Estimation gratuite Kasimir Malevitch

Kasimir Malevitch

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Estimation et cote de l'artiste Kasimir Malevitch

Kasimir Malevitch (1879-1935) compte parmi les pionniers de l’Abstraction, et met au point le Suprématisme.

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La première expérience de l’art de Kasimir Malevitch

Né en Ukraine de parents polonais, Kasimir Malevitch est très tôt attiré par l’art. C’est en effet en regardant les paysans décorer leur maison qu’il décide de se diriger vers la peinture.

Kasimir Malevitch s’inscrit donc dans une école de dessin à Kiev en 1896, et continue sa formation à l’Académie de peinture, de sculpture et d’architecture de Moscou à partir de 1904. L’artiste fréquente l’avant-garde artistique, alors représentée par Vassily Kandinsky, Michel Larionov et Natalia Gontcharova.

Kasimir Malevitch s’implique dans différentes associations, et s’essaie aux différents styles contemporains. Il fréquente ainsi « le Valet de carreau » et « la Queue d’âne », et s’inspire dans son art de Paul Cézanne, du Cubisme et du Futurisme. Sa fréquentation assidue des collections Morozov et Chtchoukine lui permet de prendre connaissance très rapidement des recherches contemporaines de Georges Braque, Pablo Picasso, ou encore Henri Matisse.

Alors en quête d’une manière artistique personnelle, Kasimir Malevitch expose pour la première fois avec l’Association des artistes de Moscou en 1907.

De 1910 à 1913, il se consacre à une série de gouaches représentant dans la tradition russe des personnages monumentaux, le plus souvent des paysans, à l’aide de coloris contrastés. Le hiératisme et la stylisation accentuée des formes de ses gouaches annoncent son intérêt pour l’icône, qu’il considère comme « la forme supérieure de l’art paysan ».

Le Cubo-futurisme de Kasimir Malevitch

En 1913, Kasimir Malevitch invente le Cubo-futurisme, qui fait la synthèse russe du Cubisme français et du Futurisme italien. Il mêle en effet la structure géométrique du Cubisme analytique, et l’interpénétration des formes du Futurisme. De façon contemporaine à Fernand Léger, il dote ses personnages de formes tubulaires. Les couleurs franches qu’il emploie dans des œuvres telles que le Portrait de Mikhaïl V Matiouchine (1913-1914) renvoient à la palette futuriste, mais aussi à la tradition slave.

Kasimir Malevitch théorise son esthétique, et lui donne le nom de « Réalisme cubofuturiste » en 1913. Il considère en effet que ses œuvres constituent l’une des étapes du développement du Futurisme, située entre le Futurisme cinétique et le Futurisme dynamique.

Le Cubo-futurisme est dans l’œuvre de Kasimir Malevitch une étape vers l’Abstraction. Dans ses premières œuvres, il conserve des sujets traditionnels. Cependant, il abandonne progressivement l’objet. A partir de 1913, il superpose des fragments de mots et des objets entiers, à échelle différente, comme dans Un Anglais à Moscou (1913-1914). Par la suite, de larges rectangles colorés enrichissent la composition tout en la masquant en partie.

Le suprématisme de Kasimir Malevitch

Très rapidement, Kasimir Malevitch fait l’expérience de l’Abstration, qualifiée de « suprématiste ».
C’est pour un décor d’opéra que Kasimir Malevitch peint son premier carré noir sur fond blanc. Il s’agit d’une représentation abstraite de l’icône, pour l’opéra d’avant-garde Victoire sur le soleil, présenté en décembre 1913 à Saint-Pétersbourg.

Kasimir Malevitch poursuit cette expérience, et réalise en secret une trentaine d’œuvres abstraites, qu’il présente en 1915 à Petrograd, à la « Dernière exposition futuriste 0,10 ». Il conçoit des peintures minimales, réduites à l’essentiel, qui cherchent à atteindre le « degré zéro de la peinture », pour traduire un « monde sans-objet ». Pour cela, il emploie les formes géométriques les plus simples, la croix et le carré, et les couleurs les plus pures, le noir et le blanc, appliquées en aplat.

La peinture de Kasimir Malevitch se radicalise encore, lorsqu’il abandonne la couleur en 1918 avec son Carré Blanc.

Cette création donne lieu à de nombreuses réflexions théoriques et philosophiques de Kasimir Malevitch jusqu’aux années 1920. Il définit sa démarche par le concept de « suprématisme », qui renvoie au supranaturalisme, tentative philosophique de définir l’essence visible des choses. Sa réflexion est développée dans son ouvrage, Du cubisme et du futurisme au suprématisme.

Artiste engagé dans la Révolution russe et convaincu par la pensée socialiste, Kasimir Malevitch se consacre à l’enseignement artistique dès 1918. A la fermeture de son Institut de la culture artistique à Léningrad en 1926, il décide de voyager au sein de l’Union soviétique.

Kasimir Malevitch se rend à Varsovie, puis à Berlin pour exposer ses toiles. Il espère atteindre Paris pour diffuser son esthétique radicale. Cependant, son projet est annulé lorsqu’il est rappelé d’urgence en Russie. Kasimir Malevitch confie alors toutes ses œuvres à un ami, qui les cède en 1958 au Stedelijk Museum d’Amsterdam, permettant sa redécouverte progressive dans les années 1970.

Le retour à la figuration de Kasimir Malevitch

A partir de 1928, probablement à la demande du gouvernement soviétique, Kasimir Malevitch retourne à la figuration et à la couleur. Il retrouve les sujets du début de sa carrière, avec des œuvres telles que Coupeurs de foins (1930), antidatées pour raisons politiques.

Il ne cherche en effet plus à mettre en évidence l’harmonie entre l’homme et la nature, mais dénonce le bouleversement du monde rural par l’intrusion de la technologie, encouragée par les plans de développement quinquennaux.

Kasimir Malevitch est désormais marginalisé. Lorsqu’il est arrêté en 1930, et emprisonné temporairement, ses amis brûlent une partie de ses manuscrits. Après une ultime exposition en 1935, ses œuvres ne sont plus montrées en URSS jusqu’en 1962.

A sa mort en 1935, Kasimir Malevitch est inhumé selon une cérémonie suprématisme soigneusement organisée par ses soins. Il est mis en terre dans un cercueil orné d’un carré, d’un cercle et d’une croix sur le couvercle (la croix est cependant retirée par les autorités), vêtu d’une chemise blanche, d’un pantalon noir et de chaussures rouges.

La cote des œuvres de Kasimir Malevitch

Les œuvres de Kasimir Malevitch comptent parmi les plus rares sur le marché de l’art, en raison de l’interdit dont fut frappée l’Abstraction en Union Soviétique. Ainsi, depuis 2000, seuls 9 lots ont été proposés sur le marché, faisant donc l’objet de records. Le dernier en date a été atteint à New York en 2018 pour une Composition suprématiste (1916), adjugée 63 991 848 € (76 000 000 $ ).

Les estampes de l’artiste, peuvent être acquises pour 100 à 5 000 €, et ses dessins pour 10 000 à plus de 100 000 €. Pour cette dernière catégorie, les adjudications peuvent dépasser les 5 000 000 €.

Kasimir Malevitch, Coupeur de foin (1930), galerie Tretiakov, Moscou.

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Louis Majorelle

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Estimation et cote de l'artiste Louis Majorelle

Louis Majorelle (1859-1926) est l’une des figures majeures de l’Art Nouveau à Nancy. Il est le fils de l’ébéniste et céramiste Auguste Majorelle, qui développe à Toul puis à Nancy une fabrique de mobilier et faïence en 1858, et le père du peintre orientaliste Jacques Majorelle.

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Louis Majorelle, sa quête du degré zéro de la peinture

Louis Majorelle, qui présente des dispositions artistiques dès son plus jeune âge, est rapidement associé à l’entreprise familiale. Adolescent, il appartient déjà à la commission de surveillance de l’atelier de modelage et de sculpture de l’entreprise. Il fréquente également l’école municipale de dessin et de peinture, dont l’enseignement est assuré dans une optique « industrielle » par les artistes Messin et Théodore Devilly. Cette double formation en dessin et sculpture lui permet d’exposer en 1875 puis en 1876 au Salon de la Société des amis des arts de Nancy, puis de se présenter à l’Ecole nationale des Beaux-Arts, où il est admis en février 1877. Il entre dans l’atelier du peintre et sculpteur Jean-François Millet, tandis qu’à la même époque, Victor Prouvé fréquente celui d’Alexandre Cabanel. La mort prématurée d’Auguste Majorelle force Louis à rentrer à rentrer à Nancy en 1879, pour prendre la direction de l’entreprise familiale. Il abandonne alors la peinture, et se forme auprès des ouvriers de son père. Cette solide formation lui permet de prendre la direction artistique de la maison Majorelle en 1884.

 

 

La créativité de Louis Majorelle est louée à la VIIIème exposition de l’Union centrale des arts décoratifs consacrée aux arts de la terre et du verre. Impressionnés par son originalité, les membres de l’Union centrale des Arts décoratifs l’incitent en 1885 à s’investir davantage dans la fabrication de meubles. Encouragé par la médaille d’argent reçue à l’Exposition universelle de Paris en 1889, il crée un atelier lié au travail du métal pour ses meubles en 1890. Il délaisse alors la production de céramiques, et fonde la société Majorelle en 1892. L’entreprise devient Majorelle frères en 1892, son frère Jules endossant la responsabilité commerciale.

Louis Majorelle contribue alors au renouveau des arts décoratifs à Nancy, au même titre qu’Emile Gallé et Victor Prouvé. Il se détourne des créations inspirées par le XVIIIème siècle, pour adopter un style plus floral. Le décor vernis ou peint des mobiliers néo-rocaille et japonisants est substitué par un décor marqueté à références naturalistes ou symbolistes. Convaincu de la nécessité d’accorder le thème décoratif et la destination du modèle au matériau choisi, il cherche à fondre décor et structure. C’est une nature domptée, soumise à la logique de construction, qu’il présente sur ses meubles.

En raison du succès remporté par ses créations, les effectifs de l’entreprise augmentent rapidement. Majorelle frères passe de 20 à 40 ouvriers, puis à 150 ouvriers en 1897. Louis Majorelle agrandit alors ses ateliers, qu’il installe rue du Vieil-Aître à Nancy. La critique pour son premier ensemble, une salle à manger présentée au Salon des artistes français en 1898, est élogieuse. Roger Marx considère Louis Majorelle « d’autant plus intéressant qu’il échappe à tout resouvenir ». Sa réputation s’affirme à l’Exposition universelle de 1900 à Paris, quand il expose la suite Orchidée. Il propose des meubles, mais aussi des luminaires et des étoffes. Les éclairages électriques résultent du rapprochement des maisons Majorelle frères et Daum frères à partir 1898, Majorelle s’occupant des piétements, et Daum des cache-ampoules. Les ventes connaissent un grand essor dans les années 1900. Un grand magasin est ouvert à Nancy rue Saint-Georges, puis en 1904 Majorelle frères rachète le magasin parisien de Siegfried Bing, L’Art nouveau.

Louis Majorelle est alors confronté au défi technique de passer à l’échelle industrielle, tout en maintenant une haute qualité d’exécution et un raffinement de décor. A partir de 1905, il propose deux catégories de productions, le mobilier de luxe étant fabriqué dans l’atelier rue du Viel-Aître, et la série bon marché étant conçue dans les ateliers situés à Bouxières, près de Nancy, sous le nom de Peltier, Misserey et Cie. La mécanisation entraîne cependant l’essoufflement de la production d’exception en 1908. Louis Majorelle renoue à cette période avec la fabrication de céramiques. Il réalise des modèles d’objets en grès pour les lorrains Alphonse Cytère et les frères Mougin.

La Première guerre mondiale met un coup d’arrêt à cette florissante production. En 1914, Louis Majorelle est contraint de s’installer à Paris, et en 1916 son usine est détruite par un bombardement. Dès 1918, il retourne à Nancy pour la reconstruire. Il dessine désormais un mobilier plus rectiligne, dans le goût de l’Art déco naissant. La collaboration avec Antonin Daum perdure, et ils créent ensemble des verreries cloisonnées. A la mort de Louis Majorelle en 1926, son frère Jules prend la direction administrative de la société, et Alfred Lévy, décorateur de l’entreprise depuis 1888, assure la direction artistique. L’entreprise se maintient jusqu’en 1956.

La vente des œuvres de Louis Majorelle a connu son apogée dans les années 2000, où les enchères mettaient en avant les objets d’inspiration naturelle. C’est de cette période que date le record des ventes, la Chambre à coucher aux nénuphars (1905) adjugée pour 949 328 € (560 000 £ ) en 2000 à Londres. Depuis lors, l’intérêt pour ce type de mobilier s’est amoindri, l’indice des prix ayant perdu 30 % entre 2000 et 2022. Les mobiliers et luminaires s’échangent cependant encore pour des sommes importantes, étant vendus pour la plupart entre 1 000 et 5 000 €, mais pouvant atteindre encore aujourd’hui 50 000€ pour les luminaires, et 500 000 € pour le mobilier.

Louis Majorelle, Bureau de dame nénuphar, Musées royaux des beaux-arts de Belgique, v. 1903, Acajou mouluré sculpté, marqueterie et bronzes dorés.

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Marcel Gimond

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Estimation et cote de l'artiste Marcel Gimond

Marcel Gimond (1894-1961) est un sculpteur originaire de Tournon, en Ardèche, dont l’œuvre traduit l’attachement à sa région natale.

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La formation de Marcel Gimond

Né à Tournon, Marcel Gimond grandit à Lyon, où il suit une première formation à l’Ecole des Beaux-Arts entre 1912 et 1916. A l’issue de ses études, il reste comme enseignant au sein de cette Ecole, où il rencontre son épouse, Julie. Marcel Gimond quitte rapidement Lyon, et se rend à Marly pour étudier auprès d’Aristide Maillol. Sur recommandation de Maurice Denis, Marcel Gimond se rend ensuite à Vence auprès de Pierre-Auguste Renoir. Tant Aristide Maillol que Pierre-Auguste Renoir influencent fortement ses premières œuvres. A la mort de ce dernier, Marcel Gimond se rend à Paris. C’est Jean Renoir, le fils de son ancien maître, qui l’aide à s’y établir.

L’artiste excelle dans le portrait. Il considère qu’un « buste n’est pas une création arbitraire : c’est une tentative d’explication du cosmos, une mise en ordre, un microcosme ». A ce titre, Marcel Gimond donne une importance quasiment religieuse au portrait, et suit l’influence stylistique de l’art gothique, ainsi que des œuvres d’Aristide Maillol. En stylisant les traits de ses modèles, et en gommant par le classicisme les particularités individuelles de leurs visages, il cherche à leur donner une dimension atemporelle. Marcel Gimond accorde également une grande importance à l’agencement des masses et des volumes des bustes, presque architecturaux, pour doter les représentations d’une présence.

Marcel Gimond dans l’Entre-deux-guerres

Pendant l’Entre-deux-guerres, Marcel Gimond travaille à Paris, mais fait de nombreux voyages en Europe, notamment en Italie, en Angleterre, en Grèce, en Espagne, en Belgique, et en Hollande. A Paris, Marcel Gimond enseigne à l’Académie Julian, ainsi qu’à l’Académie Ranson à partir de 1928. Il expose pour la première fois au Salon des Indépendants ainsi qu’au Salon d’Automne en 1922, et réitère l’expérience chaque année jusqu’en 1928.

Marcel Gimond reste attaché à la ville de son enfance, et participe à la création du groupe des Ziniars à Lyon dans les années 1920. Avec les autres membres du groupe, il expose au Salon du Sud-Est à Lyon. Artiste au talent reconnu, Marcel Gimond reçoit en 1924 le Prix Blumenthal, puis en 1937 le Grand Prix de l’Exposition Universelle.

Marcel Gimond de retour en Ardèche

En 1940, Marcel Gimond se réfugie à Saint-Félicien en Ardèche en raison de la Seconde guerre mondiale. A cette période, il exécute un ensemble de bustes, en hommage à sa région natale. Ses modèles ne sont souvent pas des notables, mais des personnes modestes de son entourage. Ainsi, pour le buste de Mademoiselle Madeleine Champanhet, Marcel Gimond fait poser la fillette qui dépose chaque matin le pain chez les parents du sculpteur.

Il réalise également des sculptures archétypales, comme Paysanne de l’Ardèche, ou la Fillette de l’Ardèche, ainsi que des portraits parfois rétrospectifs de personnalités originaires de la région, tels que Gabriel Faure, écrivain de Tournon (1931). D’un point de vue stylistique, Marcel Gimond reste fidèle à la simplification des formes de ses premières œuvres.

A la fin de la guerre, Marcel Gimond est nommé professeur à l’Ecole des Arts décoratifs, ce qui l’incite à retourner à Paris en 1944. Dès 1946, il est également nommé à la direction de l’atelier de sculptures de l’école des Beaux-Arts de Paris. Il conserve cette chaire jusqu’en 1960. Le Grand Prix National des Arts qui lui est décerné en 1957 constitue un dernier hommage à sa carrière.

La cote des sculptures de Marcel Gimond

Le chiffre d’affaires des ventes de sculptures de Marcel Gimond a atteint un record en 2021, avec la vente de la Femme allongée à Paris en 2021 pour 40 000 €, soit dix fois son estimation initiale. Relativement peu d’œuvres de Marcel Gimond circulent sur le marché, puisque seuls 3 à 4 lots sont adjugés annuellement. C’est avant tout le marché français qui présente des œuvres de Marcel Gimond, bien que le Royaume-Uni et la Suède n’en soient pas non plus démunis. Les sculptures s’échangent généralement pour 1 000 à 10 000 €. Ce sont avant tout ses sculptures des années 1930 qui attirent l’attention des collectionneurs. 

Plus accessibles, ses dessins peuvent être acquis pour 500 à 1 000 €. Ils représentent à eux-seuls 35% des ventes, C’est sa sanguine Baigneuse allongée, acquise pour 3 000 € à Paris en 2006, qui a remporté l’adjudication la plus haute, multipliant par 20 l’estimation initiale.

Marcel Gimond réalisant le portrait du peintre Foujita (à droite) dans son atelier à Paris en 1959.

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Lucio Fontana

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Estimation et cote de l'artiste Lucio Fontana

Lucio Fontana (1899-1968), peintre et sculpteur italo-argentin, est reconnu comme l’un des initiateurs de l’art conceptuel, et le fondateur du mouvement spatialiste. Il accorde une importance primordiale au geste créateur.

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Lucio Fontana, sculpteur

Aux côtés de son père, sculpteur funéraire italien, Lucio Fontana se consacre à la sculpture. Après un premier apprentissage de la taille du marbre auprès de son père, il suit l’enseignement d’Adolfo Wildt, sculpteur symboliste, à l’Accademia di Brera à Milan.

Lucio Fontana se rapproche alors du mouvement Expressionniste. Sa première œuvre connue est Nudo (1926). Il expose rapidement à Milan (1930), puis à la Biennale de Venise. De 1930 à 1933, il réalise des œuvres polychromes de terre cuite et de plâtre, dans un style personnel archaïsant. Ses figures humaines, schématiques, à surface irrégulière, sont qualifiées de Primitives.

Un artiste entre abstraction et figuration

Rapidement, Lucio Fontana se tourne vers l’Abstraction. En 1934, il rejoint le groupe Abstraction-création, devenant l’un des premiers artistes abstraits italiens. Le sculpteur crée un petit ensemble de sculptures abstraites, géométriques, conçues comme des dessins développés dans l’espace.

Deux ans plus tard, Lucio Fontana retourne cependant à la figuration, par l’intermédiaire de la céramique. Ainsi, de 1936 à 1940, se rendant chaque été dans l’atelier du céramiste Tullio Mazzotti, à Albisola. Il réalise alors des œuvres d’inspirations maritime et animale, ainsi que des vases sculpturaux. A partir de 1937, Lucio Fontana collabore avec la Manufacture nationale de Sèvres, où il crée des céramiques à grand feu.

En 1940, Lucio Fontana s’installe à Buenos Aires en raison de la Seconde guerre mondiale. Il mêle désormais les matériaux traditionnels au fer et au ciment pour ses sculptures, qu’il colore à l’or et à l’argent. Il s’agit pour l’artiste d’une manière de masquer la matière, tout en la magnifiant.

Lucio Fontana, figure de proue du Spatialisme (1946-1952)

Lucio Fontana jette les bases du Spatialisme en 1946, lorsqu’il publie le Manifeste Blanc à Buenos Aires. Considérant l’objet artistique comme une « somme d’éléments physiques – couleur, son, mouvement, espace », il cherche à donner la primauté au mouvement, pour dépasser les genres artistiques traditionnels.

Pour ce faire, il organise des « actions », qui consistent en un jet de déchets sur les façades de la ville.

De retour en Italie, en 1947, il rédige le Manifeste spatial. Il prône un art qui « restera comme geste mais mourra comme matière ». Ses œuvres, envisagées comme des concepts spatiaux, sont intitulées Concetti spaziali à partir de 1949. Il décline cette approche en « sculpture spatiale », « céramique spatiale », et « concept spatial ».

Lucio Fontana commence à perforer ses toiles, sur lesquelles il intervient de multiples manières. Par des gestes qui exaltent la force et la vitesse, il s’efforce d’effacer la matière par le mouvement. Cette démarche le mène à perforer ses toiles monochromes au poinçon, avec les Buchi en 1949.

L’artiste continue à réaliser des céramiques figuratives à l’iconographie traditionnelle, mais leurs surfaces baroquisantes les rapprochent des œuvres spatialistes.

L’art informel baroque de Lucio Fontana

Lucio Fontana revendique un esprit baroque dans son Manifeste technique de 1951. Son art est qualifié d’informel, car il ne peut être considéré ni comme figuratif, ni comme géométriquement abstrait.

Il approfondit les expériences menées avec les Buchi dès 1949, et crée de grandes séries qui réunissent les œuvres selon le matériau employé. Ainsi, les Pietre sont des toiles couvertes de galets de verre (1951-1958), les Barrochi des œuvres aux contrastes renforcés (1954-1957), les Gessi des pastels aux formes irrégulières (1954-1958), et enfin les Inchiostri se veulent plus vaporeuses (1956-1959). Dans chacune de ces œuvres, il traite de manière différente les problématiques de l’espace et du temps.

En 1958, Lucio Fontana commence sa série des toiles fendues, qui deviennent sa caractéristique. Les lacérations sont pour lui une manière de permettre une troisième dimension sur les surfaces planes, et de les ouvrir sur l’espace. Il commence par lacérer ses toiles. Les Tagli deviennent des Attese lorsqu’il multiplie les fentes.

Par la suite, Lucio Fontana fend également ses céramiques et bronze, qui se couvrent de crevasses. Refusant tout anthropomorphisme, il réalise dans les années 1960 des boules creusées et fendues qui évoquent à la fois le sexe féminin et la conquête spatiale, alors que le monde se passionne pour l’exploration de la lune.

À la fin de sa vie, Lucio Fontana réalise 170 Teatrini, qui relisent en miniature ses œuvres principales (1964-1966).

La cote des œuvres de Lucio Fontana

Les œuvres de Lucio Fontana se tiennent au 43ème rang du classement mondial des meilleures ventes publiques. L’indice des prix de ses œuvres connaît une hausse constante depuis les années 2000. Le record des ventes a été atteint en 2015, avec Concetto spaziale, La fine di Dio (1964), adjugé à New York pour 24 079 230 € (25 900 000 $ ).
Les peintures s’acquièrent généralement pour 100 000 à 500 000 €, avec des records qui dépassent les 5 000 000 €. Ses créations céramiques et sculptures, quant à elles, peuvent s’acquérir pour 10 000 à 50 000 €.

Lucio Fontana. Sfere (concetto spaziale sferico). Terre cuite glaçurée et oxydée, 1957, musée internationale de la céramique de Faenza

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Estimation et cote de l'artiste Marcel Duchamp

Marcel Duchamp (1887-1968) est un artiste parisien de l’Avant-garde artistique du XXème siècle. Actif entre Paris et les Etats-Unis, il a établi et diffusé le ready-made.

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Les premières œuvres de Marcel Duchamp

Marcel Duchamp est initié à l’art par ses frères ainés, le peintre Jacques Villon et le sculpteur Raymond Duchamp-Villon. C’est sous leur égide qu’il réalise ses premières œuvres. 

Après avoir suivi sa scolarité à Rouen, Marcel Duchamp s’inscrit à l’Académie Julian à Paris (1904). Il fréquente également le groupe de Puteaux, qui se réunit chez son frère Jacques Villon. Dès 1909, Marcel Duchamp réalise des œuvres inspirées de Paul Cézanne, d’inspiration cubiste. S’il s’intéresse au morcellement de la réalité comme les cubistes, et reprend leur palette en camaïeu, il s’écarte cependant rapidement de leurs problématiques spatiales. Marcel Duchamp concentre alors son intérêt sur la décomposition du mouvement, à l’imitation des futuristes italiens. Le Nu descendant l’escalier (1913), d’inspiration futuriste, le fait connaitre à New York grâce à l’Armory Show en 1913.

Explorant la représentation du mouvement, Marcel Duchamp crée avec humour la Roue de bicyclette la même année (1913). Étant intervenu en fixant la roue sur un socle, il qualifie postérieurement l’œuvre de « ready-made assisté ». 

Marcel Duchamp et le ready-made aux Etats-Unis

En 1915, Marcel Duchamp s’installe à New-York, où il diffuse l’esthétique d’Avant-garde parisienne, et retrouve son ami Francis Picabia. C’est là qu’il invente le terme de ready-made, désignant un objet revendiqué comme œuvre par l’artiste du seul fait de l’avoir choisi, soutenant ainsi que l’idée prévaut sur la création. Marcel Duchamp reconnait comme premier ready-made le Porte-bouteille, choisi « sur la base d’une pure indifférence visuelle » en 1914 au Bazar de l’Hôtel de Ville, alors qu’il résidait encore à Paris.

C’est à cette période que Marcel Duchamp s’attèle à ses projets les plus connus. Ainsi, il travaille au Grand Verre, aussi appelé La mariée mise à nu par ses célibataires entre 1912 et 1923. Le fait de peindre l’œuvre sur plaque de verre permet à Marcel Duchamp de nier l’espace fictionnel du tableau, sa fonction de fenêtre sur le monde.

C’est aussi durant la Première guerre mondiale que Marcel Duchamp réalise La Fontaine (1917), urinoir envoyé au comité d’une exposition dont les organisateurs s’engagent à exposer toute œuvre, à condition que le créateur ait participé aux frais. L’urinoir, doté d’un nom et signé du postiche Richard Mutt, réunit toutes les caractéristiques pour être exposé. C’est pour Marcel Duchamp une manière de questionner la définition d’une œuvre d’art.

La période Dada de Marcel Duchamp

De retour à Paris en 1919, Marcel Duchamp est intégré au cercle Dada. Il contribue à faire connaitre ce mouvement aux Etats-Unis, en publiant avec Man Ray l’unique numéro de New York Dada en 1921. Marcel Duchamp se détourne temporairement de ses activités artistiques, pour se consacrer aux échecs. C’est son activité principale dans les années 1920, et il rejoint même l’équipe de France d’échecs à cette période.

Détournements et œuvres d’art multiples pour Duchamp

Marcel Duchamp renoue néanmoins avec la création artistique dans les années 1930, revisitant avec humour les concepts de la Renaissance. Il joue avec la conception du tableau comme « fenêtre ouverte sur le monde » de Leon Battista Alberti, avec sa Fresh Widow, fenêtre aveugle qui devient une « veuve effrontée » en raison de ses carreaux noirs, n’ouvrant sur aucun espace fictionnel.

Marcel Duchamp innove en proposant des œuvres multiples avec ses Rotoreliefs qu’il brevette et dont il présente 500 exemplaires au public en août 1935 sur un stand du concours Lépine. Approfondissant cette expérience, il édite à partir de 1941 La boîte-en-valise. Cette boîte, qui contient des images annotées de ses créations précédentes, est à la fois une reproduction et un original.

Marcel Duchamp et le Surréalisme

Marcel Duchamp renoue avec le milieu artistique en organisant événements en collaboration avec les artistes surréalistes réfugiés à New-York pendant la Seconde Guerre Mondiale. Il participe avec André Breton à l’organisation de l’exposition First Papers of Surrealism, au sein de laquelle il présente un réseau constitué de deux kilomètres de ficelle entrelacée.

Marcel Duchamp conçoit également la couverture du catalogue de l’exposition Le Surréalisme en 1947, organisée par André Breton en 1947 à la galerie Maeght, avec Prière de toucher (1947). Les œuvres de Marcel Duchamp restent relativement peu connues du grand public jusqu’à ce que le magasine Life ne lui consacre un article en 1953. Sa renommée croit fortement après la Seconde mondiale, et il est dans les années 1950 considéré comme le précurseur des néo-dadaïstes américains, comme Jasper Johns et Robert Rauschenberg. Désormais célèbre, Marcel Duchamp fait rééditer ses premiers ready-made en 1964, diffusant son œuvre dans le monde entier.

La cote des œuvres de Marcel Duchamp

La cote des œuvres de Marcel Duchamp s’est stabilisée, après le pic atteint en 2010. Quelle que soit la catégorie d’objet, les gammes de prix demeurent élevées. Peu d’objets ready-made sont en circulation. Ils sont généralement acquis pour 1 000 à 500 000 €, et les records peuvent dépasser les 5 000 000 €. Les photographies et dessins de l’artiste s’échangent pour 10 000 à 100 000 €, et ses peintures pour 50 000 à plus de 1 000 000 €.

Alfred Stieglitz, photographie de la Fountain de Marcel Duchamp, 1917.

En lien avec Marcel Duchamp

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Marc Rothko

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Estimation et cote de l’artiste Mark Rothko

Mark Rothko (1903-1970), peintre né en Russie sous le nom de Marcus Rothkowitz, rejoint les Etats-Unis en 1913, et y devient l’un des représentants majeurs du Field Painting.
Estimation gratuite Mark Rothko

Prix des œuvres de Mark Rothko

  • Peinture à l’huile sur toile - entre 10 000 000 € et 80 000 000 €

  • Œuvre sur papier (gouache, aquarelle, encre) - entre 500 000 € et 6 000 000 €

  • Dessins et études préparatoires - entre 150 000 € et 1 000 000 €

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Les premières œuvres de Mark Rothk

Les premières œuvres de Mark Rothko sont des paysages expressionnistes et des natures mortes sur toile ou sur masonite. Il commence sa carrière artistique par une formation à l’Art Student League de New-York (1925-1926), après avoir étudié les mathématiques à l’Université de Yale. Ses œuvres personnelles dans les années 1930 sont plus sombres. Elles traduisent un sentiment de mystère et de terreur. Les couleurs non naturelles des visages de ses personnages contribuent à l’atmosphère sinistre. Avec Adolph Gottlieb et Ilya Bolotowsky, Mark Rothko fonde le groupe The Ten en 1935. Les trois artistes de sensibilité expressionniste exposent ensemble à New-York et à Paris jusqu’en 1940. Pour financer sa carrière artistique, Mark Rothko illustre The Graphic Bibble, du Rabbi Lewis Browne (1928), dans une esthétique inspirée de l’antiquité orientale. Il donne également des cours de dessin aux enfants du Jewish Center de Brooklyn, de 1929 à la fin des années 1950. Pendant la Grande dépression, Mark Rothko travaille également sur le WPA Federal Project à New-York (1936-1943). Malgré ces différentes activités, il demeure dans une grande précarité économique.

Le tournant des années 1940

Au début des années 1940, Mark Rothko découvre le Surréalisme et les théories de Carl Gustav Jung sur la conscience collective. Cette découverte constitue un tournant dans sa carrière. Mark Rothko abandonne alors l’Expressionnisme, et s’attache désormais à transmettre les émotions des mythes anciens, à travers l’emploi de symboles anciens et d’images archétypales. S’inspirant de ses travaux pour The Graphic Bibble, il peint des formes ressemblant à des frises archaïques. Ce renouvellement de son art se nourrit des contacts entretenus par Mark Rothko avec les Surréalistes parisiens présents aux Etats-Unis de 1941 à 1945. Le changement de son art s’accompagne d’une évolution de sa technique de l’aquarelle, au milieu des années 1940. Au pinceau et à la brosse, Mark Rothko mêle l’aquarelle, la gouache et la tempera sur un papier épais, définissant les formes à l’encre avant que la peinture ne sèche. Il crée ainsi des coulures et éclats noirs sur le dessin. Il traduit ensuite cette nouvelle esthétique dans ses peintures. Ainsi, pour Horizontal Vision (1946), Mark Rothko peint à l’huile en diluant la matière et en l’appliquant en glacis superposés, comme s’il s’agissait d’une aquarelle.

L’Abstraction radicale : Field Painting

A partir de 1947, Mark Rothko franchit le pas de l’Abstraction, mais développe une approche originale, qualifiée de Field Painting. Le peintre abandonne progressivement le réalisme, à travers la réalisation de paysages sous-marins toujours plus indistincts. Mark Rothko délaisse également la peinture à l’huile, au profit de l’acrylique et de l’aquarelle, qui permettent plus de luminosité. Finalement, l’artiste réalise des rectangles aux couleurs diffuses, posés horizontalement sur toute la largeur de la toile. Mark Rothko joue sur les variations de luminosité et de teinte pour permettre de distinguer les rectangles des fonds. Il s’agit pour Mark Rothko de traduire les émotions humaines fondamentales à travers les coloris et les formes rectangulaires. Il qualifie son esthétique de « field painting », et en attribue l’invention à Henri Matisse, qui aurait été selon lui le premier à peindre en surface.

Outre l’influence d’Henri Matisse, Mark Rothko s’inspire également du Constructivisme de Kazimir Malevitch, et du Néoplasticisme de Piet Mondian dans ses formes fluides flottantes. Avec Robert Motherwell, Robert Newman et William Baziotes, Mark Rothko fonde la Subjects of the Artistes school (1948-1949), par laquelle il diffuse l’esthétique de l’Expressionnisme abstrait. De 1947 à 1949, il enseigne également à la California School of Fine Arts de San Francisco, où il travaille aux cotés de Clyfford Still. Au cours de l’été 1968, Mark Rothko entame sa dernière grande série de peintures sur papier et sur toile. Travaillant sur les 14 toiles commandées par John et Dominique de Ménil pour la chapelle du Texas Medical Center de Houston, il réalise des compositions divisées en deux zones horizontales, la partie supérieure étant peinte en brun ou en noir, et la partie inférieure en gris. Ces œuvres sont une réflexion sur la tragédie de l’isolement de l’homme. Les couleurs solaires de ses peintures sont progressivement substituées par une palette plus sombre, qui traduisent sa dépression, et annoncent son suicide en 1970.

La cote des œuvres de Mark Rothko

Pilier de l’expressionnisme abstrait, Mark Rothko se classe au 4ème rang du classement mondial des meilleures ventes en 2022. Ses toiles s’échangent rarement pour moins d’un million d’euros, et le record des ventes a été atteint en 2015, avec No. 10 (1958), acquis pour 65 159 800 € (73 000 000 $ ) à New York. La gamme des prix de ses aquarelles est assez étendue, et s’échelonne de 5 000 € à 1 000 000 €. La plupart des feuilles sont adjugées pour 10 000 à 50 000 €.

(Illus.) Mark Rothko vers 1949, par Consuelo Kanaga (Brooklyn Museum)

En lien avec Mark Rothko ​

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Marcel Breuer

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Estimation et cote de l'artiste Marcel Breuer

Marcel Breuer (1902-1981), dessinateur de meubles et architecte d’origine hongroise, s’inscrit dans le mouvement du fonctionnalisme. Il a révolutionné le design et l’architecture par son implication dans De Stijl et le Bauhaus.

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Marcel Breuer, concepteur de mobilier

Marcel Breuer débute sa carrière comme concepteur de meubles et architecte. Il étudie brièvement à l’Akademie der Bildenden Künste de Vienne en 1920, mais la quitte presque immédiatement car il est intégré au Bauhaus de Weimar, sur recommandation de l’architecte hongrois Fred Forbat.

Au sein du Bauhaus, Marcel Breuer rejoint l’atelier de menuiserie. S’inspirant à la fois du Constructivisme et des cultures extra-européennes, il crée des meubles qui se détournent des formes traditionnelles, envisagées comme des symboles de la vie bourgeoise. Sa chaise Africaine (1921) compte parmi ses premières créations.
Après sa rencontre avec Theo Van Doesburg à Weimar en 1921-1922, Marcel Breuer adopte l’esthétique de De Stijl. Influencé par la chaise bleue et rouge de Gerrit Rietveld (1923), Marcel Breuer cherche à mettre en valeur la structure de ses chaises.

Afin de rendre ses créations moins onéreuses, Marcel Breuer privilégie le contreplaqué à partir de 1923.

Après un séjour à Paris en tant qu’architecte, il rejoint le Bauhaus de Dessau en 1925 en tant que « Jungmeister » (chef d’atelier). Ce poste lui permet de mener des expériences. A partir de 1925, Marcel Breuer affirme un rejet de l’ornement et du formalisme. Il met au point la chaise tubulaire la même année. Inspiré par la légèreté de la bicyclette, il crée une première chaise tubulaire, intitulée Wassily. L’emploi du tube métallique est un apport révolutionnaire pour l’histoire du mobilier. Marcel Breuer réalise par la suite la chaise d’appoint « traineau », et la chaise d’appoint en porte-à-faux.

A partir de 1927, Marcel Breuer crée sa propre société, Standard-Möbel, qui est racheté en avril 1929 par le fabricant Thonet. Cette entreprise lui permet de fabriquer en série et commercialiser ses premiers projets en tubes d’acier. Marcel Breuer propose alors une gamme de meubles modulaires, qui peuvent être assemblés selon les besoins. Son meuble le plus connu est la chaise B32 (1928) en acier chromé, bois et rotin.

Marcel Breuer, architecte

Lorsque le Bauhaus passe sous la direction de Hannes Meyer, Marcel Breuer quitte le Bauhaus. Il suit Walter Gropius à Berlin, et travaille au sein de son bureau d’architecture de 1928 à 1931. Il s’occupe principalement d’aménagement intérieur de maisons et d’espaces d’expositions.

Ses projets sont d’abord d’inspiration américaine, comme le plan de circulation à plusieurs niveaux pour la Potsdamer Platz de 1928, repris d’une chaine de montage américaine. Par la suite, Marcel Breuer connait une période constructiviste, dont témoigne le projet du théâtre Khar’kov (1931). Enfin, il adopte le purisme corbuséen. La maison Harnismacher (1932) à Wiesbaden est sa première construction neuve, dans un style corbuséen.

Marcel Breuer continue à concevoir des meubles. En 1932, il développe son premier meuble en aluminium, produit en série par la firme suisse Embru à partir de 1934. Cette création, qui se distingue par sa légèreté et sa flexibilité, lui vaut de remporter le concours international de l’aluminium à Paris en 1933.

Marcel Breuer dans les pays anglo-saxons

A la suite de Walter Gropius, Marcel Breuer se rend en Angleterre puis aux Etats-Unis, ce qui contribue à diffuser le fonctionnalisme dans les pays anglo-saxons.
En octobre 1935, Marcel Breuer suit Walter Gropius en Angleterre. Sur ses recommandations, il réalise une version en contreplaqué de sa chaise longue en aluminium pour la société Isokon de Jack Pritchard. Cette dernière est aujourd’hui considérée comme l’un des premiers exemplaires de design biomorphique.

Walter Gropius et Marcel Breuer sont ensuite conviés à Harvard et à Cambridge, en tant que professeurs d’université, en 1937. Ensemble, ils fondent un bureau d’architecture, consacré aux maisons unifamiliales. Le cabinet est cependant dissout dès 1941.

A l’issue de la guerre, Marcel Breuer quitte l’enseignement, et déménage à New York en 1946, où il ouvre un cabinet personnel d’architecture. Son bâtiment le plus renommé est le siège de l’UNESCO en forme de Y (1952-1958) à Paris, créé en collaboration avec Pier Luigi Nervi et Bernard Zehrfuss.

A cette période, Marcel Breuer élabore son style architectural personnel, en employant le béton de manière sculpturale. Il applique cette esthétique sur le Whitney Museum of American Art, à New York, en prenant en compte les exigences de conservation des œuvres d’art.

Marcel Breuer se retire de la vie professionnelle pour raisons de santé en 1976, et meurt à New York en 1981.

La cote des œuvres de Marcel Breuer

Artiste polyvalent, Daniel Buren a exploré les différents médiums et s’est essayé à de nombreuses matières. Dessins, objets, estampes, sculptures ou encore peintures : ce sont là tous les travaux qu’il laisse derrière lui, car plus l’artiste a progressé dans sa démarche artistique, et plus ses œuvres sont devenues éphémères au fil du temps. Ces pièces rares peuvent être accessibles comme être particulièrement prisées des collectionneurs, notamment en ce qui concerne ses peintures et ses sculptures. L’estimation d’une peinture de Daniel Buren varie entre 469€ et 1 338 825€. À titre d’exemple, une Peinture aux formes variables de 1966 est estimée entre 400 000€ et 600 000€. Quant aux sculptures, le modèle sur bois Barre haute de 2001 s’est vendu à 8900€, mais son Cadre décadré – 04 a4, lui, est estimé entre 35 000€ et 45 000€.

Marcel Breuer, Chaise B3

En lien avec Marcel Breuer

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Max Ernst

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Estimation et cote de l'artiste Max Ernst

Max Ernst (1891-1976) est un peintre et sculpteur allemand, qui joue un rôle majeur dans l’émergence du surréalisme. Né en Allemagne, il est naturalisé américain en 1948, puis français en 1958. Artiste polymorphe, il questionne par ses œuvres l’Académisme et la doctrine religieuse.

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Les premières œuvres de Max Ernst

Max Ernst ne suit aucune formation artistique, mais crée ses premières œuvres aux cotés de son père, peintre amateur. A l’Université, il suit des cours de philosophie, psychiatrie, et histoire de l’art de 1909 à 1912. Entré en contact avec August Macke en 1911, il rejoint les groupes Die Brücke, Der Blaue Reiter, et Das Junge Rheinland. Max Ernst réalise à cette période des linogravures.

Max Ernst nourrit sa création artistique de ses rencontres avec les membres de l’Avant-garde parisienne en 1913. Chez August Macke, il est mis en contact avec Guillaume Apollinaire et Robert Delaunay. L’année suivante, il est présent à Hans Arp à Bonn.

Autodidacte, il arrive en 1913 à une maîtrise artistique suffisante pour présenter une Crucifixion au premier Deutscher Herbstsalon. Ses œuvres, entre Cubisme et Abstraction, s’inspirent des œuvres de Vincent Van Gogh, Robert Delaunay, August Macke, et des Futuristes italiens. Il affirme d’ores et déjà la dimension satyrique de son œuvre.

Max Ernst, artiste Dada (1914-1924)

Max Ernst continue à peindre pendant la Première guerre mondiale, mais son style évolue en réaction à son expérience de la guerre. Traumatisé, il rejette les valeurs traditionnelles, et rejoint le mouvement Dada naissant.

Installé à Cologne après la guerre, Max Ernst crée une série d’œuvres de style et d’esprit proche des groupes Dada de Zurich et de Berlin. En lien avec Johannes Baargeld, il cherche y organiser une exposition. Max Ernst est également en lien avec le cercle Dada parisien d’André Breton et Paul Eluard à partir de 1921.

De 1919 à 1921, Max Ernst réalise surtout des collages. Il s’inspire d’abord de Giorgio De Chirico et de Francis Picabia, puis s’émancipe progressivement de leur influence. Ses collages, exposés à Paris en 1921, impressionnent tant Paul Eluard qu’il se rend à Cologne avec son épouse Gala pour rencontrer Max Ernst.

Cette visite donne lieu à une amitié durable. Max Ernst illustre différents recueils de Paul Eluard, et le rejoint même à Paris en 1922, abandonnant femme et enfant à Cologne. Max Ernst s’installe alors chez les Eluard, et décore en 1923 leur maison à Eaubonne.

Dans ses peintures réalisées à Paris, Max Ernst adhère au Surréalisme naissant. Entre 1921 et 1924, il explore la thématique du rêve et du voyage.

Le surréalisme de Max Ernst (1924-1938)

En 1925, Max Ernst participe à la première exposition surréaliste. Il propose alors une réponse au débat qui agite le groupe surréaliste sur la possibilité de pratiquer l’automatisme dans la peinture, en développant la technique du frottage. Il présente cette solution pour la première fois avec Histoire naturelle, une série de 34 dessins frottés. Max Ernst applique ensuite cette technique sur ses peintures, en particulier la série Forêt.

Ses multiples expositions dans les galeries parisiennes van Leer et Bernheim procurent à Max Ernst une certaine célébrité à partir de 1928. A la même période, il peint les décors pour la Roméo et Juliette de Diaghilev, en collaboration avec Joan Mirò (1926), ce qui le fait connaitre auprès du grand public parisien.

Max Ernst retourne au collage en 1929, en composant des « romans » illustrés non narratifs, tels que la Femme aux 100 têtes (1929). La sexualité, l’anticléricalisme, et la violence sont alors des thématiques récurrentes de ses créations.

Entre 1929 et 1932, Max Ernst réalise également une série de collages mettant en scène « Loplop, l’oiseau-supérieur », personnage mythique de son enfance qui était apparu pour la première fois dans La Femme 100 têtes.

La violence inhérente à ses œuvres s’accentue après 1933 en raison du contexte politique. Son Ange du foyer (1937) est condamné par les autorités culturelles nazis.
Max Ernst s’installe alors en France, à Saint-Martin d’Ardèche, en 1938. La même année, il rompt avec le groupe surréaliste, refusant la condamnation de Paul Eluard par André Breton. Sa recherche demeure cependant d’obédience surréaliste. En Ardèche, il expérimente de nouveau la sculpture, utilisant comme matériau principal le béton.

Lorsque la guerre est déclarée, Max Ernst est emprisonné comme un ennemi étranger. Une fois libéré, il fuit à New-York en 1941.

Max Ernst aux Etats-Unis

Aux Etats-Unis, Max Ernst devient une figure éminente de la communauté européenne émigrée, et épouse Peggy Guggenheim qui l’avait aidé à fuir la France.
A New-York, il met au point une technique de peinture qui permet de faire couler la peinture à partir d’un pot suspendu, annonçant le « dripping » adopté par Jackson Pollock à partir de 1947.

L’artiste réalise également de nombreuses décalcomanies, technique proposée comme automatisme par Oscar Domínguez. Max Ernst mêle alors les automatismes aux citations de l’ancien et moderne. Ainsi, le style de Gustave Moreau devient une source d’inspiration forte dans ses créations, telles que Europe après la pluie (1940-1942).
Aux Etats-Unis, le style de Max Ernst se détourne cependant du Surréalisme. A partir de 1943, il réalise une série de peintures dans un style géométrique, puisant inspiration dans les créations maniéristes de Giuseppe Arcimboldo et Giovanni Battista Bracelli.

Il se consacre également à la sculpture pour orner sa maison de Sedona, où il réside depuis 1946. Dans ses sculptures, il mêle les influences extra-européennes, s’inspirant de la sculpture égyptienne, cycladique, et précolombienne.

Max Ernst retourne en France en 1953. Sa réputation ne cesse de croître après son retour en Europe, et il reçoit de nombreux prix, notamment un Grand Prix à la Biennale de Venise en 1954.

La cote des œuvres de Max Ernst

Max Ernst compte parmi les surréalistes aux meilleures ventes, immédiatement après René Magritte, Joan Mirò et Salvador Dali. Il fait partie des artistes internationaux les mieux côtés. L’indice des prix a même doublé depuis 2000, avec un record des ventes atteint en 2017 pour la sculpture Le roi jouant avec la reine (1944), adjugé 12 756 800 € (14 000 000 $ ) à New York.

Ses peintures et sculptures sont généralement acquises pour 50 000 à 500 000 €, et les records dépassent les 5 000 000 €. Les prix de ses dessins et aquarelles sont eux-aussi compris dans une fourchette haute, entre 1 000 et 50 000 €.

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Max Jacob

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Estimation et cote de l'artiste Max Jacob

Max Jacob (1876-1944) est un dessinateur, peintre et auteur du cercle de Pablo Picasso. Il est considéré comme un précurseur du mouvement Dada et du Surréalisme. Né à Quimper en 1876 au sein d’une famille juive, il subit les persécutions antisémites durant la Seconde guerre mondiale malgré sa conversion au catholicisme en 1915, et meurt à Drancy en 1944.

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Critique d’art

Max Jacob débute sa carrière comme critique d’art, après avoir étudié à l’Ecole coloniale de 1895 à 1898. Ayant obtenu sa licence de droit, il s’installe à Paris. Il travaille alors en tant que critique au Moniteur des Arts, et réalise la revue des expositions pour la Gazette des Beaux-Arts. Max Jacob publie alors sous le nom de Léon David. C’est aussi à cette période qu’il commence à peindre des tableaux à l’huile et à la gouache, en autodidacte.

En 1901, Max Jacob assiste à la première exposition de Pablo Picasso à la galerie d’Ambroise Vollard. Curieux du développement de son art, il noue une étroite relation avec le peintre. Dès l’année suivante, Max Jacob et Pablo Picasso partagent un logement, jusqu’au départ de Picasso pour Barcelone.

C’est Pablo Picasso qui conseille à Max Jacob d’écrire des ouvrages pour enfant. A son initiative, il publie un premier livre, Histoire du roi Kaboul Ier et du marmiton Gauwin dès 1904. Ses premiers contes pour enfants et poèmes en prose sont illustrés par Pablo Picasso et publiés par Daniel-Henry Kahnweiler. Dabs ses ouvrages, Max Jacob jette un regard critique sur la société, et partage son chemin spirituel.

Artiste cubiste

Max Jacob fréquente les artistes de Montmartre, et se lie d’amitié avec le groupe cubiste naissant. A son retour de Barcelone, il se rend quotidiennement dans l’atelier de Pablo Picasso. Il rencontre également en 1905 Guillaume Apollinaire.

A cette période, Max Jacob réalise des pastels et gouaches, dans un style cubiste inspiré des œuvres de Pablo Picasso. Il s’attache à figurer Paris, le Bois de Boulogne, et les faubourgs parisiens. Il représente également les membres de l’Avant-garde culturelle parisienne, témoignant ainsi de la vie de ses membres.

Max Jacob continue ses activités d’écrivain, en publiant des contes pour enfant et des poèmes. En 1909 et en 1915, l’artiste a deux visions christiques, dont témoignent ses œuvres, et qui l’incitent à se convertir.

La conversion de Max Jacob

En 1915, Max Jacob se convertit au catholicisme et se fait baptiser. Après avoir reçu une première reconnaissance en tant qu’artiste, grâce à son exposition de gouaches à la galerie Bernheim-Jeune en 1920, il se retire de la vie parisienne.

Il mène à partir de 1921 une vie retirée à Saint-Benoît-sur-Loire. L’artiste interrompt sa retraite par quelques voyages à l’étranger, notamment en 1925, où il rejoint Jean Grenier en Italie, et en 1926, où il part en Espagne.

Ayant passé un accord avec la maison d’édition Gallimard, et illustrant désormais lui-même ses écrits, il parvient à vivre de la vente de ses ouvrages.
Après un bref retour à Paris en 1927, il retourne au monastère de Saint-Benoît-sur-Loire, et s’inspire de son ancienne vie dissolue pour ses poésies, peintures et dessins.

Il entre en contact avec la galerie Georges Petit entre 1927 et 1931, où il n’y expose que des œuvres naïves, d’inspiration religieuse ou des scènes de genre. En 1930, certains de ses dessins partent également à New-York, pour être présentés à la galerie Joseph Brummer. Dans les années 1930, ses dessins se font très linéaires, peut être en lien avec la correspondance qu’il entretient avec Jean Cocteau depuis 1916.
L’artiste reçoit la Légion d’honneur en 1933, et publie un dernier recueil de poèmes illustré dans les années 1940, Visions des souffrances et de la mort de Jésus, fils de Dieu (1928). Malgré sa conversion au catholicisme, son installation au monastère, et sa décoration officielle, Max Jacob est arrêté par les nazis en raison de ses origines juives. Il meurt d’une pneumonie à Drancy, cinq jours après son arrivée.

La cote des œuvres de Max Jacob

L’indice des prix des œuvres de Max Jacob connait une baisse depuis 2013, malgré le record des ventes atteint en 2020, avec la vente de la gouache La crucifixion, adjugée pour 9 000 € à Paris.

Ce sont avant tout ses dessins, aquarelles et gouaches qui s’échangent sur le marché de l’art, pour 1 000 à 5 000 €. Ses peintures, moins fréquentes, sont adjugées pour les mêmes prix. Quant à ses ouvrages illustrés, ils peuvent être acquis avec un budget de 100 à 500 €.

Max Jacob, La Visitation, 1938, Musée des Beaux-Arts de Quimper

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Max Švabinský

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Estimation et cote de l'artiste Max Švabinský

Max Švabinský (1873-1962) est un peintre, dessinateur, et décorateur tchèque, qui contribue à introduire la modernité en Bohême. Admiré pour la diversité de ses techniques graphiques, il conçoit également des vitraux et des mosaïques, renouvelant ainsi les arts décoratifs.

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Les premières œuvres de Max Švabinský

Max Švabinský réalise ses premières œuvres auprès de Maximilián Pirner, son enseignant à l’Académie des Beaux-Arts de Prague, de 1891 à 1896. Il se distingue tant par son talent qu’il se voit confier un atelier pour deux ans, de 1896 à 1898. Il y enseigne par la suite en tant que professeur à partir de 1910.

Dès ses débuts, Max Švabinský rejoint le Cercle artistique de Mánes. Ses œuvres s’inspirent alors de l’art français, notamment du Symbolisme, ainsi que des Préraphaélites anglais, en particulier Dante Gabriel Rossetti. La Fusion des âmes (1896) témoigne de cette double influence.

La première fresque de Max Švabinský, pour sa part, s’inspire de l’art de Pierre Puvis de Chavannes. Il la réalise en 1896 dans le hall d’entrée de la Banque provinciale de Prague.

Les peintures de Max Švabinský après son voyage d’études à Paris

Artiste à la renommée montante dans son pays, Max Švabinský part à Paris pour étudier les artistes de la modernité française. Il y reste deux ans, en 1898-1899, puis présente un Portrait rond (1897) à l’Exposition universelle de Paris en 1900. Ce tableau lui vaut un diplôme d’honneur, qui fait de lui un portraitiste de renom également en France.

L’artiste retourne alors à Prague, où il est bien inséré dans le monde artistique. Membre du cercle de Mánes, il compte également parmi les fondateurs de la Gallerie Hollar de Prague (1917).

Désormais établi, Max Švabinský réalise un grand nombre de portraits de ses compatriotes, célèbres dans le monde littéraire, artistique et musical. Ainsi, en 1901, il réalise un portrait du compositeur contemporain Antonín Dvořák.

Max Švabinský se tourne également à partir de 1900 vers la représentation de figures allégoriques, qu’il figure avec sensualité. Il adopte un réalisme poétique, en idéalisant les corps féminins placés dans des paysages idylliques, qui évoquent l’Eden. Le peintre s’attache à représenter des paysages idylliques, à la faune et la flore exotique. La Moisson (1927) témoigne de cette évolution des thématiques de Max Švabinský.

Le style de Max Švabinský est alors influencé par Max Klinger, mais également par celle d’Edouard Manet. Il puise inspiration dans les modèles du premier Impressionnisme, et du Symbolisme germanique.

Max Švabinský, maitre des arts graphiques

Artiste prolixe, Max Švabinský reste dans les mémoires pour sa maîtrise de toutes les techniques graphiques. L’art graphique constitue la partie la plus importante de son œuvre.

Ainsi, Max Švabinský réalise des œuvres au fusains, au pastel, des dessins à la mine de plomb et des aquarelles. Il expérimente également tous types de techniques d’estampe, notamment la lithographie, la xylogravure, la linogravure, les gravures à l’eau-forte, au burin, en manière noire, à la pointe sèche, etc.
Il est aujourd’hui considéré comme le maître inégalé de la gravure en République Tchèque. Max Švabinský fonde même en 1910 un atelier d’art graphique au sein de l’Académie des Beaux-Arts de Prague.

Outre ses activités de peintre, dessinateur et graveur, il conçoit de nombreux cartons de vitraux, notamment à la cathédrale Saint-Guy de Prague dans les années 1930, ainsi que des mosaïques, comme Le Baptême, en 1955, toujours pour la cathédrale Saint-Guy. Il conçoit également des cartons de tapisseries. Max Švabinský reçoit également des commandes de décors d’affiches, timbres postaux, et même billets de banques. Son esthétique est donc très largement diffusée en République tchèque.

La cote des œuvres de Max Švabinský

En raison de la maîtrise exceptionnelle de la gravure de Max Švabinský, ce sont avant tout ses estampes qui s’échangent sur le marché de l’art. Elles représentent à elles-seules 83% des ventes. Ce sont cependant les peintures qui affichent les prix de vente les plus élevés (68% du chiffre d’affaires).

Un budget de 100 à 500 € permet d’acquérir une estampe de l’artiste. Ses dessins et aquarelles s’échangent généralement pour 100 à 1 000 €, mais les prix de vente peuvent dépasser les 50 000 €. Enfin, les peintures sont adjugées le plus souvent pour 1 000 à 50 000 €, avec des records dépassant les 100 000 €. La meilleure vente a été réalisée en 2016 à Prague, avec l’huile sur toile Splynutí duší (1895/96), adjugée pour 292 774 € (7 900 000 CZK).

Portrait de Max Švabinský en 1933

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