Estimation gratuite Eugène Devéria

Eugène Devéria

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Estimation et cote de l'artiste Eugène Devéria

C’est avec son tableau La Naissance d’Henri IV, peint pour le Salon de Paris de 1827, qu’Eugène Devéria connaît une reconnaissance immédiate à seulement vingt-deux ans. Qualifié de « peintre d’une seule œuvre », ses autres peintures ne reçoivent pas autant de louanges. Pourtant, Eugène Devéria (1805 – 1865) est un artiste représentatif du mouvement romantique au XIXe siècle.

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Les débuts prometteurs du peintre romantique Eugène Devéria

Élève à quinze ans dans l’atelier des beaux-arts d’Anne-Louis Girodet et de Guillaume Lethière, Eugène Devéria y suit son frère Achille, lui-même peintre, illustrateur et graveur. Le jeune artiste expose au Salon de Paris dès l’année 1824, mais sans connaître de véritable succès. Dans son atelier partagé avec le peintre Louis Boulanger, il réalise des portraits et de petits tableaux. Il travaille à sa fameuse huile sur toile La Naissance d’Henri IV, qu’il expose au Salon « romantique » de 1827. Louanges, honneurs et compliments fusent. Eugène Devéria, artiste prometteur de sa génération, est même présenté comme le rival du peintre Eugène Delacroix. 

Son œuvre monumentale représente Henri d’Albret, roi de Navarre, qui porte son petit-fils Henri, futur roi de France. Devant lui se tiennent les officiers de sa maison et le peuple. Derrière lui est étendue sur son lit de parade Jeanne d’Albret, mère d’Henri IV, entourée par ses dames de compagnie. Cette scène historique est inspirée par la nouvelle d’Abel Hugo, frère de Victor. La richesse des couleurs, la justesse du trait, l’attention portée aux personnages secondaires et la mise en scène étudiée sont admirées, notamment par les écrivains Victor Hugo, Charles Blanc et Théophile Gautier. En 1828, le roi Charles X acquiert la peinture dans sa collection pour 6 000 francs, et ce afin de l’exposer au musée du Luxembourg. 

Des commandes officielles pour l’artiste Eugène Devéria

À la suite de cette gloire soudaine, Eugène Devéria reçoit des commandes officielles pour la galerie historique du Palais-Royal, le musée du Louvre ou encore l’église Notre-Dame-de-Lorette à Paris. Son tableau Mort de Jeanne d’Arc (1831) est commandé par le ministère de l’Intérieur. Autre tableau historique, Louis-Philippe prête serment devant les chambres de maintenir la Charte de 1830, 9 août 1830 (1836) est réalisé pour le musée de l’Histoire de France à Versailles. Il représente le roi, entouré de ses fils aînés, jurant de respecter la Charte constitutionnelle devant les représentants des Chambres. Ce tableau solennel symbolise le consensus politique de Louis-Philippe. L’assemblée tourne le dos au spectateur du tableau, afin que ce dernier entre pleinement dans la scène qui se déroule.

De la vie parisienne à l’installation à Pau d’Eugène Devéria

Bien qu’appréciées, ces œuvres n’apportent pas davantage de reconnaissance à Eugène Devéria. Celui-ci se lance alors dans l’exécution de peintures religieuses pour des églises. En 1838, le chantier de la cathédrale Notre-Dame-des-Doms à Avignon, réalisé dans des conditions insalubres, affaiblit le peintre. Une maladie pulmonaire contraint Eugène Devéria à se rétablir loin de Paris, à Eaux-Bonnes, dans le Béarn. Lui et sa famille s’installent ensuite dans le sud de la France, à Pau. Le peintre devient professeur de dessin tout en réalisant des portraits, « par nécessité de gagner le pain » écrit-il dans son journal. Eugène Devéria peint également des scènes de genre. 

En 1843, Eugène Devéria se convertit au protestantisme. À l’opposé de sa vie parisienne d’artiste, il se réfugie dans une vie menée par ses convictions religieuses. 

De 1849 à 1853, Eugène Devéria séjourne aux Pays-Bas, en Angleterre et en Écosse afin de retrouver le succès et, aussi, des commandes plus rémunératrices. Il en rapporte non pas la gloire, mais une habileté et une maîtrise dans l’art des portraits. En parallèle, Eugène Devéria poursuit ses envois de tableaux d’histoire au Salon de Paris telles les peintures La Mort de Jane Seymour, reine d’Angleterre (1847) ou la Réception de Christophe Colomb par Ferdinand et Isabelle (1861). En 1856, il peint Marie Devéria en amazone, portrait de sa fille défunte avec qui il était profondément lié.
Eugène Devéria meurt soudainement en 1865, à Pau.

La côte des tableaux d’Eugène Devéria

Parmi les œuvres de l’artiste Eugène Devéria, certaines toiles, esquisses et dessins ont été mis en vente sur le marché de l’art ces dernières années. Par exemple, La Descente de Croix, carton marouflé sur panneau parqueté réalisé vers 1845, a été adjugé pour 7 150 euros en 2020. Cette même année, le musée de Beaux-Arts d’Orléans a préempté le tableau Condé et Mazarin, scène de la Fronde pour 5 400 euros. Autre exemple, le Portrait de Marie Suzanne de Tromelin, une huile sur toile, a été vendu 5 000 euros en 2016. Quant à son Étude pour la mort de Jeanne d’Arc, elle a été achetée au prix de 4 500 euros en 2019.  

(Illus.) Eugène Devéria La Lecture de la sentence de Marie Stuart 1826

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Estimation gratuite Paul Delaroche

Paul Delaroche

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Estimation et cote de l'artiste Paul Delaroche

Peintre académique, Paul Delaroche (1797 – 1856) est réputé pour ses peintures d’histoire, témoignages fidèles de grands événements auxquels il soulignait l’aspect dramatique. L’artiste est aussi l’auteur de nombreux portraits. Contemporaine de celles de Théodore Géricault et d’Eugène Delacroix, son œuvre est associée au mouvement du juste milieu. Elle traite de thèmes romantiques et elle est dotée d’une forte habileté technique. 

 

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La formation artistique du peintre Paul Delaroche

Hippolyte de la Roche, dit Paul Delaroche, est né à Paris en 1797. De famille aisée et cultivée, il fréquente dès son jeune âge les musées. Son père est marchand de tableaux tandis que son oncle est le conservateur du cabinet des estampes à la Bibliothèque. Le jeune homme intègre l’atelier de Louis-Etienne Watelet, puis celui d’Antoine-Jean Gros. Il expose au Salon pour la première fois en 1819, à vingt-deux ans, avec son huile sur toile Le Christ descendu de la croix. C’est avec le tableau Josabeth sauvant Joas peint en 1822, puis avec la toile intitulée Saint Vincent de Paul prêchant pour les enfants trouvés (1824) que Paul Delaroche commence à établir sa réputation. 

Souvent désigné comme le précurseur de l’anecdote historique en peinture, Paul Delaroche porte une attention particulière à la composition. Il souligne l’intensité dramatique par son sens de la mise en scène. Il soigne également les détails pour introduire davantage de véracité aux grands événements de l’histoire de France et de la cour d’Angleterre.

Les peintures d’histoire de l’artiste Paul Delaroche

Récompensé de la Légion d’honneur en 1828, Paul Delaroche reçoit une commande de Ferdinand-Philippe, duc d’Orléans afin d’illustrer le meurtre de Blois d’Henri de Guise. Son tableau L’Assassinat du duc de Guise représente Henri III entrant dans la chambre pour vérifier la mort de son ennemi. La dimension du tableau, tout en longueur, rappelle une scène de théâtre. Elle permet de diviser les hommes armés face au duc étendu sur le sol, vulnérable, au pied du lit à baldaquin. Le décor et les costumes sont précis et travaillés. La palette de couleurs sombres, riche de gris, de brun et de rouge, en accentue le caractère tragique.

En 1833, Paul Delaroche est chargé de décorer l’église de la Madeleine. Afin d’honorer cette demande, il part s’inspirer des grands chefs-d’œuvre des maîtres du XIVe siècle en Italie, avec ses amis les peintres Édouard Bertin et Henri Delaborde. Le peintre exécute de nombreux travaux préparatoires pendant deux ans. Cependant, le projet lui est retiré au profit de Jules Ziegler en 1835.  

Dans le même temps, Paul Delaroche est nommé professeur à l’École des beaux-arts en 1834. Parmi ses élèves figurent Charles-François Daubigny, Jean-Léon Gérôme, Charles Nègre ou encore Jean-François Millet. En 1837, Adolphe Thiers confie à l’artiste le soin d’en peindre l’hémicycle, en compensation de son projet échoué à la Madeleine. L’artiste travaille durant quatre années pour exécuter cette peinture monumentale. Intitulée Apothéose de l’Art, cette représentation allégorique célèbre l’art par la figuration de soixante-quinze artistes majeurs. Véronèse, Rembrandt, Donatello, Raphaël, Michel-Ange ou encore Nicolas Poussin y sont représentés. 

Paul Delaroche, avec sa femme Louise, fille du peintre Horace Vernet, reçoit régulièrement des personnalités du monde artistiques dans sa maison. Il effectue de nombreux croquis, et des portraits de ses amis. 

Par la suite, Paul Delaroche cesse d’exposer tout en continuant de peindre. Pour le musée de Versailles, il réalise entre autres le Baptême de Clovis et Charlemagne traverse les Alpes.
Hérodiade, La Vierge à l’enfant, Bonaparte franchissant les Alpes ou encore La Jeune Martyre chrétienne comptent parmi ses œuvres importantes et sont aujourd’hui exposées à Cologne, à Londres et au musée du Louvre à Paris.

La côte de l’œuvre du peintre Paul Delaroche

Sur le marché de l’art, les dessins et les aquarelles de Paul Delaroche apparaissent plus fréquemment que ses peintures, assez rares. En 2018, son Étude pour le Christ mort, exécuté au crayon, a été vendue pour la somme de 38 000 euros tandis qu’un Portrait d’enfant au livre, toujours au crayon, a été adjugé à 17 000 euros. Plus récemment, en 2021, un dessin au crayon intitulé Les Enfants d’Édouard a été vendu à 3 000 euros. En 2022, c’est un Portrait de Marie Dorval qui a été mis en vente pour être adjugé à 2 800 euros. 

Les peintures de Paul Delaroche, si elles sont moins nombreuses en salle de vente, car souvent destinées aux institutions, atteignent des sommes importantes. En 2022, les Suites d’un duel, représentant une scène intime avec une femme embrassant un homme alité, a atteint 120 000 euros. Son tableau La Vierge au pied de la croix a été adjugé 11 000 euros. Précédemment, en 2019, la toile Sainte Amélie, reine de Hongrie a été cédée à 30 035 euros tandis que le Portrait de Joseph-Carle-Paul-Horace Delaroche, la même année, a été vendu au prix de 28 531 euros. Le tableau Enfants surpris par l’orage a été vendu 75 000 euros en 2012.

(Illus.) Paul Delaroche L’Assassinat du duc de Guise au château de Blois en 1588 – 1834

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Nicolas de Largillière

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Estimation et cote de l'artiste Nicolas de Largillière

Nicolas de Largillière (1656 – 1746) est un peintre reconnu comme un brillant portraitiste de la haute société. Réputé et recherché sous le règne du roi Louis XIV et de la Régence, l’artiste représente finement la famille royale, mais aussi des personnalités artistiques et des bourgeois. 

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Les années d’apprentissage du peintre Nicolas de Largillière

Nicolas de Largillière, dit aussi Nicolas de Largillierre, nait à Paris en 1656. D’origine flamande, il suit à Anvers sa famille où il devient élève dans l’atelier d’Antoine Goubeau. Talentueux, le jeune homme est admis à la guilde de Saint-Luc en 1673, à dix-sept ans. Deux ans plus tard, Nicolas de Largillière arrive à Londres où il avait déjà résidé enfant pour y apprendre le commerce. Cette fois, c’est en tant que peintre qu’il y travaille. Nicolas de Largillière assiste le portraitiste Peter Lely, peintre de la cour du roi Charles Ier, qui lui confie entre autres la restauration de tableaux.

Nicolas de Largillière, artiste de l’Académie royale de peinture et de sculpture de Paris

En 1678, fuyant les querelles religieuses anglaises, Nicolas de Largillière est de retour à Paris. Il fréquente les peintres Adam-François Van der Meulen et Charles Le Brun. Le jeune artiste présente d’ailleurs un Portrait de Le Brun comme tableau de réception à l’Académie royale de peinture et de sculpture de Paris. Il est agréé dans cette institution en 1683, puis reçu en 1686.
Nicolas de Largillière s’impose peu à peu comme portraitiste auprès d’une clientèle bourgeoise. Il reçoit également des commandes officielles, notamment de la municipalité de Paris. Trois grandes compositions, Le Repas donné à Louis XIV, le Mariage du duc de Bourgogne et sainte Geneviève intercédant pour faire tomber la pluie lui sont demandées.
En 1699, le peintre épouse Marguerite-Élisabeth Forest, fille du paysagiste Jean-Baptiste Forest, avec qui il aura trois enfants.

Nicolas de Largillière, peintre de portraits dans la haute société

Le portraitiste Nicolas de Largillière est recherché pour la finesse de son exécution, son rendu des étoffes précieuses, ses couleurs riches et son sens du clair-obscur. Il sait flatter les dames en mettant en valeur leur grâce et leur beauté.
Parmi les illustres personnalités représentées figurent des membres de la famille royale anglaise et française tels Élisabeth-Charlotte d’Orléans, mademoiselle de Chartres, Jacques II d’Angleterre ou Louis XIV lui-même. Il a également réalisé des portraits du philosophe Voltaire, du ministre des Finances Jean-Baptiste Colbert, de l’écrivain Jean de la Fontaine ou encore du voyageur et marchand de pierres précieuses Jean-Baptiste Tavernier. Des parlementaires, des financiers et de grands bourgeois constituent également sa clientèle. C’est en 1703 que Nicolas de Largillière exécute le fameux tableau La Belle Strasbourgeoise.

Parallèlement à ses portraits, Nicolas de Largillière exécute quelques tableaux d’histoire tels L’Entrée du Christ à Jérusalem ou Le Portement de Croix, peints vers 1710. Il peint également des paysages et des natures mortes comme Fruits, oiseaux et perdrix rouge (1680) ou Nature morte avec instrument de musique (1695-1700).

Déjà membre de l’Académie royale de peinture et de sculpture, Nicolas de Largillière est ensuite nommé professeur en 1705. Il a notamment pour élèves Jean-Baptiste Oudry, Jacob van Schuppen, Jacques-François Delyen ou encore Théodore-Edmond Plumier. De maître, il occupe progressivement les fonctions de recteur, de chancelier, puis de directeur de 1738 à 1742.
Il décède à Paris quelques années plus tard, à quatre-vingt-dix ans, en 1746.

Estimations des tableaux et des dessins du peintre Nicolas de Largillière

Les peintures de Nicolas de Largillière sont plus fréquentes sur le marché de l’art que ses dessins et ses croquis qui, eux, sont plus rares. Les prix des tableaux fluctuent entre 4 000 euros et plus de 800 000 euros.
En 2023, le Portrait de Jeanne-Henriette Augustine de Fourcy, marquise de Puységur a été adjugé à 137 610 euros. Le Portrait présumé de madame de Parabère a été vendu au prix de 897 700 euros en 2022 tandis que celui de Jacques-François de Chastenet, marquis de Puységur était vendu à 280 000 euros en 2017. Quant au Portrait d’une femme avec des boucles d’oreilles en perles et châle bordeaux, il s’est vendu 4 030 euros en 2020.

Cependant, La Belle Strasbourgeoise, considéré comme un chef d’œuvre dans l’art du portrait, a été adjugé à 1 300 000 euros en 2020. Faisant figure d’exception, ce tableau a obtenu une somme jamais atteinte pour cet artiste. Ce célèbre portrait d’une femme inconnue est le tableau jumeau de celui appartenant au musée des Beaux-Arts de Strasbourg.

Concernant les rares dessins de Nicolas de Largillière présents sur le marché de l’art, un croquis de mains à la pierre noire et à la craie blanche a été adjugé à 2 500 euros en 2013.

(Illus.) Nicolas de Largillière Portrait de Charles de France

 

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Estimation gratuite Henri-Pierre Danloux

Henri-Pierre Danloux

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Estimation et cote de l'artiste Henri-Pierre Danloux

Peintre et dessinateur, Henri-Pierre Danloux (1753 – 1809) fonde sa renommée sur ses portraits d’aristocrates. Durant la Révolution française, l’artiste s’exile en Angleterre où il connaît une gloire certaine.

Estimation gratuite Henri-Pierre Danloux

Prix des œuvres d'Henri-Pierre Danloux

  • Peinture (huile sur toile / panneau) : entre 250 € et 2 472 000 €

  • Aquarelle, gouache, encre sur papier (dessins aquarellés / lavis) : entre 300 € et 20 000 €

  • Dessin (pierre noire, craie, sanguine, fusain) : entre 300 € et 3 500 €

  • Estampe / lithographie (lots très rares) : entre 200 € et 2 000 €

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Les débuts artistiques du peintre Henri-Pierre Danloux

Né à Paris, Henri-Pierre Danloux est élevé par son oncle l’architecte Guillaume Le Foullon. Encouragé à s’engager dans la voie artistique, le jeune orphelin se forme auprès du peintre Nicolas-Bernard Lépicié, réputé pour ses scènes de genre intimistes et ses tableaux d’histoire. Il poursuit ensuite son apprentissage avec Joseph-Marie Vien. Là, il fait la connaissance du peintre Jacques-Louis David.  De 1775 à 1780, Henri-Pierre Danloux séjourne à l’Académie de France à Rome, alors dirigée par son professeur Joseph-Marie Vien. Il loge ensuite à Lyon avant de retourner à Paris en 1785. En 1787, le peintre épouse Antoinette de Saint-Redan, fille adoptive de Françoise Thomas de Pange issue d’une famille noble, veuve de l’intendant Antoine Mégret d’Étigny. Il peindra à plusieurs reprises le portrait de sa femme. Fréquentant la noblesse, Henri-Pierre Danloux reçoit des commandes de portraits de personnalités de cette haute société. Sa notoriété mondaine s’amplifie. Dans ses toiles, le peintre accorde un soin particulier au mouvement et à la composition. Il s’attache aussi à représenter finement les tissus des habits et les accessoires. 

L’exil en Angleterre de l’artiste Henri-Pierre Danloux

Afin d’échapper à la Révolution française, Henri-Pierre Danloux se voit contraint de se réfugier en Angleterre. Avec sa famille, il s’installe à Londres où il y fréquente les expatriés français comme la haute société britannique. Le peintre représente ses modèles dans leur quotidien, instaurant une familiarité avec les personnages. Il donne l’impression de saisir un instant volé en nouant une complicité avec les protagonistes.  Lors de son séjour britannique, Henri-Pierre Danloux est influencé par les peintres en vogue tels Thomas Lawrence, John Hoppner ou encore Georges Romney. Il découvre également les tableaux du portraitiste écossais Henry Raeburn et de l’artiste allemand Johan Zoffany. En 1793, son exposition à la Royal Academy de Londres étend encore davantage sa renommée. Les demandes de portraits se font plus nombreuses. Henri-Pierre Danloux devient alors le peintre attitré du comte d’Artois. L’artiste effectue des portraits de famille, mais aussi des portraits d’enfants et d’adolescents comme dans sa représentation du jeune Henry John Lambert. Ce sont les parents, conquis par son talent, qui passent commande auprès du peintre pour une représentation de leur descendant. Des administrateurs, militaires ou civils, réclament eux aussi leur portrait. Les poses sont détendues, plus spontanées que ne l’exigeait la peinture académique. Cependant, le peintre voulant se diversifier, Henri-Pierre Danloux commence à s’essayer à la peinture d’histoire.

Le retour à Paris d’Henri-Pierre Danloux

Même si les peintures d’Henri-Pierre Danloux sont principalement adjugées au Royaume-Uni, les œuvres de l’artiste circulent également sur le marché de l’art français. Ces dernières années, les tableaux d’Henri-Pierre Danloux se vendent dans un ordre de prix allant de 1 000 euros à plus de 400 000 euros. En effet, en 2020, le Portrait de Lum A’kao a atteint la somme de 417 967 euros. Un autre portrait, celui d’Amable Hugues Anne Hyacinthe de Fontanges, a été vendu 100 000 euros en 2021. Cette œuvre se distingue par le choix du personnage, qui n’est autre que le jeune comte, âgé de onze ans. Ce genre du portrait d’enfant était particulièrement prisé à la fin du XVIIIe siècle. Plus récemment, en 2022, le Portrait d’un gentleman, identifié comme étant lord Feilding, a été adjugé pour 8 718 euros.  Concernant les dessins d’Henri-Pierre Danloux, un portrait à la pierre noire du chevalier Victor François de Gibelin a été vendu à 5 926 euros en 2017. Un Portrait d’une jeune femme, à l’aquarelle, a été adjugé 2 500 euros en 2020.

Estimations des tableaux et des dessins du peintre Henri-Pierre Danloux

De retour en France en 1802 sous le Consulat, Henri-Pierre Danloux continue de se perfectionner dans les scènes historiques. Il expose au Salon de peinture et de sculpture de Paris Le Supplice d’une vestale, peint en Angleterre. La prêtresse de la Rome antique y est représentée à genoux, vêtue d’une robe d’un blanc immaculé. Elle est condamnée à être enfermée pour avoir rompu ses vœux. Les mains de la prisonnière se lèvent vers la main masculine occupée à relever l’échelle pour refermer la trappe. Cette œuvre d’Henri-Pierre Danloux est remarquée et saluée. Le poète Jacques Delille, ami du peintre et dont celui-ci exécutera le portrait, en fait l’éloge dans son poème La Pitié. Néanmoins, Henri-Pierre Danloux peine à retrouver le succès. Le peintre décède à Paris en 1809.

(Illus.) Henri-Pierre Danloux Portrait d’Henry John Lambert 1800

Reconnaître la signature d'Henri-Pierre Danloux

Savoir reconnaître la signature d’Henri-Pierre Danloux est une étape essentielle pour authentifier une œuvre de ce peintre néoclassique réputé du XVIIIᵉ siècle. Élève de Joseph-Marie Vien, Danloux fut l’un des portraitistes les plus recherchés de la noblesse française et anglaise de son temps. Ses œuvres, souvent datées entre 1780 et 1809, portent une signature soignée et discrète, généralement inscrite en bas à droite de la toile. Henri-Pierre Danloux signe le plus souvent « H. P. Danloux » ou simplement « Danloux », à la plume ou au pinceau, en lettres cursives fines et élégantes, parfois accompagnées d’une date complète (« 1793 », « 1805 ») ou abrégée. Sur certains portraits de commande, notamment Portrait de Madame de Saint-Morys ou Portrait du comte de Fries, la signature est intégrée avec discrétion dans le décor, sur un élément d’architecture ou le rebord d’un meuble. Les œuvres exécutées durant son exil en Angleterre présentent parfois une graphie légèrement anglicisée, plus rapide, traduisant l’évolution de son geste. Compte tenu des nombreuses attributions anciennes ou d’œuvres d’atelier parfois confondues avec les siennes, il est vivement recommandé de faire vérifier la signature d’un Henri-Pierre Danloux par un expert. Sur Estimon’Objet, nos spécialistes de la peinture du XVIIIᵉ siècle vous accompagnent dans l’identification, l’authentification et l’estimation de vos tableaux signés Danloux, qu’il s’agisse d’un portrait aristocratique, d’une scène d’histoire ou d’une œuvre sur papier.

Expertise signature Henri-Pierre Danloux
Signature Henri-Pierre Danloux

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Estimation gratuite Alexandre-Marie Colin

Alexandre-Marie Colin

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Estimation et cote de l'artiste Alexandre-Marie Colin

Ami d’Eugène Delacroix et de Théodore Géricault, Alexandre-Marie Colin (1798 – 1875) fait partie des peintres romantiques du XIXe siècle. L’artiste a réalisé de nombreuses peintures d’histoire, de genre, des portraits et des paysages. Il est reconnu pour ses toiles inspirées par la littérature, notamment anglaise. 

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Alexandre-Marie Colin, peintre du romantisme

Élève à seize ans dans l’atelier d’Anne-Louis Girodet, Alexandre-Marie Colin y côtoie les peintres Robert Fleury, Ferdinand Lancrenon ou encore Édouard Bertin. Il effectue, à la pierre noire ou à la mine de plomb, de nombreux croquis de ses camarades. En 1815, Alexandre-Marie Colin rencontre Eugène Delacroix. Devenus des amis intimes, les deux peintres s’inspirent mutuellement. En 1818, le jeune homme fait la connaissance du peintre anglais Richard Parkes Bonington dont il peindra le portrait. Les deux artistes voyagent ensemble à plusieurs reprises, comme en attestent les croquis de voyage d’Alexandre-Marie Colin. En effet, des esquisses montrant le peintre britannique figurent dans ses carnets.

Après un séjour en Italie, Alexandre-Marie Colin expose pour la première fois au Salon de Paris en 1819. Il y est récompensé en 1824 et en 1831 par l’obtention de médailles de deuxième classe. Gage de sa reconnaissance, il remporte une médaille de première classe en 1840, année où il expose Les Cygnes, un petit tableau de genre. Y figurent une femme et son fils, penchés sur le bord d’un étang où nagent des cygnes. La « couleur charmante », sa « fraîcheur et son agrément » y sont remarqués par Jules Robert dans l’Album du Salon de 1840. Cette année-là, Alexandre-Marie Colin présente aussi l’un de ses premiers tableaux de peinture religieuse, La Résurrection.
Le peintre expose régulièrement dans les salons français, dont vingt-neuf œuvres au Salon de Paris. Il envoie ses œuvres en Angleterre à la Royal Academy de Londres et à la British Institution, et ce à plusieurs reprises de 1829 à 1853. Pour l’église parisienne Saint-Roch, Alexandre-Marie Colin exécute en 1851 les tableaux Les Funérailles de saint Nicolas et Saint Nicolas apaisant la tempête. 

Directeur de l’École des beaux-arts de Nîmes de 1834 à 1839, Alexandre-Marie Colin devient professeur à l’École polytechnique de Paris dès 1849.

Les thèmes abordés dans les tableaux d’Alexandre-Marie Colin

Influencé par le mouvement romantique, Alexandre-Marie Colin s’est intéressé à des thèmes divers. Il s’empare de sujets littéraires, notamment des écrits de lord Byron. Le Giaour, poème de l’écrivain britannique, inspire le peintre qui réalise en 1826 une représentation du héros oriental. Son tableau est présenté à la galerie Lebrun en 1926 lors d’une exposition en faveur du soulèvement grec contre l’Empire ottoman. En 1831, Alexandre-Marie Colin peint la toile Don Juan et Haïdée imaginée à partir du poème inachevé, qualifié de chef-d’œuvre, du même lord Byron. Dans cette œuvre, le peintre met en scène la déclaration amoureuse de la princesse face au jeune séducteur.
Le tableau Othello et Desdémone révèle l’intérêt d’Alexandre-Marie Colin pour le dramaturge William Shakespeare. Peinte en 1829, la toile représente la mort de Desdémone, assassinée par Othello dans le dernier acte de la célèbre tragédie. 

Parmi ses tableaux d’histoire figure Valentine de Milan implore la justice du roi Charles VI pour l’assassinat du duc d’Orléans, commandé par Louis-Philippe en 1835. En effet, le peintre reçoit des commandes officielles pour le musée de l’Histoire de France à Versailles ou pour la galerie d’Apollon du musée du Louvre.
Alexandre-Marie Colin se plaît aussi à peindre des sujets inspirés par la découverte du Nouveau Monde, tel son Christophe Colomb devant le Conseil de Salamanque, présenté au Salon de 1843. Sur ce même thème, il a illustré le roman de Jean-François Marmontel intitulé Les Incas, ou la destruction de l’empire du Pérou. Les tableaux d’Alexandre-Marie Colin représentant Ataliba, héros du livre, font partie de sa série sur les Incas. 

Par ailleurs, l’artiste dresse des portraits de la société parisienne, dont des peintres et des comédiens dans leur costume de scène. Un recueil de lithographies rassemble une collection de portraits d’artistes de théâtres parisiens. Dessinées d’après nature avec Louis Stanislas Marin-Lavigne et en collaboration avec le graveur Francisque Noel, des gravures y représentent de célèbres acteurs de la Comédie-Française.

La côte des tableaux d’Alexandre-Marie Colin

Sur le marché de l’art, les œuvres d’Alexandre-Marie Colin sont apparues à plusieurs reprises. En 2016, son huile sur toile intitulée Portrait de Sa Majesté l’empereur Napoléon III en ¾ de face, en uniforme de général a été adjugée au prix de 19 000 euros. Plus récemment, son tableau Suzanne et les vieillards a été vendu 10 125 euros en 2019. Don Juan et Haïdée, inspiré par le poème de lord Byron comme évoqué précédemment, a atteint la somme de 32 200 euros en 2021. 

Les prix peuvent cependant être plus modestes si le format est de taille réduite. Une petite huile sur toile représentant un paysage de mer et intitulée Pêcheurs et famille sur la plage a été adjugée à 2 125 euros en 2020. Quant aux dessins d’Alexandre-Marie Colin, le Portrait de jeune homme, exécuté au crayon noir, a été vendu au prix de 1 517 euros en 2015.

(Illus.) Alexandre-Marie Colin Visite de François 1er aux monuments de Nîmes

 

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Estimation gratuite Antoine Boizot

Antoine Boizot

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Estimation et cote de l'artiste Antoine Boizot

Peintre ordinaire du roi et dessinateur français, Antoine Boizot travaille notamment à la manufacture royale des Gobelins. L’artiste réalise également des tableaux de scènes mythologiques et d’histoire. 

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La formation et les débuts artistiques du peintre Antoine Boizot

Le peintre Antoine Boizot est né à Paris en 1702 et il décède en 1782. Lors de son apprentissage artistique, il est l’élève de François Lemoyne, l’un des fondateurs du style rococo.
Antoine Boizot présente son tableau Joab fait lapider le prophète Zacharie dans le parvis du temple au prix de Rome en 1729. Second, il se place derrière Philothée-François Duflot. Mais c’est avec sa toile Giézi , serviteur du prophète Élisée, obtient par surprise les présents que le prophète avait refusés qu’il remporte le prix l’année suivante. Cette récompense permet à Antoine Boizot de partir séjourner au palais Mancini de l’Académie de France à Rome jusqu’en 1735.

En 1736, Antoine Boizot est agréé à l’Académie de peinture et de sculpture de Paris. Il y est reçu l’année suivante en tant que peintre d’histoire. Il présente Apollon caressant Leucothoé comme morceau de réception. Le sujet est tiré des Métamorphoses d’Ovide, épopée mythologique. Le tableau illustre l’histoire de ces amants malheureux. La scène se situe au moment de l’étreinte de la fille du roi de Babylone avec le dieu du soleil et des arts, juste avant la dénonciation de la sœur de la jeune fille à son père. Dans cette composition, Antoine Boizot place Leucothoé au centre de la composition. Vêtue d’une robe aux tons bleus, l’amante au teint pâle a la poitrine dénudée. Elle se tourne vers Apollon qui porte une simple cape jaune. Les couleurs pastel contrastent avec le décor. Un Amour ailé est le témoin de leur relation. 

En 1738, Antoine Boizot épouse Marie Oudry, la fille du peintre Jean-Baptiste Oudry. La jeune femme meurt l’année suivante en donnant naissance à leur fils François-Marie-Antoine Boizot. Celui-ci s’établira comme architecte, dessinateur et graveur.
Antoine Boizot se marie en secondes noces avec Jeanne-Marie Flottes, avec qui il a sept enfants. Parmi eux, le sculpteur Louis-Simon Boizot et la graveuse Marie-Louise-Adélaïde Boizot deviendront de célèbres artistes. 

Les portraits et les peintures mythologiques du peintre Antoine Boizot

En 1737, le peintre expose pour la première fois au Salon de peinture et de sculpture de Paris. Il y présente régulièrement ses œuvres jusqu’en 1771. Antoine Boizot s’emploie à exécuter des toiles aux sujets mythologiques comme Venus priant Vulcain de forger des armes pour son fils Énée (1774) ou L’Aurore invoquant l’Amour pour obtenir le rajeunissement de Titon. Ce tableau sera montré au salon de Paris de 1753. Le thème de l’amour y est encore une fois pleinement exposé. 

En 1738 parait le Recueil des portraits des rois de France depuis Pharamond jusqu’à Louis XV. Le livre contient une série de portraits de personnalités illustres dessinées par Antoine Boizot.  

L’artiste occupe également la fonction de peintre, dessinateur et professeur à la manufacture royale des Gobelins. Il détient ce poste jusqu’à son décès, en 1782. Chargé de réaliser les cartons de tapisserie, Antoine Boizot exécute des tableaux sans pour autant ajouter sa signature au bas des toiles. De ce fait, l’établissement d’un catalogue de son œuvre n’en est pas facilité. Certaines productions ne lui sont pas attribuées avec certitude. En 1746, Antoine Boizot peint notamment les deux tableaux L’Aurore et La Nuit. Ils sont réalisés par la suite en tapisseries à la manufacture royale des Gobelins. 

En ce qui concerne les thèmes religieux, Antoine Boizot exécute notamment Le Sermon sur la montagne en 1758 pour la collégiale Notre-Dame-de-L’Assomption située à Vitry-le-François, dans la Marne. Le tableau illustre la prédication de Jésus à ses fidèles, rapportée dans l’Évangile selon saint Matthieu. Son œuvre reste influencée par son maître de jeunesse, le peintre François Lemoyne. 

Estimations des tableaux et des dessins du peintre Antoine Boizot

Les œuvres d’Antoine Boizot sont rarement présentes sur le marché de l’art. Certaines, sans trace de signature, lui sont cependant attribuées. Le prix de vente de ses peintures se situe entre 2 000 et 50 000 euros. Leur estimation varie en fonction de divers critères comme les dimensions, la provenance ou le sujet. 

En 2018, le tableau Renaud et Armide, attribué au peintre Antoine Boizot, a été adjugé pour la somme de 4 200 euros. En 2016, une autre huile sur toile portant sur le même sujet a obtenu la somme de 9 000 euros. Quant à la toile de petite dimension intitulée Bacchus consolant Ariane, qui a été attribuée à Antoine Boizot, elle a été vendue au prix de 9 500 euros en 2016.
Ces œuvres font partie des rares ventes récentes attribuées au peintre.

(Illus.) Antoine Boizot Apollon caressant Leucothoé 1737



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Estimation gratuite François-Auguste Biard

François-Auguste Biard

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Estimation et cote de l'artiste François-Auguste Briard

Épris de voyages vers des terres inconnues, François-Auguste Briard (1799 – 1882) a parcouru, entre autres, le Grand Nord et le Brésil. En témoignage de ces expéditions, ce peintre singulier a réalisé de grands tableaux de paysages, des portraits et des scènes de vie, d’après ses croquis pris sur le vif. Cet artiste du XIXe siècle a également exécuté des œuvres dans divers registres tels que des scènes de genre et des peintures d’histoire.

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Les drôles de peintures des débuts artistiques de François-Auguste Biard

Considéré comme un peintre autodidacte, François-Auguste Biard a pourtant fréquenté l’École des beaux-arts de Lyon. Il y a suivi avec intermittence les enseignements des peintres Pierre Révoil et Fleury Ricard, précurseurs du style troubadour. Le jeune peintre y remporte un deuxième prix dans la classe de dessin et de figure, preuve de sa maîtrise artistique. En 1822, il séjourne à Paris. L’artiste expose au Salon de peinture et de sculpture de 1824. Avide de découvertes, il voyage fréquemment en commençant par l’Italie, le bassin méditerranéen, la Grande-Bretagne et l’Europe de l’Ouest. 

François-Auguste Biard se spécialise dans la représentation de scènes de la vie quotidienne teintées d’humour, voire burlesques. Les sujets sont légers et anecdotiques. Ses tableaux présentent des détails insolites. Ses scènes attirent la foule, hilare, lors du Salon de 1824. Fort de sa reconnaissance populaire, François-Auguste Biard expose au Salon de Lyon en 1828. À celui de Paris en 1833, il présente son tableau L’Hôpital des fous à Lyon ayant pour sujet singulier la folie. Rien de grotesque ou d’humoristique dans cette toile, François-Auguste Biard s’occupe du sort des exclus. Il dresse une version réaliste de la misère et du désespoir des malades et de leurs visiteurs. En 1836, François-Auguste Biard remporte la médaille de première classe au Salon de Paris.

En 1835, François-Auguste Biard rencontre sa première femme, la romancière Léonie d’Aunet. Celle-ci deviendra par la suite la maîtresse de Victor Hugo. Les amants seront d’ailleurs pris en flagrant délit d’adultère en 1845. Pour l’heure, le couple Biard se marie en 1840 et aura deux enfants. 

Poursuivant son œuvre, François-Auguste Biard exécute son tableau Quatre heures, au salon en 1847. Il représente une foule plus ou moins attentive et disciplinée dans la galerie du Louvre où se tient le Salon. Charles-Augustin Sainte-Beuve, propriétaire du journal Le Globe, lit son journal tandis que les gardiens, redingotes rouges et bouches ouvertes, appellent à la fermeture. Cette scène est une illustration moqueuse de la vie sociale et culturelle parisienne.

Les expéditions de François-Auguste Biard, peintre ethnographe et voyageur

Au Salon de 1839, François-Auguste Biard expose sa saisissante toile intitulée Embarcation attaquée par des ours blancs dans la mer du Nord. Ce tableau représente trois hommes dans une barque, au milieu des glaciers, assaillis par de féroces ours. N’ayant encore jamais vu de telles bêtes, François-Auguste Biard les dessine d’après les spécimens vus au jardin des Plantes. Sa scène, qui paraît pourtant réelle, est imaginaire. Nommé peintre officiel de l’expédition « La Recherche » la même année, l’artiste part au Spitzberg et en Laponie. Il en tire de très nombreux croquis de paysages et de portraits. Ceux-ci lui servent de bases pour réaliser de grandes toiles, dont quatre panneaux pour le Musée national d’Histoire naturelle. François-Auguste Biard essaie de restituer fidèlement les scènes. Cependant, si les paysages sont conformes au réel, peints avec minutie, les situations sont composées de façon imaginaire. 

Lors de son périple en 1827 en méditerranée, François-Auguste Biard débarque sur les côtes africaines. Depuis, le thème de l’esclavage devient récurrent dans son travail. Œuvre marquante, son tableau intitulé L’Abolition de l’esclavage dans les colonies françaises (1849) représente la proclamation de l’esclavage par le gouvernement provisoire de la Seconde République en 1848. À gauche, un député annonce la nouvelle à une colonie française. Au centre, un couple d’esclaves, bras levés vers le ciel et chaines rompues aux poignets, exprime la joie de sa libération. Cette peinture sera reproduite en gravure et largement diffusée, contribuant à formuler un plaidoyer contre la traite des esclaves. Cependant, s’il s’applique à retranscrire des faits, François-Auguste Biard ne s’est jamais proclamé comme militant de la cause.  

Sa passion pour l’ailleurs l’emmène au Brésil en 1858. François-Auguste Biard en rapporte de nombreux croquis à portée ethnographique. Avant de revenir à Paris, il parcourt également l’Amérique du Nord et notamment New York et les chutes du Niagara. Sa curiosité pour les populations et sa précision des détails apportent un regard scientifique sur ces pays.  

De retour en France, François-Auguste Biard se remarie et a deux enfants avec Flore Gisclon. Il meurt en 1882 dans sa maison de Samois-sur-Seine.

La côte des tableaux de François-Auguste Biard

En 2021, une étude d’homme en buste, huile sur toile de François-Auguste Biard, a été adjugée à 175 500 euros. Cette œuvre est probablement une esquisse préparatoire à son célèbre tableau L’Abolition de l’esclavage dans les colonies françaises. En 2022, son tableau de dimension modeste intitulé Les princesses Leopoldina et Isabelle de Bragance, qui représente les filles de l’empereur Pierre II du Brésil, est vendu pour la somme de 12 800 euros. Une étude pour un personnage du tableau Le Pasteur Laestadius instruisant les Lapons est quant à elle vendue au prix de 7 000 euros en 2015.

(Illus.) François-Auguste Biard Magdalena Bay 1840

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Estimation gratuite Hippolyte Bellangé

Hippolyte Bellangé

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Estimation et cote de l'artiste Hippolyte Bellangé

Hippolyte Bellangé (1800- 1866) est un peintre, dessinateur et lithographe établi du XIXe siècle. Auteur d’une œuvre considérable, il a notamment représenté de nombreuses scènes de bataille à la gloire de Napoléon. Ses peintures militaires et ses scènes de genre ont contribué à entretenir la ferveur populaire en l’honneur de l’Empereur. 

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Hippolyte Bellangé, peintre, dessinateur et lithographe prolifique

Fils de menuisier, Hippolyte Bellangé nait à Paris en 1800. Refusant d’être placé dans une maison de commerce afin d’en apprendre le métier, il devient à seize ans l’élève du peintre Antoine-Jean Gros. Au sein de l’atelier, il étudie avec le britannique Richard Parkes Bonington, le peintre Paul Delaroche ou encore le peintre et décorateur Eugène Lami. Très vite, Hippolyte Bellangé commence à vendre des aquarelles, des croquis, des sépias et des lithographies. Le jeune homme publie des albums lithographiques, parfois en collaboration avec son ami le peintre et graveur Nicolas-Toussaint Charlet, sur des sujets militaires. 

L’œuvre d’Hippolyte Bellangé est considérable. Tout au long de sa carrière et sans discontinuer, l’artiste peint plus de 250 tableaux, 1 200 dessins et aquarelles et environ 800 lithographies populaires. Il expose au Salon de peinture et de sculpture pour la première fois en 1822. Puis, il obtient une médaille de deuxième classe en 1824.
C’est avec son tableau Napoléon au retour de l’île d’Elbe, présenté au Salon de 1834, que le succès d’Hippolyte Bellangé survient. Le peintre y reçoit la croix de la Légion d’honneur. Poursuivant l’exécution de ses sujets militaires et fasciné par Napoléon, Hippolyte Bellangé peint la Bataille de Wagram (deuxième journée), l’un de ses plus célèbres tableaux, en 1837. S’y déroule l’affrontement mené par Napoléon et opposant les Français à l’armée impériale autrichienne. Au premier plan, sur le champ de bataille, l’Empereur reconnaissable à son costume se tient sur son cheval blanc au milieu de ses troupes. Au loin, des nuages de fumée apparaissent dans la plate étendue agricole, sous un ciel blanc nuageux. Cette grande composition confirme l’excellente réputation du peintre. 

De 1837 à 1853, Hippolyte Bellangé s’installe à Rouen avec sa famille pour y occuper les fonctions de conservateur du musée de la ville. Plus tard, son fils Eugène Bellangé deviendra également un peintre militaire.

Les peintures militaires et les scènes de genre d’Hippolyte Bellangé à la gloire de Napoléon

Hippolyte Bellangé s’attache aussi à peindre des scènes de genre, à caractère anecdotique ou familier, tel Le Meunier, son fils et son âne qu’il adresse au Salon de 1842. Durant son séjour rouennais, Hippolyte Bellangé saisit également des scènes de la vie quotidienne comme dans Le Marchand ambulant de statuettes de plâtre (1833). Dans ce tableau, un jeune colporteur propose des petites statues en plâtre à une famille de paysans. Ces statuettes sont des figurines napoléoniennes ou religieuses. Cette œuvre illustre et entretient la ferveur populaire pour Napoléon. 

Pour le musée de Versailles, Hippolyte Bellangé s’attache à rendre compte fidèlement des victoires militaires de l’empire. Habitué aux petits formats et aux tableaux de chevalet, il exécute alors des toiles gigantesques. Au Salon de 1855, le peintre représente des batailles du Second Empire afin d’y célébrer les succès de Napoléon III. Quelques années plus tard, en 1861, le public acclame son tableau Les Deux Amis qui représente deux lieutenants, morts dans les bras l’un de l’autre sur un champ de bataille. Au loin, des Russes enterrent leurs soldats.
À la suite du succès populaire de cette œuvre, Hippolyte Bellangé est nommé officier de la Légion d’honneur. Ne cessant pas de peindre et de dessiner, Hippolyte Bellangé achève son dernier tableau, La Garde, la veille de sa mort en 1866. 

L’estimation d’une œuvre d’Hippolyte Bellangé

En 2022, la peinture Les Soldats à la chasse (1836) signée par Hippolyte Bellangé, de petite dimension, a été vendue au prix de 700 euros tandis que le Soldat marchand (1854) a été adjugé à 330 euros. Des peintures de plus grandes dimensions ont été vendues à des prix plus élevés, comme La Reddition du fort d’Aboukir (1824), cédée à 42 00 euros en 2015. L’Empereur Napoléon 1er à Wagram, juillet 1809 (1841) a quant à lui été vendu 12 500 euros en 2015. Les Vainqueurs, épisode de Marengo (1852) a atteint la somme de 78 000 euros en 2003. 

Quant aux aquarelles et dessins d’Hippolyte Bellangé, La Cantinière pleurant la mort d’un carabinier à la bataille de Winkowo (1836) a été achetée 1 300 euros en 2022. Les Importuns ou L’Atelier du peintre (1831) a été adjugé à 6 500 euros en 2019.

(Illus.) Hippolyte Bellangé Scène de bataille Vers 1825

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Estimation gratuite Victor Brauner

Victor Brauner

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Estimation et cote de l'artiste Victor Brauner

D’origine roumaine, Victor Brauner (1903-1966) est un artiste dadaïste et surréaliste. À travers la peinture, le destin et l’eau-forte, il crée un univers onirique, d’inspirations magique et ésotérique, peuplé de créatures chimériques.  

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Victor Brauner, un artiste roumain à Paris

Dès ses débuts, Victor Brauner s’impose comme un artiste d’avant-garde. Formé à l’École des Beaux-arts de Bucarest entre 1919 et 1921, Victor Brauner participe à l’effervescence de la scène artistique de la capitale roumaine. Dès 1924, il expose des oeuvres d’esprit dada, et de langage constructiviste et futuriste, qu’il nomme « picto-poésie ». 

Mi peinture, mi poésie, les objets de Victor Brauner sont faits de formes géométriques juxtaposées, aux couleurs et à la touche variée, sur lesquelles s’inscrivent des lettres de l’alphabet, à la main ou au pochoir. La même année, l’artiste en propose un manifeste dans l’unique numéro de sa revue 75 H.P, édité avec le poète Illarie Voronca.

À partir de 1925, Victor Brauner réalise plusieurs séjours à Paris. Il découvre l’oeuvre de Giorgio de Chirico, le groupe des surréalistes et une importante communauté d’artistes et d’intellectuels roumains, composée de figures telles que Brancusi, Eugène Ionesco ou encore Tristan Tzara. Grandement impacté par le surréalisme et l’effervescence de la capitale française, l’artiste s’y établit définitivement en 1938. 

Victor Brauner, une oeuvre surréaliste

Au fur et à mesure de ses voyages à Paris, Victor Brauner est de plus en plus influencé par le surréalisme. En 1932, il entre en contact avec le groupe par l’intermédiaire d’Yves Tanguy, puis y adhère l’année suivante. En 1933, l’artiste participe donc au sixième Salon des surindépendants aux côtés des surréalistes, et en 1934, André Breton préface le catalogue de sa première exposition personnelle à la galerie Pierre. 

 

Entre 1925 et 1948, Victor Brauner réalise une peinture surréaliste. En 1931, il conçoit une série de tableaux qui interrogent l’oeil énucléé, dont un autoportrait où il se représente sans son oeil droit. Sept ans plus tard, l’artiste perd son oeil gauche au cours d’une soirée, et son autoportrait est considéré comme prémonitoire. Victor Brauner devient l’illustration des hypothèses du groupe surréaliste, qui prête à son art des qualités magiques, divinatoires. 

Enfant, Victor Brauner assistait en secret aux séances de spiritisme de son père. Marqué par un imaginaire occulte, l’artiste va développer, dans sa peinture, un univers onirique rempli de chimères. En 1948, dans son tableau La rencontre du 2bis rue Perrel, Victor Brauner réinterprète la toile La charmeuse du serpent du Douanier Rousseau en ajoutant un personnage caractéristique de sa peinture surréaliste. À droite du feuillage, on retrouve une créature blanche composée de deux corps, l’un derrière l’autre, d’une tête aux grands yeux, et de multiples bras. 

Victor Brauner, une oeuvre magique

Au cours de la Seconde Guerre mondiale,Victor Brauner, d’origine juive, est forcé de se cacher. En 1940, l’artiste trouve refuge dans la villa Air-Bel, à Marseille, aux côtés de nombreux artistes surréalistes et du militant communiste anti-stalinien Victor Serge. Dans l’attente d’un visa pour fuir le pays, les artistes créent le Jeu de Marseille, variante du tarot marseillais, où Brauner dessine la médium suisse Hélène Smith et le philosophe Hegel. 

À partir de 1942, Victor Brauner se cache en Provence grâce au poète et résistant René Char. Menant une vie précaire, l’artiste crée à partir de matériaux récupérés et invente, malgré lui, des formes et des techniques nouvelles. Peignant à la cire, il crée de nombreuses créatures colorées, aux formes géométriques, pareilles à des totems protecteurs. En ces années douloureuses, Victor Brauner se réfugie dans un monde imaginaire, nourri de concepts ésotériques et alchimiques, qui le tient éloigné de la guerre. 

Au sortir de la guerre, Victor Brauner connait la maladie et l’inquiétude, face à la dictature communiste de l’URSS qui touche la Roumanie, mais aussi des expositions et un renouveau créatif. En 1948, l’artiste quitte le groupe des surréalistes et adopte différents styles, tout en renouant avec l’esprit dada. Il s’inspire également de la psychanalyse, de la pensée sauvage ou encore de différentes mythologies, pour invoquer les dimensions invisibles du monde. Des peintures, des dessins et des estampes jailliront de cette dernière période de Victor Brauner. 

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La rétrospective de Victor Brauner, organisée au Musée d’art moderne en 2020-2021, a stimulé les ventes de l’artiste, en hausse sur le marché de l’art depuis 2021. On retrouve majoritairement des peintures, des dessins et des eaux-fortes des années 1940 et 1950.  

Pour une peinture surréaliste de Victor Brauner, les prix oscillent en moyenne entre 15 000 et 70 000 euros en fonction du format, de la technique et du style. Très rares, les peintures à la cire de l’artiste s’envoleront à des prix bien supérieurs : comptons environ 350 000 euros. 

Les dessins et oeuvres sur papier de Victor Brauner sont également recherchés par les collectionneurs. Les prix débutent entre 2000 et 7 000 euros pour des dessins à la plume ou au crayon, s’élèvent entre 4 000 et 15 000 euros pour les aquarelles, et s’envolent de 10 000 à 35 000 euros pour les gouaches et techniques mixtes. 

Quant aux eaux-fortes de Victor Brauner, il faudra compter entre 400 et 1000 euros. À l’exception des tirages issus du portfolio Brunidor II, estimés entre 2 500 et 5 000 euros. 

(Illus.) Chien à la lune, 1956, huile sur toile, Musée Saint-Croix des Sables d’Olonne 

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Estimation gratuite Valerio Adami

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Estimation et cote de l'artiste Valerio Adami

Valerio Adami (1935) est un peintre italien reconnu à l’international. Figure majeure de la Nouvelle figuration, l’artiste traverse les décennies avec une oeuvre aux résonances toujours très contemporaines. 

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Valerio Adami, d’une rencontre à une autre

Né en 1935 à Bologne, Valerio Adami passe ses étés sous le soleil vénitien. Il y rencontre le poète et critique W. H. Auden et les artistes Felice Carena et Oskar Kokoschka. La jeune homme débute la peinture dans l’atelier de Carena avant d’être admis à l’Académie des Beaux-Arts de Brera à Milan. Entre 1951 et 1954, Valerio Adami étudie scrupuleusement les oeuvres antiques et néo-classiques, et présente des premiers tableaux de facture expressionniste. 

Au cours de ses années de formation, Valerio Adami réalise plusieurs séjours à Paris. En 1952, il rencontre le poète Édouard Glissant, qui l’introduit à son tour aux artistes Roberto Matta et Wilfredo Lam. En 1957, Adami expose pour la première fois dans une galerie de Milan où il présente des toiles marquées par l’influence surréaliste de ses nouveaux amis. Le surréalisme demeurera une source d’inspiration majeure pour Adami. 

En 1958, Valerio Adami séjourne à Londres où il côtoie la nouvelle peinture d’avant-garde. Quelques années plus tard, il y fait la connaissance des artistes Francis Bacon et Graham Sutherland, ainsi que des pop-artistes Jim Dine et Richard Hamilton. Partageant sa vie avec la peintre Camilia Adami entre Paris, Londres et New York, Valerio Adami se retrouve au coeur d’une peinture émergeante, redéfinie sous le terme de Nouvelle figuration, où il lui faut construire sa place. 

Valerio Adami, au coeur de la Nouvelle Figuration

Au cours des années 1950, la scène artistique est orchestrée par la Guerre Froide. À l’Ouest, l’abstraction domine largement les arts, tandis qu’à l’Est, le Réalisme-Socialiste s’impose comme l’unique voie possible. Aux quatre coins de l’Europe, la Nouvelle Figuration se dessine comme une alternative à cette opposition, et se réapproprie la figuration en peinture. En France, ce vaste mouvement aboutit à la Figuration Narrative, dans les années 1960, qui dotera la peinture d’un sens politique.  

Au sein de la Nouvelle Figuration, Valerio Adami développe son style pictural singulier. Dans ses tableaux, l’artiste construit les motifs à travers un dessin structuré, recouvert de vastes aplats de couleurs vives cernés de noir. Dénuées de perspective, les figures représentées se croisent, à la manière du cubisme, et ouvrent à différentes associations et univers, à la manière du surréalisme.  Avec cette esthétique, les tableaux de Valerio Adami s’approchent tantôt de la bande-dessinée, tantôt de l’art des vitraux. 

Dans ses thèmes, la peinture d’Adami est chargée de littérature, de poésie et de musique ; d’actualité sociale et politique et de voyages ; de questionnements philosophiques, voire métaphysiques. Des figures humaines, fantastiques ou religieuses, sillonnent des architectures et des paysages, issus des nombreux voyages de l’artiste, et posent son lot de questions existentielles. Ce mélange de références, et leur rapprochement par l’artiste, ont suscité l’attention particulière de philosophes de renom tels que Jacques Derrida, Gilles Deleuze et Jean-François Lyotard.  

Valerio Adami, un peintre contemporain acclamé

Valerio Adami trouve rapidement sa place sur les scènes artistiques italiennes et françaises, et à l’international en général. Au début des années 1960, le peintre est présent à une exposition collective sur des artistes italiens au Musée d’art moderne de Kamakura au Japon, et une autre à Boston aux États-Unis. À la Documenta III de Kassel de 1964, une salle est entièrement dédiée à la peinture de Valerio Adami, et quatre ans plus tard, une autre lui sera consacrée à la Biennale de Venise. 

Inde, Cuba, Mexique, Belgique, Etats-Unis, Espagne, Maroc… sont autant de pays ayant accueillis l’artiste en voyage ou accueilli son oeuvre dans des expositions. Dès la décennie des années 1970, des rétrospectives de l’oeuvre de Valerio Adami sont organisées. C’est le cas du Musée d’art moderne de la ville de Paris, puis du Kunstverein Ulm en Allemagne. 

Représenté par la Galerie Templon à Pairs et à Bruxelles, Valerio Adami est encore régulièrement exposé. En parallèle, les peintures d’Adami, ses dessins ou son oeuvre graphique, sont conservées dans de nombreuses institutions dans le monde. On peut les retrouver par exemple au Musée d’art moderne-Centre Georges Pompidou, au Musée d’art moderne de Caracas au Venezuela, ou encore à la Galleria degli Uffizi de Florence en Italie. 

Faire estimer gratuitement une oeuvre de Valerio Adami

Depuis 2020, les ventes de Valerio Adami accroissent et se multiplient sur le marché de l’art. Les collectionneurs reconnaissent les qualités de l’artiste et recherchent ses peintures, ses dessins et ses sérigraphies contemporaines. 

Pour une toile d’Adami, les prix oscillent en moyenne entre 15 000 et 40 000 euros. Les oeuvres de la décennie des années 1960 sont particulièrement appréciées et certaines, caractéristiques du style de l’artiste, pourront s’envoler entre 50 000 et 70 000 euros. La toile Il Vecchio timido e l’adulterio in Piscino (1966) a même été adjugée à 80 600 euros. 

Les dessins et les sérigraphies ont également la cote auprès des collectionneurs. Pour un dessin, il faudra compter entre 500 et 2 400 euros. Les sérigraphies, et les rares lithographies ou gravures à l’eau-forte présentes sur le marché, sont également estimées à de jolis sommes : en moyenne entre 50 et 300 euros. 

(Illus.) Valerio Adami, Finlandia, 1987, acrylique sur toile 

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