Estimation gratuite Louis Valtat

Louis Valtat

Home » Artiste » Art moderne » Page 67

Estimation et cote de l'artiste Louis Valtat

Louis Valtat (1869-1952) est un précurseur du Fauvisme, reconnu pour la sonorité de ses couleurs, et son talent pour les arts décoratifs.

Estimation gratuite Louis Valtat

Vous souhaitez expertiser une œuvre de Louis Valtat et recevoir son estimation ? Remplissez votre demande via notre formulaire. Faites estimer votre objet de Louis Valtat en quelques clics et recevez une réponse sous quelques jours. C’est gratuit et totalement confidentiel.

Formation du style pictural de Louis Valtat

Louis Valtat fréquente l’Académie Julian à partir de 1886, et entre à l’École des Beaux-Arts de Paris deux ans plus tard. Il s’essaie alors à différents mouvements d’Avant-garde. Proche des Nabis, dont il admire l’art de la composition, il étudie le dessin et la couleur de Vincent Van Gogh et Paul Gauguin, leurs modèles. Louis Valtat reprend à ce moment les thématiques chères à Henri de Toulouse-Lautrec, observant depuis son atelier les scènes de rues, les mendiants et les prostituées. Il s’intéresse également au Néo-Impressionnisme, à la suite de Henri-Edmond Cross, à qui il rend visite en 1892, puis de Georges Seurat et de Paul Signac. Il cherche à imiter leur touche miroitante, mais retourne finalement au dessin en étudiant Auguste Renoir.

La peinture de Louis Valtat : précurseur du Fauvisme

Phtisique, Louis Valtat se rend à Arcachon pour se soigner en 1895-1896. Durant sa convalescence, il multiplie les techniques artistiques, et fait des estampes sur bois, des croquis à l’huile et des aquarelles. Il expérimente une peinture aux formes simplifiées, contenant des couleurs pures, sans ombres portées. Inspiré par les cartons de tapisserie qu’Aristide Maillol lui à montrer à Banylus en 1895, Louis Valtat recherche l’unité des formes, et délaisse la représentation des détails.

Ce faisant, il annonce le Fauvisme avec des toiles telles que Les Écaillères d’huîtres à Arcachon (1896). Louis Valtat représente alors avant tout des femmes, intégrées au paysage ou bien au travail. De retour à Paris en 1896, Louis Valtat enseigne à l’École des Beaux-Arts de Paris. II transmet à ses élèves Henri Matisse, Georges Rouault et Albert Marquet, futurs peintres Fauves, l’idée que la couleur n’est pas simplement mimétique, mais endosse également une valeur symbolique.

L'inspiration méditerranéenne de Louis Valtat

De 1897 à 1899, Louis Valtat réside à Agay, près de Saint-Raphaël. Ses représentations de rochers rouges l’incitent à faire évoluer sa palette, et à jouer sur la polarité entre les couleurs primaires. Ses toiles aux couleurs vives, présentées pour la première fois au public en 1899, ont une grande influence sur le développement de l’art Fauve.

Sa période méditerranéenne perdure pour vingt ans, et ses toiles sont très diffusées auprès des collectionneurs dans les années 1900-1910. Louis Valtat participe au Salon d’Automne de 1905, où il expose aux cotés de Vassily Kandinsky et Alexej von Jawlensky, dans la salle XV. Son travail est remarqué, mais il n’est pas compté parmi les Fauves, en raison de sa touche très régulière.

Tout comme les Fauves, il représente cependant le paysage de façon décorative, en couleurs pures, avec des formats larges. Ses voyages autour du bassin méditerranéen, notamment en Italie en 1902 et à Alger en 1906 accentuent la vivacité de ses coloris. C’est l’intensité des contrastes chromatiques qui assure la lisibilité de son trait, dans des toiles telles que Femme sur la plage (1910).

De retour à Paris en 1914, Louis Valtat se tourne vers des thèmes plus urbains, en particulier l’atelier de couture voisin de son atelier. Souhaitant réintégrer la nature à son œuvre, Louis Valtat achète une maison à Choisel dans la vallée de Chevreuse dans les années 1920. Les fleurs de son jardin et les paysages alentours deviennent alors ses sujets de prédilection. Il peint de cette manière jusqu’en 1948, date à laquelle la maladie le contraint à cesser.

Les autres techniques de Louis Valtat : gravure et arts décoratifs

S’il est avant tout connu pour la peinture, Louis Valtat pratique au cours de sa carrière d’autres techniques artistiques. A la demande de son marchand Ambroise Vollard, Louis Valtat s’essaie à la peinture sur les céramiques d’André Metthey, en 1907, et au modelage qu’il pratique en 1909. Graveur, Louis Valtat fournit des illustrations au journal conventionnel La Critique, et à la revue satyrique L’Omnibus de Corinthe. Il joue avec les lignes du bois pour donner une puissance et une dimension aléatoire à son dessin. Louis Valtat manifeste également un goût pour les Arts décoratifs, encouragé par sa visite de l’atelier de tapisserie d’Aristide Maillol à Banylus en 1895. Son goût pour la création textile se manifeste d’abord dans ses peintures, qui imitent les tapis par leurs parterres de fleurs. Il dessine ensuite des cartons de tapisserie pour Aubusson en 1922-1923.

La cote des œuvres de Louis Valtat

La valeur des œuvres de Louis Valtat s’est stabilisée depuis 2011, après la crise connue en 2008. Il est représenté à part égale sur les marchés français et américains. Depuis 2011, les peintures constituent 66 % des ventes, elles restent donc encore très disponibles sur le marché. Elles s’échangent le plus souvent pour 10 000 à 50 000 €. En ce qui concerne ses dessins, ce sont ses pastels des années 1895, réalisés sous l’influence d’Henri de Toulouse-Lautrec, qui atteignent les prix les plus hauts. Le record est détenu par aux courses, vendu 55 777 € (45 000 £) à Londres en 2012. 

(Illus.)Louis Valtat, Baie d’Anthéor, 1906-1907. State Museum of Modern Western Art Moscow.

Estimation d’objet d’art en ligne : comment faire ?

L’expertise en ligne de votre objet se fait facilement, en trois étapes ! C’est gratuit et confidentiel.
Estimation gratuite Edouard Manet

Édouard Manet

Home » Artiste » Art moderne » Page 67

Estimation et cote de l'artiste Edouard Manet

Edouard Manet est un peintre français né à Paris le 23 janvier 1832 et mort dans la même ville le 30 avril 1883. À cette période règne l’académisme, un courant artistique caractérisé par un l’importance du dessin, la prédominance du modèle antique, le goût pour les motifs historiques et orientalistes. Manet est l’un des premiers à s’émanciper avec une grande audace de ce modèle, ce qui fait qu’on le considère comme « le premier des peintres modernes » (Françoise Cachin, introduction du catalogue d’exposition Manet, 1832-1883, 1983).

Estimation gratuite Edouard Manet

Prix des œuvres d'Edouard Manet

  • Peinture (huile sur toile, huile sur panneau) : entre 20 000 € et plus de 51 900 000 €

  • Aquarelle, gouache, encre sur papier, dessin (crayon, fusain, sanguine) : entre 300 € et 1 500 000 €

  • Estampe, eau-forte, lithographie (éditions, épreuves) : entre 25 € et 170 000 €

Vous souhaitez  expertiser une œuvre d’Edouard Manet et recevoir son estimation ? Remplissez votre demande via notre formulaire. Faites estimer une œuvre d’Edouard Manet en quelques clics et recevez une réponse sous quelques jours. C’est gratuit et totalement confidentiel.

Qui est le peintre Edouard Manet ?

Il est également souvent considéré comme l’un des fondateurs de l’impressionnisme, ce qui n’est pas tout à fait exact puisqu’il n’utilise pas les techniques de la couleur et les réflexions nouvelles sur la lumière, propres aux impressionnistes. Cependant, il se rapproche de ce mouvement par le choix de représenter le monde contemporain, les scènes de la vie moderne, et d’en faire des sujets dignes de la grande peinture. Après avoir quitté le collège en 1848, le jeune Manet demande à entrer dans la marine, mais échoue au concours. Il embarque tout de même comme pilotin sur un bateau-école à destination du Brésil. Ce voyage d’un an lui permet de réaliser de nombreux dessins qui lui inspirent par la suite des paysages marins avec des scènes de ports. Il entre en 1850 dans l’atelier du peintre Thomas Couture, à Paris, mais il prend le contre-pied des enseignements de son maître, grande figure de l’art académique du XIXème siècle. Pendant ces six ans d’enseignement, Edouard Manet copie les œuvres du Louvre et voyage en Hollande, en Italie et en Espagne. Ces découvertes nourriront son œuvre tout au long de sa vie.

Les œuvres majeures d'Edouard Manet

C’est à l’occasion du Salon de 1859 que Manet dévoile sa première œuvre, Le Buveur d’absinthe, conservée aujourd’hui à la Ny Carlsberg Glyptotek. L’influence réaliste de Gustave Courbet (1819 – 1877) y est présente, mais ce tableau est surtout dédié à celui que Manet considère comme « le peintre des peintres », l’Espagnol du grand XVIIème siècle Diego Vélasquez. Cependant, son tableau est refusé au Salon. L’artiste bénéficie du soutien d’Eugène Delacroix et de Charles Baudelaire qui cherchent à le faire connaître sur la scène parisienne. Il est accepté au Salon de Paris en 1861 avec le Portrait de Monsieur et Madame Auguste Manet. C’est avec l’œuvre Le Déjeuner sur l’herbe, datant de 1863, que Manet affirme sa rupture avec le classicisme et l’académisme. Ce tableau suscite de vives réactions à cause du nu féminin qui n’est pas du tout pudique, puisque très réaliste et érotique contrairement aux nus académiques qui n’ont pas du tout cette dimension. Mais c’est son œuvre, Olympia, réalisée deux ans plus tard qui suscite le plus de critiques, puisqu’il s’agit de la représentation d’une prostituée moderne. L’insolence du modèle et son aspect provocateur seront aussi les raisons de la forte critique. Le tableau refusé en 1863 entrera au Louvre 44 ans après sa création.

Estimation et cote d'Edouard Manet sur le marché de l'art

À la fin de sa vie, Manet ne peint que de petits formats qu’il réalise assis. Il exécute également des pastels puisque la technique est moins fatigante que l’huile. Il meurt à 51 ans de la gangrène. Même s’il s’est toujours tenu à l’écart des impressionnistes, il n’a jamais hésité à soutenir ses représentants comme sa belle-sœur, Berthe Morisot (1841 – 1895). Le peintre a laissé plus de quatre cents toiles, des pastels, des esquisses et des aquarelles. Edouard Manet a une place importante dans le marché de l’art puisqu’en 2010, l’Autoportrait d’Edouard Manet est vendu à Londres pour 27 millions d’euros. En 2014, Le Printemps (Portrait de Jeanne Demarsy), 1881, conservé au Getty, est vendu à New-York pour la somme de 52 millions d’euros. Cependant, la mort prématurée de l’artiste fait qu’il nous laisse une production nécessairement moins importante que beaucoup de ses confrères modernes. Vous souhaitez faire expertiser un tableau d’Édouard Manet et recevoir son estimation ? Remplissez votre demande via notre formulaire. Estimez votre oeuvre d’Édouard Manet en quelques clics et recevez une réponse sous quelques jours. C’est gratuit et totalement confidentiel.

Reconnaître la signature d'Edouard Manet

Reconnaître la signature d’Édouard Manet est une étape essentielle pour authentifier une œuvre de ce pilier de la peinture moderne. Sa signature, bien que sujette à certaines variations au fil de sa carrière, présente des constantes observées sur de nombreuses œuvres majeures comme Olympia (1863), Le Déjeuner sur l’herbe (1863) ou encore Un bar aux Folies-Bergère (1882). Manet signe le plus souvent « Manet » en lettres inclinées, parfois légèrement ascendantes, avec une écriture fine et nerveuse, généralement apposée en bas à gauche ou à droite de la composition. Sur ses toiles de maturité, on retrouve fréquemment un « E. Manet » plus affirmé, tracé au pinceau avec une peinture sombre, presque toujours bien détachée du fond. Dans certaines œuvres sur papier, études ou esquisses, il peut aussi utiliser une signature plus abrégée ou plus rapide, témoignant de l’immédiateté du geste. Face à un marché où circulent copies anciennes et faux habiles, faire vérifier la signature d’un Édouard Manet par un spécialiste demeure indispensable. Sur Estimon’Objet, nos experts en peinture du XIXᵉ siècle vous accompagnent dans l’identification, l’authentification et l’estimation de vos œuvres signées Manet, qu’il s’agisse d’une huile, d’un dessin ou d’une étude.

Signature Edouard Manet

En lien avec Edouard Manet

Estimation d’objet d’art en ligne : comment faire ?

L’expertise en ligne de votre objet se fait facilement, en trois étapes ! C’est gratuit et confidentiel.
Estimation gratuite Gustave Loiseau

Gustave Loiseau

Home » Artiste » Art moderne » Page 67

Estimation et cote de l'artiste Gustave Loiseau

Désireux de voler de ses propres ailes, Gustave Loiseau délaisse sa première activité de décorateur pour se dédier à la peinture, sa véritable passion, à partir des années 1880.

Estimation gratuite Gustave Loiseau

Vous souhaitez expertiser une œuvre de Gustave Loiseau et recevoir son estimation ? Remplissez votre demande via notre formulaire. Faites estimer votre peinture ou illustration de Gustave Loiseau en quelques clics et recevez une réponse sous quelques jours. C’est gratuit, réalisé par de vrais experts de l’art et totalement confidentiel.

Les débuts artistiques de Gustave Loiseau

L’artiste né en 1865 est originaire de la ville de Pontoise en banlieue parisienne, où il grandit dans une famille de commerçants. Elle lui inspire les sujets d’un grand nombre de ses toiles tels que le quartier de l’Hermitage, les bords de l’Oise, ou la cathédrale Saint Maclou. Il quitte le nid familial afin de devenir apprenti auprès de l’artiste Fernand Quignon à Montmartre et suit des cours à l’École des Arts Décoratifs à partir de 1887 afin de parfaire sa technique. Bien qu’il soit l’héritier d’une formation classique, il est à l’origine d’une production originale, riche et variée qui s’inscrit dans la lignée de Sisley, Pissarro, et Claude Monet.

Gustave Loiseau, pionnier de la vague post-impressionnisme

Loiseau est en effet considéré comme un peintre de la vague post impressionniste, située dans les deux dernières décennies du XIXème siècle. Ce mouvement est héritier de l’impressionnisme par le fractionnement de la touche et l’importance donnée à la lumière. Il rassemble aussi bien des artistes pointillistes comme Seurat ou Signac, que des peintres nabis parmi lesquels figurent Bonnard ou Maillol. Loiseau aime représenter des paysages poétiques dans lesquels il accorde une place prépondérante aux changements atmosphériques, comme Claude Monet le fit dans ses trente Vues de la cathédrale de Rouen (1892-1894). Ainsi pluie, neige, gèle, brume deviennent les protagonistes de ses toiles. Il porte aussi un grand intérêt à la division chromatique et aux jeux de lumière, créant sa propre forme d’harmonie picturale et se distinguant ainsi de ses contemporains. Il traite aussi bien les côtes et campagnes bretonnes et normandes que les paysages parisiens. Cet attrait pour la vie moderne ne le rapproche que davantage de ses prédécesseurs impressionnistes qui, étant les premiers témoins de la métamorphose de Paris par le baron Haussmann, se sont attelés à capturer les changements qui s’opèrent sous leurs yeux, adoptant une touche vive et nerveuse symbole d’instantanéité. Enfin, Loiseau consacre les dernières années de sa vie à peindre des natures mortes.

En 1884, Seurat, Signac, Cross et plusieurs autres artistes post impressionnistes souhaitant exposer en marge du Salon Officiel, fondent le Salon des Indépendants. Loiseau y participe en 1893 ainsi qu’à trois expositions des peintres impressionnistes et symbolistes de la galerie Le Barc. Toutefois, le tournant de sa carrière est sa rencontre avec le galeriste et marchand Paul Durand-Ruel en 1897 avec qui il développe une forte relation. Ce dernier, séduit par ses productions, lui achète des œuvres en grand nombre et lui organise une exposition personnelle dans sa galerie new yorkaise en 1904. C’est ainsi que l’artiste passe d’une popularité encore discrète à une renommée internationale. Désormais, ses toiles sont présentes dans les collections privées et publiques du monde entier. Il est exposé au musée d’Orsay, au Petit Palais de Genève, au musée Thyssen-Bornemizsa de Madrid ou encore au musée de Leipzig en Allemagne.

Estimation et cote de Gustave Loiseau sur le marché de l'art

Ses œuvres apparaissent fréquemment sur le marché de l’art. Elles se vendent entre 20 000 et 80 000 euros mais culminent parfois jusqu’à 100 000 à 500 000 euros en fonction de leurs dimensions et du sujet. La neige de Pontoise (1924, huile sur toile) a été vendue à 39 000 euros en mai 2018 à New York, tandis que L’Yonne à Auxerre de 1908, a été acquise pour le prix de 232 200 € en mai 2017 à Paris. Enfin une vente remarquable est celle de Brume sur l’Eure, Saint Cyr (1900). Elle a été adjugée au prix d’achat de 501 637 euros à Londres en 2017, ce qui représente près de trois fois son prix d’estimation.

(Illus.)Gustave Loiseau

En lien avec Gustave Loiseau

Estimation d’objet d’art en ligne : comment faire ?

L’expertise en ligne de votre objet se fait facilement, en trois étapes ! C’est gratuit et confidentiel.
Estimation gratuite Pham Hau

Pham Hau

Home » Artiste » Art moderne » Page 67

Estimation et cote de l'artiste Pham Hau

Pham Hau est un artiste laqueur vietnamien né en 1903. Après avoir occupé un premier emploi à la gare de Hanoï, capitale du Vietnam, il se forme entre 1929 et 1934 à l’École des Beaux-Arts d’Indochine. 

Estimation gratuite Pham Hau

Vous souhaitez expertiser une œuvre de Pham Hau et recevoir son estimation ? Remplissez votre demande via notre formulaire. Faites estimer votre objet de Pham Hau par de véritables experts de l’art en quelques clics et recevez une réponse sous quelques jours. C’est gratuit et totalement confidentiel.

Les débuts de l'artiste Pham Hau

Cette institution est une initiative des peintres français émigrés Victor Tardieu et Joseph Inguimberty, ainsi que du peintre vietnamien Nguyen Nam Son. Inguimberty est fasciné par la technique minutieuse et luxueuse du laque et regrette son déclin ; il l’introduit donc dès 1927 dans les enseignements de l’École. Il travaille également à enrichir la palette traditionnelle noir, rouge, argent et or, de bleu et de vert.

Pham Hau est rapidement fasciné par cette pratique ancestrale, bien qu’il s’agisse d’un processus de création long, onéreux et complexe. Il faut dans un premier temps extraire la résine de l’arbre à laque, puis passer par plusieurs étapes de filtration, de repos et d’ajout d’ingrédients. On obtient alors un vernis, appelé le laque (la laque désigne la résine initiale). Ce vernis doit être appliqué sur la surface désirée à une température précise. Chaque couche doit longuement sécher avant l’application de la suivante. Pour obtenir les couleurs, il faut ajouter des oxydes métalliques.

Pham Hau et la perfection du laque

Pham Hau tire grand profit de l’enseignement d’Inguimberty et devient un laqueur talentueux. Ses compositions se caractérisent par la finesse et minutie de la représentation, un usage subtil et raffiné des couleurs (traditionnelles comme nouvelles), et des sujets assez récurrents : paysages, villages, animaux.

Comme plusieurs autres artistes vietnamiens du XXème siècle, Pham Hau cherche à fusionner les innovations occidentales à la tradition vietnamienne, tant dans la technique (avec le laque) que dans l’iconographie (avec des représentations des paysages, de la végétation et du mode de vie de son pays). Par exemple, dans Les Jeunes vachers dans un paysage tonkinois (vers 1938), le sujet et le décor sont typiquement vietnamiens ; mais la perspective donnée par l’oblique du cours d’eau, qui donne sa profondeur à l’œuvre, est un apport de la peinture occidentale.

Dans cette logique de renouvellement du laque traditionnel, Pham Hau utilise les nouvelles couleurs de laque mises au point par son professeur Joseph Inguimberty. Ainsi, le plan aquatique du Paysage aux jonques (1943), qui occupe la majeure partie de la composition, décline des gammes de bleus et de turquoises extrêmement raffinées. Cette œuvre illustre par ailleurs la délicatesse et la méticulosité de son travail.

Estimation et cote de Pham Hau sur le marché de l'art

La production artistique de Pham Hau étant relativement homogène, il en va de même pour les prix d’adjudication de ses œuvres. Ses ensembles de bois laqué à plusieurs panneaux, représentant des villageois ou des paysages, sont ainsi généralement adjugés entre 200 000 et 500 000 euros. Les Neuf carpes, ensemble de quatre panneaux particulièrement élégant dans son raffinement chromatique, s’est ainsi vendu 400 000 euros en 2019.

(Illus.)Pham Hau – Neuf carpes

En lien avec Pham Hau

Estimation d’objet d’art en ligne : comment faire ?

L’expertise en ligne de votre objet se fait facilement, en trois étapes ! C’est gratuit et confidentiel.
Estimation gratuite Kees Van Dongen

Kees Van Dongen

Home » Artiste » Art moderne » Page 67

Estimation et cote de l'artiste Kees Van Dongen

Kees Van Dongen est un peintre français d’origine néerlandaise, proche des milieux anarchistes, qui s’emploie par son œuvre à dénoncer les inégalités, mais s’affirme également comme peintre décoratif, portraitiste de la haute société.

Estimation gratuite Kees Van Dongen

Vous souhaitez estimer votre objet (peinture, dessin…) de Kees Van Dongen et recevoir son estimation ? Remplissez votre demande via notre formulaire. Faites estimer votre œuvre de Kees Van Dongen en quelques clics par de véritables commissaires priseurs et recevez une réponse sous quelques jours. C’est gratuit et totalement confidentiel.

Kees Van Dongen : de Rotterdam à Montmartre (1898-1904)

Kees Van Dongen se forme au dessin en suivant les cours du soir de dessin géométrique à l’Akademie voor Beeldende Kunsten de Rotterdam. Après un premier séjour d’un an à Paris en 1897, il mène une activité de caricaturiste. Il réalise par ailleurs une série d’aquarelles lumineuses de Zandstraat, le quartier défavorisé de Rotterdam pour le journal Rotterdamsche Nieuwsblad. Dès ses premières peintures, le modèle de Rembrandt s’affirme. Au milieu des années 1890, les teintes de ses toiles sont contrastées, sa palette s’illumine et s’anime.

En 1899, Kees Van Dongen s’installe définitivement à Paris, où il rencontre Félix Fénéon et Maximilien Luce, qui partagent sa sensibilité anarchiste. Il se fait connaître à Paris en publiant des dessins politiques dans plusieurs périodiques, dont l’Assiette au Beurre, et expose rapidement à la galerie Vollard. Il présente des vues de Paris et des marines en couleurs pures et franches, anticipant sur le Fauvisme par ses couleurs vives et son dessin esquissé à l’encre de Chine.

Entre Fauvisme, Expressionnisme et Orientalisme

Kees Van Dongen compte parmi les précurseurs du Fauvisme. Dès 1904, il réinterprète la touche divisionniste de Paul Signac en appliquant de façon dynamique des couleurs pures. Il passe l’été 1905 à Fleury-en-Bière, où il choisit comme sujet les champs et les récoltes. La critique est élogieuse au Salon d’Automne, et il n’est pas associé aux Fauves avant qu’il ne s’installe au Bateau-Lavoir et ne fréquente Maurice de Vlaminck, Henri Matisse et André Derain en 1905-1906.

A partir de 1907, les portraits et nus de Kees Van Dongen se dotent de formes musculeuses qui évoquent le primitivisme de Pablo Picasso, et le peintre se montre sensible à l’art de Die Brücke en 1908. Il développe alors un style sensuel, en courbes fluides, aux coloris chauds, appliqués en touches vives, qu’il conserve jusqu’en 1912. Le succès de Kees van Dongen est alors fulgurant. Son sujet de prédilection est la gent féminine, qu’il présente dans des poses variées.

Entre 1910 et 1913, Kees Van Dongen se rend en Espagne, au Maroc et en Égypte. Il continue de représenter de jeunes femmes, mais concentre l’attention sur les éléments décoratifs, tels que les broderies des châles, les bijoux sophistiqués, ou le khôl qui cerne leur regard. Ces portraits, extrêmement sensuels, participent au renouvellement de l’Orientalisme. Cet attrait pour l’exotisme se traduit aussi dans son illustration des Milles et Unes Nuits en 1918. L’aspect décoratif de ses tableaux s’accentue jusque dans les années 1920, où les silhouettes s’épurent toujours davantage.

Kees Van Dongen, portraitiste de la haute société

A partir de 1918, Kees Van Dongen s’attache à la représentation de la haute société parisienne. Avec le portrait de Charles Rappoport (1920), il renouvelle l’art du portrait officiel. Il peint le visage et les mains du modèle en détails, contrastant avec l’arrière plan gris, peu travaillé. Un accessoire coloré est ajouté pour illuminer le tableau. Malgré la dimension stéréotypée de ses portraits, Kees Van Dongen peut être considéré comme le chroniqueur de son époque. Il se spécialise dans ce genre, qu’il exerce jusqu’à la fin de sa carrière. Il en réduit cependant le format dans les années 1950.

Le portrait décoratif de Kees Van Dongen se décline également en lithographie. Il voit dans cette technique une manière encore plus adaptée que la peinture à l’huile pour réaliser des arabesques allongées, et styliser les traits du visage. Il donne régulièrement à ses modèles des yeux et une bouche disproportionnellement grands, comme dans le portrait de Brigitte Bardot (1955), accentuant leur aspect décoratif.

Kees Van Dongen, peintre réputé, a de nombreux clients. Il est naturalisé français en 1929 et ses premières œuvres entrent au Musée du Luxembourg, couronnant sa carrière. Cependant, la crise économique de 1929 le touche durement, lui faisant perdre sa clientèle. Il se retire progressivement de la vie mondaine, et se rend finalement à Monaco après la Seconde guerre mondiale.

La cote des œuvres de Kees Van Dongen

Kees Van Dongen fait partie des artistes modernes les plus prisés du marché, étant classé à la 157ème place au rang mondial. Les ventes de ses œuvres sont en perte de vitesse depuis 2005, où il occupait la 18 place, cependant elles conservent une moyenne haute.

Ses lithographies représentent 56 % des ventes, et s’échangent pour la plupart pour 1000 à 5000 €, tandis que les aquarelles sont estimées le plus souvent 10 000 – 50 000 €. De nombreux portraits sont en circulation sur le marché. La plupart s’acquièrent pour 100 000 à 500 000 €, cependant les prix dépassent fréquemment le million. Ce sont les toiles des années 1905-1910 réinventant l’Orient qui atteignent les prix les plus élevés. Le record des ventes a été atteint en 2009 avec Jeune arabe (1910), toile acquise à New York pour 8 317 750 € (12 250 000 $).

(Illus.)Kees Van Dongen, La femme au grand chapeau, 1906

En lien avec Kees Van Dongen

Estimation d’objet d’art en ligne : comment faire ?

L’expertise en ligne de votre objet se fait facilement, en trois étapes ! C’est gratuit et confidentiel.
Estimation gratuite Paul Cézanne

Paul Cézanne

Home » Artiste » Art moderne » Page 67

Estimation et cote de l'artiste Paul Cézanne

Paul Cézanne (1839-1906) est l’un des peintres français les plus recherchés du marché de l’art ! Né à Aix-en-Provence, il passe une partie de sa vie entre Paris et sa Provence natale, avant de s’y installer durablement.  Il faudra attendre les années 1890 pour que son travail soit réellement reconnu par les collectionneurs et les marchands. Aujourd’hui, ses natures mortes, ses paysages, ses portraits et ses aquarelles peuvent atteindre plusieurs dizaines de millions de dollars aux enchères.

Vous possédez une œuvre de Paul Cézanne ? Chez Estimon’objet, faites-la estimer gratuitement par nos experts de l’art et nos commissaires-priseurs !

Estimation gratuite Paul Cézanne

Prix des œuvres de Paul Cézanne

  • Peintures : entre 600 000 € et plus de 150 millions d’euros

  • Aquarelles et dessins : entre 80 000 € et 3 000 000 €

  • Estampes : entre 500 € et 20 000 €

Vous possédez un dessin, une aquarelle ou une peinture attribuée à Paul Cézanne et souhaitez en connaître la valeur ? Faites estimer votre œuvre en quelques clics grâce à Estimon’Objet. Nos commissaires-priseurs et experts en art moderne analysent votre pièce selon son authenticité, sa provenance et sa qualité d’exécution, pour vous fournir une estimation fiable, gratuite et confidentielle. Confier une œuvre de Cézanne à Estimon’Objet, c’est bénéficier d’un réseau d’experts rigoureux et d’une connaissance fine du marché international de l’artiste.

Quelle est la cote de Paul Cézanne sur le marché de l’art ?

La cote des peintures à l’huile

Voici quelques ventes majeures et références :

  • Rideau, cruchon et compotier (1893-1894) : cette nature morte historique a été adjugée 60 502 500 $ chez Sotheby’s à New York en mai 1999. Elle reste l’un des résultats les plus importants obtenus par Cézanne aux enchères.
    Les Pommes (1889-1890) : cette huile sur toile issue notamment de la collection du marchand Ambroise Vollard a atteint 41 605 000 $ chez Sotheby’s à New York en mai 2013.
    Nature morte : pommes et poires (vers 1888-1890) : cette composition a été vendue 19 969 350 $ chez Sotheby’s à New York en mai 2021. Le résultat est intéressant car il montre qu’une œuvre importante de Cézanne peut aussi se vendre nettement sous son estimation : celle-ci était alors annoncée entre 25 et 35 millions de dollars.
    Arbres et maisons au bord de l’eau (vers 1892-1893) : ce paysage a été adjugé 11 137 400 $ chez Sotheby’s à New York en novembre 2018.
    Nature morte aux fruits et pot de gingembre (vers 1895) : cette toile a été vendue 36 976 000 $ chez Sotheby’s à New York en novembre 2006. Elle avait déjà été vendue chez Christie’s à Londres en 2000 pour 12 103 750 £, ce qui illustre l’importance de la provenance et de la qualité d’une œuvre dans l’évolution de sa valeur.

Le marché peut même atteindre des niveaux encore plus spectaculaires pour certains paysages majeurs. La Montagne Sainte-Victoire (1888-1890) a ainsi atteint 137 790 000 $ chez Christie’s à New York en novembre 2022, ce qui constitue l’un des plus grands résultats jamais obtenus pour une œuvre de Cézanne aux enchères.

La cote des dessins et aquarelles

Il serait une erreur de penser que seules les huiles intéressent les collectionneurs ! Cézanne a beaucoup travaillé sur papier et le dessin occupe une place importante dans sa pratique. Le MoMA rappelle d’ailleurs que l’artiste dessinait presque quotidiennement au cours de sa longue carrière.

Voici quelques résultats particulièrement intéressants :

  • Femme assise (Madame Cézanne) (1902-1904) : cette aquarelle et crayon sur papier a été vendue 3 964 000 € chez Christie’s à Paris en avril 2026. Il s’agit d’un résultat exceptionnel pour une œuvre sur papier de Cézanne en France.
    Paul Cézanne fils et un enfant (vers 1886-1887) : ce dessin au crayon a été adjugé 32 760 £ chez Christie’s à Londres en mars 2022, alors que son estimation se situait entre 18 000 et 25 000 £.
    Route tournante en sous-bois (vers 1885-1890) : cette aquarelle, fusain et crayon sur papier a atteint 403 200 $ chez Sotheby’s à New York en mai 2022. La même œuvre a ensuite été proposée chez Sotheby’s à Londres en mars 2026, où elle a été vendue 268 800 £.

Ces résultats montrent surtout une chose : une petite œuvre sur papier n’est pas forcément une œuvre de moindre valeur. Chez Cézanne, une aquarelle ancienne, bien conservée et parfaitement documentée peut atteindre plusieurs centaines de milliers, voire plusieurs millions d’euros !

La cote des estampes et lithographies

Cézanne a produit relativement peu d’estampes. Le MoMA recense seulement neuf œuvres imprimées, réalisées à l’eau-forte et à la lithographie. Les lithographies des années 1890, notamment celles publiées par Ambroise Vollard, peuvent donc intéresser les collectionneurs spécialisés. La cote dépend ici beaucoup de l’état, de l’épreuve, du tirage et de l’édition.

Voici quelques résultats de ventes :

  • Les Baigneurs, petite planche (1896-1897) : cette lithographie en couleurs, issue d’un tirage d’environ 100 exemplaires, a été vendue 12 500 $ chez Christie’s en octobre 2019.
    Les Baigneurs, petite planche (1896-1897) : une autre épreuve de cette lithographie a atteint 12 500 $ chez Christie’s en octobre 2013.
    Les Baigneurs, grande planche (1896-1897) : une épreuve a été adjugée 23 940 £ chez Christie’s à Londres en mars 2024. L’exemplaire appartenait au premier état de l’œuvre et conservait notamment l’inscription lithographique de l’artiste.
    Portrait de Cézanne par lui-même (1896-1897) : une lithographie de l’édition Vollard, imprimée en 1920, a été vendue 550 € chez Aste Bolaffi à Turin en mai 2025.

Comment reconnaître une oeuvre de Paul Cézanne ?

Reconnaître une peinture de Cézanne demande de regarder bien plus que le sujet. Une nature morte avec des pommes n’est pas automatiquement un Cézanne !

L’artiste a travaillé toute sa vie sur des paysages, des portraits, des scènes de baigneurs et des natures mortes, mais certains éléments reviennent souvent. Dans ses tableaux de maturité, les objets sont construits avec des touches de couleur courtes et visibles. Les formes semblent solides, mais elles ne respectent pas toujours parfaitement la perspective classique. Une assiette peut ainsi paraître légèrement inclinée et une table peut donner l’impression de ne pas être parfaitement droite. Ce sont des éléments importants à examiner lorsqu’une œuvre lui est attribuée.

La manière de poser la peinture est également intéressante. Cézanne utilise souvent de petites touches ou de courts coups de pinceau qui se croisent et se répondent. Dans ses œuvres de maturité, les couleurs bleues, vertes, ocres et rouges jouent un rôle essentiel pour donner du volume aux objets et aux paysages. Il ne cherche donc pas simplement à reproduire ce qu’il voit : il construit progressivement les formes avec la couleur. Le National Gallery of Art parle à ce sujet de son fameux « constructive stroke », une manière très reconnaissable d’appliquer la peinture par touches régulières.

Les sujets peuvent aussi donner une première indication. La montagne Sainte-Victoire, les paysages autour d’Aix-en-Provence, L’Estaque, le Jas de Bouffan, les pommes, les cruches et les portraits de proches occupent une place importante dans son œuvre. Mais attention : un sujet typique ne suffit jamais pour authentifier un tableau. L’examen doit aussi porter sur la peinture elle-même, le support, les dimensions, la provenance et les éventuelles publications ou références dans les catalogues consacrés à l’artiste.

Comment reconnaître la signature de Paul Cézanne ?

Cézanne signe généralement ses œuvres de manière assez discrète. Les inscriptions peuvent prendre la forme « P. Cézanne » ou « P. Cezanne », selon les œuvres. La National Gallery of Art conserve par exemple Antony Valabrègue (1866), signé « P. Cezanne » dans l’angle inférieur droit, tandis que House of Père Lacroix (1873) porte une signature et une date dans l’angle inférieur gauche. Ces exemples montrent qu’il ne faut pas chercher un emplacement unique ou une signature parfaitement identique sur toutes les œuvres !

La signature doit donc être étudiée avec beaucoup de prudence. Une inscription qui semble correspondre à « Cézanne » ne suffit absolument pas à authentifier une œuvre ! Elle doit être comparée à la peinture, au papier ou à la toile, aux dimensions, à la technique et surtout à la provenance. Pour les dessins et aquarelles, les catalogues raisonnés et les archives de l’artiste peuvent apporter des informations particulièrement précieuses.

Si vous avez une question, contactez les spécialistes et les commissaires priseurs d’Estimon’objet !

Expertise signature Paul Cezanne
Signature Paul Cezanne

Peintures de Paul Cézanne : ce que regarde notre expert

Romain Rudondy, notre spécialiste de l’art moderne chez Estimon’objet, commence par regarder l’œuvre dans son ensemble. Quel est le sujet ? Est-ce une nature morte, un paysage, un portrait ? Quelle est la technique utilisée et quelles sont les dimensions du tableau ? Ces premières informations sont importantes, car Cézanne n’a pas peint de la même manière tout au long de sa vie. Une œuvre qui lui est attribuée doit donc être cohérente avec la période à laquelle elle est censée appartenir !

Romain porte ensuite une attention particulière aux coups de pinceau. Chez Cézanne, la peinture reste souvent bien visible sur la toile. Les couleurs sont posées par petites touches qui servent à donner du volume aux pommes, aux maisons, aux arbres ou aux personnages. Dans une nature morte, par exemple, il regarde comment les fruits sont peints, mais aussi comment les ombres sont traitées et comment les objets sont posés sur la table. La façon dont Cézanne construit ses formes avec la couleur fait partie des éléments que l’on peut comparer avec ses œuvres authentifiées.

Le sujet donne aussi de précieux indices. Une montagne Sainte-Victoire, les paysages autour d’Aix-en-Provence, les pommes ou les baigneurs font bien partie des thèmes chers à Cézanne. Mais cela ne suffit évidemment pas ! Romain vérifie si le tableau correspond à ce que l’on connaît de l’artiste à cette période. Il peut comparer le sujet, les dimensions, les couleurs et la manière de peindre avec des œuvres conservées dans les musées ou répertoriées dans les catalogues consacrés à Cézanne.

La provenance est un autre élément que Romain prend très au sérieux. Une ancienne étiquette au dos du tableau, une inscription, un cachet de marchand ou un document transmis avec l’œuvre peuvent parfois apporter une information capitale. Pour Cézanne, le parcours de certaines œuvres est particulièrement bien documenté, notamment lorsqu’elles sont passées par des marchands ou des collectionneurs importants comme Ambroise Vollard. C’est pourquoi Romain ne se contente jamais d’un seul indice : il confronte tout ce que les photographies permettent d’observer avant de se prononcer sur une œuvre !

Paul Cézanne, le père de l'art moderne qui a réinventé la montagne Sainte-Victoire

Paul Cézanne naît à Aix-en-Provence le 19 janvier 1839 dans une famille aisée. Son père, Louis-Auguste Cézanne, est banquier et souhaite d’abord voir son fils suivre une voie sérieuse. Le jeune Paul commence donc des études de droit, mais son amitié avec Émile Zola l’encourage à suivre une autre route. En 1861, il part pour Paris et fréquente les milieux artistiques. Il y rencontre notamment Camille Pissarro, avec qui il nouera une relation artistique importante.

Cézanne passe alors de longues périodes entre Paris et la Provence. Il participe aux expositions impressionnistes de 1874 et 1877, mais reste longtemps incompris par la critique et le public. Sa relation avec Zola finit elle aussi par se briser après la publication du roman L’Œuvre en 1886, que Cézanne aurait pris comme une attaque personnelle. La même année, deux événements bouleversent pourtant sa vie : il épouse Hortense Fiquet en avril et hérite de la propriété familiale du Jas de Bouffan après la mort de son père en octobre. Il dispose désormais d’une sécurité financière qui lui permet de travailler beaucoup plus librement.

La reconnaissance arrive tardivement. En 1895, Ambroise Vollard organise à Paris la première exposition personnelle consacrée à Cézanne, un événement déterminant pour sa carrière. L’artiste, alors âgé de 56 ans, reste pourtant très attaché à Aix-en-Provence et à ses paysages. Dans ses dernières années, il travaille notamment autour de la montagne Sainte-Victoire, du Château Noir et des carrières de Bibémus. Cézanne meurt à Aix-en-Provence le 23 octobre 1906, après avoir consacré près de cinquante ans à la peinture et au dessin.

Si vous pensez avoir une oeuvre de Cézanne entre les mains, photographiez également le dos du tableau ! Le châssis, les étiquettes anciennes, les inscriptions, les cachets de marchands ou les anciennes marques de collection peuvent apporter des informations précieuses sur la provenance. Dans le cas de Cézanne, cette histoire est particulièrement intéressante puisque certaines œuvres sont passées entre les mains de marchands et collectionneurs importants comme Ambroise Vollard, Paul Rosenberg ou Cornelis Hoogendijk.

En lien avec Paul Cézanne

Estimation d’objet d’art en ligne : comment faire ?

L’expertise en ligne de votre objet se fait facilement, en trois étapes ! C’est gratuit et confidentiel.
Estimation gratuite Jacques Louis David

Jacques-Louis David

Home » Artiste » Art moderne » Page 67

Estimation et cote de l'artiste Jacques-Louis David

Jacques-Louis David est le chef de file de l’école néoclassique à Paris. Manifestant un goût précoce pour la peinture et le dessin, en 1764 Jacques-Louis David est confié en apprentissage à Joseph-Marie Vien, professeur à l’Académie royale de peinture. A l’issue de cette formation, en 1766, Jacques-Louis David entre comme élève à l’Académie royale de peinture et sculpture, où il suit des cours de dessins. Il est rapidement attiré par la simplicité de l’art et par la noblesse de la peinture d’histoire. Estimant que l’art doit être esthétique et pédagogique, Jacques-Louis David désire illustrer à travers ses peintures des vertus morales.

Estimation gratuite Jacques Louis David

Vous souhaitez  expertiser une œuvre de Jacques-Louis David et recevoir son estimation ? Remplissez votre demande via notre formulaire. Faites estimer une œuvre de Jacques-Louis David en quelques clics et recevez une réponse sous quelques jours. C’est gratuit et totalement confidentiel.

Les débuts artistiques du peintre Jacques Louis David

Pour accéder aux commandes royales, Jacques Louis David doit faire carrière au sein de l’Académie. Pour y parvenir, il souhaite parfaire sa formation par l’étude approfondie de l’Antique. Après quatre tentatives, Jacques Louis remporte le prix de Rome en 1774. A Rome, il découvre l’art antique, mais également les peintres de la Renaissance italienne. Il admire la fraicheur des coloris du Corrège et la simplicité et la force des compositions du Caravage. S’il peint peu, il exécute des centaines de dessins d’après l’Antique et les maîtres.

En 1779, sa visite à Pompéi achève de transformer son style, jusque-là encore lié au goût baroque du XVIIIème siècle français. Marqué par la simplicité et la force des peintures antiques, il s’attache désormais à proposer dans ses œuvres une composition vigoureuse, mise en valeur par l’équilibre des couleurs, la solidité du dessin, et la force des expressions. L’immense succès de son tableau Saint Roch intercédant la vierge pour la guérison des pestiférés (1780) l’incite à rentrer à Paris pour faire valoir ses nouveaux talents. Triomphant, Jacques Louis David est agréé à l’Académie en 1781. Après un séjour dans les Flandres où il étudie les coloris de Pierre Paul Rubens, il est reçu en 1783 avec le tableau La douleur et les regrets d’Andromaque sur le corps d’Hector son mari.

Jacques Louis David, un peintre politique

Désormais Académicien, Jacques Louis David retourne à Rome pour étudier la composition du Serment des Horaces (1785). La fortune de ce tableau le consacre comme chef de file de la nouvelle école néoclassique. Conforté par son succès, il forme de nombreux élèves à Paris. Il fait également carrière comme portraitiste mondain à la cour et auprès de la bourgeoisie enrichie.

A l’aube de la Révolution, Jacques-Louis David exécute des tableaux moraux et patriotiques, tels que Brutus (1789). Le peintre dirige un combat contre les institutions culturelles de l’Ancien Régime, en particulier l’Académie. En 1790, il se radicalise et fonde la Commune des Arts. Proche de l’Assemblée Constituante, il organise les célébrations républicaines comme la fête de la Liberté en 1792. Elu député à la Convention Nationale en 1792, Jacques-Louis David rejoint les Montagnards et aux côtés de Danton, Marat et Robespierre, il vote la mort du roi en janvier 1793.

Jusqu’à la mort de Maximilien Robespierre, Jacques Louis David participe à la politique artistique française. Proposant l’inventaire des richesses nationales et l’établissement de musées dans chaque département, il compte parmi les fondateurs des musées français. Pour libérer la peinture française de ses contraintes et lui permettre de se rénover, il propose la suppression de l’Académie en août 1793. Ses liens avec Robespierre lui valent d’être arrêté dès le retour au calme. C’est en prison qu’il peint sa Vue du jardin du Luxembourg (1794), son unique paysage connu, et qu’il compose les Sabines, exaltant la réconciliation nationale. Il est finalement libéré en 1794 et amnistié en 1795.

Estimation et cote du peintre Jacques Louis David sur le marché de l'art

La rencontre de Jacques-Louis David avec Napoléon Bonaparte constitue une nouvelle étape décisive dans sa carrière. Bien qu’il ait refusé une nomination comme peintre du gouvernement en 1800, il est très proche de l’Empereur. En récompense du portrait de Bonaparte franchissant le Grand Saint-Bernard, il est fait chevalier de la Légion d’honneur en 1803. Jacques Louis David continue à assurer la formation de nombreux élèves, dont Ingres, Fabre, Girodet, Gérard, Gros, Granet, et David d’Angers. Lorsque l’Empire prend fin, à l’issue des Cent jours, les Bourbons reviennent au pouvoir et annulent en 1816 l’amnistie des régicides. Condamné à l’exil à perpétuité, Jacques-Louis David part s’installer à Bruxelles. Ses dernières œuvres, inspirées par l’art de son élève Jean-Auguste-Dominique Ingres, mettent en avant la grâce de la nudité féminine, et la mythologie galante. Paralysé des mains après un accident survenu en 1824, il meurt en exil en 1825.

Depuis 2005, de nombreuses expositions en France rendent hommage à Jacques-Louis David et à ses élèves. Ces expositions encouragent le goût des collectionneurs pour les artistes néoclassiques, au premier rang desquels figure Jacques-Louis David. Ses peintures d’histoire, désormais conservées en collections publiques, sont hors du circuit marchand. Les portraits et dessins en revanche sont très appréciés sur le marché, et les prix s’envolent en raison de la rareté des œuvres. Le Portrait of Suzanne Le Peletier de Saint-Fargeau (1804) vendu en 1997 pour 3,4 millions de £ (4 927 058 €) à Londres détient le record de vente des toiles de l’artiste. En ce qui concerne les dessins et études académiques, qui constituent 86% du marché, les œuvres s’échangent pour la plupart pour moins de 4 000 €.

(Illus.)Le Serment des Horaces (1784, achevé en 1785), musée du Louvre. ©Wikipedia

Vous souhaitez faire expertiser une oeuvre de Jacques-Louis David et recevoir son estimation ?  Estimez votre tableau de Jacques-Louis David en quelques clics et recevez une réponse sous quelques jours. C’est gratuit et totalement confidentiel.

En lien avec Jacques-Louis David

Estimation d’objet d’art en ligne : comment faire ?

L’expertise en ligne de votre objet se fait facilement, en trois étapes ! C’est gratuit et confidentiel.
Estimation gratuite Henri de Toulouse-Lautrec

Henri De Toulouse-Lautrec

Home » Artiste » Art moderne » Page 67

Estimation et cote de l'artiste Henri de Toulouse-Lautrec

Henri de Toulouse-Lautrec (1864-1901) est l’un des artistes les plus célèbres de la fin du XIXᵉ siècle. Peintre, dessinateur et lithographe, il a raconté le Paris de la Belle Époque à travers les danseuses du Moulin Rouge, les chanteurs de cabaret, les artistes de cirque et les femmes des maisons closes. Son trait vif et son regard sans jugement donnent à ses œuvres une présence immédiatement reconnaissable.

Sa carrière n’a duré qu’une vingtaine d’années, mais sa production est considérable. Toulouse-Lautrec a réalisé des peintures, des milliers de dessins ainsi qu’un ensemble d’affiches et de lithographies qui ont transformé l’histoire de l’image publicitaire. Les œuvres originales sont très recherchées, mais de nombreuses reproductions circulent également sur le marché.

Vous possédez une peinture, un dessin, une affiche ou une lithographie d’Henri de Toulouse-Lautrec ? Chez Estimon’objet, obtenez une estimation gratuite et confidentielle réalisée par nos experts et commissaires-priseurs !

Estimation gratuite Henri de Toulouse-Lautrec

Prix des œuvres d'Henri de Toulouse-Lautrec

  • Peinture originale : entre 20 000 € et 19 000 000 €

  • Dessin, pastel ou gouache : entre 2 000 € et 12 000 000 €

  • Affiche ou lithographie originale : entre 500 € et 1 200 000 €

  • Suite complète de lithographies : entre 20 000 € et 1 200 000 €

  • Impression posthume ou édition tardive : entre 100 € et 3 000 €

Pour estimer une œuvre d’Henri de Toulouse-Lautrec, nos experts commencent par déterminer la technique utilisée. L’artiste a peint à l’huile sur toile, mais aussi sur carton, sur panneau et sur papier. Il utilise souvent une peinture à l’essence, obtenue avec une peinture à l’huile fortement diluée. Cette technique donne une surface mate et légère, qui laisse parfois apparaître le support. Pour les dessins, l’expert recherche la spontanéité du trait, les reprises, les repentirs et les traces laissées par le crayon, le fusain, l’encre ou le pastel. Il examine également le papier, son vieillissement, ses dimensions et les éventuelles marques de collection. 

L’étude d’une lithographie demande une méthode différente. Il faut identifier le sujet, la date, l’état d’impression, le type de papier et le tirage. Certains modèles ont été imprimés avec ou sans texte, dans plusieurs couleurs ou sous différents formats. Ces variations peuvent avoir une influence majeure sur la valeur. Ne retirez pas vous-même une œuvre ancienne de son cadre. Les papiers utilisés par Toulouse-Lautrec sont parfois très fins et cassants. Une manipulation maladroite peut provoquer une déchirure et diminuer fortement sa valeur.

La cote d’Henri de Toulouse-Lautrec sur le marché de l’art

La cote d’Henri de Toulouse-Lautrec est soutenue par une demande internationale. Ses peintures majeures apparaissent rarement sur le marché, car une grande partie de son œuvre est aujourd’hui conservée dans des collections publiques. Lorsqu’un tableau important est proposé à la vente, son prix peut atteindre plusieurs millions d’euros.

Son marché ne se limite cependant pas aux peintures. Les dessins, pastels, affiches et lithographies représentent une part importante des œuvres disponibles. Leur valeur dépend de leur rareté, mais aussi de leur état et de la précision de leur identification.

La cote des peintures d’Henri de Toulouse-Lautrec

Les peintures constituent le sommet du marché de Toulouse-Lautrec. Les collectionneurs recherchent particulièrement les scènes de Montmartre, les portraits de danseuses, les intérieurs de cabaret et les représentations des femmes qu’il côtoyait dans les maisons closes.

Le support doit être étudié avec attention. Toulouse-Lautrec travaille souvent sur du carton, dont il laisse la couleur visible entre les touches. Cette particularité peut donner à la peinture un aspect inachevé, alors qu’elle correspond pleinement à sa manière de travailler. Voici quelques ventes records et références :

  • La Blanchisseuse, peinte en 1886-1887 : ce portrait de Carmen Gaudin a été vendu à New York en 2005 pour 22 416 000 $, soit environ 18,6 millions d’euros au moment de la vente. Il s’agit du record de l’artiste.
  • Au lit : le baiser, peint vers 1892 : cette scène intime a atteint 10 789 000 £, soit environ 14,5 millions d’euros, à Londres en 2015.
  • Le Lit, réalisé en 1898 : cette peinture a été vendue à Londres en 2022 pour environ 3,7 millions d’euros.
  • Une opération par le docteur Péan à l’Hôpital international, réalisée en 1891 : cette peinture à l’essence sur carton a été adjugée à Paris pour 883 000 €.

Les œuvres de jeunesse, les petits formats et les peintures dont l’attribution ou l’état soulève des questions peuvent se vendre à des niveaux plus accessibles. Leur estimation nécessite cependant une étude documentaire approfondie.

La cote des dessins, pastels et œuvres sur papier

Le dessin occupe une place centrale dans le travail de Toulouse-Lautrec. Il dessine constamment et avec une grande rapidité. Ses feuilles lui permettent de saisir un mouvement, une expression ou une attitude sans demander à son modèle de prendre une pose trop longue.

Les pastels aboutis, les portraits connus et les études liées à ses grandes peintures peuvent atteindre des prix exceptionnels. Les croquis plus simples se négocient généralement entre quelques milliers et plusieurs dizaines de milliers d’euros. Voici quelques résultats et repères de marché :

  • Danseuse assise aux bas roses, réalisée en 1890 au pastel et à la peinture sur carton : vendue à New York en 1997 pour 14,5 millions de dollars, soit plus de 11 millions d’euros.
  • Les grandes études de danseuses, de cavaliers ou d’artistes de cirque peuvent dépasser 100 000 € lorsqu’elles sont bien documentées et directement liées à une composition connue.
  • Les dessins au crayon ou à l’encre de petit format se situent généralement entre 5 000 € et 50 000 €, selon le sujet, la date, la provenance et la présence du cachet de succession.
  • Les feuilles portant une attribution incertaine ou un simple monogramme peuvent rester sous la barre des 5 000 € tant que leur authenticité n’est pas établie.

La valeur d’un dessin dépend beaucoup de la qualité du trait. Chez Toulouse-Lautrec, quelques lignes suffisent souvent à définir un visage ou une posture. Une feuille trop appliquée, sans hésitation ni reprise, mérite un examen prudent.

La cote des affiches et lithographies d’Henri de Toulouse-Lautrec

Les affiches de Toulouse-Lautrec ont révolutionné la communication visuelle. Moulin Rouge – La Goulue, Divan japonais, Jane Avril, Aristide Bruant dans son cabaret ou La Revue blanche comptent parmi les images les plus célèbres de la Belle Époque.

Leur prix dépend de l’édition, de l’état d’impression, du papier et de la conservation. Une affiche complète avec ses marges, ses couleurs d’origine et peu de restaurations peut atteindre un prix très élevé. Une impression tardive ou une reproduction conserve principalement une valeur décorative. Voici quelques ventes de référence :

  • Elles, suite complète de douze lithographies publiée en 1896 : un ensemble complet et homogène a dépassé 1,1 million d’euros en 2017.
  • Moulin Rouge – La Goulue, affiche lithographique de 1891 : un exemplaire rare a atteint 314 500 £, soit près de 400 000 €, à Londres en 2014.
  • La Gitane, dernière affiche créée par Toulouse-Lautrec en 1899 : vendue à New York en 2007 pour 456 000 $.
  • Aristide Bruant dans son cabaret, lithographie de 1893 : un exemplaire a été vendu à New York en 2022 pour 88 200 $.
  • La Passagère du 54 ou Promenade en yacht, lithographie de 1896 : adjugée à New York en 2021 pour 50 000 $.

Il faut rester très attentif au vocabulaire utilisé dans les annonces. Les mentions « d’après Toulouse-Lautrec », « reproduction lithographique » ou « édition posthume » désignent des œuvres dont la valeur est très inférieure à celle d’un tirage original du XIXᵉ siècle.

Comment reconnaître une œuvre d’Henri de Toulouse-Lautrec ?

Toulouse-Lautrec dessine avec un trait rapide, nerveux et très sûr. Il n’essaie pas d’embellir ses modèles. Un visage peut être traité en quelques lignes, tandis qu’un geste, une posture ou une coiffure suffit à identifier le personnage.

Dans ses peintures, certaines parties restent très détaillées alors que d’autres semblent seulement esquissées. Le carton ou le papier peut rester visible autour du personnage. Cette apparence légère s’explique souvent par l’utilisation de la peinture à l’essence, plus fluide et plus mate qu’une peinture à l’huile classique.

Ses sujets fournissent également de bons indices. Toulouse-Lautrec représente les cabarets, les cafés-concerts, les coulisses, le cirque, les courses de chevaux et les maisons closes. Jane Avril, La Goulue, Aristide Bruant et Yvette Guilbert apparaissent régulièrement dans son œuvre.

Ses compositions possèdent souvent des cadrages surprenants. Un personnage peut être coupé par le bord de l’image, placé dans un angle ou observé depuis un point de vue inhabituel. Dans ses affiches, les formes sont simplifiées et les couleurs sont posées en grands aplats afin que l’image reste lisible de loin.

Ces caractéristiques doivent toutefois être étudiées avec prudence. Toulouse-Lautrec est l’un des artistes les plus reproduits au monde. Une image connue, un support jauni et une signature imprimée ne suffisent pas à prouver qu’il s’agit d’une œuvre originale.

Reconnaître la signature d’Henri de Toulouse-Lautrec

La signature d’Henri de Toulouse-Lautrec prend plusieurs formes. L’artiste peut signer « H. de Toulouse-Lautrec », « Lautrec », « T. Lautrec » ou employer son célèbre monogramme formé par les lettres H, T et L.

Ce monogramme est parfois entouré d’un cercle. Sur certaines affiches, il est imprimé en rouge, en orange ou en noir directement dans la composition. Il peut aussi être associé à une signature manuscrite ou placé dans la marge d’une lithographie.

Une signature imprimée dans l’image ne signifie pas que l’épreuve a été signée à la main. Il faut faire la différence entre la signature lithographiée, qui appartient à la matrice d’impression, et une véritable signature au crayon ou à l’encre ajoutée par l’artiste.

Certaines œuvres non signées portent également un cachet de succession. Ce cachet a pu être apposé après la mort de Toulouse-Lautrec afin d’identifier les œuvres restées dans son atelier. Il constitue un indice intéressant, mais il doit lui aussi être comparé avec les cachets répertoriés.

La diversité des signatures de Toulouse-Lautrec impose donc une grande prudence. Le monogramme doit toujours être étudié avec le support, la technique, le sujet, la provenance et les catalogues de référence.

Expertise signature Henri de Toulouse-Lautrec
Signature Henri de Toulouse-Lautrec

Œuvre d’Henri de Toulouse-Lautrec : ce que regardent nos experts

Romain Rudondy, commissaire-priseur et expert en art moderne, commence par déterminer si l’œuvre est une peinture, un dessin, une lithographie originale ou une reproduction. Cette première étape est capitale, car une même image peut exister sous plusieurs formes et à des valeurs très différentes.

Sur une peinture, il examine la manière dont la couleur pénètre dans le carton. La peinture à l’essence utilisée par Toulouse-Lautrec forme souvent une couche fine, mate et parfois presque transparente. Elle ne doit pas présenter partout l’épaisseur et la brillance d’une huile traditionnelle. Romain regarde également les zones laissées en réserve, les lignes de dessin encore visibles et les touches rapides qui donnent vie au visage.

Pour un dessin, il recherche les changements de pression du crayon, les reprises et les traits qui se superposent. Toulouse-Lautrec peut recommencer plusieurs fois une ligne avant de trouver la bonne position. Ces hésitations sont naturelles et montrent comment l’artiste construit son sujet. Une copie conserve souvent le contour final, mais perd tout ce travail préparatoire.

Pour une lithographie, l’examen porte sur le format exact de la feuille, les marges, le papier, les couleurs et les mentions d’impression. Romain compare ensuite l’épreuve aux différents états connus. L’ajout ou la suppression d’un texte, une variation de couleur ou quelques centimètres de différence peuvent suffire à identifier un tirage tardif.

Le dos de l’œuvre est enfin indispensable. Une ancienne étiquette, un numéro d’exposition, un cachet de collection ou une marque de succession peut apporter autant d’informations que la signature visible sur le devant.

Henri de Toulouse-Lautrec, le peintre de Montmartre et de la Belle Époque

Henri de Toulouse-Lautrec naît à Albi en 1864 dans une ancienne famille aristocratique. Son enfance est bouleversée par une santé fragile et deux fractures successives aux jambes pendant son adolescence. Ses os se consolident difficilement et sa croissance reste limitée. Il passe alors de longues périodes immobile et trouve dans le dessin un moyen de s’occuper, mais aussi de s’affirmer loin des attentes de sa famille.

À Paris, il étudie auprès de Léon Bonnat puis de Fernand Cormon. Il rencontre notamment Vincent van Gogh et fréquente les artistes installés à Montmartre. L’ouverture du Moulin Rouge en 1889 lui offre un formidable terrain d’observation. Toulouse-Lautrec ne reste pas à distance : il connaît personnellement les danseuses, les chanteurs et les habitués des cabarets. Ses affiches placardées dans les rues de Paris rendent rapidement son nom célèbre.

Sa santé se dégrade à la fin des années 1890 sous l’effet de l’alcool et d’un rythme de vie éprouvant. En 1899, il est interné quelques mois dans une maison de santé à Neuilly. Pour convaincre les médecins qu’il a retrouvé ses capacités, il dessine de mémoire une série de scènes de cirque. Il reprend ensuite le travail, mais meurt en 1901 au château de Malromé, auprès de sa mère. Il n’a que trente-six ans. Malgré cette vie très courte, il laisse l’un des témoignages les plus humains et les plus vivants du Paris de son époque.

Si vous possédez une affiche ou une lithographie attribuée à Toulouse-Lautrec, ne vous contentez pas de photographier l’image. Mesurez séparément la feuille entière et la partie imprimée, puis prenez des photographies des quatre marges. Une différence de format ou une mention coupée peut permettre de distinguer un tirage original d’une réédition.

Observez également le papier à contre-jour, sans retirer l’œuvre de son cadre si elle semble fragile. Un filigrane peut apparaître dans la feuille et fournir une indication très utile. Photographiez enfin les éventuels plis, déchirures, taches et restaurations : sur une affiche ancienne, l’état de conservation influence directement la valeur.

Évitez de nettoyer le papier ou d’effacer une annotation au crayon. Ce qui ressemble à une simple marque peut être un numéro de tirage, une indication d’imprimeur ou une ancienne référence de collection. Pour un expert, ces petits détails sont parfois décisifs !

Vous possédez une peinture, un dessin, une affiche ou une lithographie attribuée à Henri de Toulouse-Lautrec ? Envoyez-nous vos photographies, ses dimensions et les informations dont vous disposez. Vous recevrez une estimation gratuite, confidentielle et sans engagement.

En lien avec Henri de Toulouse-Lautrec

Estimation d’objet d’art en ligne : comment faire ?

L’expertise en ligne de votre objet se fait facilement, en trois étapes ! C’est gratuit et confidentiel.

Georges Rouault

Home » Artiste » Art moderne » Page 67

Estimation et cote de l'artiste Georges Rouault

Georges Rouault (1871-1958) est un peintre et décorateur français dont l’œuvre traduit une spiritualité intense.

Vous souhaitez expertiser une œuvre de Georges Rouault et recevoir son estimation ? Remplissez votre demande via notre formulaire. Faites estimer votre objet de Georges Rouault en quelques clics et recevez une réponse sous quelques jours. C’est gratuit et totalement confidentiel.

Les années de formation de Georges Rouault

Georges Rouault grandit à Paris dans un milieu d’artisans, et commence en 1885 un apprentissage chez le peintre verrier Marius Tamoni, puis chez Émile Hirsch en 1886. Pour se former au dessin, il suit aussi aux cours du soir à l’École des Arts décoratifs de Paris.

Encouragé par son grand-père, Georges Rouault choisit finalement la carrière de peintre. Il entre à l’École des Beaux-Arts de Paris, d’abord dans l’atelier d’Elie Delaunay, puis dans celui de Gustave Moreau de 1892 à 1895, et enfin dans celui de Louis Valtat. Cette formation est décisive pour le peintre, qui remporte le prix Chenavard en 1894 pour l’Enfant.

Élève favori de Gustave Moreau, il connaît une crise morale à la mort du maître en 1895. II devient conservateur du musée Gustave Moreau en 1903, qu’il dirige jusqu’en 1932.

Avec trois anciens élèves de Gustave Moreau, Henri Matisse, René Piot, et Albert Marquet, il fonde le Salon d’Automne en 1903. Ses compositions manifestent aussi son lien avec Gustave Moreau, dont il reprend les thématiques sacrées et mythologiques. Dans le traitement de la lumière et des visages en revanche, il s’inspire davantage de Rembrandt et de Léonard de Vinci. Ces influences sont sensibles dans Le Christ mort pleuré par les saintes femmes (1895-1897).

Parallèlement, Georges Rouault a cependant une autre production, qu’il signe du nom de « G. Rouault-Champdavoine ». Il s’agit d’aquarelles représentant d’après nature les quartiers délabrés.

Georges Rouault et le développement d’un style personnel et engagé

Un artiste militant

En 1901, Georges Rouault fait de la peinture une expérience morale et humaine, qui représente les exclus. Il développe une perspective tout à fait personnelle qui s’exprime dans ses œuvres entre 1903 et 1911.

Georges Rouault se consacre alors principalement à l’aquarelle. S’inspirant de Jean-Louis Forain, Henri de Toulouse-Lautrec, Paul Cézanne, et Honoré Daumier, il adopte comme iconographie de prédilection les clowns et les prostituées. Les figures, cernées par un contour large, présentent un teint terreux.

Une diversification de moyens

Georges Rouault peint aussi sur céramiques, collaborant avec André Metthey.

En 1911, il diversifie ses moyens, utilisant souvent la gouache et la peinture à l’huile. De nouveaux modèles font aussi irruption dans l’œuvre de Georges Rouault. Il représente principalement les juges, les ouvriers et les sans-abris, dans des compositions qui traduisent une certaine angoisse. Plus tard, s’il n’abandonne pas les thématiques sociales, il retourne également aux sujets religieux (1916).

A l’incitation d’Ambroise Vollard, Georges Rouault se tourne vers la gravure. Ce moyen d’expression devient rapidement un aspect essentiel de sa création. Son projet le plus important est Miserere, commencé en 1917, et publié en 1948.

Plus tard, Georges Rouault s’intéresse au théâtre, et réalise le décor du ballet Le Fils prodigue de George Balanchine pour les Ballets Russes de Sergei Diaghilev.

La manière des années 1930 : le retour à la couleur

Les thématiques des œuvres de Georges Rouault sont alors assez stables. Dans les années 1930 cependant, il change de technique, et abandonne l’aquarelle et la gouache pour l’huile. Sa pâte se fait plus fondue, plus brillante, et il adopte des couleurs plus vives et variées. Il cerne les figures d’un contour qui donne une aura à la forme, évoquant les vitraux et mosaïques byzantines.

Un apaisement de l’art de Georges Rouault

A la fin des années 1930, Georges Rouault libère ses œuvres de leur angoisse et de leur violence sous-jacente.

Il figure alors des fleurs, des paysages, et les mystères joyeux du rosaire sur ses peintures et tapisseries. Les paysages prennent une dimension lyrique et mystique, et sont peuplés de personnages sacrés. Le style se fait archaïsant, avec un hiératisme accentué des personnages, et une simplification des formes. Sur de plus petits formats, il applique une pâte épaisse, de manière à donner un aspect de bas-relief. La palette plus riche, est en symphonie de rouge, jaune et vert.

Georges Rouault cherche alors à permettre à la couleur de créer sa propre lumière. Ses vitraux pour l’église du Plateau d’Assy en 1945 et ses émaux pour l’abbaye de Ligugé en 1949 relèvent de cette quête.

La cote des oeuvres de Georges Rouault

Combien vaut une oeuvre de Georges Rouault ? Sa cote n’atteint plus le niveau des années 1990, mais ses œuvres restent très prisées, avant tout sur le marché international.

Les créations qui circulent le plus sont les estampes (80 % du marché). Elles s’échangent pour 100 à 500 €, faisant de Georges Rouault un artiste relativement accessible.

Ses gouaches, aquarelles, et peintures circulent moins. Elles se vendent le plus souvent pour 10 000 à 50 000 €. En ce qui concerne les arts graphiques, ce sont les gouaches de sa première période qui atteignent les prix les plus hauts. En peinture en revanche se sont ses toiles des années 1940 qui remportent des records de vente.

(Illus.)Portrait de Georges Rouault.

Vous souhaitez faire expertiser un tableau de Georges Rouault et recevoir son estimation ? Estimer une œuvre de Georges Rouault en quelques clics et recevez une réponse sous quelques jours. C’est gratuit et totalement confidentiel.

En lien avec Georges Rouault

Estimation d’objet d’art en ligne : comment faire ?

L’expertise en ligne de votre objet se fait facilement, en trois étapes ! C’est gratuit et confidentiel.
Estimation gratuite Henri Manguin

Henri Manguin

Home » Artiste » Art moderne » Page 67

Estimation et cote de l'artiste Henri Manguin

Évoquer un « Éden retrouvé » à travers des paysages aux formes simplifiées et aux couleurs flamboyantes, tel est le péché mignon d’Henri Manguin. L’artiste français, né à Paris en 1874, abandonne rapidement ses études au lycée Condorcet pour se consacrer à la peinture.

Estimation gratuite Henri Manguin

Vous souhaitez  expertiser une œuvre d’Henri Manguin et recevoir son estimation ? Remplissez votre demande via notre formulaire. Faites estimer une œuvre d’Henri Manguin en quelques clics et recevez une réponse sous quelques jours. C’est gratuit et totalement confidentiel.

Les débuts artistiques du peintre Henri Manguin

En 1894, il suit une formation rigoureuse dans l’atelier de Gustave Moreau, à l’École des Beaux-Arts de Paris, où il se lie d’amitié avec Albert Marquet, Henri Matisse, ou encore Georges Rouault. Il participe à des manifestations artistiques en marge du Salon officiel comme l’exposition de la Société Nationale des Beaux-Arts de 1897. Plus tard, Henri Manguin participe au Salon des Indépendants de 1902 mais aussi au Salon d’Automne de 1905 où il présente cinq toiles. Le thème du paysage y est omniprésent comme en témoignent les titres choisis : Sous les arbres, Le Pré, Les chênes lièges, etc. Toutefois, Manguin ne néglige jamais la figure humaine dans sa peinture, il la fait dialoguer avec son environnement de la façon la plus naturelle possible. Le critique d’art Pierre Cabanne résume assez bien les procédés employés par l’artiste : « dans chaque tableau de Manguin il est midi, la lumière chante, glisse sur l’eau calme, la chair épanouie, les fleurs ouvertes ou les fruits mûrs, c’est l’heure exacte du bonheur présent ».

Henri Manguin, figure majeure du fauvisme

Manguin est perçu comme un artiste fauve de la première heure, bien qu’il ait reçu un enseignement académique. Il privilégie une conception personnelle de la peinture et emploie des techniques novatrices. Il a notamment recours à la juxtaposition de couleurs vives et à de larges plages de peinture violette qui structurent ses compositions. Par leur récurrence, elles deviennent la signature de l’artiste. La division de la touche témoigne de son attrait pour le néo-impressionnisme de Signac et Seurat. Toutefois, son intérêt se portant davantage sur des couleurs franches et un abandon de la perspective, c’est au fauvisme qu’on l’affilie. La palette rayonnante de Manguin lui est inspirée par la lumière du sud de la France où il s’installe avec sa femme et ses trois enfants en 1904. Manguin ne cherche pas à intellectualiser sa peinture, c’est la dimension émotionnelle qu’il fait primer avant tout. Il conserve néanmoins une certaine rigueur dans ses compositions, ne déformant jamais ses sujets, il hérite cette précision de Cézanne.

Dès 1906, il rencontre un vif succès auprès des marchands et des collectionneurs : le galeriste Ambroise Vollard lui achète ainsi 142 toiles, pastels et dessins. L’année suivante, la galerie de Bernheim-Jeune, figure majeure de l’art moderne, fait l’acquisition d’un ensemble de ses toiles et de ses dessins. Manguin voyage avec ses amis peintres. Il se rend à Collioure avec Matisse ou encore en Italie avec Marquet. Il fréquente régulièrement la Suisse où il fait la rencontre du couple de collectionneurs Hahnloser-Bühler qui apprécie particulièrement sa peinture. C’est ainsi que son art s’internationalise puis qu’il est exposé dans les galeries du monde entier (Paris, Londres, Madrid, Genève). À la fin de sa carrière, il quitte l’avant-garde pour adopter un style plus nuancé. Il ne rompt pas pour autant ses liens avec des artistes comme Albert Marquet avec qui il reste ami toute sa vie. De même, le milieu du marché de l’art continue à défendre ses œuvres malgré sa prise de distance.

Estimation et cote de Henri Manguin sur le marché de l'art

De nos jours, les œuvres d’Henri Manguin sont très prisées par les collectionneurs. Ses toiles sont plutôt rares sur le marché de l’art ce qui a pour effet d’augmenter leur valeur. Sa cote est relativement élevée et peut atteindre des records. Pour ses tableaux il faut compter entre 10 000 et 55 000 euros : les natures mortes sont les toiles les moins onéreuses puisqu’elles sont estimées à 10 000 euros, viennent ensuite les scènes d’intérieur à 20 000 euros, les nus à 25 000 euros et enfin les paysages qui culminent en moyenne à 30 000 euros. Les peintures fauves et les paysages arcadiens, étant les plus recherchés, sont estimés entre 70 000 et 400 000 euros. À titre d’exemple le nu intitulé Le Reflet (huile sur toile, 1904) a trouvé acquéreur au prix de 230 000 euros en 2017 à New York. En 2016, sa toile Les oliviers à Cavalière (1906) a su séduire les acheteurs et a été adjugée 1 008 000 euros.

(Illus.)Manguin

Vous souhaitez faire expertiser un tableau d’Henri Manguin et recevoir son estimation ? Remplissez votre demande via notre formulaire. Estimez votre oeuvre d’Henri Manguin en quelques clics et recevez une réponse sous quelques jours. C’est gratuit et totalement confidentiel.

En lien avec Henri Manguin

Estimation d’objet d’art en ligne : comment faire ?

L’expertise en ligne de votre objet se fait facilement, en trois étapes ! C’est gratuit et confidentiel.