Estimation gratuite Nicolas Poussin

Nicolas Poussin

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Estimation et cote de l'artiste Nicolas Poussin

Nicolas Poussin (1594-1665) est un grand nom de l’histoire de la peinture. Maître classique, il réinvente l’art français depuis l’Italie, où il réside, à travers des tableaux représentant principalement des sujets historique, mythologique ou bibliques. Nicolas Poussin influencera des siècles de génération d’artistes. 

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Nicolas Poussin, un artiste français installé à Rome

Jeune dessinateur talentueux, Nicolas Poussin aurait reçu des encouragements et des enseignements partiels de Quentin Varin et de Noël Jouvet, dans sa Normandie natale, puis de Georges Lallemant de Lorraine ainsi que de Ferdinand Elle de Malines, à Paris. Installé une première fois à Paris en 1612, il fait la rencontre du valet de Chambre de Marie de Médicis, Alexandre Courtois, qui l’initie à l’art italien et l’aurait introduit à la Cour, quelques années plus tard.

De santé fragile et avec peu de moyens financiers, Nicolas Poussin réalise des allers-retours entre la demeure familiale et Paris, avant de découvrir l’Italie. Il voyage une première fois à Florence, entre 1617 et 1619, puis s’installe à Rome durablement, à partir de 1624. Il y retrouve de nombreux confrères français et côtoie notamment l’artiste Simon Vouet. 

Peu à peu, Nicolas Poussin reçoit de prestigieuses commandes telles qu’un retable pour la basilique Saint-Pierre de Rome, ou un décor de la chapelle de la Vierge de l’église Sainte-Louis-des-Français de Rome. En parallèle, Nicolas Poussin se construit progressivement un réseau de collectionneurs et amateurs d’art privés, le soutenant toute sa vie durant. Il privilégie ainsi la création de tableaux de chevalet, davantage que des décors monumentaux. 

Artiste français en vue de la Cité romaine, Nicolas Poussin acquiert une renommée internationale à partir des années 1630, attirant l’œil des collectionneurs français. L’artiste revient d’ailleurs brièvement en France, entre 1640 et 1642, résidant au Palais des Tuileries et acquérant le brevet du « premier peintre du roi » de Louis XIII. Soucieux de sa liberté, Nicolas Poussin rentrera à Rome où il termine sa vie.

Nicolas Poussin, un classicisme à la française

L’art de Nicolas Poussin est considéré comme le renouveau de la peinture française. Dans un contexte dominé par le maniérisme, l’artiste réinvente le classicisme pictural. Dans ses tableaux, il représente des sujets historiques, mythologiques ou religieux, ainsi que des portraits et des paysages avec scénettes sur la fin de sa vie.  Au cours de sa carrière, Nicolas Poussin demeure en marge des courants esthétiques dominants. 

Maître de la composition, Nicolas Poussin réalise des tableaux rigoureux, à la dimension théâtrale souvent prononcée, résultant d’un long processus de réflexion. L’artiste recourt au dessin à la plume, parfois réhaussé de lavis au pinceau, pour esquisser les grandes lignes de sa composition. Dans les cas les plus complexes, il opère par l’emploi d’une boite optique, dans laquelle il positionne ses personnages et les décors réalisés à la cire, lui garantissant une grande maîtrise. Par la suite, Nicolas Poussin peint directement sur la toile, sans réaliser d’esquisse préalable.  

En vertu de ses talents de dessinateur, Nicolas Poussin construit ses motifs picturaux à partir de la ligne et de la forme, davantage que de la couleur. A la mort de l’artiste, cette caractéristique l’opposera au peintre Rubens, maître de la couleur et de la sensation, dans la querelle des Anciens et des Modernes, entre poussinistes et rubénistes. 

Nicolas Poussin, des siècles d’élogieuse postérité

En dépit d’un nombre d’élèves restreint, Nicolas Poussin laisse une trace indélébile sur l’histoire de la peinture française. Aux côtés des nombreuses biographies, qui apparaissent dès son décès, l’artiste devient un modèle pour les élèves de l’Académie royale de peinture et de sculpture. A travers les siècles, l’artiste aura une influence considérable sur des artistes, de toutes les époques et styles, tels que Delacroix, Millet, Moreau ou encore Cézanne, étudient ses œuvres. 

Très coté de son vivant en Italie comme en France, l’œuvre de Nicolas Poussin connaîtra progressivement une renommée internationale. A partir du XVIIIe siècle, les tableaux de Poussin voyagent en Allemagne, en Russie, au Royaume-Unis ou encore aux Etats-Unis. Les collectionneurs étasuniens se passionnent pour le classicisme français et les institutions achètent nombres de ses tableaux en Europe. 

Nicolas Poussin s’impose comme un maître du classicisme français, et un grand nom de l’histoire de la peinture. A ce titre, son œuvre atteint des records sur le marché de l’art. En 2007, le tableau La fuite en Egypte est acquis par le Musée du Louvre, La Mairie de Lyon, la Région Rhône-Alpes et l’aide dix-sept mécènes, pour la somme rocambolesque de 17 millions d’euros.

Faire estimer gratuitement une œuvre de Nicolas Poussin

À l’image de nombreux peintres classiques, peu d’oeuvres de Nicolas Poussin circulent sur le marché de l’art. On retrouve quelques peintures de paysages ou petits formats dès 3 000 euros, et des tableaux religieux ou mythologiques entre 100 000 et 500 000 euros. Un Baptême du Christ a même été adjugé à la somme de 1 772 445 euros.
Les dessins de Nicolas Poussin remportent également une jolie cote : on comptera entre 6 000 et 15 000 pour un dessin avec une figure représentée, et jusqu’à 80 000 euros pour des compositions plus complexes, à l’encre, la plume ou l’aquarelle.

(Illus.) La danse de la vie humaine, 1633-34, Huile sur toile, 82,5×104 cm, Wallace Collection, Londres

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Estimation gratuite Lubin Baugin

Lubin Baugin

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Estimation et cote de l'artiste Lubin Baugin

Lubin Baugin (1612-1663) est un artiste du classicisme français, et plus précisément de l’atticisme parisien. Redécouvert au XXeme siècle après être tombé dans l’oubli, sa vie et sa carrière sont encore vêtues de nombreuses parts d’ombres.  

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Lubin Baugin, un peintre provincial à Paris

Né dans une famille aisée du Loiret, Lubin Baugin se serait formé auprès des peintres de l’Ecole de Fontainebleau, spécialisés dans les décors intérieurs et à l’origine d’une interprétation mesurée, à la française, du maniérisme. S’engageant dans la peinture, l’artiste rejoint Paris dès 1628-1629.

Dans la capitale, Lubin Baugin rencontre des premiers obstacles. En raison de son origine provinciale, l’artiste ne peut pleinement intégrer les circuits de la vie artistique. Il lui est interdit d’entrer dans la confrérie des peintres parisiens, et de se mesurer aux sujets les plus valorisés dans la hiérarchie des genres picturaux, tels que la peinture d’histoire et religieuse.

Lubin Baugin s’installe alors dans l’enclos de l’Abbaye de Saint-Germain-des-Prés aux côtés d’autres peintres provinciaux tels que les Frères Le Nain. L’artiste est reçu comme maître peintre de la corporation et réalise, aux côtés de ses compères, des tableaux destinés à orner les intérieurs privés.

Dans ce contexte, Lubin Baugin conçoit les premières peintures, parvenues jusqu’à nous. Entre en 1630 et 1635, il peint quatre natures mortes qui témoignent de son style singulier. Dans Coupe de fruit, on distingue déjà la grande sobriété qui le caractérisera, ainsi que son goût pour les formes géométriques.

Lubin Baugin, des influences italiennes

A priori soutenu par sa famille, Lubin Baugin réalise un voyage en Italie à l’image de nombreux de ses contemporains. Si peu de documentation existe sur son voyage, il semblerait que Lubin Baugin y séjourne entre 1632 et 1640.

Son mariage avec la Romaine Brigitte d’Asté, ainsi que ses deux tableaux religieux copiés des fresques de l’église Saint-Jean l’Evangéliste de Parme, attestent factuellement de son passage. Mais c’est sans doute l’influence des maîtres italiens, tels que Parmesan et surtout Raphael, sur ses œuvres postérieures qui constitue la meilleure preuve.

De retour à Paris, Lubin Baugin obtient un brevet de peintre du roi, et se consacre à des toiles de sujets religieux. Il peint de nombreux tableaux de la Sainte Famille et de Vierge à l’enfant, qui épousent le classicisme épuré et paisible de Raphael. Les peintures de Lubin Baugin de cette époque sont caractéristiques de l’atticisme parisien, défini comme la période sobre et austère du classicisme français. Lubin Baugin ne cessera d’aller vers un style de plus en plus sobre et austère, dépouillé.

Lubin Baugin produira surtout des tableaux destinés à une clientèle privée. Réalisés sur des panneaux de bois et de petit format, ses peintures religieuses réjouissent les familles parisiennes aisées. En parallèle, l’artiste recevra également des commandes officielles, telles que des retables et décors sacrés, pour la chapelle de la Congrégation des Nobles ou encore celles de Notre Dame. En 1651, il entrera à l’Académie royale de peinture et de sculpture, un signe de la reconnaissance de ses paires.

Lubin Baugin, un artiste oublié du classicisme français

A son décès, Lubin Baugin sombre dans l’oubli. Il est redécouvert en deux temps au cours du XXeme siècle.

En 1934, l’exposition « Peintres de la réalité en France au XVIIeme siècle », réalisée par les historiens d’art et critiques Paul Jamot et Charles Sterling au musée de l’Orangerie, permet la redécouverte de nombreux peintres classiques. Aux côtés des tableaux de Georges de la Tour, c’est deux tableaux de nature morte de Lubin Baugin que découvre alors le public français.

En 1963 ensuite, la peinture religieuse et historique de Lubin Baugin se retrouve à son tour dévoilée. L’historien de l’art et collectionneur Jacques Thuiller lui consacre pour la première fois un article dans la revue L’œil.

Au début des années 2002, les institutions reconnaissent enfin Lubin Baugin à sa juste valeur, comme l’atteste l’exposition « Lubin Baugin, un grand maître enfin retrouvé », tenue au musée des Beaux-Arts d’Orléans puis au musée des Angoulins de Toulouse, ainsi que la monographie de l’artiste signée par Jacques Thuillier.

Faire estimer gratuitement une oeuvre de Lubin Baugin

Parmi les rares tableaux de Lubin Baugin présents sur le marché de l’art, on retrouve exclusivement de la peinture religieuse. Les premiers prix débutent autour de 5 000-6 000 euros, mais s’élèvent en moyenne entre 20 000 et 50 000 euros. Certaines œuvres exceptionnelles de Lubin Baugin atteindront des sommes bien supérieures, entre 120 000 et 240 000 euros.

(Illus.) Nature morte à la chandelle, 1630, huile sur toile, Galleria Spada, Rome

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Estimation gratuite Laurent de la Hyre

Laurent de la Hyre

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Estimation et cote de l'artiste Laurent de la Hyre

Laurent de la Hyre (1606-1656) est un artiste classique du Grand siècle de la peinture française. Représentant de l’atticisme parisien, Laurent de la Hyre est connu autant pour ses peintures d’Histoire que ses paysages historiques novateurs. 

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Laurent de la Hyre, ses premières années maniéristes

Né dans une famille bourgeoise et marchande parisienne, Laurent de la Hyre reçoit la sensibilité artistique de son père en héritage. Très jeune, il est initié au dessin et à la gravure, avant de s’atteler à la peinture en autodidacte.

A l’âge adulte, Laurent de la Hyre devient l’élève de l’artiste maniériste Georges Lallemant. En parallèle, il étudie soigneusement les peintures de l’Ecole de Fontainebleau, représentatives d’un maniérisme à la française plus mesuré, au cours d’un séjour au château. Laurent de la Hyre est également marqué par les œuvres de l’artiste italien Francesco Primaticcio présentes au château de Fontainebleau.

Fidel à ses premières influences, Laurent de la Hyre développe un style proche de ce maniérisme tardif. Dans son tableau La tuile (1628-1630), il dessine les corps à partir de la palette colorée, et laisse entrevoir des ruines et un ciel, à l’arrière-plan, expressif, à la fois sombre et dramatique.

Contrairement à ses contemporains, Laurent de la Hyre ne se rendra jamais en Italie. Avec une notoriété grandissante, l’artiste demeurera à Paris pendant toute sa carrière.

Laurent de la Hyre, peintre classique

Dans les années 1630, Laurent de la Hyre expérimente et évolue vers une touche plus mesurée. En cette décennie, il reçoit ses premières commandes d’envergure. Laurent de la Hyre conçoit ses premiers tableaux religieux pour la cathédrale de Notre-Dame de Paris, ou encore pour le palais du cardinal Richelieu.

En 1635, l’œuvre Saint-Pierre guérissant les malades de son ombre témoigne d’une composition plus épurée et d’un style qui s’affine. Si les personnages demeurent représentés à partir de la couleur, de leurs expressivités, dans une mise en scène théâtrale, l’architecture atteste d’un travail de la ligne, d’un ordre nouveau duquel se dégage la figure de Saint-Pierre.

Très apprécié pour ces peintures, la réputation de Laurent de la Hyre se consolide. Dans les années 1640, l’artiste amène son style à maturité. A l’image de ses contemporains, Laurent de la Hyre est profondément marqué par la peinture de Nicolas Poussin, de retour à Paris entre 1640 et 1642. Sous son influence, Laurent de la Hyre tend à un style plus classique, fondé sur la ligne, l’harmonie des couleurs, la mesure et la retenue.

Tableau de 1647-1650, Moïse sauvé des eaux témoigne magistralement de ce changement de style. Les contours des corps et des drapais, et leurs coloris délicats, de blancs et bleus, se détachent sur des ruines antiques soigneusement dessinées. Bordé par un paysage calme, le tableau se distingue par sa sérénité, bien éloigné de la facture maniériste des débuts de l’artiste.

Laurent de la Hyre, maître du paysage historique

A l’opposé du maniérisme de ses premières années, Laurent de la Hyre devient un représentant de l’atticisme parisien. Ce terme englobe des artistes du XVIIe siècle, tels qu’Eustache le Sueur, à l’origine d’un classicisme rigoureux, inspiré de l’art de Raphael, et influencé à la suite par Nicolas Poussin.

Aux côtés des peintures d’histoire, mythologiques ou bibliques, Laurent de la Hyre, ainsi que d’autres artistes atticistes, développe un intérêt croissant pour le paysage. Dans ses tableaux, Laurent de la Hyre représente abondamment les ruines antiques, et le paysage compose systématiquement son décor.

A la fin de sa vie, Laurent de la Hyre se consacre exclusivement, et de manière novatrice, au paysage historique. Les scènes représentées deviennent de plus en plus petites, jusqu’à servir de prétexte à la création d’un paysage, disposé sur l’ensemble de la toile. C’est par exemple le cas du tableau Paysage joueur de flûte réalisé vers 1650 par Laurent de la Hyre.

Membre fondateur de l’Académie de peinture et de sculpture, célèbre de son vivant, Laurent de la Hyre est toutefois oublié après sa mort, occulté derrière les œuvres de Vouet, Poussin ou encore Eustache, préférées par les historiens des générations suivantes.

Faire estimer gratuitement une œuvre de Laurent de la Hyre

Sur le marché de l’art, on retrouve des peintures et des dessins de Laurent de la Hyre à des très belles sommes. Concernant les peintures, il faut compter minimum 35 000 euros pour des compositions simples, comprenant une ou deux figures ; pas moins de 200 000 euros pour des paysages historiques ; et jusqu’à 700 000 euros pour des peintures d’histoire à la composition complexe. Concernant les dessins, les prix vont de 10 000 à 20 000 euros avec quelques exceptions susceptibles de dépasser les 100 000 euros. 

(Illus.) Paysage avec la paix embrassant la Justice, 1654, Musée d’art de Toledo 

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Estimation gratuite Jacques Stella

Jacques Stella

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Estimation et cote de l'artiste Jacques Stella

Jacques Stella (1596-1657) est un artiste classique emblématique du Grand siècle de la peinture française. Entre l’Italie et la France, il lègue une œuvre raffinée et riche, principalement composée de peintures religieuses.

Estimation gratuite Jacques Stella

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Jacques Stella, le succès de l’Italie à la France

Fils du peintre et marchand d’origine flamande François Stella, Jacques Stella a à peine neuf ans lorsque son père décède. Si ses frères et ses sœurs ont eu l’opportunité d’être formés par leur père, Jacques Stella trouve un enseignement solide dans sa ville natale, Lyon.

A l’âge adulte, et à l’image de nombreux artistes de sa génération, Jacques Stella entreprend un séjour en Italie. A partir de 1616, il travaille pour Cosme II de Médicis à la cour de Florence. Au décès du Grand-Duc en 1621, Jacques Stella s’installe à Rome, où se trouvent de nombreux artistes français. Il sera très proche notamment de Nicolas Poussin.

Dans la cité papale, Jacques Stella se fait progressivement un nom. Il conçoit des tableaux de petit format, des gravures à l’eau-forte sur bois, ainsi que des peintures audacieuses, réalisées sur cuivre ou sur pierre telle que l’onyx, le lapis-lazulli ou l’ardoise. Jacques Stella attire l’œil du pape Urbain VIII, qui devient son plus prestigieux commanditaire.

En 1627, Jacques Stella quitte Rome à la suite d’un séjour en prison, peu documenté. Soutenu par ses amis et écarté de toutes suspicions, l’artiste aurait néanmoins perdu le goût pour sa vie romaine. Attiré d’abord par la proposition du Roi d’Espagne, Jacques Stella séjourne à Lyon puis à Paris, où il accepte finalement l’offre du roi Louis XIII et de Richelieu, alors que la Guerre franco-espagnole éclate.

Dans la deuxième partie de sa carrière, Jacques Stella s’installe au Louvre grâce à son nouveau statut de « peintre ordinaire du roi ». A l’issue de la mort de Louis XIII, il est nommé chevalier de l’Ordre de Saint-Michel par Louis XIV en 1645. Dans les dernières années de sa vie, il se consacrera au dessin et enseignera la gravure à ses trois nièces.

Jacques Stella, maître de la peinture classique française

A l’opposé de la peinture obscure et expressive du Caravage, Jacques Stella épouse un style classique hérité de l’art antique et la peinture florentine, du classicisme de Raphael et de celui de son ami et contemporain Nicolas Poussin. Au cours de sa carrière, Jacques Stella réalise principalement des peintures d’histoire aux thèmes religieux.

En 1626, Jacques Stella créée Sainte-Cécile jouant de l’Orgue pour le pape Urbain VIII. Dans ce tableau, l’artiste accorde à la ligne et au dessin une place centrale à travers une composition harmonieuse, ordonnée par la perspective géométrique. La douceur et le raffinement émanant de la toile sont, sans conteste, des caractéristiques majeures du style de Jacques Stella.

On connaît également de Jacques Stella des peintures monumentales ornant certains châteaux et édifices religieux français. A son retour en France en 1634, il reçoit une commande pour la chapelle Saint-Louis du château de Saint-Germain-en-Laye, pour le chœur de l’église Saint-François-Xavier et participe à la décoration du palais de Richelieu, le tout aux côtés de Simon Vouet et de Nicolas Poussin.

A son décès, Jacques Stella lègue une œuvre dense en peintures, gravures et dessins, ainsi qu’une prestigieuse collection d’art. Grand collectionneur, l’artiste compte, parmi ses joyaux, des tableaux de Nicolas Poussin, des peintures de Raphael ou encore des dessins de Michel-Ange et de Leonard de Vinci.

Malgré un succès considérable du vivant de l’artiste, son héritage demeure mitigé. D’un côté, son œuvre fait l’objet de nombreuses copies, notamment des gravures de ses nièces qui permettent de diffuser son travail. De l’autre, la proximité de Jacques Stella et de Nicolas Poussin pousse de nombreux marchands à confondre leurs œuvres, au profit du second largement encensé. Il faudra ainsi attendre les recherches du XXème siècle pour rendre à Jacques Stella sa juste place dans l’histoire de l’art.

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A l’image de nombreux artistes classiques, peu d’œuvres de Jacques Stella circule sur le marché de l’art. On retrouve tout de même quelques tableaux et dessins (gravures ?) religieux de l’artiste. Pour des peintures de petit format ou de composition comprenant peu de figures, les prix varient entre 7 000 et 15 000 euros, tandis qu’ils augmentent significativement pour des compositions plus grandes et complexes. Pour l’une d’entre elles, il faudra compter entre 40 000 et 90 000 euros.

Les dessins de Jacques Stella obtiennent également une très jolie cote. A l’encre, à la gouache ou à la pierre noire, les dessins remportent des premiers prix autour de 300euros, et s’élèvent jusqu’à 10 000 euros pour certains d’entre eux. Son dessin La fuite après l’Egypte sera même adjugé à 30 000 euros.

(Illus.) Le mariage de la Vierge, 1640-1645, Musée des Augustins, Toulouse

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Estimation gratuite Georges de La Tour

Georges de La Tour

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Estimation et cote de l'artiste Georges de La Tour

Georges de La Tour (1593-1652) occupe une place à part dans l’histoire de la peinture française. Ses scènes éclairées par une chandelle, ses personnages silencieux et ses compositions d’une grande sobriété semblent immédiatement reconnaissables. Pourtant, la vie de ce peintre lorrain du XVIIe siècle reste entourée de zones d’ombre. Oublié pendant près de trois siècles, il ne retrouve son nom et sa véritable importance qu’au début du XXe siècle !

Les tableaux authentiques de Georges de La Tour sont extrêmement rares. Moins d’une cinquantaine de peintures sont aujourd’hui généralement admises dans son corpus, et certaines attributions restent encore discutées. Cette rareté explique les prix très élevés atteints par les œuvres autographes.

Vous possédez un tableau attribué à Georges de La Tour, à son atelier ou à l’un de ses suiveurs ? Confiez vos photographies à Estimon’objet pour obtenir une estimation gratuite, rapide et confidentielle, réalisée par nos experts et commissaires-priseurs.

Estimation gratuite Georges de La Tour

Prix des œuvres de Georges de la Tour

  • Tableau authentique de Georges de La Tour : de 500 000 € à plus de 5 000 000 €

  • Peinture de l’atelier de Georges de La Tour : de 50 000 € à plus de 500 000 €

  • Copie ancienne, œuvre attribuée ou peinture de suiveur : de 1 000 € à 100 000 €

L’estimation d’un tableau de Georges de La Tour demande une grande prudence. La valeur dépend avant tout du degré d’attribution retenu : œuvre entièrement peinte par le maître, participation de l’atelier, copie ancienne d’une composition perdue, tableau de suiveur ou simple reproduction décorative. Entre ces différentes catégories, l’écart de prix peut atteindre plusieurs millions d’euros.

Nos experts étudient la technique, le support, les dimensions, la composition, la provenance et l’état de conservation. Ils examinent également les anciennes étiquettes, les cachets, les inscriptions et les éventuels documents conservés avec l’œuvre. Une restauration ancienne ou une toile rentoilée ne retire pas automatiquement toute valeur au tableau, mais l’importance des interventions doit être mesurée avec précision.

La comparaison avec les peintures répertoriées reste essentielle. Le catalogue de Georges de La Tour est très restreint et comprend plusieurs compositions connues grâce à différentes versions. Son fils Étienne et les membres de son atelier ont aussi participé à la diffusion de ses modèles. Estimon’objet peut réaliser une première étude sur photographies, puis recommander des recherches complémentaires si le tableau le justifie.

La cote de Georges de La Tour sur le marché de l’art

La cote de Georges de La Tour repose sur un marché particulièrement rare. La majorité de ses tableaux reconnus appartient désormais à des musées. Lorsqu’une peinture autographe réapparaît, sa provenance, son état et l’accord des spécialistes deviennent déterminants. Les montants indiqués ci-dessous correspondent à des résultats publics et peuvent inclure les frais acheteurs.

La cote des peintures nocturnes

Les peintures nocturnes de Georges de La Tour sont ses œuvres les plus célèbres. Une chandelle, une lampe à huile ou un brasier constitue souvent l’unique source lumineuse. Les personnages restent immobiles, absorbés par une lecture, une prière ou un geste quotidien. Ces tableaux sont presque tous conservés dans des collections publiques, ce qui rend leur apparition sur le marché exceptionnelle.

Voici un résultat de référence :

  • La Fillette au braisier (vers 1646-1648) : cette huile sur toile signée a été vendue à Cologne en 2020 pour 4,34 millions d’euros avec les frais. Acquise ensuite par le Louvre Abu Dhabi, elle constitue l’une des références majeures du marché de Georges de La Tour.

Cette vente ne permet pas d’appliquer automatiquement une valeur similaire à toute scène éclairée à la bougie. L’attribution personnelle au maître, la qualité de la lumière, l’histoire du tableau et sa reconnaissance par les spécialistes expliquent ce résultat exceptionnel.

La cote des scènes diurnes, apôtres et figures populaires

Les œuvres dites « diurnes » représentent des apôtres, des musiciens, des joueurs, des tricheurs ou des personnages issus du peuple. La lumière y est moins théâtrale que dans les nocturnes, mais les visages, les mains et les étoffes possèdent une présence très forte. Plusieurs tableaux importants de cette catégorie ont retrouvé le marché après de longues périodes d’oubli.

Quelques résultats significatifs :

  • Saint André (début des années 1620) : issu de la célèbre série des Apôtres d’Albi, ce tableau a été vendu à Londres en 2021 pour 5 902 407 dollars, soit près de 5 millions d’euros selon le taux de change de l’époque.
  • Saint Jacques le Majeur (vers 1615-1620) : redécouvert dans une collection particulière, ce tableau autographe a été vendu à New York en 2008 pour 3,2 millions de dollars.
  • Le Vielleur aveugle (vers 1620-1630) : cette figure de musicien populaire a atteint 1,8 million de livres avec les frais lors d’une vente organisée à Londres en 1991.

Les personnages issus des séries reconnues, comme les Apôtres d’Albi, bénéficient d’un intérêt particulier. Toutefois, plusieurs copies anciennes de ces compositions existent. Il faut donc éviter de confondre un original redécouvert avec une reprise fidèle exécutée plus tard.

La cote des œuvres d’atelier et des copies anciennes

Une peinture de l’atelier de Georges de La Tour peut conserver une valeur considérable. Certaines copies ont probablement été réalisées sous le contrôle du maître ou à partir d’originaux aujourd’hui disparus. Elles constituent alors des documents importants pour comprendre son travail. La qualité d’exécution, l’ancienneté, le format et la proximité avec un modèle connu déterminent leur prix.

Un résultat illustre parfaitement ce marché :

  • Saint Jacques le Majeur (vers 1640-1645) : cette huile sur toile de 132 × 100 cm, reconnue comme une œuvre de l’atelier d’après une composition perdue du maître, a été vendue à Paris en 2023 pour 511 680 € avec les frais.

Les copies plus tardives et les tableaux simplement décrits comme « suiveur de Georges de La Tour » se négocient à des niveaux bien inférieurs. Leur valeur dépend alors de leurs qualités propres en tant que peintures anciennes, sans pouvoir bénéficier pleinement de la cote du maître.

Comment reconnaître un tableau de Georges de La Tour ?

Georges de La Tour peint presque exclusivement à l’huile sur toile. Dans ses célèbres nocturnes, la lumière vient souvent d’une flamme placée à l’intérieur même de la scène. Cette flamme peut rester visible ou être cachée par une main, un personnage ou un objet. La peau, les vêtements et les visages reçoivent alors une lumière chaude, tandis que le reste de la composition plonge dans des bruns profonds.

La palette reste généralement limitée. Les rouges sombres, les terres, les ocres, les noirs et les blancs cassés dominent. Les formes sont simples et les décors volontairement dépouillés. Une table, une chandelle, un livre ou quelques outils suffisent. Chez Georges de La Tour, l’arrière-plan ne distrait presque jamais le regard : toute l’attention se porte sur les personnages et sur la lumière.

Les mains fournissent un indice précieux. Elles sont souvent longues, fermes et très lisibles, avec des doigts placés selon un geste précis. Dans les scènes à la chandelle, une main peut protéger la flamme ou en filtrer la lumière. Le visage reçoit alors une teinte rouge et chaude que l’artiste dose avec beaucoup de finesse.

Dans les scènes diurnes, les figures occupent une grande partie de la toile. Elles apparaissent souvent à mi-corps, devant un fond uni. Les visages portent des rides marquées et les vêtements présentent des plis larges. Les couleurs peuvent être plus franches, avec des rouges profonds qui attirent immédiatement l’œil.

Il faut néanmoins rester prudent. De nombreux peintres français, lorrains, flamands et hollandais du XVIIe siècle ont utilisé le clair-obscur et la lumière artificielle. Une chandelle placée au centre d’un tableau ne suffit donc pas à reconnaître Georges de La Tour. La qualité de la peinture, le support, la préparation de la toile et la provenance doivent confirmer les ressemblances visuelles.

Reconnaître la signature de Georges de La Tour

La signature de Georges de La Tour est rare et ne présente pas toujours la même forme. Certaines peintures portent une inscription latine comme « G. de La Tour fecit », qui signifie que Georges de La Tour a réalisé l’œuvre. D’autres montrent des formulations plus développées, telles que « Georges de La Tour Invet et Pinx. », pour « inventé et peint par Georges de La Tour ».

Sur La Diseuse de bonne aventure, l’inscription située dans la partie supérieure droite mentionne le nom du peintre et Lunéville. Sur d’autres tableaux, la signature apparaît dans un angle inférieur ou reste partiellement effacée. Une restauration peut parfois révéler des lettres qui étaient devenues invisibles sous un vernis assombri ou des repeints.

De nombreuses œuvres reconnues ne sont toutefois pas signées. À l’inverse, une signature ancienne en apparence peut avoir été ajoutée pour augmenter la valeur d’une copie. Son graphisme, son intégration à la couche picturale et son vieillissement doivent toujours être comparés au reste du tableau. Une signature seule ne permet jamais d’authentifier une peinture de Georges de La Tour.

Signature Georges de la Tour

Tableau de Georges de La Tour : ce que regardent nos experts

Romain Rudondy, commissaire-priseur d’Estimon’objet, commence par examiner la composition générale. Il vérifie la place de la source lumineuse, la façon dont les ombres se répartissent et la relation entre les personnages. Dans une nocturne de La Tour, la lumière ne se contente pas d’éclairer un visage : elle suit une logique précise et laisse certaines parties du corps presque entièrement dans l’obscurité.

Sur les photographies rapprochées, Romain observe les visages, les yeux, les mains et les plis des vêtements. Il recherche la transition entre les zones claires et les ombres, mais aussi la finesse des couches de peinture. Les œuvres tardives du maître présentent souvent une surface assez lisse, avec peu de grands reliefs de pinceau. Une matière très épaisse et uniforme peut donc susciter des réserves.

Le revers apporte d’autres renseignements. L’expert étudie la toile, les coutures éventuelles, les bords repliés, le châssis et les anciennes marques de collection. Une toile du XVIIe siècle a parfois subi un rentoilage, mais les bordures originales ou certains clous anciens peuvent subsister. Des étiquettes d’exposition, des numéros d’inventaire ou une provenance française ancienne peuvent orienter les recherches.

Comme le corpus de l’artiste compte moins d’une cinquantaine de peintures généralement acceptées, chaque attribution exige des comparaisons très précises. Si les premiers indices paraissent sérieux, Estimon’objet peut conseiller des examens scientifiques, une étude de provenance et la consultation des spécialistes compétents. Cette méthode permet de distinguer une œuvre autographe, une peinture d’atelier et une copie plus tardive.

Georges de La Tour, le peintre mystérieux retrouvé après trois siècles d’oubli

Georges de La Tour naît en 1593 à Vic-sur-Seille, dans le duché de Lorraine. Il est le fils de Jean de La Tour, boulanger, et de Sybille Molian. Les documents ne permettent pas d’identifier avec certitude son maître ni de prouver un voyage en Italie. En 1617, il épouse Diane Le Nerf, issue d’une famille de la petite noblesse. Le couple s’installe à Lunéville, où Georges de La Tour construit une carrière prospère et dirige un atelier auquel son fils Étienne prendra part.

La Lorraine traverse alors une période terrible. La guerre de Trente Ans apporte occupations militaires, pillages, famines et épidémies. Lunéville est ravagée en 1638 et la famille de La Tour doit probablement quitter temporairement la ville. Malgré ce contexte, le peintre obtient la protection de personnages influents et reçoit en 1639 le titre de peintre ordinaire du roi Louis XIII. Cette reconnaissance montre que son nom dépassait largement les frontières de la Lorraine.

Georges de La Tour meurt à Lunéville en janvier 1652, pendant une épidémie qui frappe aussi plusieurs membres de sa famille. Après sa disparition, sa réputation s’efface rapidement. Ses tableaux sont attribués à d’autres maîtres français, espagnols ou hollandais. Il faut attendre 1915 pour que l’historien de l’art allemand Hermann Voss rapproche plusieurs peintures et rende son identité au peintre. Cette redécouverte transforme Georges de La Tour en l’une des figures majeures de l’art baroque français !

Ne nettoyez jamais une peinture ancienne avant son expertise, même si le vernis semble très brun. Chez Georges de La Tour et les peintres de son entourage, les couches transparentes et les glacis jouent un rôle essentiel dans le passage de la lumière à l’ombre. Un nettoyage trop agressif peut retirer ces couches fragiles et modifier définitivement les visages ou les effets de chandelle.

Photographiez d’abord le tableau à la lumière naturelle, sans flash. Prenez une vue complète de la face, une photographie de chaque angle, plusieurs détails des mains et des visages, puis une image en lumière rasante. Cette dernière permet de repérer les repeints, les soulèvements et les différences de matière. Photographiez également l’ensemble du revers, le châssis, les étiquettes et chaque inscription.

Si le tableau représente une scène nocturne, ajoutez une photographie légèrement surexposée. Elle peut révéler des détails cachés dans les fonds sombres, que la photographie classique ne montre pas. Ce simple cliché fournit parfois à l’expert des informations décisives !

Pour connaître la valeur d’un tableau attribué à Georges de La Tour, son atelier ou l’un de ses suiveurs, Estimon’objet constitue votre partenaire privilégié. Nos experts et commissaires-priseurs vous accompagnent depuis la première estimation jusqu’aux recherches approfondies que peut nécessiter une œuvre exceptionnelle. Votre demande reste gratuite, confidentielle et sans engagement.

En lien avec Georges de La Tour

Estimation d’objet d’art en ligne : comment faire ?

L’expertise en ligne de votre objet se fait facilement, en trois étapes ! C’est gratuit et confidentiel.

Les ventes rendues possibles par Estimonobjet — Tableaux anciens

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École FRANÇAISE vers 1730 Portrait d’un flûtiste dans son cabinet de travail Toile 80 x 64 cm Dans un cadre en chêne sculpté et doré à décor de c

💰 Adjudication :
230 000 €

🔎 Estimation :
20 000 € - 30 000 €

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Pierre-Auguste RENOIR (1841-1919) La maison Blanche Huile sur toile
Monogrammée en bas à droite 16,5 x 25,5 cm Bibliographie :
- Ambroise Vollard,

💰 Adjudication :
160 000 €

🔎 Estimation :
150 000 € - 200 000 €

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Louis Michel VAN LOO (Toulon 1707 – Paris 1771) Carle Van Loo et sa famille Sur sa toile d’origine 115 x 87 cm Provenance : Acquis par échange le 12

💰 Adjudication :
105 000 €

🔎 Estimation :
60 000 € - 80 000 €

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Henri Pierre DANLOUX (Paris 1753 - 1809) Portrait d’Amable Hugues Anne Hyacinthe de Fontanges Sur sa toile d’origine 76 x 64 cm Signé en bas à gau

💰 Adjudication :
100 000 €

🔎 Estimation :
40 000 € - 60 000 €

Estimation gratuite Gaspard Dughet

Gaspard Dughet

Home » artistes » Page 112

Estimation et cote de l'artiste Gaspard Dughet

Gaspard Dughet (1615-1675) est un artiste franco-italien de l’époque baroque. Spécialiste du paysage, il devient un maître de ce genre pictural, aux côtés de  son contemporain Salvator Rosa. Très appréciés par ses contemporains, les tableaux de Gaspard Dughet occupent également une place de choix dans l’histoire de l’art classique. 

Estimation gratuite Gaspard Dughet

Vous souhaitez  expertiser une œuvre de Gaspard Dughet et recevoir son estimation ? Remplissez votre demande via notre formulaire. Faites estimer une œuvre de Gaspard Dughet en quelques clics et recevez une réponse sous quelques jours. C’est gratuit et totalement confidentiel.

Gaspard Dughet, la rencontre essentielle de Nicolas Poussin

Né en 1615 à Rome, Gaspard Dughet grandit dans une famille franco-italienne. Issu d’un père cuisinier français et d’une mère italienne, rien ne prédestine le futur artiste à sa vocation. À la fin des années 1620, la rencontre fortuite de Nicolas Poussin détermine la voie artistique de Gaspard Dughet.

Arrivé à Rome en 1924, Nicolas Poussin, artiste alors méconnu, vit dans des conditions matérielles difficiles. À la fin de la décennie, il en tombe malade et se fait recueillir par la Dughet à sa sortie de l’hôpital. En 1929, il épousera la fille Anna-Maria, puis adoptera les deux fils, Gaspard et Jean. Intéressés par l’art, Jean et Gaspard Dughet reçoivent les leçons de Nicolas Poussin.

Jusqu’en 1635, Gaspard Dughet vit aux côtés d’Anna-Maria et de Nicolas Poussin, qui s’impose rapidement son maître. Si son frère choisit la voie de la gravure, Gaspard Dughet s’en tient à la peinture. Sillonnant la campagne romaine, il se spécialise dans l’art du paysage. Progressivement, il deviendra l’un des artistes les plus brillants de ce genre pictural, aux côtés de Salvator Rosa.

Gaspard Dughet, maître du paysage baroque

Rapidement, Gaspard Dughet se fait un nom auprès des aristocrates et collectionneurs italiens. Il voyage à Pérouse, à Florence ou à Naples afin de répondre aux nombreuses commandes de l’intelligentsia de l’époque. En parallèle, il s’établit entre Rome, Tivoli et Frascati dont les vestiges antiques deviennent une source d’inspiration majeure.

En plein contexte baroque, le style de Gaspard Dughet épouse les caractéristiques de ce mouvement telles que l’accentuation du mouvement et des effets dramatiques des éléments naturels et des scènettes parfois représentées, semblable à son contemporain Rosa. Puis, l’artiste affine son trait peu à peu, adoucit sa palette, et aiguise son observation de la lumière et du détail. Dans ses derniers tableaux, l’artiste frôle ainsi le classicisme plus mesuré de Nicolas Poussin, ou de Claude Lorrain.

Aux côtés de ses tableaux et de ses paysages, Gaspard Dughet reçoit également des commandes pour des décors d’édifices. À Rome, il réalise les fresques des murs de la basilique Saint-Martin pour l’ordre des Carmes en 1646, celles du Palais Doria-Pamphilj en 1650, et celles d’un appartement du Palais Colonna de Rome en 1667. Les trois édifices se retrouvent donc ornés des somptueux paysages de Gaspard Dughet.

Gaspard Dughet, un artiste classique oublié

Artiste prolifique, Gaspard Dughet mène une carrière brillante. Son oeuvre est très appréciée de son vivant, ainsi qu’au cours du XVIIIeme siècle. Les collectionneurs italiens, mais aussi anglais, raffolent des tableaux de paysage baroques du maître italien. On retrouve donc de nombreux tableaux de paysage de Gaspard Dughet dans les musées britanniques.

À l’image des paysagistes classiques tels que Nicolas Poussin ou Claude Lorrain, Gaspard Dughet est par la suite oublié. Régi par l’Académisme, l’art du XIXe siècle promeut la peinture d’Histoire monumentale, et relègue le paysage à un genre mineur. Il faudra attendre l’École de Barbizon, au milieu du siècle, pour voir ressurgir un intérêt nouveau pour la représentation de la nature et le paysage.

Les tableaux de Gaspard Dughet sont aujourd’hui reconnus par les institutions les plus prestigieuses du monde occidentale. Rome, Florence, Paris, Londres, Birmingham, Madrid ou encore Athènes conservent ainsi les paysages de l’artiste entre les murs de leurs musées.

Faire estimer gratuitement une oeuvre de Gaspard Dughet

Sur le marché de l’art, on retrouve certains tableaux, dessins ou estampes de Gaspard Dughet, aux prix variés. Pour une peinture de paysage de petit format et pauvre en scène narrative, les prix débutent entre 800 et 3 000 euros. Ils s’élèvent rapidement entre 10 000 et 40 000 euros pour des paysages représentatifs de Gaspard Dughet, avec des scènes représentées ou encore des ruines. On comptera autour de 60 000 à 70 000 euros pour certains paysages de grand format, voire, exceptionnellement, autour de 140 000 euros.

Les rares dessins de Gaspard Dughet présents sur le marché se trouvent autour des 1 000 euros, tandis que les estampes, des eaux-fortes notamment, sont adjugées entre 200 et 850 euros.

(Illus.) Aminata about to rescue Silvia, 1633, 99 x 136 cm, Huile sur toile, Art Gallery of South Australia

En lien avec Gaspard Dughet

Estimation d’objet d’art en ligne : comment faire ?

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Estimation gratuite Charles Le Brun

Charles Le Brun

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Estimation et cote de l'artiste Charles Le Brun

Charles Le Brun (1619 – 1690) est un artiste illustre de l’Ancien Régime. Peintre de Louis XIV, il met son talent au service du pouvoir royal dans des décors monumentaux, historiques, religieux ou mythologiques, ornant le Palais du Louvre, de Vaux-le-Vicompte ou encore de Versailles.  

Estimation gratuite Charles Le Brun

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Charles Le Brun, un artiste précoce

Né à Paris, Charles Le Brun grandit au sein d’une famille porté sur les arts, et aux relations sociales établies. Dès l’enfance, il manifeste son goût pour la création et produit plusieurs masques et griffons. Rapidement, il maîtrise la technique de la sculpture de glaise et la taille de bois, bien qu’il préfère la peinture et le dessin.  

Dès le début des années 1630, Charles Le Brun intègre alors l’atelier de François Perrier. Dans un contexte esthétique marqué par le maniérisme, Le Brun découvre auprès de son maître la peinture baroque italienne, l’esthétique nouvelle des frères Carrache et les modèles antiques. Il est marqué durablement par ce premier enseignement. 

Entre 1634 et 1642, Charles Le Brun poursuit sa formation dans l’atelier de Simon Vouet. Au cours de ces années, il illustre de nombreux ouvrages et frontispices de thèses, s’essaye à la gravure à l’eau-forte notamment, et compose de petites huiles sur bois. Charles Le Brun visite également Fontainebleau et les collections royales à plusieurs reprises, et est désigné « peintre de sa Majesté » en 1638.

L’année 1641 marque un premier tournant pour la carrière de Charles Le Brun. Le tableau Hercule et les juments de Diomède, commandé par le cardinal Richelieu, éblouit le Roi Louis XIII. Sous la régence d’Anne d’Autriche, Charles Le Brun deviendra le « peintre et valet de chambre » de Louis XIV en 1647.  

Charles Le Brun, les grands décors

Charles Le Brun termine sa formation dans un voyage initiatique à Rome, entrepris de 1642 à 1645, aux côtés de Nicolas Poussin. À son retour de France, le nouveau paradigme esthétique, privilégiant l’art mesuré à la Poussin, lui bénéficie. Il s’installe en tant que peintre à Paris, co-fonde l’Académie royale de peinture et de sculpture, et reçoit de multiples commandes.

Dans les années 1650, Charles Le Brun réalise de nombreux grands décors parisiens. Il orne de ses oeuvres l’hôtel de Nouveau, l’hôtel de Jars, les demeures Hesselin, l’hôtel de la Rivière ou encore la galerie d’Hercule de l’hôtel Lambert. Puis, au service de Nicolas Fouquet, il crée de prestigieux décors pour le Château de Vaux-le-Vicompte ainsi que des cartons de tapisseries à La Manufacture de Maincy. 

En cette décennie, Charles Le Brun reçoit également ses premières commandes royales. Pour le palais du Louvre, où siège la cour, il conçoit le plafond de la Grande Chambre du Conseil, certains décors des appartements du roi et de la reine ainsi que la Galerie d’Apollon. Cette décennie installe peu à peu Charles Le Brun en tant qu’artiste de prédilection de la Royauté.

Charles Le Brun, Premier peintre du roi

En 1660, Charles Le Brun réalise le tableau Les Reines de Perse aux pieds d’Alexandre pour le roi Louis XIV. Ce dernier l’installe dans le Salon de Mars, au Château de Versailles, tandis qu’il promeut l’artiste au statut de Premier peintre du Roi. Dès lors, le Roi Soleil et Charles Le Brun entreprennent une collaboration étroite, mettant les arts au service pouvoir royal. 

Charles Le Brun devient directeur de la nouvelle Manufacture des Gobelins en 1663. L’artiste contrôle ainsi l’ensemble de la production royale de tapisseries et de meubles. Il réalise également les cartons de tapisseries de l’Histoire d’Alexandre pour le Louvre et de l’Histoire du Roi pour Versailles, glorifiant les actions du roi. 

Le Château de Versailles est sans doute le résultat le plus éloquent de cette relation entre Louis XIV et Charles Le Brun. En quelques années, l’artiste conçoit ses plus grands décors, choisit les meilleurs peintres pour en réaliser certains à partir de ses dessins, et dessine la majorité des sculptures du jardin. On lui doit ainsi, par exemple, les décors de l’escalier des Ambassadeurs, de la Galerie des Glaces ainsi que des Salons de la Paix et de la Guerre. 

Faire estimer gratuitement une oeuvre de Charles Le Brun

Illustre peintre de l’Ancien Régime, Charles Le Brun a une place singulière sur le marché de l’art. Majoritairement des décors, ses oeuvres se trouvent toujours dans les lieux historiques auxquels elles étaient destinées. On retrouve toutefois certaines de ses illustrations, gravures, dessins et cartons, ainsi que de rares tableaux et tapisseries sur le marché. 

Pour une peinture de Charles Le Brun, majoritairement des portraits, les prix varient entre 15 000 et 60 000 euros. Pour les très rares peintures d’Histoire, on observe des prix bien supérieurs à partir de 100 000 euros, et jusqu’à 1 200 000 euros pour Le Sacrifice de Polyxène de 1647. Les estimations pour les rares tapisseries présentes oscilleront entre 9 000 et 11 000 euros. 

Les collectionneurs se délectent également des oeuvres de ce dessinateur hors-pair. Les dessins de Charles Le Brun obtiennent des résultats entre 600 et 65 000 euros pour les pierres noires, 5 000 et 75 000 euros pour les sanguines, et pas moins de 70 000 euros pour les pastels. Quant aux estampes, gravure à l’eau forte ou au cuivre, il faudra compter entre 400 et 9 000 euros. 

 

(Illus.) Les reines de Perse aux pieds d’Alexandre, 1660-1661, Huile sur toile, 298 x 453 cm, Musée de l’Histoire de France 

En lien avec Charles Le Brun

Estimation d’objet d’art en ligne : comment faire ?

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Estimation gratuite Nicolas Lancret

Nicolas Lancret

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Estimation et cote de l'artiste Nicolas Lancret

Nicolas Lancret (1690-1743) a su transformer les fêtes mondaines du XVIIIe siècle en tableaux somptueux. Élève de Gillot puis protégé de Watteau, il a parfaitement compris ce que la haute société parisienne voulait : une peinture légère, qui fait oublier la réalité, une sorte d’art de vivre mis en images. Il est devenu le peintre incontournable des salons aristocratiques et du genre rococo. Plus qu’une décoration, un tableau de Lancret est une valeur sûre !

Vous possédez une œuvre de Nicolas Lancret ? Sur Estimon’objet, obtenez une estimation gratuite réalisée par nos experts en art et nos commissaires-priseurs !

Estimation gratuite Nicolas Lancret

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La cote de Nicolas Lancret sur le marché de l’art

La cote des huiles sur toile et sur panneau

Nicolas Lancret est une figure incontournable du XVIIIe siècle français. Comme beaucoup de ses œuvres majeures sont aujourd’hui conservées dans de grandes institutions (comme le Louvre ou la Fondation Bemberg), les pièces authentiques disponibles sur le marché privé sont des occasions rares qui suscitent systématiquement l’intérêt des amateurs !

La valeur d’une peinture à l’huile dépend étroitement de son état de conservation, de sa provenance et de l’authenticité de la main de l’artiste, souvent confirmée par un certificat.

Voici quelques résultats de ventes significatifs :

  • Le Nid d’oiseau (Huile sur panneau) : cette œuvre a été adjugée pour 10 080 £ (soit environ 11 700 € au cours de l’époque) lors d’une vente chez Christie’s en 2022.
    La réunion en plein air (Huile sur toile, 53 x 65 cm) : cette œuvre réalisée en collaboration avec Jean-Baptiste Pater a été adjugée 5 500 € (frais inclus) lors d’une vente récente chez Artcurial en 2026.
    Étude de jeune homme tendant le bras (Sanguine) : pour bien comprendre l’écart avec les huiles, ce dessin préparatoire authentifié a été adjugé 10 400 € lors d’une vacation en 2020 !

La cote des dessins et œuvres sur papier

Le dessin était le terrain d’expression privilégié de Lancret ! Sanguines, pierres noires ou lavis : il utilisait ces outils pour fixer l’attitude d’un personnage ou le drapé d’une robe de soie. Ces feuilles originales sont de vrais témoignages de son génie et les collectionneurs se les arrachent dès qu’elles apparaissent.

Voici des résultats de ventes réels, basés sur des adjudications publiques :

  • Femme assise à l’éventail (Sanguine) : ce dessin autographe a été adjugé 10 400 € (frais inclus) lors d’une vente chez Artcurial en 2020.
    Étude de personnages (Pierre noire) : une feuille qui témoigne de la recherche de mouvement typique de l’artiste, adjugée 2 500 € lors d’une vente en 2016.

La cote des estampes et gravures d'époque

Au XVIIIe siècle, Lancret était une immense star grâce à la gravure ! Ses œuvres, reproduites par les meilleurs graveurs du temps, circulaient partout en Europe. Aujourd’hui, leur valeur dépend de l’état et de la rareté de la feuille.

Voici des résultats de ventes réels constatés en salle des ventes :

  • « La Diseuse de bonne aventure » (Gravure d’époque) : cette estampe a été adjugée 520 € lors d’une vente spécialisée en 2023.
    « Le Thé » (Gravure d’époque) : une épreuve à l’impression fine et bien conservée a été vendue 780 € lors d’une vacation à Drouot en 2024.
    Suite de quatre gravures des « Saisons » : cet ensemble complet d’époque a été adjugé 1 150 € (prix marteau) lors d’une vente en 2025.
    « Le petit maître » (Épreuve rare) : ce tirage historique a été cédé à 950 € pendant une vente récente en 2026.

Comment reconnaître une œuvre de Nicolas Lancret ?

Pour savoir si vous avez un vrai Lancret, regardez si les personnages ont l’air vivants. Chez lui, personne ne pose comme sur une photo officielle ! Ses personnages sont toujours en plein mouvement : un sourire qui démarre, un pas de danse, une main qui bouge… Si le tableau vous donne l’impression d’être figé ou trop raide, c’est sûrement une copie.

Regardez aussi ses mains et ses pieds, c’est là qu’il se trahit souvent : il ne fait pas de détails parfaits, il les peignait un peu courts et surtout très vite, avec un coup de pinceau très vif et rapide. C’est ce côté un peu « brut » mais plein d’énergie dans les extrémités qui permet souvent de faire la différence avec les imitations qui, elles, essaient de trop bien faire et finissent par paraître lourdes.

Reconnaître la signature de Nicolas Lancret

La signature de Lancret n’a rien de très officiel : elle change souvent selon ses humeurs ou le format du tableau. En général, il la plaçait de façon assez discrète, souvent dans un coin sombre ou une ombre du décor pour ne pas gâcher son travail. Il l‘écrivait avec la pointe fine de son pinceau sans chercher à faire quelque chose de trop rigide ou de trop appliqué !

Par contre, ne tombez pas dans le piège : ce n’est pas parce qu’il y a un nom écrit dans un coin que c’est un vrai Lancret. À l’époque, ses élèves et même d’autres peintres copiaient son style et imitaient sa façon de signer pour rendre leurs propres tableaux plus faciles à vendre. Une signature, c’est facile à rajouter, même longtemps après !

Chez Estimon’objet, on ne regarde pas juste si le nom est bien écrit : on vérifie si la signature est bien « en dessous » du vernis ou si elle a été rajoutée par-dessus des années plus tard. C’est ce qui permet de faire la différence entre une signature d’origine et une fausse piste.

Tableau de Nicolas Lancret : ce que regardent nos experts

Quand Pierre-François Dayot (notre expert en art classique chez Estimon’objet !) reçoit des photos d’un tableau, la première chose qu’il regarde, c’est la lumière. Chez Lancret, elle ne doit pas être lourde ou écrasante : elle doit caresser les tissus, surtout la soie et le satin, en leur donnant un côté brillant et vivant. Si la peinture a l’air un peu terne, si les visages manquent de vie ou si les ombres paraissent « sales » ou artificielles, Pierre-François se méfie tout de suite. Le travail de Lancret doit toujours rester léger, comme s’il avait peint ses scènes en un seul jet.

À travers ses analyses photo, il observe aussi la texture et la préparation de la toile. Même à distance, les détails de la matière permettent de repérer des incohérences avec les recettes de l’époque. Si le fond semble trop lisse, trop moderne, ou si la façon dont la peinture a craquelé ne correspond pas à ce qu’on trouve sur les œuvres du XVIIIe siècle, c’est un signal d’alerte. C’est tout ce travail de détective sur les détails techniques, bien plus fiable qu’une simple signature, qui permet à Pierre-François de déterminer si l’on est face à la main du maître ou à une copie d’époque. Chez Estimon’objet, il ne laisse passer aucun détail, même sur écran !

Nicolas Lancret, le peintre d’un XVIIIe siècle en fête

Nicolas Lancret voit le jour en 1690 à Paris, bien loin des privilèges de la haute aristocratie. Fils d’un modeste épicier, rien ne le prédestine à fréquenter le monde des arts ! Pourtant, très jeune, il abandonne tout pour rejoindre l’atelier de Claude Gillot. Sa rencontre avec Antoine Watteau est un véritable tournant : il comprend qu’il peut faire de sa vie une aventure à part entière. Il décide alors de tourner le dos aux chemins tout tracés pour se consacrer à la peinture de la vraie vie, celle des jardins, du théâtre et des gens qui s’amusent !

C’est un homme qui a toujours fait le choix de la liberté plutôt que celui de la carrière facile. Alors que tant d’autres couraient après les titres à la cour, Lancret, lui, préfère la compagnie des musiciens et des comédiens parisiens. Il s’installe à son compte et bâtit son existence au rythme de ses propres envies, et refuse d’être enfermé dans des cases ou des obligations royales. Il était, dit-on, un travailleur acharné et un esprit indépendant, qui préférait la tranquillité de son atelier aux mondanités bruyantes qu’il observait si bien. Pour lui, être libre, c’était d’abord pouvoir choisir ce qu’il peignait chaque jour.

Jusqu’à sa mort en 1743, Lancret est resté fidèle à cet engagement de simplicité et de droiture. C’était un homme entier, profondément attaché à sa ville et à ses amis, qui a mené une existence sans détour. Il nous laisse l’image d’un artiste qui a su transformer son quotidien en une œuvre vibrante, tout en restant un homme discret qui a réussi le pari fou de vivre comme il l’entendait jusqu’au dernier souffle !

(Illus.) Nicolas Lancret, La Bergère endormie, 1730, huile sur toile, 71 × 84,5 cm, Musée national de l’Art occidental, Japon.

Pour savoir si vous avez un vrai Lancret sous les yeux, ne cherchez pas la perfection, cherchez l’hésitation ! Un artiste, quand il crée, change parfois d’avis en cours de route : il décale une main, ajuste le mouvement d’un tissu ou modifie l’inclinaison d’un visage.

Mon conseil : regardez de très près les détails ou utilisez une lampe pour éclairer la toile de biais. Si vous voyez ces petites corrections (ce qu’on appelle des « repentirs »), c’est une excellente nouvelle ! Une copie est toujours trop propre, trop figée. La main de Lancret, elle, était vivante : là où il y a un petit ajustement, il y a la preuve que c’est bien l’artiste qui a cherché, réfléchi et peint en direct.

En lien avec Nicolas Lancret

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Estimation gratuite Jean-Siméon Chardin

Jean-Siméon Chardin

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Estimation et cote de l'artiste Jean-Siméon Chardin

Jean-Siméon Chardin (1699-1779) est un grand peintre français du XVIIIe siècle. Sa production a été particulièrement riche en natures mortes mais aussi en scènes de genre et en pastels à la fin de sa carrière.

Estimation gratuite Jean-Siméon Chardin

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Les instants figés de Jean-Siméon Chardin

Jean-Siméon Chardin a été l’élève du peintre d’histoire Pierre-Jacques Cazes. En 1724, il entre à 25 ans à l’Académie de Saint-Luc. En 1728, il réalise deux morceaux de réception. Ce sont des œuvres d’art dont la réalisation est imposée pour les artistes qui veulent devenir membres d’une académie des beaux-arts. Ces deux toiles, La Raie et Le Buffet, sont des natures mortes. Celles-ci sont remarquées à l’occasion de l’Exposition de la Jeunesse de 1728 par des membres de l’Académie royale. Jean-Siméon Chardin entre ainsi à l’Académie, dans cette catégorie dite « dans le talent des animaux et des fruits ». Vers 1733, Jean-Siméon Chardin se diversifie et peint également des scènes de genre. Dans ce registre, deux chefs-d’œuvre émergent : Une femme occupée à cacheter une lettre et Une femme tirant de l’eau à la fontaine. Jean-Siméon Chardin peint lentement, il repasse sur son travail encore et encore jusqu’à satisfaction. Son rendu de l’immobilité est d’ailleurs meilleur que celui du mouvement. Cet immobilisme et ce calme sont particulièrement bien révélés dans deux tableaux : La Fillette au volant et son pendant, le Garçon au château de cartes. On perçoit l’influence de maîtres des scènes de genre tel que le peintre flamand Johannes Vermeer. Toute la beauté qui en émane est indissociable du naturel de la scène. Dans le cas de la fillette, celle-ci ne regarde pas le peintre, ni ne minaude. Elle reste concentrée sur son jeu ou perdue dans ses rêveries d’enfant. On ressent aussi le regard du peintre sur son modèle et l’obéissance à ne point bouger pendant la pose. Il en va de même pour le sage garçon, très concentré sur son jeu d’adresse et de patience.

Jean-Siméon Chardin et la reconnaissance

Vers 1748, Jean-Siméon Chardin se consacre à nouveau à la nature morte. Mais à présent, il s’intéresse davantage aux volumes de ses compositions et aux jeux de lumière, aux reflets, aux transparences, au fondu, etc. Dans cette période, il peint notamment Le Bocal d’olives dont Diderot en fait l’éloge puisqu’il le désigne comme modèle à copier pour devenir peintre. À ce propos, il écrit : « Ô Chardin ! Ce n’est pas du blanc, du rouge, du noir que tu broies sur ta palette : c’est la substance même des objets, c’est l’air et la lumière que tu prends à la pointe de ton pinceau que tu attaches sur la toile. » (Salon de 1763).

En 1755, Jean-Siméon Chardin est nommé Trésorier de l’Académie. En 1757, Louis XV lui accorde un logement dans les Galeries du Louvre.

Dans la dernière décennie de sa vie, Jean-Siméon Chardin est malade et délaisse ses natures mortes. Il se consacre maintenant au pastel. Par cette technique, il peint surtout des portraits et autoportraits. Il a la particularité de juxtaposer les couleurs plutôt que de les mélanger. De près, l’œuvre a l’aspect d’une mosaïque ou d’une tapisserie. En prenant un peu de recul, c’est alors que la magie opère et que la représentation devient nette. C’est une sorte d’illusion d’optique qui attire de nombreux collectionneurs. Jean-Siméon Chardin connaît le succès de son vivant.

Jean-Siméon Chardin et sa vision du XVIIIe siècle bourgeois

Jean-Siméon Chardin et Antoine Watteau sont contemporains. Ils illustrent chacun la société bourgeoise du XVIIIe siècle. Mais ils en donnent deux visions aux antipodes. D’un côté, le portrait d’une coquette marquise en plein air, de l’autre, celui de l’humble bourgeoise en son foyer. Jean-Siméon Chardin choisit de révéler des intérieurs calmes, avec les regards de ses personnages comme perdus dans leurs pensées. Il donne ainsi « le sentiment d’une durée indéfinie, nous montrant des personnages à la fois engagés dans une action et détachés d’elle », comme l’écrit René Demoris en 1969, dans son article « La Nature morte chez Chardin » (Revue d’esthétique n° 4). Antoine Watteau comme Jean-Siméon Chardin ont l’art de peindre la légèreté. Mais le premier la peint au sens d’une scène frivole alors que le second capte la contemplation humaine. Les scènes galantes sont souvent associées à une forme de mélancolie. Finalement, il y a peut-être moins de gravité chez Jean-Siméon Chardin. Il a cette capacité à rendre ses natures mortes vivantes. L’artiste disparaît le 6 décembre 1779, à 80 ans. Le 22 avril 2022, sa nature morte Le Panier de fraises des bois est classé trésor national par l’État français.

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Les œuvres de Jean-Siméon Chardin présentent sur le maché de l’art sont essentiellement des estampes et des gravures estimées à quelques centaines d’euros ; des dessins et des aquarelles à plusieurs dizaines de milliers d’euros ; et bien sûr des peintures à plus forte valeur, allant de plusieurs centaines de milliers d’euros jusqu’à plusieurs millions d’euros. La vente aux enchères récente du Panier de fraises des bois a atteint un record avec une adjudication à plus de 20 millions d’euros.


Le 23 mars 2022, une huile sur toile, Le Panier de fraises des bois, de 38 × 46 cm, avec signature, s’est vendue à 20.500.000 €, à Paris.

Le 22 novembre 2021, une huile sur toile, La Fontaine, de 50 × 43 cm, avec signature, s’est vendue à 6.000.000 €, à Paris.

Le 22 avril 2021, une huile sur toile, Un colvert et une orange amère, de 80 × 65 cm, avec signature, s’est vendue à 1.748.764 €, aux États-Unis.

Le 25 janvier 2023, une huile sur panneau, Le Petit dessinateur, de 19 × 16,5 cm, s’est vendue à 917.402€, aux États-Unis.

Le 9 novembre 2022, une huile sur toile, Marmite de cuivre, choux-fleurs et egrugeoir avec son pilon sur un entablement, de 33 × 40,5 cm, avec signature, s’est vendue à 570.000 €, à Paris.

Le 15 décembre 2020, une huile sur toile, Un lapin mort et un cartable, de 72,2 × 55,6 cm, s’est vendue à 906.002 €, à Londres.

(Illus.) Chardin, Autoportrait, 1771, pastel, 46 × 38 cm, Musée du Louvre, Paris.

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Jean-Honoré Fragonard

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Estimation et cote de l'artiste Jean-Honoré Fragonard

Jean-Honoré Fragonard (1732-1806) est un illustre peintre. Il est l’un des principaux représentants du style rococo français.

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Fragonard et l’imitation des grands maîtres

Après avoir travaillé un temps auprès de Jean-Siméon Chardin, Jean-Honoré Fragonard entre comme apprenti dans l’atelier de François Boucher. Il n’a que 14 ans et il s’exerce à copier les peintres de renom tout en affirmant son propre talent. Jean-Siméon Chardin et François Boucher font partie des plus grands représentants de la peinture française du XVIIIe siècle. Jean-Honoré Fragonard devient à son tour emblématique de cette peinture rococo.

François Boucher le présente au grand prix de peinture de l’Académie royale. Il remporte ce prix en 1752 avec son œuvre Jérusalem sacrifiant aux idoles.

Ensuite, il entre à l’École royale des élèves protégés dirigée par Carle van Loo. Il y étudie pendant trois années. Puis, il commence son Grand Tour. Il voyage notamment à travers l’Italie dans les villes de Florence, Bologne et Venise.

En 1756, il part pour l’Académie de France à Rome avec le peintre Hubert Robert et l’architecte Victor Louis. Il y réside jusqu’en 1761. Là-bas, il se nourrit notamment des influences de Giovanni Battista Tiepolo et du style baroque de Pierre de Cortone. Jean-Honoré Fragonard s’inspire également des peintres flamands (Jacob van Ruisdael, Meindert Hobbema, etc). On le voit en particulier dans ses paysages et ses forêts pour lesquels on ressent aussi l’influence d’Antoine Watteau. Jean-Claude Richard de Saint-Non est alors son protecteur et principal commanditaire.

Fragonard et les scènes galantes

À son retour en France, Jean-Honoré Fragonard obtient la prestigieuse mission de décorer la galerie d’Apollon au palais du Louvre. Il y installe son atelier où il réside désormais.

En 1765, la manufacture des Gobelins lui passe commande et il réalise Corésus et Callirhoé qui connaît un franc succès au Salon. Avec cette œuvre, il entre à l’Académie. Vers 1765-1775, il s’attèle à l’illustration des Contes et Nouvelles en vers de Jean de La Fontaine. Les contes sont en effet très à la mode à cette période et les artistes y puisent leurs sujets. Beaucoup sont remaniés en scène galante pour scier à l’iconologie libertine en vigueur. Jean-Honoré Fragonard délaisse d’ailleurs ensuite le genre classique pour se tourner vers ces scènes de genre érotiques. C’est alors qu’il rencontre son plus grand succès, notamment à la Cour de Louis XV.

Jean-Honoré Fragonard devient le peintre tendance auprès d’une aristocratie commanditaire.

Entre 1767 et 1769, il peint une scène galante intitulée Les Hasards heureux de l’escarpolette. Il s’agit de la commande du receveur général des biens du clergé, M. de Saint-Julien. Ce dernier précisait au peintre sa demande : « Je désirerais que vous peignissiez Madame sur une escarpolette qu’un évêque mettrait en branle. Vous me placerez de façon, moi, que je sois à portée de voir les jambes de cette belle enfant et mieux même, si vous voulez égayer votre tableau. » Cette légèreté est celle de l’esprit de la société bourgeoise du XVIIIe siècle en France. Néanmoins, la portée d’une telle scène va au-delà chez Jean-Honoré Fragonard. On peut lire dans ses œuvres une forme d’inquiétude, peut-être le rappel du temps qui passe. Il s’agit aussi de l’expression de l’inexorable fin en toute chose et spécialement de la jeunesse des protagonistes qu’il peint. C’est la représentation simultanée du moment festif et de sa nostalgie, de sa fin approchante.

Fragonard emblématique d’une fin de siècle

Durant les années 1773-1774, Jean-Honoré Fragonard voyage en Flandre, en Italie, en Europe. Il passe par Vienne, Prague, Dresde, Francfort ou encore Strasbourg. C’est à la suite de ce périple qu’il produit son chef-d’œuvre : Le Verrou. Le tableau a été commandité par Louis-Gabriel de Véri-Raionard et exécuté entre 1774 et 1779. On peut y voir une scène d’amour passionnel ou imposé. Les interprétations divergent. Cette toile est une véritable référence de la peinture du XVIIIe siècle. Elle est également un symbole de l’esprit libertin de l’époque. C’est dans cette mentalité, tout juste quelques années après, que les Liaisons dangereuses de Laclos sont éditées en 1782.

Jean-Honoré Fragonard s’est illustré dans divers registres : paysages, scènes religieuses, mythologie, etc. Mais il est avant tout célèbre pour cette peinture dite de la frivolité. C’est une peinture vivante, en mouvement, le tracé est rapide. Les gestes sont à la fois expressifs et emprunts de grâce.

En 1793, Jean-Honoré Fragonard devient membre de la Commune des Arts. Puis, il est nommé comme l’un des conservateurs du musée du Louvre. Sa peinture imprègne fortement la fin de ce siècle qui lui demeure associée.

Toutefois, la grande popularité de ces scènes de genre et notamment érotiques ne perdure pas. En 1805, un décret impérial stipule la réorganisation du Louvre en musée Napoléon. Tous les artistes résidents sont alors expulsés. Sous l’Empire, c’est le style néo-classique qui s’impose. La rigueur, comme sait la représenter un peintre comme Jacques-Louis David, est alors de mise. Jean-Honoré Fragonard perd donc ses commandes et sa fortune. Il meurt seulement un an plus tard, en 1806.

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Les œuvres de Jean-Honoré Fragonard sont très prisées sur les ventes aux enchères. Ses peintures et dessins se vendent à plusieurs dizaines de milliers d’euros, souvent plusieurs centaines de milliers d’euros et plus d’une fois, le million d’euros a été dépassé. En 2021, l’huile sur toile Un philosophe lisant a atteint un record de vente à plus de 6 millions d’euros. Il s’agit d’une œuvre qui était tombée dans l’oubli pendant près de deux siècles et qui a été redécouverte lors d’une succession. Le 25 janvier 2023, un pastel sur papier, Un enfant sous les traits de Cupidon, de 55 × 45 cm, s’est vendu à 77.979 €, aux États-Unis. Le 9 novembre 2022, une huile sur toile, Intérieur d’étable, de 54 × 65 cm, s’est vendue à 380.000 €, à Paris. Le 20 octobre 2022, un dessin à la sanguine sur papier, Le Verrou, de 24 × 36,5 cm, avec inscription « Fragonard », s’est vendu à 510.024 €, aux États-Unis. Le 6 juillet 2022, une huile sur toile, La Fontaine de l’amour, de 47 × 37,5 cm, s’est vendue à 664.920 €, à Londres. Le 26 juin 2021, une huile sur toile, Un philosophe lisant, de 59 × 70 cm, s’est vendue à 6.300.000 €, à Epernay. Le 4 juillet 2019, une huile sur toile, Dans les blés, de 33 × 45,7 cm, s’est vendue à 1.672.689 €, à Londres.

(Illus.) Jean-Honoré Fragonard, Le Verrou, huile sur toile, 73,5 × 93,5 cm, vers 1774-1779, Musée du Louvre, Paris.

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