est mandaté avec René Coulon pour la réalisation du pavillon Saint-Gobain. L’entreprise Saint-Gobain est spécialisée dans la production, la transformation et la distribution de matériaux. À l’origine, la compagnie s’appelle la Manufacture royale des glaces de miroirs. Jacques Adnet livre un superbe palais de verre tout en exposant le savoir-faire de Saint-Gobain. Il fait couler des dalles de verre sur lit de sable, il utilise des pavés de verre, le verre trempé, etc. C’est un succès étincelant et ils remportent 5 prix dont le grand prix d’architecture de l’Exposition internationale des arts et techniques dans la vie moderne. Le résultat est beau mais Jacques Adnet cherche le fonctionnalisme avant tout. Ses créations des années 1930 sont modernistes, élégantes et simples. Par la suite, sa carrière prend un tournant.

Le néoclassicisme de Jacques Adnet

Dans les années 1940, Jacques Adnet effectue un retour aux traditions décoratives et il s’oriente vers le néoclassicisme. Il élabore des meubles en bois exotiques ou en laque et il y intègre maintenant des éléments de ferronnerie. Ce sont des sculpteurs qui réalisent les piètements ou autres ferrures de son mobilier. Il est notamment en liaison avec les frères Giacometti. À eux deux, ces frères pratiquent la sculpture, la peinture, le design et le graphisme moderniste. Jacques Adnet les a connus avant la guerre mais ceux-ci ont été sous contrat avec Jean-Michel Frank (décorateur français Art déco). Ce dernier meurt en 1941 et les Giacometti collaborent avec Jacques Adnet dans une production pour la Compagnie des Arts français. Des lampes, des lampadaires et autres objets, au départ dessinés pour Jean-Michel Frank, sont alors édités. Et entre 1947 et 1949, il préside le Salon des artistes décorateurs. Durant les années 1950, il continue sa fabrication d’objets, de meubles et de luminaires en métal mais il apporte une nouvelle combinaison à ses créations. Il gaine en effet ses structures de métal avec du cuir ou bien du skaï piqué sellier. Le cuir comme le bois laqué noir sont des matériaux précieux. Mais ils sont aussi là pour apporter cette luminosité recherchée. Jacques Adnet aime la brillance commune au blanc, au « blank » (allemand) et au « black » (anglais). D’ailleurs, Jacques Adnet contribue aussi longuement au travail du cuir pour Hermès. Il développe ainsi, avec Robert Pinchon, des bureaux, consoles, sièges, tables, lampes ou lampadaires. Jacques Adnet aime la noblesse du matériau et grâce à de riches clients, il réalise des ensembles de mobilier pour des hôtels particuliers, des palaces, des appartements privés ou encore des cabinets de travail. En 1958, il est nommé officier des Arts et des Lettres par le général de Gaulle. En 1959, il cesse de diriger la Compagnie des Arts français. Il est alors nommé directeur de l’École nationale supérieure des arts décoratifs. Il occupe ce poste pendant onze ans. Il prend sa retraite à 70 ans et décède en 1984. On doit à Jacques Adnet un retour à l’ornementation dans les arts décoratifs.

Faire estimer gratuitement une œuvre de Jacques Adnet

On trouve sur le marché plusieurs pièces de mobilier ou encore des luminaires de Jacques Adnet. Avant les années 1930, sa signature représente un travail en duo avec son frère, de style Art déco. Ensuite, il signe seul ses œuvres modernes puis néoclassiques. Une belle pièce peut s’estimer entre 5000€ et 60.000€. On note toutefois un record de vente, tout récent, à 328.000€ frais inclus.

  • Le 25 octobre 2022, une Colonne éclairante (c. 1934), en bois gainé de feuilles de parchemin, avec un réflecteur en métal et une plaque « luminator », de 176 cm de hauteur, s’est vendue à 250.000€ (328.000€ frais inclus), à Paris. Le 30 juin 2021, un Plafonnier (c. 1929), de type « quadro » mais en version suspension, rare, en métal nickelé et verre, 88,5 x 83 x 83,5 cm, s’est vendu à 58.244€, au Royaume-Uni. Le 13 octobre 2022, un Ensemble de deux fauteuils (c. 1940), en bambou et en cuir, 78,7 x 67,9 x 77,5 cm, s’est vendu à 45.902€, aux États-Unis. Le 26 novembre 2019, une Lampe de table (c. 1928), en métal nickelé, bois noirci et verre dépoli, de 40 cm, s’est vendue à 30.000€, à Paris. Le 27 octobre 2022, une Méridienne avec tablettes (c. 1955), en cuir, métal, bois d’orme et tapisserie, 83 x 240 x 102 cm, s’est vendue à 10.021€, aux États-Unis. Le 27 octobre 2022, une paire de Chaises longues (c. 1950), en cuir, métal et laiton, 84 x 65 x 74 cm, s’est vendue à 7015€, aux États-Unis.

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(Illus.) Jacques Adnet, Meuble secrétaire (162 x 115,5 x 5 cm), 1937.

Meuble secrétaire à caisson cubique, à structure en doucine, en bois laqué noir ouvrant en façade par deux portes, gainé de parchemin et à serrure circulaire en laiton doré. Il ouvre sur un intérieur en chêne composé d’un abattant, de niches ouvertes et d’étagères. Conservé au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris.

En lien avec Jacques Adnet

Estimation d’objet d’art en ligne : comment faire ?

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Estimation gratuite Gilbert Poillerat

Gilbert Poillerat

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Estimation et cote de l'artiste Gilbert Poillerat

Gilbert Poillerat (1902-1988) est un décorateur et maître-ferronnier d’art français. Ses œuvres incarnent l’élégance à la française.

Estimation gratuite Gilbert Poillerat

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La formation de Gilbert Poillerat

Gilbert Poillerat est né dans le Loir-et-Cher. Il commence sa formation en montant sur Paris où il entre à l’École des Beaux-Arts. Après quoi, il intègre la célèbre École Boulle. Il s’y exerce au travail de la ciselure et de la forge. En 1921, il en ressort avec le diplôme de graveur sur métal. Ensuite, il travaille auprès du ferronnier d’art Edgar Brandt pendant plusieurs années. Edgar Brandt est un expert du fer forgé. Gilbert Poillerat apprend à ses côtés l’art de la ferronnerie décorative. Tandis qu’Edgar Brandt s’illustre dans l’Art déco, Gilbert Poillerat s’inspire plutôt de l’art du XVIIe et XVIIIe siècles pour ses réalisations. En 1925, à l’Exposition des arts décoratifs et industriels modernes, le talent de Gilbert Poillerat est une première fois présenté au public. Sa contribution est exposée dans le Pavillon du Collectionneur de manière anonyme, pour Edgar Brandt. En 1927, à 25 ans, Gilbert Poillerat travaille maintenant avec l’entreprise de construction métallique Baudet, Donon et Roussel. Il est affecté au département des éléments décoratifs de la ferronnerie. Dès l’année suivante, au Salon d’Automne de 1928, il présente ses créations. L’anonymat est levé.

Gilbert Poillerat et la consécration

Dans les années 1930 et 1940, Gilbert Poillerat produit des meubles variés, des luminaires, des grilles, des éléments architecturaux, etc. Ses formes sont fluides, il puise son inspiration dans la nature et dans le style Néo-baroque. En 1931, il participe à l’Exposition coloniale. En 1937, il est exposé à celle des Arts et Techniques. Son style est empreint de fantaisie et d’humour. Le fer ne vient pas accessoiriser son œuvre mais il en est l’ornement phare. De par ses sources d’inspiration, Gilbert Poillerat fait se côtoyer des éléments ornementaux très éclectiques. Il parvient à équilibrer ses compositions pouvant mêler des éléments Rococco, Directoire, ou bien du style Louis XIV. Ses œuvres séduisent et bientôt il réalise des chantiers monumentaux. Gilbert Poillerat marque la ferronnerie d’art du XXe siècle par son style emblématique de l’élégance à la française. Il répond à des commandes publiques. Il réalise notamment les portes du Palais de Chaillot, les grilles ou encore les luminaires du restaurant de la Tour Eiffel. Il répond aussi à des commandes officielles pour l’Hôtel Matignon, l’Élysée, ou encore la grande synagogue de la Paix de Strasbourg. Il orne également des résidences particulières de balcons, de majestueuses rampes d’escalier et autres balustrades aux arabesques poétiques. Gilbert Poillerat travaille aussi en collaboration avec des ensembliers. Il affectionne par exemple Jacques Adnet, André Arbus ou Jean Pascaud. En 1946, il quitte l’entreprise Baudet, Donon et Roussel. Leur collaboration a duré presque 20 ans. Sans se détourner du design, il se dirige alors vers l’enseignement.

L’évolution stylistique de Gilbert Poillerat

En 1946, Gilbert Poillerat devient professeur à l’École Nationale des Arts Décoratifs. Il occupe ce poste pendant 26 ans. De 1948 à 1952, il conçoit des cartons de papier-peint en édition d’art. Gilbert Poillerat n’a pas oublié ses années aux Beaux-Arts. Il s’attèle à cette tâche pour un ami, Georges Zérapha. Le but est de créer une collection de prestige mais pour le grand public. C’est un travail qui a réuni plusieurs artistes : Leonor Fini, Maurice Brianchon, Jacques Flandin, René Fumeron, Colette Guéden, Simone Godquin, Odette Martin-Girard et Raymond Peynet. Durant cette période d’après-guerre, le style de Gilbert Poillerat évolue vers le Néo-classicisme. Dans les années 1950, il délaisse la courbe au profit des formes géométriques. Et au cours des années 1960, son style tend à s’épurer, ses conceptions sont plus simples et dans l’air du temps. Il emploie alors plus souvent le bronze, l’acier et le miroir pour ses réalisations. Gilbert Poillerat s’inscrit dans la lignée des artisans du Grand Siècle avec une technique parfaite qu’il magnifie de son style personnel. Dans les années 1970, il retourne à la peinture de ses débuts. Il décède en 1988, à l’âge de 86 ans, au terme d’une belle carrière.

Faire estimer gratuitement une œuvre de Gilbert Poillerat

La production de Gilbert Poillerat se vend aujourd’hui généralement à plusieurs dizaines de milliers d’euros. Une belle pièce peut se situer entre 25.000€ et 40.000€. Parfois, l’adjudication est plus forte comme pour ce miroir vendu à 161.366€ le 25 mars 2021.

  • Le 23 mars 2017, un Guéridon, décoré des signes du zodiaque et d’une rose des vents (c. 1940), en verre églomisé et fer forgé, 50,5 x 84,5 cm, s’est vendu à 41.000€, à Neuilly-sur-Seine.
  • Le 1er juin 2017, une Console (1950-55), en marbre, bronze, laiton, 95,5 x 220 x 40 cm, s’est vendue à 35.000€, à Paris.
  • Le 25 septembre 2019, un ensemble de 6 Chaises, dossier bandeau en acier, bronze patiné et doré, fer doré et textile, s’est vendu à 30.426€, en Suisse.
  • Le 21 avril 2022, une Table à piètement, en fer forgé, patiné doré, en travertin, 73 x 110 cm, s’est vendue à 23.000€, à Paris.
  • Le 30 septembre 2021, une Lanterne, (c. 1940), en acier et en verre, 200 x 60 cm, s’est vendue à 37.000€, à Paris.
  • Le 25 mars 2021, un Miroir, (1948), rare, en fer forgé doré patiné, 161 x 76 x 5 cm, s’est vendu à 161.366€, aux États-Unis.

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Estimation gratuite François Raty

François Raty

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Estimation et cote de l'artiste François Raty

François Raty (1928 – 1982) est un céramiste d’art. Il fait partie des célèbres potiers de Vallauris. Vous possédez une céramique François Raty dont vous souhaitez connaitre la valeur ? Contactez les experts d’Estimon’objet pour une expsertise gratuite, rapide et confidentielle de votre céramique !

Estimation gratuite François Raty

Prix des œuvres de François Raty

  • Céramiques et vases émaillés : entre 600 € et 2 000 €

  • Sculptures et pièces uniques : entre 2 000 € et 6 000 €

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François Raty en route vers Vallauris

François Raty naît à Paris dans l’entre-deux-guerres. Il est issu d’une famille de grands industriels. En 1946, à l’âge de 18 ans, il entre à l’Académie de la Grande Chaumière. Il y étudie le dessin et la peinture pendant deux années. Il y fait la rencontre de Guillaume Met de Penninghen, futur artiste peintre et céramiste. En 1951, François Raty quitte Paris pour Vallauris, dans les Alpes-Maritimes. Depuis la fin du XIXe siècle, de nombreux ateliers et manufactures de céramistes se sont installés dans la région de Vallauris. L’endroit est réputé pour sa céramique. Et en 1947, Pablo Picasso vient s’y installer pour s’activer à l’atelier Madoura. Sa présence attire de nouveaux potiers. François Raty qui se choisit cette voie artistique, s’y rend pour apprendre la technique auprès de René Maurel. Il y rencontre plusieurs autres artistes : Gilbert Valentin, Robert Perot, Alexandre Kostanda, Marcel Giraud, Jacques Lignier, Robert Auguste, Thomas, Roger Capron, Jacques Innocenti, Suzanne Ramié. L’influence des artistes et des artisans qui se côtoient et l’effervescence de création qui y règne en fait un bon laboratoire d’avant-garde. Ils créent librement et s’opposent au conformisme. Des résultats de styles variés émergent : modernisme, expressionnisme, sujets animaliers, décors géométriques, etc. Dans cette cité de potiers, François Raty fréquente régulièrement Pablo Picasso et des artistes surréalistes. Dans la même veine qu’eux, François Raty s’inspire beaucoup du monde animal dans ses créations. Mais il se démarque rapidement et produit un univers bien à lui.

Le style François Raty

François Raty délaisse la technique du tournage pour se concentrer sur le modelage. Il produit ainsi des pièces uniques. Parmi les modèles qu’il sculpte : des oiseaux, des hiboux, des chouettes, des taureaux, des chèvres, des singes, des gorilles, des fennecs, des chevaux, des insectes, des animaux mythologiques, etc. À côté de ce riche bestiaire, François Raty crée aussi des personnages hiératiques. Par exemple, en 1963, le Musée de Sèvres expose une sculpture de François Raty appelée « Dieu de la Céramique ». Il s’agit d’un grand personnage massif portant une poterie sur son épaule. On retrouve souvent des silhouettes imposantes, puissantes et épaisses dans ses sujets. Et il a l’habitude de finaliser son œuvre en la recouvrant d’émail. Sa palette est chaude, les couleurs brunes dominent. Ici, il réalise aussi un décor à l’estampage. François Raty conçoit aussi des vases et des grandes coupes de céramique. Mais il affectionne également le travail d’une autre matière : le bronze. D’ailleurs, son œuvre emblématique est un bronze. Il s’agit de « L’Homme aux poissons » conservée au Musée de Sèvres et réalisée dans un contexte particulier. Cette sculpture prend en effet place au sein d’une exposition engagée. Un ensemble d’artistes milite pour la défense de leur artisanat et des petits ateliers de Vallauris. Ils dénoncent la production industrielle en série de la céramique. Cette exposition se nomme « L’enterrement de la pièce unique ». L’événement a lieu à Vallauris, dans l’atelier du Portail de Jean Derval, au mois de septembre 1961. François Raty y participe aux côtés de Michel Anasse, Dominique Baudart, Georges Chassin, Roger Collet, Jean Derval, Claude Malarmey, Gilbert Portanier, Le Vieux Moulin. Sur l’affiche, le public peut lire : « La poterie d’art se meurt. La pièce unique est morte. »

François Raty reconnu et exposé

La carrière de François Raty connaît un tournant dans les années 1950 et 1960. Sa notoriété est grandissante. Les années 1950 sont l’âge d’or de Vallauris, Picasso ayant suscité un engouement pour le lieu. Dès 1952 les œuvres de François Raty sont exposées au Nérolium pour l’Exposition annuelle des potiers de Vallauris. Il obtient la médaille d’or lors de l’Exposition internationale de céramique d’art à Cannes. Il est diplômé d’honneur à la XXIe Exposition internationale d’artisanat à Florence. En 1958, il participe à l’exposition de Suttgart au Landesgewerbeamt Museum. Ses œuvres sont présentées aux côtés de celle de Pablo Picasso. L’année suivante, en 1959, il reçoit le grand prix de l’Exposition internationale de céramique d’art à Ostende. En 1960, il expose aussi en groupe à Paris. François Raty est un artiste aux talents multiples. Il est d’ailleurs également récompensé du premier prix du dessin animé en couleurs lors du XIXe Festival international du film amateur à Cannes. François Raty accumule les prix. Au concours national de la céramique d’art de Vallauris, il reçoit le prix Weill. En 1968, il reçoit un diplôme pour sa participation à la Biennale internationale de céramique d’art de Vallauris. L’Atelier 49 organise des expositions au Musée Magnelli, le Musée de la Céramique de Vallauris. François Raty y est présenté pour sa céramique, sa peinture, sa sculpture, ainsi que ses pièces d’orfèvrerie. Dans les années 1970, François Raty évolue et expose à la Sculptur’s Galerie de Paris une collection réalisée en cuir, zinc, fer et laiton. Suite à cela, il quitte Vallauris et ouvre sa propre galerie à Beaumont-sur-Auge, en Normandie. François Raty décède en 1982 à 54 ans. La vente de succession de son atelier s’est déroulée à Rennes en 2006. 

Faire estimer gratuitement une œuvre de François Raty

La production de François Raty étant manuelle, chaque pièce est unique. Chacune des œuvres est donc précieuse, ce qui fait monter les enchères. Quelques ventes marquantes des oeuvres de François Raty ci-dessous :

  • Le 6 octobre 2022, un Centurion (1969), en cuivre (martelé, riveté), bois, 216, 39 x 41,5 cm, signé « RATY 69 », s’est vendu à 50.000€, à Paris.
  • Le 6 octobre 2022, un Centaure (1958), en bronze, 50 x 32 x 15 cm, signé et daté, s’est vendu à 48.000€, à Paris.
  • Le 6 octobre 2022, un Mammouth (1979), en céramique émaillé, 34 x 33 x 22 cm, signé et daté « Raty79 », s’est vendu à 45.000€, à Paris.
  • Le 6 octobre 2022, un Don Quichotte (c. 1970), en cuivre (doré, martelé, poli), laiton, bois laqué, fente d’acier laquée, 244 x 54 x 70 cm, s’est vendu à 40.000€, à Paris.
  • Le 6 octobre 2022, une Femme-oiseau (1979), en grès émaillé, 21 x 30 x 25 cm, signé et daté « Raty 79 », s’est vendue à 22.000€, à Paris.
  • Le 28 avril 2021, un Crabe (1966), en grès émaillé, 11,5 cm, s’est vendu à 10.200€, à Paris.
  • Le 22 octobre 2022, une Petite Chouette (1965), en céramique émaillée, 7 x 9 cm, s’est vendue à 3000€, à Avignon.

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Reconnaître la signature de François Raty

Les pièces authentiques de François Raty portent généralement une signature gravée ou incisée avant cuisson, située sous la base ou au revers de la céramique. Elle se présente sous plusieurs formes « Raty et date de création » ou « F. Raty » ou plus rarement « Raty Vallauris », avec une écriture simple et régulière. Certaines œuvres issues de collaborations ou de séries limitées peuvent porter un cachet d’atelier. La cohérence entre le style de la signature, la qualité de la glaçure et le modelé de la pièce reste un indicateur essentiel d’authenticité lors d’une expertise.

Expertise gratuite Signature François Raty
Signature François Raty

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Estimation d’objet d’art en ligne : comment faire ?

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Estimation gratuite Eugène Printz

Eugène Printz

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Estimation et cote de l'artiste Eugène Printz

Eugène Printz (1889-1948) est un ébéniste et décorateur français de luxe. Ses créations Art déco lui ont attribué une renommée internationale.

Estimation gratuite Eugène Printz

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Eugène Printz et la rencontre du succès

Eugène Printz est le fils d’un ébéniste de luxe parisien. Il est lui-même formé au métier directement dans l’atelier de son père. Cet atelier est situé rue du Faubourg-Saint-Antoine. C’est un quartier toujours en pleine effervescence pour l’artisanat. Eugène Printz commence par y apprendre la copie de meubles anciens de styles Louis XI, Louis XV ou encore Louis XVIII. Il s’exerce et acquiert vite les secrets du métier d’ébéniste. Il reprend d’ailleurs l’atelier à la mort de son père. À partir des années 1920, Eugène Printz passe un cap. Maintenant maître de sa technique, il s’essaye alors à ses propres créations. Ce tournant est lié à sa rencontre avec Pierre Chareau. Ce dernier est un architecte et designer français. Il a une agence d’architecture qui connaît le succès. Il souhaite maintenant proposer du mobilier pratique. Il imagine des meubles mobiles et évolutifs. C’est lui qui fait appel à Eugène Printz dont il reconnaît déjà le talent. Eugène Printz se lance dans des conceptions modernes à partir de bases solides. Il reprend en effet le travail du métal pour le fondement de ses pièces de mobilier. Il a auparavant beaucoup employé le métal dans son travail à l’atelier, notamment pour la copie du style Louis XVIII. Et c’est en 1925 qu’Eugène Printz se fait connaître du public. Il a désormais 36 ans et il participe à l’Exposition Internationale des Arts Décoratifs et Industriels Modernes. Il y expose des meubles conçus en collaboration avec Pierre Chareau. Les attentes modernes et pratiques de Pierre Chareau sont comblées. Eugène Printz met au point un système de coulissements qu’il intègre à ses meubles. Et l’esthétique est aussi acclamée par le public. 

Le mobilier Art déco d’Eugène Printz

Eugène Printz enchaîne les expositions suite à ses premières présentations réussies avec le public. À partir de 1926, il expose au Salon des Tuileries ou encore au Salon des artistes décorateurs. Il continue à se faire une renommée mais aussi à rencontrer d’autres artistes. En 1928, il expose au Salon d’Automne une création conçue avec Jean Dunand. Il s’agit d’une enfilade plaquée en bois de palmier. C’est, avec le bois de violette, une essence phare du mouvement Art déco. Le travail de ce bois se marie bien avec l’idée d’un mobilier modulable. Eugène Printz se plaît aussi dans l’emploi du bois de sycomore pour le gainage intérieur. Cela ayant pour effet un rendu soyeux et lisse. Et il aime rehausser le bois de bronze doré et patiné. Le résultat est élégant. Eugène Printz devient un nom prisé dans son domaine. Une riche clientèle internationale lui passe commande. Des bourgeois et des institutions font appel à son talent. La Ville de Paris en fait partie. Eugène Printz répond aux sollicitations en créant des pièces uniques et du sur-mesure. Il est le digne héritier de son père dans l’ébénisterie de luxe et il le surpasse même. En 1931, Eugène Printz participe à l’Exposition coloniale. Il y présente son bureau réalisé pour le Maréchal Lyautey. En 1932, il rénove les boiseries du salon de la fondation Rosa Abreu de Granchet à la cité internationale universitaire de Paris. En 1937, il participe à l’Exposition internationale et il expose au Pavillon des Artistes Décorateurs et au Pavillon de la Lumière. Cette même année, il est fait Chevalier de la Légion d’honneur.

Les talents multiples d’Eugène Printz

Eugène Printz met son talent au service de sa curiosité. Et il montre aussi un intérêt pour les lustres, les torchères et l’éclairage indirect. Il réalise une production de luminaires pour le peintre Albert Marquet. Il est aussi à l’origine de décors de pièces de théâtres. Pour Louis Jouvet, il concrétise les décors des pièces « Domino » et « Jean de la Lune ». En tant que décorateur, Eugène Printz a aussi été engagé par la Princesse de La Tour d’Auvergne afin d’aménager ses appartements privés. Il décore plusieurs pièces dans son Château de Gros-Bois. Il s’agit de sa réalisation la plus prestigieuse. Eugène Printz s’associe à des artisans renommés pour la fabrication de ses objets luxueux. Par exemple, il fait incruster son bois de précieux émaux par Jean Serrière. Il demande à Jean Dunand de travailler l’argent ou le cuivre pour agrémenter ses ensembles. Celui-ci manie également l’art de la laque de Chine dont il recouvre les meubles d’Eugène Printz selon la commande. La partie supérieure de ses meubles est souvent constituée d’une forme massive boisée. La ligne est épurée. Quant aux piètements tout de métal, ceux-ci semblent légers et aériens. Eugène Printz crée cette illusion par les courbes et les découpages parfois géométriques du métal. On lui connaît aussi des arabesques de fer forgé. Cependant, cette fructueuse période connaît un frein. Le krach boursier de 1929 fragilise la France dans les années 1930. Eugène Printz rencontre des problèmes d’approvisionnement pour certaines essences de bois exotiques rares. Il doit aussi utiliser des bois moins nobles pour s’adapter à une clientèle également impactée financièrement. Il parvient tout de même à faire perdurer son atelier. Mais ce déclin se poursuit avec la Seconde Guerre mondiale qui éclate. Eugène Printz est par ailleurs atteint d’un cancer. Et il décède en 1948 des suites de sa maladie.

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La cote d’Eugène Printz est actuellement forte. Ses créations peuvent se vendre entre plusieurs dizaines de milliers d’euros et plusieurs centaines de milliers d’euros. Exceptionnellement, une pièce signée Eugène Printz peut dépasser le million d’euros. Le 9 décembre 2014, un Buffet asymétrique, (c. 1928), pièce unique, en bois de palmier et en bronze doré, 87 x 228,6 x 44,4 cm, s’est vendu à 651.120€, aux États-Unis. Le 17 décembre 2014, un important Bureau, (c. 1932), en fer forgé et en bois de palmier, 72,4 x 146,1 x 67,6 cm, s’est vendu à 562.520€, aux États-Unis. Le 16 mai 2017, une Enfilade (1942-1946), en ébène du Gabon, sycomore et laiton oxydé, 100 x 250,5 x 43 cm, s’est vendue à 510.000€, à Paris. Le 22 avril 2021, des Appliques, (c. 1927), en bronze doré et en verre, 36,1 x 21,3 x 11,4 cm, se sont vendues à 208.186€, aux États-Unis. Le 8 juin 2022, un ensemble de deux Tables d’appoint, (c. 1930), en bois de palmier et en laiton oxydé, 55,2 x 80 cm, s’est vendu à 149.139€, aux États-Unis. Le 25 mai 2022, un ensemble de Chaises, (c. 1935), en noyer et en tissu, 84 x 46 x 50 cm, s’est vendu à 35.000€, à Paris.

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Ettore Sottsass

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Estimation et cote de l'artiste Ettore Sottsass

Ettore Sottsass (1917-2007) est un architecte et designer italien. Il a marqué le design du XXe siècle par ses créations autant que par ses théories révolutionnaires.

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Ettore Sottsass et la pop culture

Ettore Sottsass est diplômé de l’École polytechnique de Turin (1939). Il commence à travailler en 1945, après la guerre, auprès de son père qui est architecte. Dans le contexte de la reconstruction, il conçoit une architecture populaire et sociale. Rencontrant des difficultés pour la mettre en œuvre, il se tourne alors vers le design. Et en 1947, il ouvre son agence de design à Milan. Ettore Sottsass s’intéresse à tout : céramique, peinture, sculpture, photographie, bijoux, meubles, graphisme, architecture et architecture d’intérieur.

En 1956, il part pour New York dans l’agence de design de George Nelson. On y réalise notamment du design industriel. Il y travaille quelques mois et découvre aussi le Pop art. Ces styles ainsi que la société de consommation américaine l’inspirent et marquent son œuvre.

Cette même année 1956, l’entreprise de mobilier italienne Poltronova engage Ettore Sottsass en tant que directeur artistique. Leur collaboration dure 10 ans. Leurs produits se reconnaissent à leurs formes simples et géométriques, aux signes graphiques et primaires. La couleur est de première importance. Bien plus qu’une touche finale, elle sert à transmettre les énergies. Ettore Sottsass expérimente aussi de nouvelles techniques de création en mélangeant des matières luxueuses.

En 1958, il commence une nouvelle collaboration avec la société italienne Olivetti. Il y occupe le poste de consultant designer chargé de la Division Électronique. Il dessine plusieurs machines à écrire électriques et c’est en 1969 que l’une d’entre elle se fait remarquer. Le modèle se nomme Valentine, il a été conçu avec Perry A. King et reste aujourd’hui un objet emblématique de la culture pop. C’est une machine légère avec un aspect ludique, d’un rouge éclatant. L’aspect transportable est essentiel pour correspondre à cette société en transformation. Ettore Sottsass dit plus tard que le design de Valentine est trop voyant et trop évident car son mécanisme reste visible.

En 1971, Ettore Sottsass produit sa série Mobili Grigi où l’on retrouve cette influence de la culture populaire américaine. Il mélange le plastique à la fibre de verre. Les peintures sont monochromes et brillantes. Et il aime intégrer un éclairage au néon coloré à ses pièces comme : le lit Elledue, le miroir Ultrafragola, ou encore la lampe Asteroid.

Ettore Sottsass, le céramiste

Ettore Sottsass est un touche-à-tout mais un domaine de création lui plaît particulièrement. C’est la céramique. C’est le côté expérimental de l’activité qui attire Ettore Sottsass. Son ambition est aussi de solliciter « la perception que chacun a, ou peut avoir, de sa propre aventure. » On retrouve toujours des formes simples associées à des couleurs primaires. Ettore Sottsass choisit la terre argileuse toscane pour ses créations. Il se rend alors dans les ateliers de Montelupo Fiorentino, à Florence. En 1959, il produit sa série Tondi, faite de larges assiettes, uniques, qu’il peint et émaille librement. Il produit plusieurs autres séries puis il effectue un voyage en Inde en 1961. Il y tombe sérieusement malade et retourne aux États-Unis pour être soigné en 1962. De cet épisode émergent deux nouvelles séries : Céramiques des Ténèbres (1963) puis Céramiques des Lumières (1964). La série des Ténèbres révèlent des cylindres noirs avec des formes géométriques simples : cercles, carrés, bandes. Ces symboles se retrouvent beaucoup dans l’œuvre d’Ettore Sottsass. Ils renvoient selon lui « aux grandes révolutions cosmiques dont la vie humaine est un fragment ». Il les souligne avec des oxydes métalliques, des émaux ou encore à la feuille d’or. En 1964, il expose 100 plats dédiés à Shiva, à Florence. Entre 1964 et 1965, Ettore Sottsass réalise de grands totems de céramique polychrome émaillée, dans les ateliers de Bitossi à Montelupo. De cette production, 21 pièces sont exposées en 1967 à Milan puis à Gênes. Et en 1969, une exposition lui est consacrée à Stockholm. Le public peut y découvrir des grands totems, des sculptures et des éléments de mobilier.

Ettore Sottsass, l’âme du Groupe Memphis

L’Antidesign

C’est aussi dans ces années 1960, en Italie, que le mouvement contestataire Antidesign apparaît. C’est un mouvement constitué d’architectes et de designers florentins et turinois. Il s’agit d’une réaction face à la société de consommation. Ils remettent en question l’architecture et le design qui jouent un rôle dans ce consumérisme. Ettore Sottsass y est un membre actif. Ces activistes sont insatisfaits de la qualité du design qui a cours. Le design ne doit pas être qu’une simple forme, sa portée est plus grande, il doit avoir une pertinence sociale. Ainsi, ils s’opposent au style international, au Modernisme, et sont à l’origine du postmodernisme. Ironie, kitsch et distorsions d’échelle font partie des caractéristiques de ce nouveau design. C’est sur cette base que se forme un nouveau groupe d’artistes : Memphis.

Le Groupe Memphis

C’est Ettore Sottsass qui fonde le groupe en 1981. Ensemble, ils réfléchissent à renouveler les manières d’habiter dans la nouvelle société. Ils bénéficient de soutiens financiers et commerciaux. Grâce à une bonne médiatisation, ils exposent dès 1981 au Salon du Meuble de Milan et c’est un succès. Ils présentent des formes innovantes, des couleurs vives, des assemblages inhabituels et des matériaux bon marché. L’esprit qui s’en dégage est joyeux et optimiste. Parmi le mobilier exposé se trouvent un meuble de rangement (Beverly), une bibliothèque (Carlton) et un meuble totem (Casablanca). L’idée est de bouleverser le rapport entre l’Homme et ses objets domestiques. On se concentre non pas sur le fonctionnalisme ou le confort d’un objet mais sur son expressivité, sur l’émotion, sur sa sensualité. Ils font du design pour le plaisir et non pas pour créer absolument. S’il en émerge un objet, il est forcément empreint de cet enthousiasme. La forme finale d’une pièce reste volontairement un mélange de possibilités, quelque chose de « vivant » et non figé. Le groupe se plaît à déstructurer, à innover et ils font un usage nouveau du laminé plastique. Par ces travaux, ils dénoncent le discours capitaliste et interrogent aussi le lien entre le designer et l’industrie. Ils s’émancipent du rationalisme et réfléchissent le design d’une façon plus fluide, plus conceptuelle.

Ettore Sottsass quitte le groupe en 1985 pour se consacrer à sa propre agence d’architecture, graphisme et design. Il décède en 2007 à l’âge de 90 ans. Dix ans après, la Triennale de Milan lui rend hommage par l’exposition : « Ettore Sottsass. There is a Planet ».

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Aujourd’hui, la production décalée de tout le Groupe Memphis est en vogue, Ettore Sottsass en tête. On retrouve aussi bien du mobilier que des sculptures en céramique ou d’autres objets design comme les luminaires. Ces cinq dernières années, plusieurs totems se sont notamment vendus entre 32.000€ et 172.383€.

  • Le 26 avril 2018, une composition d’éléments en bois coloré et miroir, reliés par des cordes de chanvre (1959), de 214,4 x 130 x 3,1 cm, a été vendue à 287.306€, à Londres.
  • Le 26 avril 2018, un Totem n° 18 (1966), en faïence vitrée, chêne peint, composé de 7 cylindres et de 2 disques, de 234,5 cm, a été vendu à 172.383€, à Londres.
  • Le 9 novembre 2021, un plafonnier, rare, modèle n° 12625 (1956), en acrylique, laiton et laiton peint, de 255,5 x 28 x 10 cm, a été vendu à 163.838€, à Londres.
  • Le 23 octobre 2018, un lit dit Elledue, de la série Mobili Grigi (1970), en résine, fibre de verre, métal chromé et perspex opalin, de 98 x 218 x 253 cm, a été vendu à 130.000€, à Paris.
  • Le 22 novembre 2022, un miroir lumineux Ultrafragola, en metacrylate et verre, de 193,5 x 101 x 14 cm, a été vendu à 6500€, en Italie.

Le 25 juillet 2022, la bibliothèque Carlton (Memphis) de 1981, en bois et plastique stratifié de couleur vive, encore dans son emballage d’origine avec le certificat d’authenticité, de 196 x 190 x 40 cm, s’est vendue à 12.936€, en Australie.

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Eero Saarinen

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Estimation et cote de l'artiste Eero Saarinen

Eero Saarinen (1910-1961) est un architecte et designer américain d’origine finlandaise. L’une de ses créations de design les plus célèbres est la Chaise Tulipe, devenue best-seller.

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Les débuts au sein de la société paternelle

Eero Saarinen naît dans un milieu artistique. Son mère est sculptrice et créatrice de textile. Quant à son père, Eliel Saarinen, il est un architecte finlandais réputé. À l’âge de 20 ans, en 1930, Eero Saarinen étudie d’abord la sculpture à l’Académie de la Grande Chaumière de Paris. L’année suivante, il se tourne vers l’architecture qu’il étudie jusqu’en 1934 à l’université de Yale. Il obtient une bourse universitaire qui lui permet de faire un grand tour d’Europe pendant deux ans (Italie, Égypte, Palestine, Grèce, Allemagne, Suède et Finlande). À son retour, en 1936, il travaille au sein du « Cranbrook Architectural Office », le studio de son père. Eero Saarinen s’y lie d’amitié avec Charles Eames, un assistant d’Eliel Saarinen. Ensemble, ils obtiennent le premier prix d’un concours de création design organisé par le MoMA. Il s’agit du concours « Organic Design » de 1940-1941. Eero Saarinen et Charles Eames proposent ici une nouvelle technique de moulage en bois de contreplaqué. On ressent leur inspiration du design finlandais, notamment des réalisations de leur aîné Alvar Aalto. Eero Saarinen s’inscrit bien dans cette filiation. Il se révèle en tant qu’architecte avec un style qui évolue de formes rectilignes aux courbes qu’il préfère ensuite. Et il magnifie son style dans la conception de meubles.

La collaboration avec le fabricant Knoll

En 1947, la société Knoll, fabricant de mobilier, est à la recherche d’un nouveau concepteur. Eero Saarinen est ami avec l’épouse Knoll. Il a connu Florence Knoll au studio Eliel Saarinen. Celle-ci a été étudiante au sein de l’entreprise. Eero Saarinen est choisi par Knoll pour dessiner une chauffeuse. Il conçoit alors le « Model 61 » dit aussi Grasshopper (Sauterelle). L’assise est faite de contreplaqué moulé puis elle est tapissée. C’est l’armature, qui est en contreplaqué cintré, qui évoque les pattes de l’insecte. Ce modèle ne rencontre pas le succès commercial. Mais cette création fonde la base d’une future collaboration fructueuse.

En 1948, Knoll édite le fauteuil « Model 70 » dit Womb (Matrice). Ce nom est choisi car le designer veut donner à son fauteuil une forme clairement organique. Et c’est Florence Knoll qui lui donne l’idée d’un « panier rempli de coussins ». Il prend appui sur son modèle vainqueur du concours de 1940. Mais il remplace ici le contreplaqué par une coque en fibre de verre, qu’il habille ensuite de tissu rembourré.

En 1950, Knoll en édite une version de bureau : « le Model 71 ». Ces variantes sont de plus en plus commandées dans les années 1950. Car l’on s’intéresse davantage à l’aménagement des bureaux sur les lieux de travail également. Et grâce au génie d’Eero Saarinen, Knoll devient l’un des leaders du mobilier de bureau.

L’élaboration d’une icône du design : la Chaise Tulipe

De l’architecture au design

L’année 1950 est aussi celle du décès d’Eliel Saarinen. Le fils reprend la société de son père et la fait perdurer. Il est sollicité pour plusieurs projets architecturaux. De 1956 à 1962, il travaille sur le « TWA Flight Center ». Il s’agit du terminal n° 5 de l’aéroport international John-F.-Kennedy, à New York. L’aspect de cette construction est résolument futuriste, on peut parler de design de l’âge atomique et de la conquête de l’espace. Eero Saarinen fusionne les divers éléments de la structure entre eux. Il donne corps à une forme unique et singulière. Et son travail d’architecte se répercute sur ses créations design.

Une gamme de mobilier à pied unique

C’est ainsi qu’en 1957 il livre son projet « Pedestal Group » chez Knoll. Il s’agit d’un ensemble de meubles comprenant : table à manger, chaise et fauteuil assortis. Toute la complexité du projet réside dans sa simplicité : un pied central unique par pièce de mobilier. Eero Saarinen a la volonté de dégager l’espace intérieur des nombreux pieds traditionnels du mobilier. Il veut épurer la champ de vision. Il y parvient avec brio : la Chaise Tulipe voit le jour.

La Chaise Tulipe

La Chaise Tulipe est baptisée ainsi selon son aspect floral délicat. Elle mesure 49 cm de largeur, 53 cm de profondeur, 81 cm de hauteur dont 49 cm pour la hauteur de l’assise. Elle est équipée d’un seul pied central. Ce pied est conçu en fonte d’aluminium et d’un gainage de plastique. La coque d’assise est en plastique renforcé de fibre de verre moulée. Le coussin est en mousse de latex et est amovible. L’aluminium et la fibre de verre sont encore des matériaux expérimentaux à cette époque. Le style est moderne et la Chaise Tulipe devient une chaise mythique des années 1950. Eero Saarinen dit qu’il a « voulu créer […] une chaise d’une pièce ». Il va plus loin que ses prédécesseurs dans cette volonté de prolongement de la pièce en une seule unité, sans cassure. Le pied se transforme effectivement en l’assise. Elle est accueillante, confortable et pivotante. C’est un objet phare du design industriel. Beaucoup de déclinaisons en sont issues. Un exemplaire est d’ailleurs conservé au MoMA.

La postérité

Eero Saarinen décède en 1961 des suites d’une tumeur au cerveau. Il n’a que 51 ans. Sa société est ensuite gérée par ses associés. Eero Saarinen reçoit à titre posthume, en 1962, la médaille d’or de l’Institut américain des architectes. En 1969 il reçoit le Museum of Modern Art Award. Et de 2006 à 2010, une exposition sur son œuvre est organisée par l’Institut culturel finlandais de New York en collaboration avec l’école d’architecture de l’université de Yale, le National Building Museum et le Musée de l’architecture finlandaise. Cette exposition intitulée « Eero Saarinen : Shaping the future » a voyagé en Europe et aux Etats-Unis pendant ces quatre années. Eero Saarinen propose à l’époque un design futuriste. Aujourd’hui, son style est toujours populaire, si bien que l’on parle maintenant d’adeptes de ce rétro-futurisme.

L’estimation des œuvres de Eero Saarinen

Aujourd’hui, on trouve du mobilier conçu par Eero Saarinen pour plusieurs milliers d’euros. On peut estimer une belle pièce entre 5000€ et 10.000€ euros. Plus rarement, une pièce ou un ensemble dépasse cette fourchette. Une édition limitée, avec par exemple un coloris plus rare, fait monter les enchères.

  • Le 26 juillet 2016, une Table Tulipe, en bronze, aluminium émaillé, 41 x 51 cm, s’est vendue à 32.796€, aux États-Unis.
  • Le 23 mai 2012, un ensemble de 8 Chaises Tulipe issues de la collection « Pedestal », de 1957, en aluminium, fibre gainée de plastique et tapissée, 81,5 x 50 x 53,5 cm, s’est vendu à 11.756€, au Royaume-Uni.
  • Le 4 décembre 2021, un Salon de la gamme Womb, comprenant un canapé, une paire de fauteuils, une paire de repose-pieds et un pouf, matériaux mixtes, s’est vendu à 6000€, à Biarritz.

Le 17 octobre 2022, une suite de 6 Chaises Tulipe (1956), en aluminium (fonte), rilsan noir, fibre de verre teintée noir, tissu orange et rouge, 80 x 49 x 50 cm, édition Knoll, s’est vendu à 3800€, à Paris.

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(Illus.) Eero Saarinen, Fauteuil Tulipe, 1955-57,

plastique renforcé de fibre de verre et aluminium laqué avec revêtement en soie

(80,7 × 65,7 × 58,4 cm), inscription moulée en relief sur la base : « BR 50 ».

Fabrication Knoll. Conservé à l’Art Institute of Chicago.

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Arne Jacobsen

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Estimation et cote de l'artiste Arne Jacobsen

Arne Jacobsen (1902-1971) est un architecte, designer et concepteur de meubles danois. Son œuvre a toujours une grande influence de nos jours, en particulier son design moderne.

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Arne Jacobsen, « Le Corbusier danois »

Arne Jacobsen suit d’abord une formation de maçonnerie au Collège Technique de Copenhague. Ensuite, il intègre les Cours d’architecture de l’Académie Royale Danoise des Beaux-Arts. Il obtient son diplôme en 1927, à l’âge de 25 ans. De 1927 à 1929, il est embauché au sein du bureau d’architecture de Paul Holsoe. En 1929, il participe au concours d’architecture sur la « maison de l’avenir » avec son ami et collègue Flemming Lassen. Ils proposent une étude d’habitation pivotante qui permettrait de s’orienter en fonction du soleil à tout moment du jour. Leur conception visionnaire remporte le concours. Fort de ce succès, l’année suivante, Arne Jacobsen fonde sa propre agence. Toute sa vie, il y développe des projets d’architecture mais aussi de décoration, de mobilier, de design, de textile ou encore de céramique. Arne Jacobsen s’inscrit dans le courant fonctionnaliste danois. Il conçoit une architecture rationnelle et fonctionnelle à la manière de Le Corbusier ou de Walter Gropius. Il se réalise en tant qu’architecte à travers le monde entier et surtout au Danemark. Il y conçoit des immeubles, des maisons, des théâtres, des écoles, des hôtels, des usines, etc. Une de ses premières constructions en indépendant est l’immeuble d’habitation de Bellavista à Klampenborg. L’ensemble est très vitré, épuré et dépourvu d’ornement. Les balcons sont décalés de façon à ce que chaque logement dispose d’une vue sur mer. On retrouve le travail du béton armé des Modernes, notamment pour les balcons rectangulaires. Il s’agit également d’un exemple de l’architecture Bauhaus du Danemark. Ce chantier (1930-1934) fait la renommée d’Arne Jacobsen et lui donne le surnom de « Le Corbusier danois ».

Un design à l’allure futuriste

Arne Jacobsen développe aussi un design qui forge les bases du modernise organique scandinave. Il associe des formes simples, élégantes et fonctionnelles avec des matériaux naturels et confortables. De ces idées émergent des créations à l’allure parfois animale ou végétale. C’est le cas de sa Chaise Ant (Chaise Fourmi) de 1952. À l’origine, il la dessine pour équiper le café de l’entreprise pharmaceutique danoise Novo Nordisk. L’objet doit être fonctionnel, facilement empilable, léger mais stable. Le dossier et l’assise sont moulés ensemble en contreplaqué. Les pieds sont réalisés en tubes d’acier. La chaise ne comporte que trois pieds au départ, ce qui lui donne l’allure d’une fourmi à la tête redressée. Novo Nordisk est plutôt mitigée quant à cette création et n’en commande que 300 exemplaires, fabriqués par Fritz Hansen. Mais le modèle devient rapidement populaire et sera réédité à 4 pieds.

La Chaise Ant est aujourd’hui un classique du design moderne. La pièce donne les prémices à une autre gamme de chaises d’Arne Jacobsen : la Serie 7. Celle-ci est fabriquée en 1955, toujours par le même éditeur de meubles danois. Le dossier et l’assise dont également moulés d’une pièce de contreplaqué. La courbure du bois est réalisée par presse. La forme est triangulaire et les angles sont arrondis. Le tout est relié aux pieds dans une illusion de lévitation de l’assise. Ce modèle est décliné en plusieurs couleurs. On retrouve également plusieurs variantes : avec accoudoirs, avec roulettes pour une version de bureau, avec un gainage en cuir, etc. Serie 7 est un modèle très influent dans le monde du design. C’est la chaise de conception danoise la plus copiée et la plus commerciale avec plusieurs millions d’exemplaires vendus dans le monde.

Le design Arne Jacobsen pour le SAS Royal Hotel

En 1958, Arne Jacobsen débute un chantier auquel il se consacre 5 années. Il s’agit du SAS Royal Hotel de Copenhague, son œuvre absolue. Il accomplit l’architecture comme la décoration intérieure. Arne Jacobsen veut tout concevoir sur ce projet : le bâtiment, les poignées de porte, le mobilier, les couverts de table, etc. C’est dans cette période qu’il crée plusieurs de ses fauteuils les plus célèbres dont le Egg Chair (Fauteuil Œuf). Dans ce modèle, Arne Jacobsen réalise une prouesse technique et esthétique. Il fusionne l’assise avec le dossier et les accoudoirs. Ce prolongement donne à son siège cette allure de coquille d’œuf emboîtant. On imagine une assise réconfortante pour son usager. Le fauteuil est en effet confortable. La forme est très courbée pour contraster avec l’intérieur rectiligne de l’hôtel. Une rotation à 360° est prévue afin d’élargir le champ visuel des clients. Arne Jacobsen expérimente des recherches sur le polystyrène pour établir sa structure. C’est un matériau d’innovation pour l’époque. Il recouvre ensuite la structure de mousse et la revêt de cuir. Le Egg Chair est toujours reproduit mais sa composition a évolué. De nos jours, la coquille est en fibre de verre moulée, rembourrée de mousse polyuréthane et recouverte de tissu. Le piètement pivotant est en fonte d’aluminium. Et le coussin de siège est amovible. Ce fauteuil devient un objet emblématique du design industriel. Il est présenté en novembre 1958 à l’exposition « Formes Scandinaves » du Musée des Arts décoratifs de Paris. Dès janvier 1959, Fritz Hansen l’édite. C’est une des pièces de design les plus copiées. Avec le Swan Chair (Fauteuil Cygne) ou encore le Drop Chair (Fauteuil Goutte d’eau), ce sont des pièces iconiques du XXe siècle qu’Arne Jacobsen réalise à cette période. Son avant-gardisme se retrouve aussi dans les luminaires du SAS Royal Hotel qu’il rend orientables et à la forme toujours épurée.

Arne Jacobsen s’essaye également beaucoup au travail de l’acier. Il en extrait notamment des couverts de table. Et en 1967 il produit sa série Cylinda-Line. Ses pichets cylindriques et ses plats ont d’ailleurs inspirés le design des couverts utilisés dans le film de 1968 : 2001, l’Odyssée de l’espace. De quoi accroître encore sa forte popularité. Arne Jacobsen reçoit de nombreux prix dont le Diplôme d’honneur de la Xe Triennale de Milan en 1954. Ou encore celui donné à titre posthume en 1991, de l’International Design Award, au Japon. Arne Jacobsen offre aux générations suivantes de larges perspectives pour le design. Il continue d’inspirer et ses chaises sont aujourd’hui toujours rééditées.

L’estimation des œuvres d’Arne Jacobsen

Parmi les objets à la vente signés Arne Jacobsen, on retrouve des pièces de mobilier ou encore de luminaire. Son design étant toujours reproduit, l’ancienneté et l’authenticité sont gages de valeur. L’estimation va de quelques milliers à plusieurs dizaines de milliers d’euros. Le 17 novembre 2022, un Ensemble composé d’un canapé et d’une paire de fauteuils, modèle AJ237 dit « Charlottenburg » (1937), en bambou, rotin et textile, édition Nissen EVA Co, a été vendu à 13.000€, à Paris.Le 16 novembre 2022, un Swan Chair des années 1960, en aluminium et cuir, 74 cm, édition Fritz Hassen a été vendu à 6887€, à Stockholm. Le 2 novembre 2022, une Drop Chair issue du SAS Royal Hotel (vers 1958), en cuir, acier cuivré, éditée par Firtz Hanssen, 85,3 x 46 x 55,6 cm, a été vendue à 16.251€, à Londres. Le 22 février 2017, une paire de suspensions (1941), en laiton, aluminium et verre, édition Louis Poulsen, 72 x 48 cm, issue de Aarhus, a été vendue à 15.000€, à Paris. Le 10 février 2015, un Egg Chair avec son ottoman, issus du SAS Royal Hotel (vers 1958), en cuir et métal, ont été adjugés à 42.108€ (frais compris), à Paris.

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(Illus.) Arne Jacobsen, Swan Chair, 1958. 

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Estimation et cote de l'artiste Alvar Aalto

Alvar Aalto (1898-1976) est un architecte, dessinateur, urbaniste et designer finlandais.

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Alvar Aalto, un architecte visionnaire

Alvar Aalto est le fils d’un géomètre arpenteur et il montre un intérêt pour les arts décoratifs très tôt. Lorsqu’il est encore enfant, ses parents déménagent à Jyväskylä où il prend des cours de dessins auprès de l’artiste local Jonas Heiska. C’est dans cette ville qu’il a d’ailleurs conçu son propre musée éponyme. Ensuite, il étudie l’architecture à l’université technique d’Helsinki entre 1916 et 1921. Plus tard, il réalise même le campus de cette université. Sa carrière s’étend des années 1920 aux années 1970. Il conjugue vie professionnelle et vie privée en collaborant avec sa première épouse Aino Aalto, ainsi que la seconde, Elissa Aalto. Toutes deux sont architectes et designers. Alvar Aalto aime concevoir la globalité d’un projet. Il réalise les bâtiments, les surfaces intérieures, les meubles, les lampes, la verrerie, etc. Alvar Aalto pratique également la peinture et la sculpture mais il les considère comme les « branches de l’arbre dont le tronc est l’architecture ». Il s’essaye aussi dans divers styles : classicisme nordique, modernisme rationnel et modernisme plus organique à partir des années 1940. On dit de lui qu’il est le père fondateur du design organique. Il est aussi adepte du fonctionnalisme. En 1935, Alvar Aalto fonde également l’entreprise de design Artek afin de rendre l’art accessible à tous. Aujourd’hui, cette entreprise de design finlandais spécialisée dans l’ameublement existe toujours. Il propose une vision personnelle et novatrice avec un design plus naturel dont la tendance reste d’actualité.

Le contrepied du design d’après-guerre

Durant la première moitié du XXe siècle, la Finlande connaît une croissance économique rapide et une forte industrialisation. Dans ce contexte, l’architecture des contemporains d’Alvar Aalto tels que Le Corbusier (1887-1965), Walter Gropius (1883-1969) ou encore Marcel Breuer (1902-1981), emploie des matériaux industriels comme l’acier et le métal. Alvar Aalto trouve les matériaux artificiels trop froids et trop éloignés de la nature. Il les évite et il refuse les formes géométriques trop rigides. Alvar Aalto se démarque en ce sens qu’il aspire à un rapprochement de l’Homme vers la nature. Il contribue à donner naissance au design scandinave épuré avec ce souci dans le choix du matériau, du bois en particulier. Son matériau favori est le contreplaqué. Il obtient des brevets pour divers procédés de fabrication dont celui du bois courbé. Alvar Aalto s’illustre aussi par sa liberté formelle. À partir d’un plan libre et asymétrique, il évite les lignes orthogonales auxquelles il préfère les lignes courbes ou obliques. Ses bâtiments ainsi élaborés viennent s’intégrer harmonieusement aux paysages de la nature. Il fait ainsi émerger le design organique.

Alvar Aalto et le design organique

L’une de ses premières créations au design organique a été dessinée en 1932. Il s’agit du Fauteuil 41 dit Fauteuil Paimio. C’est un fauteuil en bouleau stratifié et contreplaqué moulé. L’œuvre est d’inspiration Art Nouveau, toute en courbe. Les célèbres pieds de ce fauteuil se prolongent en accoudoir. Le dossier et l’assise sont également dans un prolongement continu, moulés dans la même pièce. Il y a ici une recherche de réduction optimale. Le matériau apparaît dans une forme épurée, douce, sans décoration superflue. En 1933, il produit son célèbre Tabouret 60. On y retrouve les caractéristiques de ce nouveau design : le bois, les courbes, le côté très fonctionnel de la pièce (il est empilable) et la simplicité de la structure. C’est en 1936 qu’Alvar Aalto crée, avec Aino Aalto, son fameux Vase Savoy (ou Vase Aalto). L’objet est une icône du design organique. Il s’agit d’un vase en verre qui reprend les formes de la nature locale. Les lignes sont ondulantes, rythmiques et asymétriques. Le style est précurseur des formes fluides qui seront typiques du design finlandais d’après-guerre. L’œuvre est devenu très populaire notamment par sa simplicité et elle est toujours reproduite au XXIe siècle.

L'influence d’Alvar Aalto

L’œuvre d’Alvar Aalto reçoit un bon accueil au Royaume-Uni et aux États-Unis dès les années 1930 et 1940. Les clients d’Alvar Aalto sont des industriels dont la famille Ahlström- Gullichsen pour lesquels il réalise entre autres la Villa Mairea à Noormanku (1938-1939). Pour ce projet, il s’inspire de la Villa sur la cascade de Frank Lloyd Wright (vers 1936) et va construire le bâtiment au-dessus d’un ruisseau. Il parvient à donner l’impression que les formes ondulantes naturelles aquatiques et imprévisibles se propagent à l’architecture. C’est la mise en scène de l’idée d’une transmission vivante de la nature à l’Homme. À noter que son nom de famille, Aalto, signifie en finnois « vague ». Cela a probablement favorisé son attrait pour ces motifs courbés, en parfait contraste avec la mécanisation brutale de l’ère industrielle et les pratiques conventionnelles des Modernistes. Dans la même veine que Frank Lloyd Wright (1867-1959) qui décloisonne les habitats, Alvar Aalto recherche une intégration aux paysages extérieures. Cette communion de l’Homme avec la nature exprime aussi un profond désir de liberté. C’est, somme toute, une démarche humaniste. On retrouve son influence sur des designers d’après-guerre comme le couple Charles et Ray Eames notamment pour leur travail sur le contreplaqué moulé. La simplicité recherchée dans ces pièces facilite aussi leur reproduction et une production de masse qui accentue encore cette popularité indémodable.

L’estimation des œuvres d’Alvar Aalto

  • Le 25 octobre 2020, un vase en verre ambré, modèle 9751, fabriqué par Korhula (1937), soufflé dans un moule en bois, de 14 cm, s’est vendu à 44.900€ en Finlande. Le 29 avril 2014, un vase « Savoy » ancien et rare, modèle 9750 (daté de 1936 et fabriqué en 1937), en verre soufflé (14 x 19,8 x 17,7 cm), s’est vendu à 18.216€ à Londres. Ce vase est daté « Karhula 22 IX 37 ». Le mobilier dont les célèbres tabourets et chaises sont vendus à l’unité ou bien en suite. Le 22 février 2017, une suite composée d’une table et de 8 chaises (vers 1930) en bouleau mélaminé, linoleum et textile, produite par Artek, s’est vendue à 12.000€ au marteau à Paris. Le 16 avril 2019, c’est un record de vente pour une exceptionnelle paire de fauteuils modèle 12 (1934), adjugée à 75.000€, à Paris. Ce sont des fauteuils en bouleau courbé et bois laqué, produits par O.y. Huonekalu-ja Rakennuslyllehdas A.b. et issus de la maternité de l’hôpital universitaire d’Helsinki. Notons aussi ce record de vente du côté des luminaires : Le 9 mars 2022, un ensemble de 6 suspensions, modèle A111, en laiton, acier laqué et cuivre, de 1961, (H.45 x D.18 cm), production Valaistustyö, s’est vendu à 52.000€.

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(Illus.) Alvar Aalto, Fauteuil, Modèle 379, Paimio, contreplaqué courbé, bois, production O.y. Huonekalu-ja Rakennuslyllehdas A.b., Turku, Finlande, 1933.
Exposé au Musée des arts appliqués de Cologne, Allemagne.

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Estimation et cote de l'artiste Georges Rohner

Georges Rohner est un peintre français, à la fois classique et réaliste, qui valorise le dessin et la couleur dans son travail. Il est aussi l’un des membres fondateurs du groupe « Forces Nouvelles » créé en 1935.

Estimation gratuite Georges Rohner

Prix des œuvres de Georges Rohner

  • Peinture (huile sur toile / panneau, natures mortes, paysages, intérieurs) : entre 30 € et plus de 8 000 €

  • Aquarelle, gouache, dessin et œuvres sur papier : entre 80 € et 1 500 €

  • Estampe, lithographie, sérigraphie et affiches : entre 20 € et 400 €

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La biographie de Georges Rohner

Georges Rohner est un peintre contemporain français, né le 20 juillet 1913 à Paris et mort le 3 novembre 2000 à Lannion. Il fait partie des artistes contemporains associés au mouvement réaliste ; sa vision spécifique le conduisant parfois aux frontières du surréalisme. Georges Rohner est initié jeune à l’art du dessin, par son oncle Georges Stugoscki, avant d’entrer à l’École nationale supérieure des Beaux-Arts en 1929. En parallèle, il décide de suivre les cours de Lucien Simon comme auditeur libre. En 1934, il expose au Salon des Indépendants et au Salon des Tuileries. En juillet 1934, Georges Rohner doit partir pendant deux ans en Guadeloupe pour accomplir son service militaire. Les obligations militaires étant peu nombreuses, l’artiste se consacre à la peinture. Dans la perspective des fêtes du Tricentenaire du rattachement des Antilles et de la Guyane à la France, il propose au conseil municipal de Basse-Terre une série de toiles afin de décorer l’Hôtel de Ville. Dès son retour à la capitale, Georges Rohner participe à de nombreuses expositions dans de célèbres galeries parisiennes. Quelques années plus tard, en 1940, il est mobilisé sur le front de la Seconde Guerre mondiale. Prisonnier et interné au stalag de Trèves, il décore la chapelle avec son célèbre Christ aux Prisonniers. De retour à Paris, il continue de pratiquer la peinture tout en enseignant à l’École des Beaux-Arts et à l’École des Arts Décoratifs. En parallèle, Georges Rohner nourrit sa créativité à travers de fréquents voyages à l’étranger. Artiste accompli et reconnu, Georges Rohner reçoit plusieurs distinctions durant sa carrière comme la Légion d’Honneur en 1959. Il est également nommé officier des Arts et Lettres en 1963 et titulaire du fauteuil d’Ingres à l’Académie des Beaux-Arts en 1968.

La peinture de Georges Rohner

Georges Rohner se décrit lui-même comme un peintre à la fois classique et réaliste qui se détache des expressionnistes modernes, représentés par Philippe de Champaigne ou Rubens par exemple. Il s’intéresse également aux avant-gardes de son époque, qu’elles soient abstraites, minimales ou hyper-réalistes. Néanmoins, la peinture de Georges Rohner présente une caractéristique propre : la pureté du dessin qui s’attache à l’essentiel. Georges Rohner prête une attention particulière au dessin dans ses œuvres, qu’il s’agisse de natures mortes, de nus ou de paysages. Les peintures de l’artiste présentent également un traitement particulier de la couleur qui apparaît comme un véritable outil d’exploration des volumes représentés. 

Les voyages de Georges Rohner

Durant sa carrière, Georges Rohner expose à Lannion, en Bretagne. À cette occasion, il présente au public de nombreux paysages bretons qu’il peint lors de son séjour à Locquirec. Il représente alors des étendues d’eau sous un arc-en-ciel lumineux, des vagues s’échouant sur le sable. À travers ces scènes appelant au calme et à la sérénité, Georges Rohner aspire à concilier la science et l’art. Le séjour à Locquirec n’est pas le seul voyage que Georges Rohner entreprend. En effet, durant sa carrière, le peintre présente ses œuvres à travers le monde entier. Il participe à une centaine d’expositions organisées par des galeries, des musées et des Salons. On le retrouve notamment à la Biennale de Venise, au Salon des Indépendants, à la galerie Wildenstein & Co ou au Musée du Louvre.

Georges Rohner et le groupe Forces Nouvelles

Indépendant d’esprit, Georges Rohner est l’un des membres fondateurs du groupe Forces Nouvelles, un mouvement artistique créé par le critique d’art et peintre Henri Héraut (1894-1981) en 1935. Ce mouvement, en opposition à l’Impressionnisme, au Cubisme et à l’Abstraction, prône le retour au sujet, à la nature et au dessin. Ainsi, il valorise et prend pour modèles des peintres comme Uccello, Ingres ou David. Dès 1935, Georges Rohner expose avec le groupe Forces Nouvelles aux galeries Billier Worms, Berri et Friedland, ainsi qu’aux États-Unis, en Angleterre, en Espagne ou à Moscou. Le mouvement disparaît avec le début de la Seconde Guerre mondiale en 1939. Néanmoins, malgré la disparition du mouvement, Georges Rohner reste fidèle aux principes établis par le groupe : qualité du dessin, rigueur de la composition et précision de la forme.

Cote des œuvres de Georges Rohner sur le marché de l'art

Les œuvres de Georges Rohner sont assez récurrentes dans les salles de ventes aux enchères et présentent une belle cote. Le plus souvent, les maisons de ventes aux enchères proposent des peintures, des dessins, des aquarelles et des estampes de l’artiste. Les peintures de Georges Rohner sont proposées à la vente avec une estimation basse aux alentours de 500 euros et une estimation haute de 3 000 euros en moyenne. En 2020, l’huile sur toile nommée Le poirier à Anet, estimée entre 400 et 600 euros, trouve acquéreur pour 700 euros. En juin 2021, Voiliers dans l’océan est adjugée à 2 600 euros. Georges Rohner a également réalisé des dessins et des aquarelles, dont les estimations sont aujourd’hui comprises entre 50 euros et 400 euros. En février 2022, Paysage panoramique est adjugée à 100 euros. Quelques mois plus tard, en avril, l’aquarelle La Mandoline atteint le prix de 400 euros. Enfin, les maisons de ventes aux enchères peuvent aussi proposer des estampes de l’artiste. En moyenne, il faut compter entre 20 et 100 euros pour en acquérir une, comme le démontrer une vente de janvier 2022 où une lithographie intitulée Nu féminin est vendue pour 20 euros. Vous souhaitez faire expertiser une œuvre de Georges Rohner et recevoir son estimation ? Faites estimer une œuvre de Georges Rohner en quelques clics et recevez une réponse sous quelques jours. C’est gratuit et totalement confidentiel.

Reconnaître la signature de Georges Rohner

Savoir reconnaître la signature de Georges Rohner est essentiel pour authentifier une œuvre de ce peintre majeur de la Nouvelle Réalité française, connu pour ses compositions rigoureuses, ses natures mortes et ses portraits exécutés entre les années 1930 et 1990. Georges Rohner signe généralement ses œuvres sous la forme « G. Rohner » ou « Rohner », dans une écriture manuscrite lisible et régulière, souvent placée en bas à droite de la composition. Cette signature est visible sur des œuvres représentatives telles que ses natures mortes structurées des années 1940-1950 ou ses compositions intimistes conservées dans des collections publiques et passées en ventes aux enchères, comme ses huiles sur toile représentant des intérieurs ou des objets du quotidien. Sur les peintures, la signature est généralement réalisée au pinceau, dans une teinte sombre ou contrastée avec le fond, tandis que sur les dessins et œuvres sur papier, elle apparaît au crayon ou à l’encre, parfois accompagnée d’une date. La constance graphique de la signature, associée à la rigueur stylistique propre à Georges Rohner, constitue un élément déterminant pour l’authentification. Dans un marché en progression pour cet artiste important du XXe siècle français, faire expertiser la signature d’une œuvre attribuée à Georges Rohner est une étape indispensable. Les spécialistes d’Estimon’Objet vous accompagnent dans l’identification, l’authentification et l’estimation de vos œuvres signées Georges Rohner, qu’il s’agisse de peintures, de dessins ou de compositions sur papier.

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Georges Antoine Rochegrosse

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Estimation et cote de l'artiste Georges Antoine Rochegrosse

Georges Antoine Rochegrosse est un peintre français issu d’une formation académique. Alors qu’il s’intéresse et réalise de nombreuses peintures d’Histoire, l’artiste se prend de passion pour l’Orientalisme dès 1894.

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Le parcours de Georges Antoine Rochegrosse

Georges Antoine Rochegrosse est un artiste français, né en 1859 à Versailles et décédé à l’âge de 78 ans à El Biar en 1938. Abandonné par son père très jeune, sa mère se remarie avec le poète et dramaturge Théodore de Banville (1823-1891) : cette union introduit alors Georges Antoine Rochegrosse dans les milieux intellectuels et artistiques parisiens. Dès son plus jeune âge, il côtoie des artistes et des hommes de lettres comme Paul Verlaine, Arthur Rimbaud, Victor Hugo ou Gustave Flaubert.

Il commence sa formation de peintre sous les conseils d’Alfred Dehodencq ; à douze ans, il entre à l’Académie Julian puis termine ses études à l’École des Beaux-Arts de Paris. En 1882, il débute au Salon. L’année suivante, il obtient une bourse d’études qui lui permet de voyager à travers l’Europe.

Le début de la carrière de Georges Antoine Rochegrosse est marqué par des peintures d’Histoire. Quelques années plus tard, il s’essaye au symbolisme : un mouvement artistique empreint d’un fort pessimisme et qui s’inspire de l’univers du songe et de l’ésotérisme. Puis, au début des années 1900, le peintre se passionne pour l’orientalisme grâce à des voyages à Alger effectués à la fin du XIXe siècle.

Georges Antoine Rochegrosse est un artiste reconnu et apprécié par la bonne société parisienne. Cette popularité l’amène notamment à être nommé chevalier de la Légion d’Honneur en 1892. Il obtient également un poste de professeur à l’Académie Druet en 1905 et devient un membre influent de la Société des peintres orientalistes français. 

À la suite de la Première Guerre Mondiale et à la mort de son épouse en 1920, sa peinture prend un autre tournant : elle devient plus pessimiste tout en se teintant de religiosité. Ses peintures de cette période s’inspirent majoritairement du jardin de sa villa algérienne.

Georges Antoine Rochegrosse : un peintre d’Histoire

Chaque année, Georges Antoine Rochegrosse expose au Salon une peinture inspirée par les civilisations égyptienne, romaine ou byzantine dont la mise en scène est sophistiquée et regorge de détails historiques authentiques. En effet, sa formation académique a développé sa passion pour l’archéologie et l’Histoire. Les premières œuvres de Georges Antoine Rochegrosse sont donc emblématiques du genre de la peinture d’Histoire. C’est dans cette dynamique qu’il réalise, par exemple, les huiles sur toiles intitulées Andromaque et La Folie du roi Nabuchodonoso en 1883.

Vers la fin du XIXe siècle, le peintre s’intéresse au Symbolisme et illustre des grands épisodes des opéras wagnériens. 

A partir de 1870, Georges Antoine Rochegrosse publie aussi en parallèle des dessins, illustrant les œuvres de ses amis poètes et écrivains. En 1894, lors de ses recherches pour trouver des décors pour illustrer Salammbô, un roman de Gustave Flaubert, il découvre l’Algérie et devient alors l’un des représentants majeurs de l’Orientalisme. 

Les peintures orientalistes de Georges Antoine Rochegrosse

Dès avril 1894, Georges Antoine Rochegrosse décide de se rendre à Alger pour un premier séjour. Séduit et inspiré par cette destination, il décide d’y retourner une seconde fois. A cette occasion, il fait la connaissance de Marie Leblond, qu’il épouse deux ans plus tard en 1896. Elle détient une place importante dans son œuvre : elle est à la fois sa femme, sa muse et son modèle. En effet, elle sert de modèle pour plusieurs œuvres de Georges Antoine Rochegrosse en incarnant une impératrice, une déesse ou encore une femme orientale. 

Après le mariage, le couple s’installe à El Biar, dans la banlieue d’Alger, en 1900. C’est à ce miment que Georges Antoine Rochegrosse se tourne intensément vers l’Orientalisme. Ce mouvement artistique se caractérise notamment par une esthétique pittoresque qui confond à la fois les styles, les civilisations mais aussi les époques. Ces mélanges ont parfois donné lieu, ou du moins ont participé, à la diffusion de stéréotypes de culture orientale dans les sociétés occidentales. 

Aujourd’hui, il est coutume d’associer Georges Antoine Rochegrosse à l’Orientalisme. Comme de son vivant, il est considéré comme l’un des grands représentants de ce mouvement qui est apparu au début du XXe siècle. Lorsqu’il arrive sur le sol algérien, le peintre est rapidement admis au sein de l’élite algéroise, grâce à sa renommée parisienne. Il entre alors dans la Société des artistes orientalistes, préside divers jury et apparait dans les manifestations artistiques. Les peintures orientalistes de Georges Antoine Rochegrosse représentent des vues intimistes du jardin de sa villa, des scènes quotidiennes de la vie locale ainsi que de nombreux portraits de femmes orientales.

Faire estimer gratuitement une œuvre de Georges Antoine Rochegrosse

Georges Antoine Rochegrosse est réputé sur le marché de l’art avec plus de 1 400 adjudications à son actif. Artiste prolifique, on retrouve à la fois des peintures, des décors et des illustrations retraçant son goût pour l’antiquité et des tableaux plus intimistes dans les salles de ventes aux enchères. Les œuvres de Georges Antoine Rochegrosse demeurant très demandées sur le marché de l’art, elles se vendent aux enchères pour plusieurs milliers d’euros, comme l’a démontré l’adjudication de Beauté étendue à 122 827€ en 2008.

Les peintures les plus populaires de Georges Antoine Rochegrosse sont des huiles sur toile ou sur panneau qui mettent en scène des femmes sur fond de décors orientaux. Leur estimation peut aller jusqu’à 270 000 euros.

L’artiste a également réalisé plusieurs dessins et aquarelles au crayon, connus pour leur réalisme. Leur estimation fluctue entre 40 euros et 10 000 euros.

Il est possible de trouver des estampes de Georges Antoine Rochegrosse dans les salles de ventes aux enchères. Souvent, il s’agit d’affiches faisant référence à des icônes : plus la figure est iconique, plus l’estimation est élevée. En 2002, l’affiche Don Quichotte datée de 1911 a été vendue pour 1 600 euros. De façon plus générale, l’estimation des estampes de l’artiste est comprise entre 40 euros et 8 000 euros. 

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(Illus.) 

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