Estimation gratuite Eduardo Arroyo

Eduardo Arroyo

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Estimation et cote de l'artiste Eduardo Arroyo

Eduardo Arroyo (1937-2018) est un artiste peintre, sculpteur, graveur, lithographe et décorateur de théâtre espagnol, né à Madrid le 26 février 1937. Il est le fer de lance de la Nouvelle figuration espagnole et de la Figuration narrative qui ont commencé à se développer en Europe à l’aube des années 1960. Avec des tableaux politiquement engagés, il raconte ses idées et ses histoires à travers son œuvre, à la fois visuelle et littéraire.

Estimation gratuite Eduardo Arroyo

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Eduardo Arroyo, la peinture comme arme militante

Élevé dans le Madrid des années 1950, fils d’un pharmacien de droite appartenant à la Phalange espagnole, Eduardo Arroyo est entouré par la politique. Il est animé par le désir de faire de l’art et celui d’écrire, sa première vocation, bien que ses résultats à l’école pour transfuges soient insuffisants. Eduardo Arroyo intègre alors une école de journalisme et débute la caricature de presse en 1957 tout en apprenant la peinture en autodidacte lors de son temps libre. Seulement, avec la montée du franquisme en Espagne, Arroyo laisse tomber son activité et fuit à Paris. Il enchaîne les petits emplois, réalise des portraits à la terrasse des cafés parisiens et, alors qu’il prend conscience des opprimés et des inégalités sociales, décide de s’engager politiquement.
Eduardo Arroyo rencontre alors Antonio Recalcati (1938-) et Gilles Aillaud (1928-2005), avec lesquels il réalise des œuvres collectives qui interrogent sur le rôle de l’artiste dans la société. Il crée l’agitation à la IIIe Biennale de Paris de 1963, en exposant son polyptyque Les quatre dictateurs, sur lequel sont affichés implicitement Mussolini, Hitler, Salazar et Franco, ce dernier étant l’homme d’État à la tête du gouvernement espagnol en place à ce moment-là.

Eduardo Arroyo, fondateur de la figuration narrative


En 1964, Eduardo Arroyo fonde le mouvement de la figuration narrative lors de l’exposition Mythologies quotidiennes au Musée d’art moderne de la ville de Paris, puis lors de La Figuration narrative dans l’Art contemporain, l’année suivante. Ces deux expositions, organisées par Gérald Gassiot-Talabot (1929-2002), lui permettent de devenir le chef de fil de l’avant-garde figurative au contenu politique.
En brisant la profondeur spatiale et en mettant à plat la perspective, Eduardo Arroyo se veut plus littéral dans l’expression de ses sujets, afin que ses tableaux puissent être lus, mais toujours avec ironie et un mélange de tragique et comique qui lui viennent probablement de son attrait pour la dramaturgie. En utilisant les codes du Pop Art pour parler de son exil, Eduardo Arroyo donne à son œuvre une dimension contestataire et accusatrice dans la première partie de sa vie.

Eduardo Arroyo, l'exil comme thème récurrent

Quand Eduardo Arroyo ne tourne pas les peintres contemporains en dérision, il casse les clichés de la figure féminine imposés par l’art, et transforme volontiers la beauté douce, gracieuse et ronde de la femme par des figures fortes comme la lutte, la manifestation sociale ou encore l’orgueil. Mais son thème principal, si ce n’est omniprésent, est celui de l’exil : celui qu’il a vécu en fuyant le franquisme. Heureux qui comme Ulysse de 1976 est l’un des nombreux tableaux qui illustrent ce sujet. Il appartient à une série du nom de « Réflexions sur l’exil », issue du retour de l’exilé dans son pays qui, comme Ulysse, s’y sent finalement étranger.
Deux ans après le décès de Franco, Eduardo Arroyo récupère enfin le passeport qui lui avait été confisqué par les autorités espagnoles, et peut retourner dans son pays natal, dans son foyer. Mais le sentiment de ne pas être chez soi lui inspire cette dernière série avant qu’il ne commence à changer de thème, notamment en peignant la boxe, qui est l’une de ses passions, et dans laquelle il trouve une morale inspirante. Eduardo Arroyo reçoit par le Ministère de l’Éducation, de la Culture et des Sports en 2000, la Médaille d’or du mérite des beaux-arts.

La cote des œuvres d'Eduardo Arroyo

Davantage connu pour ses peintures contestataires du franquisme et ses caricatures, Eduardo Arroyo a pourtant réalisé une activité de scénographe, produit des livres illustrés ainsi que des sculptures. L’artiste a continué de peindre et d’écrire jusqu’à la fin de ses jours.
Il laisse derrière lui quelques gravures et lithographies estimées entre 80 et 2000 €, ainsi que des sculptures qui se vendent entre 770 et 18 000 €. La cote de ses aquarelles et dessins, comme ceux réalisés en terrasse, se situe entre 200 et 50 000 €, tandis que les peintures signées Eduardo Arroyo valent entre 500 et 80 000 € aux enchères. Son tableau Peintres Aveugles de 1975, estimé entre 28 500 et 40 000 €, a été adjugé 81 200 € en 2020.

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(Illus.) Eduardo Arroyo – Espoir et désespoir d’Angel Ganivet I (1977), acrylique

En lien avec Eduardo Arroyo

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Estimation gratuite Jean Geoffroy dit Geo

Jean Jules Henry Geoffroy

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Estimation et cote de l'artiste Jean Geoffroy dit Geo

Henry Jules Jean Geoffroy de son vrai nom (1853-1924), connu sous le pseudonyme de Geo, est un peintre et illustrateur français né le 1er Mars 1853 à Marennes. Loin des canons académiques, Jean Geoffroy préfère de loin peindre des scènes du genre pittoresque avec un accent naturaliste prononcé. Le thème de l’enfance, omniprésent dans ses œuvres, ont fait de Geo le « peintre des humbles et des enfants ».

Estimation gratuite Jean Geoffroy dit Geo

Prix des œuvres de Geo

  • Peinture : entre 100 € et ~24 000 €

  • Dessin / aquarelle / gouache / pastel : entre 50 € et 2 500 €

  • Estampe, lithographie, multiples : entre 20 € et 800 €

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Jean Geoffroy, une vocation affirmée par deux rencontres

Jean Geoffroy est né d’une mère écossaise, Rosalie (1826-1911), et d’un père tailleur charentais, Jean-Baptiste (1823-1895). Ils s’installent à Paris, où Géo est élève à l’école municipale de dessin et de sculpture à l’âge de quatorze ans. Évoluant dans un quartier ouvrier, dont le but était de former les jeunes hommes aux métiers de l’art pour travailler dans les manufactures, le jeune homme se trouve être bon élève puisque ses dessins sont exposés, sa rapidité d’exécution mise en avant. En 1970, alors qu’il n’est âgé que de dix-sept ans, Jean Geoffroy habite le dernier étage d’un bâtiment dans lequel se trouve un couple de classe moyenne, Louis et Julie Girard. Exploitants d’une école privée dont l’externat occupe la moitié du rez-de-chaussée, ils offrent sans le savoir à leur jeune ami Geo, l’opportunité de trouver chaque jour des modèles à peindre dans leur cadre naturel. Plus que des voisins, ils deviendront sa seconde famille.

Jean Geoffroy, illustrateur et peintre des enfants

Jean Geoffroy fait ses débuts au Salon en 1874, tout en devenant illustrateur pour Paris Illustré. Il fait ensuite la rencontre de l’éditeur Jules Hetzel (1814-1886), qui souhaite l’embaucher pour illustrer des livres de jeunesse. L’artiste se révèle être particulièrement doué pour représenter les enfants, capturer leurs poses, leurs émotions, leur quotidien. En 1879, l’Institut Girard de ses voisins et amis ouvre un pensionnat, qui permet de mettre à la disposition du peintre une réserve abondante de modèles d’enfants différents. Jean Geoffroy est certes un peintre et illustrateur public, mais il réalise également des commandes privées qui se concentrent alors sur les enfants menacés par les activités et travaux dangereux. Il communique aussi sur la santé publique en collaboration avec le Dr Gaston Variot, en réalisant des campagnes profondément naturalistes qui mettent en scène les classes populaires. Même dans les dernières années de sa vie, alors Jean Geoffroy se tournait vers le fusain, les pastels, les lithographies et les aquarelles, les enfants ont toujours été au cœur de son œuvre, sous son œil bienveillant.

Jean Geoffroy, l'idéologie éducative de la IIIe République

Suite au siège de Paris par les Prussiens en 1870, Jean Geoffroy nage dans le chaos gouvernemental et artistique. Il partage cependant les idées et intérêts des peintres réalistes dans les problèmes sociaux qui touchent les plus démunis. En rejetant ce désir d’embellir les choses pour la vérité, Jean Geoffroy parvient à dépeindre les horreurs de la misère tout en exprimant l’enfance heureuse et naïve avec intensité. Il sait comment capturer l’univers de l’enfance avec justesse et tendresse, en se concentrant sur les expressions et les gestes des enfants. Jean Geoffroy se fait largement connaître et réalise de nombreuses commandes. Dès 1880, il commence à signer ses œuvres de son pseudonyme Geo et reçoit, trois ans plus tard, une mention honorable au Salon des artistes français. De plus en plus proche du système éducatif, le Ministère de l’Instruction Publique et des Beaux-Arts lui commande, en 1893, cinq scènes de la vie scolaire. Jean Geoffroy voyage alors en Algérie puis en Bretagne pour étudier et documenter son projet, dont trois des scènes se déroulent dans ces lieux. Chaque toile est un miroir à long terme du système éducatif de la IIIe République et de ses innovations, à une époque où les convictions de Jules Ferry (1832-1893) forgent l’identité républicaine ainsi que l’instruction obligatoire et gratuite.

La cote des œuvres de Jean Geoffroy sur le marché de l'art

Jean Geoffroy est un peintre oublié qui a pourtant marqué son époque par ses peintures de l’enfance. Il n’a jamais scandalisé le public, ni cherché à provoquer qui que ce soit. Si son talent résonne moins aujourd’hui, il est décédé en ayant le profond respect de ses proches et de la société. Sur son épitaphe est inscrit : « peintre des humbles et des enfants ». Les dessins et aquarelles réalisés dans les dernières années de sa vie sont estimés entre 120 et 8000 €. Les tableaux de Henry Jules Jean Geoffrey, en revanche, se vendent entre 600 et 60 000 €. À titre d’exemple, Théorie des petites filles à la procession de la fête dieu (l’Hôpital de Beaune) de 1906 a été adjugé à 30 000 € en 2003, tandis que La joie des petits de 1906, estimé entre 50 000 et 70 000 €, est vendu 83 800 € en 2018.

(Illus.) Henri Jules Jean Geoffrey dit Géo – Qui casse les verres les paie (1881), huile sur toile, 65,5 x 45 cm

Reconnaître la signature de Geo

Reconnaître la signature d’Henry Jules Jean Geoffroy, dit Geo, est essentiel pour authentifier une œuvre de ce peintre et illustrateur français réputé pour ses scènes d’enfance et de vie scolaire à la fin du XIXᵉ siècle. Geo signe la plupart de ses toiles et dessins de manière claire et lisible, le plus souvent de son pseudonyme « Geo », parfois accompagné de son nom complet « H. Geoffroy » ou « Geo. H. Geoffroy ». Sur des œuvres emblématiques comme La Visite du maître ou L’Écolier appliqué, la signature est généralement apposée en bas à droite, peinte en lettres droites et régulières, d’un brun ou noir profond, contrastant avec les tonalités douces de ses compositions. Dans ses illustrations pour Le Petit Français illustré, on retrouve également la signature abrégée « Geo » tracée à l’encre, au trait vif et assuré. En raison de la notoriété de l’artiste et de la présence d’œuvres d’atelier ou d’attributions anciennes sur le marché, faire authentifier la signature d’un Henry Jules Jean Geoffroy dit Geo par un expert reste indispensable. Sur Estimon’Objet, nos spécialistes de la peinture et du dessin du XIXᵉ siècle vous accompagnent dans l’analyse, l’authentification et l’estimation de vos œuvres signées Geo, qu’il s’agisse d’une huile, d’un dessin ou d’une illustration.

Expertise signature Geo
Signature Geo

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Estimation gratuite Gustave Courbet

Gustave Courbet

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Estimation et cote de l'artiste Gustave Courbet

Gustave Courbet (1819-1877) est un peintre et sculpteur français né le 10 juin 1819 à Ornans, dans le Doubs. Représentant du courant réaliste, l’auteur de L’Origine du Monde a peint plus d’un millier de tableaux qui s’opposent à l’idéalisme et à l’art académique. Politiquement très engagé et jugé provocateur, Gustave Courbet n’en est pas moins l’un des artistes les plus importants du XIXe siècle.

Estimation gratuite Gustave Courbet

Prix des œuvres de Gustave Courbet

  • Peinture (huile sur toile) : entre 2 000 € et plus de 13 700 000 €

  • Dessin, aquarelle, gouache, encre sur papier : entre 200 € et 200 000 €

  • Pastel, fusain, dessin préparatoire : entre 150 € et 150 000 €

  • Estampe, lithographie, gravure : entre 50 € et 20 000 €

  • Sculpture, bas-relief (bronze, plâtre, marbre) : entre 1 000 € et 800 000 €"

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Gustave Courbet, jeunesse rurale et premiers pas à Paris

Gustave Courbet est issu d’une famille aisée, fils de Suzanne Sylvie Oudot (1794-1871) et d’Éléonor Régis Courbet (1798-1882), agriculteur et propriétaire de terres. Il grandit dans la campagne franc-comtoise au cœur d’une nature forte, qu’il aime peindre et qui restera un lieu cher à ses yeux. À 14 ans, Gustave Courbet suit l’enseignement artistique de Claude-Antoine Beau (1792-1861), professeur au petit séminaire d’Ornans. La plupart des classes se déroulent en pleine nature, où le jeune homme réalise ses premières œuvres. Il reste jusqu’à ses 20 ans dans le Doubs, avant de partir en 1839 à Paris pour y réaliser des études de droit, poussé par son père. En visitant les grands musées de la capitale, Gustave Courbet se détourne du droit pour se concentrer sur l’art. Entre 1839 et 1840, il fréquente l’atelier de Charles de Steuben (1788-1856), puis celui de Nicolas-Auguste Hesse (1795-1869). Au Louvre, il copie les œuvres des maîtres pour se former et découvre le travail d’Eugène Delacroix (1798-1863), pour lequel il a une profonde admiration. Les années 1840 marquent des débuts difficiles pour le jeune artiste qui se voit refuser plusieurs toiles. Il est enfin accepté quand il présente un tableau religieux au style académique, genre affectionné par les juges de cette époque. Dès 1846, le style de Gustave Courbet devient plus personnel et sa palette plus sombre. L’année suivante, cependant, toutes ses toiles sont refusées à l’exposition annuelle du Salon, en raison de leur caractère trop éloigné de l’école des jurys. Il part alors explorer la Belgique puis soumet chaque année ses toiles au Salon. Ce n’est qu’en 1849 qu’il obtient une médaille ainsi qu’une reconnaissance publique.

Gustave Courbet, provocations et scandales

C’est fin 1848 que Gustave Courbet se lie d’amitié avec d’importantes personnalités. À force de fréquenter la brasserie Andler-Keller, il finit par y rencontrer Charles Baudelaire (1821-1867), mais également Auguste Clésinger (1814-1883), des anciens d’Ornans et des personnages issus de la bohème parisienne. Courbet s’y sent à l’aise et en copie la mode et les idées. Ensemble, ils forment La bande de la rue Hautefeuille et font de cette brasserie Andler un temple du réalisme. En 1850, Gustave Courbet provoque un premier scandale en brisant les codes artistiques stricts de cette époque avec ses tableaux Un enterrement à Ornans, puis Les Casseurs de pierre, qu’il peint sur de grands formats normalement réservés aux sujets nobles, à savoir religieux ou historiques, alors qu’ils représentent ici le quotidien du peuple. Vivement critiqué et insulté, refusé aux prochaines expositions, Courbet prend un temps de repos puis se lance dans le gracieux pour plaire, notamment avec les Demoiselles de village (1851-1852). Toutefois, farouchement impliqué dans le réalisme et fervent défenseur de la représentation réelle des choses, loin de toute abstraction et de l’invisible, Gustave Courbet déchaîne à nouveau la critique en proposant les Baigneuses au Salon de 1853. Le tableau montre deux femmes dont l’une est pratiquement nue, pleine de courbes et à la croupe athlétique, considérée comme hideuse par la critique car non idéalisée. En quête de vérité, s’empêchant d’embellir les choses que la nature offrait elle-même gracieusement, Gustave Courbet proposera plusieurs œuvres controversées, comme Lutteurs la même année, ou bien Venus et Psyché, refusée au Salon pour indécence en 1864.

Gustave Courbet, de la reconnaissance au jugement

Gustave Courbet est également considéré comme arrogant car le peintre se dit seul juge de sa peinture, souhaitant plus que tout vivre de son art sans jamais s’éloigner de ses principes. Alfred Bruyas (1821-1876), collectionneur d’œuvres d’art, est à cette époque l’un de ses uniques acheteurs. Il est d’abord son mécène puis son ami, lui permettant d’obtenir une reconnaissance mondiale. Progressivement, l’artiste s’intègre au monde artistique, travaille avec Eugène Boudin ‘1824-1898) et Claude Monet (1840-1926) en Normandie, produit davantage sans pour autant trahir sa propre vision. Mais son engagement politique prend de l’ampleur et une tournure malheureuse. Gustave Courbet est élu président de la Fédération des artistes et conseiller municipal de la Commune libre de Paris après avoir exprimé ses idées républicaines et son engagement politique. Après avoir tout mis en œuvre pour protéger les musées parisiens, Courbet est injustement désigné coupable de la destruction de la colonne Vendôme. Il est alors incarcéré en 1871, continue à peindre même derrière les barreaux, puis est jugé une nouvelle fois deux ans après. L’artiste est condamné à verser une amende pour financer la reconstruction de la colonne, qui s’élève à un prix exorbitant. Ne pouvant sortir une telle somme et risquant d’être emprisonné une seconde fois, il s’enfuit en Suisse. Gustave Courbet est malade, peint du matin au soir pour rembourser ses dettes, tandis que ses biens sont saisis à Paris. Il attend l’amnistie pour rentrer en France mais s’éteint en Suisse.

La cote des œuvres de Gustave Courbet

Bien que la carrière artistique de Courbet ait été bâtie sur les scandales et la provocation, l’artiste est incontestablement le chef de file du mouvement réaliste. Un peu trop en avance sur son temps, il aura bataillé toute sa vie pour montrer la stricte réalité dans ses peintures, seulement en exprimant la vérité telle qu’elle lui apparaissait. Il laisse en héritage un immense corpus constitué de peintures, de dessins, de sculptures et d’aquarelles. Il s’est aussi essayé à de rares estampes, estimées entre 50 et 2500€. Ses dessins et aquarelles sont évalués entre 1400 et 120 000€, bien que son Portrait présumé de Virginie Binet soit vendu 120 000€ en 2013 alors qu’il était estimé entre 30 000 et 50 000€. Les sculptures sont vendues entre 13 000 et 100 000€. Enfin, la cote des peintures de Gustave Courbet ne faiblit pas. Estimées entre 500 et 12 700 000€, le record est attribué à Femme nue couchée de 1862, tableau adjugé à 15 662 310€ en 2015. En moyenne, les adjudications du corpus des œuvres de Gustave Courbet se situent entre 10 000 et 200 000€. Vous souhaitez faire expertiser une œuvre de Gustave Courbet et recevoir son estimation ? Faites estimer une œuvre de Gustave Courbet en quelques clics et recevez une réponse sous quelques jours. C’est gratuit et totalement confidentiel

(Illus.) Gustave Courbert – Les Demoiselles des bords de la Seine (été) (1856), huile sur toile, 174 x 206 cm

Reconnaître la signature de Gustave Courbet

Reconnaitre la signature de Gustave Courbet est fondamental pour authentifier une œuvre de ce peintre majeur du réalisme français. L’artiste signait la plupart de ses toiles et dessins de manière visible, généralement dans un coin inférieur, avec une écriture ferme et légèrement inclinée. Sa signature la plus courante est « G. Courbet » ou « Gustave Courbet », tracée à la peinture sombre — souvent brune ou noire — contrastant avec le fond, mais toujours avec une grande sobriété. Sur ses œuvres plus anciennes, notamment des paysages de Franche-Comté ou des portraits de jeunesse, la signature peut apparaître plus petite, parfois simplement « Courbet ». Dans certaines œuvres emblématiques, comme La vague ou Le ruisseau de Plaisir-Fontaine, la signature s’intègre discrètement à la composition, peinte d’un geste sûr et continu, souvent suivie d’une date. Vérifier la cohérence du style d’écriture avec la période d’exécution, la technique employée et la provenance de l’œuvre est indispensable pour éviter toute confusion avec les nombreuses copies ou faux du XIXᵉ siècle. Sur Estimon’Objet, nos experts en peinture ancienne et réaliste vous accompagnent dans l’analyse, l’authentification et l’estimation de vos œuvres signées Gustave Courbet, qu’il s’agisse d’un paysage, d’un portrait ou d’une scène de genre.

Signature Gustave Courbet
Expertise signature Gustave Courbet

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Estimation gratuite Paul Klee

Paul Klee

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Estimation et cote de l'artiste Paul Klee

Paul Klee (1879-1940), né le 18 décembre 1879 à Münchenbuchsee en Suisse, est un artiste peintre allemand du Bauhaus appartenant principalement aux mouvements expressionniste et surréaliste, bien qu’il n’ait pas de spécialité et survole de nombreuses périodes. Artiste majeur de la première moitié du XXe siècle, il est réputé pour son œuvre énigmatique qui relève d’une émotion si profonde qu’elle transcende la peinture en elle-même.

Estimation gratuite Paul Klee

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Paul Klee, un peintre destiné aux arts dès ses débuts

Le père de Paul Klee, Hans Klee (1849-1940), est un professeur de musique allemand au Séminaire d’État de Berne à Hofwil, et sa mère est Ida Marie Frick (1855-1921), chanteuse professionnelle suisse. Le jeune homme est donc issu d’un milieu résolument artistique et baigne dans la musique dès ses premières années. Encouragé par ses parents, il commence les cours de violon à 7 ans à l’école municipale de musique, où il se révèle être talentueux.

Dès l’âge de 11 ans, Paul Klee est déjà un musicien hors pair, si bien qu’il est invité à jouer comme membre extraordinaire de l’Association musicale de Berne. Mais la musique n’est pas la seule passion du jeune homme, qui aime écrire des poèmes, lire et dessiner, notamment des caricatures. Ses esquisses prouvent que déjà très jeune, Paul Klee a une compréhension élevée et innée de la composition, mais aussi de l’utilisation de la forme, de la ligne et du volume. En 1898, bien qu’ils soient réticents, ses parents lui donnent la permission d’intégrer l’Académie des Beaux-Arts de Munich aux côtés de Heinrich Knirr (1862-1944) et Franz von Stuck (1863-1928).

En 1901, alors âgé de 22 ans, il quitte l’Académie et s’envole pour l’Italie où il y découvre l’esthétisme de la Rome antique et de la Renaissance. Ses premiers travaux d’envergure seront une série de gravures satiriques appelées Inventions, réalisée à son retour d’Italie entre 1903 et 1905, et inspirée de la technique des estampes de la Renaissance.

Paul Klee, la révélation du peintre

Paul Klee vit encore avec ses parents à Berne mais cette période est prolifique pour lui. Il s‘initie à la technique expérimentale du dessin à l’aiguille sur une vitre, joue de temps à autre dans l’orchestre symphonique de Berne et rédige des critiques de théâtre. Puis, courant 1905, Paul Klee visite Paris et découvre l’impressionnisme, et notamment le travail de Vincent van Gogh (1853-1890), Cézanne (1839-1906) et James Ensor (1860-1949). Bien qu’il ne regarde pas de près l’art moderne, il est attiré par la liberté d’expression du post-impressionnisme qui, conjuguée à celle des dessins d’enfants, l’inspirent à poursuivre dans cette voie.

Les années suivantes, Paul Klee cherche à développer une nouvelle approche de son art. Peu attiré par le naturalisme, il souhaite laisser libre cours à la créativité et à l’imagination. Il rencontre d’abord Alfred Kubin (1877-1959) en 1911, qui l’aide à trouver des pistes avec le roman Candide de Voltaire, puis Auguste Macke (1887-1914), Wassily Kandinsky (1866-1944) et Franz Marc (1880-1916). Ce dernier l’intrigue en lui montrant les capacités de l’abstraction à dépasser les frontières conventionnelles, si bien qu’en 1912, Paul Klee participe à la deuxième exposition du groupe Der blaue Reiter.

La même année, il retourne à Paris et rencontre Pablo Picasso (1881-1973), Robert Delaunay (1885-1941), Henri Matisse (1869-1954) et Maurice de Vlaminck (1876-1958). Le jeune artiste est inspiré par leur utilisation de couleurs vives et commence à expérimenter ses propres couleurs à l’aquarelle, sans parvenir à atteindre son but. C’est lors d’un voyage à Tunis en 1914, en découvrant la lumière et les couleurs de la ville, que Paul Klee a une révélation et déclare « La couleur a pris possession de moi ». Il dit enfin la comprendre intimement, et s’autorise même à se considérer officiellement comme artiste peintre.

Paul Klee, enseignant du Bauhaus

La Première Guerre mondiale éclate quelques mois après son retour de Tunisie. Il est appelé en 1916 comme artiste de guerre puis est renvoyé à Munich en 1918. Après un séjour en Suisse et des revenus instables, Paul Klee accepte l’offre d’enseigner au Bauhaus de Weimar. Il y donne des conférences en tant que maître de la forme et anime des ateliers de reliure de livres ainsi que de peinture sur vitrail. Ses conférences sur les éléments formels de l’art sont consignées dans plus de 3300 pages de dessins et de notes. Le Bauhaus de Weimar ferme en 1925 pour ouvrir à Dessau, où l’artiste est nommé directeur de la sculpture libre. Ses notes de conférences sont publiées comme manuel étudiant et, gagnant une notoriété dans le reste du monde, Klee reçoit sa première exposition personnelle à Paris.

L’année suivante, Paul Klee participe à la première exposition surréaliste de Paris, puis son travail est exposé à New-York en 1930. Mais son rythme de vie devient onéreux et exigeant, alors l’artiste démissionne pour devenir enseignant à l’Académie d’art de Düsseldorf jusqu’en 1933, où il est dénoncé comme étant un « juif galicien ». Il retourne en Suisse avec sa femme pour fuir l’Allemagne mais il tombe malade en 1936 : Klee est atteint d’une sclérodermie progressive. Après une année sans rien faire, il redevient productif en 1937 lors d’une rémission temporaire. Mais la même année, plus de 100 œuvres lui sont confisquées et 17 d’entre elles sont présentées à l’exposition d’art dégénéré de Munich. À l’approche de ses dernières années et d’une mort éminente, Paul Klee fait preuve d’une grande résilience et exprime cette urgence dans un style inspiré de Picasso.

La cote des œuvres de Paul Klee sur le marché de l'art

L’œuvre de Paul Klee est riche, foisonnante, avec pas moins de 8000 à 10 000 pièces qui naviguent entre et à travers les courants artistiques. Très peu sont d’ailleurs en trois dimensions, bien qu’il ait fabriqué des marionnettes pour son fils. L’artiste ne se limite jamais vraiment à un seul mouvement, à une seule manière de faire ou à une technique unique : il a sa propre identité et aime s’exprimer en explorant l’art sous toutes ses formes. Encore aujourd’hui, les critiques disent de lui qu’il a un style inclassable.

Paul Klee réalise quelques tapisseries, estimées en 140 et 26 000 €, et de nombreuses gravures évaluées entre 1000 et 67 000 €. Ses dessins et aquarelles se vendent entre 300 et 120 000 €, bien que son Salon tunisien de 1918 soit estimé entre 1 710 900 et 2 281 200 €, puis vendu 1 939 020 € en 2017. Ses peintures, quant à elles, sont estimées entre 16 000 et 4 100 000 €. Ce dernier prix étant celui de la vente en 2011 du tableau Danseuse de 1932.

(Illus.) Paul Klee – Une étoile se lève (1931)

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Estimation gratuite Ernst Ludwig Kirchner

Ernst Ludwig Kirchner

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Estimation et cote de l'artiste Ernst Ludwig Kirchner

Ernst Ludwig Kirchner (1880-1938) est un artiste protéiforme et peintre expressionniste allemand né le 6 mai 1880 à Aschaffenbourg, en Bavière. Il est également graveur, dessinateur en bâtiment, sculpteur, designer, photographe, artiste graphique, dessinateur et illustrateur. Ernst Ludwig Kirchner est l’un des fondateurs du groupe Die Brücke, fer de lance de l’expressionnisme, ainsi qu’un artiste influent sur l’art moderne.

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Ernst Ludwig Kirchner, les prémices du dessin rapide

Ernst Ludwig Kirchner grandit au sein d’une famille bourgeoise intellectuelle, fils d’un ingénieur-chimiste spécialisé dans la fabrication du papier. Il intègre l’école supérieure technique de Dresde en 1901 pour y étudier l’architecture et ressortir avec un diplôme d’ingénieur architecture, obtenu sous la pression parentale. Pourtant, Ernst Ludwig Kirchner sait déjà qu’il veut se consacrer à l’art et étudie la peinture lors de son temps libre.
Dans son école, le jeune homme y rencontre d’abord Fritz Bleyl (1880-1966), puis le duo Karl Schmidt-Rottluff (1884-1976) et Elrich Heckel (1883-1970). Ensemble, le quatuor forme en 1905 le groupe Die Brücke (Le Pont), dont l’initiative est de se défaire des anciennes conventions et règles artistiques, de se concentrer sur l’expression immédiate et l’application presque violente de couleurs. Les émotions et la subjectivité de l’artiste sont au cœur du groupe, dont le contenu prévaut sur la forme. Ernst Ludwig Kirchner est considéré comme l’artiste le plus représentatif de Die Brücke et de l’expressionnisme grâce à une sensibilité exacerbée qu’il transmettait dans ses œuvres.
Curieux de l’art japonais et du Moyen Âge allemand, attiré par les dessins de Rembrandt et intéressé par la gravure sur bois, le style de l’artiste évolue vers le dessin rapide par le biais d’une simplification des formes, des traits et des couleurs. Kirchner réaliste plusieurs expositions au sein de Die Brücke, est lui-même influencé par l’art primitif, mais leur déménagement à Berlin signe un premier déclin.

Ernst Ludwig Kirchner, du nu à la rue

Dans leur atelier de Dresde, les peintres du Die Brücke s’initient régulièrement au nu. Mais leur arrivée à Berlin confronte Ernst Ludwig Kirchner à la grande ville, qui devient alors un sujet récurrent dans ses tableaux. L’artiste réalise de nombreuses scènes de rue, peint la vie nocturne et urbaine dans un style très expressionniste, avec des couleurs acides, jusqu’à ce qu’il rencontre la danseuse de cabaret Erna Schilling (1884-1945). D’abord son modèle, elle deviendra ensuite sa compagne jusqu’à ses derniers jours.
Finalement, Ernst Ludwig Kirchner s’habitue enfin à la grande ville en voyageant régulièrement sur l’île de Fehmarn, où il peut retrouver la sérénité de peindre des nus dans un cadre de verdure, notamment des baigneuses entourées de végétation, et qui s’opposent totalement à la vie qu’il mène à Berlin. Le groupe Die Brücke se dissout pour divergences d’opinions, et Ernst Ludwig Kirchner s’engage en 1915 dans l’armée.

Ernst Ludwig Kirchner, un artiste marqué par la guerre

L’année 1915 amorce une longue descente aux enfers pour Ernst Ludwig Kirchner, lequel ne connaît qu’une courte période de félicité avant sa tragique fin. L’artiste est réformé au bout de deux mois en raison d’une grave dépression due aux horreurs de la guerre et d’une maladie pulmonaire. Mais deux mois ont suffi pour infliger une première blessure à sa santé mentale. Kirchner tombe dans la consommation excessive d’alcool et de stupéfiants, aggravant son état, qu’il tente à plusieurs reprises de soigner avec des séjours en sanatorium. Mais en 1916, l’artiste est victime d’un accident de voiture. Il se retire en 1917 dans les Alpes suisses, où il recouvre une certaine paix intérieure en retrouvant ses nus dans la nature. Il peint les paisibles paysages alpins et réalise plusieurs autobiographies durant cette période, mais il écrit également à propos d’art sous le pseudonyme de Louis de Marsalle.
Toutefois, à l’aube de la Seconde Guerre mondiale, l’œuvre expressionniste d’Ernst Ludwig Kirchner est considérée comme art dégénéré. Ses toiles sont confisquées, beaucoup d’entre elles sont détruites, et il est interdit de pratique. Souffrant physiquement et psychologiquement, Ernst Ludwig Kirchner met fin à ses jours l’année suivante.

La cote des œuvres d'Ernst Ludwig Kirchner

La communion des corps et de la nature est un sujet qui prend une place importante dans les œuvres d’Ernst Ludwig Kirchner. L’artiste est très attentif aux contrastes et aux réponses des thèmes abordés dans ses toiles. Le pinceau est désinvolte, agressif, rapide quand il s’agit de la nature sauvage en opposition à la douceur des Trois baigneuses. Mais il est léger, souple et courbe quand il s’agit de dépeindre la sensualité d’une danseuse nue sur les genoux d’un homme.
Ernst Ludwig Kirchner a réalisé quelques photographies, estimées entre 100 et 300€, des tapisseries évaluées entre 5100 et 27 000€, des gravures qui vont de 40 à 113 000€, ainsi que des dessins estimés entre 820 et 400 000€. Le prix de ses sculptures est un palier au-dessus, entre 2800 et 6 500 000€, bien que sa Danseuse à la jambe levée de 1913 soit estimée entre 3 500 000 et 5 500 000€, mais adjugée 8 000 000€ en 2015. Quant à ses peintures, il faut compter entre 166 300 et 17 000 000€, le record étant obtenu par Scène de rue berlinoise (recto) ; Arbres (verso) de 1913, estimé entre 18 000 000 et 24 000 000€, et vendu 38 000 000€.

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(Illus.) Ernst Ludwig Kirchner – Scène de rue berlinoise (1913), huile sur toile, 121 x 95 cm

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Karl Schmidt-Rottluff

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Estimation et cote de l'artiste Karl Schmidt-Rottluff

Karl Schmidt-Rottluff (1884-1976), né Karl Schmidt, naît à Rottluff le 1er décembre 1884. C’est un artiste à la fois peintre, graphiste, illustrateur, plasticien et graveur expressionniste allemand. Il est réputé pour ses travaux inspirés de l’avant-garde internationale et sa participation au groupe Die Brücke des expressionnistes allemands.

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Karl Schmidt-Rottluff, le mouvement Die Brücke

Karl Schmidt-Rottluff est issu d’une famille modeste dont le père, Friedrich August Schmidt, est meunier. Le garçon se rend au lycée de Chemnitz où, à partir de 1901, il y fait la connaissance d’Erich Heckel (1883-1970), et avec lequel il fondera plus tard le groupe Die Brücke. En 1905, Karl Schmidt décide d’ajouter le nom de sa vie natale à son nom et se fait désormais appeler Karl Schmidt-Rottluff. La même année, il étudie avec son ami Heckel à l’École technique supérieure de Dresde, afin d’y suivre des cours d’architecture. Il y rencontre Ernst Ludwig Kirchner (1880-1938) et Fritz Bleyl (1880-1966), qui deviennent la même année des membres fondateurs de Die Brücke avec Heckel et Karl Schmidt-Rottluff.
Ce groupe d’artistes, tous issus du Jugendstil, l’équivalent allemand de l’Art nouveau, se traduit par Le Pont, en référence au texte philosophique Ainsi parlait Zarathoustra de Friedrich Nietzsche (1844-1900). Leur but est de casser les vieilles conventions afin que l’inspiration puisse circuler et s’exprimer librement, à travers des formes et des couleurs vives, spontanées. Les artistes s’isolent dans une ancienne boucherie pour peindre, et Karl Schmidt-Rottluff met fin à ses études d’architecture pour se consacrer aux arts visuels.
En 1905, Die Brücke expose à Leipzig et, dès l’année suivante, de nouveaux artistes s’intègrent au cercle : entre autres Emil Nolde (1867-1956), Hermann Max Pechstein (1881-1955), Otto Mueller (1874-1930), mais également Rosa Schapire (1874-1954) en tant qu’historienne d’art et Hermann Max Pechstein (1881-1955), qui sera par la suite exclu en prenant parti pour la Sécession berlinoise. Pendant ces années, Karl Schmidt-Rottluff réalise plusieurs portraits de Rosa Schapire, créé des textiles, des meubles et des décorations colorées pour son salon, mais également des étoffes et des bijoux.
En 1911, Die Brücke s’installe à Berlin, de nouveaux artistes y sont intégrés, mais le groupe se dissout en 1913 suite à des divergences évidentes ; certains d’entre eux s’orientent vers le futurisme ou le cubisme. Karl Schmidt-Rottluff, qui était jusque-là un membre plutôt passif, s’isole vers d’autres horizons.



Karl Schmidt-Rottluff, l'expressionnisme aux influences internationales

Karl Schmidt-Rottluff fait la découverte de la sculpture africaine et entreprend un voyage en Norvège en 1911 dont il peint les paysages. L’artiste participe également à la seconde exposition du groupe Der blaue Reiter en 1912, qu’il fréquente sans pour autant s’y mélanger, puis voyage à Paris, en Damatie et en Italie la même année. Durant cette période, l’artiste est fortement influencé par le cubisme, notamment Pablo Picasso (1881-1973), mais également par l’art d’Afrique, ce qui le pousse à créer ses premières sculptures ainsi que ses premiers portraits très inspirés.
Karl Schmidt-Rottluff s’engage ensuite dans la Première Guerre mondiale mais, suite au traumatisme de la violence vécue sur le champ de bataille, il se sent désormais incapable de peindre et se tourne alors pendant un temps vers la gravure sur bois. Ses thèmes sont religieux et inspirés des horreurs de la guerre.

Karl Schmidt-Rottluff, les conséquences de la guerre

En 1931, Karl Schmidt-Rottluff devient membre de l’Académie des arts de Prusse mais la montée du nazisme l’en fait expulser et son art est considéré comme dégénéré. Ce ne sont pas moins de 608 œuvres qui sont retirées des musées, parmi lesquelles certaines sont brûlées lors de l’autodafé de peintures de 1939. Rosa Schapire en profite pour en récupérer et s’enfuir avec en Angleterre, la même année, dans le but de les conserver. Mais en 1941, Karl Schmidt-Rottluff fait partie de ces artistes dont l’exercice de la peinture et l’exposition leur sont interdits. Surveillé par la Gestapo, l’artiste n’a d’autre choix que de quitter Berlin pour retrouver sa ville natale, Rotluff. La même année, une grande partie de son œuvre, son atelier et son appartement sont détruits par les bombes.
Karl Schmidt-Rottluff ne retrouve le goût de peindre que deux ans après la Seconde Guerre Mondiale achevée, en 1947. Il devient alors enseignant à l’université des Beaux-Arts jusqu’en 1954, puis se tourne à partir de 1964 vers l’aquarelle. Après toutes ces années, c’est toujours l’expressionnisme qui colore ses œuvres et subsiste en son âme. C’est pourquoi il crée à Berlin un musée consacré à Die Brücke, mouvement dont il sera le dernier survivant.



La cote des œuvres de Karl Schmidt-Rottluff

Bien que la guerre le prive de peinture de bien des manières, Karl Schmidt-Rottluff n’a jamais cessé de créer, changeant simplement de support quand il n’était plus capable de tenir un pinceau. Il réalise de nombreuses aquarelles, des dessins et des peintures, parmi lesquelles on retrouve des natures mortes et beaucoup de paysages aux couleurs vives. La plupart de ces derniers lui sont inspirés quand il séjourne au bord de la mer Baltique. Mais il laisse également en héritage des gravures, des sculptures et des lithographies.
Ses gravures et lithographies sont estimées entre 6000 et 25 000€, tandis que les peintures de Karl Schmidt-Rottluff sont estimées entre 6000 et 2 000 000€. Son Paysage avec charrette de 1923-1925, bien qu’évalué entre 80 000 et 120 000€, est adjugé 150 000€. Le Jardin de 1906 est vendu 1 366 074€ en 2008. Des boîtes en bois décoratives et un coussin vers 1910-1911 ont par ailleurs été estimés entre 6000 et 8000€, pour être adjugés à 12 000€. Enfin, ses dessins et aquarelles vont de 3000 à 115 000€. La seule sculpture répertoriée s’est vendue 1 700 400€.

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(Illus.) Karl Schmidt-Rottluff – Deux Filles dans un Jardin (1914), huile sur toile, 100,3 x 86,4 cm

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Emil Nolde

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Estimation et cote de l'artiste Emil Nolde

Emil Nolde, né Hans Emil Hansen à Nolde le 7 août 1867, est un peintre expressionniste, aquarelliste et graveur allemand qui a embrassé trois périodes distinctes dans ses œuvres. Inspiré par la culture de l’art impressionniste à Paris puis l’expressionnisme allemand pour lequel il est connu, ses tableaux rencontrent brièvement le mysticisme à plusieurs moments de sa vie.

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Emil Nolde, de la sculpture sur bois à l'impressionnisme

Emil Nolde naît de parents paysans dans une famille nombreuse, près de la frontière danoise. Son éducation religieuse se poursuit à l’école communale où il prend des cours de catéchisme protestant. En parallèle, il aide aux travaux agricoles et sculpte lors de son apprentissage d’ébéniste et de sculpteur sur bois. Son diplôme en poche, il part pour Munich afin de terminer sa formation, puis à Karlsruhe pour s’inscrire à l’école des Arts appliqués. En 1899, Emil Nolde fréquente l’Académie Julian à Paris, où il fait la rencontre des peintures classiques du Louvre. Il fait ensuite des allers et retours entre Berlin et Copenhague, où il épouse Ada Vilstrup (1879-1946) en 1902. C’est pendant cette période que Emil Nolde découvre les œuvres de Vincent van Gogh (1853-1890) et Paul Gauguin (1848-1903), lors d’expositions à Berlin et Weimar. Cette rencontre artistique va profondément bouleverser et influencer son art.
Si Emil Nolde a déjà commencé à réaliser quelques toiles connues, comme Géants de la montagne de 1895-1896, il faudra attendre 1906 pour que ses premières expositions voient le jour. L’artiste y traite les couleurs vives avec pour thème récurrent la campagne, et attire l’attention de Karl Schmidt-Rottluff (1884-1976), l’un des membres fondateurs du groupe Die Brücke, que Emil Nolde rejoint jusqu’en 1907.

 

Emil Nolde, l'influence de Die Brücke

Bien que son temps au sein de Die Brücke fut court, Emil Nolde est saisi par l’expressionnisme allemand et s’en inspire désormais pour réaliser ses toiles. Nolde gagne en notoriété et rejoint la Sécession de Berlin, mais ses tableaux sont peu à peu refusés. Plus tard, la Nouvelle Sécession est fondée et l’artiste la rejoint à partir de la seconde exposition. L’artiste voit, pendant cette période, les thèmes de ses tableaux évoluer. Il est exclu en 1910 de la Sécession, tandis que la Nouvelle Sécession se disloque en 1911.
Nolde s’écarte peu à peu des paysages berlinois pour aborder des sujets religieux, mais toujours avec une technique et des couleurs qui lui sont propres. Après un passage furtif à travers l’art primitif, il entame en 1913 un long voyage à travers le monde qui se retrouve dans de nombreuses toiles, bien qu’il en détruise quinze sur le chemin. Cette expérience signe pour un temps le mysticisme dans ses œuvres.

Emil Nolde, l'art dégénéré

Lorsque Hitler arrive au pouvoir en 1933, Nolde soutient le régime nazi et est très apprécié de Joseph Goebbels (1897-1945), un dirigeant proche de ce premier. L’artiste est nommé président des Écoles d’Art Unies par la ligue des étudiants nazis. En dépit de son adhésion au parti national-socialiste, les œuvres de Emil Nolde sont affichées à l’exposition de 1937 dénonçant l’Art dégénéré, ce qui lui vaut la censure et l’interdiction de pratiquer la peinture en 1941. Avec 1052 œuvres confisquées, Emil Nolde est l’artiste qui a vu le plus de ses travaux bannis par les nazis.
Il récupère l’année suivante ses tableaux après avoir écrit à Goebbels, bien que celui-ci ne répondre pas à sa lettre, seulement à sa requête. Mais malgré tout, plusieurs de ses tableaux sont brûlés à Berlin en 1939. Toutefois, Nolde brave les interdits et peint des centaines de petites aquarelles fleuries en secret, appelées « images non peintes ». Emil Nolde devra attendre la chute du régime nazi pour reprendre sa peinture d’inspiration religieuse jusqu’à la fin de ses jours.

La cote des œuvres d'Emil Nolde

Emil Nolde est un peintre allemand du XXe siècle qui a abordé plusieurs mediums avant de se consacrer à l’aquarelle. Il n’a jamais cessé de peindre, même sous la menace du régime nazi. Il a d’abord été très influencé par l’impressionnisme avant de verser complètement dans l’expressionnisme allemand. Ses toiles font désormais partie de l’art allemand. Bien qu’elles aient été targuées d’art dégénéré, elles sont le témoin de ses convictions à la fois politiques et religieuses.
Emil Nolde a réalisé de nombreuses pièces majeures et des tableaux moins connus, estimées individuellement entre 1899 et 5 177 564€. Ses estampes varient entre 20 et 150 000€, tandis que ses aquarelles oscillent entre 288 et 300 000€. Ses gravures et sculptures sur bois sont en moyenne estimées entre 4000 et 20 000€ et ses peintures, plus recherchées, ont une cote allant de 4000 à 3 700 000€. Ses peintures expressionnistes à partir de 1906 sont les plus recherchées, comme le démontre l’œuvre Herbstmeer XVI de 1911, estimée à 5 986 050€ et adjugée à 7 327 424€.

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(Illus.) Discussion, Emil Nolde, 1913, lithographie sur papier japonais, 782x583mm

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Estimation gratuite Alexej Von Jawlensky

Alexej Von Jawlensky

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Estimation et cote de l'artiste Alexej von Jawlensky

Alexej von Jawlensky (1864-1941) est un peintre expressionniste russe né le 13 mars 1864 à Torjok, issu de la petite noblesse militaire. Promis à un destin militaire, l’art bouleverse un jour la vie d’Alexej von Jawlensky, qui se fera connaître grâce à son utilisation de la lumière à travers la couleur, et son implication au cœur du mouvement expressionniste.

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Alexej von Jawlensky, des armes aux pinceaux

Fils d’un père colonel dans l’armée impériale, Alexej von Jawlensky déménage régulièrement dans ses premières années, au gré des affectations de ce premier, partagé entre l’actuelle Biélorussie et l’actuelle Pologne. Il intègre l’École des Cadets de Moscou et découvre l’univers de la peinture pour la première fois en 1880, lorsqu’il visite l’Exposition mondiale de la ville. Cet événement marque le premier tournant dans la vie d’Alexej von Jawlensky, qui commence à peindre et à fréquenter régulièrement les expositions.
En parallèle, le jeune homme est admis à l’École militaire Alexandre en 1872 puis nommé lieutenant en 1884. En dépit de sa carrière sur le front, il fréquente les cercles d’artistes et collectionneurs et ne cesse de peindre, notamment des paysages de la steppe des Tatars. En 1889, Alexej von Jawlensky se fait transférer à Saint-Pétersbourg pour y suivre les cours de l’Académie impériale des beaux-arts. L’année suivante, il y fait la rencontre d’Ilia Iefimovitch Répine (1844-1930), dont l’une des élèves n’est autre que Marianne von Werefkin (1860-1938), peintre expressionniste russe.



Alexej von Jawlensky, la couleur au cœur de son œuvre expressionniste

Promu capitaine, Alexej von Jawlensky quitte l’armée en 1896 et se concentre intégralement à sa vie d’artiste. Il part avec Werefkin à Munich pour y suivre les cours de l’impressionniste Anton Ažbe (1862-1905) et rencontre alors Vassily Kandinsky (1866-1944), qu’il retrouvera quelques années plus tard. En attendant, et après avoir visité divers pays, Alexej von Jawlensky se rend en 1905 à Carantec, en Bretagne. Il rencontre Henri Matisse (1869-1954) pendant cette période puis, peu de temps après en revenant à Munich, Paul Sérusier (1864-1927) et le peintre-moine du mouvement nabi, Jan Verdake (1868-1946).
Au début des années 1910, Alexej von Jawlensky se rend chaque été dans la maison de Gabriele Münter, peintre et compagne de Kandinsky, qui rassemble la Nouvelle Association des Artistes de Munich (Neue Künstlervereinigung München). Cette même association qui donnera naissance au mouvement Der blaue Reiter (Le Cavalier bleu), en 1912 au sein de la « Maison des Russes ».
À la fois inspiré par Kandinsky, le cercle expressionniste et Matisse, Alexej von Jawlensky adopte l’usage des couleurs radicales qu’il aime souligner avec des cernes. Son style est ainsi marqué par l’expressionnisme et une pointe de fauvisme.

Alexej von Jawlensky, vers une abstraction des visages

Suite à la déclaration de la Première Guerre mondiale, Alexej von Jawlensky se réfugie en Suisse où il entame sa série des Variations, une suite de peintures effectuées à sa fenêtre, de plus en plus dépouillées. Lorsqu’il retourne à Zurich, Jawlensky fait la rencontre de plusieurs artistes européens ayant fuit la guerre. Attiré par ce qui est spirituel, il entame ses séries Visions du Messie et Têtes mystiques par dizaines, où sa fascination pour le visage prend de l’ampleur. Progressivement, Alexej von Jawlensky se tourne vers un art plus abstrait et la simplification des formes dans ses études de visages. D’ailleurs, des années 1920 à 1930, l’artiste réalise une série de Visages Abstraits. En 1924, il rejoint Kandinsky et Paul Klee (1879-1940), entre autres artistes, dans le groupe Les Quatre bleus, lequel sert essentiellement à promouvoir leurs œuvres dans le monde.
Malheureusement, les mains de l’artiste se paralysent peu à peu à partir de 1929 à cause de l’arthrite. Bien qu’il tente de poursuivre avec les deux mains, ses œuvres sont entre temps considérées comme art dégénéré par les nazis : Alexej von Jawlensky voit 72 de ses tableaux êtres confisqués en 1937. L’année suivante, il arrête son activité.

La cote des œuvres d'Alexej Von Jawlensky

Caractérisé par ses coups de pinceau directionnels, ses forts contrastes de couleurs intenses et son attrait pour les sujets mystiques, Alexej von Jawlensky est un peintre et coloriste innovant qui s’exprime et se fait connaître dans une large palette de portraits, de paysages et de natures mortes. L’artiste aime réaliser des séries, intégrer l’abstrait dans ses œuvres, se détacher du superflu pour capter la nature humaine à travers une compréhension profonde de l’âme. Il disait de son travail : « Mon art est simplement une méditation ou une prière en couleur ».
En dépit de la confiscation par les nazis, Alexej von Jawlensky a passé les dernières années de sa vie à documenter, classer et archiver ses travaux. Il laisse derrière lui quelques dessins estimés entre 1000 et 400 000€, mais essentiellement des peintures qui oscillent entre 30 000 et 600 000€. Une nature morte effectuée lors de ses débuts en tant qu’artiste est d’ailleurs adjugée 180 000€ en 2020.

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(Illus.) Alexej von Jawlensky – Visage du Sauveur : la Mort II (vers 1919)

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Gabriele Münter

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Estimation et cote de l'artiste Gabriele Münter

Gabriele Münter (1877-1962) est une peintre allemande dont l’œuvre a marqué un tournant décisif dans l’histoire de l’art moderne. Si on l’a longtemps cantonnée au rôle de compagne de Kandinsky, elle fut surtout l’un des piliers du mouvement Le Cavalier Bleu grâce à une vision radicale et totalement indépendante. Son style se définit par des formes simplifiées et des couleurs vives ne servent qu’un seul but : l’expression d’une émotion brute, sans artifice.

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Prix des œuvres de Gabriele Münter

  • Peinture (huile sur toile / panneau, natures mortes, paysages, portraits) : entre 5 000 € et plus de 2 000 000 €

  • Aquarelle, gouache, dessin et techniques mixtes sur papier : entre 300 € et 150 000 €

  • Estampe (lithographie, gravure, bois gravé) : entre 200 € et 10 000 €

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La cote de Gabriele Münter sur le marché de l’art

La cote des peintures à huile

Les tableaux les plus recherchés sont ceux de la période « Murnau » (entre 1908 et 1914). À cette époque, ses paysages de montagne atteignent des sommets. Les prix oscillent généralement entre 100 000 € et 500 000 €, mais les chefs-d’œuvre dépassent régulièrement le million ! Pour vous donner une idée, un paysage comme Murnau – Blick aufs Gebirge a été adjugé plus de 800 000 € récemment. Même ses œuvres plus tardives, souvent plus calmes, conservent une cote solide autour de 50 000 € à 150 000 €.

La cote des dessins et aquarelles

Münter maîtrisait l’aquarelle pour capturer des impressions rapides : ces œuvres sont très prisées car on y voit toute la force de son trait. Une belle aquarelle colorée peut se négocier entre 15 000 € et 40 000 €. On voit passer des dessins au crayon plus simples autour de 5 000 €, mais dès que la couleur explose, les prix grimpent vite. En 2024, une étude de fleurs à l’aquarelle a par exemple trouvé preneur pour 28 000 €.

La cote des gravures et bois gravés

Ses gravures sur bois sont emblématiques de l’expressionnisme. Ce sont des œuvres puissantes, souvent en noir et blanc. Selon la rareté du tirage et la conservation, une gravure originale se vend entre 2 000 € et 8 000 €. Un exemplaire bien conservé de ses portraits gravés a d’ailleurs été adjugé 5 500 € l’an dernier.

Comment reconnaître une œuvre de Gabriele Münter ?

Pour identifier un tableau de Gabriele Münter, il ne faut pas chercher la finesse des détails mais plutôt la force globale de l’image. Sa technique est très particulière : elle construit ses tableaux comme des puzzles de couleurs éclatantes, sans utiliser de dégradés ni de mélanges compliqués. Le signe le plus facile à reconnaître est l’utilisation de gros traits noirs très épais qui entourent chaque objet, chaque maison ou chaque arbre. Ce contour noir donne l’impression que la peinture est solide, un peu comme les vitraux d’une église ou les jouets en bois de l’époque, ce qui crée un contraste immédiat avec les fonds souvent très lumineux !

Ses thèmes favoris aident également à y voir plus clair car elle revenait sans cesse aux paysages de Bavière, avec des petites maisons aux toits pointus et des montagnes bleues simplifiées. Elle aimait aussi peindre des portraits où les visages sont à peine détaillés, mais dégagent une émotion très forte.

Si vous avez devant vous une peinture qui semble un peu « plate », sans effets de profondeur complexes, mais où les couleurs comme le jaune, le rouge ou le bleu pur dominent, il est possible que vous soyez face à un original. Sa signature est souvent simple et discrète, pour s’effacer derrière la puissance visuelle de la composition.

Reconnaître la signature de Gabriele Münter

Reconnaître la signature de Gabriele Münter est une étape clé, mais c’est aussi un exercice délicat. En général, elle signait de façon assez simple, soit son nom complet « Gabriele Münter », soit uniquement « Münter ». L’écriture est manuscrite, souvent un peu penchée et énergique. Ce qui est frappant, c’est que sa signature s’intègre parfaitement à son style : elle utilisait souvent un pinceau et une couleur sombre qui ressort bien sur ses fonds colorés. C’est d’ailleurs cette touche que l’on retrouve chez les grands noms de l’expressionnisme allemand. Sur ses dessins ou ses gravures, vous trouverez plus souvent une signature au crayon, parfois accompagnée du nom du village où elle travaillait, comme « Murnau ».

Cependant, il faut rester très prudent. Comme Münter est une figure centrale du groupe le Blaue Reiter, ses œuvres sont très recherchées et on trouve beaucoup de copies sur le marché. Une signature qui semble trop appliquée ou, au contraire, trop hésitante doit vous alerter. De plus, beaucoup de ses œuvres n’ont pas été signées sur le moment, mais identifiées plus tard.

C’est pour cette raison qu’une simple signature ne suffit jamais à garantir l’authenticité. Si vous possédez un tableau ou un dessin qui ressemble à son travail, le plus sûr reste de demander une expertise d’œuvre d’art. Chez Estimon’Objet, nous analysons la main de l’artiste mais aussi la qualité des matériaux pour vous confirmer s’il s’agit bien d’un original !

Expertise signature Gabriele Munter
Signature Gabriele Munter

Tableau de Gabriele Münter : ce que regardent nos experts

L’expertise à distance demande de la vigilance car ce style « simple » a parfois été imité. Quand vous nous envoyez vos photos, notre spécialiste de l’art moderne Romain Rudondy traque d’abord la franchise du trait. Chez Münter, le contour noir n’est jamais hésitant : il est posé d’un coup, avec une vraie assurance. Si sur vos clichés les traits semblent tremblotants ou repris plusieurs fois, c’est souvent mauvais signe !

Nous regardons également de très près la texture de la peinture. Gabriele Münter peignait souvent sur des cartons ou des panneaux de bois. La manière dont la peinture a « bu » ou glissé sur le support en dit long. Au dos, nous cherchons les traces de son histoire mouvementée : Münter a caché de nombreuses œuvres dans sa cave pendant la guerre pour les sauver ! On trouve donc parfois des numéros d’inventaire anciens ou des tampons de galeries munichoises cachés sous le cadre. Ce sont ces preuves matérielles qui valident l’origine de votre tableau.

Gabriele Münter, une peintre phare de l'expressionnisme allemand

Originaire de Berlin, Gabriele Münter (1877-1962) commence son aventure artistique par un long voyage aux États-Unis avant de rejoindre Munich. C’est dans cette ville qu’elle rencontre Kandinsky, mais son génie propre s’affirme réellement lors de ses séjours à Murnau, au cœur de la Bavière. Fascinée par la technique locale de la peinture sous verre, la jeune femme décide alors d’épurer sa manière de peindre pour ne garder que l’essentiel. Ce choix l’amène à délaisser les détails pour se concentrer sur ce qui devient sa signature : la puissance du trait et le contraste des couleurs.

Au cœur des années 1910, l’artiste participe activement à la naissance du groupe Le Cavalier Bleu en apportant une vision graphique très moderne. Son travail se reconnaît à ces contours sombres qui font vibrer les teintes primaires, mais son héritage ne se limite pas à ses pinceaux. Sous le régime nazi, la peintre prend le risque de dissimuler des centaines de toiles interdites dans son sous-sol. Sans cette intervention audacieuse, une part immense de l’art moderne aurait sans doute disparu à jamais, ce qui témoigne de sa détermination et de son engagement pour la liberté de créer.

Après la guerre, Gabriele Münter poursuit sa quête esthétique à Murnau en restant fidèle à ses thèmes favoris comme la nature morte ou la peinture de paysage. Le marché de l’art a fini par lui rendre justice en la sortant de l’ombre de ses contemporains masculins pour saluer sa contribution majeure à l’art moderne !

(Illus.) Gabriele Münter – The Blue Lake (Der blaue See), (1912), huile sur toile, 45,4 x 60,5 cm

Un détail qui ne trompe pas sur les œuvres de Gabriele Münter, c’est l’usage du carton. Regardez bien si la peinture semble « absorbée » par le support, car Münter utilisait souvent des cartons bruts qui boivent la couleur. Si vous apercevez le brun du carton apparaître par endroits entre deux traits de pinceau, c’est un excellent signe d’authenticité ! Les faussaires font souvent l’erreur de trop charger la toile, alors qu’elle laissait le support respirer.

En lien avec Gabriele Münter

Estimation d’objet d’art en ligne : comment faire ?

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Estimation gratuite Vassily Kandinsky

Vassily Kandinsky

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Estimation et cote de l'artiste Vassily Kandinsky

Vassily Kandinsky (1866-1944) est un pionnier de l’art abstrait. Ce Russe au destin incroyable était d’abord un brillant juriste, mais sa vie bascule lorsqu’il se retrouve bouleversé par un tableau de Monet. C’est le déclic : il décide de délaisser sa carrière toute tracée pour se jeter à corps perdu dans la peinture. Il a passé le reste de ses jours à chercher des ponts entre la musique et l’art, au point de transformer ses toiles en de véritables symphonies visuelles.

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Prix des œuvres de Vassily Kandinsky

  • Peinture (huile sur toile, huile sur panneau) : entre 2 400 € et plus de 41 900 000 €

  • Aquarelle, dessin (crayon, fusain, aquarelle) : entre 760 € et plus de 4 487 420 €

  • Estampe, lithographie, gravure (tirage, éditions) : entre 5 € et 640 000 €

  • Tapisserie / textile (éditions, tentures) : entre 400 € et 18 000 €

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La cote de Vassily Kandinsky sur le marché de l’art

La cote des peintures à huile

C’est le sommet du marché. Les huiles de Kandinsky restent des perles rares car une grande partie de son travail est déjà au sein d’institutions mondiales comme le Guggenheim à New-York ou le Centre Pompidou à Paris. Alors dès qu’une toile apparaît en vente, le monde de l’art entre en ébullition !

Si votre œuvre appartient à la période 1910-1914, moment où il invente l’abstraction, vous détenez sans doute l’une des pièces les plus chères et les plus disputées du marché actuel.

Voici trois ventes exceptionnelles :

  • Murnau avec l’église II (1910) : 42 millions d’euros
    Vendue en 2023, cette toile saisit le moment précis où l’artiste s’affranchit enfin du réel. Ce qui explique ce prix record ? Son histoire incroyable et ses couleurs primaires qui éclatent encore comme si la peinture sortait tout juste du tube.
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  • Peinture avec lignes blanches (1913) : 37 millions d’euros
    Une pure merveille de l’abstraction lyrique. Ici, Kandinsky ne peint plus des objets, il projette ses émotions. C’est exactement le genre de format que les collectionneurs s’arrachent à prix d’or.
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  • Rigide et Courbé (1935) : 21,5 millions d’euros
    Même ses œuvres plus tardives, créées à Paris avec des formes qui rappellent des organismes vivants, atteignent des sommets dès que le format devient imposant.

La cote des dessins et aquarelles

Kandinsky adore l’aquarelle pour la liberté qu’elle lui offre. C’est son terrain de jeu favori pour tester ses nouvelles idées ! Pour un collectionneur, c’est une occasion en or de toucher son génie de plus près. Comptez entre 150 000 € et plus d’un million d’euros pour les plus belles pièces.

Si vous avez un dessin où l’on voit encore les traits de crayon sous les couleurs, ne pensez pas que c’est un défaut ! Au contraire, les acheteurs raffolent de ces traces qui prouvent le travail de recherche de l’artiste, ce qui peut faire décoller votre estimation.

Quelques exemples de ventes :

  • Composition abstraite, mélange d’aquarelle et d’encre : 280 000 €
    Étude pour une composition, simple trait de crayon : 45 000 €
    Formes circulaires, une gouache éclatante des années 30 : 120 000 €

La cote des gravures et lithographies

Kandinsky veut que son art soit accessible au plus grand nombre et produit donc beaucoup de gravures, surtout pendant ses années au Bauhaus. Attention toutefois au tirage : une lithographie issue de ses séries célèbres comme « Kleine Welten » (Petits Mondes) aura toujours plus de valeur qu’une épreuve isolée. La signature à la main, souvent située en bas à droite, reste le critère qui rassure les acheteurs et justifie les prix les plus élevés.

Résultats de ventes :

  • Planche de la série « Petits Mondes », signée de sa main : 8 500 €
  • Gravure sur bois originale (1911) : 3 200 €

Comment reconnaître une œuvre de Vassily Kandinsky ?

Pour Kandinsky, un tableau se regarde comme on écoute de la musique. Rien n’est posé au hasard : les formes semblent danser. Regardez si vous voyez ce contraste entre des cercles parfaits et des triangles très pointus qui donnent du rythme à l’image. Il jouait énormément avec les couleurs pour créer des « duels » visuels, comme un jaune très vif qui vient percuter un bleu profond.

Regardez également la manière dont les couleurs se croisent : chez lui, quand deux formes se superposent, la couleur du dessous apparaît souvent par transparence, un peu comme à travers un vitrail. Sur les œuvres les plus connues, tout est dessiné avec une précision incroyable, comme si l’artiste avait utilisé une règle et un compas pour tracer chaque ligne. Si vous avez une œuvre qui mélange ce côté très géométrique avec une explosion de couleurs, c’est un bon signe. Nos experts Estimon’objet sauront vous dire si c’est du Kandinsky !

Reconnaître la signature de Vassily Kandinsky

Pour commencer vos recherches, cherchez son monogramme. C’est sa marque de fabrique : un « K » dessiné de façon très simple à l’intérieur d’un petit carré ou d’un triangle, souvent avec l’année juste à côté. Mais selon l’époque de votre tableau, la signature change ! Sur ses premières œuvres des années 1910, il écrivait souvent « Kandinsky » en entier, avec une écriture un peu penchée et élégante. Parfois même en caractères russes (cyrilliques) si l’œuvre a été peinte avant son départ définitif de Russie.

Pendant ses années au Bauhaus, autour de 1922, il devient plus sobre : on retrouve souvent son nom tracé simplement au crayon, parfois caché au dos de l’œuvre ou tout petit dans un coin. Enfin, sur ses dernières pièces réalisées à Paris dans les années 30 et 40, il signait fréquemment « V. Kandinsky » avec une écriture très régulière et bien affirmée.

Mais restez prudent : Kandinsky est l’un des peintres les plus copiés au monde, et les faussaires sont très expérimentés. Une signature ne suffit jamais à elle seule pour dire que c’est un vrai. Ce qui compte vraiment, c’est le « pedigree » du tableau (qui l’avait avant vous ? comment l’avez-vous acquis ?) et surtout s’il est listé dans le grand catalogue officiel qui recense tous ses travaux. Sans ce précieux document, une signature, aussi jolie soit-elle, ne garantit pas la valeur.

Expertise signature Vassily Kandinsky
signature Vassily Kandinsky

Tableau de Vassily Kandinsky : ce que regardent nos experts

Pour savoir si un tableau Kandinsky est un vrai, notre spécialiste en art moderne Romain Rudondy scrute le geste : il vérifie si les lignes droites possèdent cette tension qu’une simple copie ne parvient jamais à imiter. Il faut savoir que l’artiste utilisait certes des outils de précision, mais son tracé garde toujours une « vibration » humaine très particulière. Notre expert repère immédiatement si le trait est hésitant ou trop mou, ce qui est souvent le signe d’une main qui cherche à copier sans comprendre le rythme de l’œuvre.

L’histoire de la toile s’avère également capitale. Kandinsky voyage énormément : de Moscou à Munich, puis Berlin et enfin Paris. Des étiquettes de galeries mythiques ou des tampons au dos du cadre sont des indices qui rassurent les acheteurs et permettent de viser l’estimation la plus haute ! Chaque voyage de l’artiste a laissé des traces physiques, comme des marques de douane ou des annotations de marchands d’art célèbres qui l’ont exposé à l’époque. Plus nous parvenons à reconstituer ce « journal de bord » grâce au dos de votre tableau, plus l’authenticité devient indiscutable aux yeux des plus grands collectionneurs.

Vassily Kandinsky, un peintre voyageur de l’esprit

Kandinsky commence son parcours comme un sérieux professeur de droit à Moscou. Issu d’une famille aisée (son père était un riche marchand de thé), il semble promis à une carrière brillante dans les tribunaux. Mais à 30 ans, sa rencontre avec l’art de Monet agit comme une véritable révélation. Face à une toile représentant une meule de foin, il réalise que la couleur peut exister sans le dessin : il choisit alors de se consacrer entièrement à sa passion. Ce qui rend son regard si particulier, c’est qu’il est synesthète : pour lui, chaque couleur possède un son ! Il « entend » littéralement les pigments, ce qui explique pourquoi il parle de ses tableaux comme de « compositions » musicales.

Sa vie ressemble à une suite de départs forcés et de réinventions. En Allemagne, il fonde le mouvement du « Cavalier Bleu » (ou « Der Blaue Reiter ») avec ses amis Franz Marc et August Macke, cherchant à peindre l’âme des choses plutôt que leur simple apparence. La guerre le force à rentrer en Russie, où il participe activement à la vie culturelle après la Révolution, avant de repartir pour enseigner au célèbre Bauhaus. C’est là, entouré d’architectes et de designers, qu’il affine sa théorie des formes, associant le cercle au bleu et le triangle au jaune.

L’arrivée du nazisme le contraint à fuir une nouvelle fois. Ses œuvres sont alors jugées « dégénérées » par le régime. Il finit par s’installer à Paris, dans un petit appartement de Neuilly-sur-Seine. Malgré l’exil et les difficultés de la guerre, il ne cesse jamais de peindre et de créer des formes plus douces, inspirées par le monde de la biologie qu’il observe au microscope. Il s’éteint en 1944, laissant derrière lui une œuvre qui change totalement notre façon de voir l’art.

(Illus.) Vassily Kandinsky – Composition X (1939), huile sur toile, 130 x 195 cm

Si votre œuvre date de sa période parisienne (après 1933), regardez si vous y trouvez des formes qui ressemblent à des “petites cellules”. À cette époque, Kandinsky s’intéressait beaucoup aux sciences naturelles, et ces motifs sont très recherchés car ils marquent l’aboutissement final de ses recherches !

En lien avec Vassily Kandinsky

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