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Henri Laurens

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Estimation et cote de l'artiste Henri Laurens

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Les débuts de sculpteur d’Henri Laurens : découverte de l’académisme et de Rodin

Henri Laurens est né dans une famille d’ouvriers à Paris en 1885. Il entre à l’école d’arts décoratifs Bernard Palissy après avoir terminé l’école élémentaire. En 1899, il entre dans un atelier de fabrication de plastiques et d’ornements pour le bâtiment. Son rôle est d’y être le tailleur de pierres. En parallèle, il se perfectionne dans la sculpture en allant aux cours du soir du « Père Perrin » rue de Turgot. 

Henri Laurens s’installe à Montmartre en 1902. Jusqu’à 1905, on ne lui connaît qu’un auto-portrait au fusain, et le portrait de Mme Laurens, née Marthe Duverger, où se fait sentir l’influence de Rodin.

Henri Laurens dans le Paris des avant-gardes

Entre 1905 et 1911, Henri Laurens travaille en solitaire à l’élaboration d’une sculpture nouvelle, inspirée par le cubisme synthétique. En 1911 il rencontre Georges Braque, père du cubisme avec Picasso ; pourtant, il n’entre pas encore de plein-pied dans le mouvement. Il suit sa propre voix, même si désormais, il n’est plus isolé. De cette période on trouve une oeuvre sculptée, le portrait de Marthe Gireud, daté de 1912. Vraisemblablement, à cette époque il se serait aussi essayé aux dessins cubistes aux tons colorés, faisant sans doute penser à certains des interprètes du cubisme que l’on trouve alors au coeur de la Section d’Or de Jacques Villon, comme Picabia ou Léger. 

1913 marque son entrée dans le champ de l’avant-garde parisienne : pour la première fois, il expose au Salon des Indépendants. 

En 1914, Laurens ne rend pas part au conflit, car il est amputé d’une jambe. L’année suivante, Picasso, qui apprécie son travail, vient le voir avec Léonce Rosenberg, directeur de la galerie L’Effort Moderne. Rosenberg lui achète des sculptures et le soutient. L’influence de Pablo Picasso pousse le jeune Henri Laurens vers le cubisme, et ses premières oeuvres cubistes datent de cette période. Il rencontre à ce moment-là Modigliani, mais aussi Juan Gris avec lequel il se lie d’amitié. 



Henri Laurens et les élites d’avant-garde : le monde des poètes et des galeristes

Henri Laurens rencontre le poète Pierre Reverdy, dont il illustre les oeuvres, et en 1917 Léonce Rosenberg lui offre sa première exposition à la Galerie de l’Effort Moderne. C’est une consécration pour cet autodidacte, révélé par Picasso. 

L’année suivante, après une seconde exposition personnelle, Henri Laurens signe un contrat avec Rosenberg, et s’éloigne des problèmes financiers. En 1919 il réalise une série de gravures pour les poèmes de Reverdy, mais aussi Céline Arnaud et Paul Dermée. Son travail se diffuse. 

La sculpture d’Henri Laurens : le cubisme entre 1915 et 1928

Les premières sculptures connues de Laurens sont de petits plâtres colorés et des petites figures de bois de type cubistes. Puis pendant la guerre il travaille le fer et le bois, ou le bois et le plâtre, reniant le volume et la figuration pour réaliser des constructions qui s’apparentent un peu à celles de Picasso à la même époque. Après la guerre, il revient à la figuration. Il s’essaie aux bas-reliefs en terre cuite et en pierre, sculpte en pierre en bois, et réalise des terres-cuites : dans le sillage du cubisme, il créée véritablement son propre style, parfois proche de l’abstraction. En 1928, comme Braque et Picasso, devenus ses amis, il s’éloigne du mouvement. Il redonne de la souplesse et du volume aux formes qu’il avait géométrisées jusque là, et privées de certaines de leurs dimensions. 

Sculpture et arts décoratifs : Henri Laurens à l’aube d’un style nouveau, enfin couronné par les succès de la critique

Henri Laurens donne à ses sculptures des dimensions de plus en plus petites, mais le matériau s’ennoblit, car il utilise beaucoup le bronze. En parallèle de la sculpture il poursuit son activité dans les arts décoratifs, réalise des travaux pour Jacques Doucet, le Vicomte de Noailles ou encore Jean-Michel Franck. Il s’établit à l’Etang-la-Ville, près d’Aristide Maillol, et commence à évoluer vers un style plus linéaire. Certaines de ses sculptures en petit format sont alors reprises et agrandies. À cette période, et comme toujours, c’est l’éloignement vis-à vis de la réalité et la liberté de la rendre comme il l’entend qui prédomine chez Laurens, même lorsqu’il s’éloigne du cubisme. En 1935, son travail est récompensé par le prix Helena Rubinstein qui le soustrait de nouveau aux problèmes financiers.

En 1937, Henri Laurens présente à l’Exposition Universelle plusieurs travaux, dont une fontaine et une construction monumentale en bois métal et carton destinée à être suspendue dans le pavillon dessiné par Le Corbusier. C’est une étape considérable dans la reconnaissance du travail d’Henri Laurens. En 1938, il expose avec ses amis Braque et Picasso à Oslo, Copenhague et Stockholm. Son dessin intègre des lignes courbes nouvelles. 

La Guerre et la fin de carrière

Henri Laurens se retire pendant la guerre, composant des oeuvres plastiques et des gravures, replié sur lui-même. À partir de là, Henri Laurens travaillera énormément la gravure, et illustrera de nombreux ouvrages. 

En 1948 il représente la sculpture française à la Biennale de Venise, et l’année suivante, une grande exposition lui est dédiée au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles. Son art connaît enfin l’écho international qu’il mérite. En 1950, invité avec Matisse à la Biennale de Venise, il partage le grand prix de peinture à l’initiative de Matisse qui avait initialement reçu le prix tout seul. En 1951, immense rétrospective de l’artiste au Musée National d’art Moderne de Paris. Enfin, en 1953, à la Biennale de Sao Paulo, il reçoit le Grand prix qu’il n’avait jamais obtenu à Venise. 

De retour à Paris après avoir vu Matisse et Picasso à Vence, il meurt en 1954. 

L’estimation des oeuvres d’Henri Laurens

La cote d’Henri Laurens ne connaît pas la crise. Son record a été atteint en 2020 à Londres : un relief (Le Boxeur) de 1920 s’est vendu pour 1 875 492 euros (hors frais). De multiples sculptures d’Henri Laurens sont estimées au dessus du million d’euros. Les premiers jets et les plâtres ne connaissent pas le succès des bronzes, et les prix varient fortement selon le format, l’année, et la qualité de l’oeuvre. Les très petits formats de bronze, de l’ordre de 5 centimètres, se vendent aux alentours de 7 000 euros. 

Ses dessins cubistes des années 1920, très reconnaissables à leurs coloris sables, verts et bleus, (gouaches ou collages), peuvent se vendre jusqu’à 175 000 euros, la moyenne se situant plutôt entre 15 000 et 80 000 euros, quand les esquisses n’atteignent pas les 10 000 euros d’estimation. 

(Illus.) Henri Laurens

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Les premiers pas d’Henri Le Fauconnier peintre

Henri Le Fauconnier est né à Hesdin, dans le Nord, en 1881. Fils d’une famille bourgeoise (son père est médecin), il arrive à Paris en 1901 et délaisse très vite ses études de droit pour sa grande passion, la peinture. Entré dans l’atelier du peintre académique Jean-Paul Laurens, le jeune Le Fauconnier ressent le besoin de développer son art d’une manière nouvelle ; il entre bientôt à l’Académie Julian, plus ouverte à l’avant-garde et aux expérimentations picturales telles que l’art des nabis et le fauvisme, destinés à changer en profondeur le visage de la peinture occidentale. 

Henri Le Fauconnier coloriste, les nabis et le fauvisme comme inspirations premières

Le Fauconnier y découvre donc Gauguin et son héritage nabi, ainsi que le fauvisme de Matisse, Derain et Vlaminck ; c’est pour lui une révolution. Son style évolue vers la simplification des formes et le dessin par la couleur, qu’il applique en aplats purs. Le jeune Henri Le Fauconnier se met à fréquenter les cénacles de peintres et intellectuels qui le poussent vers un art de la pensée et de la construction ; Alexandre Mercereau, Pierre-Jean Jouve, puis Guillaume Apollinaire (en 1910), notamment. Dès 1904, Le Fauconnier expose au Salon des Indépendants. Sa première exposition personnelle se tient en 1905. En 1907, il s’installe en Bretagne, à Ploumanac’h, sur les traces du groupe de Pont-Aven, qui s’était réuni autour de Gauguin, leur « prophète » (c’est le sens du mot « nabi »), y développant une peinture basée sur la force des couleurs, le cerne noir et le jeu des formes. 

Henri Le Fauconnier et le cubisme

L’intérêt d’Henri Le Fauconnier pour la simplification des formes, notamment exprimée dans ses paysages reprenant les amas rocheux de Ploumanac’h, le pousse vers un mouvement qui vient d’éclore : le cubisme. Apollinaire, proche des fondateurs, l’y oriente sans doute aussi. Héritiers de Cézanne et de sa géométrisation de la nature, Georges Braque et Pablo Picasso, ainsi que d’autres peintres dans leur sillage, se lancent dans une rénovation de la peinture non plus par la couleur, mais par le bouleversement des formes, des perspectives, des lignes et des plans. Le Fauconnier, sensible au travail de Cézanne, se lie avec Albert Gleizes, Jean Metzinger, Fernand Léger ou encore Robert Delaunay, et ensemble, au Salon des Indépendants de 1911, ils font scandale par leur exposition dans ce qu’on a nommé « la salle des cubistes ». Jusqu’à la guerre, il continue à fréquenter les peintres cubistes de l’école de Puteaux (renommée Section d’Or par Jacques Villon, leur chef de file). Mais, comparé à la majeure partie des peintres de cette Section d’Or, la palette de Le Fauconnier ne s’est pas libérée vers l’expression colorée du fauvisme, elle s’est à l’inverse réduite, évoquant les tonalités de la terre et de l’herbe mouillée de son nord natal – reprenant la palette chère à Braque et Picasso seuls.

Le moment futuriste et l’expressionnisme hollandais d’Henri Le Fauconnier : un peintre en perpétuelle mutation

Henri Le Fauconnier est un peintre multiple ; outre les cubistes de la Section d’Or, dès les années 1910 il est proche de Vassili Kandinsky (qui le mentionne dans un texte du Cavalier bleu), mais il est aussi lié au fondateur du futurisme italien, Marinetti. Ouvert à tous les nouveaux courants de l’avant-garde internationale, Le Fauconnier tente de renouveler son art en tenant compte de ses propres aspirations cubistes tout en y ajoutant du mouvement (notion chère aux futuristes), et propose des toiles novatrices qui reviennent vers la couleur (Figures, 1913). En parallèle il travaille temporairement comme chef d’atelier à l’Académie de la Palette. 

Puis, lorsque la guerre éclate, Le Fauconnier part pour la Hollande. Il y restera six ans. Il se penche alors sur l’art en clair-obscur de Rembrandt et sur l’expressionnisme qui fleurit dans le nord de l’Europe, et modifie encore sa manière, privilégiant les empâtements de matière picturale et la force expressive du cerne noir.

Le retour à l’ordre dans la peinture d’Henri Le Fauconnier

Comme c’est le cas pour tous les artistes de sa génération, le traumatisme de la guerre change Henri Le Fauconnier, et le pousse à modifier sa peinture pour l’assagir. Le Fauconnier revient alors à une figuration plus traditionnelle, empruntant tout de même quelques-unes de ses couleurs aux fauves dont il a tant admiré le travail à ses débuts. En 1922, le grand collectionneur russe Chtchoukine acquiert plusieurs de ses oeuvres. Ses amis, Jouve, mais aussi Jules Romains (qui lui dédie une monographie en 1927) le soutiennent. 

En 1923, Henri Le Fauconnier s’éloigne de Paris et de ses amis peintres et intellectuels ; désormais, il créera dans l’intimité de sa maison de Grosrouvre (Yvelines), ou à Paris-même, où il reviendra chaque année passer les hivers de manière anonyme. 

Il meurt en janvier 1946, oublié et seul. Aujourd’hui, son oeuvre méconnu – pourtant si prisé de son vivant, par les plus grands poètes et artistes de l’école de Paris – est à redécouvrir, et à réévaluer à l’aune de son influence dans le Paris des avant-gardes, autant que dans les Pays-Bas où il exporta le modernisme parisien. 

L’estimation des oeuvres d’Henri Le Fauconnier

Encore méconnue, la peinture d’Henri Le Fauconnier ne connaît pas les estimations qu’elle mérite, et peu d’oeuvres circulent sur le marché. Sa peinture la plus chère s’est vendue en 2020 pour 32 000 euros à New-York. Cette toile, datée 1911, est un paysage cubiste. C’est cette phase du travail de Le Fauconnier qui est aujourd’hui la plus prisée. Le reste des oeuvres sa carrière, plus confidentielle, sont estimées entre 500 et 7 000 euros la peinture, en général. 

Les quelques dessins connus dépassent rarement les 1000 euros.   

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Jacques Biny, une naissance dans le monde de l’architecture et de la décoration d’intérieur

Jacques Biny est né en 1913, à Valence, dans une famille travaillant dans l’architecture et l’ornement. Son père lui transmet le goût de la décoration très tôt ; en effet, ce dernier officie en tant que staffeur et réalise ornements et pâtisseries pour agrémenter les plafonds des espaces architecturaux qui lui sont confiés. L’oncle de Jacques Biny, quant à lui, est architecte. Le jeune Biny accompagne son père sur les chantiers, et tout naturellement, il se passionne pour le monde de l’architecture et des arts décoratifs. Très jeune encore, Jacques Biny trouve sa propre voie, esquissant ses premières lampes et projets d’éclairages en raison de l’insuffisance de lumière sur les chantiers. 

En 1932, à dix-neuf ans, Biny entre à l’École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs de Paris, où il étudie pendant quatre ans. À son retour à Valence, Jacques Biny se lance dans la décoration d’intérieur, un travail qu’il exerce jusqu’à la fin des années 1940. 

Jacques Biny et la passion du luminaire

En parallèle de son activité de décorateur d’intérieur, Jacques Biny poursuit sa passion véritable, le design de luminaires. Il réalise alors des modèles d’éclairages aux contours design pour le cinéma Le Palace à Valence. Fort de ses succès, à l’aube des années 1950, Jacques Biny décide de s’installer à Paris pour y vivre son rêve de luminariste. En 1950, il fait produire ses premiers modèles par l’éditeur Omnialux, et les présente sous le nom d’éclairage « Luminalite » à la Foire de Paris. En 1951, Jacques Biny s’installe à son compte comme concepteur de luminaires. Il change d’éditeur, confiant ses modèles « Luminalite » à Kobis et Lorence. Jacques Biny innove dans la conception de nouveaux éclairages, conçus à partir de verre, de laiton, de métal laqué, puis de plexiglas (ou Perspex). Son but est avant tout utilitaire. Peu à peu, sa réflexion sur la lumière directe et indirecte, ainsi que sur les reflets lumineux, le mène à créer de nouvelles formes rationalisées. Biny se spécialise dans la création d’appareils d’éclairages à double effet de réfraction et de diffusion du faisceau lumineux, afin de s’adapter au mieux aux usages du quotidien. Les formes de ses créations sont sobres et épurées, une esthétique en phase avec le rationalisme des autres designers des Trente Glorieuses.

Jacques Biny et Luminalite, l’entreprise d’une vie : 1953-1976

Jacques Biny décide en 1953 de fonder sa propre entreprise d’édition de luminaires, qu’il nomme sans surprise Luminalite. Il installe Luminalite dans un vaste local du 11ème arrondissement. À cette période, Biny a déjà repéré Michel Buffet, un jeune designer prometteur, et va l’associer à l’aventure Luminalite. L’entreprise conçoit et édite des luminaires à la destination variée : appartements de particuliers, bien-sûr, mais aussi administrations publiques, hôtellerie, et même hôpitaux. Lampes à poser, appliques, hublots, lampadaires et grands appareils d’éclairages, la diversité des modèles dépend de la fonction et de la nature du bâtiment à illuminer. Les besoins sont tels dans cette période de la Reconstruction, que le travail ne manque pas, et les innovations de Jacques Biny s’adaptent parfaitement aux nouveaux modes de vie. 

Dès 1953, l’année de la fondation de Luminalite, Jacques Biny participe au Salon des Arts Ménagers comme éditeur, et présente des travaux de Michel Buffet, comme l’appique B206, ainsi que ses créations personnelles. À partir de là, il ne cessera de participer activement à tous les Salons et rendez-vous incontournables des arts décoratifs pour promouvoir son travail.

Les succès de Jacques Biny avec Luminalite : quelques chiffres-clés

L’année suivante, en 1954, Jacques Biny créée l’applique 193, qui sera installée dans les nombreuses chambres de la fameuse résidence étudiante d’Antony, un projet auquel d’autres designers de talent comme Jean Prouvé ou Raphaël Raffel participent également. 

Dans l’équipe de Jacques Biny, outre Michel Buffet, on trouve aussi les designers Charles Ramos, Jean-Boris Lacroix à partir de 1957-8, ou encore Louis Baillon, qui contribuent à la création de modèles novateurs en usant la tôle, le plexiglas le métal perforé et le laiton. En 1957, c’est Gustave Gautier qui rejoint l’équipe pour travailler sur les possibilités offertes par le Perspex, un plexiglas cher aux designers de luminaires de l’après-guerre. Biny est sélectionné cette année-là à la Triennale de Milan. Avec Gautier, au fil des ans, Luminalite élabore toute une gamme d’éclairages en Perspex coloré, notamment un système modulaire de cubes lumineux à imbriquer.  

 

À partir de 1964, Jacques Biny implique avec plus d’assiduité Luminalite sur les chantiers des collectivités, remportant notamment des chantiers d’éclairages pour les hôpitaux, auxquels il s’adapte en pensant des modèles d’éclairage pour les soins, les examens médicaux et la veille de nuit. En 1962, il avait déjà collaboré avec son frère, l’architecte Maurice Biny, co-constructeur de la préfecture de la Drôme, réalisant l’éclairage de l’édifice. Outre cette accointance familiale, c’est l’adhésion de Jacques Biny au CAIM, le syndicat des créateurs d’architectures et de modèles créé en 1962 par Jacques Hitier, qui lui permet de renforcer ses liens avec les décorateurs d’intérieur et les designers, qui font appel à lui sur des chantiers publics mais aussi privés. 

À la fin des années 1960, avec Louis Baillon, Biny édite un lampadaire (le 340) avec un système d’abat-jour « monte et baisse » sélectionné par Formes Utiles, un rendez-vous de l’UAM (Union des artistes Décorateurs). Autre récompense, en 1971, Jacques Biny remporte le premier prix du Concours EDF au salon Equip’hôtel pour l’éclairage de chambre d’hôtel. 

 

Luminalite est un succès total pour Jacques Biny : l’entreprise emploie dans les années 60 jusqu’à dix salariés, et le double par la suite. Luminalite a édité plus de 400 luminaires sous son créateur et premier directeur. En parallèle, Jacques Biny a encore trouvé le temps de confier certains modèles à l’éditeur Lita, signe de son activité débordante et du trop-plein de commandes de Luminalite. Alors que la société atteint des sommets, connaissant le succès auprès des décorateurs et des instances publiques, Jacques Biny s’éteint, en 1976, laissant Luminalite à la maison Cheret qui la rachète et en poursuit l’exploitation jusque dans les années 1980.

L’estimation des oeuvres de Jacques Biny

Les luminaires du designer restent en moyenne très abordables. En 2010, une lampe de table en laiton et métal peint, modèle 231 créé en 1950, s’est vendue pour 7500 euros hors frais à New-York, un record. Les appliques de décorateur se vendent souvent par paire, atteignant selon leur modèle, date de fabrication et dimensions une estimation allant de 150 à 6 000 euros.

Si les modèles créés par le père de Luminalite restent en général sous la barre des 10 000 euros, certains modèles de ses collaborateurs sont mieux évalués, à commencer par le lampadaire B211 de Michel Buffet, créé en 1953, et dont un exemplaire s’est vendu en 2021 pour 16 000 euros hors frais. De même, la lampe à poser modèle 301 éditée par Luminalite, mais dessinée par Boris Lacroix en 1957 connaît de jolis résultats en vente aux enchères, un exemplaire en laiton, métal laqué et Perspex ayant été vendu en 2021 pour la somme de 20 000 euros hors frais. 

De nombreuses expositions en galerie et catalogues concernant le travail de Jacques Biny ont récemment permis de mieux reconnaître son travail, et laissent entrevoir une probable hausse de la cote de l’artiste fondateur de Luminalite.

(Illus.) Jacques Biny

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Découvrez le parcours de Jacques Villon, pionnier du groupe de Puteaux et de l’abstraction d’après-guerre. Besoin d’une expertise concernant Jacques Villon ? Contactez l’équipe d’Estimonobjet ! 

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Dans la famille Duchamp, Jacques Villon et les autres

Jacques Villon, de son vrai nom Gaston Duchamp, est né en 1875 à Damville dans l’Eure. Presque toute la fratrie Duchamp (quatre enfants sur six) est promise à l’art des avant-gardes : Jacques Villon est le frère aîné de Marcel Duchamp, le célèbre père du ready-made, mais aussi de Raymond Duchamp-villon, sculpteur et peintre avec qui il exposera beaucoup, et de Suzanne Duchamp, peintre elle aussi, de mouvance dada. 

Les enfants grandissent sous l’oeil pétillant du grand-père Emile Nicolle, peintre et graveur, qui les oriente vers la pratique artistique. Déjà tout petit, Jacques Villon est attiré par la gravure, et réalise ses premières estampes à l’âge de 16 ans ; la gravure est l’un des arts dans lesquels s’exprimera plus tard sa conception du cubisme, et qui fera son renom. 

Jacques Villon et Raymond Duchamp-Villon à Paris

En 1894, Jacques Villon et Raymond Duchamp-Villon partent s’installer dans le Paris des avant-gardes. Jacques s’y inscrit en droit, mais vite il délaisse l’université pour l’atelier du peintre Cormon, boulevard de Clichy. Admirateur de François Villon et du poème « Jack » de Daudet, il adopte à cette époque le pseudonyme de Jack Villon, puis de Jacques Villon. 

De 1895 à 1906, Villon vit à Montmartre et jusqu’en 1910 il travaille pour des revues comme l’Assiette au beurre ou le Courrier français, influencé alors par le trait de Toulouse-Lautrec (rencontré à l’atelier de Fernand Cormon). De nombreux artistes comme Juan Gris ou Louis Marcoussis survivent en illustrant les mêmes magazines, qui sont alors des viviers de talents incomparables où l’on retrouve un grand nombre de ceux qu’on appellera les « post-cubistes ». En parallèle de ce travail d’illustration, Jacques Villon fait de la gravure en noir et blanc. Dès 1904, il devient sociétaire du Salon d’automne, et membre du comité, qu’il ne quittera qu’en 1912 suite aux violentes critiques au sujet de son projet « La Maison cubiste » par le président du comité, Franz Jourdain. 

L’installation à Puteaux de Jacques Villon : vers le cubisme du Groupe de Puteaux, dit de la « Section d’Or »

En 1905 Jacques et Raymond Duchamp-Villon tiennent leur première exposition en duo, à la galerie Legrip de Rouen. De plus en plus, Jacques se fait peintre, au détriment de la gravure, qu’il ne cessera d’exercer définitivement qu’en 1930. 

En 1906, après Montmartre, Jacques Villon s’installe à Puteaux, où son frère Raymond Duchamp-Villon, ainsi que Frantisek Kupka le suivent. Comme tous les peintres de leur génération, ils sont attirés par le post-impressionnisme de Manet mais aussi par le fauvisme de Matisse, Derain et Vlaminck qui libère la palette de couleurs primaires. 

Dans ces années-là, outre le fauvisme, le cubisme de Braque et Picasso, né en 1907, change la donne de la peinture à Paris. Dès 1911, sous l’égide de Marcel Duchamp, leur frère, auteur du célèbre (et cubiste) « nu descendant un escalier », les Villon se tournent à leur tour vers le cubisme et la géométrie des formes issue de l’héritage de Cézanne. L’atelier de Jacques Villon devient le centre du « groupe de Puteaux », composé d’artistes comme Jean Metzinger, Albert Gleizes, Francis Picabia ou Robert Delaunay, qui réfléchissent à une esthétique géométrisante proche du cubisme mais clairement lisible qui ne nierait pas la couleur, utilisant au contraire les innovations fauves de l’aplat de couleur pure pour composer leurs oeuvres.  

1912 : Jacques Villon et la Section d’Or

En 1912, le groupe prend le nom de « Section d’Or » en référence à une loi de la renaissance exposée par Léonard de Vinci. Au Salon d’Automne les artistes de l’atelier de Jacques Villon proposent La Maison Cubiste, un projet d’aménagement d’intérieur monumental qui fait scandale. Villon et les autres claquent la porte et quelques jours après le début de l’exposition, ils ouvrent à la Galerie de La Boétie (en fait le corridor d’entrée d’un marchand de meubles) leur propre exposition, Le Salon de la Section d’Or. Y exposent Gleizes, Metzinger, Picabia, Villon et Duchamp-Villon, bien-sûr, et tous les jeunes artistes comme Léger et Delaunay désireux d’avancer dans la voie de la géométrisation du monde en peinture. 

Cet événement marque un succès. Dès lors, Jacques Villon et ses acolytes exposeront partout en Europe et même dans le monde. En témoigne la participation de Villon en 1913 à l’Armory Show de New-York, où il expose et vend 9 tableaux. On note la présence de la toile « Nu descendant un escalier » de son frère Marcel Duchamp lors de cette exposition qui ouvre aux collectionneurs américains le marché parisien des avant-gardes et des post-cubistes. Cet élan est toutefois arrêté par la guerre, durant laquelle Villon est mobilisé (la Somme, la Champagne, jusqu’en 1918). Il exposera seulement en 1916 en Suède (Christiana, Oslo). 

Un chemin difficile vers l’abstraction : du « cubisme évolué » aux années 30 d’Abstraction-Création

Comme beaucoup de post-cubistes, dont Georges Valmier ou Albert Gleizes, Jacques Villon opère une géométrisation des formes qui le mène naturellement vers l’abstraction. 

Au sortir de la guerre, entre 1919 et 1922, on peut parler pour son travail de première période abstraite, appelée « cubisme évolué ». Il réalise de très nombreuses gravures et des tableaux, souvent peu colorés, exposés à New-York, et à Paris, où, avec Louis Latapie, il expose en 1922 à la galerie Povolotzky. 

Entre 1922 et 1933, la situation de Villon est précaire. Il grave des oeuvres célèbres pour la galerie Bernheim-Jeune, et connaît tout de même quelques succès à New-York. En 1930 il abandonne la gravure, il ne sera plus que peintre. De 1931 à 1933 il se relance dans la peinture abstraite et adhère au groupe Abstraction-Création, fondé par Jean Hélion, Auguste Herbin et Georges Vantongerloo. S’ensuit un période de retour à la figuration, un peu moins audacieuse dans les formes, mais de plus en plus tournée vers la couleur, jusqu’à 1939, où il expose Galerie Charpentier pour le premier Salon des Réalités Nouvelles sous l’égide du couple Delaunay. Ce salon contribue à ancrer la nouvelle peinture dans l’abstraction et influencera fortement l’école de Paris émergente. 

 

La fin de carrière de Jacques Villon est marquée par la reconnaissance nationale, et internationale. En 1935 ses oeuvres sont exposées au Petit Palais, en 1937 il reçoit deux diplômes d’honneur et une médaille d’or à l’Exposition internationale de Paris. Cette même année il est fait chevalier de la Légion d’honneur, et sera nommé Commandeur en 54. Ses toiles sont prisées aux Etats-Unis où de très nombreuses expositions sont organisées grâce au galeriste Louis Carré. En 1950, il reçoit la médaille du Carnegie, à Pittsburgh. En 1956, il reçoit le grand prix de la Biennale de Venise.  Jacques Villon meurt en 1963, à Puteaux. 

L’estimation des oeuvres de Jacques Villon

Si l’aura de Jacques Villon est immense pour le cubisme et le cheminement vers l’abstraction à partir de l’après-guerre, sa cote n’est toutefois pas à la hauteur de certains autres des post-cubistes. 

Les toiles de Jacques Villon n’ont pas été si nombreuses, ces dix dernières années, sur le marché de l’art. Elles s’estiment entre 750 000 euros (pour la plus chère, vendue pour cette somme (hors frais) en 2016 à New-York), et 1 500 euros. En général, elles sont estimées entre 6000 et 15 000 euros, seules 25 toiles ayant franchi le cap des 20 000 euros. Ses plus belles gravures cubistes (pointe sèche) peuvent se vendre entre 15 000 et 50 000 euros, mais elles sont en général plus abordables. Les estimations sont plus basses lorsqu’on passe à ses reproductions gravées d’oeuvres célèbres. Ses dessins sont estimés jusqu’à 30 000 euros, le record (pour les dessins cubistes les plus intéressants, conçus comme des réalisations abouties) et 200 euros pour les esquisses et dessins d’illustrations de magazines. 

(Illus.) Jacques Villon, The Wild Twenty Years, 1930-1931, pointe sèche, Honolulu Museu of Art.

En lien avec Jacques Villon

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Estimation gratuite Jean Derval

Jean Derval

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Estimation et cote de l'artiste Jean Derval

Jean Derval (1925-2010) est l’un des céramistes français les plus emblématiques du mouvement de Vallauris d’après-guerre. Artiste complet, sculpteur et décorateur, il a su mêler tradition artisanale et modernité plastique pour créer une œuvre singulière, à la croisée de la peinture, de la sculpture et de la céramique. Ses créations, aux lignes puissantes et aux glaçures profondes, incarnent l’esprit de renouveau qui a marqué la céramique française des années 1950. Besoin d’une expertise concernant Jean Derval ? Contactez l’équipe d’Estimonobjet !

Estimation gratuite Jean Derval

Prix des œuvres de Jean Derval

  • Objets décoratifs / vases, pichets, assiettes, plats - entre 60 € et 10 000 €

  • Dessins, aquarelles, gravures - entre 150 € et 800 €

  • Sculptures, pièces volumineuses - entre 80 € et 20 000 €

  • Luminaires / pièces d’éclairage - entre 1 000 € et 5 000 €

  • Pièces de collection exceptionnelles (grands décors muraux, œuvres uniques) - jusqu’à 47 000 €

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Jean Derval, premiers pas dans l’art avec Roger Capron, et l’aventure de la céramique à Saint-Amand-en-Puisaye

Jean Derval est né à Châtillon-su-Indre en 1925. Sa famille s’installe à Gagny, près de Paris, où le jeune Derval découvre le dessin et le graphisme grâce à son professeur d’école. En 1938, après l’obtention du certificat d’études, Jean Derval entre en préparation du concours d’entrée à l’École des arts appliqués à l’industrie, et c’est à ce moment qu’il rencontre Roger Capron et Robert Picault, deux autres grands futurs céramistes de Vallauris, qui partageront la vie et la passion artistique de Derval. Jean Derval étudie 4 ans le graphisme publicitaire dans cette école sous la férule du designer de produits Max Ponty. En 1942, à peine diplômés, Jean Derval et Roger Capron sont recrutés par le Commissariat général à la jeunesse comme moniteurs de loisirs culturels, réalisent des fresques à Saint Quentin et Beauvais, puis sont rapatriés à Paris pour élaborer les affiches de leur employeur. Derval travail ensuite pour le musée archéologique d’Angers, et s’installe enfin, entre 1944 et 1945 comme affichiste à Paris. Il travaille pour Christofle, réalisant les projets de décoration de vaisselle, avant que le patron ne lui confie une collection entière à concevoir dans l’atelier Maubrou-Pigaglio à Sant-Amand en Puisaye, la patrie du céramiste Jean Carriès. Après cette première expérience de la céramique, Pigaglio engage Derval pour réaliser de nouveaux modèles de céramiques qui moderniseraient les poteries culinaires utilitaires typiques de la région. C’est là que Jean Derval décide de dédier sa vie à la céramique. 

Jean Derval à Vallauris, de l’atelier Callis à Madoura… et à l’atelier du Portail

En 1946, Derval rompt avec Pigaglio. Il reprend son travail d’affichiste à Paris, mais songe surtout à créer avec ses amis Roger Capron et Robert Picault un atelier de céramique à Vallauris. Mais Picault et Capron créent à deux l’atelier Callis, alors que Derval est retenu à Paris. Il les rejoint en août 1947. En 1948, Robert Picault fonde sa poterie, et Capron se spécialise dans le coulage : Jean Derval ne se sent plus à sa place, il veut continuer le travail artisanal, et répond à l’offre de Suzanne Ramié de rejoindre l’atelier Madoura qu’elle a fondé avec son mari. Derval y rencontre Picasso, et aide Suzanne Ramié à continuer sa production personnelle, mise en péril par le succès du travail novateur de Picasso. En 1951, soudainement, Jean Derval quitte Madoura pour fonder l’atelier du Portail. Il ne fabrique que des pièces uniques, aux motifs figuratifs, dans un style de simplification des formes inspiré de Picasso et des poteries des civilisations anciennes, associé à l’austérité sculpturale du grès, matériau découvert à Saint-Amand-en-Puisaye et qu’apprécie particulièrement Derval. En 1948, il expose pour la première fois ses créations, souvent inspirées de thèmes mythologiques, au Nérolium, la distillerie municipale de Vallauris, où depuis 1946 les céramiques se dévoilent lors d’une exposition annuelle. 

Jean Derval et les succès des années 50.

Jusqu’en 1986, Derval participe à l’exposition du Nérolium. En 1952, il participe à l’exposition « potiers de Vallauris » présentée par Françoise Gilot à la Maison de la pensée française à Paris. Il créée avec son beau-frère l’atelier du Mûrier, qui fonctionnera entre 1955 et 1984, grâce notamment à Jean-François Descombes, un élève céramiste de Derval. L’année 1955 marque divers prix et commandes de prestige pour Derval ; il remporte le premier prix à l’exposition internationale de céramique de Cannes, et le Grand prix de l’académie internationale de céramique de Genève. Fin des années 50, Derval expose à New-York et Chicago ; le succès est au rendez-vous. En 1958, il est honoré de la médaille d’or des métiers d’arts à l’Exposition Universelle de Bruxelles. Mais en 1961, face à la massification de la production de poterie à Vallauris, Derval participe à « L’Enterrement de la pièce unique » une exposition revendicatrice qu’il organise à l’Atelier du Portail. Malgré tout, le travail de Derval est prisé, en France et à l’international, et les commandes ses succèdent. En 1964, il expose sur le thème de la machine en terre avec plusieurs autres céramistes ; un thème qui marquera sa production postérieure.

Jean Derval retrouve Roger Capron, puis réouvre l’atelier du Portail

En 1966, Roger Capron demande à Derval de participer au projet d’aménagement de l’hôtel Byblos de Saint-Tropez. Derval a déjà réalisé de nombreux panneaux et oeuvres sculptées pour l’hôtellerie et accepte. Fort de cette collaboration fertile, Roger Capron, qui dispose d’une immense manufacture spécialisée dans les carreaux de céramiques, décide d’employer Jean Derval à temps plein, en tant que directeur d’études. En 1973 toutefois, désireux de privilégier sa production personnelle, Jean Derval retrouve l’Atelier du Portail. Il collabore avec de grandes entreprises de céramique, participe à d’importants projets d’aménagements, publics ou privés, comme la façade de l’immeuble Port Soleil au Cap-d’Agde, ou la résidence présidentielle de Djbouti. Derval poursuit aussi sa participation aux grands salons de la céramique, comme la biennale de Vallauris. Son travail est exposé à plusieurs reprises au Musée des Arts Décoratifs de Paris à l’occasion de rétrospectives sur la céramique contemporaine. En 1984, Derval reçoit la médaille d’or à la biennale de Vallauris pour des sculptures monumentales. Jusqu’à son décès en 2010, Jean Derval continue à honorer de multiples commandes, de la réalisation de fontaines en céramique, comme celle de 2008 pour la ville de Vallauris, à la création de sculptures monumentales ou de façades entières, comme pour celle de la pharmacie Raybaut à Cagnes-sur-mer (1988). En 1998, Pierre Rémy réalise un film sur Jean Derval.  Jean Derval est décédé chez lui à Vallauris en 2008.

L’estimation des oeuvres de Jean Derval

En 2019, une céramique « pichet femme du barbu » s’est vendue pour 33 000 euros, signant le record de vente pour une oeuvre de Derval. Ses céramiques des années 1950-1960 semblent les plus estimées, même si son travail des années 2000 connaît aussi un regain de succès, à l’instar de la coupe « les saltimbanques » de 2003, acquise pour la somme de 9 000 euros hors frais en 2021 à Blois. Le prix moyen pour une oeuvre de Jean Derval oscille selon les dimensions, les dates de fabrication, le sujet, et la qualité d’exécution, la plupart des pièces en céramique de moyenne taille (70-90 cm) s’étalant généralement entre 800 et 4 000 euros. La cote de l’artiste semble en légère hausse depuis quelques années.

Reconnaître la signature de Jean Derval

La signature de Jean Derval constitue un élément clé pour authentifier ses œuvres et les distinguer de celles d’autres céramistes de Vallauris. Artiste majeur de la céramique française d’après-guerre, Derval a signé ses créations de différentes manières selon les périodes, les techniques utilisées et la destination des pièces. On retrouve le plus souvent les mentions « J. Derval », « Jean Derval » ou « Derval Vallauris », apposées à la main sous l’émail, incisées dans la terre encore fraîche ou marquées d’un tampon d’atelier. Certaines signatures sont accompagnées de la mention « Vallauris », rappelant l’ancrage géographique de son atelier, ou d’un symbole stylisé, parfois une croix ou un motif géométrique distinctif. La diversité de ses signatures reflète la richesse et la durée de sa production, allant des pièces utilitaires décorées à la main jusqu’aux sculptures céramiques inspirées de l’art sacré et des formes archaïques. Les œuvres les plus recherchées, souvent réalisées dans les années 1950 et 1960, présentent une signature manuscrite délicate, parfois légèrement en relief sous la base ou au revers de la pièce. Certaines céramiques issues de l’atelier Derval, notamment celles réalisées en collaboration ou produites en petite série, ne comportent pas de signature apparente. D’autres peuvent avoir été signées par un assistant ou porter une marque d’atelier postérieure, ce qui rend l’identification plus délicate. Chez Estimon’Objet, nos experts en céramique d’après-guerre et de Vallauris examinent attentivement la signature, les émaux, la forme, la facture et la provenance pour confirmer l’authenticité des œuvres de Jean Derval. Cette analyse rigoureuse permet de déterminer la valeur réelle sur le marché actuel, où les pièces signées Jean Derval connaissent un regain d’intérêt marqué auprès des collectionneurs et amateurs de design du XXᵉ siècle.

Estimation gratuite Signature Jean Derval
Expertise signature Jean Derval

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Jean Metzinger

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Estimation et cote de l'artiste Jean Metzinger

Découvrez l’histoire de Jean Metzinger et ses créations cubistes aux couleurs chatoyantes. Besoin d’une expertise concernant Jean Metzinger ? Contactez l’équipe d’Estimonobjet !

Estimation gratuite Jean Metzinger

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Jean Metzinger, les débuts d’un peintre au carrefour de plusieurs influences : du néo-impressionnisme au cubisme, en passant par le fauvisme

Jean Metzinger est né à Nantes en 1883. À dix-sept ans, il commence ses études d’art sous la houlette du portraitiste Hippolyte Touront aux Beaux-Arts. Cet apprentissage technique à l’académie le mène en premier lieu vers le néo-impressionnisme, toujours vivace en France, même si le jeune Metzinger est attiré par les avant-gardes, et notamment le divisionnisme de Georges Seurat. Trois ans plus tard, le jeune peintre s’installe à Paris et libère sa créativité.

 

Dès lors, Jean Metzinger expose régulièrement au Salon d’automne et au Salon des indépendants. La galerie Berthe Weill, premier marchand parisien de Picasso (en 1901-1902), le représente à son tour. Metzinger s’essaie à un art innovant, inspiré par la géométrisation des formes et la recherche intellectuelle de la couleur. Lorsque le fauvisme d’Henri Matisse, de Derain et de Vlaminck s’impose, autour de 1905, il s’en fait l’écho dans ses peintures, inspiré par les expositions de la galerie Berthe Weill, qui expose très régulièrement le travail de Matisse, et donc, et à intervalles réguliers, celui de Metzinger lui-même.  

 

Au bout de quelques années, Metzinger, le jeune nantais, s’est bien acclimaté ; il est au coeur des cercles parisiens les plus importants de son temps. il fréquente Albert Gleizes et Robert Delaunay, avec lequel il exposera à la galerie Berthe Weill, et rencontre Max Jacob et Guillaume Apollinaire, avec lequel il se lie d’amitié.

Jean Metzinger, peintre et théoricien du cubisme…

Dès 1909-1910, au sein du cercle d’Apollinaire, Jean Metzinger oriente son trait vers la synthèse et la géométrie de Pablo Picasso, autre grand ami du poète : son fameux  Portrait de Guillaume Apollinaire en témoigne. La peinture de Metzinger s’inscrit désormais pleinement dans le courant du cubisme analytique. Lorsqu’il expose ses oeuvres au Salon d’automne 1909, ses acolytes se nomment Fernand Léger, Constantin Brancusi ou Henri Le Fauconnier.

 

Jean Metzinger maîtrise si bien le cubisme qu’avec son ami Gleizes, il va en devenir le théoricien. C’est, en dehors d’être un bon peintre, un très bon écrivain. Apollinaire publia un de ses poèmes, tandis que de nombreuses revues publièrent ses articles sur le cubisme. En 1912 paraît Du cubisme, écrit à quatre mains par Metzinger et Gleizes. C’est un vrai manifeste qui étaie les théories du mouvement de Braque et Picasso. Son succès atteste de son importance ; il est réédité 15 fois dès l’année de sa sortie. 

… et du post-cubisme avec le groupe de la Section d’or !

Cette même année, Jean Metzinger participe à l’exposition de la Section d’Or autour du groupe de Puteaux réuni par Jacques Villon. Le groupe, dont Léger, Picabia, Juan Gris et Delaunay font partie, se réunit souvent dans l’appartement de l’ami intime de Metzinger, Albert Gleizes, pour oeuvrer ensemble en faveur d’un cubisme plus lisible. Leur exposition à la galerie de la Boétie en octobre 1912 marque une étape décisive. De nombreux artistes y exposent leurs toiles, les plus célèbres, comme Gleizes, Metzinger ou Léger, mais aussi d’autres artistes prometteurs, comme Marie Laurencin, Louis Marcoussis ou André Lhote. 

Puis Metzinger se détache encore plus visiblement de l’héritage du cubisme puriste pour développer un style propre. Dans les années 1920, la géométrie de ses compositions est presque parfaite, se rapprochant de celle que Juan Gris continuera toute sa vie à appliquer. Cette rationalisation des formes pousse un temps le peintre vers une peinture à la limite de l’art abstrait, dès 1924, une abstraction conçue comme le souvenir d’un cubisme presque dépouillé de sa figuration. Alors entre peinture figurative et abstraction, revenant plus tard à une figuration plus classique, le peintre sera toute sa carrière durant marqué par l’empreinte du cubisme, dont il fut l’un des principaux porte-voix. Il meurt en 1956 à Paris.

Les estimations des oeuvres de Jean Metzinger

Le record absolu pour une oeuvre de Jean Metzinger a été atteint en 2020, lorsque la toile Le cycliste de 1912 a été acquise à Londres pour près de 3 millions d’euros (sans les frais), très exactement 2 951 412 euros. Entre 2007 et 2020, cependant, seules quatre toiles ont dépassé le million d’euros en vente. Ses toiles de style cubiste connaissent le plus de succès. Cependant, les prix divergent en fonction de la qualité des oeuvres, de leur taille, de leur support, et nombreuses sont celles à entrer dans la fourchette des 20 000 – 40 000 euros. 

Les compositions sur papier conçues comme des oeuvres à part entières, souvent des techniques mixtes colorées, peuvent atteindre les 50 000 euros. Pour une esquisse, compter de 800 à 12 000 euros selon l’importance du sujet, son traitement et la taille de la feuille, ainsi bien-sûr que de l’année de réalisation. Là encore, les compositions cubistes se démarquent, et cela est bien normal, puisque Jean Metzinger est encore aujourd’hui considéré comme l’un des plus grands peintres-théoriciens du cubisme.

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Robert Delaunay, Portrait de Jean Metzinger dit L’Homme à la tulipe, 1906, localisation inconnue.

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Jean Touret

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Estimation et cote de Jean Touret et des Artisans de Marolles

Vous possédez une table en chêne sculpté, une enfilade, un bureau, un banc ou des sièges des Artisans de Marolles et souhaitez en connaître la valeur ? Créé en 1950 sous la direction artistique de Jean Touret, ce collectif a développé un mobilier immédiatement reconnaissable, associant le chêne massif travaillé à la main au fer forgé. Aujourd’hui très recherchées, les pièces les plus rares peuvent dépasser 100 000 euros.

Spécialiste de l’expertise et de l’estimation d’objets d’art et de collection, Estimon’objet vous accompagne dans l’identification et l’évaluation de votre mobilier de Jean Touret ou des Artisans de Marolles. Transmettez-nous vos photographies pour obtenir une première estimation confidentielle.

Estimation gratuite Jean Touret

Prix des œuvres de Jean Touret et des Artisans de Marolles

  • Tables et bureaux : de 1 500 à plus de 43 000 euros

  • Buffets et enfilades : de 3 000 à plus de 100 000 euros

  • Chaises, tabourets, bancs et banquettes : de 400 à plus de 13 000 euros

  • Luminaires et objets en fer forgé : de 300 à plus de 8 000 euros

  • Panneaux sculptés et objets décoratifs : de 500 à plus de 10 000 euros

Pour obtenir une première estimation, transmettez à Estimon’objet des photographies nettes de l’ensemble du meuble, de ses côtés, de son plateau, de son piètement et de son revers. Ajoutez des vues rapprochées des assemblages, du travail du bois, des éléments en fer forgé et des éventuelles marques apposées sous le plateau, au dos ou à l’intérieur du meuble. Les dimensions exactes, le poids lorsqu’il peut être relevé, ainsi que toute information relative à l’origine de la pièce, à son acquisition ou à ses restaurations sont également précieux.

Nos experts étudient la forme du meuble, l’essence de bois, les traces laissées par la gouge ou l’herminette, la patine, les ferrures et la cohérence de la construction. Ils cherchent également à distinguer les créations conçues sous la direction de Jean Touret entre 1950 et 1964 des productions postérieures réalisées à Marolles. Estimon’objet, partenaire privilégié pour l’expertise et l’estimation de vos objets d’art et de collection, vous communique ensuite un avis argumenté sur l’identification, la période et la valeur de votre œuvre.

La cote de Jean Touret et des Artisans de Marolles

Le marché de Jean Touret connaît une progression importante, portée par la redécouverte du mobilier artisanal français de l’après-guerre. Les collectionneurs privilégient les modèles à la construction puissante, les surfaces entièrement façonnées à la main, les pièces bien documentées et le mobilier conservant sa patine d’origine.

La cote des tables et des bureaux

Les tables de Jean Touret et des Artisans de Marolles figurent parmi les créations les plus emblématiques du collectif. Elles associent fréquemment un épais plateau de chêne sculpté à un piètement en fer forgé noirci. Les décors dits « nid d’abeilles », obtenus par un travail répété à la gouge ou à l’herminette, sont particulièrement recherchés.

En mai 2026, une grande table des Artisans de Marolles du début des années 1960, portant la marque « Marolles » accompagnée de l’éléphant, a atteint 43 750 euros, frais compris, à Clermont-Ferrand. En novembre 2021, une table rectangulaire en chêne clair au plateau travaillé en nid d’abeilles, attribuée à Jean Touret après authentification, a été vendue 38 440 euros, frais compris, à Tours. Lors de la même vacation, un bureau à caissons a obtenu 23 560 euros.

La cote des buffets et des enfilades

Les buffets et enfilades de Marolles séduisent par leur architecture sobre, leurs façades sculptées et leurs imposantes poignées en fer forgé. Les exemplaires de grandes dimensions, issus de la période dirigée par Jean Touret et conservés dans un bon état, atteignent aujourd’hui les prix les plus élevés.

En mars 2026, une exceptionnelle enfilade en chêne dont toute la surface avait été travaillée à la gouge a été adjugée 101 543 euros, frais compris, à Paris, établissant alors un record pour un meuble du collectif. En février 2024, une autre enfilade aux façades sculptées en nid d’abeilles avait atteint 60 000 euros, frais compris, à Blois. Un modèle datant des environs de 1960, marqué deux fois du nom de Marolles et de l’éléphant, avait auparavant été vendu 29 760 euros à Tours en novembre 2021.

La cote des sièges, luminaires et objets décoratifs

Les chaises, tabourets, bancs et banquettes présentent une cote très variable. La valeur dépend du nombre d’éléments, du modèle, du matériau et de la présence d’un décor sculpté ou d’un piètement en fer forgé. Les ensembles complets et homogènes sont généralement mieux valorisés que les sièges isolés.

Les luminaires, panneaux sculptés, chenets et objets décoratifs permettent d’aborder l’univers de Marolles à des prix parfois plus accessibles. Six panneaux en bois sculpté ont ainsi été vendus 3 500 euros hors frais à Orléans en 2017. Certaines productions postérieures à 1964 peuvent également atteindre des résultats élevés : un banc attribué à Claude Lézé, qui appartient à l’histoire plus tardive de l’artisanat de Marolles mais non à la période dirigée par Jean Touret, a obtenu 13 440 euros à Blois en mai 2022.

Comment reconnaître un meuble de Jean Touret et des Artisans de Marolles ?

Les créations conçues sous la direction de Jean Touret reposent sur un vocabulaire volontairement simple et robuste, inspiré des formes du mobilier rural. Le chêne massif est fréquemment employé sous forme de plateaux épais, de façades puissantes ou de montants largement dimensionnés. L’artiste et les artisans recherchent la présence naturelle du matériau plutôt qu’une finition parfaitement uniforme.

La surface du bois constitue un indice essentiel. Elle peut être animée de profondes traces de gouge, d’un décor en nid d’abeilles ou d’un effet de bois arraché révélant les fibres. Ces irrégularités sont le résultat d’un travail manuel et ne doivent pas être confondues avec des dégradations. Les piètements, poignées, charnières et autres éléments en fer forgé noirci créent souvent un contraste marqué avec le chêne clair.

La construction privilégie les assemblages solides et les silhouettes archétypales : tables à épais plateaux rectangulaires, enfilades basses, coffres, bancs et sièges à l’apparence volontairement primitive. Le poids du meuble, la cohérence des assemblages, l’usure naturelle et l’oxydation ancienne du métal doivent néanmoins être examinés conjointement. Une apparence rustique ne suffit pas à garantir une attribution.

Reconnaître les marques des Artisans de Marolles

Les meubles peuvent porter une marque au fer telle que « MAROLLES » ou « MAROLLES MADE IN FRANCE ». À partir de la création du label en 1959, certains exemplaires présentent également le nom de Marolles accompagné d’un éléphant stylisé. Ces estampilles se trouvent généralement sous le plateau, au revers du meuble, à l’intérieur d’une porte ou sur une partie peu visible de la structure.

Toutes les pièces authentiques ne sont cependant pas marquées. Certains meubles anciens ont perdu leur étiquette ou n’ont jamais reçu d’estampille. Inversement, la présence du seul nom de Marolles ne prouve pas que le modèle a été dessiné par Jean Touret : après son départ de la direction artistique en 1964, plusieurs artisans ont poursuivi leur activité et développé d’autres créations. L’étude de la forme, des matériaux, de la provenance et de la période reste donc indispensable.

Expertise meuble Jean Touret les artisans de Marolles

Mobilier de Jean Touret : ce que regardent nos experts

Pour identifier un meuble de Jean Touret ou des Artisans de Marolles, Romain Coulet, expert spécialisé dans les arts du XXe siècle et le design, examine d’abord l’essence et l’ancienneté du bois. Les marques d’outils, la profondeur du décor, les assemblages et la patine permettent de déterminer si le meuble présente un véritable travail artisanal d’époque.

L’analyse porte ensuite sur le fer forgé, son mode de fabrication, son oxydation et sa fixation sur le meuble. Les dimensions sont rapprochées des modèles répertoriés, tandis que les estampilles et documents de provenance sont étudiés avec prudence. Cette approche permet notamment de différencier une création réalisée sous la direction de Jean Touret, une production postérieure de l’artisanat de Marolles et un meuble simplement conçu « dans le goût de » cet ensemble.

Jean Touret, du village de Marolles à la sculpture monumentale

Jean Touret naît le 7 avril 1916 à Lassay-les-Châteaux, en Mayenne. D’abord attiré par la peinture, il est fait prisonnier pendant la Seconde Guerre mondiale et passe cinq années en Allemagne. Dans la région forestière de l’Erzgebirge, il travaille comme bûcheron et développe une connaissance directe du bois. Après la guerre, il s’installe avec son épouse à Marolles, près de Blois, où il rencontre les artisans locaux.

En 1950, il fonde les Artisans de Marolles et en devient le directeur artistique. Le groupe réunit notamment des menuisiers, un ferronnier, un vannier et un potier autour d’un projet à la fois artistique, économique et humain. Touret conçoit des formes modernes inspirées du mobilier rural, tandis que les artisans mettent leur savoir-faire au service du chêne, du fer, de la céramique et de la vannerie. Le collectif se fait connaître grâce à la boutique Primavera et présente une importante exposition au château de Blois en 1958. En 1959, l’association devient les Artisans de Marolles et du Loir-et-Cher et se dote d’un label.

Jean Touret quitte la direction artistique du collectif en 1964 afin de se consacrer pleinement à la sculpture. À partir de 1971, son fils Sébastien travaille à ses côtés. L’artiste réalise de nombreuses œuvres religieuses et monumentales, dont le maître-autel en bronze installé en 1981 dans la cathédrale Notre-Dame de Paris. Jean Touret meurt en 2004, laissant une œuvre située à la rencontre du design français d’après-guerre, de l’artisanat et de la sculpture sacrée.

Avant toute estimation, évitez de poncer, décaper ou revernisser un meuble des Artisans de Marolles. Une restauration trop importante peut effacer les traces d’outils, modifier la teinte du chêne et réduire la valeur de la pièce. Ne nettoyez pas non plus les ferrures avec des produits abrasifs : leur patine et leur oxydation peuvent constituer des indices utiles.

Photographiez le meuble avant toute intervention, en insistant sur le dessous, les assemblages et les marques. Conservez également les factures anciennes, photographies de famille, correspondances ou documents liés à la commande. Une provenance établie peut faciliter l’attribution et renforcer sensiblement la valeur d’un modèle rare.

Vous pensez posséder une table de Jean Touret, une enfilade des Artisans de Marolles, un bureau, un siège ou un objet en fer forgé ? Adressez vos photographies et vos informations à Estimon’objet pour recevoir une première estimation.

Grâce à son réseau de spécialistes du mobilier et du design du XXe siècle, Estimon’objet est votre partenaire privilégié pour l’expertise, l’authentification et l’estimation de vos objets d’art et de collection. Notre équipe vous accompagne de manière confidentielle, de l’identification initiale jusqu’à la valorisation de votre œuvre.

En lien avec Jean Touret

Estimation d’objet d’art en ligne : comment faire ?

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Les ventes rendues possibles par Estimonobjet — Design

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Pierre JEANNERET (1896-1967) Rare bibliothèque Teck, placage de teck, verre, fer, aluminium Portant l’inscription books for sale, en haut du meuble 18

💰 Adjudication :
68 000 €

🔎 Estimation :
70 000 € - 90 000 €

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Sheila HICKS (1934) Sans titre, circa 1976 Tapisserie en coton et lin montée sur un châssis bois Signée Sheila Hicks et située Paris sur l’envers ains

💰 Adjudication :
67 000 €

🔎 Estimation :
20 000 € - 30 000 €

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Pierre JEANNERET (1896-1967) Table éclairante dite Library table Teck, placage de teck, tôle de métal, verre 112 x 247 x 125 cm. Circa 1963 Illuminat

💰 Adjudication :
57 000 €

🔎 Estimation :
60 000 € - 80 000 €

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Ado CHALE (1928) Table dite Goutte d’eau Bronze, métal
Signée
43 x 150 x 75.5 cm. Circa 1970 Goutte d’eau low table Bronze, painted steel 16.93 x 59

💰 Adjudication :
46 000 €

🔎 Estimation :
30 000 € - 40 000 €

Estimation gratuite Juan Gris

Juan Gris

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Estimation et cote de l'artiste Juan Gris

Juan Gris (1887-1927) est un peintre espagnol et souvent représenté comme l‘un des grands maîtres du cubisme. Ayant vécu en France une grande partie de sa vie, il a contribué au développement de la seconde phase du cubisme, le « cubisme synthétique ».

Estimation gratuite Juan Gris

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Les premiers pas de Juan Gris : de l’Espagne à Paris

Juan Gris, de son vrai nom José Victoriano Carmalo Carlos Gonzalez Perez, est né à Madrid en 1887 dans une famille de commerçants. Dès l’âge de cinq ans, il est attiré par les arts visuels et, en 1902, il entre à l’école des Arts et manufactures de Madrid. En 1906, il prend le pseudonyme de Juan Gris. Il illustre de 67 dessins un livre du poète péruvien José Santos Chocano où déjà s’affirme un goût pour la géométrie et pour certains sujets de la vie courante comme la guitare, iconographie qui traversera toute son oeuvre.

Cette même année, Gris rejoint son compatriote peintre Vásquez Diaz à Paris, et s’y établit définitivement. Comme tous les jeunes peintres, les deux espagnols sont attirés par ce haut lieu des avant-gardes et souhaitent y développer leur peinture au contact des plus grands. Grâce à son ami, le jeune Juan Gris commence à dessiner pour L’Assiette au beurre et autres revues. Il se met à fréquenter au Bateau-Lavoir, où il occupe l’atelier de Kees Van Dongen jusqu’en 1922, les poètes et les artistes de l’avant-garde parisienne : Pablo Picasso, Guillaume Apollinaire ou encore Max Jacob.

Le jeune peintre découvre l’art géométrisant de Cézanne (qui vient de mourir) lors d’une rétrospective de son oeuvre, et se prend de passion pour ce grand précurseur du cubisme, un mouvement prêt à naître grâce à ses héritiers directs, Braque et Picasso, en cours de réflexion sur une nouvelle peinture.  

Juan Gris, artiste emblématique du mouvement cubiste

Gris commence à peintre à la manière des cubistes en 1911. L’année suivante, âgé de vingt-cinq ans, Juan Gris adhère officiellement au cubisme de Braque et Picasso. Il développe sa voix propre par des compositions (scènes d’intérieurs ou natures mortes essentiellement) extrêmement soignées, et très riches en couleurs, contrairement à Picasso qui travaille surtout l’ocre et le grisé. Cette même année il expose à la Galerie La Boétie avec la Section d’Or qui réunit des jeunes peintres qui, dans le sillage du cubisme, en adaptent le vocabulaire : Jean Metzinger, Albert Gleizes, Fernand Léger ou Francis Picabia sont de ceux-là. Ils souhaitent un cubisme lisible dans ses lignes brisées et usent souvent de la couleur pure chère au fauvisme.

Une rivalité avec Pablo Picasso va naître au cours du temps de cette différence ; si l’un est un innovateur toujours en recherche, l’autre préfère prendre le temps d’aboutir des toiles de taille modeste aux coloris riches. En 1913, Gris rencontre le marchand Daniel-Henry Kahnweiler par le biais de Picasso ; les problèmes financiers s’éloignent.

Le cubisme de Juan Gris à l’épreuve de la guerre

Juan Gris rencontre sa femme, Josette, en 1913, et ils voyagent à Céret avec Braque et Picasso. Il y peint des paysages cubistes. L’année suivante à Collioure, ils rencontrent Matisse et Albert Marquet et l’influence du fauvisme et celle du cubisme se ressentent alors sur son travail.

La Première Guerre Mondiale marque un tournant dans sa créativité. Khanweiler s’exile en Suisse et laisse toutes ses toiles à Paris, ce qui le rend incapable de soutenir financièrement ses artistes. Juan Gris, resté à Collioure, se retrouve alors dans le dénuement. Ils décident d’un commun accord de rompre leur contrat.

Dès 1916, la palette de Juan Gris s’assombrit. Le peintre offre un cubisme ténébriste en harmonie avec la couleur du conflit international. De plus en plus souvent, Josette et lui s’éloignent vers la province, plus précisément à Beaulieu, dans les terres de Touraine chères à son épouse.

Juan Gris, soleil fragile de l’après-guerre

En 1919, une exposition personnelle de cinquante tableaux de Juan Gris s’ouvre à la galerie Rosenberg. En 1920, Gris participe à neuf expositions. Le succès semble au rendez-vous pour cet émule de Picasso à la palette redevenue lumineuse. Il fréquente les poètes, les artistes, les collectionneurs et les marchands : Apollinaire, Jacob, Khanweiler, Stein, Jacques Lipchitz, les artistes du groupe de Puteaux. Mais l’artiste est victime d’une pleurésie qui ne le quittera jamais. Il se met à peindre derrière sa fenêtre, et la met en scène dans sa peinture. 

L’éloignement du cubisme, la maladie et la mort

La rivalité avec Picasso s’accroît. Sollicité par Diaghilev pour réaliser des costumes à l’occasion du ballet « Cuadro Flamenco », qui sera joué à Monaco, c’est finalement Pablo Picasso qui les exécutera ; nouvel objet de friction entre les deux espagnols. Dès 1922, Juan Gris entame la série des Pierrots qui veut marquer son éloignement du cubisme, même si jamais sa peinture ne se défera totalement de cet héritage. 

Gris obtient à sont tour des commandes pour certains ballets, dont il réalise les costumes. Cet exercice de fond l’épuise, et sa santé s’en ressent. À partir de 1925, Juan Gris veut accentuer son éloignement du cubisme de Picasso : il se met à peindre des oeuvres figuratives plus traditionnelles. Ce « retour à l’ordre » correspond à celui de son maître et rival, ainsi qu’à celui de nombreux autres artistes ébranlés par la guerre. Affaibli par un asthme virulent, il tente de continuer son travail mais peint de moins un moins. Il illustre un livre de Tristan Tzara et un autre de Gertrude Stein, puis il s’éteint à l’âge de 39 ans seulement, à Boulogne-Billancourt, où il est enterré.

Juan Gris est considéré comme l’un des plus grands artistes cubistes, dont il se fera le chantre presque jusqu’à sa mort, et surtout comme l’un des plus importants organisateurs du mouvement. 

L’estimation des oeuvres de Juan Gris

Le record absolu pour un tableau de Juan Gris a été atteint en 2014, lorsque la peinture « Nature morte à la nappe à carreaux » de 1915 s’est vendue à Londres 37 615 400 euros (hors frais). Quinze oeuvres de Juan Gris se sont vendues pour plus d’un million d’euros entre 2010 et 2022, et de nombreuses autres avoisinent ce prix. Il est à souligner que les oeuvres les plus chères sont celles des années 1910 et du début des années 20, la pleine période cubiste de l’artiste. Les prix varient selon la taille, car certaines oeuvres de Juan Gris sont petites (dans les 20 centimètres de hauteur) et ne peuvent atteindre les plus hauts prix réalisés en vente. 

Les dessins du maître du cubisme connaissent un réel engouement, eux aussi : outre le record, une technique mixte de 1915 vendue pour plus de 5 millions d’euros en 2015 à Londres, ses dessins colorés conçus comme des compositions abouties se vendent autour des 300 000 euros pour les plus beaux, tandis que les plus belles pièces en noir et blanc tournent autour des 100- 150 000 euros. En dessous de ces estimations, on retrouve de nombreux dessins entre 10 000 et 60 000 euros, toujours s’ils sont cubistes. Enfin, les dessins les plus abordables en terme de prix sont ceux qui dérivent de l’activité d’illustrateur de journaux de Juan Gris, et ne sont donc pas des oeuvres cubistes ou avant-gardistes. 

Les estampes s’échelonnent, elles, entre 7000 et 100 euros, les pochoirs étant plus prisés et rares que les lithographies, dont les prix ne montent pas plus haut que quelques centaines d’euros.

En lien avec Juan Gris

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Estimation gratuite Leopold Survage

Léopold Survage

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Estimation et cote de l'artiste Léopold Survage

Léopold Survage (1878-1968) est un peintre naturalisé français, connu pour faire partie de l’école de Paris et de la Section d’Or. Vous possédez une œuvre de Leopold Survage dont vous souhaitez connaitre la valeur ? Estimation gratuite, rapide en ligne sur Estimon’objet !

Estimation gratuite Leopold Survage

Prix des œuvres de Leopold Survage

  • Peinture (huile sur toile / panneau) – entre 600 € et plus de 330 000 €

  • Aquarelle, gouache, encre, dessin et œuvres sur papier – entre 20 € et 40 000 €

  • Estampe et multiples (gravure sur bois, lithographie, pochoir) – entre 300 € et 38 000 €

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Les débuts de peintre de Léopold Survage

Léopold Leopoldovitch Sturzwage est né à Moscou en 1879 d’un père fabricant de pianos et amateur d’art. Sa mère meurt en 1886 et Survage entre dans la fabrique de son père, en 1897. Passionné d’art, et notamment de peinture, il s’inscrit deux ans plus tard aux Beaux-Arts de Moscou et étudie auprès des peintres post-impressionnistes russes tels que Constantin Korovine et Leonid Pasternak. Il y rencontre Malevitch. Sa visite de la collection Chtchoukine change son regard sur l’art ; les toiles de Matisse, Gauguin et des avant-gardes françaises lui ouvrent la voie du modernisme. Il se lie avec des peintres et sculpteurs russes attirés eux aussi par ces nouvelles conceptions de l’art, notamment Alexandre Archipenko. Lorsqu’en 1908 la fabrique de son père se trouve en difficulté, Léopold Survage en profite pour partir avec sa fiancée à Paris, où il retrouve Archipenko, arrivé la même année dans la capitale des avant-gardes. Son but : avoir Matisse pour professeur.

Léopold Survage dans le Paris des avant-gardes

La première étape est le changement de son nom de famille, qu’il francise en Survage. Ensuite, il se fait accordeur de pianos à la salle Pleyel pour gagner sa vie. Vient enfin, en troisième lieu, l’assouvissement de sa passion : Léopold Survage suit les enseignements de l’Académie Matisse, peintre dont il a découvert l’oeuvre coloré à Moscou, et de la Grande Chaumière. Il y épanouit sa maîtrise du fauvisme, avant de se tourner vers la géométrisation des formes de Cézanne, et de ses héritiers, Braque et Picasso, fondateurs du cubisme. Très vite, il se lie avec Apollinaire, car Survage est aussi poète et musicien ; dès lors il gravite dans les cercles avant-gardistes, noue une relation avec la baronne d’Oettingen qui tient l’un des salons les plus courus de Paris, fréquente Max Jacob, Pablo Picasso qui l’oriente vers le cubisme, Robert et Sonia Delaunay au coeur de la Section d’Or, dont il partage le goût pour la couleur et l’abstraction. 

Léopold Survage à l’assaut du cubisme abstrait : les rythmes colorés de 1912-14

Fort de ses nouvelles relations qui l’orientent et plébiscitent son travail, Léopold Survage déploie son langage pictural, héritier à la fois du fauvisme et du cubisme, tout en restant libre et personnel. En 1911, il expose au Salon des Indépendants dans la salle des cubistes. Son style rythmé, qui brise les plans et les diagonales des éléments tirés du monde qu’il schématise, est tout à fait singulier. Comme Fernand Léger, Albert Gleizes et d’autres peintres liés au cubisme, Survage a trouvé un chemin tout personnel pour exprimer sa conception du monde dans une peinture marquée par les avant-gardes, dans les couleurs comme dans les formes. En 1914, Léopold Survage présente au Salon des Indépendants ses « rythmes colorés » (sous le patronage de Guillaume Apollinaire). Il s’agit d’ébauches de plans réalisés pour un futur « film cubiste » que la guerre empêchera de tourner. Léopold Survage s’y rapproche fortement de l’art abstrait, dont il est l’un des précurseurs avec Malévitch et Kandinsky, les Delaunay et Kupka. 

Survage après la pause niçoise : la poursuite du cubisme avec la Section d’or

Pendant la guerre, Survage, qui n’est pas mobilisé en raison d’une santé fragile, part à Nice avec la baronne d’Oettingen. Les couleurs de la côte d’azur lui suggèrent de nouvelles peintures. En 1917, première exposition personnelle organisée à Paris, Galerie Bongard, par Apollinaire qui apprécie notamment les paysages cubistes de Survage. Le peintre rentre à Paris en 1919, et poursuit son travail en accord avec les préceptes de la Section d’Or, avec Albert Gleizes, Alexandre Archipenko et les autres du groupe de Puteaux qui se réunissaient dans l’atelier de Jacques Villon. Leur but était de promouvoir leur nouvelle peinture issue du cubisme, devenue emblématique sous les pinceaux de Francis Picabia, de Robert et Sonia Delaunay, de Jean Metzinger ou des frères Duchamp. La Section d’Or expose notamment chez Léonce Rosenberg (Galerie de l’Effort Moderne) et à la galerie Berthe Weill. 

Le retour à l’ordre dans la peinture de Survage

Mais cette phase de revendication d’un nouveau genre va bientôt laisser place au « retour à l’ordre ». Comme de nombreux artistes de sa génération, après les années 20, Léopold Survage revient à la figuration et à la tradition picturale, en iconographie, mais aussi dans le traitement des sujets. Picasso, Derain, mais aussi Picabia comptent parmi les grands noms qui opèrent ce « retour à l’ordre ». Comme Picasso, qui se penche sur les mythologies gréco-romaines et les emblèmes espagnols, Survage, basé à Collioure entre 1925 et 1932 développe une attraction pour les symboles ancestraux. En parallèle, il travaille aussi pour Diaghilev et Stravinsky aux décors et costumes de certains ballets russes. Ce retour à la figuration s’ancre dans la poésie du symbolisme, notamment dans la série des pêcheuses, et l’artiste va plus loin, vers le surréel : les « Métaphores plastiques » de Survage en effet, se teintent de surréalisme, et rappellent les transparences de Francis Picabia ; déjà, les semis d’un nouveau mouvement à naître se repèrent dans leur travail. 

La fin de carrière et les honneurs

En 1937, Survage participe à l’Exposition Universelle, en proposant des immenses panneaux décoratifs pour le pavillon des chemins de fer, qui lui valent une médaille d’or. En 1954, il est choisi pour représenter la France à la Biennale de Venise, et en 1963 il sera honoré d’une légion d’honneur. Côté peinture, Survage ne craint pas les défis, et à partir de 1937 il se lance dans les très grands formats, dont les sujets se recentrent sur les symboles, témoins de la méditation et de l’oeil amusé du peintre sur le monde. Il réalise une fresque pour le Palais des Congrès de Liège, et dessine des cartons de tapisserie pour la manufacture des Gobelins. En 1939, Survage, au faîte de son art, innove : alors que sa peinture s’est assombrie, il ne peint plus à la traditionnelle peinture à l’huile, mais dans une peinture à laquelle il ajoute une émulsion de caséine, protectrice de l’éclat des couleurs. Léopold Survage est mort en 1968 à Paris. 

L’estimation des oeuvres de Léopold Survage

Le record récent pour une peinture de Leopold Survage a été atteint en 2013, à Londres, lorsque Le Taureau échappé s’est vendu pour 334 404 euros (sans frais). Les prix varient cependant beaucoup selon le type de peintures, la date, la qualité, les dimensions, de quelques milliers d’euros au record cité. Les dessins de Survage conçus comme des oeuvres abouties peuvent atteindre 38 000 euros (record atteint en 2007 à Paris), même s’ils sont souvent estimés entre 1000 et 15 000 euros. Vous possédez une peinture, un dessin ou une estampe de Leopold Survage et souhaitez connaître sa valeur actuelle sur le marché de l’art ? Estimon’objet vous propose une expertise en ligne rapide, fiable et confidentielle. Nos commissaires-priseurs partenaires analysent votre œuvre et vous accompagnent dans votre projet de vente ou de transmission patrimoniale. Estimon’objet s’impose aujourd’hui comme la référence de l’expertise d’œuvres d’art en ligne, au service des collectionneurs, héritiers et amateurs d’art moderne.

(Illus.) Léopold SURVAGE (1879-1968) Adoration. 1933 Huile sur toile Signée en bas à droite

Reconnaître la signature de Leopold Survage

Savoir reconnaître la signature de Léopold Survage est essentiel pour authentifier une œuvre de ce peintre d’avant-garde, figure majeure du cubisme et de l’abstraction naissante, proche des milieux parisiens de la Section d’Or. Sur ses toiles et œuvres sur papier — notamment les séries de compositions rythmiques (Rythmes colorés), ses figures stylisées et ses paysages synthétiques des années 1910-1930 — Survage signe généralement « L. Survage » ou « Survage », parfois accompagné de la date d’exécution. La signature est le plus souvent apposée au pinceau en bas de la composition, dans une écriture cursive nette et assurée, utilisant une teinte sombre contrastant avec ses aplats chromatiques et ses constructions géométrisées. Sur ses dessins, gouaches et estampes, on retrouve également une signature manuscrite au crayon, parfois assortie d’un numéro de tirage. Dans un marché où circulent œuvres d’atelier, attributions anciennes et faux, faire vérifier la signature de Léopold Survage par un expert qualifié demeure indispensable. Sur Estimon’Objet, nos spécialistes de l’art moderne vous accompagnent dans l’identification, l’authentification et l’estimation de vos œuvres signées ou attribuées à Léopold Survage.

Expertise signature Leopold Survage
Signature Leopold Survage

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Estimation gratuite Lioubov Popova

Lioubov Popova

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Estimation et cote de l'artiste Lioubov Popova

Redécouvrez la vie et l’oeuvre de Lioubov Popova, femme peintre du futuro-cubisme russe et du suprématisme. Besoin d’une expertise concernant Lioubov Popova ? Contactez l’équipe d’Estimonobjet !

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Lioubov Popova, une enfance tournée vers la peinture

Lioubov Sergeevna Popova est née en 1889 dans le village d’Ivanovskoië en Russie. Elle est la fille d’un riche fabricant de draps amateur de peinture qui l’encourage à devenir artiste. Entre 1889 et 1901, elle reçoit à domicile les cours de peinture du peintre K. M. Orlov. Puis Lioubov Popova s’installe à Moscou avec sa famille, et dès 1907 elle entre dans l’atelier du paysagiste Stanislav Joukovski, puis à l’école d’art de Constantin Youon et Ivan Doudine. Elle y rencontre une autre jeune femme peintre qui deviendra son amie, Lioudmila Proudkovskaïa. La jeune Popova voyage, Ukraine, Italie, Saint Pétersbourg où elle découvre les collections de l’Ermitage : son vocabulaire pictural en ressort grandi. En 1911, à son retour, elle s’installe avec Lioudmila Proudkovskaïa dans un atelier. En 1912, fréquentant l’atelier « Bachnia », que fréquentent de nombreux autres jeunes peintres en vogue. Avec eux, elle visite la collection du collectionneur Chtchoukine. Elle y découvre l’avant-garde française, le fauvisme d’Henri Matisse, le cubisme de Georges Braque et Pablo Picasso. C’est pour elle un électro-choc.

Lioubov Popova à Paris : l’inspiration des avant-gardes et de l’école de Paris

Fascinée par le travail des cubistes, la même année Lioubov Popova s’envole pour Paris. Elle s’inscrit à l’Académie de la Palette où elle rencontre le graveur Dunoyer de Segonzac, mais aussi les jeunes peintres Jean Metzinger et Henri Le Fauconnier. Parmi ces tenants du cubisme qu’on appellera plus tard le « groupe de Puteaux » ou le groupe de la Section d’Or, dont font partie Metzinger et Le Fauconnier, son admiration va surtout à Fernand Léger et à son adaptation du cubisme (appelée « tubisme » par Louis Vauxcelles). Le séjour parisien de Popova mène également la peintre à rencontrer les artistes russes de Paris, notamment Ossip Zadkine et Alexandre Archipenko. Ce séjour changera à jamais l’orientation artistique de Lioubov Popova, qui se tourne décidément vers le cubisme et les avant-gardes. 

En 1914, de nouveau elle séjourne à Paris, avant de parcourir l’Italie, où elle copie les primitifs. Elle expose avec Le Valet de Carreau, ce mouvement russe dédié à l’interprétation du travail de Cézanne, du fauvisme et de l’expressionnisme du Cavalier bleu, en présentant deux toiles cette année-là. Rentrée à Moscou, Lioubov Popova entre dans l’atelier de Vladimir Tatline.



Lioubov Popova à Moscou, cubo-futurisme russe et adhésion au suprématisme

Lioubov Popova travaille dans l’atelier de Vladimir Tatline, et en 1915 elle va exposer avec lui, ainsi qu’avec Casimir Malévitch, chef de file du suprématisme, à la « Dernière exposition futuriste. 0, 10 ». Elle y créée notamment des « reliefs picturaux » très remarqués. 

En 1916, elle renouvelle l’expérience en exposant de nouveau avec Tatline et d’autres avant-gardistes russes, puis, en novembre, au Valet de Carreau, elle expose en compagnie de Casimir Malévitch, Marc Chagall, Ivan Klioune, et d’autres artistes tournés vers le modernisme. Popova est désormais une peintre reconnue de l’avant-garde russe ; cette même année elle adhère au suprématisme créé par la Société d’artistes Supremus, formée par Malévitch, Olga Rozanova, Klioune… Cette adhésion signe son basculement total dans l’abstraction. 



Lioubov Popova, une artiste libre et engagée

Lioubov Popova est peintre, mais pas seulement ; elle est aussi styliste, et créée notamment des motifs de broderie pour l’entreprise Verbovka. Engagée politiquement, Popova participe avec Alexandre Vesnine à la décoration du Mossoviet pour la fête du 1er mai 1918, et décore, cette même année, avec d’autres artistes dont Nadejda Oudaltsova, le Club de la Fédération de gauche du Syndicat des peintres de Moscou. 

En 1919, après avoir épousé l’historien d’art Boris von Eding, dont elle a un enfant, elle participe au Catalogue de la Xe exposition d’Etat, qui se tient dans les premiers Ateliers d’art libres de Moscou ; on y retrouve d’autres artistes tels que Klioune et Malévitch. Elle peint des Constructions spatiales et picturales, et entre dans le Soviet Masterov (« soviet des maîtres »), qui préfigure l’Inkhouk, l’institut de la culture artistique qui sera dirigé par Kandinsky et Rodtchenko, grand berceau du constructivisme. Lioubov Popova perd son mari cette année-là. En 1920, Popova commence à collaborer avec le monde du théâtre ; elle ne cessera jusqu’à son décès en 1924.

Des Vkhoutemas à l’abandon de la peinture pour le productivisme

 

Lioubov Popova participe activement aux ateliers supérieurs d’art et techniques (vkhoutemas) fondés par Lénine en 1920. Elle en rédige avec Alexandre Vesnine le programme, intitulé « discipline Couleur ». Elle y enseigne avec Vesnine jusqu’en 1923. En parallèle, elle se rend aux réunions de l’Inkhouk, alors dirigé par Kandinsky. Popova poursuit sa carrière au sein de la Russie bolchevique : en 1921, elle participe à l’exposition de l’Union des poètes de Russie, où exposent Alexandra Exter et Alexandre Vesnine. En novembre 1921, elle signe la proclamation des artistes qui renoncent à la peinture de chevalet (elle ne cessera d’en réaliser qu’en 1922). 

Lioubov Popova, depuis 1920, réalise des décors de théâtre, comme La Terre cabrée de Martinet (adaptée par Trétiakov en 1923). Elle illustre aussi des livres, puis elle se met à travailler à la production d’arts de l’artisanat, décorant une tasse de thé, participant à la première fabrique nationale des cotonnades de Moscou avec des modèles de vêtements, mais aussi à des projets d’affiches. Elle cesse complètement de peindre en dehors du cadre productiviste. En mai 1924, elle meurt des suites de la scarlatine. Une grande exposition rétrospective de son oeuvre est organisée au collège Stroganov de Moscou. 

L’estimation des oeuvres de Lioubov Popova

 Les peintures de Lioubov Popova sont rares sur le marché. Le record a été atteint en 2007, lorsque l’une de ses techniques mixtes sur toile s’est vendue 2 086 800 euros à Londres. Ce sont les oeuvres cubistes des années 1910-1915 qui sont les plus estimées. Certaines oeuvres suprématistes des années 1916-20 de Popova ont connu de bons résultats d’enchères, notamment ses peintures architectoniques de 1918, vendues entre 150 000 euros et 15 000 euros. Le reste de son travail est en général évalué pour moins de 15 000 euros, selon les dimensions, les dates, les techniques et la qualité des oeuvres. 

Le record pour un dessin de Lioubov Popova a été atteint en 2019, pour un nu assis cubo-futuriste de 1914, vendu 125 000 euros (hors frais). Ses plus belles oeuvres suprématistes oscillent entre 28 et 19 000 euros. 

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(Illus.) Photographie de Lioubov Popova, avant 1920

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