Estimation gratuite Charles Parrocel

Charles Parrocel

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Estimation et cote de l'artiste Charles Parrocel

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Estimation gratuite Charles Parrocel

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Charles Parrocel, peintre des cavaliers 

Charles Parrocel (1688-1752) est un peintre et dessinateur français. Il fait partie d’une vaste et célèbre famille de peintres, parmi lesquels on peut citer son grand-père Barthélémy, son oncle Louis, son père Joseph, apprécié de Louis XIV, dont il illustra les campagnes et pour qui il effectua des décorations à Versailles, et son cousin Pierre, spécialisé dans la veine religieuse. À l’instar de Joseph, Charles s’est attiré le surnom de « peintre des batailles », car il joua auprès de Louis XV le même rôle que son géniteur auprès du Roi-Soleil. 

Si les sujets traités par les deux artistes se ressemblent, les œuvres de Charles, d’une touche plus rapide, plus colorée, d’une plus grande légèreté et d’un climat moins sombre, témoignent de l’évolution du goût depuis celles produites par son père.  

Débuts et formation de Charles Parrocel

On prête à Charles Parrocel une vie aventureuse, même si le fait qu’il se soit engagé dès ses dix-sept ans dans la cavalerie est aujourd’hui mis en doute. Dégagé de ses obligations militaires, formé à la peinture auprès de son père puis de Bon Boullogne, il parcourt l’Italie à partir de 1712, poussant jusqu’à Malte. 

Son Moïse sauvé des eaux – thème déjà illustré par son oncle Louis Parrocel – lui vaut d’être reçu pensionnaire à l’Académie de France à Rome. Il rentre en 1721 à Paris, où son Combat de cavalerie et d’infanterie lui ouvre les portes de l’Académie royale de peinture et de sculpture. 

Sa familiarité avec l’univers équestre sera en outre confirmée par les illustrations qu’il conçoit pour l’ouvrage de François Robichon de la Guérinière, L’école de cavalerie, contenant la connaissance, l’instruction et la conservation du cheval (1733). Ses dessins donnent lieu à une série de gravures qui seront fréquemment reproduites à des fins de documentation.

Charles Parrocel remarqué par le roi

Par ailleurs, Charles Parrocel réalise une vaste toile qui va asseoir sa réputation : Mehemet Effendi, ambassadeur turc, arrive aux Tuileries, 21 mars 1721 (1723). Comme la toile est destinée à être reproduite sur une tapisserie des Gobelins, Parrocel en réalise un carton, complété de son pendant (La Sortie de l’ambassadeur). En 1739, l’ouvrage rejoint la collection personnelle de Louis XV – il est aujourd’hui exposé au Musée de Versailles. 

 

Charles Parrocel se fait remarquer dans les Salons avant de jouir d’une reconnaissance officielle, notamment au sein de l’Académie royale, dont il est nommé conseiller en 1735, en remplacement de Joseph Vivien, puis adjoint-professeur en 1744 et professeur en 1746. Logé à l’Hôtel des Gobelins, il produit de nombreux cartons de tapisseries, commandés aussi bien par la Ville de Paris que par le pouvoir royal. À la mort de Hyacinte Rigaud, en 1743, Louis XV accorde à Charles Parrocel une pension (moitié moindre que celle de son illustre prédécesseur). 

Adoubé comme «  peintre ordinaire des conquêtes du roi » Charles Parrocel suit le Bien-Aimé dans ses campagnes. Il commémore notamment la célèbre bataille de Fontenoy (au cours de laquelle aurait été prononcée la réplique popularisée par Voltaire : « Messieurs les Anglais, tirez les premiers »), à travers un portrait du monarque (Louis XV à la bataille de Fontenoy, 1745) et divers tableaux de plus grande ampleur, pas tous achevés, dont l’un sera reproduit en bas-relief par Claude Nicolas Francin et un autre réalisé par son élève Pierre Lenfant. 

Les dernières années de Charles Parrocel

Des attaques de paralysie empêchent Charles Parrocel de terminer les vastes projets destinés au château de Choisy (La bataille de Lawfelt, 1747), pour lesquels il ne peut livrer que des esquisses préparatoires.

Doué d’une grande facilité d’exécution, d’un style souple et aéré, Charles Parrocel a finalement réalisé peu de tableaux. En revanche, il laisse un grand nombre de dessins (Marche pour la publication de la paix, 1752, légué à la Ville de Paris), de cartons et de grisailles, qui donnèrent lieu à de multiples reproductions ou réalisations postérieures (Portrait équestre de Louis XV, gravé par Jean-Georges Wille, 1747). Il eut pour élèves Pierre Lenfant et Philibert-Benoît de La Rue. 

Combien coûte une œuvre de Charles Parrocel ?

Les études de Charles Parrocel (à la sanguine, au crayon, à la pierre noire, à l’encre) ont été produites et redécouvertes en nombre : leur prix reste donc modeste – entre 300€ et 1000€. Certaines pièces particulièrement travaillées et mariant diverses techniques partent à des sommes plus conséquentes : 4600€ pour L’Engagement de cavalerie, mêlant encre et crayons. 

Les divers portraits de Louis XV à cheval esquissés par le peintre ont souvent été achevés et déclinés par son atelier ou ses élèves : on les trouve sur le marché aux environs de 5000€.

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Estimation gratuite Antoine Ranc

Antoine Ranc

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Estimation et cote de l'artiste Antoine Ranc

Faites connaissance avec le peintre Antoine Ranc et ses plus belles réalisations. Besoin d’une expertise ? Contactez l’équipe d’Estimon’objet !
Antoine Ranc (1634-1716) est un peintre français, spécialisé dans les sujets religieux.

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La formation d’Antoine Ranc

La date de naissance d’Antoine Ranc n’est pas certaine : il voit sans doute le jour en 1634 à Montpellier, ville qui vient d’être reconquise sur les protestants par le pouvoir royal et va être l’objet d’une intense reconstruction – dont témoigne aujourd’hui le centre historique. Antoine Ranc devient l’élève du flamand Jean Zueil, surnommé « le Français », par l’intermédiaire duquel la cité languedocienne s’ouvre à l’école hollandaise. À cette influence nordique, Antoine Ranc va joindre une influence italienne plus attendue, en entreprenant le désormais traditionnel voyage de formation à Rome en 1654.  On ne sait s’il y rencontra Nicolas Poussin (qui y résidait alors faute de retrouver le succès en France), mais Ranc semble avoir été familier de l’art du grand maître.

Premiers chantiers montpelliérains

De retour à Montpellier, Antoine Ranc reçoit sa première commande d’importance en 1667 : il s’agit d’un vaste tableau représentant le Christ Sauveur du monde, la Vierge et différents saints destinés au maître-autel de Notre-Dame-des-Tables.  En 1671, le jeune Hyacinthe Rigaud, qui deviendra l’un des plus célèbres portraitistes de la cour, reçoit son enseignement : Ranc lui fait alors découvrir les peintres flamands, particulièrement les tableaux d’Antoine Van Dyck qu’il possède.  Le premier fils d’Antoine Ranc, Jean, qui deviendra aussi peintre (sous le nom de « Ranc le Jeune ») naît en 1684. Antoine Ranc participe à divers chantiers confiés par les églises de Montpellier au peintre Jean de Troy, qui, en 1679, est nommé premier directeur de l’École de peinture (ou Académie des Arts) nouvellement créée.  En 1691, au décès de Jean de Troy, c’est Antoine Ranc qui est amené à achever une partie de la décoration de la cathédrale commandée à son prédécesseur, un diptyque de deux immenses tableaux inspirés de Poussin (Jésus remettant les clefs à Saint Pierre est entièrement de sa main).

Antoine Ranc décorateur des églises de Montpellier

En 1697, Charles-Joachim Colbert de Croissy (futur codirecteur de l’Académie des Sciences et Lettres de Montpellier) est nommé évêque de la cité languedocienne, et se tourne vers Antoine Ranc pour la décoration de ses principaux lieux de culte : église Saint-Mathieu (L’Apparition de l’Ange à saint Joseph, 1699 ; Christ en croix, 1701)  église paroissiale de la Présentation-du-Seigneur (Saint Augustin ; Saint Jacques, 1698), etc. 

Parallèlement, admis en tant que membre (laïc) de la Confrérie des Pénitents blancs de Montpellier en 1698, Antoine Ranc réalise pour la chapelle de cette confrérie huit médaillons en grisaille et deux dessus de porte. 

 

Antoine Ranc décède peu après Louis XIV, en 1716, à plus de quatre-vingt ans ; il est inhumé en l’église Saint-Mathieu, qu’il a contribué à décorer.

La côte des œuvres d’Antoine Ranc ?

Les oeuvres d’Antoine Ranc n’encombrent pas le marché et sont difficiles à distinguer de celles de son atelier ou de ses disciples. D’autre part, la plupart de ses peintures sacrées restent la propriété des institutions pour lesquelles elles ont été conçues. Le prix des rares toiles vendues sous son nom ces dix dernières années oscillaient entre 500€ et 3000€.
(Illus.) Albert Gleizes, Portrait de Florent Schmitt (Le Pianiste), 1914-1915, pastel, reproduction photographique en noir et blanc.

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Estimation gratuite Les artisans de Marolles

Artisanat de Marolles, Jean Touret Claude Lézé

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Estimation et cote des artistes Jean Touret, Claude Lézé (artisans de Marolles)

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Estimation gratuite Les artisans de Marolles

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La création du groupe des Artisans de Marolles en 1950 par Jean Touret

En 1947, Jean Touret, jeune peintre qui a découvert durant sa captivité en Allemagne le travail du bois, s’installe à Marolles, un petit village de la Beauce où il compte installer son atelier de peinture dans les communs du château de Pezay. 

Accolé au tabac où Jean Touret va chercher de quoi alimenter la pipe qu’il fume quotidiennement, un atelier de menuiserie où tous les villageois se réunissent frappe sa curiosité. Il reconnaît dans leur simplicité celle des vieux bûcherons qu’il a connus en Allemagne. Parmi eux, un menuisier, le mari de la tenancière du tabac, Emile Leroy, son père, Maurice Leroy, lui aussi menuisier, un ferronnier, Henri Vion, et un vannier, Edmond le Flohic qui transmettent à Touret le goût du travail artisanal. 

En 1950, Touret décide de fonder avec ses amis artisans les Ateliers de Marolles. Un céramiste parisien, fraîchement installé dans le village, Manuel Gold, se joint à eux. Ils dédieront leur association, sous la férule de Jean Touret, à la réalisation artisanale d’un design rustique, loin de l’industrialisation galopante des années 50 ; Jean Touret dirige les créations des artisans vers un style épuré, rustique et élégant, qui touche tous les arts, travaillant la céramique, le cuir, et mêlant le bois et le métal pour les meubles.

Les Artisans de Marolles sous la direction de Jean Touret : 1950-1964

Le design de mobilier des Artisans de Marolles, est élaboré par Jean Touret qui dessine les modèles de tables, de bureaux, de lampes ou de buffets que les artisans réalisent. L’esthétique des ateliers de Marolles choisie par Jean Touret se rapproche du design avant-gardiste des fonctionnalistes, tels Le Corbusier ou Charlotte Perriand, et s’éloigne de la préciosité recherchée de l’Art Déco, de ses bois de prix et de son caractère savant. 

En 1958, les ateliers de Marolles de Touret exposent leurs créations dans le Château de Blois. Le succès du mobilier créé à Marolles excède les espoirs de Touret, et la production est même vendue au Printemps à Paris. 

 

En 1959, les ateliers de Marolles s’agrandissent et deviennent Les Artisans de Marolles et du Loir-et-Cher. Jean Touret a donc réussi à établir et pérenniser ce système de communauté autour du travail rustique, à la façon des compagnons du Moyen-âge. Le succès commercial des Artisans de Marolles explique cet agrandissement. Un menuisier de Montils, M. Lerin, un vannier du même village, M. Masnières, un ferronnier de Saint-Georges sur Cher, M. Dewaele, ainsi que deux ferronniers de Chitenay, M. Courtin et son fils, intègrent le groupe pour répondre à la demande. 

En 1961 a lieu la première exposition permanente d’été à Marolles.

1964 : départ de Jean Touret, arrivée de Claude Lézé : fondation de L’Artisanat de Marolles

En 1964, Jean Touret quitte la direction artistique des Artisans de Marolles et du Loir-et-Cher, désirant se consacrer tout entier à la création de mobilier liturgique et à la sculpture, sa grande passion. Les artisans du noyau initial des Artisans de Marolles décident de rompre avec le groupe élargi, et reprennent leur autonomie afin de créer le groupe « Artisanat de Marolles » auquel se joindra Claude Lézé, menuisier venu de Blois. Le style de l’artisanat de Marolles se détache quelque peu du style rustique épuré imposé par Jean Touret dans les années 1950, sans toutefois rompre avec l’idéal simple et raffiné que le créateur du groupe avait esquissée. Le style rationaliste des designers français et étrangers des années 50 semble influencer en particulier Claude Lézé dans sa création de tables et de chaises en bois, où le travail rustique s’éloigne au profit de la sobriété affirmée des lignes. 

L’estimation des oeuvres de Jean Touret et des Artisans de Marolles

Le style simple et raffiné de Jean Touret a été redécouvert et réévalué ces dix dernières années. Son record en ventes aux enchères, un bureau de 1955 vendu à Paris en 2021 pour la somme de 19 000 euros hors frais. Une oeuvre sculptée de 6 panneaux de bois (78 x 82 cm) s’est vendue en 2017 pour 3 500 euros hors frais à Orléans. Les bancs et banquettes en bois brut créées avec son fils Sébastien s’estiment entre 500 et 2500 euros. 

 

Concernant le groupe au sens large des Artisans de Marolles et de Loir-et-Cher, des records récents montrent que l’engouement des collectionneurs est bien réel pour le mobilier sobre à l’estampille en forme d’éléphant : à Blois, en 2017, une enfilade a remporté la somme de 32 400 euros. En mai 2022 toujours à Blois, un banc estampillé Claude Lézé s’est vendu pour 13 440 euros. En novembre de la même année, en ligne, une table de Claude Lézé a été acquise pour pour 22 000 euros, et une paire de chaises en chêne et rotin pour 5 500 euros (prix signalés hors frais) signant un nouveau record pour l’Artisanat de Marolles et son menuisier d’après 1964, Claude Lézé.

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Estimation gratuite Jacques et Dani Ruelland

Jacques et Dani Ruelland

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Estimation et cote des artistes Jacques et Dani Ruelland

Jacques (1926-2008) et Dani (1933-2010) Ruelland forment l’un des couples les plus emblématiques de la céramique française du XXᵉ siècle. Leurs œuvres, alliant formes épurées et couleurs vibrantes, incarnent une vision artistique novatrice qui a marqué les années 1950 et 1960. Leur travail commun a contribué à élever la céramique au rang d’art décoratif majeur, apprécié tant des collectionneurs que des amateurs d’art contemporain.

Estimation gratuite Jacques et Dani Ruelland

Prix des œuvres de Jacques et Dani Ruelland

  • Céramique (vases, lampes, sculptures) - entre 500 € et 150 000 €

  • Ensembles complets ou pièces rares - jusqu’à 200 000 €

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Les premiers pas de Jacques Ruelland et Dani Ruelland : l’initiation en couple à la céramique

Jacques Ruelland est né en 1926, et Danielle Dupin (dite Dani Ruelland), sa future femme, est née six ans plus tard, en 1933 dans une famille bourgeoise. Jacques et Dani Ruelland sont tous deux versaillais. Ils se rencontrent dans le cadre de l’école des Beaux-Arts dans les années 1940, grâce à un ami commun. Jacques Ruelland étudie la peinture, quai Malaquais, et Dani Ruelland la sculpture, dans un atelier de la rue de Seine, mais c’est un autre domaine qui les inspire : ensemble, ils s’initient à la céramique, pour faire couple à la ville comme à l’atelier ; il créera les décors, et elle les formes, chacun restant dans son domaine de formation. Les Ruelland partent en 1950 visiter les ateliers de Vallauris, où officient alors Pablo Picasso, Roger Capron, Suzanne et Georges Ramié dans leur atelier Madoura, et dans lequel des artistes phares comme Chagall ou Matisse viennent s’essayer à l’art de la céramique. À leur retour, le choix est fait : Les Ruelland s’installent dans une cave de Versailles et comment leur travail de céramistes. Puis ils intègrent un atelier des Beaux-Arts de Paris, rue de Buci, et logent en parallèle dans un appartement de la famille de Dani (rue Cardinal Lemoine). Ils se marient en 1951, et finalement s’installent dans un atelier de la rue de Buci où ils peuvent vivre, en 1954.

Les Ruelland, un couple de céramistes qui impose son style à Paris

Jacques et Dani Ruelland produisent d’abord des pièces à décor abstrait, à tendance géométrique, avant d’y renoncer totalement ; leur céramique s’oriente vite vers un choix de couleurs monochromatiques émaillées qui ignore les motifs du décor peint. Les Ruelland sont des autodidactes de la céramique, et laissent libre-cours à leur créativité, créant sans les contraintes que s’imposent les autres céramistes formés à cet art.  Dès 1955, ils développent la recette d’une terre, appelée « terre noire », fabriquée à base de poudre de manganèse et de terre blanche de Provins, qu’ils moulent et coulent, tant sa plasticité est réduite. Jacques procède ensuite à l’émaillage, qui réagit différemment selon sa composition aux oxydes de manganèse contenus dans la terre employée. Les Ruelland fréquentent de nombreux peintres, et exposent à partir de 1953 à la Galerie du Siècle, boulevard Saint-Germain des Prés. S’inspirant de formes zoomorphes, Jacques et Dani Ruelland élaborent un répertoire de vaisselles (pichets, bols, vases, gobelets) en céramique aux couleurs vives et monochromes, jaune, vert, orange, noir. S’inspirant du théâtre et de la danse, le couple imagine des séries d’objets dont la disposition sur une table compose une véritable scénographie, destinée à bouger dans l’espace selon les usages. S’y croisent notamment des vases ronds dits « boules » très ventrus et des carafes longilignes au col évasé. 

Le binôme à succès de Jacques Ruelland et Dani Ruelland part pour le sud en 1970

Le style innovant des céramiques de Jacques et Dani Ruelland leur confère une renommée internationale ; en 1958 déjà, on les retrouve à l’exposition internationale de Florence, puis aux Etats-Unis et même au Japon. Ils participent à partir de 1959 au Salon des Artistes Décorateurs. Tout au long de leur carrière, Jacques et Dani Ruelland exposent dans de grandes galeries et boutiques spécialisées, à commencer par la Galerie du Siècle, mais aussi la Galerie des Mouvements Modernes, le magasin Bobois, rue de Sébastopol, le Salon des Métiers d’arts, porte de Versailles, où ils rencontrent leur plus précieuse clientèle, ou encore les galeries d’Alexandre Guillemain ou Thomas Fritsch. Pourtant, en 1970, les Ruelland décident de s’installer près d’Avignon, dans la commune des Angles, afin de poursuivre dans le calme leur travail de la céramique. Jusqu’à la fin des années 1980, les galeries parisiennes continuent à diffuser leurs oeuvres. Les couleurs employées diffèrent de leur phase parisienne ; à la place des bleus, des verts et des oranges, on trouve des rouges, des beiges, du noir et des gris. Les Ruelland créent aussi une manifestation annuelle, Présence des formes, qui connaît son apogée dans les années 1980. Le couple Ruelland travaille ensemble jusqu’à l’aube des années 1990, puis ils cessent la production de céramique. En 1989, en effet, la maladie frappe Jacques Ruelland, qui arrête peu à peu son activité. Il décède en 2008, et Dani le suit en 2010.

L’estimation des oeuvres de Jacques et Dani Ruelland

En 2022, à Paris, un ensemble de trente-et-unes céramiques de Jacques et Dani Ruelland (ensemble de vaisselle) daté 1960 s’est vendu pour 150 000 euros (hors frais). Les céramiques du couple Ruelland se trouvent à l’unité ou en ensembles, d’où une variation assez grande des prix et des estimations. En 2012, un vase boule dit « pomme » de 1970 réalisé par le couple s’est vendu pour 16 000 euros hors frais, signant un record de vente. Les lampes de tables des années 60 sont estimées entre 3 000 et 15 000 euros et connaissent un vrai succès auprès des collectionneurs, attestant d’une cote en légère hausse ces dernières années pour les belles pièces.  

Reconnaître la signature de Jacques et Dani Ruelland

Les céramiques de Jacques et Dani Ruelland portent généralement une signature gravée ou incisée dans la pâte avant cuisson, ou parfois appliquée au pinceau dans l’émail. Cette signature peut apparaître sous plusieurs formes :

  • “J. & D. Ruelland” : la forme la plus fréquente, combinant les initiales des deux artistes et leur nom de famille, attestant de leur collaboration.

  • “Ruelland” seul : certaines pièces plus anciennes ou produites individuellement peuvent ne porter que le nom de famille.

  • Monogramme stylisé : sur certaines créations, surtout les séries limitées ou pièces uniques, un monogramme ou un symbole associé aux Ruelland peut remplacer la signature complète.

Il est important de noter que la position de la signature varie selon les types d’objets : sur le fond des vases, sous les lampes ou encore discrètement sur le bord des sculptures. La signature de Jacques et Dani Ruelland joue un rôle clé dans l’authentification des céramiques. En effet, les œuvres originales sont systématiquement signées, ce qui permet :

  • De distinguer les pièces authentiques des reproductions ou copies.

  • D’évaluer l’importance historique et artistique de l’objet, certaines signatures étant associées à des périodes spécifiques (années 1950-1960, période d’Avignon, etc.).

  • D’estimer la valeur marchande, car une signature claire et identifiable augmente significativement le prix d’une céramique Ruelland sur le marché de l’art.

Signature céramique Ruelland
Expertise gratuite signature Jacques et Dani Ruelland

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Estimation gratuite Andre Lhote

André Lhote

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Estimation et cote de l'artiste André Lhote

Découvrez la vie d’André Lhote, le cubiste mondain. Besoin d’une expertise concernant un tableau, un dessin ou une aquarelle d’André Lhote ? Contactez les experts d’Estimonobjet pour bénéficier d’une expertise gratuite, rapide et confidentielle !

Estimation gratuite Andre Lhote

Prix des œuvres d'André Lhote

  • Peinture : entre 1 000 € et plus de 1 600 000 €

  • Aquarelle, Gouache et œuvre sur papier : entre 100 € et 120 000 €

  • Estampes, Lithographies : entre 100 € et 5 000 €

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André Lhote, peintre bordelais : les débuts et le temps des rencontres  

André Lhote est né en 1885 à Bordeaux, d’un père employé de mairie et d’une mère brodeuse. En 1898, le jeune Lhote entre dans l’atelier de sculpture sur bois Courbaterre, et suit à l’école des Beaux-Arts des cours de sculpture décorative et de peinture le dimanche. Comme tous les jeunes peintres de sa génération, il apprend d’abord à maîtriser le langage impressionniste, notamment à travers les travaux d’Henri Martin, exposés au musée de Bordeaux. Aux alentours de Nevers, où vit la famille de son père, André Lhote pratique la peinture en plein air et participe à sa première exposition en 1904. Le jeune Lhote quitte le domicile familial et s’installe dans un grenier bordelais avec d’autres peintres. Il rencontre aux puces le brocanteur Paul-Désiré Maisonneuve qui lui fait découvrir l’art africain, et se lie avec le collectionneur Gabriel Frizeau qui lui montre sa collection de peintures modernes, notamment de peintures de Gauguin. C’est à ce moment que Lhote rencontre aussi Jacques Rivière. En 1906, Lhote expose au Salon d’automne. À partir de ces années, il séjourne régulièrement à Paris, même s’il reste fixé à Bordeaux, où il devient professeur de peinture et de dessin. En 1908 il est nommé membre par le comité du Salon des Indépendants. Toute sa vie, il y exposera. Frizeau, le collectionneur ami, devient pour lui un intermédiaire avec Ambroise Vollard, le célèbre marchand. En 1909, André Lhote est élu pensionnaire de la Villa Médicis libre, avec Raoul Dufy. Il rencontre Georges Rouault, est invité à exposer ses oeuvres au cercle d’art moderne du Havre en compagnie de Friesz, Braque, Matisse, Marquet et d’autres encore. Déjà, André Lhote connaît un immense succès, c’est un homme mondain qui a su placer ses pions. 

Lhote vers le cubisme… et la célébrité

Au Salon d’automne, l’année suivante, Lhote est fasciné par l’art de Cézanne, père spirituel du cubisme, dont on présente une rétrospective. Bientôt il va orienter sa peinture, non plus vers le fauvisme de Matisse, mais vers le cubisme de Braque et Picasso. Le peintre bordelais vient d’acheter une ferme dans l’Eure, et choisit de s’installer près de Versailles, dans les serres de l’école Le Nôtre à Vellipreux. En 1910 toujours, Lhote tient sa première exposition personnelle, patronnée par Jacques Rivière et André Salmon à la Galerie Druet. Fin 1911, fort de ses succès d’expositions personnelles et collectives, il s’installe définitivement à Paris. Il côtoie Bourdelle, Lipchitz, Cocteau, Maurice Denis, mais surtout il expose avec la Section d’Or en 1912 à la Galerie La Boétie. Lhote a trouvé son chemin, vers un cubisme lisible et coloré, notions de peinture partagées par ses acolytes, membres du groupe de Puteaux, Albert Gleizes, Jean Metzinger, Fernand Léger, Jacques Villon ou Francis Picabia. Pendant la première guerre mondiale, Lhote, réformé à cause d’une maladie de la rétine, voyage en France et expose beaucoup. En 1917 il rentre à Paris où il retrouve ses amis peintres, Metzinger, María Blanchard, Braque ou le futuriste Severini. Il participe sous l’égide du galeriste Léonce Rosenberg à la fondation du mouvement du Cubisme Synthétique. Lhote écrit pour de nombreuses revues, comme la Nouvelle revue française, dont il deviendra l’un des critiques officiels. Il donne des cours à l’Académie de la rue Notre-Dame des Champs, puis en 1920 à celle du 240 boulevard Raspail. En 1919, André Lhote entre au comité du Salon des Indépendants. Dès lors, les expositions personnelles et collectives fleurissent pour lui en  France et en Europe, tout comme les conférences et les publications. En 1926 ouvre l’académie André Lhote à la rue d’Odessa. 

André Lhote, un personnage public et un peintre hyperactif

Lhote publie plusieurs articles sur le cubisme, puis en 1933 est édité son livre La Peinture, le coeur et l’esprit ; en 1936, son essai Parlons peinture ; en 1939, son Traité du paysage ; en 1942, Peinture d’abord… entre autres livres. Durant le second conflit mondial, sans cesse il écrit, et il expose ses oeuvres cubistes. André Lhote n’est pas qu’un théoricien, c’est un travailleur hyperactif. Après la période à Mirmande où il avait acheté une maison, il jette son dévolu sur Gordes où il vit désormais une partie de l’année (depuis 1938) ; il y est près de Chagall et de Jean Grenier, deux de ses amis proches. Les années 30 et 40 sont fastes pour le peintre, malgré la guerre. Lhote obtient de nombreuses commandes publiques, notamment pour l’Exposition universelle de 1937, deux fresques au Palais de la Découverte ; il expose dans d’innombrables galeries telles que Paul Rosenberg, Berthe Weill, Charpentier, la Galerie de France, Bernheim-jeune, et en 1946 l’Unesco lui consacre même une exposition au Musée d’art moderne de Paris et au musée de Bordeaux avec Albert Marquet. Les expositions collectives auxquelles il participe tournent autour du cubisme de Braque et Picasso et de leurs suiveurs, mais aussi de Cézanne et de ses héritiers.  Lhote, désormais installé dans le Var à la Cadière d’azur (depuis 1948), ne semble pas vouloir changer d’orientation, et se concentre sur cette géométrisation des formes de la nature dont il se fait le théoricien à de très nombreuses reprises, et qu’il enseigne aussi à l’académie André Lhote. Son « retour à l’ordre », une notion qu’il théorise et qui touche tous les artistes à la suite de la guerre, est tempéré chez lui ; jamais il ne renoncera pleinement au cubisme ni aux influences des avant-gardes, il les modérera simplement dans son vocabulaire pictural.

Une fin de carrière brillante pour André Lhote

En 50 et 51 il est en Egypte, en 52 au Brésil ; Lhote est invité partout. En 1955, il est nommé président de l’association internationale des artistes par l’Unesco, peu après avoir remporté le grand prix national de peinture. En 1956 il publie son dernier essai, La Peinture libérée. L’année suivante, l’Union des Arts Plastiques lui rend publiquement hommage. En 1958 il est nommé commandeur de l’Ordre des Arts et des Lettres. Cette même année, Jean Cassou organise une grande rétrospective Lhote au Musée national d’art moderne de Paris. André Lhote meurt en 1962, à Paris.

La cote des oeuvres d’André Lhote sur le marché de l'art

Malgré une brillante carrière et une reconnaissance nationale et internationale, la cote d’André Lhote n’est pas la plus élevée parmi celles des cubistes ayant suivi la voie ouverte par Braque et Picasso. On recense tout de même de beaux résultats parmi les toiles, notamment deux adjudications dépassant le million d’euros (hors frais), le record ayant été emporté pour 1 483 680 euros à New-York en 2011. En général, les peintures de Lhote se disputent pour une fourchette de prix allant de 100 000 euros à 10 000 selon que les compositions comportent des figures ou sont des paysages, selon leurs dimensions, leur support, une huile sur carton étant bien-sûr moins noble qu’une huile sur toile, et selon la période d’exécution, les années 1920 remportant les prix les plus importants. L’attrait pour les toiles de l’artiste semble pourtant en chute depuis une dizaine d’années.  Les dessins conçus comme des oeuvres abouties, techniques mixtes colorées, peuvent atteindre les 50 000 euros, le record ayant été atteint en 2017 pour « sur la plage », un dessin de 1928 remporté pour la somme de 80 000 euros (hors frais). En général, les prix sont plus abordables, et les estimations oscillent entre 20 000 et 5 000 euros pour de telles oeuvres, mais il est à souligner que depuis les années 2010, les ventes d’oeuvres de Lhote semblent plus difficiles, excepté pour les pièces maîtresses qui atteignent les prix dont nous venons de faire état. Ses gravures se vendent de manière générale entre 500 et 1500 euros selon leur rareté.

(Illus.) André LHOTE (1885-1962) Le défilé. Circa 1908-1910. Huile sur papier marouflée sur toile. Signée en bas à droite

Reconnaître la signature d'André Lhote

Pour authentifier une œuvre d’André Lhote, il est essentiel de savoir identifier sa signature, un élément clé dans l’estimation et la validation de ses créations. L’artiste, figure majeure du cubisme et professeur influent, signait principalement ses œuvres de son prénom et nom complets, « André Lhote », ou de son initiale suivie de son nom, « A. Lhote ». Cette signature apparaît généralement dans le coin inférieur droit ou gauche de la composition, parfois accompagnée de la date d’exécution, comme en témoignent des œuvres telles que Les Pins à La Cadière (1959) ou La Cadière (1957). Il est important de noter que la signature peut varier en fonction du support et de la technique utilisée. Par exemple, sur des œuvres sur papier, l’artiste utilisait parfois des monogrammes ou des signatures stylisées, comme le montre le dessin La Traversée. Ces variations témoignent de la diversité de son œuvre tout en conservant des éléments distinctifs propres à son style. Face à un marché où circulent de nombreuses œuvres d’atelier ou contrefaçons, il est indispensable de faire vérifier la signature d’un André Lhote par un expert qualifié. Sur Estimon’Objet, nos spécialistes de l’art moderne et contemporain vous accompagnent dans l’identification, l’authentification et l’estimation de vos œuvres signées André Lhote, qu’il s’agisse d’une toile, d’un dessin ou d’une gouache.

Expertise signature André Lhote
Signature Andre Lhote

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Estimation gratuite Albert Gleizes

Albert Gleizes

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Estimation et cote de l'artiste Albert Gleizes

Albert Gleizes : La vie et l’oeuvre d’un peintre multiple, pionnier du cubisme, membre fondateur de la Section d’Or et adhérent d’Abstraction-Création. Découvrez en un clic l’histoire d’Albert Gleizes et son oeuvre d’avant-garde. Besoin d’une expertise concernant Albert Gleizes? Contactez l’équipe d’Estimonobjet ! 

Estimation gratuite Albert Gleizes

Prix des œuvres d'Albert Gleizes

  • Peinture (huile sur toile / panneau) : entre 1 000 € et plus de 1 900 000 €

  • Aquarelle, gouache, encre, dessin et techniques mixtes sur papier : entre 200 € et plus de 250 000 €

  • Estampe (gravure, pointe sèche, lithographie) : entre 100 € et 5 000 €

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Albert Gleizes, itinéraire d’un enfant des avant-gardes

Albert Gleizes est né à Paris en 1881, dans une famille de peintres. Il est guidé dans sa voie par son grand-père et son oncle, peintre de portraits lauréat du prix de Rome. Comme son (futur) grand ami Jean Metzinger et d’autres peintres de cette génération, Albert Gleizes commence un apprentissage traditionnel de la peinture qui le mène vers l’impressionnisme et le post-impressionnisme. Il expose en ce sens dès 1901 au Salon d’automne. Mais sa passion pour Cézanne d’abord, puis pour les avant-gardes émergentes, Picasso, Braque et leur cubisme né en 1907, ainsi que les fauves de Matisse Derain et Vlaminck, le poussent bien vite vers une peinture originale au langage renouvelé, dans le trait, la perspective comme dans la couleur. Ce tournant advient dès 1909 dans la peinture de Gleizes : le peintre rencontre alors Henri Le Fauconnier, jeune peintre d’avant-garde fasciné par la géométrisation des formes de Cézanne, grand précurseur du cubisme, ce mouvement prometteur qui est aussi dans le viseur des tout jeunes Gleizes et Le Fauconnier. 

Albert Gleizes fuit la guerre et s’envole pour New-York, passe par Barcelone et rentre en France

Le style de Gleizes diffère donc du cubisme de Picasso ; la géométrisation y est forte, mais pour Gleizes la lisibilité est primordiale, ce qui pousse le peintre à faire preuve de réalisme pour certains éléments, mêlés à des formes de géométrie méthodiquement exécutées. Ce style propre à Gleizes et aux artistes de la Section d’Or connaît un écho à New-York, lorsque Gleizes part en 1915 y rejoindre Marcel Duchamp et Francis Picabia. En 1916, il est parti pour Barcelone. En Espagne, il expose à la galerie Dalmau, diffusant hors des frontières hexagonales les leçons qu’il a tirées du cubisme.

La fin de carrière de Gleizes, une tentative de cubisme appliquée au sacré et Abstraction-Création

A partir de 1917, il tente une association entre la géométrisation des formes et les iconographies sacrées, un travail qui trouvera son apogée dans les années trente avant que Gleizes ne se convertisse au catholicisme en 1941. En 1920, il exprime ses nouvelles réflexions théoriques dans La Peinture et ses lois : ce qui devait sortir du cubisme. Outre sa peinture, Gleizes encourage les artistes. Avec son épouse, il créée en 1927 la première résidence d’artistes de France, les communautés de Moly-Sabata. Pourtant, il n’abandonne pas les pinceaux ; il poursuit encore ses recherches personnelles autour de la géométrie, en adhérant en 1931 au groupe Abstraction-Création, créé par Jean Hélion, Auguste Herbin et Georges Vantongerloo pour contrer les avancées du surréalisme et prôner l’avénement d’un art géométrique issu de l’observation des formes de la nature. Ainsi, Albert Gleizes a progressé vers l’abstraction toute sa vie, en passant de l’impressionnisme à son admiration pour Cézanne, puis accentuant la stylisation de la nature durant ses années cubistes de la Section d’Or, jusqu’à l’année 1931 qui marque son entrée dans Abstraction-Création, ou les formes prennent définitivement le pas sur l’illusionnisme. 

L’héritage du prince de la Section d’Or 

Albert Gleizes est mort en 1953 à Avignon. Il laisse un héritage théorique important, avec le manifeste Du Cubisme co-écrit avec Metzinger, mais il marque aussi une impression forte sur les artistes de la nouvelle vague de l’abstraction naissante. Gleizes a également eu une forte influence dans les années 30 sur le Bauhaus de Walter Gropius, adepte bien connu de la rationalisation des formes appliquées aux arts décoratifs.

La cote des oeuvres d’Albert Gleizes sur le marché de l'art

 Les toiles d’Albert Gleizes directement issues du cubisme de Braque et Picasso sont les plus prisées. Les tonalités se rappellent souvent, dans cette période précoce de l’oeuvre, aux verts et aux marrons de Cézanne qui ont influencé les pères du cubisme. Le record concerne une oeuvre de 1911, intitulée « Le Chemin (Meudon) », vendue en 2012 pour 1 924 320 euros (hors frais) à Londres. Les plus belles huiles sur toile de sa période géométrisante de la Section d’Or ainsi que celles de fin de carrière tournées vers l’abstraction atteignent des estimations entre 200 000 et 500 000 euros. Les compositions sur papier de Gleizes (techniques mixtes) peuvent s’envoler dans les hautes sphères des enchères et avoisiner les 50 000 euros (la plus chère ayant été acquise en 2012 pour près de 80 000 euros à Paris), mais elles sont en général estimées autour des 15 000 euros, tandis que les esquisses et dessins à l’encre ne dépassent pas les 6 000 euros. Vous souhaitez faire expertiser une œuvre d’Albert Gleizes et recevoir son estimation ? Remplissez votre demande via notre formulaire. Faites estimer une œuvre d’Albert Gleizes en quelques clics et recevez une réponse sous quelques jours. C’est gratuit et totalement confidentiel.

(Illus.) Albert Gleizes, Portrait de Florent Schmitt (Le Pianiste), 1914-1915, pastel, reproduction photographique en noir et blanc.

Reconnaître la signature d'Albert Gleizes

Savoir reconnaître la signature d’Albert Gleizes est essentiel pour authentifier une œuvre de ce peintre majeur du cubisme et théoricien de l’art moderne, cofondateur de la Section d’Or. Sur ses toiles emblématiques — telles que Les Joueurs de football, Portrait de Jacques Nayral, La Femme aux Phlox ou ses grandes compositions synthétiques des années 1920-1930 — Gleizes signe généralement « Albert Gleizes » ou plus simplement « Gleizes », parfois accompagné de la date d’exécution. La signature est le plus souvent apposée au pinceau en bas de la composition, dans une écriture cursive ample et assurée, utilisant une teinte sombre contrastant avec la structure géométrique et la palette nuancée de l’œuvre. Sur ses dessins, gouaches et œuvres sur papier, on retrouve également une signature manuscrite au crayon ou à l’encre, parfois assortie d’une indication de lieu. Dans un marché très actif où circulent œuvres d’atelier, copies anciennes et faux, faire vérifier la signature d’Albert Gleizes par un expert qualifié demeure indispensable. Sur Estimon’Objet, nos spécialistes de l’art moderne vous accompagnent dans l’identification, l’authentification et l’estimation de vos œuvres signées ou attribuées à Albert Gleizes, qu’il s’agisse d’une peinture, d’un dessin ou d’une œuvre graphique.

Expertise signature Albert Gleizes
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Estimation gratuite Andre Aleth Masson

Andre Aleth Masson

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Estimation et cote de l'artiste André Aleth Masson

Découvrez l’histoire d’André Aleth Masson, l’un des plus importants sculpteurs et céramistes français contemporains. Besoin d’une expertise concernant André Aleth Masson ? Contactez l’équipe d’Estimonobjet ! 

Estimation gratuite Andre Aleth Masson

Prix des œuvres d'André Aleth Masson

  • Vases et sculptures céramiques : entre 800 € et 3 000 €

  • Pièces uniques et grands formats : entre 3 000 € et 8 000 €

  • Dessins et compositions sur papier : entre 400 € et 1 500 €

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Les premiers pas d’André Aleth Masson et la découverte de la céramique

Jean-Boris Lacroix, communément appelé Boris Lacroix, est né à Paris en 1902. Il est le fis illégitime du grand-duc Boris Vladimirovitch de Russie. Lacroix a dix-huit ans lorsqu’il débute son apprentissage chez Paul Alexandre Dumas, un ébéniste de renom qui fut élève de Louis Majorelle. Pendant cette longue phase de formation, le jeune artiste réalise de nombreuses gouaches et collages abstraits aux motifs géométriques inspirés par le mouvement russe du Suprématisme, dont Malévitch est à la tête, mais c’est surtout les arts décoratifs qui le passionnent ; Boris Lacroix s’intéresse non seulement au bois sous la férule de son maître Dumas, mais aussi à tous les matériaux, produisant des miroirs, des vases en verre gravé et d’autres objets d’arts. Peu à peu, il commence à dessiner des chaises et des lampes à armature métallique. Son style évolue vers l’épure des formes et des motifs. En 1927, Boris Lacroix expose ses créations au Salon des Artistes Décorateurs et au Salon d’automne. 

André Aleth Masson céramiste à Paris à partir de 1949

Après son apprentissage, André-Aleth Masson, marié à Denise Masson, une femme peintre rencontrée aux Beaux-Arts, vient s’installer à Vincennes où il occupe un atelier de céramique, doté d’un four. En 1950, André Aleth Masson expose au Salon des Indépendants. Son style évolue rapidement vers l’abstraction, et il développe un art qui prend en considération la forme pour la forme, sans chercher de figuration, ou en cherchant simplement une évocation fugace. Cette recherche nouvelle le porte naturellement vers la sculpture et la création architecturale. André Aleth Masson développe aussi de nouvelles couleurs, notamment grâce aux effets produits par l’engobe (un émail obtenu à partir d’oxydes métalliques comme le manganèse) dont il couvre ses céramiques à partir de 1951. 

La carrière d’André Aleth Masson

En 1952, la galerie MAI (meubles, architectures, installations) lui offre sa première exposition personnelle, qui sera suivie de deux autres expositions de cette nature (en 1955 et 1961). C’est là qu’il rencontre des designers et artistes importants comme Charlotte Perriand ou Jean Prouvé. En 1953, il se lie également à André Borderie, peintre, sculpteur et céramiste, qui devient rapidement son plus fidèle ami. Dès 1954, d’autres galeries telles que la galerie AMC-Robert Wolner et la galerie du siècle montrent ses oeuvres en céramique émaillée, et en 1958 la galerie AMC lui dédie même une exposition. Entre 1954 et les années 1970, il expose au Salon des artistes décorateurs. 

L’évolution de la sculpture d’André Aleth Masson avec André Borderie et l’adhésion au Mur Vivant en 1968

En 1961, André Borderie, proche ami et collaborateur d’André Aleth Masson, trouve près de chez lui dans la banlieue de Senlis, une grande demeure où son ami pourrait venir s’installer avec sa famille. Rapidement, c’est chose faite, et les deux céramistes vont pouvoir collaborer assidûment. Le nouvel atelier est immense, et André Aleth Masson, qui s’intéressait depuis longtemps déjà à l’architecture, va pouvoir déployer les formes de sa céramique dans l’espace, créant des pièces aux volumes de plus en plus monumentaux. En 1968, André Aleth Masson adhère au groupe Mur Vivant, créé par l’architecte Maurice Novarina. Dès lors, il se met à réaliser de grands panneaux de céramique murale. Avec André Borderie, ils réalisent de grands panneaux de céramique émaillée, exposés dans les halls du RER parisien, lors du Salon des artistes décorateurs, et bien-sûr dans le cadre du Mur Vivant (expositions organisées en 1969, 70 et 72). En général, dans leur travail commun, Borderie imagine le programme sculptural tandis que Masson est à la réalisation technique. Cette collaboration ne cesse qu’en 1978. 

La fin de carrière d’André Aleth Masson, retour en Bretagne

En 1978, André Aleth Masson rentre à Saint-Malo accompagné des siens. Masson se lance dans la peinture acrylique, un domaine nouveau grâce auquel il continue sa recherche dans l’élaboration de couleurs innovantes. Sa palette s’appose sur des céramiques, sur du bois découpé, de la toile et du papier. L’artiste se découvre-même graveur de talent. Il s’essaie à des maquettes de monuments abstraits, et diversifie donc ses techniques et son travail ; il est ce qu’on appelle alors un « artiste total », qui expose sur la côte bretonne et soutient la création contemporaine, jusqu’à son décès en 2009. 

L’estimation des oeuvres d’André Aleth Masson

Les oeuvres d’André Aleth Masson sont encore rares sur le marché de l’art. En 2018, l’une de ses céramiques s’est vendue pour 9100 euros à Montpellier, et en 2014, l’une de ses terres cuites a été acquise pour 13 000 euros hors frais à Paris, un record jusqu’à présent. L’estimation de ses céramiques oscille en général entre 300 et 10 000 euros selon les dimensions, les techniques et les formes. Les estampes d’André Aleth Masson se vendent entre 100 et 600 euros, le record ayant été atteint en 2009 au Japon pour 1932 euros (hors frais).

Reconnaître la signature d’André Aleth Masson

Les créations d’André Aleth Masson portent une signature sobre, souvent gravée ou incisée avant cuisson. Elle se présente le plus fréquemment sous la forme « A. Aleth Masson » ou « Aleth Masson », parfois simplement « A.A.M. » sur les petits formats. La graphie, légèrement cursive et régulière, est généralement placée à la base ou au revers de la pièce. Comme pour de nombreux céramistes de l’après-guerre, la cohérence entre le style, la signature et l’émail demeure un indice déterminant pour confirmer l’authenticité d’une œuvre.

Expertise Signature André Aleth Masson
Signature André Aleth Masson

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Julio González

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Découvrez le parcours de Julio González, ami peintre et sculpteur de Picasso. Besoin d’une expertise concernant Julio González ? Contactez l’équipe d’Estimonobjet !

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Julio González, une enfance à Barcelone bercée par les arts et le modernisme

Julio González est né en 1876 à Barcelone dans une famille d’artistes. Son père et son grand-père sont orfèvres, et son père s’adonne aussi à la sculpture, un art qui séduira Julio González. Quant à sa mère, elle vient elle-même d’une famille d’artistes. Julio et ses trois frère et soeurs apprennent le métier de ferronnier dans l’atelier paternel, et Julio González se perfectionne tôt dans le style du modernisme catalan.  

González est inscrit en 1891 aux arts appliqués de l’école des Beaux-Arts de Barcelone. Avec son  frère Joan, il participe à l’Exposition générale des Beaux-Arts et de l’Industrie. Puis la fratrie est médaillée durant l’exposition nationale des industries artistiques de Barcelone en 1892, et les deux frères González continuent sur leur voie en présentant en 1893 des objets forgés et dessins à l’exposition universelle colombienne de Chicago, puis en 1894 à la seconde exposition générale des Beaux-Arts de Barcelone. Joan et Julio González y décrochent une médaille d’or. 

En parallèle de leur activité de ferronnerie, les deux frères peignent et dessinent. Ils suivent, semblerait-il, les cours du soir de l’école des Beaux-Arts, ou ceux du Cercle artistique de Saint Lluc, dont Gaudi fut membre. 

Au nombre des belles rencontres de la période, on compte aussi Joaquín Torres Garcia, que les frères González revoient en 1896 à l’occasion de la seconde exposition générale de Barcelone, où un certain Pablo Picasso expose sa Première Communion. Ils fréquentent le cabaret « El Quatre gats » où Torres-Garcia et d’autres artistes, mais aussi des écrivains avant-gardistes se réunissent. En 1900, quatre ans après le décès de leur père dont ils ont repris l’atelier, Julio et Joan González vendent tout et partent vivre leur rêve de peintres à Paris, au coeur des avant-gardes.

Julio González à Paris : la découverte des avant-gardes

Julio González s’installe avec sa famille à Montmartre, et partage jusqu’en 1904 l’atelier de Pablo Gargallo. Quelques mois plus tard, Pablo Picasso arrive à son tour à Montmartre, ainsi que Manolo, Torres-Garcia et d’autres jeunes peintres et sculpteurs espagnols qui viennent se nourrir du travail des avant-gardes, de Rodin à Cézanne, en passant par Gauguin et les Nabis. En 1901 il se lie avec Max Jacob, puis voyage avec Picasso, devenu son cher ami, avec lequel il se brouille pourtant en 1904 suite à la disparition de dessins de Joan González. 

En 1905, Julio González prend un atelier dans le 15e arrondissement. Les frères s’implantent durablement dans le panorama parisien et fréquentent le Bateau-Lavoir et les espagnols de Paris, mais Joan, malade, rentre de plus en plus souvent à Barcelone. Dès 1907, Julio González expose au Salon des Indépendants. L’année suivante, son frère Joan meurt. C’est un choc pour le peintre et sculpteur, qui cesse de travailler quelques mois. Il voit de temps en temps son ami Constantin Brancusi, unique relation de cette phase de sa vie. Finalement González se remet à la création avec le basque Paco Durrio, réalisant sculptures et objets d’arts sur commande, et la vie reprend le dessus.

Julio González seul à Paris : nouvelles directions de l’oeuvre

En 1911, González rencontre le critique Alexandre Mercereau, ami de Jacques Nayral et Louis Vauxcelles, qui devient son agent et le fait participer à plusieurs expositions, dont le Salon d’automne. En 1912, González créée ses premiers masques repoussés, en cuivre ou en argent. En parallèle il continue la peinture et la pure ferronnerie, exposant bagues et objets. Il devient en 1914 sociétaire du Salon d’automne où ses créations multiples sont exposées.  Ami de Brancusi et de Modigliani, il fréquente la Closerie des Lilas, et installe son atelier dans le 14e arrondissement, non loin de là. En 1918, au sortir de la guerre, il est embauché comme apprenti-soudeur : fasciné par le métal, il va pouvoir se lancer dans la sculpture en fer grâce à la technique de la soudure oxyacétylénique. Son style inimitable, au carrefour entre Brancusi et Maillol, séduit de plus en plus, et Julio González connaît un grand succès à Paris.

Julio González, un touche-à-tout de génie qui choisit la sculpture : avec Picasso, vers l’abstrait

En 1921, Julio González et Pablo Picasso se réconcilient. 

En 1922, galerie Povolozky, González tient sa première exposition personnelle : bijoux, objets d’arts, sculptures mais aussi dessins et peintures y créent une atmosphère de décor total. Suivra celle de la galerie Le Caméléon en 1923. En 1925, il aide Brancusi à préparer son exposition à la Brummer Gallery de New-York, en réalisant les armatures de ses sculptures, puis en 1928 il aidera Picasso pour des travaux de soudure. Dès lors, ils créeront ensemble des sculptures modernistes aux formes se rapprochant souvent de l’abstraction.

En 1929, Julio González se tourne de manière définitive vers la sculpture : au Salon d’automne, pour la première fois, pas d’objets d’arts ni de peintures présentées par l’artiste. Cette même année, il signe un contrat de trois ans avec la Galerie de France et y expose ses sculptures métalliques. Puis il participera au salon des surindépendants dès 1931. S’il ne participe pas directement à Abrstraction-Création, le groupe réuni autour d’Auguste Herbin, Jean Hélion, Albert Gleizes et Georges Vantongerloo, Kupka et Valmier, ces derniers reproduisent dans une de leur publication Le Tunnel, une oeuvre de González, preuve que ce dernier s’est rapproché du vocabulaire abstrait depuis son association avec Picasso. Plus tard, il lui arrivera d’exposer avec eux lors de rétrospectives d’envergure.

En 1936, il se lance dans la création d’émaux, renouvelant sans cesse son art, qui connaît, sous toutes ses formes, un grand succès auprès de la critique et des collectionneurs. En 1937, il participe avec Le Montserrat à l’exposition universelle où Picasso expose Guernica. 

La fin de carrière

González expose avec de nombreux artistes et connaît aussi beaucoup d’expositions personnelles. Au nombre de ses amis artistes avec lesquels il propose des expositions, on compte Hans Hartung, que sa fille, Roberta González, épousera en 1939. La même année, il participe à l’Exposition de peintures & de sculptures du groupe éclectique composé notamment de Survage, Metzinger, Alfred Reth, Beothy et d’autres post-cubistes. Plusieurs fois aussi, il expose avec Henri Laurens. 

Pendant la guerre, très affecté, Julio González entreprend la série des « Hommes cactus » et d’autres sculptures expressives comme « La petite Montserrat effrayée ». Il s’est installé dans le Lot, en France libre et voyage à Paris occasionnellement. 

Il meurt subitement en 1942 à son domicile d’Arcueil. 



L’estimation des oeuvres de Julio González

Les peintures de Julio González sont rares et n’excèdent pas les 50 000 euros, ses tableaux se situant souvent dans une fourchette comprise entre 10 000 et 40 000 euros. 

Ses dessins des années 1930-1940 connaissent un réel succès, et s’estiment entre 20 000 et 110 000 euros pour les plus aboutis (souvent techniques mixtes colorés). Ses dessins de veine plus figurative sont bien moins cotés que les oeuvres d’avant-gardes où, suivant son ami Picasso, il géométrise les formes. 

 

Les sculptures sont les oeuvres les plus chères de Julio González. Le masque de bronze « ombre et lumière » de 1930 (25 cm de hauteur) s’est vendu pour près de 5 millions d’euros à Londres en 2011. Les sculptures se rapprochant de l’abstraction, notamment les hommes cactus, s’estiment entre 40 000 et 5 millions d’euros (record précédemment évoqué). Bijoux et estampes sont plus abordables, mais assez rares sur le marché.

(Illus.) Sailko, Julio González, monsieur cactus I, 1939, Peggy Guggenheim collection

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Auguste Zamoyski

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Estimation et cote de l'artiste Auguste Zamoyski

Auguste Zamoyski (1893-1970) est un sculpteur moderne polonais. Aux côtés d’artistes tels que Chwistek, il est à l’origine du groupe du Formisme, considéré comme le mouvement d’avant-garde le plus important de la Pologne indépendante de l’entre-deux-guerres. 

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Auguste Zamoyski, fondateur de l’avant-garde Formisme

Né en 1893 à Jabloń, Auguste Zamoyski grandit dans une noble famille polonaise. Après des études de droit et d’économie en Suisse, il se tourne finalement vers des études d’art à Berlin et à Munich entre 1916 et 1918. 

Au cours de ses études, Auguste Zamoyski rencontre le poète Stanislas Przybyszewski, qui le présente au groupe d’avant-garde polonais Bunt, établi à Poznań, proche des revues expressionnistes berlinoises. En avril 1918, Auguste Zamoyski participe à l’exposition collective du groupe à Poznań, puis à Berlin, dans une galerie de la revue Die Aktion. 

De retour en Pologne en 1918, Auguste Zamoyski s’installe à Zakopane, ville des artistes et intellectuels. L’année suivante, il participe à la création d’un groupe artistique polonais, le Formisme, réunissant des artistes tels que Léon Chwistek, les frères Zbigniew ou encore Witkacy.   

Au coeur de la Pologne désormais libre, les artistes formistes exposent pour la première fois à Varsovie en 1919, tandis qu’ils rejoignent le groupe Bunt pour une autre manifestation collective à Poznan l’année suivante. Auguste Zamoyski et ses confrères exprimeront leurs positionnements artistiques dans la revue Formisci, dont les six numéros paraissent à Varsovie entre 1919 et 1921. 

Auguste Zamoyski, à la recherche de la formę pure en sculpture

Dans la lignée des avant-gardes historiques, le Formisme s’oppose aux préceptes classiques de l’art et se positionne à l’encontre des groupes qui le précèdent. En Pologne, la scène artistique est largement dominée par l’Académisme et l’Impressionnisme ainsi que le principe du mimétisme, suivant lequel l’art se doit d’imiter la nature. 

Théoricien principal du groupe, Léon Chwitesk considère le Formisme comme un style nouveau fondé sur le réalisme et le Beau ainsi que sur les expériences expressionnistes, futuristes et cubistes.  La révolte des artistes formistes se manifeste à travers la quête de la forme pure, définie comme l’essence de l’art. Dans un article de 1922, Auguste Zamoyski précise ses positions en affirmant l’acte de sculpter comme le résultat du « besoin de la forme » et la forme pure comme « ce qui surgit du pur besoin de façonner ». 

Les idéaux d’Auguste Zamoyski se manifestent dans ses premières sculptures. Créées entre 1917 et 1925, l’artiste façonne les motifs de ses bronzes à travers des lignes sinueuses, entre la figuration et l’abstraction, qui rappellent les oeuvres de prédécesseur Brancusi. En bronze, en marbre ou en bois, les sculptures Ice dwoje (Entre deux) ou Portrait de Louis Marcoussis sont caractéristiques de la première période d’Auguste Zamoyski. 

Auguste Zamoyski, après le formisme

Dans les années 1920, Auguste Zamoyski se rapproche du mouvement dada et de l’École de Paris. Séjournant à New York en 1920, il rencontre Katherine Dreier et Marcel Duchamp puis, de retour à Paris en 1924, il se lie d’amitié avec Moïse Kisling et Tristan Tzara. Le mouvement formiste se dissout au cours d’une exposition de 1923 où Auguste Zamoyski détruit explicitement certaine de ses oeuvres. 

Ce moment historique marque l’ouverture d’une deuxième période dans le travail d’Auguste Zamoyski. Étudiant scrupuleusement la nature, l’artiste revient à une forme de réalisme et réalise majoritairement des nus et des portraits féminins expressifs. Ces sculptures renvoient aux modèles  de son ami Antoine Bourdelle, dont l’atelier se trouve en face du sien à Paris. 

De 1940 à 1955, Auguste Zamoyski émigre au Brésil et ouvre plusieurs écoles de sculpture. De retour en Europe, il passe quelques années à Paris, puis tente de revenir en Pologne, avant de s’établir dans la région toulousaine. Troisième période d’Auguste Zamoyski, ses sculptures sont empreintes de sujets religieux et de facture expressionniste.  

En 2009, un musée Zamoyski ouvre ses portes à Sylvanés, avant que les sculptures de l’artiste soient transférées au Musée de Varsovie. En 2020, les deux villes s’unissent pour rendre hommage au grand sculpteur et penseur moderne polonais dans une rétrospective à l’occasion du cinquantenaire de son décès.

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Sur le marché de l’art, la présence d’Auguste Zamoyski est timide, en raison de la conservation de ses oeuvres en grande partie dans les institutions. Cela dit, ses sculptures de bronze de la période formiste sont très recherchées par les collectionneurs.

Pour un bronze, avec ou sans patine, doré ou brun doré, les prix débutent autour de 8000 – 10 000 euros, s’élèvent en moyenne entre 20 000 et 80 000 euros, pour s’envoler parfois autour de 100 000 euros. Les bois d’Auguste Zamoyski obtiennent également des prix honorables, autour 300-400 euros. Par ailleurs, on constate une hausse de la cote de Zamoyski en 2022. 

(Illus.) Nu, Bronze, Museum de Arte da Pampulha, Belo Horizonte

En lien avec Auguste Zamoyski

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Yolande Ardissone

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Estimation et cote de l'artiste Yolande Ardissone

Yolande Ardissone (1927) est une artiste peintre française établie à Venise depuis les années 1960. Maîtresse du paysage, elle traverse le XXème siècle avec des peintures modernes de facture impressionniste, post-impressionniste ou fauve, rapportées de ses nombreux voyages.

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Les années de formation de Yolande Ardisonne

Yolande Ardissone naît en 1927 dans le petit village de Bueil, en Normandie, d’une mère ukrainienne et d’un père italien. Elle grandit à la campagne dans une famille cosmopolite, qui préfigure déjà sa voie de peintre et les multiples voyages, réalisés à l’âge adulte. En 1944, en pleine Libération de la France, Yolande Ardissone déménage à Paris pour ses études. Ses années de formation se révèlent riches et denses. 

Yolande Ardissone intègre l’École supérieure des arts appliqués de Duperré et côtoie, en parallèle, l’Académie de la Grande Chaumière ainsi que les cours du soir proposés par la ville de Paris. Elle se forme à la peinture et au dessin, notamment aux croquis de nus, réalisés d’après modèle vivant. Cet enseignement lui permet ensuite d’être admise à l’École Nationale Supérieure des Beaux-arts, dans l’atelier du peintre Nicolas Untersteller. 

Yolande Ardissone commence à gagner sa vie en décorant des broches et des abats-jours, ce qui lui assure une sécurité matérielle et la possibilité de voyager. En 1949, l’artiste se rend pour la première fois en Italie, avant d’entreprendre des voyages sur les cinq continents. D’Espagne, d’Algérie, d’Indonésie, des États-Unis ou encore du Guatemala, Yolande Ardissone rapporte de nombreux croquis qui forgeront sa main et son oeil. 

Les paysages modernes et postimpressionnistes de Yolande Ardisonne

Dès ses années d’études, Yolaine Ardissone forge peu à peu sa voie d’artiste. Rapidement, elle développe un talent certain pour le dessin, esquissé avec rapidité et certitude, et aiguisé au gré de ses croquis de voyages. Dans ses tableaux, ces caractéristiques se transposent au travail de la couleur qui devient la caractéristique principale de l’artiste, influencée par des artistes tels que Gauguin, Renoir ou Van Gogh. 

Les peintures modernes, réalisées à l’huile, de Yolande Ardissone les plus connues représentent des marines bretonnes, des campagnes d’île de France ou de la région Centre, ou encore les canaux de Venise, où l’artiste s’établit dans les années 1960. Faites de cieux et de mers, les marines sont composées principalement de tons bleus clairs et profonds, de ciel à turquoise, sur lesquels s’apposent les touches de couleurs vives, construisant le motif figuratif. Les paysages de campagne de Yolande Ardissone font la part belle aux champs de coquelicots, constitués par des rouges lumineux déposés sur des étendus d’herbes vertes à dorés. 

Dans ses tableaux de paysage, Yolande Ardissone rend hommage à la nature environnante en faisant éclater ses coloris et ses textures. L’artiste réalise également des natures mortes, de bouquets de fleurs et de corbeilles de fruits, construites par une variation de tons colorés vifs. À bien des égards, Yolande Ardissone s’inscrit dans la lignée des artistes modernes qui, de Monnet à Matisse en passant par Cézanne, ont tenté de percer les mystères de la lumière et de la nature à partir de la couleur et de la peinture. 

Le succès international de Yolande Ardissone

Yolande Ardissone fait partie des rares artistes femmes de son époque à connaître une reconnaissance artistique assez rapidement dans sa carrière. En 1949, elle expose pour la première fois au Salon des artistes français, avant de devenir une membre à part entière. À la fin des années 1950, Yolande Ardissone fait la rencontre décisive du marchand d’art étasunien Wally Findlay, détenteur des Findlay Gallery, qui importera son oeuvre aux États-Unis.  

À partir de 1957, les paysages modernes de Yolande Ardissone sont exposés dans des galeries à New York, à Chicago, à Beverly Hills et à Palma Beach. Les paysages français et la touche fauve, caractéristique de la peinture française et européenne, séduisent le public étasunien. Outre-Atlantique, Yolande Ardisone connaît un franc succès, tandis qu’elle expose également à Paris dans les galeries du réseau de son marchand. 

Les tableaux de paysages, et les marines en particuliers, de Yolande Ardissone comptent aujourd’hui parmi les collections publiques françaises. On peut les contempler notamment au Musée d’art moderne de la ville de Paris ainsi qu’au Musée national de la marine à Paris. 

Faire estimer gratuitement une oeuvre de Yolande Ardisonne

Sur le marché de l’art, la présence de Yolande Ardissone se fait timide. Parmi les oeuvres qui circulent, on y retrouve ses tableaux de paysages et ses natures mortes. Sans surprises, les collectionneurs recherchent les oeuvres caractéristiques du style de Yolande Ardissone : les paysages marins ou de campagne aux couleurs vives. Pour l’une de ces toiles, il faudra compter en moyenne entre 2000 et 5000 euros. Certaines d’entre elles, aux couleurs plus ternes, sont moins appréciées des collectionneurs et leurs prix varieront autour de 1000 euros. Quant aux natures mortes, on estime leur valeur entre 200 et 800 euros, selon la touche et le soin apporté à la couleur.  

(Illus.) Bateau bleu à Doelan, Huile sur toile, 50 x 100 cm

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