Albert Uderzo, Astérix Légionnaire, 1967

Albert Uderzo

Estimation et cote de l'artiste Albert Uderzo

Albert Uderzo (1927-2020) est l’un des artistes les plus emblématiques du XXᵉ siècle, célèbre pour être le co-créateur d’Astérix le Gaulois, personnage incontournable de la bande dessinée mondiale. Dessinateur de génie, il a marqué des générations grâce à son style unique et son humour universel.

Albert Uderzo, Astérix Légionnaire, 1967

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Albert Uderzo, un dessinateur de génie

Albert Uderzo naît le 25 avril 1927 à Fismes, dans la Marne, dans une famille d’immigrés italiens. Dès son plus jeune âge, il développe une passion pour le dessin. Malgré un daltonisme partiel, il montre un talent exceptionnel pour retranscrire la vie et l’imaginaire sur papier. Après la Seconde Guerre mondiale, Uderzo travaille comme illustrateur pour des journaux et des éditeurs, notamment chez Éditions du Chêne. C’est dans ce cadre qu’il rencontre René Goscinny en 1951, un scénariste qui deviendra son complice artistique. Leur collaboration marque le début d’une aventure exceptionnelle dans le monde de la bande dessinée.

La naissance d’Astérix et le succès mondial pour Uderzo et Goscinny

En 1959, Uderzo et Goscinny lancent Astérix le Gaulois dans le premier numéro du journal Pilote. Le succès est immédiat. Les aventures du petit guerrier moustachu et de son ami Obélix, opposant résistance à l’envahisseur romain, séduisent un public large grâce à leur humour, leur profondeur historique et leur satire sociale. Le dessin d’Uderzo joue un rôle crucial dans ce succès. Avec des traits expressifs et une attention minutieuse aux détails, il insuffle vie et dynamisme aux personnages. Chaque case est un chef-d’œuvre de composition, mêlant action, émotion et comédie. Après le décès de René Goscinny en 1977, Uderzo poursuit seul les aventures d’Astérix. Il s’illustre comme un auteur complet, créant des scénarios tout en continuant à dessiner. Le tandem Astérix-Obélix devient une icône culturelle, traduite en plus de 100 langues et vendue à plus de 380 millions d’exemplaires à travers le monde.

L’impact d’Albert Uderzo et de son dessin dans la culture populaire

Le style d’Uderzo se distingue par une maîtrise exceptionnelle du dessin humoristique et caricatural. Ses personnages, aux proportions exagérées et expressions faciales outrées, sont immédiatement reconnaissables. Mais derrière cette apparente simplicité se cache une technique rigoureuse, notamment dans les décors et les scènes d’action. Les paysages gaulois, les forêts profondes et les villages pittoresques sont rendus avec une précision presque architecturale. Parallèlement, Uderzo excelle dans les scènes de bataille, mêlant chaos et humour avec une fluidité narrative incomparable

Mais Albert Uderzo est bien plus qu’un dessinateur : il est un pilier de la culture populaire européenne. À travers Astérix, il a offert une lecture accessible de l’histoire antique, tout en portant un regard satirique sur les sociétés contemporaines. Son influence dépasse d’ailleurs le cadre de la bande dessinée. Les adaptations cinématographiques, les produits dérivés et le parc à thème Parc Astérix témoignent de la place centrale qu’occupe son œuvre dans l’imaginaire collectif.

Cote des oeuvres de Albert Uderzo sur le marché de l’art

Depuis le début des années 2000, les planches originales et dessins d’Uderzo atteignent des sommets sur le marché de l’art. En raison de leur rareté et de leur importance culturelle, ces œuvres sont recherchées par des collectionneurs du monde entier.

  • Planche originale d’Astérix : entre 100 000 et 300 000 euros pour les scènes emblématiques.
  • Dessins préparatoires ou illustrations uniques : entre 20 000 et 80 000 euros, selon la complexité et le contexte.
  • Lithographies signées et tirages limités : entre 1 000 et 5 000 euros, offrant une alternative abordable aux amateurs d’Uderzo.

(Illus.) Albert Uderzo. Astérix Légionnaire. 1967

Estimation d’objet d’art en ligne : comment faire ?

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André Juillard, la machination Voronov

André Juillard

Estimation et cote de l'artiste André Juillard

André Juillard (1948-) est un illustrateur et dessinateur français de bande dessinée reconnu comme l’un des artistes les plus influents de son domaine. Alliant précision du trait, richesse narrative et profondeur historique, André Juillard s’est imposé par un style qui transcende les frontières de la BD traditionnelle.

André Juillard, la machination Voronov

Vous possédez une peinture, un dessin ou une gravure d’André Juillard et souhaitez en connaître la valeur ? Faites estimer votre œuvre en toute simplicité grâce à Estimon’objet. Notre équipe de véritables commissaires priseurs vous garantit une estimation précise, gratuite et confidentielle sous quelques jours.

André Juillard, une jeunesse au service du dessin

André Juillard naît à Paris en 1948. Passionné par le dessin dès son plus jeune âge, il se dirige naturellement vers les études artistiques et intègre l’École nationale supérieure des arts décoratifs. Diplômé en 1971, il débute sa carrière dans l’illustration avant de se tourner pleinement vers la bande dessinée. Son premier succès, « Les 7 vies de l’Épervier », est publié à partir de 1983. Cette série historique, en collaboration avec le scénariste Patrick Cothias, pose les bases de son style unique : une recherche minutieuse des détails historiques, une mise en scène réfléchie et une narration captivante. Juillard s’y affirme comme un conteur visuel hors pair, conjuguant réalisme graphique et émotion.

André Juillard, un maître de la bande dessinée historique

La bande dessinée historique est le domaine de prédilection d’André Juillard. Son souci du détail et sa rigueur documentaire transportent le lecteur au cœur des époques qu’il explore. Après « Les 7 vies de l’Épervier », il crée « Plume aux vents », une série qui prolonge l’univers et les personnages de son précédent succès. Dans les années 1990, il reprend les aventures de « Blake et Mortimer », série culte créée par Edgar P. Jacobs. Avec « La Machination Voronov » (1999) et d’autres volumes, Juillard relève le défi de s’inscrire dans une tradition tout en insufflant sa propre sensibilité artistique. Ses albums se distinguent par une composition élaborée et une richesse narrative qui captivent les amateurs de BD du monde entier.

L’influence d’André Julliard dans le monde de l’art

Outre la bande dessinée, André Juillard est également un illustrateur prolifique. Ses dessins originaux, souvent réalisés à l’encre et à l’aquarelle, témoignent de sa maîtrise technique et de son talent à capturer les expressions humaines et les ambiances. Son influence sur la bande dessinée contemporaine est immense. Il a reçu de nombreuses distinctions, dont le Grand Prix du Festival international de la bande dessinée d’Angoulême en 1996. Sa capacité à réinventer des genres et à transcender les attentes du public a fait de lui une figure incontournable de l’art narratif.

Cote des oeuvres de André Juillard sur le marché de l’art

Les œuvres originales d’André Juillard sont très recherchées par les collectionneurs. Les planches issues de « Les 7 vies de l’Épervier » et de « Blake et Mortimer » atteignent régulièrement des prix élevés lors de ventes aux enchères. La popularité d’André Juillard continue de croître, soutenue par la qualité intemporelle de son travail et l’engouement croissant pour les planches originales et les illustrations issues de la bande dessinée.

(Illus.) André Juillard, sérigraphie de la machination Voronov, Blake et Mortimer

Estimation d’objet d’art en ligne : comment faire ?

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Estimation gratuite Philippe Adamov

Philippe Adamov

Estimation et cote de l'artiste Philippe Adamov

Né en juin 1956 à Londres, Philippe Adamov est un dessinateur reconnu pour son travail dans la bande-dessinée. Ses œuvres sont devenues des classiques de la bande-dessinée française, plus particulièrement dans le domaine de la science-fiction. Durant sa carrière, le dessinateur produira une vingtaine d’ouvrages. Découvrez ici l’histoire de Philippe Adamov et ses peintures contemporaines emblématiques. Besoin d’une expertise gratuite et en ligne ? C’est sur Estimon’objet !

Estimation gratuite Philippe Adamov

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Qui est Philippe Adamov, dessinateur contemporain

Philippe Adamov est né à Londres, mais sa mère étant française, il s’installera à Paris en 1961. C’est d’ailleurs en France que le jeune dessinateur découvre les grands noms de la bande-dessinée française, tels que Jijé, de Paul Cuvelier ou encore Moebius.

La formation de Philippe Adamov débute à l’Ecole Estienne où l’artiste y étudie quelques mois. Il apprendra de nombreuses techniques de dessins et consolidera ses compétences. Par la suite, le dessinateur intègre le studio René Laloux, situé à Angers, en tant qu’apprenti décorateur. Après avoir passé trois ans dans cet atelier, Philippe Adamov s’enrichit d’une expérience unique et ne craint plus le monde de l’illustration dans lequel il commence une carrière en 1978.

C’est dans l’illustration de romans de science-fiction que Philippe Adamov se lance en premier. En 1979, le bédéiste est contacté par F. Allot pour travailler sur Ulysse 31, une série mêlant mythologie et science-fiction. C’est à ce moment-là qu’il découvre ce monde pour qui il a très vite, un véritable coup de cœur. Après une longue période en tant qu’illustrateur, Philippe Adamov s’introduit en 1983 au domaine de la bande-dessinée grâce à Xavier Seguin. Ayant déjà travaillé ensemble pour le journal Okapi, les deux hommes se lance dans le projet de la bd Seul au Monde. 

Malheureusement, cet album ne sera jamais publié. Par la suite, le magazine historique Vécu contact l’artiste afin de travailler avec lui. Philippe Adamov n’hésite pas et saisit l’opportunité. Dès lors, en collaboration avec Patrick Cothias, il réalise la bande dessinée Le vent des Dieux qui retrace l’histoire d’un samouraï au service d’un seigneur qui, suivit de ses compagnons, élimine les rebelles. Pour ce travail, le dessinateur a du faire de nombreuses recherches pour représenter de manière fidèle le Japon du XIIIe siècle.

Les inspirations artistiques de Philippe Adamov

L’inspiration première de Philippe Adamov reste les travaux de Moebius, particulièrement son œuvre intitulée Incal. Son style de dessin est dynamique et détaillé. L’une de ses séries les plus célèbres est La Survivante, créé en collaboration avec le scénariste Yann. La série sera publiée en 1982 et présente un univers post-apocalyptique où une héroïne solitaire tente de survivre.

Le style d’Adamov était connu pour sa grande attention aux détails. Ses dessins étaient soigneusement réalisés avec une précision remarquable, que ce soit dans les expressions faciales de ses personnages, les textures des décors ou les éléments de fond. Cette approche réaliste a contribué à immerger les lecteurs dans les mondes qu’il créait. Adamov était habile à exprimer les émotions et les sentiments de ses personnages à travers ses dessins. Les expressions faciales et le langage corporel de ses personnages étaient particulièrement bien travaillés

La cote des œuvres de Philippe Adamov

Le marché de l’art français possède le plus de ventes d’œuvres réalisées par Philipe Adamov. La valeur des œuvres du bédéiste s’estime entre 200€ et 5000€. Par exemple en 2009, la planche intitulée Les eaux de Mortelune, couverture de la bd La guerre des Dieux en couleur, est adjugée en 2009 à 5000€ à Paris. Les dessins numérotés de planches ont aussi leur place sur le marché. Par exemple en 2020, le dessin en mine de plomb nommée Ulysse 31. La rue du Temple est acquis pour 2000€.

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Estimation gratuite Philippe Delaby

Philippe Delaby

Estimation et cote de l'artiste Philippe Delaby

Philippe Delaby (1961-2014) est un dessinateur de bande dessinée belge. Il est notamment connu pour la série historique Murena en collaboration avec Jean Dufaux, mais aussi La Complainte des landes perdues dans une veine plus fantasy. Découvrez ici l’histoire de Philippe Delaby et ses œuvres emblématiques. Besoin d’une expertise Philippe Delaby ? Contactez l’équipe d’Estimon’objet ! 

Estimation gratuite Philippe Delaby

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Ses premiers travaux dessinés

Né à Tournai (Belgique) en 1961, Philippe Delaby découvre la bande dessinée à huit ans, quand son père lui offre un exemplaire de Tintin au Congo. Dès lors, il se passionne pour le dessin et la bande dessinée. Dès l’âge de quatorze ans, Philippe Delaby intègre l’académie des Beaux-Arts de Tournai, où il se perfectionne en suivant des cours de peinture à l’huile, mais aussi d’imprimerie et de typographie. Cependant, son envie de faire de la bande dessinée est toujours présente et se concrétise lorsqu’à dix-huit ans, il remporte un concours organisé par le journal belge Le Courrier de l’Escaut. Ainsi, cette première incursion dans le monde de la bande dessinée lui ouvre les portes du Journal de Tintin (qui devient Hello Bédé en 1989) où il publie ses premières illustrations en 1987.

Ses débuts au Journal de Tintin et ses premières bandes dessinées historiques

À l’époque, les jeunes auteurs du Journal de Tintin avaient l’habitude de faire leurs preuves en illustrant les récits historiques scénarisés par Yves Duval. Philippe Delaby ne déroge pas à la règle, puisqu’il illustre plusieurs histoires de Duval, réunies en deux albums sortis en 1991 aux éditions du Lombard : Arthur au royaume de l’impossible et Richard Cœur de Lion – L’Épée et la croix. Le style réaliste de Delaby est déjà remarqué pour sa précision historique, ainsi le deuxième album remporte le prix Clio du Salon de l’Histoire de Paris en 1993. Cette même année, Philippe Delaby mêle heroic fantasy et récit historique se passant au Néolithique dans l’album Bran – Légende née des tourbillons des vents du Nord, scénarisé par Jean-Luc Vernal.

En 1994, Philippe Delaby dessine sa première série, L’Étoile polaire, sur un scénario de Luc Delisse, toujours pour les éditions du Lombard. Ce thriller médiéval aux accents mystiques et fantastiques se déroulant au XIIème siècle dans la France de Louis VII est l’occasion pour Delaby de développer son univers graphique au trait précis et détaillé sur une histoire plus longue. Cependant, faute de succès public et d’entente avec le scénariste, il décide d’arrêter la série après le second tome.

Le succès avec Murena et La Complainte des landes perdues

La carrière de Philippe Delaby prend un nouveau tournant lorsqu’il fait la rencontre, pendant un vernissage, du scénariste Jean Dufaux. Ce dernier lui propose d’être le dessinateur de sa nouvelle série, un péplum se déroulant dans la Rome antique. C’est ainsi que paraît en 1997 le premier tome de Murena, qui sera suivi de dix albums répartis en trois cycles. C’est le dessinateur Theo qui assure le dessin des deux derniers albums, parus en 2017 et 2023, après le décès de Delaby en 2014. Le succès public et critique de la série est immédiat, et elle reçoit plusieurs récompenses comme le prix du journal Historia en 2013.

Cette série, qui plante son décor au Ier siècle après Jésus-Christ, entre les règnes des empereurs Claude et Néron, demande à Philippe Delaby des recherches historiques précises. Ainsi, il se documente en lisant des romans, comme Quo Vadis d’Alexandre Dumas ou Moi, Claude de Robert Graves, mais il trouve aussi des inspirations dans le cinéma, comme Ben Hur de William Wyler et Spartacus de Stanley Kubrick. Par ailleurs, la narration très cinématographique et le goût de la précision historique sont également inspirés de la série de bande dessinée Alix de Jacques Martin. Ainsi, Philippe Delaby et Jean Dufaux multiplient les références pour retranscrire une Rome antique mêlant des éléments réels et inventés. 

Ils construisent un univers vraisemblable historiquement, mais aussi palpitant et sulfureux. En effet, Delaby, qui réalise également des illustrations érotiques en parallèle de son activité dans la bande dessinée, a l’habitude d’allier la précision de son dessin à une certaine sensualité. Ainsi, Les Épines, le neuvième tome de Murena, jugé trop érotique par les éditions Dargaud, est modifié par les auteurs avant sa sortie mais la version originale est publiée en tirage limité. En parallèle de Murena, Philippe Delaby succède à Grzegorz Rosiński pour dessiner le deuxième cycle de la série fantasy La Complainte des landes perdues, aussi scénarisée par Jean Dufaux. Il réalise ainsi quatre tomes, qui paraissent aux éditions Dargaud entre 2004 et 2014. Delaby s’éloigne de son registre habituellement historique et met le réalisme de son dessin au service d’une histoire plus fantastique mettant en scène démons et sorcières.

Quelle est la cote de Philippe Delaby sur le marché de l’art ?

Les œuvres de Philippe Delaby présentes sur le marché de l’art sont principalement des planches et des illustrations originales. Ses dessins ont généralement des prix d’adjudication inférieurs à 1 000 €, à l’instar d’une illustration de gladiatrice issue de l’univers de Murena, qui s’est vendue à 520 € en 2019. En outre, ses planches originales de L’Étoile polaire atteignent des prix similaires. Ainsi, une planche du deuxième album de la série, La Nuit comme un cheval arabe, a été adjugée à 715 € en 2015. Cependant, les planches originales de Murena et de La Complainte des landes perdues atteignent des prix plus élevés, situés entre 2 000 et 8 000 €. Une planche originale du neuvième tome de Murena tiré en édition limitée, Les Épines, a ainsi été adjugée à 7 584 € en 2015.

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(Illus.) Philippe Delaby

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Estimation gratuite Raymond Macherot

Raymond Macherot

Estimation et cote de l'artiste Raymond Macherot

Raymond Macherot (1924-2008) est un dessinateur et scénariste de bande dessinée belge, connu pour ses séries jeunesse mettant en scène des animaux, telles que Sibylline ou Chlorophylle. Découvrez ici l’histoire de Macherot et ses œuvres emblématiques. Besoin d’une expertise Raymond Macherot ? Contactez l’équipe d’Estimon’objet !

Estimation gratuite Raymond Macherot

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Ses débuts loin de la bande dessinée

Né en 1924 à Verviers, dans la région de Liège, Raymond Macherot commence à dessiner dès l’enfance. Il est influencé par la lecture des aventures du canard Gédéon par Benjamin Rabier et de Tintin, qui paraît alors dans Le Petit Vingtième, mais il est également marqué par les dessins animés comme Blanche-Neige de Disney ou ceux de Tex Avery. Cependant, sa mère n’encourage pas sa fibre artistique et l’incite à commencer des études d’avocat. Ainsi, après avoir fui dans le sud de la France pour échapper à l’armée allemande, Macherot rentre à Liège en 1942 pour entamer des études de droit. Il interrompt cependant rapidement ses études pour s’engager dans la Royal Navy en Angleterre. En 1945, une fois la guerre finie, il enchaîne plusieurs emplois, puis devient journaliste au Courrier du Soir, un journal local de Verviers. En parallèle, Raymond Macherot publie des dessins satiriques dans l’hebdomadaire Pan sous le pseudonyme Zara, mais peine à se faire publier dans d’autres magazines.

Ses premières bandes dessinées chez Le Lombard et Tintin 

La carrière de Raymond Macherot, qui avait débuté assez loin de la bande dessinée, prend un nouveau tournant lorsqu’il rencontre à Verviers Jacques Martin, qui dessine la série Alix dans Le Journal de Tintin. Il conseille à Macherot de se lancer dans la bande dessinée humoristique, ce qui l’encourage à présenter sa première histoire, Le Chevalier blanc, à Tintin. Peu convaincue par son style graphique mais appréciant son histoire, la rédaction décide d’en confier le dessin à Liliane et Fred Funcken. Macherot est néanmoins embauché au studio de dessin des éditions du Lombard, où il apprend réellement la bande dessinée. Il réalise de petites illustrations et des bandeaux-titres pour Le Journal de Tintin, quand Raymond Leblanc, le directeur des publications, remarque sa façon de dessiner les animaux. Il lui propose alors de dessiner une première histoire animalière, Mission Chèvrefeuille, qui est publiée en 1953 dans Le Journal de Tintin.

Raymond Macherot crée sa première grande histoire dans Tintin, Chlorophylle contre les rats noirs, qui donne naissance à la série Chlorophylle, reprise par la suite par plusieurs auteurs et éditée en neuf albums entre 1956 et 1981. Les aventures de ce lérot (petit rongeur ressemblant au loir) courageux signent ainsi le début du style caractéristique de Macherot, mettant en scène des animaux anthropomorphisés pour former une satire du monde contemporain. Ainsi, Macherot fait évoluer Chlorophylle vers un ton de plus en plus subversif, au point que son histoire Les Croquillards est qualifiée d’anarchiste par certains de ses collègues du Journal de Tintin. En 1961, Raymond Macherot se détache temporairement de la bande dessinée animalière pour créer les histoires policières de Clifton, sa dernière série créée pour Le Journal de Tintin.

Macherot dans Le Journal de Spirou

Raymond Macherot rejoint Le Journal de Spirou, concurrent de Tintin, en 1964 avec la première histoire du chat détective Chaminou, Chaminou et le Khrompire. Cette première histoire est considérée par certains comme un chef-d’œuvre de Macherot : se déroulant dans un univers moderne et urbain, l’auteur dénonce ici les dérives de la publicité et de la télévision, toujours avec l’humour qui le caractérise. Cependant, l’humour noir de Chaminou ne plaît pas à la rédaction qui ne souhaite pas poursuivre la série. Après cette première histoire par Macherot, la série est finalement reprise par différents auteurs (d’abord Yann et Bodard puis Bruno et Olivier Saive) dans les années 1990, avec un certain succès.

En 1965, Raymond Macherot crée pour Le Journal de Spirou les aventures davantage fantastiques de la souris Sibylline, avec un univers plus rural rappelant Chlorophylle. Cette nouvelle série, qui connaît rapidement un succès auprès du public, est publiée en onze albums aux éditions Dupuis entre 1967 et 1985, puis reprise dans les années 2000 aux éditions Flouzemaker cette fois avec l’aide d’André Taymans au dessin. Par ailleurs, Macherot collabore avec le scénariste René Goscinny pour animer les aventures du chat Pantoufle, apparu pour la première fois dans Sibylline, pour Le Journal de Spirou. Il seconde également Yvan Delporte sur le scénario de la série fantastique Isabelle. En outre, Macherot dessine à partir de 1970 les aventures du chat Mirliton dans Le Journal de Spirou, sur un scénario de Raoul Cauvin.

Le trait très rond de Macherot, allié à la poésie mais aussi au ton parfois cru de ses histoires, ont marqué toute une génération de lecteurs du Journal de Spirou. En effet, il n’hésitait pas à mettre en scène des personnages méchants et inquiétants pour représenter les travers de la société humaine, même sous des traits animaliers.

Quelle est la cote de Raymond Macherot sur le marché de l’art ?

Raymond Macherot est présent sur le marché de l’art principalement par des planches originales avec des prix d’adjudications variant généralement entre 1 000 et 5 000 €. Ainsi, une planche originale encrée du huitième tome de Chlorophylle, Chloro à la rescousse, fut adjugée à 2 365 € en 2023. Cependant, certaines planches peuvent atteindre des prix d’adjudication plus élevés, à l’instar d’une planche originale du deuxième album de Chlorophylle adjugée à 16 900 € en 2018. Par ailleurs, des illustrations originales de Macherot sont également présentes sur le marché de l’art avec des prix d’adjudication inférieurs, comme par exemple une illustration originale à l’encre du chat Pantoufle, qui fut adjugée à 1 040 € en 2021.

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(Illus.) Raymond Macherot

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Estimation gratuite Willy Maltaite

Willy Maltaite

Estimation et cote de l'artiste Will

Willy Maltaite (1927-2000), plus connu sous son pseudonyme Will, est un auteur et dessinateur de bande dessinée belge. Il est notamment célèbre pour être le dessinateur de la série Tif et Tondu. Découvrez ici l’histoire de Will et ses œuvres emblématiques. Besoin d’une expertise Will ? Contactez l’équipe d’Estimon’objet !

Estimation gratuite Willy Maltaite

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Sa découverte du dessin chez Jijé et ses débuts dans la bande dessinée

Né en 1927 à Anthée, en Belgique francophone, Will commence à dessiner dès l’enfance. Le voyant peu assidu à l’école, ses parents l’encouragent à suivre une voie artistique. En 1941, il fait la rencontre d’un professeur de dessin qui l’oriente vers l’atelier de Joseph Gillain, alias Jijé, qui est déjà reconnu comme une figure majeure de la bande dessinée franco-belge grâce à sa reprise de la série Spirou et Fantasio mais aussi ses séries Jean Valhardi et Don Bosco. Ainsi, dès l’âge de quatorze ans, Willy Maltaite apprend le dessin auprès de Jijé qui lui enseigne le traitement des ombres, la reproduction de modèles vivants, ou encore le modelage pour appréhender les volumes. Un lien très fort s’installe entre le maître et l’élève, qui ne peut pas être à meilleure école. Mais Will n’aborde pas la bande dessinée tout de suite. Ce n’est qu’en 1946 qu’il se dirige vers le 9ème art en faisant la rencontre des jeunes André Franquin, futur repreneur de Spirou, et Morris, futur créateur de Lucky Luke. Collègues de Jijé dans Le Journal de Spirou, ces derniers se lient d’amitié avec Will et l’encouragent à créer ses premières planches.

Willy Maltaite, désormais bien entouré, publie rapidement ses premières illustrations pour les magazines belges Le Moustique et Bonnes soirées, mais nourrit le rêve de faire de la bande dessinée. Alors que Jijé, Franquin et Morris sont ensemble en voyage aux États-Unis, Will réalise sa première histoire, Le Mystère de Bambochal. Il essuie un refus des éditions Dupuis, mais ne désespérant pas, il décide de créer sa propre maison d’édition, les éditions du Ménestrel, pour l’auto-éditer. Il tire alors artisanalement son premier album à 15 000 exemplaires grâce à l’aide d’un cousin imprimeur.

Tif et Tondu

Bien qu’il lui ait refusé plusieurs projets, Charles Dupuis fait entrer Will dans l’équipe du Journal de Spirou en 1947, pour lequel il réalise plusieurs illustrations. En 1948, Dupuis lui confie le dessin de Tif et Tondu, duo de détectives aventuriers créé dix ans plus tôt par Fernand Dineur. Will en dessine plusieurs épisodes pour Spirou, sous la supervision de Dineur, comme La Cité des rubis, La Revanche d’Arsène Rupin ou encore Le Fantôme des lagunes. C’est en 1954 que Will rencontre le scénariste Maurice Rosy, avec qui il crée le personnage de Monsieur Choc, ennemi mystérieux de Tif et Tondu au visage toujours caché d’un heaume. Il apparaît dès le quatrième album de la série, Tif et Tondu contre la main blanche, et en devient rapidement un personnage emblématique. Ainsi, il est par la suite repris par le fils de Will, Éric Maltaite, dans une série spin-off de Tif et Tondu, intitulée Choc. Racontant la jeunesse de Monsieur Choc, cette série est publiée à partir de 2013 dans Le Journal de Spirou puis éditée en album en 2014.

L’interruption de Tif et Tondu et ses autres travaux en bande dessinée

En 1958, Will décide de faire une pause dans la série Tif et Tondu après sept albums publiés. Il devient alors directeur artistique du Journal de Tintin, ce qui en fait un des rares auteurs ayant travaillé à la fois pour « l’école de Marcinelle » (Spirou) et « l’école de Bruxelles » (Tintin), alors en forte concurrence. Mais il revient chez Spirou dès 1960 en dessinant la série Éric et Artimon, sur un scénario de Vicq. Par ailleurs, en parallèle de ses propres séries, Willy Maltaite seconde régulièrement d’autres auteurs. Il assiste ainsi Franquin pour les décors de l’histoire de Spirou et Fantasio « Les Pirates du silence », mais il travaille aussi avec Peyo sur les décors de Jacky et Célestin et Benoît Brisefer. Will reprend Tif et Tondu en 1964. Même si les scénaristes se sont succédé (Maurice Tillieux prend la relève de Rosy en 1970, succédé par Stephen Desberg à partir de 1980), Will dessine Tif et Tondu jusqu’en 1991, après la parution du trente-neuvième album de la série. La série est ensuite confiée à Denis Lapière au scénario et Alain Sikorski au dessin, qui réalisent les six derniers albums.

En parallèle de Tif et Tondu, Will est également directeur éditorial de la collection du Carrousel chez Dupuis. De plus, il lance une nouvelle série, Isabelle, qui compte douze albums scénarisés par Yvan Delporte, Raymond Macherot et Franquin entre 1970 et 1996. Dans les années 1980, Will se tourne vers un style radicalement différent de celui de Tif et Tondu, donnant une plus grande légèreté au dessin et plus d’importance dans la couleur, comme dans les albums Le Jardin des désirs et La 27ème Lettre, parus dans la collection Aire Libre de Dupuis en 1989 et 1990. Ce style est également visible dans ses peintures, inspirées du fauvisme, qu’il réalise durant son temps libre.

Quelle est la cote de Will sur le marché de l’art ?

Le travail de Will est présent sur le marché de l’art, notamment à travers des illustrations et des planches originales. Ses illustrations ont généralement des prix d’adjudication inférieurs à 10 000 €, comme une illustration représentant son héroïne Isabelle face à un monstre des neiges, adjugée à 7 800 € en 2018. Ses planches originales ont des prix d’adjudication plus variables, alors qu’une planche originale en couleurs d’Isabelle ne dépasse généralement pas les 500 €, les planches de La 27ème lettre ou de Tif et Tondu (qui sont plus rares sur le marché de l’art) sont plus souvent adjugées autour de 10 000 €. Ainsi, une planche originale en couleurs de La 27ème lettre s’est vendue 12 631 € en 2013. Par ailleurs, il est intéressant de remarquer que ce sont les couvertures originales qui ont les prix d’adjudication les plus hauts, à l’instar de la couverture du deuxième tome de Tif et Tondu, Tif et Tondu en Amérique centrale, qui a été adjugée à 22 105 € en 2012.

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 (Illus.) Willy Maltaite

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Estimation gratuite Frank Miller

Frank Miller

Estimation et cote de l'artiste Frank Miller

Frank Miller est un scénariste, dessinateur et réalisateur américain renommé. Il a marqué l’industrie des comics avec des œuvres emblématiques comme The Dark Knight Returns et Sin City. Son influence s’étend également au cinéma avec des réalisations telles que Sin City (2005) et 300 (2006). Frank Miller est salué pour sa contribution majeure dans l’évolution des bandes dessinées de super-héros. Découvrez ici l’histoire de Frank Miller et ses œuvres emblématiques. Besoin d’une expertise Frank Miller ? Contactez l’équipe d’Estimon’objet !

Estimation gratuite Frank Miller

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Une formation qui empreint son dessin d’une ambiance sombre et contrastée

Frank Miller, né à Olney le 27 janvier 1957 dans le Maryland, a amorcé son parcours artistique en tant que dessinateur de comics dans les années 1970. Sa formation a été marquée par son apprentissage à la School of Visual Arts de New York, où il a affiné ses compétences artistiques et a développé un usage distinctif de la technique de l’encre sur papier. Influencé par des maîtres de la bande dessinée tels que Will Eisner et Neal Adams, Frank Miller a rapidement émergé en tant que créateur novateur dans l’industrie du comics. Ses premiers travaux, notamment sur des séries de bande dessinée comme Daredevil par Panini Comics, ont attiré l’attention en raison de leur approches narrative et graphique audacieuses : son dessin se distingue notamment par l’absence d’ombrage, renforçant la vivacité des contrastes.

Quant à la narration, celle-ci est fortement influencée par le cinéma avec des séquences d’action fluides et pertinentes. La carrière exceptionnelle de Frank Miller, comme sa contribution au sein du monde des comics, prennent racines dès ces années formatrices, marquées par la rencontre de multiples influences et d’un attrait pour l’expérimentation.

La fructueuse collaboration de Frank Miller avec DC Comics

Frank Miller a notamment travaillé avec DC Comics, une collaboration qui a redéfini le paysage des super-héros. L’œuvre emblématique qui en découle, Batman : Dark Knight, publiée en 1986, a bouleversé les conventions du genre en présentant un Batman vieillissant dans un futur sombre. Le traitement viscéral et provocateur du personnage par Frank Miller a eu un impact durable sur la perception du personnage. Cette collaboration fructueuse s’est également étendue à Batman : The Dark Knight Strikes Again (DK2), la suite audacieuse de Miller qui a continué à explorer des thèmes complexes et à repousser les limites du storytelling graphique avec notamment de forts contrastes et des lignes vives. Ces contrastes et ce dessin franc plongent le spectateur dans une ambiance proche de celle d’un film en noir et blanc des années 1950. L’association de Frank Miller avec DC Comics a ainsi contribué à élever le niveau d’ambition artistique et narratif dans l’univers des bandes dessinées de super-héros.

En plus de travailler sur les personnages des grandes maisons d’édition de comics, Frank Miller a créé ses propres séries : on peut notamment citer Ronin et Sin City. Ronin, publiée en 1983, est une œuvre pionnière de Frank Miller qui fusionne les influences du Japon de l’époque féodale et de la science-fiction dystopique. L’intrigue suit un ronin, samouraï sans maître, projeté dans un futur post-apocalyptique. Sin City, quant à elle, est une série de romans graphiques débutée en 1991. 

Cette série se distingue par son immersion dans une métropole urbaine corrompue. L’œuvre, exclusivement en noir et en blanc, offre une esthétique visuelle originale, évoquant les films noirs classiques. Les jeux subtils entre ombre et lumière, associés à une narration dense, créent un univers captivant où des anti-héros évoluent au milieu de l’obscurité. Cette série emblématique de romans graphiques a révolutionné la bande dessinée en montrant comment l’art graphique peut être utilisé de manière innovante pour raconter des histoires complexes et provocantes.

Quelle est la cote de Frank Miller sur le marché de l’art ?

L’estimation du prix des dessins de Frank Miller varie considérablement en fonction de plusieurs facteurs, tels que la notoriété de l’œuvre, la période de création, la rareté de l’exemplaire et la demande sur le marché. Les pièces les plus recherchées et emblématiques de l’artiste, telles que des pages originales de The Dark Knight Returns ou des planches de la série Sin City, peuvent atteindre des dizaines de milliers d’euros lors de ventes aux enchères.

En général, les dessins originaux de Frank Miller peuvent se négocier à des prix allant de quelques milliers à plusieurs dizaines de milliers de dollars. Cependant, les œuvres exceptionnelles et celles associées à des moments clés de sa carrière peuvent dépasser ces estimations. En effet, lors d’une récente vente aux enchères d’art contemporain, un dessin emblématique de Frank Miller a suscité une attention considérable et a généré un enthousiasme parmi les collectionneurs et les amateurs de bande dessinée. La pièce mise en vente était une planche originale extraite de The Dark Knight Returns (1986), l’œuvre révolutionnaire qui a redéfini le personnage de Batman. Cette page a été vendue pour plus de 2 millions de dollars, ce qui triple de loin le précédent record de 600 000 dollars pour un dessin de Batman (numéro 619). La page présentait une composition frappante, mêlant habilement l’intensité dramatique du récit avec le style distinctif de Frank Miller.

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(Illus.) Cartel : Case issue de l’album The Dark Knight Returns (2013)

Estimation d’objet d’art en ligne : comment faire ?

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Estimation gratuite Juanjo Guarnido

Juanjo Guarnido

Estimation et cote de l'artiste Juanjo Guarnido

Juan José Guarnido (né en 1967), plus connu sous son diminutif Juanjo Guarnido, est un dessinateur de bande dessinée espagnol. Il est notamment connu pour la série policière Blacksad, scénarisée par Juan Díaz Canales. Découvrez ici l’histoire de Guarnido et ses œuvres emblématiques. Besoin d’une expertise Juanjo Guarnido ? Contactez l’équipe d’Estimon’objet !

Estimation gratuite Juanjo Guarnido

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Ses débuts dans le dessin animé

Né en 1967 à Grenade, Juanjo Guarnido passe son enfance à Salobreña, au bord de la Méditerranée. Il se passionne très tôt pour le dessin et se dirige vers une formation artistique. Adolescent, sa famille déménage à Grenade, où il entre à la Faculté des Beaux-Arts. Une fois ses études terminées, il commence sa carrière en participant à plusieurs fanzines (publications amateures), mais il publie également des illustrations pour les éditions Cómics Forum, qui publient les versions espagnoles des comics Marvel. Cette première expérience lui permet de développer un dessin grand public, dynamique et efficace. Comme d’autres dessinateurs espagnols de Cómics Forum, il postule dans les branches anglaises et américaines de la maison d’édition, mais son dossier est refusé. Le marché de la bande dessinée étant encore peu développé en Espagne, Juanjo Guarnido est ainsi contraint de changer de domaine.

Juan José Guarnido décide alors de se diriger vers le dessin animé, et en 1990, il quitte Grenade pour s’installer à Madrid. Ainsi, il travaille pendant trois ans au studio Lápiz Azul, où il fait la rencontre de Juan Díaz Canales, futur scénariste de Blacksad. En 1993, Guarnido est embauché dans la branche française des studios Walt Disney, à Montreuil, en tant qu’animateur et dessinateur de décors. Il quitte alors l’Espagne pour la région parisienne où il participe à plusieurs films, comme Le Bossu de Notre-Dame, Hercule, Tarzan, ou encore Atlantide, l’empire perdu.

Ses débuts en bande dessinée avec Blacksad

Alors qu’il a quitté l’Espagne depuis quelques années, Juanjo Guarnido est toujours en contact avec Juan Díaz Canales. Ce dernier lui propose de travailler avec lui sur son premier projet de bande dessinée, Quelque part entre les ombres, qui deviendra le premier album de Blacksad. Ce projet de polar aux personnages zoomorphes mettant en scène un chat noir détective est élaboré par Canales dès 1990, mais c’est seulement à partir de 1996 que le projet se concrétise réellement. Travaillant toujours dans l’animation, ils ne peuvent s’y consacrer que pendant leur temps libre. L’élaboration de cette première histoire prend ainsi plusieurs années, mais une fois terminé, le projet convainc rapidement plusieurs éditeurs français : Casterman, Delcourt et Dargaud.

Le premier album de Blacksad sort finalement chez Dargaud en 2000 et rencontre un succès immédiat, autant commercial que critique, à tel point qu’un album making-of qui dévoile les coulisses de sa création, Les Dessous de l’enquête, est publié dans la foulée. La série emprunte ses codes au roman noir américain en mettant en scène des intrigues policières dans un univers sombre qui s’inscrit dans une réalité sociale de l’Amérique des années 1950. Elle compte aujourd’hui sept tomes, parus entre 2000 et 2023. Plusieurs artbooks (livres regroupant des illustrations et visuels de la série) et hors-séries montrant le processus créatif de Juanjo Guarnido sont également publiés pour assouvir la curiosité des fans. Traduite en anglais, espagnol, catalan et russe, la série a reçu de nombreuses distinctions dans plusieurs pays, comme le prix du public du festival d’Angoulême en 2004 ou le prix Eisner pour le meilleur album étranger aux États-Unis en 2015. 

Ses autres projets de bande dessinée

En parallèle de Blacksad, Juanjo Guarnido change complètement de registre en dessinant les trois albums de Sorcelleries, scénarisés par Teresa Valero et publiés entre 2008 et 2012 aux éditions Dargaud. Cette série, beaucoup plus familiale et humoristique, raconte les aventures d’une famille de sorcières chez qui arrive par erreur une petite fée. Le dernier tome, Les Jeux sont fée, est également prépublié dans Le Journal de Spirou. Loin de s’enfermer dans un seul style, Guarnido met à profit son expérience du dessin humoristique en dessin animé pour mettre en images cet univers fantastique peuplé de monstres, mais il change également de technique, en passant de l’aquarelle au dessin numérique.

Par ailleurs, Juanjo Guarnido collabore avec le scénariste Alain Ayroles pour Les Indes fourbes, paru aux éditions Delcourt en 2019. Sortant une nouvelle fois de sa zone de confort en alliant humour et Histoire, Guarnido rend hommage à l’art espagnol pour illustrer cet album, imaginé comme une suite du roman du XVIIe siècle El Buscón de Francisco de Quevedo y Villegas. Ainsi, il s’inspire pour certaines planches des Ménines de Velasquez, ou encore du Jeune mendiant de Murillo. Les Indes fourbes, qui met en scène le bandit Don Pablos de Ségovie pendant le Siècle d’or espagnol en Amérique du Sud, connaît un grand succès dès sa sortie.

Quelle est la cote de Juanjo Guarnido sur le marché de l’art ?

Le travail de Juanjo Guarnido est relativement rare sur le marché de l’art, mais il est néanmoins présent à travers des planches originales ainsi que des illustrations, pour la plupart issues de l’univers de Blacksad. Ses illustrations ont des prix d’adjudication variables, généralement inférieurs à 10 000 €. Ainsi, un dessin au pastel et encre de Chine représentant les personnages de Blacksad et Weekly fut adjugé à 6 125 € en 2016. Ce sont ses planches originales qui atteignent les prix d’adjudication les plus hauts, à l’instar d’une planche d’Âme rouge, le troisième album de Blacksad, adjugée à 13 272 € en 2015.

Vous souhaitez faire expertiser une planche ou une illustration de Juanjo Guarnido et recevoir son estimation ? Remplissez votre demande via notre formulaire en cliquant ici. Faites estimer une œuvre de Guarnido en quelques clics et recevez une réponse sous quelques jours. C’est gratuit et totalement confidentiel !

(Illus.) Cartel : Juanjo Guarnido, planche extraite de Blacksad tome 3, Âme Rouge, Dargaud, 2005

Estimation d’objet d’art en ligne : comment faire ?

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Estimation gratuite Philippe Francq

Philippe Francq

Estimation et cote de l'artiste Philippe Francq

Philippe Francq (né en 1961) est un dessinateur de bande dessinée de style réaliste, notamment connu pour la série Largo Winch, publiée depuis 1990 aux éditions Dupuis. Découvrez ici l’histoire de Francq et ses œuvres emblématiques. Besoin d’une expertise Philippe Francq ? Contactez l’équipe d’Estimon’objet !

Estimation gratuite Philippe Francq

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Ses débuts en tant que dessinateur

Né en 1961 à Etterbeek, dans la région de Bruxelles, Philippe Francq décide rapidement de s’orienter vers une carrière artistique. En 1978, à l’âge de dix-sept ans, il entre à l’Institut Saint-Luc de Bruxelles où il apprend les bases du dessin. Puis, entre 1981 et 1984, il se dirige finalement vers la section bande dessinée, où il suit notamment des cours auprès de l’auteur de fantasy François Schuiten. Peu inspiré pour écrire des scénarios, Philippe Francq commence ainsi sa carrière à vingt-trois ans, en nourrissant l’espoir de devenir dessinateur professionnel. Il commence tout d’abord à travailler auprès de la scénariste Gabrielle Borile, pour qui il dessine les dix premières planches d’une série qui n’aboutit finalement pas. Même si ce premier projet reste à l’état d’ébauche, il est introduit dans le milieu de la bande dessinée, ce qui lui permet ensuite de travailler dans les studios Hergé auprès de Bob de Moor.

En 1987, le scénariste Bob de Groot lui propose de dessiner sa nouvelle série, Des Villes et des femmes, dont les deux tomes parus aux éditions Dargaud entre 1987 et 1988 sont par la suite publiés en intégrale en 2021. Loin de l’univers de Largo Winch qui fera son succès, les histoires dramatiques de Des Villes et des femmes s’inscrivent dans un quotidien qui peut être celui de tout le monde. Philippe Francq continue ensuite chez Dargaud en dessinant entre 1988 et 1989 les deux albums de Léo Tomasini sur un scénario de Francis Delvaux.

Sa rencontre avec Jean Van Hamme

En 1988, la carrière de Philippe Francq prend un nouveau tournant lorsqu’ il rencontre Jean Van Hamme, déjà connu pour être le scénariste de la série d’heroic fantasy Thorgal et du thriller XIII. Ce dernier lui propose de collaborer avec lui pour adapter en bande dessinée les romans Largo Winch qu’il a publiés à partir de 1977 aux éditions du Mercure de France, et qui mettent en scène un jeune milliardaire dans le monde de la finance.

Jean Van Hamme destinait d’abord cette série à un dessinateur américain, John Prentice, mais ce dernier abandonne, lassé par la complexité des décors et de l’intrigue. Ce n’est donc seulement des années plus tard que le scénariste pense à Philippe Francq pour mener à bien son projet. La série, inspirée par l’expérience de Jean Van Hamme en tant qu’ingénieur commercial aux États-Unis, mais aussi par ses études en économie politique, narre les aventures de Largo Winch, jeune orphelin adopté par un milliardaire assassiné mystérieusement. Il devient ainsi l’héritier d’un empire financier et doit faire sa place dans un milieu où rivalité et concurrence font rage, en évitant d’être rattrapé par son passé. Encore dessinateur débutant, Philippe Francq ne s’attend pas à ce que Jean Van Hamme lui propose de travailler sur une série d’une telle ampleur et accepte sans soupçonner le succès qui l’attend.

Le succès de Largo Winch

La série Largo Winch compte aujourd’hui vingt-quatre albums publiés aux éditions Dupuis depuis 1990, et scénarisés par Jean Van Hamme jusqu’au vingt-et-unième album sorti en 2017. Bien que les derniers tomes soient scénarisés par Eric Giacometti, Philippe Francq en est toujours le dessinateur. Elle connaît un succès commercial presque immédiat : le premier album est tiré à 50 000 exemplaires. Ce chiffre ne fait qu’augmenter au fil des parutions et le dixième album se vend à 500 000 exemplaires, ce qui en fait un véritable best-seller. Largo Winch a par ailleurs été adapté en long-métrage en 2008. Par ailleurs, une série dérivée, La Fortune des Winczlav, scénarisée par Van Hamme et dessinée par Philippe Berthet, compte aujourd’hui trois tomes parus entre 2021 et 2023.

Au fil des albums, Philippe Francq affirme son style graphique au réalisme efficace. La complexité des intrigues de Largo Winch permettent à Philippe Francq de perfectionner son dessin et sa narration, en se confrontant à des éléments sortant de sa zone de confort. S’appuyant sur des photographies urbaines, il réussit à en faire une synthèse pour imaginer le décor de la série. En outre, il utilise la couleur pour arriver à une efficacité narrative rendant plus facilement identifiable chaque lieu ou personnage. Ainsi, Francq développe un style réaliste ancré dans le monde contemporain, assez détaillé pour être crédible, tout en gardant une lisibilité au service de la narration de Jean Van Hamme.

Quelle est la cote de Philippe Francq sur le marché de l’art ?

Philippe Francq est présent sur le marché de l’art notamment par des planches et des illustrations originales. Ce sont les planches de Largo Winch qui représentent la majorité de son travail et atteignent les prix d’adjudication les plus hauts, mais qui restent assez variables. Ainsi, une planche du deuxième tome de la série, Le Groupe W, s’est vendue à 8 528 € en 2023. Cependant, ils sont souvent plus élevés, à l’instar d’une planche originale du troisième tome de la série qui a été adjugée à 19 680 € en 2022. En outre, les couvertures originales atteignent des prix d’adjudication encore plus élevés, comme la couverture originale encrée du dix-huitième album de la série, adjugée à 31 200 € en 2017. Par ailleurs, les illustrations originales de Francq sont également présentes sur le marché de l’art ; une illustration tirée de l’univers de Largo Winch, pour une sérigraphie destinée à la librairie Le Sphinx d’or, est adjugée à 7 800 € en 2019.

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(Illus.) Cartel : Philippe Francq, Couverture de L’Héritier, 1er tome de Largo Winch, 1990

Estimation d’objet d’art en ligne : comment faire ?

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Estimation gratuite William Vance

William Vance

Estimation et cote de l'artiste William Vance

William Vance (1935-2018), de son vrai nom William Van Cutsen, est un dessinateur et auteur de bande dessinée belge au style réaliste, décrivant avec détail ses personnages et leur environnement. Il est notamment connu pour être le dessinateur de la série XIII, scénarisée par Jean Van Hamme. Découvrez ici l’histoire de Vance et ses œuvres emblématiques. Besoin d’une expertise Vance ? Contactez l’équipe d’Estimon’objet !

Estimation gratuite William Vance

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Les débuts de William Vance

Né en 1935 à Anderlecht, dans la région de Bruxelles, William Vance naît dans une famille flamande modeste. Son enfance, marquée par la guerre et l’absence de son père réquisitionné en Allemagne, est assez dure. Mais c’est à cette période qu’il découvre le travail du dessinateur néerlandais Hans Kresse ainsi que celui de Disney et des illustrateurs américains, qui font naître sa vocation artistique. Entre 1950 et 1953, dès l’âge de quinze ans, William Vance suit les cours de l’Académie des Beaux-Arts de Bruxelles. Ses études terminées, il travaille pendant six ans dans la publicité, avant d’être embauché dans l’atelier du dessinateur italien Dino Attanasio. Ainsi, Vance débute sa carrière en bande dessinée en assistant Attanasio sur la série Bob Morane, qu’il reprendra quelques années plus tard pour l’édition belge et française.

Son entrée dans Le Journal de Tintin

Au début des années 1960, l’illustration de récits d’aventures historiques scénarisés par Yves Duval est un passage obligatoire pour les dessinateurs intégrant Le Journal de Tintin. C’est ainsi que William Vance y fait ses débuts en illustrant cinquante-six histoires entre 1962 et 1967. L’éclectisme et la précision de ces histoires sont formateurs pour le jeune auteur, qui développe un style graphique et narratif qui lui est propre. En 1964, à l’âge de vingt-huit ans, Vance dessine sa première longue série pour Tintin, toujours sur un scénario d’Yves Duval, Howard Flynn. Racontant les aventures d’un officier de la marine britannique, cette première série est bien reçue par les lecteurs du journal grâce à la précision documentaire de Vance, passionné de marine à voile. Entre 1965 et 1968, il s’essaie également à l’écriture en assurant le scénario et le dessin de la série de western Ringo, publié dans Tintin Sélection.

Une carrière dédiée à la bande dessinée d’aventure

William Vance reste attaché aux bandes dessinées d’aventure, puisqu’il reprend le dessin de Bob Morane, la série qui l’avait lancé en 1962. Succédant ainsi à Dino Attanasio et Gérald Forton, il dessine dix-huit albums sur un scénario d’Henri Vernès. En parallèle, il est le dessinateur de Bruno Brazil, série d’espionnage scénarisée par Greg, alors rédacteur en chef du Journal de Tintin. Illustrer une histoire se passant dans le monde contemporain est alors une première pour Vance, qui élargit son univers graphique. En 1973, il illustre la série Rodric, dont les deux tomes scénarisés par Lucien Meys, racontent les aventures d’un chevalier en croisade. L’année suivante, Vance dessine la série Ramiro, sur un scénario de Jacques Stocquart. Cette fois, William Vance retranscrit avec précision les paysages ibériques qu’il a eu la possibilité d’admirer grâce à son épouse Petra, d’origine espagnole, qui met en couleurs la plupart de ses albums. Par ailleurs, Vance renoue en 1976 avec l’univers de la marine qu’il avait développé dans sa première série Edward Flynn avec les aventures de Bruce J. Hawker. Cette série, mettant en scène un jeune corsaire de la Royal Navy, est publiée dans le magazine belge Femmes d’aujourd’hui puis dans Tintin Hebdo, avant d’être éditée en sept tomes aux éditions Le Lombard.

William Vance, le succès de XIII

La rencontre entre William Vance et le scénariste Jean Van Hamme marque un tournant dans la carrière du dessinateur. Ensemble, ils créent le thriller XIII, qui devient rapidement un véritable blockbuster de la bande dessinée. La série suit un ancien soldat américain qui se réveille un jour en ayant perdu la mémoire, le seul indice quant à son identité étant le mystérieux chiffre XIII tatoué sur sa clavicule. Entre espionnage et conflits internationaux, il doit explorer son passé pour déjouer un complot qui le dépasse largement. L’intrigue complexe de XIII, ainsi que le style graphique nerveux et froid que Vance y développe, participent au succès du thriller. À partir de 1984, Vance et Van Hamme sortent un album par an, attendu de plus en plus par le public. 

En 1990, la parution des septième et huitième tomes de la série s’accompagne d’une campagne publicitaire qui lui ouvre les portes de la grande distribution, vers un public de plus en plus large. Au total, dix-neuf albums paraissent entre 1984 et 2007, mais Vance annonce en 2010 se retirer de la série, trop atteint par la maladie de Parkinson. Cependant, il fait son retour en 2018, peu avant son décès, en dessinant l’album 13bis, L’Enquête : deuxième partie, imaginé comme la suite du treizième album paru presque dix ans plus tôt. XIII, dont le succès ne se dément pas au fil des années, ne s’arrête pas à la mort de William Vance. Elle est prolongée par la série dérivée XIII Mystery, qui met en lumière le passé des différents personnages. Encore en cours aujourd’hui, XIII Mystery compte aujourd’hui quatorze albums, chacun avec des scénaristes et des dessinateurs différents, qui s’en réapproprient l’univers. 

Quelle est la cote de William Vance sur le marché de l’art ?

Les œuvres de Vance sont très présentes sur le marché de l’art. Ses œuvres vendues en 2023 ont ainsi atteint un prix total de 123 000 €. Ses planches originales ont des prix d’adjudication se situant généralement entre 1 000 et 5 000 €, à l’instar d’une planche encrée du premier album d’Howard Flynn qui a été adjugée à 1 181 € en 2023. Mais ses planches originales de XIII peuvent atteindre des prix d’adjudication beaucoup plus élevés. Ainsi, une planche encrée tirée du dix-neuvième tome de XIII, Le dernier round, a été adjugée à 16 400 € en 2022. En outre, certaines illustrations originales en couleurs peuvent atteindre des prix similaires, comme l’illustration de couverture du troisième album de Bruno Brazil, adjugée à 18 850 € en 2017.

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(Illus.) Cartel : Détail de la fresque XIII à Bruxelles, d’après une illustration de William Vance, 2010

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Estimation gratuite Janry

Janry

Estimation et cote de l'artiste Janry

Jean-Richard Geurts (né en 1957), connu sous son pseudonyme Janry, est un dessinateur et auteur de bande dessinée belge. Il est notamment connu pour sa reprise de Spirou et Fantasio, ainsi que la série Le Petit Spirou, deux projets menés en collaboration avec le scénariste Tome.Découvrez ici l’histoire de Janry et ses œuvres emblématiques. Besoin d’une expertise Janry ? Contactez l’équipe d’Estimon’objet !

Estimation gratuite Janry

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Ses débuts et sa rencontre avec Tome

Né en 1957 à Likasi, dans l’actuelle République Démocratique du Congo qui était encore à l’époque une colonie belge, Jean-Richard Geurts se passionne très tôt pour le dessin. À dix-huit ans, sa famille rentre en Belgique : il s’inscrit alors aux cours d’arts graphiques à l’école d’art de Woluwe-Saint-Pierre, dans la région de Bruxelles. C’est là qu’il fait deux rencontres décisives : Stéphane De Becker (plus connu sous son pseudonyme Stuf), avec qui il collabore par la suite sur la série Passe-moi l’ciel, mais surtout Philippe Tome, avec qui il forma un duo presque indissociable tout au long de sa carrière.

Janry se fait rapidement remarquer dans le milieu de la bande dessinée avec des fanzines, des publications amateures, et de petits travaux de commandes. Il devient l’assistant de Dupa pour la série Cubitus, mais il est remplacé pendant son service militaire par son ami Tome. Dès les prémices de leur carrière, Tome et Janry sont inséparables. Après la fin du service militaire de Janry, ils deviennent les assistants de Turck et De Groot sur la série Léonard. Ainsi, ils sont repérés par Alain de Kuyssche, rédacteur en chef du Journal de Spirou à l’époque, qui leur propose d’animer une rubrique de jeux appelée Jeurêka.

Spirou et Fantasio

À cette époque, la présence hebdomadaire de nouvelles aventures de Spirou et Fantasio dans les pages du journal est un enjeu crucial pour sa direction éditoriale. En 1981, alors que la série phare du journal a été reprise par Nic Broca, son rédacteur en chef est toujours à la recherche de nouvelles plumes pour lui donner un nouveau souffle. La rédaction lance ainsi un concours au sein des auteurs du journal, afin de créer de nouveaux scénarios pour Spirou et Fantasio. De Kuyssche, qui avait senti un potentiel chez les jeunes Tome et Janry, propose à Tome de participer. Ce dernier accepte, à condition que son histoire soit dessinée seulement par son ami Janry. À leur grande surprise, le rédacteur en chef accepte, et ils sont en lice pour reprendre la série. Leur première histoire, La Voix sans maître, est publiée en 1981 dans Le Journal de Spirou puis dans le troisième album hors-série de Spirou et Fantasio, regroupant plusieurs histoires courtes de différents auteurs.

La vivacité du trait de Janry alliée à l’humour de Tome convainc les éditions Dupuis qui leur laisse la voie libre pour continuer la série. Ils réalisent ainsi treize albums de Spirou et Fantasio, parus entre 1984 et 1998. Tome et Janry parviennent réellement à donner un élan nouveau à leurs aventures en faisant voyager les personnages aux quatre coins du monde, de l’Australie dans Aventure en Australie, à la Russie dans Spirou à Moscou, en passant par les États-Unis dans Spirou à New-York. Mais ils introduisent également certains thèmes très nouveaux pour la série qui contribuent à donner une dimension nouvelle aux personnages. Ainsi, dans La Vallée des bannis, Fantasio se bat pour la première fois contre Spirou, risquant de le tuer. De plus, la vie sentimentale de Spirou est pour la première fois mentionnée dans Luna Fatale, lui retirant l’étiquette de héros imperturbable. Par ailleurs, Tome et Janry abordent des questions plus actuelles, en interrogeant par exemple le racisme ordinaire dans Le Rayon noir.

Le Petit Spirou et la diversification de son travail

En 1987, Janry dessine, toujours sur un scénario de Tome, La Jeunesse de Spirou, le trente-huitième album de Spirou et Fantasio. L’humour déployé dans ces petites histoires plus légères et le succès qu’elles rencontrent leur donnent envie de développer cet univers. Ils imaginent alors une nouvelle série, racontant l’enfance de Spirou, avec un ton beaucoup plus humoristique et provocateur dépeignant un jeune Spirou loin de l’exemplarité de ses aventures originales. La série compte aujourd’hui dix-neuf albums et est encore poursuivie en solitaire par Janry après le décès de Philippe Tome en 2019. Grâce à son ton irrévérencieux et au dessin dynamique de Janry, Le Petit Spirou rencontre un succès important, dépassant même celui de sa série-mère. Elle a ainsi fait l’objet de nombreux produits dérivés et adaptations, notamment un long-métrage en 2017 réalisé par Nicolas Bary.

Outre son travail de dessinateur prolifique pour ses séries phares, Janry écrit également, à partir de 1990, les scénarios de Passe-moi l’ciel dessinés par son ami Stuf, rencontré pendant ses études. La série, qui parodie la vision chrétienne du Paradis et de l’Enfer, est publiée dans Le Journal de Spirou, puis sept albums paraissent aux éditions Dupuis. Comme pour Le Petit Spirou, Janry décide de poursuivre la série seul après la mort du dessinateur. Par ailleurs, il dessina aussi, entre 2013 et 2015 Les Aventures de Poussin Ier, série philosophico-humoristique scénarisée par l’écrivain Éric-Emmanuel Schmitt.

Quelle est la cote de Janry sur le marché de l’art ?

Les œuvres de Janry sont relativement rares sur le marché de l’art. Il s’agit surtout de dessins originaux réalisés pour Le Journal de Spirou ou pour des dédicaces, les petits formats se vendent généralement entre 100 et 500 €. Cependant, une illustration réalisée pour le numéro 2318 du même Journal a été adjugée à 6 320 € en 2014. Les planches originales de Janry sont peu nombreuses sur le marché de l’art, mais par exemple une planche encrée du sixième tome du Petit Spirou a atteint un prix d’adjudication de 4 045 € en 2014.

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(Illus.) Cartel : Janry, planche extraite de Spirou et Fantasio tome 45, Luna Fatale, Dupuis, 1995

Estimation d’objet d’art en ligne : comment faire ?

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Estimation gratuite Jean-Claude Fournier

Jean-Claude Fournier

Estimation et cote de l'artiste Jean-Claude Fournier

Jean-Claude Fournier (né en 1943) est un auteur de bande dessinée français, connu pour sa reprise de Spirou et Fantasio, mais aussi pour ses séries Bizu et Les Crannibales. Découvrez ici l’histoire de Jean-Claude Fournier et ses œuvres emblématiques. Besoin d’une expertise Jean-Claude Fournier ? Contactez l’équipe d’Estimon’objet !

Estimation gratuite Jean-Claude Fournier

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Ses débuts dans le Journal de Spirou

Né à Paris en 1943, c’est en Bretagne, dans les Côtes-d’Armor, que Fournier grandit. Ainsi, il est très sensible à la culture bretonne, qui est un marqueur se retrouvant par la suite dans l’ensemble de sa carrière. Dès son plus jeune âge, il dessine et raconte des histoires, encouragé par un de ses instituteurs qui lui fait découvrir le théâtre et la linogravure (gravure sur linoleum). Lecteur assidu du Journal de Spirou, Jean-Claude Fournier dessine de plus en plus et souhaite se diriger vers une carrière artistique. Après avoir obtenu son baccalauréat à Lamballe, il s’installe à Paris pour étudier le dessin, tout en prenant des cours de théâtre le soir. Rêvant d’écrire et de mettre en scène des pièces de théâtre, il est cependant découragé par l’un de ses professeurs. Il décide alors de se tourner vers la bande dessinée et se prend de passion pour le travail de Franquin, qui dessine alors Spirou et Fantasio. 

En 1965, Jean-Claude Fournier rencontre son modèle, Franquin, lors d’une séance de dédicaces. Il se saisit alors de l’occasion pour lui montrer des planches imitant Spirou et Fantasio qu’il a réalisées. Franquin, sensible à son trait, l’introduit auprès d’Yvan Delporte, à l’époque rédacteur en chef du Journal de Spirou. Jean-Claude Fournier débute ainsi en y publiant les premières planches de Bizu, dont le nom vient du breton « bizuth », signifiant « nouveau ». Les aventures de ce lutin vivant dans la forêt de Brocéliande, accompagné de ses amis Mukès le champignon et Schnokbul, le petit troll semant des fleurs partout où il passe, apportent une poésie nouvelle aux pages du journal. Les quinze histoires de la série, publiées entre 1967 et 1986 dans Le Journal de Spirou, sont réunies en sept albums édités aux éditions Dupuis entre 1982 et 1994 puis réédités en trois intégrales les réunissant.

Spirou et Fantasio

En cette fin des années 1960, Franquin, qui souhaite se consacrer pleinement à Gaston Lagaffe, cherche un successeur pour reprendre Spirou et Fantasio. Convaincu par ses premiers pas dans le journal et son style graphique en adéquation avec la série, il la propose alors à Jean-Claude Fournier qui réalise ainsi neuf albums aux éditions Dupuis, entre 1970 et 1980. Même s’il reprend une série bien installée, Fournier réussit à se l’approprier et à y incorporer son identité bretonne, mais aussi à lui donner une nouvelle sensibilité écologique. Ce nouvel esprit se ressent particulièrement dans le vingt-septième tome de la série, L’Ankou. 

L’histoire s’appuie sur un personnage de la mythologie bretonne (qui donne son nom à l’album), décrit dans la tradition orale comme un « serviteur de la mort » et représenté sous les traits d’un vieil homme grand et squelettique. Mais l’album est également engagé contre le nucléaire, en mettant en scène Spirou et Fantasio empêchant de justesse l’explosion d’une centrale et la fabrication d’un produit radioactif mortel, aidant ainsi l’Ankou en évitant une surmortalité de la population bretonne alentour.

En parallèle, Jean-Claude Fournier, qui a installé son atelier à Rennes, travaille pour Ouest-France en créant le personnage du Brigadier Brindamour. Il est aussi attaché à accueillir dans son atelier de jeunes auteurs bretons pour encourager la création régionale. Mais c’est cet attachement au territoire breton qui lui vaut des reproches de son éditeur Dupuis, qui considère que Fournier « a fait de Spirou un héros breton ». En 1980, alors que Fournier a déjà entamé la création de La Maison des mousses, dixième tome de Spirou et Fantasio, Dupuis décide de passer la main à Nic et Cauvin pour les tomes suivants, et l’album de Fournier reste inachevé.

La diversification de son travail

À la fin des années 1980, alors que l’arrêt quelque peu brutal de Spirou s’était suivi d’une période de pause dans sa carrière, les éditions Dupuis proposent à Jean-Claude Fournier de reprendre sa première série, Bizu. Il réalise ainsi quatre nouveaux albums parus entre 1990 et 1994. Pendant cette période, il est également investi dans la création du festival de bande dessinée Quai des bulles à Saint-Malo. Pour l’occasion, il réalise plusieurs illustrations et crée l’affiche de l’édition 1991, avec toujours la volonté de faire de la Bretagne un lieu dynamique pour la bande dessinée. Fournier a réussi son pari puisqu’aujourd’hui “Quai des bulles” est devenu le deuxième plus important festival de bande dessinée en France, après le festival d’Angoulême.

En 1998, Jean-Claude Fournier signe son retour dans le Journal de Spirou avec une nouvelle série, Les Crannibales, scénarisée par Zidrou. Avec un humour noir très éloigné de la poésie et du style encore influencé par Franquin qu’il avait développé dans Bizu, cette série raconte les histoires d’une famille d’anthropophages prête à tout pour trouver de la chair fraîche. Publiée en huit albums entre 1998 et 2005 chez Dupuis, la série s’arrête cependant, faute de succès commercial.

C’est une période d’exploration et de renouvellement graphique pour Fournier, qui s’essaie à un dessin beaucoup plus réaliste dans les deux tomes des Chevaux du vent, publiés en 2008 et 2012 dans la collection “Aire Libre” de Dupuis. Ce diptyque, qui ne se déroule pas en Bretagne, mais sur les contreforts de l’Himalaya, est salué par la critique. Ainsi, Fournier poursuit cette veine réaliste dans sa dernière série, Plus près de toi, dont les deux tomes, en collaboration avec le scénariste Kris, sont parus en 2017 et 2019. Il aborde cette fois la Bretagne sous un angle plus historique et engagé, en racontant l’histoire des prisonniers de guerre sénégalais détenus dans des camps de travail bretons durant la Seconde Guerre mondiale.

Par ailleurs, les auteurs Joub et Nicoby réalisent en 2013 Dans l’atelier de Fournier, un album basé sur des entretiens avec Fournier, relatant sa carrière et sa manière de travailler. Cet ouvrage témoigne de l’impact qu’il a eu sur les auteurs des générations suivantes. Devenu une référence de la bande dessinée franco-belge par son implication dans la création d’un foyer breton en bande dessinée et sa carrière diversifiée, Jean-Claude Fournier a toujours réussi à mettre sa personnalité et ses engagements dans ses bandes dessinées, sans jamais s’enfermer dans un style ou dans une manière de raconter ses histoires. Ainsi, il travaille aujourd’hui sur ses mémoires, dont il a pour ambition de réunir en un album tous ses styles, du plus comique au plus réaliste.

Quelle est la cote de Jean-Claude Fournier sur le marché de l’art ?

Jean-Claude Fournier est présent sur le marché de l’art principalement avec des planches et des illustrations originales liées à Spirou et Fantasio. Ce sont ses planches originales qui atteignent les prix d’adjudication les plus hauts, généralement entre 6 000 et 8 000 €. Ainsi, une planche encrée de L’Abbaye truquée, vingt-deuxième tome des aventures de Spirou et Fantasio, a été adjugée à 6 298 € fin 2023. En outre, ses illustrations réalisées pour Le Journal de Spirou peuvent atteindre des prix d’adjudication allant jusqu’à 1 600 €, à l’instar d’un dessin passé en vente aux enchères en 2019 sous le titre « Spip et le robot malade », adjugé à 1 560 €. Mais elles peuvent parfois atteindre des prix plus élevés. Par exemple, une illustration en couleurs tirée du vingt-et-unième album de Spirou et Fantasio, Du glucose pour Noémie, fut adjugée à 3 828 € en 2016.

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(Illus.) Cartel : Jean-Claude Fournier, Bizu, planche extraite de Minute papillon, publiée dans le journal de Spirou no 2043, 1977

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Estimation gratuite Bob de Moor

Bob de Moor

Estimation et cote de l'artiste Bob de Moor

Robert de Moor (1925-1992), plus connu sous son pseudonyme Bob de Moor, est un auteur et dessinateur de bande dessinée au style “ligne claire”, dans la continuité d’Hergé, dont il a été l’assistant. Découvrez ici l’histoire de Bob de Moor et ses œuvres emblématiques. Besoin d’une expertise Bob de Moor ? Contactez l’équipe d’Estimon’objet !

Estimation gratuite Bob de Moor

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Ses débuts dans la presse flamande et Le Journal de Tintin

Né à Anvers en 1925, De Moor publie ses premiers dessins, des caricatures anti-britanniques, dans une Belgique occupée par l’Allemagne. Après des études à l’école des Beaux-Arts d’Anvers, Bob De Moor commence sa carrière en intégrant le studio de dessins animés Afim. En parallèle, il continue à publier des dessins d’humour et des histoires, notamment dans la revue flamande Kleine Zondagsvriend, avec Bart le Moussaillon. C’est en 1947 qu’il dessine un premier album en français, Le Mystère du vieux château fort, sur un scénario de John van Looveren, mais il continue toujours à publier dans la presse flamande.

En 1949, De Moor intègre le magazine Kuifje (équivalent néerlandophone du Journal de Tintin) en assistant son ami Willy Vandersteen, notamment sur la série Bob et Bobette. Il est également introduit au journal Tintin pour lequel il illustre plusieurs histoires, puis il réalise ses propres séries de gags : Bouboule et Noiraud, Monsieur Tric… Il crée ensuite les personnages du détective Barelli et Cori le Moussaillon. Soutenu par Hergé, Bob De Moor est maintenant pleinement intégré au journal Tintin, dont il crée même le slogan “Le journal des jeunes de sept à soixante-dix-sept ans”.

Les studios Hergé

En 1951, De Moor intègre les studios Hergé, à une époque où Tintin est déjà une série au succès public et commercial bien installé. Il devient rapidement le premier assistant d’Hergé, mais reste un acteur de l’ombre qui ne demande pas à co-signer son travail sur la série, contrairement à son prédécesseur Edgar P. Jacobs. Bob De Moor s’occupe des dessins secondaires utilisés pour la publicité et les produits dérivés, mais il contribue également à l’animation de longs-métrages mettant en scène Tintin. Bien qu’il crée toujours ses propres histoires humoristiques pour Le Journal de Tintin, comme Pirates d’eau douce ou Balthazar, il reste un des membres principaux des studios Hergé jusque dans les années 1980. 

À cette période, De Moor collabore toujours à l’animation et à la publicité, mais assiste surtout Hergé pour les albums de Tintin. Il est de plus en plus impliqué dans les décors et l’encrage des aventures du reporter au Petit Vingtième, au point que sa main est perceptible dans le dernier album de la série, Tintin et les Picaros. Cependant, à la mort d’Hergé en 1983, De Moor ne reprendra pas la série et ne finira pas l’album inachevé, selon la volonté d’Hergé et sa veuve. Les studios Hergé sont dissous la même année. De Moor reste cependant attaché à Tintin, en supervisant par exemple en 1988 la fresque Tintin peinte dans le métro Bruxellois, ou en participant à des ouvrages collectifs dédiés au héros d’Hergé : 35 ans du journal Tintin – 35 ans d’humour (1981), Spécial Hergé (1983) ou L’Aventure du journal Tintin – 40 ans de bande dessinée (1986).

Ses différents styles et la fin de sa carrière

En tant qu’assistant, Bob De Moor n’avait d’autre choix que de calquer son dessin sur celui de ses collaborateurs : d’abord Vandersteen puis Hergé. Plus qu’une “imitation”, il sait se fondre dans le style de ses collègues et amis : c’est ainsi qu’il termine Mortimer contre Mortimer, dernier album de la série Blake et Mortimer, après la mort d’Edgar P. Jacobs, ou qu’il reprend le temps d’une histoire la série Lefranc de Jacques Martin.

Il est donc difficile pour lui de trouver un style personnel, ce qu’il va pourtant essayer de faire dans ses séries Barelli et Cori le moussaillon. Toujours empreint d’influences très fortes, De Moor ne se fixe pas dans un seul style graphique : d’abord strictement inspiré d’Hergé, il s’essaie à plus de rondeur dans les premiers tomes de Barelli et à plus de réalisme dans Cori le moussaillon. De Moor sait jongler entre plusieurs graphismes, selon ses besoins et ses envies. Figure souvent restée dans l’ombre mais néanmoins emblématique de la bande dessinée franco-belge “ligne claire” (aux lignes de contour précises et sobres), il finit sa carrière en étant directeur artistique des éditions Le Lombard et président du conseil d’administration du Centre Belge de la Bande Dessinée à Bruxelles, tout en continuant ses séries personnelles.

Quelle est la cote de Bob de Moor sur le marché de l’art ?

Les œuvres de Bob de Moor sur le marché de l’art sont pour la plupart du temps des dessins originaux ou des planches originales encrées, mais sont relativement peu nombreuses. Ses planches originales ont généralement des prix d’adjudication inférieurs à 1 000 €, mais certaines atteignent des prix plus élevés. Ainsi, une planche originale encrée tirée du premier tome de Barelli a été adjugée à 1 690 € en 2020. Par ailleurs, la couverture originale de Conrad le Hardi s’est vendue à 1 300€ en 2021. Cependant, c’est son travail pour les studios Hergé qui atteint les prix d’adjudication les plus hauts et sont les plus recherchés. Ainsi, une couverture originale pour un journal de Tintin spécial Noël, encrée par Bob de Moor, fut adjugée à 12 640 € en 2014.

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Estimation gratuite Mathieu Bablet

Mathieu Bablet

Estimation et cote de l'artiste Mathieu Bablet

Mathieu Bablet se démarque par son style graphique distinctif et son approche narrative novatrice. Loin d’être un dessinateur de science-fiction simplement porté sur des mondes fictifs, les scénarios de Mathieu Bablet trouvent leur écho dans des problématiques nous étant familières comme l’écologie. L’illustration sert le scénario mais nous invite également à la contemplation de ces mondes. Mathieu Bablet est reconnu comme l’une des voix émergentes passionnantes de la bande dessinée contemporaine en France. Découvrez ici l’histoire de Mathieu Bablet et ses dessins de bande dessinée. Besoin d’une expertise Mathieu Bablet ? C’est sur d’Estimon’objet !

Estimation gratuite Mathieu Bablet

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De riches inspirations tournant autour de la science-fiction 

Né en 1987 en France, Mathieu Bablet se distingue en tant que scénariste, dessinateur et coloriste de bande dessinée. Sa carrière prend un tournant significatif avec la publication de son premier album, Shangri-La, en 2016, qui rencontre un succès critique : il reçoit le Prix de la Meilleure Bande Dessinée au Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême. En 2008, Mathieu Bablet suit une formation en arts appliqués auprès de l’Enseignement aux Arts Appliqués et à l’Image (ENAAI) de Chambéry.

Profondément enraciné dans la tradition de la bande dessinée franco-belge, Mathieu Bablet puise chez les maîtres du genre tout en ajoutant des éléments novateurs et contemporains dans ses créations. Il puise dans ses influences cinématographiques, avec également des clins d’œil aux grands auteurs de science-fiction comme Orwell, Huxley ou Harisson qui enrichissent ses récits de problématiques complexes qu’il rend accessibles au grand public. Mathieu Bablet a notamment été influencé dans sa jeunesse par l’univers de Hayao Miyazaki et de certains jeux vidéo, dont la référence adressée à Zelda dans Adrastée (2018).

Les thématiques sociales, philosophiques et technologiques qui émaillent ses œuvres révèlent une fascination pour la condition humaine et son évolution. Cette diversité d’influences, allant des classiques de la bande dessinée aux chefs-d’œuvre du septième art, alimente la richesse créative et la singularité de l’univers artistique de Mathieu Bablet. Foisonnant de détails, son style de dessin se reconnaît au premier coup d’œil, que ce soit grâce aux ambiances lumineuses ou au design des personnages. 

Mathieu Bablet et ses chefs d'œuvres : Shangri-La, Adrastée…

Les œuvres emblématiques de Mathieu Bablet s’érigent comme des chefs-d’œuvre narratifs et visuels qui transcendent les conventions de la bande dessinée. Son premier album, Shangri-La (2016), marque un tournant significatif dans sa carrière, mêlant habilement une intrigue complexe à une esthétique graphique saisissante, à la fois douce et brutale lorsque le scénario s’y prête. L’univers dystopique qu’il crée dans Shangri-La témoigne de sa capacité à fusionner les influences de la science-fiction avec une approche artistique fascinante. Cette œuvre a reçu des éloges pour son récit captivant et son exploration profonde des thèmes sociaux et existentiels.
 
Autre pièce maîtresse de son répertoire, Adrastée confirme l’habileté de Mathieu Bablet à naviguer entre l’émotion et l’action. Là encore, son talent pour concevoir des mondes riches et complexes, combiné à une narration immersive, se révèle de manière éclatante. Ces œuvres emblématiques de Mathieu Bablet ne se contentent pas d’être des bandes dessinées, elles sont des expériences artistiques complètes, repoussant les limites du médium et captivant les lecteurs par leur profondeur narrative et leur esthétique distinctive : ses planches panoramiques plongent le lecteur dans l’univers de manières saisissante. D’une certaine manière, Mathieu Bablet brise la frontière entre le lecteur et l’univers. En explorant des thèmes universels à travers des univers imaginaires, Mathieu Bablet s’est affirmé comme un créateur visionnaire et novateur au sein du paysage de la bande dessinée contemporaine.
 
Parmi les œuvres emblématiques de Mathieu Bablet, Carbone & Silicium (2020) se démarque comme une exploration fascinante du futur et de l’évolution de l’intelligence artificielle. Fascinante mais aussi pleine d’espoir en nous montrant que ces nouvelles technologies pourraient servir à la préservation de l’environnement. Ce roman graphique offre une réflexion profonde sur la nature, la conscience et la technologie, tout en présentant des illustrations captivantes qui transportent les lecteurs dans un univers futuriste et contemplatif. Mathieu Bablet réussit à traduire visuellement des concepts complexes grâce à un scénario cohérent, offrant une expérience immersive. Carbone & Silicium s’ajoute ainsi à la liste des œuvres marquantes de l’artiste, confirmant son statut d’auteur contemporain dont la créativité et les questionnements intellectuels continuent d’enrichir le paysage artistique de la bande dessinée.

Quelle est la cote de Mathieu Bablet sur le marché de l’art ?

À ce jour, les dessins de Mathieu Bablet n’ont pas été aussi fréquemment soumis aux enchères que ceux de certains autres artistes établis. Cependant, compte tenu de la reconnaissance croissante de l’auteur dans le monde de la bande dessinée et de l’art contemporain, il est envisageable que ses œuvres puissent susciter un intérêt croissant sur le marché des enchères à l’avenir. Le caractère unique de son style, la profondeur de ses récits et l’influence grandissante de ses œuvres pourraient contribuer à élever la valeur de ses dessins dans le monde des collectionneurs et des amateurs d’art. En général, les prix des planches originales des œuvres emblématiques de Mathieu Bablet vont de quelques centaines d’euros à plusieurs milliers d’euros. Le 11 juin 2022, une planche originale de Carbone & Silicium au crayon bleu et à l’encre de Chine sur papier s’est vue adjugée au prix de 2 576 €. 

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(Illus.) Cartel : Photo de la page 101 de Carbone et Silicium, 2024

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Estimation gratuite Matthieu Bonhomme

Matthieu Bonhomme

Estimation et cote de l'artiste Matthieu Bonhomme

Matthieu Bonhomme, dessinateur et scénariste de bande dessinée français né en 1973, se distingue par son style graphique expressif et son habileté narrative. Matthieu Bonhomme captive les lecteurs à travers des œuvres variées, allant de l’aventure historique à la comédie, démontrant ainsi son talent remarquable au sein de la scène de la bande dessinée contemporaine. Découvrez ici l’histoire de Matthieu Bonhomme et ses œuvres emblématiques. Besoin d’une expertise Matthieu Bonhomme ? Contactez l’équipe d’Estimon’objet !

Estimation gratuite Matthieu Bonhomme

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Des inspirations artistiques variées 

Les influences artistiques de Matthieu Bonhomme s’inscrivent dans un éventail éclectique qui a façonné son style unique. Dès son enfance, Matthieu Bonhomme est captivé par l’œuvre de Peyo, créateur de la bande dessinée Les Schtroumpfs, démontrant une première inclination pour la bande dessinée franco-belge. Son parcours éducatif, couronné par l’obtention d’un BTS d’art appliqué, marque le début de sa formation artistique. La rencontre avec des figures éminentes telles que Christian Rossi, Jean-Claude Mézières et Serge Le Tendre élargit ses horizons et le plonge davantage dans le monde de la bande dessinée.
 
Son immersion dans la bande dessinée franco-belge fait en parallèle d’une exploration de la littérature pour enfants, comme en témoigne son illustration du livre Contes et récits de la Conquête de l’Ouest (2000) chez Nathan. L’atelier des Vosges, où il croise la route de Gwen de Bonneval et Fabien Vehlmann, élargit une fois de plus son répertoire créatif.
 
Ainsi, les inspirations artistiques de Matthieu Bonhomme transcendent les frontières, combinant la richesse du patrimoine de la bande dessinée avec des influences provenant de diverses disciplines artistiques, pour créer un style enchanteur pour les lecteurs, tantôt composé de grands aplats de couleurs tantôt ombré avec soin. 

Matthieu Bonhomme, créateur de L’Homme qui tua Lucky Luke

Les bandes dessinées emblématiques de Matthieu Bonhomme témoignent d’une carrière réellement diverse et créative, où il a su explorer une multitude de genres et captiver les lecteurs par sa maîtrise narrative et artistique. L’Homme qui tua Lucky Luke de Matthieu Bonhomme est une réinterprétation audacieuse et captivante du célèbre cow-boy solitaire. Sorti en 2016, cet album unique revisite l’univers emblématique de Lucky Luke d’une manière inattendue. Bonhomme prend le risque de subvertir les attentes des lecteurs en présentant un personnage autrefois infaillible, Lucky Luke, sous une lumière nouvelle. L’intrigue explore les conséquences d’une société en pleine mutation et offre un regard introspectif sur les notions de justice et de moralité. Graphiquement, Matthieu Bonhomme conserve son style distinctif, caractérisé par des lignes fluides et des décors détaillés, créant ainsi une atmosphère immersive. L’utilisation habile de la couleur et des nuances contribue à donner vie à cet ouvrage singulier. L’Homme qui tua Lucky Luke témoigne du talent narratif de Matthieu Bonhomme et de sa capacité à revitaliser des icônes tout en insufflant une nouvelle dimension. Cet album demeure un exemple frappant de la créativité de Matthieu Bonhomme, affirmant sa place en tant qu’auteur innovant dans le monde de la bande dessinée contemporaine.

Dans Esteban (2011), Matthieu Bonhomme nous entraîne dans une épopée épique au cœur de l’Amérique du Sud, déployant un univers riche en aventures et en péripéties. L’adroite combinaison de l’intrigue complexe et des illustrations détaillées témoigne de son talent à créer des récits à la fois palpitants et visuellement captivants. La saga continue avec Le Voyage d’Esteban (2013), offrant une suite attrayante qui explore les territoires de l’Amérique précolombienne et plonge les lecteurs dans une quête identitaire et historique. En effet, le jeune Esteban, originaire de l’actuel sud de l’Argentine, voit sa mère assassinée sous ses yeux, ce qui pousse le lecteur à se demander : comment un jeune garçon de douze ans peut-il se construire et appréhender la vie après un événement comme celui-ci ? Une vraie réflexion est alors lancée.  

Ces bandes dessinées emblématiques démontrent la versatilité de Matthieu Bonhomme en tant qu’artiste accompli. Qu’il s’agisse de réinventer des figures légendaires ou de créer des aventures originales et évocatrices, Matthieu Bonhomme s’impose comme un maître du neuvième art. Sa capacité à tisser des récits aussi diversifiés qu’immersifs, nous plongeant dans ses ambiances lumineuses frappantes, souligne son influence significative sur le paysage contemporain de la bande dessinée.

Quelle est la cote de Matthieu Bonhomme sur le marché de l’art ?

Les prix des œuvres de Matthieu Bonhomme varient considérablement selon le niveau de complexité de la planche et le sujet. Les prix généraux pour une planche à l’encre de Chine se situent aux alentours de quelques centaines d’euros, mais grimpent très rapidement et atteignent fréquemment plusieurs milliers d’euros. La signature est une plus-value évidente qui fait réellement la différence. En 2021, une illustration originale signée à l’encre de Chine sur papier intitulée Wanted Lucky Luke estimée entre 6 000 et 8 000 € a finalement été adjugée aux prix de 13 000 €. Matthieu Bonhomme s’est exprimé à son propos : « J’ai pris comme modèle les vieilles photos de plateaux ou de tournages que l’on voyait jadis à l’entrée des cinémas. J’ai voulu retrouver cette atmosphère un peu surannée où chacun des acteurs prenait la pose et forçait un peu le trait. Étrangement la lumière vient du sol, ce qui donne à cette scène un petit côté extra-terrestre ! ». 

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(Illus.) Cartel : : couverture de L’Homme qui tua Lucky Luke (2016)

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Estimation gratuite Francois Boucq

François Boucq

Estimation et cote de l'artiste François Boucq

Né le 28 novembre 1955 à Lille, François Boucq est un illustrateur et auteur de bande dessinée français. Il a commencé sa carrière dans les années 1970 et s’est rapidement distingué par son style artistique unique. Collaborant avec des scénaristes renommés tels que Jerome Charyn et Alejandro Jodorowsky, Boucq a créé des œuvres majeures comme La Femme du Magicien (1986) et Bouncer (2001). Lauréat du Grand Prix de la ville d’Angoulême en 1998, Boucq demeure une figure incontournable de la bande dessinée européenne. Découvrez ici l’histoire de François Boucq et ses œuvres emblématiques. Besoin d’une expertise François Boucq ? Contactez l’équipe d’Estimon’objet !

Estimation gratuite Francois Boucq

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De Playboy à Léonard de Vinci 

Après avoir interrompu ses études en terminale, il consacre son temps à l’apprentissage autodidacte du dessin, de la sculpture et des arts martiaux. Son talent émergeant le conduit à Paris, où il présente ses dessins humoristiques et est rapidement embauché par des revues notables telles que Le Point (de 1974 à 1975), L’Expansion, Privé, Le Matin de Paris et Playboy. En 1975, il fait ses débuts dans le domaine de la bande dessinée en contribuant à la revue érotique Mormoil. Sa carrière s’accélère en 1978 lorsqu’il rejoint Pilote, où il lance Cornets d’humour, sa première bande dessinée composée de courtes histoires scénarisées par Delan. Par la suite, de 1977 à 1982, il étend son influence artistique en collaborant avec le périodique Fluide Glacial, pour lequel il crée des personnages tels que Rock Mastard et, en collaboration avec Christin, les Leçons du Professeur Bourremou. Bien qu’il continue à contribuer ponctuellement à Fluide Glacial, il signe son premier album en 1981, marquant ainsi une étape significative dans sa carrière artistique.

L’art de François Boucq semble refléter un amour pour l’art classique, avec une attention particulière portée aux détails et aux techniques graphiques sophistiquées. Il admire notamment Rembrandt, Léonard de Vinci et Raphaël. La façon dont il représente l’anatomie, les ombres et les expressions faciales témoigne de sa maîtrise technique et de son souci du réalisme.

Parallèlement, François Boucq puise dans un art plus récent, incorporant des éléments modernes et parfois surréalistes dans ses compositions. Sa collaboration avec le scénariste Alejandro Jodorowsky sur des œuvres telles que Bouncer montre une propension à explorer des thèmes mystiques et fantastiques, empruntant des éléments à l’art surréaliste tels que des personnages semblant tout droit sortis de rêves ou de cauchemars.
Finalement, les inspirations artistiques de François Boucq résident dans une combinaison alliant héritages classiques, influences contemporaines et inventivité personnelle, créant ainsi un langage visuel unique qui a contribué à forger sa réputation dans le monde de la bande dessinée.

François Boucq : entre humour et fantastique

La série de courtes histoires, Cornets d’humour, scénarisée par Delan, marque les débuts prometteurs de l’artiste dans le monde de la bande dessinée par l’exploration de sujets variés comme la politique, la culture populaire ou encore les phénomènes sociaux. Avec une approche humoristique, François Boucq dévoile déjà son style distinctif et son talent pour saisir l’essence comique de situations diverses. Cornets d’humour témoigne de la capacité de François Boucq à manier l’humour visuel avec des dessins s’appuyant sur le comique de geste, préfigurant ainsi son parcours remarquable dans l’univers de la BD où il s’illustre plus tard avec des œuvres emblématiques et des collaborations fructueuses.

Par exemple Les Leçons du Professeur Bourremou est une collaboration fructueuse entre François Boucq et Pierre Christin. Cette série de bande dessinée se déploie avec une combinaison unique d’humour et de satire sociale. Publiée dans Fluide Glacial de 1977 à 1982, cette série met en scène le Professeur Bourremou, un enseignant farfelu et excentrique, offrant des leçons souvent délirantes et absurdes. Parmi ses œuvres emblématiques : Bouncer, la collaboration épique entre François Boucq et Alejandro Jodorowsky. Elle se distingue comme une œuvre majeure de la bande dessinée. Lancée en 2001, cette série transporte les lecteurs dans un Far West brutal et décadent, où Boucq excelle dans la représentation visuelle du grotesque et de l’épique. L’histoire suit les péripéties de Bouncer, un gérant de saloon boiteux et redoutable, évoluant au milieu d’intrigues complexes, de personnages énigmatiques et de paysages désertiques impitoyables. 

La maîtrise artistique de Boucq, combinée à l’imagination débridée de Jodorowsky, donne naissance à une œuvre graphique saisissante, capturant les éléments traditionnels du genre western. Bouncer demeure un incontournable, témoignant de l’extraordinaire talent narratif et visuel de François Boucq dans l’univers singulier de la bande dessinée. Cette œuvre est un bon exemple de cette double casquette entre humour et fantastique : l’univers Western de Bouncer surprend par ses situations surnaturelles et l’univers est particulièrement développé. Cependant, François Boucq met à l’oeuvre dans ses dialogues un humour noir plein de mordant. 

Quelle est la cote de François Boucq sur le marché de l’art ?

Les œuvres originales de François Boucq, en particulier celles issues de séries renommées comme Bouncer ou Les Leçons du Professeur Bourremou, peuvent susciter un intérêt particulier parmi les collectionneurs et les amateurs de bande dessinée. Les créations artistiques de François Boucq ont été soumises à des enchères publiques à 116 reprises, principalement dans la catégorie Dessin-Aquarelle. Ces transactions ont eu lieu principalement en France, soulignant l’attrait particulier de l’art de Boucq sur le marché des enchères hexagonal. Les premiers prix commencent pour des dessins relativement simples, tels que des croquis non colorés, aux alentours de quelques centaines d’euros, mais grimpent rapidement à quelques milliers d’euros lorsqu’ils concernent des planches à l’encre de Chine signées. En 2020, la planche n°6 de La Femme du Magicien a été adjugée au prix de 1 900 €, l’album avait été sacré meilleur album à Angoulême en 1986.

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(Illus.) Cartel : Photographie prise lors du Festival International de la BD de Sollies Ville, François Boucq dédicaçant le tome 6 de « Bouncer ». Fait en août 2008, photo d’Esby. 

Estimation d’objet d’art en ligne : comment faire ?

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Estimation gratuite Claire Bretecher

Claire Bretécher

Estimation et cote de l'artiste Claire Brétecher

Connue pour son regard aiguisé sur les relations humaines, la condition féminine et les absurdités de la vie quotidienne, Claire Bretécher est une figure influente de la bande dessinée francophone. Elle a laissé un héritage majeur à son décès en 2020. Claire Brétecher est notamment la première femme à recevoir le Grand Prix au Festival de la bande dessinée d’Angoulême. Découvrez ici l’histoire de Claire Bretécher et ses œuvres emblématiques. Besoin d’une expertise Claire Bretécher ? Contactez l’équipe d’Estimon’objet !

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Féministe malgré elle 

Claire Bretécher, née le 17 avril 1940 à Nantes et décédée le 11 février 2020 à Paris, est une illustratrice et auteure de bande dessinée renommée. Dès son enfance, elle manifeste un talent précoce pour le dessin et développe un style distinctif de manière autodidacte. Après des études aux Beaux-Arts qu’elle décide de quitter en cours, jugeant l’éducation trop académique, elle enseigne le dessin au lycée durant neuf mois. Son intérêt pour les arts graphiques l’a naturellement conduite à explorer le domaine de la bande dessinée où elle commence à exercer son talent prometteur jusqu’à finalement connaître une carrière artistique brillante. Ses premiers pas dans le monde de la bande dessinée ont lieu dans les années 1960, lorsque Claire Bretécher contribue à des magazines tels que Spirou. Cependant, elle se démarque rapidement en adoptant une approche plus réaliste et introspective, s’éloignant du style humoristique traditionnel de la revue. Sa capacité à aborder des thèmes sociaux complexes (tels que les inégalités au sein du couple ou l’adolescence) et à observer la société avec un regard critique a contribué à redéfinir le paysage de la bande dessinée franco-belge.

Claire Bretécher a ouvert de nouvelles voies, notamment aux femmes, dans le domaine de la narration graphique. Sa carrière prolifique est marquée par des œuvres révolutionnaires telles que Les angoisses de la Cellulite (1969-1977), Les Frustrés (1973-1982) et Agrippine (1988-2009). Elle a joué un rôle de pionnière dans le domaine de la bande dessinée en contribuant de manière significative à la représentation des femmes et des enjeux féministes tels que l’égalité des tâches quotidiennes au sein du couple. Son travail, souvent empreint d’un regard critique sur la société, aborde les questions de genre avec subtilité et humour, ce qui a contribué à ouvrir des discussions importantes sur la place des femmes dans la société. Dans une interview pour France Culture en 2020, Lisa Mandel souligne que Claire Bretécher est associée à ces femmes qui ont grandi dans les années 50 et qui ont fait mai 68. 

Claire Bretécher pourrait être vue comme féministe malgré elle dans la mesure où elle ne s’est jamais elle-même désignée ainsi. Elle a néanmoins laissé un impact durable, notamment reconnu par des auteurs comme Catherine Meurisse et Blutch, en utilisant son art pour explorer et critiquer les dynamiques de genre, contribuant ainsi à la conversation féministe au sein du monde de la bande dessinée. Charles Berberian, dessinateur de Monsieur Jean (1991), se reconnaît comme admirateur absolu du travail de Claire Bretécher. Il déclare à son propos lors d’une interview pour France Inter en 2015 :  “Claire Bretécher n’est pas du tout dans les codes graphiques de la BD classique. Elle a eu très tôt son vocabulaire à elle, qui est plus proche de la bande à Hara Kiri et Charlie Hebdo. Elle libère les dessins d’humour, comme Reiser, d’un critère de lisibilité : les traits maîtrisés, les formes qui se ferment. Elle simplifie, les dessins et les décors, mais le résultat n’est pas froid. Et il y a une énergie ! Ce qui me fascine, c’est l’exactitude du dessin : ça a beau être synthétique, interprété, ou caricatural, les positions de ses personnages sont extrêmement justes, finement observées. Elle a une acuité visuelle et graphique…”

La singularité artistique de Claire Bretécher et sa narration novatrice ont non seulement consolidé son statut d’auteure importante, mais ont également ouvert la voie à de nouvelles approches artistiques dans le monde de la bande dessinée francophone. Claire Bretécher demeure une figure iconique dont l’héritage créatif continue de résonner malgré sa disparition en 2020. En effet, de novembre 2015 à février 2016, le Centre Pompidou lui consacre une exposition rétrospective. 

Les Frustrés et Agrippine, des documentaires de la vie moderne 

Les Frustrés, œuvre majeure de Claire Bretécher publiée en dix albums de 1973 à 1982 dans le Nouvel Observateur, se distingue comme une bande dessinée qui transcende les conventions pour offrir une satire sociale, subtile et perspicace. À travers cette série, Bretécher explore les intrications de la vie quotidienne contemporaine en mettant en scène une galerie de personnages variés, tous confrontés à des frustrations et des absurdités de la vie moderne. Au cœur de Les Frustrés, Claire Bretécher décortique les interactions humaines, les dilemmes existentiels et les conflits sociaux avec un mélange unique d’humour et d’observation fine. Les personnages, souvent ancrés dans des stéréotypes sociaux, incarnent les complexités de la société française des années 1970, abordant des thèmes tels que les relations interpersonnelles, les rôles de genre et les aspirations individuelles.

Agrippine, création audacieuse de Claire Bretécher, dévoile un regard satirique et captivant sur l’adolescence et la vie quotidienne. Publiée de 1988 à 2009, cette bande dessinée en huit tomes suit les péripéties d’Agrippine, une adolescente sarcastique et déterminée, ainsi que de sa famille et de son entourage. L’œuvre transcende les conventions narratives, explorant les thèmes complexes de l’identité, des relations familiales et des défis propres à l’adolescence. En présentant Agrippine comme une figure centrale, Claire Bretécher offre une vision inédite et parfois décalée de l’adolescence, défiant les clichés pour présenter un personnage féminin complexe et attachant. Agrippine demeure un témoignage brillant du talent de Claire Bretécher pour sonder les aspects comiques et parfois déconcertants de la vie quotidienne.

Quelle est la cote de Claire Brétecher sur le marché de l’art ?

Les œuvres originales de Claire Bretécher, en particulier celles issues de séries emblématiques comme Les Frustrés et Agrippine, peuvent susciter un grand intérêt parmi les amateurs de bande dessinée et les collectionneurs. Le prix pour un dessin ou une aquarelle se situe en général entre 40 et 2 000 €. En 2021, une illustration à l’encre et à l’aquarelle intitulée « teuch calmos » a été adjugée au prix de 245 €. En 2022 une planche nommée Agrippine et l’ancêtre tirée du tome 5 de sa série Agrippine a été adjugée pour 4 723 €. Celle-ci était notamment signée et dédicacée. 

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Estimation d’objet d’art en ligne : comment faire ?

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Estimation gratuite Francois Bourgeon

François Bourgeon

Estimation et cote de l'artiste François Bourgeon

François Bourgeon est un auteur et illustrateur français de bande dessinée. Il se démarque rapidement à partir des années 1970 grâce à des œuvres historiques détaillées et captivantes. Au cours de sa carrière, François Bourgeon a été récompensé par plusieurs prix. Par la suite, son impact sur le genre de la bande dessinée historique et réaliste reste indéniable. Découvrez ici l’histoire de François Bourgeon et ses œuvres emblématiques. Besoin d’une expertise François Bourgeon ? Contactez l’équipe d’Estimon’objet !

Estimation gratuite Francois Bourgeon

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Un dessin méticuleux et une narration immersive 

François Bourgeon, né le 5 juillet 1945 à Paris, commence son parcours artistique à l’École des Métiers d’Art où il obtient le diplôme de maître verrier. Son père le destinait à des études de médecine mais l’attirance de François Bourgeon pour l’art en général l’a conduit vers le verre puis le dessin. En effet, son diplôme de maître verrier n’a débouché sur aucun travail et il lui a fallu trouver un autre moyen de vivre de son art. L’une de ses premières collaborations notables est notamment celle avec le scénariste Claude Lacroix pour la série Les Compagnons du Crépuscule, dont le premier tome est publié en 1975. Cette série montre déjà le penchant de Bourgeon pour les récits historiques et les personnages complexes.
 
Cependant, c’est avec la série Les Passagers du Vent, dont le premier tome est publié en 1980, que François Bourgeon connaît une renommée plus large. Cette saga historique, située pendant la Révolution française, attire alors l’attention pour son traitement minutieux de l’histoire et son exploration approfondie des relations humaines.
 
Les premières publications de François Bourgeon posent alors les bases de sa réputation en tant qu’auteur et illustrateur exceptionnel de bande dessinée. Le réalisme méticuleux de Bourgeon, sa capacité à capturer des détails précis et sa narration immersive lui ont conféré une place et une influence importantes au sein de la bande dessinée européenne. Son cheminement autodidacte, bien que moins conventionnel, a contribué à lui forger un style distinctif qui captive les lecteurs.  

L’histoire au service de la fantasy  

Les Passagers du Vent de François Bourgeon est une épopée captivante et historique qui a redéfini le paysage de la bande dessinée francophone. Débutée en 1980 et éditée par Glénat, cette série ambitieuse plonge les lecteurs dans le tumulte de la Révolution française, offrant une vision réaliste de cette période clé de l’histoire. Bourgeon se distingue par son attention minutieuse aux détails historiques, établissant un cadre authentique qui donne vie à des personnages complexes évoluant dans un contexte social en mutation. Sa rigueur historique impressionne les lecteurs de l’époque. François Bourgeon se documente en effet avec précision afin de restituer au mieux l’apparence des navires du XVIIIe siècle par exemple. Au cœur de cette saga, l’héroïne Isabeau de Marnaye incarne la lutte pour la liberté et la justice. Son destin s’entrelace avec des personnages variés, chacun portant les marques des bouleversements politiques et sociaux de l’époque. Bourgeon réussit à transmettre l’atmosphère tendue et les enjeux humains de la Révolution, créant ainsi une expérience de lecture immersive. Les Compagnons du Crépuscule est une série de bande dessinée créée par François Bourgeon, avec le scénariste Claude Lacroix. La première publication de cette série a lieu en 1975, éditée par Casterman. 

Cette œuvre se démarque par son atmosphère médiévale-fantastique et son exploration des thèmes tels que l’amitié, l’honneur et l’aventure. L’histoire se déroule dans un monde imaginaire, inspiré du Moyen Âge, où des compagnons solidaires se lancent dans une quête épique. Le récit combine habilement des éléments de fantasy, genre se caractérisant par l’incorporation d’un élément irrationnel comme la magie, avec des questions morales et éthiques, offrant aux lecteurs une aventure captivante dans un univers riche en détails. Le style graphique réaliste de François Bourgeon et sa capacité à créer des décors évocateurs ont contribué à faire des Compagnons du Crépuscule une œuvre marquante. La série a été saluée pour son histoire complexe et son caractère unique : son récit mélangeant des éléments de fantasy, de science-fiction, de mystère et de romance. 

François Bourgeon commence en 1993 une autre de ses œuvres emblématiques dans le domaine de la bande dessinée, Le Cycle de Cyann. Éditée par Casterman, elle signe une nouvelle collaboration avec Claude Lacroix. Cette série de science-fiction transporte les lecteurs dans un univers vaste et complexe, mélangeant habilement l’intrigue épique et les questions philosophiques comme la redécouverte de son identité et la quête de soi. Au cœur de cette saga, on découvre Cyann Olsimar, une héroïne énigmatique, aventurière et héritière d’une grande famille. Le récit se développe au fur et à mesure que Cyann explore les mystères de la galaxie et se confronte à des enjeux, tant politiques que personnels. Bourgeon se distingue par son habileté à créer des personnages complexes et des univers visuellement saisissants. Dans cette série, François Bourgeon exprime également son goût pour les univers extrêmement détaillés, que ce soit dans le détail des costumes, des technologies ou encore de l’architecture.

Quelle est la cote de François Bourgeon sur le marché de l’art ?

La cote de François Bourgeon varie en fonction de la popularité de l’album, ceux des Passagers du Vent étant particulièrement appréciés, mais aussi de certains facteurs comme la présence d’une signature ou d’une dédicace. Son talent, reconnu par de nombreux prix internationaux comme le prix Sproing (Norvège), le prix Yellow-Kid (Italie) ou le prix Urhunden (Suède), induit une cote se situant généralement entre 2 000 € et 15 000 €. En 2016, une illustration issue des Passagers du vent, à l’encre de Chine, aquarelle et gouache sur papier, signée et dédicacée a été adjugée 13 398 € alors qu’elle était estimée entre 4 000 € et 6 000 €.
 
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(Illus.) Cartel : Photo de dessins de tentes issues de l’imagination de François Bourgeon, dans l’album La Clé des confins, le Cycle de Cyann (2014) 

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Estimation gratuite Dany

Dany

Estimation et cote de l'artiste Dany

Découvrez l’artiste derrière les lignes : une immersion dans l’univers vibrant de Dany !  Dany, de son vrai nom Daniel Henrotin, est un dessinateur belge de bande dessinée, né le 5 janvier 1943 à Marche-en-Famenne en Belgique. Il a débuté sa carrière dans le monde de la bande dessinée dans les années 1960, contribuant notamment à des magazines tels que Spirou.

Au-delà de son travail dans la bande dessinée, Dany a également réalisé des illustrations pour des affiches, des publicités et d’autres supports graphiques. Sa carrière, riche d’œuvres variées, a contribué à enrichir le patrimoine de la bande dessinée belge. Découvrez ici l’histoire de Dany et ses œuvres emblématiques. Besoin d’une expertise Dany ? Contactez l’équipe d’Estimon’objet !

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Dany, un humour subtil et des personnages hauts en couleur 

Les inspirations artistiques de Dany sont ancrées dans le riche patrimoine de la bande dessinée européenne, avec une fusion d’influences classiques et contemporaines qui ont contribué à façonner son parcours créatif exceptionnel. Les inspirations artistiques de Dany sont ancrées dans la riche tradition de la bande dessinée franco-belge. En tant qu’artiste autodidacte, Dany a pu développer son style en assimilant diverses influences tout au long de sa carrière. Son travail a été marqué par l’héritage des grands maîtres de la bande dessinée européenne. Dany a émergé dans le monde de la BD à une époque où des figures emblématiques telles qu’Hergé (créateur de Tintin) et Franquin (créateur de Gaston Lagaffe) dominaient la scène. Ces pionniers ont sans aucun doute exercé une influence sur le jeune artiste, contribuant à la formation de son esthétique graphique et à son approche narrative.

Sa collaboration avec le scénariste Greg sur Achille Talon (1963) a également été une source d’inspiration significative. Greg, lui-même figure importante de la BD, a apporté une touche humoristique distinctive à leurs œuvres conjointes, inspirant ainsi le style de Dany. Cependant, avec le temps, Dany a su créer un style unique qui lui est propre, caractérisé par des dessins expressifs, des personnages hauts en couleur et un sens de l’humour subtil.

Olivier Rameau, Achille Talon et plus encore !

La collaboration emblématique entre Dany et le scénariste Greg sur la série Achille Talon a marqué l’histoire de la bande dessinée humoristique. Dany a apporté son trait distinctif au sens de l’humour décalé de Greg, racontant ainsi les aventures du maladroit et excentrique Achille Talon. Les expressions faciales exagérées, le dynamisme visuel créé par une ligne noire très présente et la créativité artistique (sur les plans narratifs et émotionnels) de Dany ont contribué à faire de cette série une référence incontournable dans le domaine de la BD humoristique.

Olivier Rameau de Dany, créée en collaboration avec le scénariste Désiré Francken, demeure une œuvre emblématique de la bande dessinée franco-belge. Lancée en 1968, cette série offre un voyage captivant dans un univers onirique et fantastique : “Le Pays des Rêves”. Cette série met en scène les aventures d’Olivier Rameau, jeune homme rêveur et romantique, et de son amoureuse Colombe Tiredaile. Dans ce monde imaginaire, ils rencontrent une variété de personnages fantastiques et vivent des aventures extraordinaires. Dany, avec son talent artistique remarquable, a donné vie à des personnages mémorables dont Olivier Rameau et son fidèle compagnon, le chat Sosthène. Son style graphique riche en détails, son utilisation habile des couleurs acides plongeant le lecteur dans un univers coloré, et son talent pour créer des mondes imaginaires ont fait d’Olivier Rameau une œuvre marquante.

Dans Les Guerrières de Troy (2015) Dany déploie tout son génie artistique pour nous transporter au cœur d’un univers fantastique d’une richesse incroyable. Dans cet univers, créé par la plume de Christophe Arleston, les héroïnes sont au premier plan. Ce sont des femmes fortes et déterminées qui défient les conventions et se battent pour protéger leur peuple contre les menaces qui les entourent. À travers son trait fin et précis, Dany donne vie à ces personnages avec une profondeur et une expressivité remarquables. Chaque guerrière a son propre caractère et son propre passé. Dany parvient à capturer toute cette complexité dans ses illustrations.

Les paysages de Troy prennent également vie sous le crayon de Dany : des vastes plaines aux sombres forêts en passant par les majestueuses cités. Chaque détail est soigneusement pensé et chaque élément contribue à l’immersion du lecteur dans cet univers fantastique. Les scènes de bataille sont particulièrement impressionnantes en présentant des combats épiques d’une intensité palpable où les guerrières affrontent des ennemis redoutables. Au-delà de son talent pour l’action, Dany excelle également dans la représentation des émotions et des relations entre les personnages. Les moments de tendresse, de peur, de colère ou de désespoir sont rendus avec une finesse qui donne une profondeur supplémentaire à l’histoire. On ressent vraiment l’engagement et la détermination des guerrières de Troy ainsi que les liens qui les unissent malgré les épreuves qu’elles affrontent.

Chacune de ces œuvres emblématiques de Dany témoigne de sa polyvalence artistique : il maîtrise aussi bien les lignes pures et élégantes dans des œuvres comme Olivier Rameau que des scènes d’action dynamiques dans des séries comme Les Guerrières de Troy, où chaque coup de crayon exprime la puissance et l’intensité des combats. Collaborant avec différents scénaristes, il laisse un impact significatif sur la bande dessinée francophone. En outre, Dany a joué un rôle important dans l’évolution du genre de la bande dessinée humoristique et fantastique. Des séries telles qu’Olivier Rameau et Arlequin (2005) ont introduit un nouveau style d’humour et de fantaisie dans le paysage de la bande dessinée en élargissant ainsi son public. Son héritage artistique perdure. Certains artistes comme François Walthéry ont notamment été inspirés par son trait, c’est notamment le cas dans sa série Natacha (1971). 

Quelle est la cote de Dany sur le marché de l’art ?

Dany est un artiste renommé, connu pour sa contribution à des séries emblématiques. Les planches originales, les éditions spéciales et autres pièces de collection associées à ses séries peuvent avoir une valeur significative sur le marché de la bande dessinée. Le prix pratiqué pour un dessin ou une aquarelle se situe entre 50 et 9 000 €. En 2019, une illustration originale à l’encre et à la gouache sur papier, issue de l’univers d’Olivier Rameau, a été vendue pour 4 083 €.

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(Illus.) Cartel : La photo représente une peinture murale issue de l’album : Olivier Rameau et les gens de Dreamland, elle est localisée au 9 rue du chêne à Bruxelles. Elle a été réalisée par Oreopoulos G. et Vandegeerde D. en juin 1997. 

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Estimation gratuite Jean de Brunhoff

Jean de Brunhoff

Estimation et cote de l'artiste Jean de Brunhoff

En 1931, Jean de Brunhoff est connu pour avoir écrit et illustré le premier livre de la série Histoire de Babar, le petit éléphant, inspiré par les histoires qu’il inventait pour ses propres enfants. Découvrez ici l’histoire de Jean de Brunhoff et ses œuvres emblématiques. Besoin d’une expertise Jean de Brunhoff ? Contactez l’équipe d’Estimon’objet !

Estimation gratuite Jean de Brunhoff

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Jean de Brunhoff, le père de Babar

Né à Paris dans une famille d’artistes, Jean de Brunhoff s’est tourné vers la littérature pour enfants après des études artistiques. Jean de Brunhoff étudie à l’Académie de la Grande Chaumière, notamment dans l’atelier d’Othon Friesz, où il côtoie nombre d’artistes. Jean de Brunhoff était le fils d’Ernest de Brunhoff, un éditeur et illustrateur français renommé. La famille de Brunhoff était bien intégrée dans le milieu artistique parisien de l’époque. Cela a probablement joué un rôle dans le développement des compétences artistiques de Jean de Brunhoff. En effet, sa sœur Cosette et son frère Michel travaillent dans l’édition et la mode tandis que son épouse, Cécile Sabouraud, est pianiste et sœur du peintre Émile Sabouraud.

Autre que l’influence familiale, il y a bien sûr l’influence de l’époque Art déco (1910-1930). Mouvement artistique qui se caractérise par un style élégant, géométrique et luxueux, il se manifeste aussi bien dans les arts graphiques que dans la décoration intérieure et l’architecture. Période de grands changements sociaux et culturels, d’innovations technologiques et de modernité, les années 1920 et 1930 ont pu influencer les thèmes abordés par Jean de Brunhoff (les aventures en avion par exemple) dans ses histoires. 

C’est en puisant dans le répertoire d’histoire qu’il raconte à ses enfants que Jean de Brunhoff a fait émerger le personnage et l’univers de Babar. D’une façon plus générale, le principe des contes pour enfants, avec leur capacité à mêler l’imaginaire à des leçons de vie, caractérisent le monde enchanteur de Babar.
L’ensemble de ces influences a contribué à la création d’un univers visuel unique pour Babar, caractérisé par des illustrations douces aux grands aplats de couleurs, des personnages anthropomorphisés sous forme d’animaux mais avec des comportements humains, et des aventures intemporelles. Les aventures sont intemporelles par les sujets traités mais aussi par le dessin qui ne place pas l’histoire dans une époque particulière. Jean de Brunhoff a su tirer profit de son époque pour créer une œuvre qui continue de captiver les lecteurs de tous âges

Histoire de Babar, le petit éléphant devenu chef-d’oeuvre de la bande dessinée 

Histoire de Babar, le petit éléphant de Jean de Brunhoff est bien plus qu’une simple série de livres pour enfants : c’est un chef-d’œuvre littéraire qui a laissé une empreinte indélébile sur la culture mondiale. Initiée en 1931, cette saga littéraire emmène les lecteurs dans un royaume magique où Babar, jeune éléphant, découvre le monde, apprend des leçons de vie et devient roi de la Grande Forêt. L’éléphant est un animal à la fois imposant et doux, connu pour sa force et sa sagesse, ce qui en fait un choix approprié pour un personnage central dans ces histoires destinées à enseigner des leçons de vie aux jeunes lecteurs. L’œuvre est imprégnée du style artistique distinctif de Jean de Brunhoff, qui combine l’esthétique Art Déco, plutôt sobre, avec des illustrations vibrantes et expressives. Les images symboliques de Babar, c’est-à-dire l’évocation d’idées complexes par l’intermédiaire d’images simples, de sa famille et de ses amis, captivent l’imagination des lecteurs en créant un monde visuel qui transcende les générations.

L’inspiration personnelle de Jean de Brunhoff pour la création de Babar confère une authenticité et une chaleur particulière à chaque page. Parmi les histoires qu’il racontait à ses deux fils, Laurent et Mathieu, il narre les péripéties d’un jeune éléphant qui fuit la forêt pour échapper à un chasseur et qui se retrouve dans une ville où il adopte les habitudes des hommes. Après être retourné chez lui en voiture, l’éléphant partage les enseignements de la vie en société aux autres éléphants et il est finalement couronné roi. Les aventures de Babar sont bien plus que des récits pour enfants. En effet, les histoires de Babar ne se contentent pas de simples trames narratives. Elles présentent des intrigues complexes, des rebondissements inattendus et des personnages nuancés qui évoluent au fil des aventures. Cette complexité narrative rend les histoires captivantes et intéressantes pour les lecteurs de tous âges. 

De plus, les aventures de Babar contiennent souvent des éléments qui invitent à la réflexion sur des questions sociales et morales plus profondes. Dans un épisode où Babar est confronté à un éléphant plus petit et plus faible qui est victime d’intimidation de la part d’autres éléphants, la question morale pourrait être : « Doit-on intervenir pour défendre ceux qui sont plus faibles, même si cela peut entraîner des risques ou des conflits ?”. Que ce soit à travers les dilemmes moraux auxquels sont confrontés les personnages ou les représentations de la société dans laquelle ils vivent, les histoires de Babar encouragent la réflexion et la discussion sur des sujets importants.

La postérité de Babar est immense et s’étend au-delà des livres pour enfants. Les histoires ont été traduites dans de nombreuses langues, adaptées en dessins animés et ont inspiré une gamme de produits dérivés. Babar et le Père Noël (1952), Babar et le Professeur Grifaton (1965) et Babar et le Vieux Chapeau (1971) sont de nouvelles histoires créées par Laurent de Brunhoff, le fils de Jean, qui a perpétué l’héritage de Babar en élargissant la série originale. Babar est devenu un ambassadeur culturel, symbolisant l’innocence et l’imagination dans le monde entier.

En somme, Histoire de Babar, le petit éléphant de Jean de Brunhoff demeure un pilier de la littérature jeunesse, offrant non seulement des récits appréciés de tous, mais aussi un héritage culturel durable : Babar est devenu un personnage familier dans la culture populaire, apparaissant dans des livres, des émissions de télévision, des films et même des produits dérivés. Ses histoires continuent d’émerveiller les lecteurs, petits et grands.  

Quelle est la cote de Jean de Brunhoff sur le marché de l’art ?

Histoire de Babar, le petit éléphant de Jean de Brunhoff, en tant qu’œuvre classique de la littérature jeunesse, a une place particulière sur le marché des livres anciens et de collection. Les premières éditions en bon état peuvent avoir une valeur significative pour les collectionneurs, généralement aux alentours de 600 €. Cependant, contrairement à son père Jean de Brunhoff, créateur de la série, Laurent de Brunhoff, son fils, est bien plus présent sur le marché de l’art. Le prix des dessins s’élève facilement à plusieurs milliers d’euros. En 2012, une illustration de paysage de Jean de Brunhoff, réalisée à l’aquarelle et à l’encre a été adjugée 5 052 €. Pour ce qui est de son fils, en 2020, une illustration de Laurent de Brunhoff datant de 2005 et intitulée Babar les a emmenés voir la cathédrale Notre-Dame a été vendue pour 10 000 dollars.

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(Illus.) Cartel : Illustration de Babar par Jean de Brunhoff tirée d’un album éponyme publié en 1931

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Estimation gratuite Penelope Bagieu

Pénélope Bagieu

Estimation et cote de l'artiste Pénélope Bagieu

Pénélope Bagieu est une dessinatrice française qui s’est notamment distinguée pour ses œuvres à caractère biographique sur des personnalités féministes souvent oubliées. Née le 22 janvier 1982 à Paris, Pénélope Bagieu est une illustratrice et scénariste française renommée. Elle a acquis une notoriété particulière avec des œuvres telles que Joséphine (2008), Culottées (2016) et California Dreamin’ (2015). Son style graphique unique et son engagement pour mettre en lumière des histoires souvent négligées en font une figure incontournable de la bande dessinée contemporaine. Découvrez ici l’histoire de Pénélope Bagieu et ses œuvres emblématiques. Besoin d’une expertise Pénélope Bagieu ? Contactez l’équipe d’Estimon’objet !

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Pénélope Bagieu : formation et inspirations

Pénélope Bagieu a forgé son parcours artistique à travers une formation en cinéma d’animation à l’École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs de Paris. Cette immersion dans le monde de l’animation a indéniablement contribué à l’épanouissement de son talent créatif et à l’acquisition de compétences artistiques diversifiées. La formation de Bagieu l’a dotée d’une compréhension approfondie des techniques visuelles et narratives, jetant ainsi les bases de son style graphique distinctif. Les enseignements de son parcours académique ont servi de tremplin à une carrière prolifique où elle a su explorer des thématiques variées avec une approche artistique unique.

Les inspirations de Pénélope Bagieu sont aussi diverses que captivantes. Son exploration artistique puise dans un éventail d’influences telles que Margaux Motin et Marjane Satrapi qui ont façonné son style unique. En tant que cinéaste animatrice formée (à Central Saint Martins College of Art and Design, elle pratique notamment le multimédia et l’animation), Bagieu a notamment puisé dans l’univers cinématographique pour enrichir son approche narrative et visuelle.

Les thèmes récurrents de son œuvre, souvent centrés sur des personnages féminins forts et des récits empreints d’humour, montrent une inspiration profonde tirée de la richesse de l’expérience humaine. Elle a également puisé dans l’histoire et le genre de la biographie pour créer des œuvres telles que Culottées (2016), une série de portraits de femmes audacieuses et souvent méconnues. Son engagement pour représenter la diversité et explorer des récits souvent négligés dans l’histoire conventionnelle reflète une inspiration sociale et humaniste. Les voyages, les rencontres et les observations du quotidien contribuent également à nourrir son imaginaire artistique.

Une autrice faisant la part belle aux grandes femmes de l’Histoire 

En 2008, Pénélope Bagieu a enchanté les lecteurs avec Joséphine, une bande dessinée délicieusement humoristique explorant les tribulations de Joséphine, une jeune femme moderne aux prises avec les défis de la vie quotidienne. Le récit offre une plongée divertissante et pleine de charme dans le monde coloré de Joséphine, témoignant du talent de Bagieu pour capturer avec esprit et tendresse les aspects comiques de la vie quotidienne.
 
Avec Culottées (2016), Bagieu a réalisé une série de portraits captivants mettant en avant des femmes extraordinaires qui ont défié les conventions sociales et marqué l’histoire par leurs exploits audacieux. À travers des anecdotes drôles et émouvantes, Bagieu rend hommage à ces figures souvent méconnues, offrant une célébration graphique de la force et de la détermination féminines à travers les époques et les cultures. L’adaptation animée de la série de bande dessinée Les Culottées transforme ces récits inspirants en une série télévisée. Bagieu utilise un trait de dessin fluide et dynamique, souvent caractérisé par des lignes courbes et élégantes. Son trait expressif lui permet de créer des personnages vivants. Les visages des ses personnages sont souvent très animés, avec des yeux grands et expressifs, des sourires charmants et des expressions faciales diverses. Elle utilise habilement ces dernières pour transmettre les sentiments et les humeurs des personnages et ainsi refléter une gamme d’émotions. Bien que son style de dessin soit souvent caractérisé par des lignes simples et épurées, Bagieu accorde également une attention particulière aux détails dans ses illustrations : que ce soit dans les vêtements des personnages, les arrière-plans ou les accessoires, chaque élément est soigneusement rendu pour enrichir l’histoire visuelle.
 
California Dreamin’ (2015) est la biographie illustrée de Mama Cass Elliot, chanteuse emblématique des Mamas and the Papas. Elle plonge le lecteur dans la vie tumultueuse de cette artiste hors du commun. Pénélope Bagieu capte l’essence de la scène musicale des années 1960, utilisant un style artistique rétro dans ses illustrations, qui évoque visuellement les années 1960, tout en explorant la personnalité complexe et passionnée de Cass Elliot, offrant une esthétique visuelle et narrative captivante de cette icône musicale.
 
Dans Brazen (2018), Bagieu élargit son exploration des femmes influentes en offrant une collection captivante d’histoires de femmes rebelles qui ont marqué le monde par leur détermination et leur courage. Chaque récit est un vibrant tableau illustré qui révèle les parcours exceptionnels de ces femmes extraordinaires comme Leyla Piedayesh, créatrice de mode iranienne-allemande, qui a fondé la marque de vêtements Lala Berlin et a contribué à la renaissance de la mode en Iran, faisant de Brazen un hommage graphique à la diversité et à la force féminines à travers l’histoire mondiale.

La cote de Pénélope Bagieu

Les albums de Pénélope Bagieu ont remporté plusieurs prix, dont un Prix Eisner en 2019 dans la catégorie « meilleure édition américaine » d’un ouvrage international. La cote artistique de Pénélope Bagieu peut varier en fonction de plusieurs facteurs tels que la rareté des éditions, la renommée de l’œuvre spécifique et la demande du marché. Les dessins originaux, les éditions signées et les premières éditions de ses œuvres les plus populaires peuvent avoir une côte plus élevée.Les planches de bande dessinée de Pénélope Bagieu ont des prix variant généralement entre 2 000 et 4 000 €. Les dessins et croquis isolés sont généralement estimés aux alentours de quelques centaines d’euros. En 2021, le dessin de la couverture originale de la seconde édition des Culottées de Pénélope Bagieu a été adjugé au prix de 4 000 €.

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(Illus.) Cartel : Photo de la page 190 de California Dreamin

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Estimation gratuite Greg

Greg

Estimation et cote de l'artiste Greg

Greg est un des auteurs de la bande dessinée les plus prolifiques avec plus de 250 albums à son actif. Il a collaboré avec de nombreux dessinateurs renommés tels que Franquin, Hermann, et Dany. Il commence sa carrière dans les années 1950 en travaillant pour le journal Spirou, où il écrit des scénarios pour des séries comme Modeste et Pompon et Les Aventures de Chlorophylle. Son style d’écriture, plein d’humour et de fantaisie, attire l’attention et il devient rapidement l’un des scénaristes les plus en vue de la bande dessinée franco-belge. Découvrez ici l’histoire de Greg et ses œuvres emblématiques. Besoin d’une expertise Greg ? Contactez l’équipe d’Estimon’objet !

Estimation gratuite Greg

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Greg : aux racines de sa créativité  

Greg, de son vrai nom Michel Régnier, naît en 1931 à Ixelles en Belgique. Dès son plus jeune âge, il baigne dans un environnement propice à la créativité, sa mère étant une pianiste talentueuse et son père un illustrateur de renom. Cette influence artistique précoce marque le début d’un long voyage dans le monde de la bande dessinée. Greg amorce sa carrière dans les années 1950 en tant que dessinateur de presse, mais son véritable éclat se révèle dans le domaine de la bande dessinée. Sa rencontre avec le scénariste Maurice Tillieux est un tournant décisif dans sa carrière, donnant naissance à l’icône de la bande dessinée Gil Jourdan. Cette série, marquée par son humour subtil, son sens aigu du suspense et ses personnages inoubliables, captive les lecteurs et établit Greg comme l’un des grands de la bande dessinée.

L’écriture de Greg se distingue par sa polyvalence dans les scénarios traités, sa richesse narrative et son sens aigu du rythme et de la répartie. En tant que scénariste prolifique, Greg a exploré une variété de genres, des aventures policières aux récits humoristiques, en passant par les westerns, démontrant ainsi sa capacité à s’adapter à différents registres avec aisance. Une des marques de fabrique de Greg réside dans son talent pour créer des dialogues percutants et des jeux de mots astucieux. Ses personnages sont souvent dotés d’un humour décalé et d’une répartie cinglante, ce qui donne à ses récits une touche d’ironie et de légèreté même dans les situations les plus tendues.

Bien que souvent associé à des récits d’aventures et d’action, Greg ne néglige pas pour autant la dimension psychologique de ses personnages. Ces derniers sont souvent dotés de failles et ont des doutes qui les rendent plus humains et crédibles, ajoutant ainsi une couche de profondeur émotionnelle à ses histoires.

Greg et son œuvre emblématique 

Greg ne se contente pas de suivre les sentiers battus de la bande dessinée : il les réinvente. Sa série emblématique Achille Talon incarne parfaitement son génie créatif. À travers les aventures loufoques de ce personnage excentrique, Greg exploite toutes les possibilités offertes par le médium, usant de jeux de mots astucieux, de références culturelles subtiles et d’un humour décapant. Achille Talon devint rapidement un symbole de la bande dessinée française, ouvrant la voie à de nouvelles formes d’expression artistique.
 
Bernard Prince voit le jour en 1966, dans les pages du journal Tintin. Greg, scénariste prolifique 
et visionnaire, s’associe à Hermann, dessinateur au talent indéniable, pour donner vie à ce héros hors du commun, il se distingue notamment par son caractère complexe et son évolution tout au long de la série. Au départ, il apparaît comme un aventurier sans peur, mais au fil des histoires, nous découvrons ses doutes, ses faiblesses et ses combats intérieurs. Située dans un contexte exotique, entre les jungles impénétrables de l’Amazonie et les déserts brûlants du Moyen-Orient, la série transporte les lecteurs dans des aventures palpitantes et épiques. Les récits de Bernard Prince sont rythmés par des intrigues complexes et des rebondissements inattendus. Greg excelle dans la construction de scénarios captivants, mêlant action, suspense et émotion avec habileté. Les thèmes explorés dans la série sont variés, allant de la lutte pour la justice à la quête d’identité en passant par des dilemmes moraux et des enjeux géopolitiques. Cette profondeur thématique confère à Bernard Prince une dimension intellectuelle qui va au-delà du simple divertissement.
 
Enfin, Comanche (1969), avec Greg au scénario et Hermann au dessin, dépeint l’Amérique de la seconde moitié du XIXe siècle, une période marquée par la conquête de l’Ouest, les guerres indiennes et les rivalités entre colons, trappeurs et peuples autochtones. Située dans des paysages sauvages et grandioses, de vastes plaines aux montagnes escarpées, la série offre un décor authentique qui renforce l’immersion du lecteur dans cette époque tumultueuse. Comanche ne se contente pas d’être une simple série d’aventures : elle explore également des thèmes profonds et universels. La quête de rédemption, la lutte pour la survie et la confrontation avec la brutalité de la nature humaine sont autant de thèmes qui résonnent tout au long de la série. Greg, par son talent de scénariste, parvient à insuffler une dimension psychologique à ses personnages, les rendant complexes et nuancés.

La cote de Greg sur le marché de l'art

Les dessins de Greg se vendent en général aux alentours de plusieurs centaines d’euros lors de ventes aux enchères spécialisées. En 2014, un ensemble de trois planches publiées dans le journal Pif en 1965 intitulées LES AS et réalisées à l’encre de Chine ont été vendues 500 €. 

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Estimation gratuite Rene Pellos

René Pellos

Estimation et cote de l'artiste René Pellos

René Pellos commence sa carrière de dessinateur en 1916, dans l’hebdomadaire satirique genevois Le Gugusse. René Pellos est un de ces auteurs ayant réussi à combiner le dessin avec sa passion : le sport. Il se spécialise dans la caricature de sportifs et se rend notamment célèbre pour ses caricatures du tour de France, qui gagne alors en popularité à ses débuts. Découvrez ici l’histoire de René Pellos et ses œuvres emblématiques. Besoin d’une expertise René Pellos ? Contactez l’équipe d’Estimon’objet !

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René Pellos : des Beaux-Arts à Le Gugusse

René Pellos, de son vrai nom René Marcel Pellarin, est un dessinateur et scénariste de bande dessinée français, né le 22 janvier 1900 à Lyon et décédé le 8 avril 1998 à Cannes. Ses parents l’inscrivent à l’École des Beaux-Arts de Genève mais il quitte l’établissement dès la première leçon, manifestant son désaccord de façon abrupte. Ainsi, Pellos se forme à son métier de manière autodidacte. Sa maîtrise innée du dessin lui permet néanmoins de décrocher un poste de dessinateur de presse à l’âge de seize ans.

Les inspirations artistiques de René Pellos sont multiples, reflétant un mélange d’influences variées de son époque. Parmi ces influences, on trouve une admiration pour des pionniers de la bande dessinée française tels qu’Hergé, le créateur de Tintin, dont le style épuré et la narration dynamique ont certainement eu un impact sur le travail de Pellos. De même, l’œuvre d’André Franquin, célèbre pour ses séries Spirou et Fantasio ainsi que Gaston Lagaffe, a pu également influencer le jeune Pellos, tant au niveau du trait que de l’humour. Outre ces influences directes de la bande dessinée, il est plausible que Pellos ait été inspiré par des mouvements artistiques plus larges mais toujours de son époque. Les peintres surréalistes, avec leur exploration de l’inconscient et du fantastique, ont pu stimuler son imagination et l’encourager à créer des mondes visuels originaux et imaginatifs. Son style est marqué par des caricatures exagérées et des expressions faciales comiques qui contribuent à l’humour de la série. Les décors sont souvent détaillés et réalistes, offrant un contraste frappant avec les personnages souvent loufoques. 

Cependant, au-delà de ces influences externes, le travail de Pellos est également profondément inspiré de sa propre expérience et de sa personnalité, incluant une dimension biographique à son œuvre. Son style reconnaissable est le fruit non seulement d’inspirations conscientes mais aussi de sa créativité innée, de son talent artistique et de son engagement envers son métier. Sa pratique sportive du hockey sur gazon à haut niveau depuis ses seize ans et qui le conduira aux JO d’Amsterdam en 1928, a également orienté les sujets vers lesquels il s’est tourné en dessin lorsqu’il a eu trente ans (Miroir Sprint, Sport digest). Ainsi, bien que ses œuvres puissent refléter des influences diverses et variées, elles sont toujours imprégnées de sa touche personnelle liée à un humour indéniable et à un goût pour les compétitions sportives

René Pellos : culture populaire et tensions sociétales 

Les Pieds Nickelés est une reprise emblématique de René Pellos, qui raconte l’histoire d’un trio de personnages de bande dessinée, Ribouldingue, Croquignol et Filochard, qui ont marqué l’histoire de la culture populaire française. Apparus pour la première fois en 1908 dans le magazine L’Épatant, ils ont été popularisés par leur créateur, Louis Forton, avant que Pellos ne reprenne le flambeau des aventures du trio dans les années 1950. Les Pieds Nickelés sont composés de Ribouldingue, le chef charismatique et rusé, Croquignol, le cerveau de l’opération toujours en quête de combines, et Filochard, l’éternel naïf dont la maladresse fournit souvent l’élément comique des récits.

Ensemble, ils se lancent dans une série d’escapades et plans farfelus pour s’enrichir rapidement mais ceux-ci finissent souvent en désastre. Malgré ces tentatives souvent infructueuses, le trio des Pieds Nickelés incarne l’esprit de débrouillardise, tout en offrant une subtile critique sociale des inégalités, à travers des aventures rocambolesques. La notoriété des trois personnages a perduré au fil des décennies, les élevant au rang d’icônes de la bande dessinée française. Leur influence se ressent encore aujourd’hui dans la culture populaire française.

Durga Rani est une œuvre singulière dans le répertoire de René Pellos. Créée dans les années 1950, cette série de bande dessinée transporte les lecteurs dans l’univers de l’Inde coloniale. Le récit suit les aventures de Durga Rani, une jeune femme courageuse et déterminée, qui se dresse contre l’oppression et l’injustice dans un contexte de lutte pour l’indépendance de son pays. Armée de son intelligence, de sa force et de son esprit libre, elle affronte les puissances coloniales avec audace et résolution. Pellos, avec son talent artistique remarquable, donne vie à cet univers riche en détails et en couleurs, capturant à la fois la beauté envoûtante de l’Inde et les tensions sociétales de l’époque. Son trait est caractérisé par sa précision et sa fluidité, permettant de rendre avec finesse les expressions des personnages et les détails des décors exotiques. Pellos utilise habilement les ombres et les contrastes pour créer une atmosphère envoûtante, soulignant les moments d’action et de suspense. Durga Rani dépasse le simple divertissement pour devenir une œuvre chargée de sens, offrant une réflexion sur la lutte pour la liberté, la résilience humaine et le pouvoir de la détermination individuelle.

En plus de ses bandes dessinées, Pellos s’est fait remarquer pour ses caricatures du Tour de France. Ses dessins transforment les montagnes en visages humains exprimant diverses émotions, tandis que les coureurs, qui grimacent à cause de l’effort, sont dépeints avec humour et expressivité. Pendant de nombreuses années, René Pellos a brillamment croqué les grandes stars du peloton ainsi que des cyclistes moins connus, ces derniers jouant pourtant un rôle essentiel mais restant souvent dans l’ombre, pour diverses publications. Ses illustrations, captivantes et pleines de vie, étaient souvent réalisées lors de compétitions emblématiques telles que le Miroir du Cyclisme, Miroir Sprint ou Sport Mondial. Des figures légendaires comme Antonin Magne, Fausto Coppi, Federico Bahamontes, Jacques Anquetil, Eddy Merckx et bien d’autres encore sont immortalisées sur ses pages, souvent représentées en pleine lutte dans les cols ou grimaçant sous l’effort.

Quelle est la cote de René Pellos sur le marché de l’art ?

 La majorité des ventes de dessins de René Pellos se fait dans la catégorie dessin-aquarelle. Si sa cote se situe généralement aux alentours de plusieurs centaines d’euros, lorsque le dessin est issu d’une de ses œuvres majeures comme Les Pieds Nickelés, les enchères montent alors à plusieurs milliers d’euros. En 2015, la couverture originale de l’album « Les Pieds Nickelés à Chicago » réalisée à l’encre de Chine et signée, était estimée entre 1 000 € et 1 400 € pour finalement être adjugée à 5 600 €.

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(Illus.) Cartel : Tracé d’un dessin de Louis Forton représentant le trio « Pieds Nickelés », personnages repris par René Pellos

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Jijé

Estimation et cote de l'artiste Jijé

Jijé est souvent considéré comme l’un des pionniers de la bande dessinée franco-belge et a grandement influencé le genre. C’est sous sa plume que Spirou, Fantasio et le Marsupilami ont été popularisés et il a contribué de manière significative à l’évolution de ces personnages emblématiques de la bande dessinée. Son style graphique dynamique et expressif a marqué toute une génération de lecteurs. Découvrez ici l’histoire de Jijé et ses œuvres emblématiques. Besoin d’une expertise Jijé ? Contactez l’équipe d’Estimon’objet !

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De la découverte à la maîtrise de la bande dessinée

Joseph Gillain, plus connu sous le pseudonyme de Jijé, est un célèbre dessinateur belge de bande dessinée, né le 13 janvier 1914 à Gedinne en Belgique et mort le 19 juin 1980 à Versailles. Jijé intègre à l’âge de quatorze ans l’école de métiers d’art de l’abbaye de Maredsous. Durant trois ans, il se forme à diverses disciplines artistiques telles que l’orfèvrerie, les arts décoratifs, la gravure, le modelage et le dessin. Par la suite, il travaille dans un atelier de mécanique à Charleroi tout en suivant des cours d’art à l’université du Travail, sous la tutelle de Léon Van den Houten, peintre néo-impressionniste, mouvement communément appelé « pointilliste ». Grâce à ce mentor, Jijé perfectionne sa technique de dessin d’après modèle, apprenant à travailler sans fixer continuellement sa feuille de papier.

En 1932-1933, il poursuit sa formation en fréquentant les cours de l’Institut Supérieur des arts décoratifs de La Cambre, tout en participant aux cours du soir de l’Académie des Beaux-Arts de Bruxelles. Au cours de ces années, Jijé explore également la gravure sur bois et se spécialise dans la création d’œuvres d’art sacré, incluant la sculpture, la gravure et les fresques. En 1938, il réalise une peinture monumentale de trois mètres sur trois pour l’église de Corbion, représentant trente-cinq villageois écoutant saint Jean-Baptiste prêcher au bord de la Semois. Maître du dessin et véritable innovateur dans le domaine artistique, Jijé découvre durant sa jeunesse le monde de la bande dessinée, sa connaissance se limitant principalement à Tintin et à Bicot de Martin Branner. Jijé a introduit de nouvelles techniques narratives dans la bande dessinée franco-belge, notamment en utilisant des angles de caméra dynamiques, des séquences d’action élaborées et des mises en page innovantes. Il a contribué à enrichir le langage visuel de la bande dessinée, ouvrant la voie à de nouvelles formes d’expression artistique. Ses premiers pas dans le dessin se font aux côtés d’Alex Daoust, illustrateur et sculpteur, à qui il attribue une grande part de son apprentissage. Par la suite, c’est auprès du peintre néo-impressionniste Léon Van den Houten qu’il acquiert la technique du « dessin japonais », une méthode où l’artiste dessine sans regarder le papier, une approche à laquelle il reste profondément attaché. Son expérience dans les écoles où le dessin au fusain et les modèles vivants sont privilégiés s’avère particulièrement précieuse lorsqu’il se tourne vers la bande dessinée réaliste.

En 1969, Jijé explique au journaliste et illustrateur Philippe Vandooren : « Pour nous en 1935 ou en 1940, la bande dessinée était une découverte ; nous n’étions pas accoutumés à ce procédé, à cette vision des choses […]. Nous avons dû nous adapter, trouver le “courant” et nous débarrasser d’une vision “esthétisante” du dessin. » Cette citation évoque l’évolution de la bande dessinée dans les années 1930 et 1940, une période où ce médium était encore relativement nouveau et en pleine expansion. Les artistes et les lecteurs de l’époque ont dû s’habituer à cette nouvelle forme d’expression visuelle et narrative, qui était différente des autres formes d’art visuel telles que la peinture ou l’illustration traditionnelle. Lorsque Jijé parle de « découverte » de la bande dessinée, il fait référence au fait que pour beaucoup de gens à l’époque, ce mode d’expression était quelque chose de nouveau et d’inattendu. La bande dessinée offrait une manière unique de raconter des histoires en combinant textes et images, ce qui nécessitait une adaptation de la part des lecteurs et des artistes.

Dès ses débuts, Jijé reconnaît l’influence prégnante d’Hergé sur son travail, comme en témoigne sa première commande pour la revue Le Croisé, où il se voit demander de créer un personnage à la manière de Tintin. Cependant dès 1941, Jijé entame un processus de rupture stylistique en s’immergeant dans un genre tout à fait différent avec Don Bosco, une biographie dont le dessin adopte un réalisme frappant. Ce n’est qu’après la Seconde Guerre mondiale que Jijé élargit son horizon artistique, notamment grâce à Franquin et Morris, qui lui font découvrir les comics américains. C’est ainsi que Steve Canyon, un comic strip américain d’aventure de Milton Caniff, le fascine tout particulièrement. Cette œuvre a exercé une influence notable sur Jijé, notamment dans « Jerry Spring ». Jijé, de son vrai nom Joseph Gillain, a été impressionné par le style réaliste et dynamique de Caniff, ainsi que par sa capacité à capturer l’atmosphère des décors et des personnages. Cette influence se reflète dans le travail de Jijé, notamment dans sa maîtrise de la mise en scène et du mouvement, ainsi que dans son utilisation de l’ombre et de la lumière pour créer une atmosphère immersive. En parallèle, il trouve également une inspiration majeure dans le travail de George Wunder, qui a repris la série Terry et les Pirates, appréciant son approche artistique. 

Exploration des oeuvres iconiques de Jijé

Jijé a en effet repris le héros Spirou des mains de Rob-Vel en 1940 et a joué un rôle crucial dans l’évolution du personnage. Son style artistique distinctif et son imagination débordante ont apporté une nouvelle dimension à Spirou, le dotant d’une élégance graphique remarquable ainsi que d’une énergie et d’une fantaisie incomparables. Au fil des semaines, Jijé a façonné Spirou, définissant ses traits de caractère et l’univers dans lequel il évolue. Sous sa plume, Spirou est devenu un personnage plus dynamique, courageux et aventurier, se lançant dans des péripéties toujours plus passionnantes et fantaisistes. L’héritage de Jijé dans l’univers de Spirou est immense, et son travail a jeté les bases pour les futures aventures et interprétations du personnage par d’autres auteurs.

 La série western Jerry Spring a été saluée pour son réalisme et son authenticité. Jijé a su capturer l’essence du Far West à travers ses histoires captivantes et ses dessins évocateurs. Les aventures de Jerry Spring, souvent teintées de drame et de suspense, ont ravi les lecteurs par leurs actions palpitantes et leurs personnages développés. En collaboration avec l’auteur Jean-Michel Charlier, Jijé a contribué à Tanguy et Laverdure, série mettant en scène deux pilotes de chasse de l’Armée de l’Air française. Cette série s’inspire largement de l’histoire de l’aviation militaire française, notamment de l’époque de la guerre froide. Les personnages principaux, Michel Tanguy et Ernest Laverdure, vivent des aventures souvent situées dans un contexte de tensions internationales et de conflits armés. Le travail de Jijé sur la série a été salué pour sa précision dans la représentation des avions et des combats aériens. Les aventures de Tanguy et Laverdure ont captivé les lecteurs par leur suspense et leur action palpitante. La série est devenue l’une des références de la bande dessinée franco-belge.

Don Bosco, biographie illustrée de saint Jean Bosco est souvent citée comme l’une des œuvres les plus remarquables de Jijé en termes de dessin et de narration. Réalisée dans un style réaliste, l’œuvre rend hommage à la vie et aux accomplissements de ce saint avec sensibilité et respect. Les illustrations de Jijé capturent l’essence du XIXe siècle italien. Jijé déploie un style de dessin caractérisé par sa finesse et sa clarté. Ses illustrations captivent par leur réalisme détaillé, offrant des portraits vibrants de personnages et des décors évocateurs. Son trait est précis et fluide, exprimant à la fois la délicatesse des moments intimes et l’intensité des scènes d’action. Jijé maîtrise également l’art de la mise en page, utilisant intelligemment les perspectives et les cadrages pour guider le regard du lecteur à travers l’histoire de manière fluide et immersive. Ces œuvres représentent une partie importante du legs de Jijé dans le monde de la bande dessinée et elles continuent d’être appréciées par les lecteurs du monde entier pour leur qualité artistique et leur impact culturel.

Quelle est la cote de Jijé sur le marché de l’art ?

Le prix pratiqué pour un dessin ou une aquarelle varie de manière significative en fonction de la rareté de la planche, de la présence d’une signature et du sujet représenté. Ainsi les prix se situent généralement entre 80 et 20 000 €. En 2022, une planche originale du tome 16 de Jerry Spring, La Fille du canyon, réalisée à l’encre de Chine et à la gouache et datant de 1977 a été vendue au prix de 9 648 €.

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(Illus.) Cartel : Don Bosco de Jijé

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Estimation gratuite Pierre Joubert

Pierre Joubert

Estimation et cote de l'artiste Pierre Joubert

Pierre Joubert est surtout connu pour ses dessins de scouts. Caractérisées par une précision remarquable et une grande attention aux détails, ses illustrations captent avec finesse les expressions des personnages et les textures des environnements. Au fil des décennies, Joubert s’est développé une réputation internationale, ses œuvres étant largement diffusées dans des publications scoutes à travers le monde. En plus de son travail sur le scoutisme, il a également illustré des romans d’aventure, des histoires pour enfants et des bandes dessinées. Découvrez ici l’histoire de Pierre Joubert et ses œuvres emblématiques.  Besoin d’une expertise Pierre Joubert ? Contactez l’équipe d’Estimon’objet !

Estimation gratuite Pierre Joubert

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Inspirations : des peintres romantiques au scoutisme

Pierre Joubert est un illustrateur français, né le 27 juin 1910 à Paris et décédé le 13 janvier 2002 à La Rochelle. Sa formation artistique est marquée par son engagement précoce pour les arts visuels. Dès son plus jeune âge, il montre un intérêt passionné pour le dessin et l’illustration. Après avoir étudié à l’École des Arts Appliqués de Paris, il affine ses compétences en autodidacte, explorant une variété de techniques artistiques et développant son style. Le style de dessin de Pierre Joubert est remarquable pour sa précision, sa clarté et son souci du détail. Il a une capacité à capturer la dynamique du mouvement et à exprimer l’action à travers ses illustrations. Ses dessins sont souvent caractérisés par des lignes nettes et des contours précis, ce qui leur confère une qualité réaliste et vivante. Joubert a également un talent distinctif pour représenter les expressions faciales et les émotions, ce qui ajoute une profondeur à ses œuvres.

En ce qui concerne ses inspirations, Pierre Joubert a notamment été influencé par Gustave Doré, célèbre pour ses gravures sur bois et ses illustrations de livres dont beaucoup dépeignent des scènes épiques et fantastiques. Son talent pour créer des paysages atmosphériques et des compositions dynamiques a probablement influencé Joubert, en particulier dans la représentation des environnements naturels et des aventures épiques. Howard Pyle l’a aussi inspiré dans son trait. Maître de l’illustration narrative, ses œuvres sont souvent teintées de romantisme et de réalisme. Ses illustrations de chevaliers, de pirates et autres personnages légendaires sont pleines de vie et d’énergie, des caractéristiques que l’on retrouve dans le travail de Joubert.

Joubert est également peut-être familier avec les peintres de l’époque romantique et réaliste en France, dont les œuvres décrivent souvent des scènes d’aventure, d’héroïsme et de grandeur. Des artistes tels qu’Eugène Delacroix, Théodore Géricault et Jean-Léon Gérôme ont pu influencer son approche de la composition, de la couleur et de la représentation des émotions. Enfin, il serait impossible de concevoir le travail de Pierre Joubert sans s’intéresser au mouvement scout. En tant que scout passionné, Joubert a été profondément influencé par les valeurs et les activités du mouvement. Ses expériences dans la nature, son engagement envers la confrérie scout et son amour de l’aventure ont imprégné son travail artistique et en particulier ses illustrations de scouts en action, souvent basées sur ses propres expériences. Les dessins de Joubert sont imprégnés des valeurs fondamentales du scoutisme telles que l’entraide, la camaraderie, le respect de la nature et le sens du devoir. 

Pierre Joubert et ses dessins de scoutisme

Les dessins de scoutisme de Pierre Joubert sont remarquables à plusieurs égards, tant sur le plan artistique que sur le plan symbolique et émotionnel. Joubert utilise un style réaliste et détaillé dans ses dessins, ce qui permet de capturer fidèlement les scènes et les personnages. Son utilisation habile du crayon ou de l’aquarelle donne vie aux paysages naturels, aux uniformes et aux gestes des jeunes scouts. Ses illustrations montrent souvent des scouts s’entraidant, explorant la nature, faisant du feu, réalisant des activités manuelles et engageant des gestes de solidarité.

Ses dessins véhiculent un sentiment d’aventure et d’exploration, encourageant les jeunes à sortir, à découvrir le monde qui les entoure et à relever des défis. Les paysages naturels pittoresques et les activités en plein air transcrivent l’esprit de l’exploration cher au mouvement scout. Les dessins de Joubert ont eu un impact significatif sur la culture du scoutisme, en France et dans le monde entier. Ils ont contribué à façonner l’image populaire du mouvement scout et ont inspiré des générations de jeunes à s’engager dans cette aventure éducative et enrichissante. « Sans le scoutisme, Joubert n’aurait peut-être pas été tout à fait Joubert. Mais sans Joubert, le scoutisme n’aurait sûrement pas été ce qu’il fut ». Jean-Louis Foncine

En somme, les dessins de scoutisme de Pierre Joubert sont bien plus que de simples illustrations. Ils sont le reflet d’une vision de la jeunesse, de la nature et des valeurs humaines. Ils continuent de susciter l’admiration et l’inspiration chez ceux qui les contemplent. L’aventure scoute : Un siècle de scoutisme avec Pierre Joubert (2007) est un ouvrage commémoratif, qui célèbre le centenaire du mouvement scout. Les illustrations de scouts de Joubert y sont présentées comme un élément central de sa carrière artistique. Ses dessins ont rappelé l’évolution et l’impact du scoutisme au fil des décennies, tout en honorant la contribution artistique de Joubert à ce mouvement mondial.

Quelle est la cote de Pierre Joubert sur le marché de l’art ?

Pierre Joubert jouit d’une cote plutôt élevée pour un illustrateur figuratif. Les prix de ses œuvres varient en fonction de plusieurs facteurs tels que leur format, leur technique et leur qualité. Une illustration peut généralement se vendre aux alentours de 3 000 €. Cependant, il convient de noter qu’il existe des exceptions : certains dessins de Joubert ont été adjugés à plus de 10 000 €. En 2017, une illustration à la gouache, signée, couverture du Nouveau guide de l’héraldique, Ouest-France (1977) a été adjugée 7 800 €.

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(Illus.) Cartel : Dessin au crayon d’un marin par Pierre Joubert

Estimation d’objet d’art en ligne : comment faire ?

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Estimation gratuite Roger Leloup

Roger Leloup

Estimation et cote de l'artiste Roger Leloup

Roger Leloup est surtout connu pour être le créateur de la série de bande dessinée Yoko Tsuno, débutée en 1970 dans le magazine Spirou. Avant de se lancer dans la bande dessinée, Leloup travaillait comme assistant d’Hergé sur Les Aventures de Tintin, une expérience qui a grandement influencé son style graphique et narratif. Roger Leloup est également un passionné d’aviation, d’astronomie et de voyages, des passions qui transparaissent souvent dans ses œuvres. Tout au long de sa carrière, il a reçu de nombreux prix et distinctions pour son travail dans le domaine de la bande dessinée. Découvrez ici l’histoire de Roger Leloup et ses œuvres emblématiques. Besoin d’une expertise Roger Leloup ? Contactez l’équipe d’Estimon’objet !

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Des histoires visionnaires entre science, aventure et magie

Roger Leloup est un auteur de bande dessinée belge né le 17 novembre 1933 à Verviers en Belgique. Il a été profondément influencé par Hergé, le créateur de Tintin, avec qui il a travaillé en tant qu’assistant. Après avoir suivi des études d’arts décoratifs et de dessin publicitaire à l’Institut Saint-Luc à Liège, Roger Leloup fait la connaissance décisive de Jacques Martin, célèbre auteur de bande dessinée belge, en 1950. Leur rencontre a lieu alors que Martin venait acheter de la brillantine au salon de coiffure des parents de Leloup. À ce moment-là, Martin mentionne sa recherche d’un assistant pour la période de vacances. Plutôt que d’opter pour une carrière dans une entreprise publicitaire, Leloup saisit lui-même cette opportunité et devient l’assistant de Martin, travaillant sur la mise en couleurs et les décors. C’est ainsi que débute son implication dans la création des histoires d’Alix, notamment avec L’Île maudite.

Cette influence se manifeste de plusieurs manières dans le travail de Leloup : il partage avec Hergé un style graphique clair, épuré et précis. Comme Hergé, il privilégie les lignes nettes, les formes simples et les décors détaillés. Cette esthétique soignée contribue à la lisibilité et à l’attrait visuel de ses bandes dessinées. Leloup a également emprunté à Hergé sa technique de narration fluide et dynamique. La narration maintient un rythme soutenu, évitant les longueurs qui pourraient ennuyer le lecteur. Les événements s’enchaînent de manière naturelle et captivante. Les transitions entre les différentes scènes ou événements sont bien gérées pour assurer une continuité sans heurts. Cela permet au lecteur de suivre facilement l’évolution de l’histoire.

À l’instar des Aventures de Tintin, les histoires de Leloup sont bien construites, avec un équilibre entre action, mystère et humour. Les dialogues sont souvent concis et efficaces, permettant une progression rapide de l’histoire. Leloup attache une grande importance à la précision et au réalisme : que ce soit dans la représentation des personnages, des décors ou des machines, il cherche à rendre chaque détail crédible et cohérent. Leloup se documente auprès de sources techniques pour comprendre le fonctionnement des machines qu’il souhaite représenter. Cela peut inclure la consultation de manuels techniques, de schémas, de brevets ou même d’entretiens avec des ingénieurs ou des spécialistes du domaine. Cette approche contribue à l’immersion du lecteur dans l’univers de ses bandes dessinées. Enfin, bien que Leloup ait développé son propre style et ses propres thèmes, des similitudes dans les sujets explorés par les deux auteurs sont notables. En effet, comme Hergé, Leloup s’intéresse aux voyages, à l’aventure et à l’exploration, ainsi qu’aux enjeux sociaux et scientifiques de son époque.

Un univers entre science-fiction et exploration 

Les passions de Roger Leloup ont eu une influence significative sur son travail, façonnant tant le contenu que le style de ses bandes dessinées. Leloup était passionné par la science, l’ingénierie et la technologie, notamment l’électronique. Cette passion se reflète dans le souci du détail technique visible dans ses bandes dessinées. Il veille à ce que les appareils, machines et gadgets présentés dans ses histoires soient crédibles sur le plan scientifique, ce qui ajoute un niveau de réalisme apprécié par les lecteurs. Un exemple emblématique est le «Vinea », un vaisseau spatial intelligent et étonnant qui apparaît dans plusieurs albums de la série Yoko Tsuno. Le Vinea est un vaisseau extraterrestre appartenant à une race pacifique et technologiquement avancée. Sa conception est à la fois élégante et fonctionnelle, avec des lignes épurées et des éléments sophistiqués. Leloup a su rendre chaque partie du vaisseau, des moteurs aux panneaux de contrôle, avec une précision et une minutie impressionnantes.

Sa passion pour la science-fiction et la technologie l’a conduit à explorer des thèmes liés à l’espace, aux voyages temporels et à l’intelligence artificielle entre autres. Il intègre souvent des concepts scientifiques avancés dans ses récits, ce qui donne à ses bandes dessinées une dimension intellectuelle supplémentaire. Certains récits mettent en scène des ordinateurs puissants, des algorithmes complexes et des programmes informatiques autonomes ou encore des concepts de physique quantique, tels que les voyages dans le temps, les réalités parallèles et les univers alternatifs.Leloup était également un passionné de voyages et d’exploration. Cette passion se reflète dans les aventures exotiques de ses personnages, avec des décors variés allant du Japon à l’Écosse en passant par l’Égypte et le Cameroun. Il s’efforce de représenter avec précision les cultures et les paysages qu’il explore, offrant ainsi aux lecteurs un voyage visuel et culturel.

Enfin, en tant que passionné d’aviation, Leloup intègre souvent des éléments liés à l’aviation dans ses histoires : des avions, des hélicoptères et d’autres engins volants. Cette fascination pour le vol donne à ses récits une dimension supplémentaire d’action et d’aventure.

Le maître derrière Yoko Tsuno

Yoko Tsuno (1970) est une série de bande dessinée créée par Roger Leloup. C’est une œuvre riche et diversifiée qui combine habilement la science-fiction, l’aventure, le mystère et les thèmes sociaux. On y suit l’héroïne éponyme charismatique et multifacette. Ingénieure en électronique d’origine japonaise, elle incarne la modernité et la force féminine. Son intelligence, son courage et sa compassion en font un personnage attachant pour les lecteurs. De plus, sa capacité à résoudre les problèmes techniques et à affronter les défis avec sang-froid en fait une figure inspirante. Yoko Tsuno aborde une variété de thèmes, notamment la science, la technologie, les voyages, l’amitié, la tolérance et l’environnement. Leloup explore également des sujets plus profonds tels que la responsabilité sociale, les conséquences des avancées technologiques et les dilemmes éthiques. Ces thèmes sont tissés habilement dans les intrigues des différentes aventures de Yoko Tsuno. Dans La Forge de Vulcain, Yoko Tsuno et ses amis découvrent une ancienne forge cachée dans une vallée isolée. Ils y trouvent des technologies extraterrestres et réalisent que ces secrets attirent l’attention de forces malveillantes. Pour protéger les mystères de la forge, ils doivent affronter des adversaires redoutables et faire preuve de courage et d’ingéniosité.

L’une des caractéristiques distinctives de la série est l’attention aux détails techniques et scientifiques de Leloup. Cette précision ajoute un niveau de réalisme et d’intellectualisme à l’œuvre, tout en stimulant l’intérêt des lecteurs pour la science. Outre Yoko Tsuno, la série met en scène plusieurs personnages secondaires intéressants et développés, tels que Vic et Pol, les amis fidèles de Yoko, ainsi que divers antagonistes et alliés rencontrés au fil des aventures. Ces personnages apportent de la profondeur à l’univers de la série et permettent d’explorer différents aspects de la personnalité de Yoko.

La cote de Roger Leloup

En ce qui concerne la cote de Roger Leloup, elle est hautement estimée dans le monde de la bande dessinée. Ses œuvres, en particulier celles de la série Yoko Tsuno, sont largement appréciées par les lecteurs et les collectionneurs. Les albums de Yoko Tsuno se vendent régulièrement et sont souvent imprimés à nouveau pour répondre à la demande. De plus, les éditions originales et les objets de collection liés à Leloup et à son travail peuvent avoir une certaine valeur sur le marché des collectionneurs.
 
En 2010, une encre de Chine pour la couverture du journal Spirou n° 2081 (1978), annonçant la prépublication de l’album « La fille du vent » (tome 9 de Yoko Tsuno), a été adjugée 15 601 € alors qu’elle avait été estimée entre 5 000 et 6 000 €. Vous souhaitez faire expertiser un dessin de Roger Leloup et recevoir son estimation ? Remplissez votre demande via notre formulaire en cliquant ici. Faites estimer une œuvre de Roger Leloup en quelques clics et recevez une réponse sous quelques jours. C’est gratuit et totalement confidentiel ! 
 

(Illus.) Cartel : Couverture du tome 28 de Yoko Tsuno

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Estimation gratuite Hugo Pratt

Hugo Pratt

Estimation et cote de l'artiste Hugo Pratt

Hugo Pratt (1927-1995), de son vrai nom Ugo Eugenio Prat, est un auteur et dessinateur de bande dessinée italien. Connu pour son chef-d’œuvre Corto Maltese, son dessin aux noir et blanc contrastés est devenu une référence pour toute une génération d’auteurs. Découvrez ici l’histoire de Hugo Pratt et ses œuvres emblématiques. Besoin d’une expertise de Hugo Pratt ? Contactez l’équipe d’Estimon’objet !

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La vie comme une aventure

Né à Rimini, en Italie, Hugo Pratt passe son enfance à Venise, jusqu’à ses dix ans où il rejoint son père militaire en Éthiopie, juste avant le trouble de la Seconde Guerre mondiale. Après la mort de son père, sa famille est rapatriée en Italie en 1943. L’année suivante, à seulement dix-sept ans, il est enrôlé dans la police maritime du Reich, qu’il fuit pour rejoindre les Alliés. Malgré une enfance mouvementée, Pratt commence très tôt à dessiner et lire des romans et des bandes dessinées d’action. L’imagination d’Hugo Pratt, nourrie de son vécu, lui donne envie de raconter ses propres histoires. Il commence en 1945 en participant à la série L’As de pique, sur des scénarios de Mario Faustinelli. Puis il est repéré par un éditeur argentin, qui le pousse à s’installer à Buenos Aires, où il publie plusieurs histoires dans différentes revues, en collaboration avec le scénariste Héctor Oesterheld. 

Pratt publie d’autres histoires, toujours en tant que dessinateur, à Londres, puis il s’installe un an à São Paulo, avant de retourner à Buenos Aires, où il écrit et dessine Wheeling et Capitan Cormorant. Mais la crise économique en Argentine l’oblige à rentrer en Italie. Il continue toujours de dessiner des histoires pour des revues, illustre les romans d’aventures de Stevenson et continue à faire en parallèle ses propres voyages, au Brésil, en Éthiopie, en Laponie… Hugo Pratt est, comme le personnage qui le rendra célèbre, avide de liberté et d’aventures.

La création de Corto Maltese

C’est en 1967 que Pratt publie dans la revue italienne Sgt. Kirk, une histoire intitulée La Ballade de la mer salée, où apparaît un nouveau personnage : Corto Maltese. Le rédacteur en chef de Pif gadget lui propose alors de publier ses bandes dessinées en France en reprenant ce personnage dans une série d’histoires courtes, qui seront publiées entre 1970 et 1973 dans le magazine. Même si le succès n’est pas immédiat, petit à petit, Hugo Pratt rencontre son public en France : La Ballade de la mer salée, éditée en album par Casterman en 1975, est primée au tout nouveau festival d’Angoulême. Le personnage de Corto Maltese, anti-héros, désinvolte et solitaire, détonne dans le paysage de la bande dessinée francophone : trop adulte pour les lecteurs de Pif gadget, pas assez sérieux pour le public adulte qui n’est pas habitué à lire de la bande dessinée à l’époque. Même si ses histoires sont ancrées dans un monde bien réel, et rythmées par l’Histoire du XXe siècle, Hugo Pratt n’hésite pas à convoquer toutes sortes de légendes populaires pour nourrir son imaginaire.

Hugo Pratt préfère parler de « littérature dessinée » pour qualifier ses œuvres, où l’histoire est aussi importante que le dessin. Son style graphique caractéristique, alternant entre de forts contrastes en noir et blanc et des couleurs en légères aquarelles, traduit la liberté de ses histoires.

Le succès et la postérité de Corto Maltese

Les aventures de Corto Maltese, aventurier mystérieux et rêveur, sont traduites dans plusieurs langues au cours des années 1970-1980, et rencontrent rapidement un succès international. En France, après le début du succès dans Pif gadget, Hugo Pratt trouve réellement son public dans la revue Pilote, puis Métal hurlant. Il est publié en Belgique dans la revue Tintin, puis très rapidement dans d’autres pays, comme l’Italie et l’Espagne. C’est après sa mort qu’Hugo Pratt atteint l’apogée de sa renommée en étant à titre posthume admis au Temple de la renommée Will Eisner, distinction honorant les plus grands auteurs de bande dessinée américains et, plus rarement, européens. La série Corto Maltese comprend douze tomes de la main d’Hugo Pratt, édités entre 1975 et 1992, suivis de quatre tomes par Juan Díaz Canales et Rubén Pellejero, qui reprennent la série à partir de 2015. Deux hors-séries, parus en 2021 et 2023, par Martin Quenehen et Bastien Vivès, revisitent également le personnage d’Hugo Pratt, sans toutefois de vraie continuité avec la série originelle. Corto Maltese a ainsi fait l’objet de nombreuses adaptations et hommages, à travers des romans, films d’animation, mais aussi pièces de théâtre et expositions.

Quelle est la cote d'Hugo Pratt sur le marché de l’art ?

Les œuvres d’Hugo Pratt sont très présentes et appréciées sur le marché de l’art depuis la fin des années 1980. En 2023, les œuvres d’Hugo Pratt passées en vente aux enchères représentaient un prix total de 119 000 €. Il s’agit surtout d’illustrations à l’encre et à l’aquarelle ainsi que de planches originales, qui atteignent les prix les plus hauts lorsqu’elles représentent son héros iconique Corto Maltese. Ainsi, les prix d’adjudication de ses dessins sont variables, mais une illustration représentant Corto Maltese et un chat s’est vendue à 57 728 € en 2023. Alors que les planches originales de ses autres albums sont rarement adjugées à plus de 10 000 €, les planches de Corto Maltese créent un réel engouement. À titre d’exemple, une planche originale de Corto Maltese en Sibérie, datant de 1979, fut adjugée à 52 000 € en 2021.

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(Illus.) Cartel : Hugo Pratt, Corto Maltese

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Estimation gratuite Enki Bilal

Enki Bilal

Estimation et cote de l'artiste Enki Bilal

Enki Bilal (né en 1951), de son vrai nom Enes Bilal, est un auteur et dessinateur de bande dessinée de science-fiction, mais il est aussi illustrateur et réalisateur. Il est connu pour ses bandes dessinées dystopiques, mêlant passé, présent et futur, comme les séries Bug et Coup de sang. Découvrez ici l’histoire de Bilal et ses œuvres emblématiques. Besoin d’une expertise Enki Bilal ? Contactez l’équipe d’Estimon’objet !

Estimation gratuite Enki Bilal

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Ses débuts dans la bande dessinée

Enes Bilal est né en 1951 à Belgrade, en Yougoslavie, six ans après la fin de la guerre. Son père, refusant d’adhérer au parti communiste, émigre en France, rejoint par sa femme et ses enfants. Bilal arrive donc à l’âge de dix ans en France et apprend très rapidement le français. Il dessine déjà, mais c’est à vingt ans, en 1971, qu’il gagne un concours de dessin organisé par le magazine Pilote. Après un an aux Beaux-Arts, il publie en 1972 sa première histoire dans Pilote, intitulée « Le bol maudit », et choisit d’utiliser comme pseudonyme Enki, le surnom que lui donnaient ses parents. C’est là qu’il rencontre le scénariste iconique de Valérian et Laureline, Pierre Christin, qui lança sa carrière en scénarisant sa première série Légendes d’aujourd’hui, comportant trois tomes publiés entre 1975 et 1977 aux éditions Dargaud.

Ses succès en bande dessinée

Bilal et Christin collaborent également sur la série Fin de siècle, dont le premier album Les Phalanges de l’Ordre Noir fut le premier succès de Bilal en remportant le prix RTL de l’album destiné aux adultes. Le deuxième album de la série, Partie de chasse, reçoit également un très bon accueil critique. En 1980, alors que Bilal publie son premier album personnel avec le premier tome de La Trilogie Nikopol, La Foire aux Immortels, Bilal et Christin poursuivent toujours leur riche collaboration en publiant plusieurs ouvrages d’illustrations et de photos détournées chez Dargaud et les éditions Autrement.  En 1987, Enki Bilal gagne le Grand Prix du festival d’Angoulême : c’est une consécration qui l’instaure comme un des plus grands dessinateurs de science-fiction. Le dernier album de La Trilogie Nikopol, Froid équateur, paru en 1993, fut élu meilleur livre de l’année tous genres confondus par le magazine Lire : une première dans l’histoire de la bande dessinée.

Les récits et le style de Bilal : entre science-fiction et monde actuel


         Le style graphique caractéristique de Bilal, aux personnages sculpturaux et aux couleurs froides rehaussées de blanc, est au service de ses récits sombres et dystopiques, qui sont un reflet de sa vision pessimiste de l’avenir de l’humanité. Ainsi, dans la trilogie Coup de Sang, publiée entre 2009 et 2014, Bilal décrit un monde aride et dépeuplé après une catastrophe climatique, rappelant les problématiques environnementales actuelles. Pour Bilal, le passé, le présent et le futur sont intimement liés : en 2019, il déclare que la science-fiction n’existe plus car pour lui, nous sommes déjà dans un monde de science-fiction où le numérique occupe une place démesurée. C’est ce thème qu’il aborde dans sa dernière série, Bug, dont le dernier tome est paru en 2022. L’histoire se déroule en 2041, dans un monde totalement dépendant aux technologies, bouleversé par un « bug » les rendant hors d’usage et effaçant toute la mémoire de cette civilisation.

Une carrière diversifiée : son travail dans le cinéma et le théâtre

Parallèlement à la bande dessinée, Enki Bilal s’intéresse au cinéma et au spectacle vivant, et commence très tôt à diversifier sa carrière. En 1980, il signe l’affiche de Mon oncle d’Amérique d’Alain Resnais, puis il dessine les décors de La Vie est un roman, du même réalisateur. En 1990, il dessine les décors et costumes de Roméo et Juliette mis en scène par son ami Angelin Preljocaj et la même année, il crée également les costumes d’un opéra de Denis Levaillant joué au festival d’Avignon, O.P.A. Mia.

En outre, Bilal est aussi connu pour son travail de réalisateur. En 1989, il met en scène Jean-Louis Trintignant et Carole Bouquet dans son premier film, Bunker Palace Hotel, à l’univers dystopique comparable à ses bandes dessinées. Son deuxième long-métrage, Tykho Moon, sorti en 1996, est lui aussi dans la même veine prolongeant son travail graphique.

La cote de Bilal sur le marché de l’art

Les œuvres de Enki Bilal sont recherchées sur le marché de l’art et passent régulièrement en vente aux enchères. Ses dessins et planches originaux atteignent des prix d’adjudication assez élevés pour un auteur de bande dessinée vivant. Ses illustrations originales, très nombreuses, sont généralement adjugées à partir de 8 000 € mais ce sont ses dessins originaux pour les couvertures de ses albums qui atteignent les prix les plus hauts. Ainsi, la couverture originale du tome quatre de La Tétralogie du monstre, datée et signée, a atteint un prix d’adjudication de 126 375 € en 2021. Mais la plupart atteignent des prix autour de 90 000 €, comme la couverture originale de Coup de sang, qui a été adjugée 95 573 € en 2022. Les planches originales de Bilal ont des prix d’adjudication variables entre 20 000 et 80 000 €. Par exemple, la dernière planche du tome un de La Trilogie Nikopol, La Foire aux Immortels, fut adjugée à 24 928 € en 2023, mais elles peuvent atteindre des prix plus élevés, comme une planche de La femme piège, adjugée à 75 825 € en 2021. 

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(Illus.) Cartel : Enki Bilal, planche extraite de La femme piège, Dargaud, 1986

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Estimation gratuite Jean-Claude Mezieres

Jean-Claude Mezieres

Estimation et cote de l'artiste Jean-Claude Mézières

Jean-Claude Mézières (1938-2022) est un dessinateur de bande dessinée et illustrateur français. Il est principalement connu pour avoir créé, avec Pierre Christin au scénario et Evelyne Tranlé aux couleurs, la série Valérian et Laureline, devenue un chef-d’œuvre incontournable de la bande dessinée de science-fiction. Découvrez ici l’histoire de Mézières et ses œuvres emblématiques. Besoin d’une expertise Jean-Claude Mézières ? Contactez l’équipe d’Estimon’objet !

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Sa découverte de la bande dessinée et ses débuts

Né en 1938, c’est pendant la guerre que Mézières rencontre Pierre Christin, ami d’enfance qui deviendra son collaborateur et principal scénariste, notamment pour Valérian et Laureline. Influencé par son frère, qui dessinait aussi, Mézières exprime très jeune la volonté de devenir dessinateur de bande dessinée dont il était un lecteur assidu. C’est avec la découverte de l’album de Tintin Le Lotus bleu, qu’il vit, selon lui, une « révélation » et décide de créer ses premières planches à dix ans. En 1952, alors âgé de quinze ans, il fait ses débuts dans Le Journal des jeunes, qui paraît dans Le Figaro dans le cadre du Salon de l’enfance.

Un an plus tard, Mézières entre à l’École des Arts Appliqués pour apprendre le métier de dessinateur de tissus et papiers peints, mais n’abandonne pas la bande dessinée. En parallèle de ses études, il publie des planches dans Cœurs Vaillants, Fripounet et Marisette, mais aussi Le Journal de Spirou. Pendant cette période, il se rapproche de Jean Giraud et Patrick Mallet, dont il partage les inspirations, c’est également pendant ces années que Mézières renoue avec son ami d’enfance Pierre Christin. Son service militaire sonne la fin de ses études et, malgré des débuts prometteurs, il ne vit pas de la bande dessinée à son retour. Mézières trouve un travail de maquettiste pour les éditions Hachette, avant de travailler pour la publicité en tant qu’assistant photographe et graphiste.

Passionné de western, Mézières part aux États-Unis. Il tire de ce voyage plusieurs histoires (Far-west 67, l’aventure d’un cow-boy parisien et Mon Amérique à moi) qui sont publiées dans le magazine Pilote, où il obtient un poste de dessinateur à son retour en France : c’est le début de la reconnaissance en tant que dessinateur de bande dessinée.

La création et le succès de Valérian et Laureline

Jean-Claude Mézières s’associe à Pierre Christin pour créer une nouvelle série pour Pilote. Alors qu’ils sont d’abord attirés par le western, Mézières et Christin préfèrent se tourner vers la science-fiction. Ce genre, encore peu exploité dans la bande dessinée francophone, leur permet de se différencier du Blueberry de Jean Giraud, du Lucky Luke de Morris et du Jerry Spring de Jijé. Dans un désir de nouveauté, Goscinny, alors rédacteur en chef de Pilote, leur laisse leur chance ; avec raison, puisque la série, publiée chez Dargaud à partir de 1970, s’est vendue à plus de 2 500 000 exemplaires au fil des années. Les premières histoires publiées, comme La Cité des eaux mouvantes, ont pour sujet le voyage dans le temps. Il faut attendre la quatrième histoire, L’Empire des mille planètes, pour que le voyage galactique soit réellement exploité par Mézières et Christin. Les aventures de Valérian et Laureline, agents spatio-temporel de la mégapole terrestre Galaxity, ouvrent alors la voie à toutes les séries d’anticipation, de science-fiction et même d’heroic fantasy françaises actuelles. Mézières et Christin sont ainsi reconnus pour avoir établi les codes de la science-fiction telle que nous la connaissons aujourd’hui, et leur influence est visible jusque dans le cinéma, de Georges Lucas à Luc Besson.

Jean-Claude Mézières a su donner une nouvelle dimension au genre du space opera grâce à son style graphique précis et réaliste mais pourtant tout aussi onirique et humoristique, peuplé d’extraterrestres, de constructions et vaisseaux singuliers. Mézières, d’abord imprégné de la « ligne claire » franco-belge au style lisible et sans contrastes, est également influencé par la vivacité, l’irrégularité du trait et l’engagement politique du magazine américain Mad. Ainsi, Valérian et Laureline lui permet de faire une synthèse de ses influences en évoquant, et parfois critiquant, le monde terrestre contemporain à travers des univers pourtant futuristes et foisonnants, avec un souci de lisibilité et d’efficacité qui n’enlève en rien à la poésie de ses planches.

Même si Jean-Claude Mézières a aimé varier les expériences en s’essayant à la photographie, ou encore au cinéma en créant les décors du Cinquième élément de Luc Besson, Valérian reste sa seule série de bande dessinée éditée, avec vingt-deux albums parus en plus de quarante ans, qui font encore l’objet de rééditions, d’intégrales et d’hommages. Fort d’un succès public et critique, Mézières fut récompensé en 1984 par le Grand Prix du festival d’Angoulême, et les aventures de Valérian et Laureline furent adaptées à plusieurs reprises en dessins animés, mais aussi dernièrement au cinéma par Luc Besson avec Valérian et la Cité des mille planètes (2017).

Les œuvres de Jean-Claude Mézières dans le marché de l’art

Les œuvres de Mézières vendues aux enchères sont principalement des planches originales encrées, des illustrations, des dédicaces, et parfois des planches en couleurs originales de Valérian et Laureline. Les couvertures originales atteignent les plus hauts prix d’adjudication. Ainsi, la couverture de L’Orphelin des astres, dix-septième tome de la série (1998), encrée et mise en couleurs à la gouache, a été adjugée à 45 500 € en 2020. Les planches originales encrées ont généralement un prix d’adjudication autour de 10 000€, parfois plus en fonction de leur importance. Par exemple, une planche originale du deuxième tome emblématique de la série, L’Empire des mille planètes, sorti en 1971, a été adjugée à 21 600 € en 2020. 

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(Illus.) Cartel : Jean-Claude Mézières, planche extraite de Valérian et Laureline, L’Empire des mille Planètes, Dargaud, 1970

Estimation d’objet d’art en ligne : comment faire ?

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Estimation gratuite Didier Tarquin

Didier Tarquin

Estimation et cote de l'artiste Didier Tarquin

Didier Tarquin (né en 1967) est un dessinateur et scénariste de bande dessinée français. Il est notamment connu pour sa série Lanfeust de Troy, en collaboration avec le scénariste Christophe Arleston. Le succès de son univers, entre humour, action et magie, en a fait une référence de l’heroic fantasy.Découvrez ici l’histoire de Didier Tarquin et ses œuvres emblématiques. Besoin d’une expertise Didier Tarquin ? Contactez l’équipe d’Estimon’objet !

Estimation gratuite Didier Tarquin

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Ses débuts en tant que dessinateur et auteur de bande dessinée

Né en 1967 à Toulon, Didier Tarquin passe son enfance en Algérie. C’est après son retour en France, à dix ans, qu’il découvre la bande dessinée et cultive l’envie d’en créer lui-même. Il se dirige ainsi vers le dessin et fait des études d’arts plastiques à Aix-en-Provence, avant de prendre la décision de se consacrer entièrement à la bande dessinée. Il apprend majoritairement en autodidacte. Sa carrière commence véritablement en 1990, avec la publication de son premier album, Les Maléfices d’Orient, aux éditions Soleil, alors nouvellement créées. Puis, entre 1992 et 1993, il dessine la série Röq, sous le scénario de Béatrice Avossa. La série est arrêtée après la publication seulement des deux premiers tomes, mais l’univers graphique de Tarquin, peuplé de monstres, entre réalisme et fantasy, est déjà présent. En parallèle, il anime des ateliers de bande dessinée dans le Var et réalise diverses affiches pour des manifestations culturelles.

Le succès de Lanfeust de Troy

C’est en 1994 que Didier Tarquin se lance, avec Christophe Arleston, dans une nouvelle série d’heroic fantasy : Lanfeust de Troy. L’enthousiasme des lecteurs est presque immédiat et le deuxième tome, Thanos l’Incongru, publié en 1995, est nominé au festival d’Angoulême pour le prix Alph-Art du public. La quête initiatique du héros Lanfeust, dans un monde où les humains ont des pouvoirs magiques et cohabitent avec les trolls, rencontre un succès qui en fait une des plus grandes séries françaises d’heroic fantasy, participant à la notoriété des éditions Soleil. Son ton, plus humoristique que les premiers albums de Tarquin, rend l’heroic fantasy accessible à un grand public. En effet, ses pages sont parsemées de jeux de mots, énigmes et clins d’œil à la pop-culture qui font le bonheur des fans. Par ailleurs, son style graphique, aux personnages d’abord sculpturaux et aux traits marqués, s’affine peu à peu au fil des nombreux albums, pour gagner en souplesse et en fluidité.

Le premier cycle de Lanfeust, qui regroupe déjà neuf tomes, est décliné ensuite en deux autres cycles développant le même univers : Lanfeust des étoiles (huit albums de 2001 à 2008) et Lanfeust Odyssey (dix albums de 2009 à 2018). En parallèle, Tarquin dessine également la série humoristique Gnomes de Troy, racontant sous forme d’histoires courtes les farces des enfants peuplant Troy. L’univers de Troy est ainsi développé sous plusieurs aspects, parfois épique, parfois humoristique, toujours avec le même succès, faisant désormais de Lanfeust de Troy un grand classique de l’heroic fantasy française en bande dessinée.

Le travail de scénariste de Tarquin et ses dernières œuvres

Tarquin n’est pas seulement dessinateur de bande dessinée : à la fin des années 1990, il se lance en tant que scénariste et collabore avec différents dessinateurs. Ainsi, il écrit les trois premiers tomes de Les ailes du Phaéton, en restant toujours dans son genre de prédilection, l’heroic fantasy, avec Serge Fino au dessin. En 2002, il publie également aux éditions Soleil, la série humoristique Krashmonsters, dont le dessin a la particularité d’être réalisé par trois dessinateurs différents (Guillaume Bianco, Olivier Dutto et Adrien Floch), puis il scénarise la série S.P.E.E.D., dessinée par Tony Valente.

En 2018, Tarquin s’essaye à la science-fiction, cette fois en tant que scénariste et dessinateur, avec la série UCC Dolores, en collaboration avec Lyse Tarquin, éditée aux éditions Glénat. Bien qu’on y retrouve son dessin et sa narration aussi bien haletante qu’humoristique, Tarquin développe un nouvel univers, ancré dans un monde futuriste. Bien que Tarquin soit reconnu comme un dessinateur caractéristique de l’heroic fantasy en bande dessinée, il montre ainsi une volonté de diversifier son travail et son style.

La cote de Tarquin dans le marché de l’art

Les œuvres de Tarquin sont présentes sur le marché de l’art depuis le début des années 2000, avec principalement des planches originales encrées, dont les prix d’adjudication varient généralement entre 1 500 et 4 000 €. Ainsi, une planche originale encrée tirée du deuxième album de Lanfeust de Troy a été adjugée en 2013 à 3 158 €. Par ailleurs, des couvertures originales sont aussi vendues : celle de L’énigme Or-Azur (le tome 2 de Lanfeust Odyssey), signée par Tarquin et Arleston, a atteint un prix d’adjudication de 4 000 € en 2017. Il est également à noter que les albums eux-mêmes font l’objet de lots. A titre d’exemple, une édition originale du premier album de Lanfeust de Troy fut adjugée à 579 € en 2006. 

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(Illus.) Cartel : Didier Tarquin, planche extraite de Lanfeust de Troy

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Estimation gratuite Regis Loisel

Régis Loisel

Estimation et cote de l'artiste Régis Loisel

Régis Loisel (né en 1951) est un scénariste et dessinateur français, connu pour ses bandes dessinées fantasy, telles que la série La Quête de l’oiseau du temps ou son adaptation de Peter Pan, considérée comme son chef-d’œuvre. Découvrez ici l’histoire de Régis Loisel et ses œuvres emblématiques. Besoin d’une expertise Régis Loisel ? Contactez l’équipe d’Estimon’objet !

Estimation gratuite Regis Loisel

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Sa formation et ses débuts dans les années 1970

En 1972, à l’âge de vingt et un ans, Régis Loisel décide de quitter sa ville natale (Saint-Maixent-l’École, dans les Deux-Sèvres) pour tenter sa chance à Paris. Sa carrière commence cette même année avec la publication de sa première planche dans Les Pieds Nickelés Magazine. Il suit ensuite des cours de bande dessinée à l’université de Vincennes, animés entre autres par Jean-Claude Mézières, scénariste de la déjà célèbre série Valérian. C’est là qu’il rencontre les scénaristes de bande dessinée Patrick Cothias et Serge Le Tendre, avec qui il se lie d’amitié et collabore à plusieurs reprises. Ils publient ensemble des histoires courtes, souvent d’inspiration fantastique, dans des magazines de bande dessinée variés, de Pilote et Pif Gadget, à Métal Hurlant et Fluide Glacial, touchant à la fois un public jeunesse et plus adulte. C’est ainsi qu’en 1975 sont publiées les premières pages de La Quête de l’oiseau du Temps en collaboration avec Serge Le Tendre, dans la revue Imagine. Même si une partie de ces récits est publiée sous forme de recueil dans Les Nocturnes, aux éditions Kesselring, Loisel n’assouvit pas encore ses projets de sagas. En parallèle, il publie également de nombreuses illustrations dans la presse, l’édition jeunesse et la publicité.

Les années 1980 et son premier succès : La quête de l’oiseau du temps

Après avoir commencé, en 1981, une histoire inachevée (« Pyrénée »), et dessiné une série de gags en une planche pour le magazine Jonas, Régis Loisel et Serge Le Tendre retravaillent les premières planches La Quête de l’oiseau du temps pour les proposer aux éditions Dargaud. La série d’heroic fantasy, prépubliée dans Charlie mensuel, connaît un succès considérable. Narrant les aventures du chevalier Bragon et de la jeune Pelisse, envoyés par la sorcière Mara à la recherche de l’oiseau du temps, la saga se déploie par la suite en onze albums, répartis en deux cycles. Un troisième cycle devrait voir le jour bientôt, toujours dessiné par Régis Loisel. À la même période, Loisel continue de réaliser des travaux diversifiés (un portfolio intitulé L’Offrande, des récits courts pour Pilote & Charlie, des illustrations pour la presse ou la publicité, des sérigraphies, des affiches…). Il publie également un recueil d’histoires et d’illustrations érotiques, Troubles fêtes, aux éditions Les Humanoïdes associés.

Ce n’est qu’en 1998 que commence le second cycle de La Quête de l’oiseau du temps avec le cinquième tome de la série, pour lequel Régis Loisel réalise le story-board et la mise en couleurs, mais délègue le dessin, étant trop pris par son autre série phare, Peter Pan.

La consécration avec Peter Pan et la diversification de son travail

En effet, Loisel se consacre depuis 1990 à une interprétation très sombre et personnelle de Peter Pan, destinée à un public adulte, aux éditions Vents d’Ouest. Les six tomes de la série, terminés en 2004, sont considérés comme les chefs-d’œuvre de Loisel. Ils sont récompensés en 2002 par le Grand Prix du festival d’Angoulême, la reconnaissance ultime pour un auteur de bande dessinée en France. À la fin des années 1990, Loisel se lance également dans l’écriture de scénarios, par exemple pour Les Farfelingues, dessinés par Pierre Guilmard, ou Fanfreluche pour une sirène, par Christine Oudot. Dans une volonté de diversifier son travail après s’être consacré presque exclusivement à la bande dessinée suite au succès de Peter Pan, Loisel travaille pour deux dessins-animés Disney, Mulan et Atlantis, mais aussi pour le story-board d’un film, Le Petit Poucet. Il conçoit également le jeu vidéo Gift.

Mais il n’abandonne pas pour autant la bande dessinée, puisqu’entre 2006 et 2014, il réalise une nouvelle série, Magasin Général, dessinée à quatre mains avec son ami Jean-Louis Tripp. L’intrigue, beaucoup plus réaliste que ses sagas les plus connues, se déroule dans un petit village du Québec, où Loisel vit depuis quelques années. Loisel participe également à une autre série, Le Grand Mort, co-écrite avec Jean-Blaise Djian et dessinée par Vincent Mallié. Ce dernier assure aussi en parallèle le dessin des septième et huitième tomes de La Quête de l’oiseau du temps, avant de laisser la place à David Etien pour les trois derniers tomes de la série. 

La place de Loisel dans le marché de l’art

Régis Loisel est présent sur le marché de l’art depuis le début des années 1990. Il s’est classé, en 2023, 6524e au palmarès mondial des artistes les mieux vendus aux enchères, avec un montant total de 69 000 €. Ses œuvres, principalement des dessins au crayon, des aquarelles, mais aussi des planches originales, sont en grande majorité adjugées en France. Ainsi, une illustration au feutre et stylo à bille de petit format illustrant la fée Clochette de Peter Pan, estimée entre 500 et 700 €, fut adjugée à 1574 € en 2022. 

Plus rarement, Loisel s’est également essayé à la sculpture. Ces dernières sont estimées entre 700 et 800 €, mais atteignent parfois des sommes plus élevées. Par exemple, un buste de Pelisse (héroïne de La Quête de l’oiseau du temps) en terre cuite et résine, numéroté et signé Loisel et Frédéric Beaudouin, fut adjugé à 4 550 € en 2018. Cependant, les œuvres de Régis Loisel connaissant généralement les prix d’adjudication les plus hauts sont ses planches originales. Bien qu’en 2014, une planche originale encrée du premier tome de la série de La Quête de l’oiseau du temps, datant de 1982, fut adjugée à 10 744 €, les planches des tomes postérieurs ont aujourd’hui des prix d’adjudication inférieurs, entre 3 000 et 4 000 €.

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Cartel : Régis Loisel, planche extraite de La Quête de l’oiseau du temps

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Estimation gratuite Jean-Pierre Gibrat

Jean-Pierre Gibrat

Estimation et cote de l'artiste Jean-Pierre Gibrat

Né en 1954, Jean-Pierre Gibrat est un dessinateur et scénariste français de bande dessinée. Parmi ses œuvres les plus emblématiques figurent Le Sursis, Le Vol du corbeau et Mattéo. Ses travaux, acclamés tant pour leur narration riche que leur esthétique, ont fait de Jean-Pierre Gibrat l’un des auteurs contemporains les plus importants de la bande dessinée. Découvrez ici l’histoire de Jean-Pierre Gibrat et ses œuvres emblématiques. Besoin d’une expertise Jean-Pierre Gibrat ? Contactez l’équipe d’Estimon’objet !

Estimation gratuite Jean-Pierre Gibrat

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Le début de carrière de Jean-Pierre Gibrat

Jean-Pierre Gibrat connaît une enfance paisible à Rueil-Malmaison, au sein d’une famille impliquée dans le syndicalisme. Bien qu’il manifeste un intérêt pour l’Histoire du XXe siècle, il obtient un baccalauréat de philosophie en 1972, avant de se lancer dans des études de graphisme publicitaire (1973) puis d’arts plastiques (1974-1975). Après ses études, il commence une carrière dans la bande dessinée en mettant son talent de dessinateur presque exclusivement au service de scénarios écrits par d’autres. Empreint d’une grande sensibilité, il apporte ainsi une dimension psychologique subtile aux divers récits qu’il crée en collaboration avec Jackie Berroyer, à commencer par Goudard (1978) et La Parisienne (1982).

Les collaborations de Gibrat se poursuivent avec L’Empire sous la mer, une œuvre où il donne vie à Zaza, la chienne de Dany Saval et de Michel Drucker, sur un texte de l’actrice elle-même. En 1988, il travaille successivement avec Guy Vidal puis Dominique Leguillier pour la série Médecins sans frontières, puis s’associe en 1995 avec Francis Leroi pour la bande dessinée Pinocchia, une version féminine du personnage classique de Carlo Collodi. L’année suivante, il élabore Marée basse avec Daniel Pecqueur. En parallèle, il publie des illustrations en couleurs dans de nombreux magazines, notamment Le Nouvel Observateur, Le Figaro magazine ou encore Elle.

Jean-Pierre Gibrat en tant que scénariste

À la fin des années 1990, Gibrat est de moins en moins enthousiaste par les histoires qu’on lui propose et désire, après vingt ans de métier, mener un projet seul. Il entame ainsi une nouvelle phase dans sa carrière en assumant l’écriture de ses propres scénarios de bande dessinée. En 1997 puis 1999, il signe les deux volets du Sursis, une histoire prenant place dans la France sous l’occupation allemande lors de la Seconde Guerre mondiale. Celle-ci raconte le parcours de Julien Sarlat, un déserteur du Service du travail obligatoire qui, passé pour mort, assiste du vieux pigeonnier où il s’est réfugié à son propre enterrement. Né en 1954, soit dix ans après la guerre, Jean-Pierre Gibrat est fasciné par cette période qu’il met fréquemment en scène dans ses œuvres. Beaucoup de personnages de sa génération s’interrogent en effet souvent sur la manière dont chacun aurait réagi dans le contexte de la guerre mondiale. Avec Le Sursis, le dessinateur apporte sa réponse : comme beaucoup de Français et à l’image de son personnage Julien Sarlat, il aurait sans doute adopté une attitude attentiste, ayant pour principal souci de survivre. Poursuivant l’exploration de cette période sombre, il élabore un autre diptyque intitulé Le Vol du corbeau, publié en 2002 et 2005, qui raconte l’histoire de Jeanne, une résistante arrêtée sur dénonciation anonyme.

À partir de 2008, il commence sa série Mattéo. Structurée en six périodes, de 1914 à 1940, cette bande dessinée narre la destinée particulière d’un espagnol fils d’anarchiste. De la Première à la Seconde Guerre mondiale, en passant par la révolution russe, le Front Populaire et la guerre d’Espagne, le récit traverse ces époques mouvementées en explorant les passions du protagoniste. Mattéo se démarque par la qualité de son écriture et son dessin, qui, libéré des contraintes de l’encrage, gagne en expressivité. En parallèle de cette série, Gibrat continue de proposer des scénarios avec la bande dessinée Les Gens honnêtes, dont les illustrations sont assurées par Christian Durieux. Cette œuvre est publiée en quatre tomes entre 2008 et 2016.

Le style de Jean-Pierre Gibrat

À travers des récits teintés d’un pessimisme latent, Jean-Pierre Gibrat se concentre sur la vie quotidienne de personnages vivant dans des cadres exceptionnels comme la clandestinité sous l’Occupation. Plutôt que de développer les actions et les combats, il préfère ainsi montrer leurs réactions lorsqu’ils sont au pied du mur, suscitant de la sorte l’empathie du lecteur. Dans cette perspective, son style de dessin se veut moins réaliste qu’expressif.

Le talent de conteur et de dialoguiste de Jean-Pierre Gibrat se manifeste à travers un trait maîtrisé avec finesse et un éclat particulier des couleurs, permis par la technique de la couleur directe, dans laquelle la couleur et les tracés de contours au noir ne sont pas séparés. En 2006, il se voit récompensé par l’attribution du Prix du dessin au Festival d’Angoulême pour Le Vol du corbeau.

Quelle est la place de Jean-Pierre Gibrat dans le marché de l’art ?

Jean-Pierre Gibrat s’est affirmé au fil des années comme l’un des artistes français les plus prisés : le total des ventes en galerie a ainsi atteint 4 millions d’euros depuis 2012 et ses œuvres peuvent dépasser les 100 000 €. En 2021, la couverture originale du Sursis illustrant son personnage principal derrière les persiennes s’est vendue à 130 000 €. Les planches, illustrations et couvertures originales des albums principaux de Jean-Pierre Gibrat, tels que Mattéo, Le Sursis et Le Vol du corbeau sont estimés entre 3 000 et 60 000 €. Des albums comme Pinocchia et Marée basse se trouvent quant à eux sur le marché pour une valeur comprise entre 1 500 et 4 000 €. L’estimation des dessins de l’auteur, réalisés à l’aquarelle, à l’encre ou à la mine de plomb, s’élève entre 1 000 et 20 000 €. Les croquis et esquisses de Jean-Pierre Gibrat se vendent entre 200 et 800 €. 

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Estimation gratuite Hermann

Hermann

Estimation et cote de l'artiste Hermann

Hermann (né en 1938), de son vrai nom Hermann Huppen, est un auteur belge de bande dessinée réputé pour ses œuvres réalistes, souvent ancrées dans des contextes historiques ou contemporains. Parmi ses travaux les plus notables figurent les bandes dessinées Comanche, Jugurtha, Jeremiah et Les Tours de Bois-Maury. Découvrez ici l’histoire d’Hermann et ses œuvres emblématiques. Besoin d’une expertise Hermann ? Contactez l’équipe d’Estimon’objet !

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Des débuts tardifs dans la bande dessinée

Le parcours d’Hermann n’a pas immédiatement débuté dans le milieu de la bande dessinée. À l’âge de treize ans, il se dirige d’abord vers une école professionnelle d’ébénisterie et suit en parallèle des cours de décoration d’intérieur et d’architecture à l’Académie de dessin de Saint-Gilles à Bruxelles. Devenu dessinateur dans ce domaine, son talent est remarqué par son beau-frère, Philippe Vandooren, le futur rédacteur en chef du journal Spirou. Celui-ci l’incite à explorer le domaine de la bande dessinée et lui permet de publier en 1965 une courte histoire dans Plein-Feu, une revue scoute qu’il dirige.

Ses dessins sont repérés par le scénariste de bande dessinée Michel Regnier dit Greg, qui l’engage dans son studio en 1966. Ensemble, ils créent en 1966 la série Bernard Prince publiée dans le journal Tintin, qui connaît un véritable succès. En parallèle, Hermann dessine les deux premiers albums de la série Jugurtha de 1967 à 1970, sur un scénario de Jean-Luc Vernal. En 1969, à nouveau aux côtés de Greg, il explore le genre du western avec Comanche.

La carrière prolifique d’Hermann

C’est lorsque Greg lui affirme qu’il n’a pas le talent pour être scénariste qu’Hermann commence à envisager cette dimension de la bande dessinée. Cette réflexion aboutit à la création de sa série Jeremiah en 1977, initiée après la lecture du roman Ravages de René Barjavel et décrivant un monde post-apocalyptique à la suite d’une guerre thermo-nucléaire. Son œuvre se diversifie dans les années 1980 avec les histoires humoristiques de Nic, scénarisées par son beau-frère Philippe Vandooren et publiées dans Spirou. À partir de 1984, Hermann se lance dans la série historique Les Tours de Bois-Maury, où il évoque la dureté du Moyen Âge. En 1995, il publie Sarajevo-Tango, une bande dessinée engagée dans laquelle il s’insurge contre l’indifférence des puissances occidentales face au conflit en ex-Yougoslavie. La même année, il illustre Le Secret des hommes chiens en collaboration avec son fils, Yves Huppen.

Hermann poursuit ses productions avec Caastinga en 1997 et un nouveau cycle des Tours de Bois-Maury en 1998. Il renoue avec le western avec On a tué Wild Bill en 1999, puis dessine Lune de guerre, scénarisé par Jean van Hamme. À partir des années 2000, Hermann intensifie sa collaboration avec son fils, devenu son principal scénariste. Ils travaillent ensemble sur des projets tels que Liens de sang, Rodrigo, Manhattan Beach 1957 et Zhong Guo. En 2016, le dessinateur reçoit le Grand Prix de la ville d’Angoulême, qui consacre son statut d’auteur majeur de la bande dessinée. À quatre-vingt-cinq ans, Hermann continue de dessiner : en 2023, il publie le quarantième volume de Jeremiah puis le péplum Brigantus en janvier de l’année suivante.  

Le style d’Hermann

Initialement inspiré par des artistes tels que Jijé et Jean Giraud, Hermann s’est rapidement émancipé de toute influence au profit d’un style personnel. Il affirme ainsi sa place parmi les auteurs majeurs de la bande dessinée réaliste contemporaine grâce à un style vivant et puissant. Déclarant qu’il « n’est pas un dessinateur à l’état pur, mais un raconteur d’histoires à travers le dessin », il s’adapte avec aisance à divers univers, que ce soit l’antiquité romaine, l’univers des westerns ou le Moyen Âge. Dans la construction de ses récits, Hermann n’est pas en possession de tous les éléments narratifs dès le départ, mais préfère en découvrir les aspects au fur et à mesure du processus créatif. Cette méthode lui permet d’adopter une spontanéité et une fraîcheur narrative, tout en laissant de la place à l’imprévu.

La cote d’Hermann sur le marché de l’art

Les œuvres d’Hermann sont généralement vendues à quelques milliers d’euros. L’estimation de ses planches varient selon la série : pour Comanche, leur prix oscille entre 2 000 et 25 000 €. Fin 2023, s’est ainsi vendue la planche originale n°1 du tome Le Désert sans lumière pour 20 100 €, qui illustre le moment clé de la série où le personnage Red Dust s’apprête à être libéré du bagne. À l’image de la série Blueberry dessinée par Jean Giraud, le trait d’Hermann participe à rendre le genre du western plus violent et plus adulte, représentant des paysages rocheux et des personnages harassés par le soleil.

On trouve également sur le marché de l’art des planches de Bernard Prince ou de Jeremiah, estimées entre 1 000 et 15 000 €. Celles des Tours de Bois-Maury sont quant à elles mises en vente entre 4 000 et 8 000 € ; et celles de Lune de guerre, entre 2 000 et 6 000 €. Pour les dessins et aquarelles d’Hermann, l’estimation oscille entre 250 et 20 000 €. Les prix sont néanmoins susceptibles de s’élever significativement lors des ventes : en 2023, la couverture originale de l’album Trois motos… ou quatre (1994) de la série Jeremiah se vendaient à 53 600 €. Sur un fond rouge sang, celle-ci illustre le portrait d’un couple de motards, évoquant avec force l’atmosphère oppressante distinctive de cette série post-apocalyptique.

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Estimation gratuite Uderzo

Uderzo

Estimation et cote de l'artiste Uderzo

Albert Uderzo (1927-2020), nom de plume d’Alberto Aleandro Uderzo, est un auteur français de bande dessinée. Il est le créateur de la célèbre série Astérix, dont les ventes, s’élevant à 393 millions d’exemplaires, font de celle-ci la bande dessinée la plus vendue au monde après le manga One Piece. Découvrez ici l’histoire d’Uderzo et ses œuvres emblématiques. Besoin d’une expertise Uderzo ? Contactez l’équipe d’Estimon’objet !

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La jeunesse d’Uderzo et l’affirmation de son goût pour le dessin

Ayant des parents immigrants italiens, Uderzo raconte qu’il se considérait comme descendant des Romains jusqu’à l’âge de sept ans. C’est à cet âge que ses parents obtiennent la nationalité française, lui permettant ainsi de découvrir à l’école que ses ancêtres sont dorénavant les Gaulois. Alors qu’il s’imagine clown à l’âge de dix ans, son talent pour le dessin se révèle très vite avec Stupido, un personnage issu de son imaginaire qui présente déjà un gros nez comme trait distinctif. À quatorze ans, il est engagé par la Société parisienne d’édition (SPE), spécialisée dans la production de périodiques de bande dessinée. Cet emploi lui permet d’apprendre les bases du métier, notamment le dessin des lettres et la retouche de photographie. Dans le supplément Boum de l’hebdomadaire Junior, édité par la SPE, il publie sa première illustration, une parodie de la fable Le Corbeau et le Renard.

En 1945, à dix-huit ans, il travaille également un temps dans un studio d’animation, déclarant a posteriori qu’il se voit alors « en toute simplicité devenir un jour le Walt Disney français ». La même année, il publie sa première bande dessinée, Flamberge, gentilhomme gascon, une histoire de mousquetaires écrite par Marcel Reville, très marquée par le style Disney. Dès la fin des années 1940, Uderzo devient dessinateur professionnel et multiplie les projets : il dessine en particulier Clopinard, Arys Buck, Belloy l’invulnérable, Zidore l’homme macaque et Capitaine Marvel Jr. Il travaille avec l’hebdomadaire O.K. et le magazine France Dimanche. 

La carrière d’Uderzo dans la bande dessinée

En 1951, Uderzo rencontre le scénariste René Goscinny. Les deux hommes se lient rapidement d’amitié, partageant des passions communes pour Walt Disney, Laurel et Hardy et la bande dessinée. Dès novembre 1951, ils publient leur première collaboration dans l’hebdomadaire féminin Bonnes Soirées, qui consiste en l’illustration d’une rubrique de savoir-vivre. Ils imaginent ensuite les histoires en bande dessinée du corsaire Jehan Pistolet, du reporter Luc Junior, inspiré de Tintin et d’Oumpah-Pah, un jeune indien vivant dans une réserve. Les auteurs rencontrent néanmoins des difficultés pour vendre ce dernier projet, et après l’avoir proposé jusqu’aux États-Unis, où il semble que l’humour sur les natifs américains prenne mal, ils l’abandonnent.

Dans les années 1950, Uderzo montre également sa maîtrise du dessin réaliste avec les séries Tom et Nelly, Enfants du Siècle, Marco Polo et ses illustrations de Sa Majesté mon mari, publiées dans Bonnes Soirées. Tout en continuant de dessiner des planches en abondance pour diverses productions, Uderzo entre, grâce à la recommandation de Goscinny, dans le journal Tintin en 1957. Avec son associé, il réalise diverses histoires, notamment Poussin et Poussif, La Famille Moutonet et La Famille Cokalane. Leur succès les pousse à publier Oumpah-Pah en 1958, dont l’histoire retrace les aventures du natif américain du même nom et de son ami, l’aristocrate français Hubert de la Pâte Feuilletée, Chevalier du Roy. Cette bande dessinée porte en germe ce qui fera le succès d’Astérix, à savoir l’alliance fructueuse de l’humour de Goscinny et du dessin rond et caricatural d’Uderzo. En 1959, le dessinateur participe à la création du journal Pilote. Il y anime deux séries-phares, Les Aventures de Tanguy et Laverdure sur un scénario de Jean-Michel Charlier, ainsi que les fameuses aventures d’Astérix, avec René Goscinny. 

Le succès d’Uderzo et de Goscinny avec la série Astérix

La bande dessinée Astérix met en scène les aventures d’un village d’irréductibles gaulois qui résistent aux légions romaines. Celle-ci se démarque par des scénarios pleins d’humour et des personnages emblématiques, à commencer par Astérix. Au moment de sa conception, Goscinny voit en lui un personnage petit et malingre et demande à Uderzo d’animer un petit bonhomme. Le dessinateur lui ajoute un compagnon plus fort, qui n’était pas prévu : Obélix. Les histoires de ce duo comique, se déroulant tantôt autour de leur village, tantôt dans d’autres contrées comme la Belgique, touchent un large public, du lecteur avide d’action cherchant un simple divertissement à celui qui voudra y trouver matière à réflexion.

Si le premier album, Astérix le Gaulois, connaît des débuts modestes à sa publication en 1961 avec un tirage à 6 000 exemplaires, le succès s’amplifie avec le temps : les histoires du Gaulois deviennent la série phare du journal et les ventes explosent. En 1965, le premier satellite français lancé dans l’espace est même baptisé du nom du personnage principal et un an après, le neuvième album de la série, Astérix et les Normands, est tiré à 1,2 millions d’exemplaires. En 1967, Astérix apparaît sur le grand écran avec le film d’animation Astérix le Gaulois réalisé par Ray Goossens, comptabilisant 2 millions d’entrées. 

La suite d’Astérix menée par Uderzo 

Après vingt-six ans de collaboration, dont dix-huit pour la production d’Astérix, Goscinny décède brutalement en 1977. Si les médias décrètent la fin des histoires du Gaulois, Uderzo reprend la série trois ans plus tard avec Le Grand Fossé. Le succès de la série se confirme davantage avec la création du Parc Astérix en 1981 ainsi qu’avec les multiples adaptations dont elle fait l’objet au cinéma, en particulier le film Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre, réalisé en 2002 par Alain Chabat qui comptabilise plus de 14 millions d’entrées.

À la fin des années 2000, Uderzo ne peut plus dessiner à cause de sa main qu’il a de plus en plus de mal à diriger. Il envisage un temps d’interdire que la série Astérix soit poursuivie après lui mais se ravise finalement : en 2011, il confie le scénario à Jean-Yves Ferri et le dessin à Didier Conrad. En 2023, trois ans après le décès d’Uderzo, le dernier album d’Astérix est publié sous un scénario de Fabcaro sous le nom de L’Iris blanc. Celui-ci est le livre le plus vendu cette année-là en France, avec plus d’un million d’exemplaires écoulés. 

La cote d’Uderzo

En tant que l’une des plus célèbres bandes dessinées au monde, les planches d’Astérix jouissent d’une cote importante sur le marché de l’art, leurs estimations variant entre 40 000 et 300 000 €. La planche numéro 2 de l’album Astérix et les Normands s’est ainsi vendue à 300 000 € en 2016. Le record d’une œuvre d’Uderzo est détenu par la couverture de l’album Le Tour de Gaule, vendue en 2017 à 1,449 millions d’euros. Les planches des autres séries d’Uderzo telles que Belloy et Jehan Pistolet sont estimées entre 3 000 et 18 000 €. Celles de la bande dessinée Oumpah-Pah peuvent quant à elles se vendre jusqu’à 50 000 €. Ses dessins dédicacés et croquis se vendent entre 300 et 7 000 €.
 
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(Illus.) Uderzo

 

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Peyo

Estimation et cote de l'artiste Peyo

​​Peyo (1928 – 1992), de son vrai nom Pierre Culliford, est un auteur belge de bande dessinée, principalement connu pour être le créateur des Schtroumpfs. Affirmant une présence pour « ce qui est empreint de poésie et d’aventure », il écrit notamment des récits à tendance merveilleuse, que ce soit avec le monde de Johan et Pirlouit, peuplé d’enchanteurs et de sorcières, Les Schtroumpfs, ou encore Benoît Brisefer et sa force surhumaine. Il se présente d’ailleurs davantage comme un « conteur » plutôt qu’un dessinateur. Découvrez ici l’histoire de Peyo et ses œuvres emblématiques. Besoin d’une expertise Peyo ? Contactez l’équipe d’Estimon’objet !

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La jeunesse et le début de carrière de Peyo

Dans sa jeunesse, Peyo est un lecteur assidu de revues américaines telles que Hurrah, Robinson et Hop-là : il s’en inspire pour dessiner ses propres cow-boys, Indiens, explorateurs et détectives. Il est également un grand amateur de Tintin et de dessins animés, ceux de Walt Disney notamment. En 1945, il est engagé en tant que gouacheur au Studio CBA (Compagnie belge d’actualités), une petite société produisant des dessins animés et où travaillent comme animateurs les futurs grands noms de la bande dessinée : Franquin, Morris et Eddy Paape. Mais un an après son arrivée, la compagnie est contrainte de fermer ses portes parce qu’elle ne parvient pas à faire face à la concurrence des films d’animation américains. Ce sont en effet cinq années de production qui déferlent sur la Belgique à la Libération, à la suite de la levée de l’interdiction qui pesait sur elles sous l’occupation allemande. Tandis que ses collègues, plus expérimentés, intègrent les éditions Dupuis pour faire de la bande dessinée, Peyo demeure sans emploi.

Il décide de parfaire son style à l’Académie des Beaux-Arts de Bruxelles, mais n’y reste que trois mois, prenant conscience que l’enseignement dispensé ne correspond pas à son désir de faire du dessin humoristique et de la caricature. Peyo commence alors à illustrer des prospectus publicitaires, ce qui lui permet d’assimiler des qualités en matière de graphisme et de composition.

Peyo et la bande dessinée

Peyo réalise ses premiers pas dans la bande dessinée avec Pied-Tendre le petit indien et Les Aventures de Johan en 1946, puis Poussy, le chat en 1949. Grâce à l’intermédiaire de Franquin, il intègre en 1952 l’équipe du magazine Spirou. Il travaille ainsi aux côtés de dessinateurs talentueux comme Franquin (Spirou et Fantasio), Morris (Lucky Luke) et Tillieux (Gil Jourdan) et, bénéficiant de leurs conseils, il améliore son dessin. Grâce à son évolution, il devient même l’un des auteurs vedettes du journal avec Johan et Pirlouit.

À la fin des années 1950, alors qu’il est attablé avec Franquin et ne parvient pas à trouver le nom d’un objet, Peyo demande à son ami de lui « passer le schtroumpf ». De cette blague naît le langage schtroumpf puis les petits personnages à la peau bleue, qui font leur première apparition dans l’épisode La Flûte à six trous de la série Johan et Pirlouit, en 1958. Figurant d’abord comme personnages secondaires, les Schtroumpfs provoquent un tel enthousiasme chez les lecteurs que Peyo est poussé par Yvan Delporte, le rédacteur en chef de Spirou, à les faire évoluer dans leurs propres aventures, publiées cette même année. 
Un an plus tard, Peyo anime également un nouveau personnage à succès avec la bande dessinée éponyme Benoît Brisefer, dont les décors sont réalisés par le dessinateur Will. 

Le succès des Schtroumpfs

Les Schtroumpfs est le plus grand succès de Peyo : les albums ont été vendus à près de 35 millions d’exemplaires et la série a fait l’objet de nombreuses adaptations animées. Dès 1959, les studios TV Animation des éditions Dupuis produisent neuf courts-métrages d’animation, puis deux longs métrages en 1965 et 1975. Au début des années 1980, le succès mondial des Schtroumpfs se concrétise, moins grâce aux albums, finalement réservés à un public francophone, que par les dessins animés américains : Peyo vend ses droits au studio américain Hanna-Barbera, qui réalise 256 épisodes, diffusés pendant vingt-cinq ans sur NBC. Pour leur créateur, le succès des Schtroumpfs s’expliquerait par le fait que « les gens aiment les histoires simples, gentilles, sans violence » et que chacun « peut retrouver autour de lui le Schtroumpf Farceur, Grognon, à Lunettes…, et s’identifier dans une certaine mesure à un Schtroumpf lui-même ». 

Le style de Peyo

Particulièrement marqué par Hergé et Walt Disney dans sa jeunesse, Peyo opère une synthèse de ces deux influences dans son style. À l’auteur de Tintin, il reprend la fluidité de la narration et la lisibilité de la page ; à Walt Disney, l’aspect tout en rondeur du dessin. En grand amateur de dessins animés, il se dit être également inspiré par Tom et Jerry et Tex Avery. Les histoires de Peyo, et notamment Johan et Pirlouit, témoignent de sa fascination pour le Moyen Âge, une époque qu’il associe aux enchanteurs, troubadours et grandes chevauchées. Ses bandes dessinées sont en ce sens souvent empreintes de magie et de merveilleux. 

Quelle est la cote de Peyo sur le marché de l’art ?

Les planches des plus fameuses bandes dessinées de Peyo telles que Johan et Pirlouit et Les Schtroumpfs sont estimées sur le marché entre 40 000 et 180 000 €. En 2014, se vendait ainsi la planche 41 de l’album La Flûte à six schtroumpfs (initialement La Flûte à six trous), qui représente l’une des premières apparitions des petits lutins bleus. Les planches d’autres séries de Peyo, comme Benoît Brisefer ou Poussy, sont estimées entre 6 000 et 40 000 €. Des dessins dédicacés et des croquis sont également mis en vente sur le marché, à un prix oscillant entre 150 et 5 000 €. 

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(Illus.) Cartel : Les Schtroumpfs, Peyo

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Estimation gratuite Maurice Tillieux

Maurice Tillieux

Estimation et cote de l'artiste Maurice Tillieux

Maurice Tillieux (1921-1978) est un scénariste et dessinateur de bande dessinée, connu notamment pour les séries Gil Jourdan, Félix et César. Découvrez ici l’histoire de Maurice Tillieux et ses œuvres emblématiques. Besoin d’une expertise Maurice Tillieux ? Contactez l’équipe d’Estimon’objet !

Estimation gratuite Maurice Tillieux

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Le début de carrière de Maurice Tillieux

La jeunesse de Maurice Tillieux est marquée par les films de Buster Keaton et de Charlie Chaplin qu’il redessine après les avoir visionnés, ainsi que par ses lectures de magazines de bande dessinée comme Cri-Cri et Le Petit Illustré. Il lit également les livres d’André Gide et de Marcel Aymé qu’il apprécie tout particulièrement. Malgré ce goût pour l’art, Maurice Tillieux ne se dirige pas d’emblée vers une carrière de dessinateur : désirant voyager, il aspire à travailler dans la marine marchande et suit pour cela des cours à l’école de navigation d’Ostende, puis d’Anvers. Cependant, la Seconde Guerre mondiale l’oblige à redéfinir ses projets : alors qu’il s’apprête à embarquer à Bordeaux pour l’Amérique du Sud, le port est détruit par un bombardement allemand.

Il se tourne donc vers la littérature policière et publie en 1943, à l’âge de vingt-deux ans, Le Navire qui tue ses capitaines. Ce roman tire son inspiration du Meurtre de Roger Ackroyd d’Agatha Christie, où le coupable est le narrateur et du Mystère de la chambre jaune de Gaston Leroux, qui met en scène un enquêteur particulièrement sagace. Il écrit deux autres romans en 1944 et 1945, mais finit par abandonner le roman, réalisant qu’il ne peut pas en vivre et que la bande dessinée offre des possibilités d’expression intéressantes. Dès 1944, Maurice Tillieux collabore ainsi à plusieurs journaux : caricatures et illustrations pour Le Moustique, bandes dessinées pour Bimbo ; il publie également dans Jeep, Blondine et, de manière plus anecdotique, dans Spirou.

À partir de 1947, il fait carrière dans le magazine belge Héroïc-Albums, pour lequel il dessine pendant quelque temps les histoires d’un marin de la série Bob Bang ainsi que des westerns avec Bill Sanders. Deux ans plus tard, il crée dans ce même journal son premier personnage à succès, le journaliste-détective Félix, inspiré des romans policiers. Après soixante-sept histoires de cette série, Maurice Tillieux y met un terme puis collabore avec Le Journal de Spirou.

La création de Gil Jourdan dans le journal Spirou

Charles Dupuis, l’éditeur du journal Spirou, l’accueille avec quelques réserves : il estime que son dessin, par sa ligne claire et sa sobriété, se rapproche davantage de celui de l’École de Bruxelles, associé au journal concurrent Tintin, que de celui de l’École de Marcinelle propre à Spirou. Il pousse Maurice Tillieux à adopter le style du journal, lequel privilégie l’humour et la caricature au moyen d’un trait dynamique et rond. À défaut de pouvoir continuer les aventures de Félix telles quelles, Maurice Tillieux reprend donc les personnages de la série en les adaptant à l’identité visuelle de Spirou et crée la bande dessinée Gil Jourdan. Si le style change, l’atmosphère de roman policier demeure, la série instillant un aspect plus noir et sérieux alors inédit dans le journal Spirou, cela sans écarter la dimension comique. La série rencontre un grand succès.

En parallèle de Gil Jourdan, Maurice Tillieux mène d’autres projets comme César et Ernestine dans Spirou puis dans Le Moustique, une série comique mettant en scène le dessinateur de bande dessinée César qui doit faire face à des problèmes du quotidien. En 1958, Maurice Tillieux reprend finalement son personnage Félix, l’améliore graphiquement et le rebaptise Ange Signe, pour publier ses aventures dans le magazine publicitaire Ima.

Le style graphique et les thématiques abordées par Maurice Tillieux

Gil Jourdan est l’un des plus grands succès de Maurice Tillieux. Pour José-Louis Bocquet, spécialiste de la série, Maurice Tillieux a su trouver à travers elle « le difficile équilibre entre dérision et action », ses histoires oscillantes entre le récit policier, l’aventure et l’humour. L’auteur aime faire évoluer ses personnages dans des endroits isolés et empreints de mystère, où après plusieurs péripéties, le jeune détective parvient à résoudre une affaire. Estimant qu’« on anime difficilement le héros » et que ce sont « les personnages secondaires qui font une série », Maurice Tillieux donne une place importante à ces figures. Gil Jourdan est ainsi aidé dans ses aventures par Libellule, un ancien repris de justice passé maître dans les plaisanteries douteuses, l’inspecteur Crouton et la secrétaire Queue-de-Cerise. Grand amateur des films burlesques de Charlie Chaplin et de Buster Keaton dans sa jeunesse, le dessinateur instille également à travers ces personnages un véritable humour visuel.

Les dialogues, avec leurs répliques cinglantes dignes d’un Michel Audiard (Les Tontons flingueurs, 1963) auquel Tillieux est parfois comparé, sont également l’une des principales composantes de son œuvre. 
Quant aux décors, d’un grand réalisme, ils donnent à voir des paysages ruraux et des quartiers populaires. Maurice Tillieux excelle également dans la représentation de voitures, les mettant en scène dans de multiples carambolages.

La carrière de Maurice Tillieux en tant que scénariste fameux

Maurice Tillieux est un scénariste de talent, faisant preuve d’une maîtrise de la narration et d’un grand sens dans le découpage des scènes. Au milieu des années 1960, il devient l’un des scénaristes les plus prolifiques de Spirou, écrivant des histoires pour les dessinateurs Jean Roba (La Ribambelle), Will (Tif et Tondu), Roger Leloup (Yoko Tsuno), ou encore François Walthéry (Natacha), pour ne citer qu’eux.
Particulièrement sollicité, Maurice Tillieux a de moins en moins de temps à consacrer à la série Gil Jourdan. En 1969, son éditeur Charles Dupuis le pousse à confier le dessin de sa bande dessinée à Roland Goossens, surnommé Gos, et à ne produire que des scénarios pour le périodique, celui-ci n’ayant que trop peu de scénaristes pour assurer l’entièreté des productions.

La cote de Maurice Tillieux sur le marché de l’art

Sur le marché de l’art, les planches de Félix sont estimées entre 500 et 5 000 €, celles de César et Ernestine entre 550 et 2 000 €. Si les planches de Gil Jourdan se vendent quant à elles entre 1 000 et 20 000 €, certaines voient leur prix s’envoler jusqu’à 60 000 €, voire davantage. En 2022, se sont vendues ainsi en Belgique à 190 989 et 157 429 € deux planches de l’album Gil Jourdan – Libellule s’évade. Dans la même vente, une planche des Cargos du crépuscule a quant à elle été adjugée à 44 519 €, pour une estimation initiale de 12 000/18 000 €.

Les dessins dédicacés et les croquis de Maurice Tillieux se vendent également pour une estimation comprise entre 150 et 800 €. Les albums en édition originale sont estimés entre 200 et 1 500 €.  Vous souhaitez faire expertiser une œuvre de Maurice Tillieux et recevoir son estimation ? Remplissez votre demande via notre formulaire en cliquant ici. Faites estimer une œuvre de Maurice Tillieux en quelques clics et recevez une réponse sous quelques jours. C’est gratuit et totalement confidentiel !

5Illus.) Cartel : Gil Jourdan, Maurice Tillieux

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Estimation gratuite Edgar P Jacobs

Edgar P Jacobs

Estimation et cote de l'artiste Edgar P Jacobs

Edgard Félix Pierre Jacobs, dit Edgar P. Jacobs (1904-1987), est un auteur de bande dessinée belge, principalement connu pour la série Blake et Mortimer, publiée pour la première fois dans le journal Tintin en 1946. Artiste lyrique contrarié, aspirant à faire carrière dans le spectacle, c’est obligé qu’Edgar P. Jacobs se tourne vers la bande dessinée. Il sublime néanmoins son dessin en faisant de ses récits de véritables « grands opéras », où « chacun comporte ses héros, ses traîtres, un père noble ou un grand prêtre, ses chœurs et même ses ballets, ainsi que ses décors qui donnent l’ambiance ». Découvrez ici l’histoire de Edgar P. Jacobs et ses œuvres emblématiques. Besoin d’une expertise Edgar P. Jacobs ? Contactez l’équipe d’Estimon’objet !

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La jeunesse d’Edgar P. Jacobs et la naissance de son goût pour l’art

Edgar P. Jacobs se passionne très tôt pour le dessin. Dans sa jeunesse, il est marqué par les gravures de Gustave Doré et par les illustrateurs de récits comme Henri Lanos, Edmond Dulac ou encore René Lelong. Il réalise ses premiers dessins à l’encre de Chine, cette activité étant la seule récréation qu’on lui autorise. Il grandit en effet dans une atmosphère studieuse, qui est aussi pour lui l’occasion de lire des livres de géographie, d’histoire et de sciences qui l’enthousiasment. Edgar P. Jacobs montre également un goût prononcé pour le spectacle et la musique. Il est un amateur d’opéra, de cinéma et de théâtre, dans lesquels il trouve une part de mystère qui le fascine. À douze ans, il est bouleversé par une représentation de Faust de Charles Gounod, où « tout étant joué, chanté en même temps », il se sent « comme envoûté ».

En 1919, il intègre l’Académie royale des Beaux-Arts de Bruxelles. C’est une période durant laquelle il est influencé notamment par Dürer, Holbein et Clouet, de grands maîtres dont il juge le dessin rigoureux et parfait d’un point de vue esthétique. Il admire aussi la grande peinture d’histoire du XIXe siècle.

La première carrière d’Edgar P. Jacobs dans la musique

À partir de 1921, Edgar P. Jacobs commence à exercer de petits métiers : il travaille en tant que dessinateur de bijoux, d’orfèvrerie, de broderie et retoucheur de photographies. Il devient également figurant au Théâtre royal de la Monnaie de Bruxelles, puis choriste au spectacle du Casino de Paris avec la célèbre artiste de music-hall Mistinguett. Il réalise en parallèle des illustrations pour des catalogues, tels que ceux pour les Grands Magasins de la Bourse.

De retour d’un an de service militaire en 1925, Edgar P. Jacobs décide de se consacrer à une carrière de chanteur d’opéra. Tout en poursuivant son travail dans l’illustration, il étudie ainsi le chant au Conservatoire royal de Bruxelles. En 1929, il remporte le grand prix d’excellence de chant puis est engagé la même année par l’Opéra de Lille. Il s’y produit pour de célèbres opéras, notamment pour Aida, Lakmé ou encore Manon. À ces occasions, on retient ses dessins de décors et de costumes pour différents spectacles. Cependant, la Seconde Guerre mondiale marque un arrêt dans la carrière d’artiste d’Edgar P. Jacobs : les cachets de moins en moins fréquents et le rythme du métier le poussent à renoncer à la scène. En 1940, il se tourne donc vers l’illustration pour en vivre. 

Le début d’une carrière de dessinateur

En 1941, Edgar P. Jacobs est engagé en tant que dessinateur dans l’hebdomadaire Bravo !, un magazine destiné à la jeunesse publiant des contes, des nouvelles et des romans, ainsi que des bandes dessinées américaines telles que Félix le Chat et Flash Gordon. Mais avec l’entrée en guerre des États-Unis, l’importation des publications américaines prend fin en 1942. La rédaction de Bravo ! demande alors à Edgar P. Jacobs de proposer une suite à Flash Gordon, une bande dessinée de science-fiction dessinée par Alex Raymond qui connaît un grand succès. Son travail est une réussite, à tel point qu’on lui demande de produire une nouvelle série exclusive au journal dans la lignée de Flash Gordon.

En 1943, Edgar P. Jacobs élabore donc son premier album de bande dessinée avec Rayon U. S’il suit dans un premier temps le style d’Alex Raymond, il s’en affranchit au fil des planches pour développer son propre imaginaire, convoquant des références littéraires qui lui sont propres, notamment Le Monde Perdu de Sir Arthur Conan Doyle. Rayon U rencontre un grand succès auprès des lecteurs de Bravo !.

La collaboration avec Hergé

Convaincu par la qualité des planches de Rayon U qui témoignent d’une véritable attention portée à la couleur et aux décors, Hergé engage en 1944 Edgar P. Jacobs en tant que décoriste et coloriste. Il le charge de réaliser la colorisation des premiers albums des Aventures de Tintin demandée par l’éditeur Casterman, en particulier de Tintin au Congo, Tintin en Amérique, Le Lotus bleu et Le Sceptre d’Ottokar. Edgar P. Jacobs travaille également sur Le Trésor de Rackham le Rouge, Les Sept Boules de cristal et Le Temple du Soleil. En 1946, Edgar P. Jacobs fait partie de l’équipe fondatrice du journal Tintin. Il y signe des illustrations du roman La Guerre des mondes de H. G. Wells, publié en feuilleton, ainsi que Le Secret de l’Espadon, la première aventure de sa série de bande dessinée Blake et Mortimer. Un an après, Edgar P. Jacobs cesse sa collaboration avec Hergé pour se consacrer à ses propres productions.

Blake et Mortimer : le grand succès d’Edgar P. Jacobs 

De 1946 au début des années 1970, Edgar P. Jacobs publie dans le journal Tintin huit aventures de Blake et Mortimer, dont Le Secret de l’Espadon (1946-1949), Le Mystère de la Grande Pyramide (1950-1952), La Marque jaune (1953-1954) et L’Énigme de l’Atlantide (1955-1956). Inscrivant l’intrigue dans les années 1940 à 1960, ces récits mettent en scène les aventures de Philip Mortimer, un spécialiste en physique nucléaire, et de Francis Blake, un ancien pilote de la Royal Air Force et agent du MI5, le service britannique de renseignement. Ils sont régulièrement confrontés à Olrik, le principal antagoniste de la série.

Ces histoires oscillent entre réalisme et science-fiction, mettant en scène des inventions scientifiques hors du commun et des mondes fantastiques. Les bandes dessinées d’Edgar P. Jacobs ont selon lui pour but « de dépayser, de faire jouer l’imagination, mais aussi d’inciter à la réflexion ». Le lecteur a donc la possibilité d’apprendre tout en se distrayant, à travers des scénarios denses, inventifs et crédibles. Pour le scénariste belge Yves Sente, Edgar P. Jacobs n’a en ce sens « jamais hésité à aligner du texte », ce qui témoigne de son goût pour le théâtre et l’opéra. Pour lui, « cela explique aussi la présence de codes stricts dans la gestuelle des personnages » comme les costumes revêtus à de nombreuses reprises. 

Le style graphique de Blake et Mortimer

Si les premiers albums de Blake et Mortimer sont marqués par une influence d’Alex Raymond, l’auteur de Flash Gordon, le dessin s’oriente dès le deuxième album, Le Mystère de la Grande Pyramide, vers un trait plus clair et moins réaliste, inspiré d’Hergé. La troisième aventure de Blake et Mortimer, La Marque jaune, constitue une nouvelle rupture : Edgar P. Jacobs renonce au graphisme sobre de la ligne claire pour un réalisme expressif et précis. Malgré le nombre restreint d’albums, Blake et Mortimer est l’un des plus grands succès de la bande dessinée franco-belge. À la mort de l’auteur, la série est reprise par plusieurs auteurs, dont Jean Van Hamme et Yves Sente au scénario, Ted Benoit et André Juillard au dessin.

Quelle est la cote d’Edgar P. Jacobs sur le marché de l’art ?

En 1984, à l’âge de soixante-dix-neuf ans, Edgar P. Jacobs crée la Fondation Jacobs à laquelle il confie ses originaux afin d’« éviter la dispersion anarchiste » et « la mainmise par certains affairistes ». Il s’agit de pas moins de 700 planches et des centaines d’esquisses et de calques qui sont placés dans les sous-sols de la banque Lambert de Bruxelles. Mais en 2015, après la dissolution de la Fondation, devenue ingouvernable, on découvre qu’il manque au moins 200 planches, dont seulement une quinzaine auraient été vendues aux enchères ces dernières années. Une planche originale de Blake et Mortimer vaudrait ainsi a minima 60 000 € : en 2010, l’original numéro 35 du Mystère de la grande pyramide s’est ainsi vendu ainsi à 105 500 € ; en 2015, la planche numéro 8 de La Marque jaune a atteint pour sa part 205 500 €. Des strips (des bandes dessinées de quelques cases) de Blake et Mortimer sont également présents sur le marché, pour une estimation entre 9 000 et 18 000 €. Les dessins originaux d’Edgar P. Jacobs se vendent entre 3 000 et 9 000 €. Quant aux sérigraphies et lithographies, celles-ci sont estimées entre 200 et 900 €. 

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(Illus.) Cartel : Extrait de l’album Le Mystère de la Grande Pyramide, série Blake et Mortimer, Edgar P. Jacobs, Les Éditions du Lombard, Belgique, 1950-1952

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Estimation gratuite Jean-Marc Rochette

Jean-Marc Rochette

Estimation et cote de l'artiste Jean-Marc Rochette

Né en 1956, Jean-Marc Rochette est un peintre, sculpteur, illustrateur et auteur de bande dessinée français. Il est connu pour être le dessinateur des séries Edmond le cochon (1979) et Le Transperceneige (à partir de 1982), ainsi que le créateur des bandes dessinées Ailefroide, altitude 3954 (2018), Le Loup (2019) et La Dernière Reine (2022). Ces dernières réalisations, qui sont aussi les plus personnelles, laissent transparaître son amour de la montagne qui l’a guidé dans son œuvre. Découvrez ici l’histoire de Jean-Marc Rochette et ses œuvres emblématiques. Besoin d’une expertise Jean-Marc Rochette ? Contactez l’équipe d’Estimon’objet !

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L’affirmation du goût pour l’art chez Jean-Marc Rochette

Jean-Marc Rochette grandit à Grenoble, une ville où l’on trouve, selon le mot de Stendhal, « au bout de chaque rue, une montagne ». Dès son adolescence, il nourrit son goût pour l’art en visitant chaque semaine le musée municipal de Grenoble, où il admire les œuvres de Chaïm Soutine, Georges de La Tour et Henri Fantin-Latour. Il suit pendant un an des cours en histoire de l’art, avant de s’inscrire en arts plastiques à Aix-en-Provence.

Alors qu’il projette de devenir guide de haute montagne, Jean-Marc Rochette est victime en 1976 d’un grave accident lors d’une ascension dans l’Oisans. Des années plus tard, il raconte cet événement dans l’album de bande dessinée Ailefroide, altitude 3954 (2018), dans lequel il déclare : « je me suis toujours imaginé alpiniste, mais au moment de mourir, c’est le dessin que je regrette ». Il renonce ainsi à cette voie pour se tourner vers une carrière artistique.

Les débuts dans la bande dessinée

À la fin des années 1970, Jean-Marc Rochette estime que la peinture et la montagne ne sont pas les sujets les plus en vogue. Il n’en fait donc pas tout de suite sa spécialité, et publie ses premières bandes dessinées dans les magazines Actuel et L’Écho des savanes. Dans ce dernier, il travaille avec Martin Veyron au scénario pour créer la série Edmond le cochon, une bande dessinée à l’humour cynique, influencée par l’underground américain, qui est un genre de bande dessinée moquant les valeurs morales admises à l’époque.

En 1984, Jean-Marc Rochette crée avec le scénariste Jacques Lob Le Transperceneige, une bande dessinée de science-fiction post-apocalyptique sur fond de lutte des classes. Ce premier tome remporte le prix décerné par le journal Témoignage Chrétien au festival d’Angoulême un an plus tard.
Dans les années qui suivent, Jean-Marc Rochette mène plusieurs projets, dont Requiem blanc en 1987 sur un scénario de Benjamin Legrand, ainsi que des illustrations pour la littérature jeunesse comme Le Petit Poucet ou Pinocchio.

Les premiers essais à la peinture de l’artiste

À la fin des années 1980, Jean-Marc Rochette se consacre à la peinture. Considérant que celle-ci est vaine lorsqu’elle prétend au réalisme et qu’elle est « essentiellement de la matière », il abandonne la couleur et se met à peindre des gris. Son raisonnement l’amène peu à peu à considérer la matière comme anecdotique, jusqu’à atteindre, selon son expression, la « négation de la peinture », voire du réel lui-même. Sentant que cette réflexion lui fait perdre pied avec la réalité, il décide d’adopter une approche plus humble dans les années 1990, à travers la peinture de paysage. Il trouve un renouveau grâce à la bande dessinée dans les années 1990 en reprenant sa collaboration avec Benjamin Legrand pour la conception du Tribut en 1995, puis du second tome du Transperceneige en 1999.

Le succès de Jean-Marc Rochette : un artiste au sommet

Après avoir mené des projets sans grand succès en bande dessinée et glissant une nouvelle fois vers l’abstraction en peinture, Jean-Marc Rochette décide de s’installer à Berlin en 2008. Là-bas, il parvient à porter un regard neuf sur le monde, ce qui lui permet de renouer avec la peinture. Ses aquarelles laissent alors transparaître davantage d’énergie, ses bleus sont plus profonds.

En 2009, il crée la bande dessinée Himalaya Vaudou avec le scénariste Fred Bernard. De cet album, ce sont sans doute les premières pages, réalisées à la peinture et dont émergent des monts enneigés, qui ont amené Elisabeth Chambon, alors conservatrice du musée Géo-Charles d’Échirolles, à le contacter pour une exposition. Lui suggérant de peindre des montagnes, elle fait ainsi naître en lui le désir de figurer l’endroit où il avait failli mourir trente ans plus tôt. En 2010, il peint dans cette optique Le Couloir, une oeuvre où le blanc des montagnes rencontre le sang du grimpeur. Ce tableau est décisif dans sa représentation des montagnes.

En 2013, la sortie du film Snowpiercer, Le Transperceneige du réalisateur coréen Bong Joon-ho relance la carrière de Jean-Marc Rochette. En 2015, ce dernier publie avec le scénariste Olivier Bocquet le quatrième volet de la série Le Transperceneige, puis sa bande dessinée autobiographique, Ailefroide, altitude 3954, en 2018, qui rencontre un grand succès.

Pendant cette période, Jean-Marc Rochette retourne en France pour s’installer dans les Alpes, au massif des Écrins. Là-bas, il se remet à l’alpinisme et consacre du temps au dessin, à la peinture et à l’écriture. En 2019, il célèbre ces montagnes dans le roman graphique Le Loup, un récit retraçant la confrontation d’un berger avec un loup, soit de l’homme avec la nature. En 2022, paraît La Dernière Reine, un titre désignant la dernière ourse abattue dans le Vercors en 1868. Pour Jean-Marc Rochette, cet album constitue l’aboutissement de sa carrière. Celle-ci est un succès, se vendant, comme Ailefroide et Le Loup, à plus de 100 000 exemplaires. Après cet album, l’artiste décide de laisser de côté les histoires et de se consacrer uniquement à la peinture et la sculpture.

Les deux facettes de Jean-Marc Rochette

Jean-Marc Rochette adopte une approche différente de l’image selon qu’il est peintre ou dessinateur. En peinture, il représente des paysages et notamment des montagnes, leur beauté lui procurant un « sentiment de plénitude » et lui permettant « d’explorer son lien avec le réel ». Pour lui, la maîtrise d’un tableau ne doit pas être absolue, cela afin que celui-ci « s’autogénère ». En ce sens, sa peinture serait à l’image de la nature, désordonnée en apparence mais en réalité harmonieuse. Pour Jean-Marc Rochette, peindre revient à « capter le mystère de la matière, la chair du monde », l’œuvre devenant ainsi une « zone où la parole n’a pas sa place ».

Au contraire, le dessin est le lieu de la « maîtrise », où l’on doit « concilier liberté et lisibilité ». Mais si dessiner est selon lui déjà une manière de saisir un objet, de le comprendre et le décrypter, il s’agit aussi de rechercher l’humanité dans ses sujets, afin de leur donner un « poids charnel et humain ». Comme dans ses peintures, son trait est dynamique et expressif.

La place de Jean-Marc Rochette dans le marché de l’art 

Quelques planches des albums les plus emblématiques de Jean-Marc Rochette, tels que Le Transperceneige, Ailefroide, altitude 3954, Le Loup et La Dernière Reine sont mis en vente sur le marché de l’art à une estimation de 3 000 à 7 000 €. Les couvertures originales des albums connaissent la même tranche de prix. Les peintures de Jean-Marc Rochette sont quant à elles mises en vente entre 1 500 et 1 800 € lorsqu’elles sont réalisées à l’acrylique, et entre 3 000 et 4 000 € pour les aquarelles. Ce sont toutefois ses représentations de montagnes qui valent le plus cher, celles-ci, généralement réalisées à l’encre de Chine et lavis, étant estimées entre 4 000 et 7 000 €. Fin 2023, se vendait aux enchères à 14 950 € la couverture originale de La Dernière Reine, accompagnée de son étude couleur à l’aquarelle et encre de Chine. Celle-ci représente l’ours se détachant sur la montagne au lointain, dessinée sur le bleu profond du ciel. 

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Estimation gratuite Milo Manara

Milo Manara

Estimation et cote de l'artiste Milo Manara

Né en 1945, Milo Manara est un dessinateur et scénariste de bande dessinée italien, dont l’œuvre somptueuse et prolifique s’est élaborée sur près de cinquante années de carrière. Connu notamment pour ses dessins érotiques, Milo Manara est considéré comme un maître dans le domaine, notamment grâce à sa manière de magnifier la sensualité de la femme. Découvrez ici l’histoire de Milo Manara et ses œuvres emblématiques. Besoin d’une expertise Milo Manara ? Contactez l’équipe d’Estimon’objet !

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Des débuts de Milo Manara à son succès

Milo Manara naît en 1945 à Luson, une petite ville de montagne dans le Nord-Est de l’Italie. Faisant preuve d’un goût prononcé pour l’art, il réalise dès l’âge de douze ans des panneaux décoratifs sur commande, puis intègre quelques années plus tard un lycée artistique. Il s’installe ensuite à Vérone pour travailler en tant qu’assistant auprès du célèbre sculpteur espagnol Miguel Berrocal. Il poursuit en parallèle ses études à la Faculté d’architecture de Venise. Alors qu’il n’avait jamais été particulièrement intéressé par la bande dessinée, Manara est séduit par ce médium à la lecture des albums Barbarella de Jean-Claude Forest et Pravda la Survireuse de Guy Peellaert. Il voit alors dans la bande dessinée un moyen de toucher le grand public, ce qui le convainc de s’éloigner d’une peinture plus classique.

À la fin des années 1960, il fait ses débuts en tant que dessinateur de bande dessinée avec notamment la série Genius, qui propose une intrigue à la fois policière et érotique. Il est ensuite engagé par les éditions ErreGi, des initiales de Renzo Barbieri et Giorgio Cavedon, qui produisent des dizaines de ses titres érotiques. Durant cette période, Milo Manara multiplie les travaux en mûrissant un style de plus en plus personnel. En 1978, il crée son premier personnage à succès avec l’album HP et Giuseppe Bergman, « HP » faisant référence à son professeur et mentor Hugo Pratt, l’auteur de Corto Maltese, et Giuseppe Bergman à lui-même. Hugo Pratt marque en effet profondément Manara dans son travail, le poussant à replacer l’aventure au centre de sa narration et à écrire ses propres histoires. 

Sa renommée devient internationale au début des années 1980 avec la publication du Déclic, une histoire résolument érotique vendue à plus d’un million d’exemplaires et adaptée au cinéma. Fort de ce succès, il poursuit son œuvre dans cette même veine érotique avec la publication du Parfum de l’invisible, dans lequel évolue Miele, l’un de ses personnages féminins les plus célèbres.

Les collaborations de Milo Manara

En collaboration avec Hugo Pratt qui lui fournit les scénarios, Milo Manara dessine deux ouvrages d’aventure fondamentaux pour sa carrière. Le premier, Un été indien, est publié dans le magazine Corto Maltese de 1983 à 1985. Prenant place dans le contexte de la colonisation américaine au XVIIIe siècle, l’histoire relate la difficile coexistence d’un village puritain et d’une tribu indienne. Le second album, El Gaucho, produit par Il Grifo au début des années 1990, développe la tentative de conquête de Buenos Aires au début du XIXe siècle par les Anglais sur les Espagnols.

En 1987, Milo Manara commence sa collaboration avec le réalisateur de cinéma Federico Fellini, dont les œuvres, notamment Huit et demi, l’avaient déjà beaucoup influencé. Il réalise pour lui des illustrations pour des scénarios et utilise l’un de ses textes pour la bande dessinée aux tons oniriques Voyage à Tulum, parue dans Corto Maltese en 1989. Ensemble, ils travaillent sur l’un des projets les plus personnels du réalisateur, Le voyage de G. Mastorna, dit Fernet. Pour Fellini, Manara dessine également les affiches des films l’Intervista et La voix de la lune.

Milo Manara réalise de nombreuses collaborations sur le plan international. À titre d’exemple, Chanel retient son scénario pour le film publicitaire Le Chaperon rouge, réalisé par Luc Besson en 1998. Le dessinateur travaille également pour les maisons d’éditions DC Comics et Marvel Comics, contribuant à la production de couvertures pour les héroïnes les plus importantes de ces univers comme Black Widow. En 2022, il dessine pour le cinéaste espagnol Pedro Almodovar les illustrations pour son texte de jeunesse Le Feu aux entrailles. 

Un maître de la bande dessinée érotique, mais pas seulement

Le dessin de Milo Manara se démarque par son raffinement et sa virtuosité. Il décrit son style comme étant “assez académique” et prend pour modèle les canons de la Grèce antique et de la Renaissance. Il cite également le dessinateur français Jean Giraud pour ses influences de jeunesse, connu en particulier pour son western Blueberry et ses œuvres de science-fiction, publiées sous le pseudonyme de Moebius.

L’œuvre de Milo Manara est profondément marquée par l’érotisme et le fantasme, ses dessins donnant à voir des personnages largement idéalisés. À la fin du siècle dernier, il s’inscrit dans le mouvement de remise en question des tabous de la société qui avait pris naissance lors des événements de Mai 68. 
Cependant, si son corpus d’œuvres le plus éminent consiste effectivement dans ses productions érotiques, Manara se révèle être un véritable maître de la narration, n’hésitant pas à mettre son talent au service de l’aventure. En sont la preuve les albums Les Aventures de Giuseppe Bergman, Gullivera, Christophe Colomb ou encore Borgia, pour ne citer qu’eux.

Ses bandes dessinées sont aussi empreintes d’humour et parfois d’onirisme, les scènes pouvant passer d’une situation ordinaire à un univers fantasmatique. Le Nom de la Rose illustre cette tendance de l’artiste, l’album alternant entre la crudité de la violence du Moyen Âge et la richesse de la fantaisie de cette époque. 

La cote de Milo Manara

Sur le marché de l’art, les œuvres érotiques de Manara sont particulièrement prisées. En 2016, vingt-cinq aquarelles de l’artiste représentant Brigitte Bardot ont ainsi été vendues pour près de 600 000 €, chacune étant estimée entre 15 et 20 000 €. La plus chère, adjugée à 35 000 €, décrit la nudité de l’actrice, assise, les genoux repliés sur sa joue. Pour les illustrations à l’encre de Chine et à l’aquarelle, la fourchette est assez large, celles-ci étant évaluées entre 2 000 et 15 000 €. Les planches de bande dessinée de Milo Manara sont quant à elles estimées entre 10 000 et 15 000 € pour ses albums les plus fameux (Le Déclic, Le Parfum de l’invisible) et entre 1 000 et 10 000 € pour les autres. Ses comics strips (des bandes dessinées de quelques cases) se vendent entre 600 et 1 500 €. L’estimation de ses dessins originaux s’élève en moyenne entre 150 et 600 €, mais les illustrations de ses œuvres les plus célèbres comme Les Aventures de Giuseppe Bergman peuvent s’évaluer entre 700 et 900 €. 

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Grzegorz Rosinski

Estimation et cote de l'artiste Grzegorz Rosinski

Grzegorz Rosinski (né en 1941) est un dessinateur et scénariste de bande dessinée polonais, notamment connu pour la série Thorgal. Il est considéré comme l’un des meilleurs dessinateurs de bande dessinée réalistes. Découvrez ici l’histoire de Grzegorz Rosinski et ses œuvres emblématiques. Besoin d’une expertise Grzegorz Rosinski ? Contactez l’équipe d’Estimon’objet !

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La formation artistique de Rosinski

Grzegorz Rosinski naît en 1941 dans le Sud-Est de la Pologne, alors occupé par les Allemands. Son premier contact avec l’art advient à ses cinq ou six ans, lorsqu’il trouve une Bible illustrée par Gustave Doré dans les décombres d’une maison bombardée de son quartier. Très tôt, il découvre la bande dessinée occidentale avec le journal français Vaillant, édité par le Parti communiste français dans les pays du bloc de l’Est. S’il ne comprend pas la langue, le jeune Rosinski n’en demeure pas moins profondément marqué par l’esthétique de la bande dessinée, un genre pourtant très mal considéré dans les pays communistes où on l’assimile au capitalisme américain. Ainsi, à l’âge de dix ans, il dessine ses premières histoires. En 1955, Rosinski intègre le Lycée des beaux-arts de Varsovie, en parallèle duquel il publie ses dessins dans le journal scout Correspondant Passe-Partout. Il poursuit ses études à l’Académie des beaux-arts de la même ville, dont il sort diplômé en 1967. 

Des premiers travaux de Rosinski à ses collaborations avec les artistes d’Occident

Rosinski travaille jusqu’en 1976 en tant qu’illustrateur de pochettes de disques pour le studio d’enregistrement Polskie Nagrania, ainsi que pour des manuels scolaires publiés chez Nasza Ksiegarnia. Il publie également ses premières bandes dessinées chez les éditions Sport et Tourisme de 1969 à 1976. En 1976, Rosinski devient le directeur artistique du premier magazine de bande dessinée polonais, Relax, dans lequel il publie des récits historiques et de science-fiction. Ayant déjà acquis une certaine expérience en Pologne, il décide cette même année de se rendre en Belgique afin de découvrir les méthodes des auteurs de bande dessinée occidentaux. Là-bas, il collabore avec l’hebdomadaire Tintin et le journal Spirou, pour lequel il dessine des récits humoristiques, publiés dans son supplément Le Trombone illustré. En 1977, le journal Tintin fait paraître les premières planches de Thorgal avec l’épisode La Magicienne trahie, que Rosinski réalise avec le scénariste Jean Van Hamme. Cette bande dessinée, dont l’histoire oscille entre heroic fantasy et science-fiction, rencontre un franc succès. Trois ans plus tard, Rosinski s’associe avec André-Paul Duchâteau pour la série de science-fiction Hans, publiée jusqu’en 1988 dans le journal Tintin puis jusqu’en 2000 chez les éditions du Lombard. En 1982, après avoir travaillé avec des auteurs belges, il prend la décision de s’installer dans ce pays avec sa famille. 

Il entreprend une nouvelle collaboration avec Jean Van Hamme pour Le Grand Pouvoir du Chninkel, une bande dessinée s’inspirant de l’univers de Tolkien publiée en 1986 dans la revue (À suivre). Superbement illustrée en noir et blanc par Rosinski, celle-ci donne à voir un dessin réaliste et fouillé permettant de jouer avec les contrastes de lumière. En 1989, elle reçoit le prix de l’Alph’Art du public au festival d’Angoulême. Rosinski est ainsi un auteur prolifique, qui en parallèle de Thorgal, publie de nombreuses autres œuvres. Toujours dans le genre de la fantasy, il travaille par exemple en 1993 avec Jean Dufaux pour la Complainte des landes perdues. Il se penche également sur des histoires plus réalistes avec Western, sur un scénario de Jean Van Hamme en 2001, puis La Vengeance du comte Skarbek en 2004 et 2005, écrite par Yves Sente. Cette bande dessinée est l’occasion pour lui de s’essayer à une nouvelle technique de dessin plus proche de la peinture, celle de la couleur directe qui consiste à ne pas séparer la couleur et les tracés de contours noirs. Il reprend cette manière de dessiner pour le 29e album de Thorgal, Le Sacrifice, qui est aussi le dernier scénarisé par Van Hamme. La série Thorgal se poursuit néanmoins avec de nouveaux scénaristes, dont Yves Sente et Yann. En 2018, Rosinski dessine son dernier tome Aniel, avant de passer la main au dessinateur Fred Vignaux.

Thorgal : une série au grand succès

Vendue à 16,6 millions d’exemplaires de 1980 à 2018 et s’écoulant à près de 400 000 albums chaque année, la série Thorgal représente l’un des plus grands succès de la bande dessinée. Apparaissant de prime abord comme une saga viking classique, celle-ci se révèle rapidement être une série oscillante entre l’heroic fantasy et la science-fiction, laissant une place majeure aux mythes et aux légendes. La série ayant été produite sur quarante ans, elle est le reflet de l’évolution du style de Rosinski. D’un dessin traditionnel et foisonnant fondé sur un ancrage net, Rosinski passe en effet dans les années 2000 à la couleur directe, un procédé permettant de rapprocher la bande dessinée de la peinture.

La cote de Grzegorz Rosinski sur le marché de l’art

Sur le marché de l’art, les planches de Rosinski sont estimées entre 2 000 et 8 000 € pour des séries telles que Hans, Complainte des landes perdues et Western. Les prix augmentent sensiblement pour la bande dessinée Le Grand Pouvoir du Chninkel, dont les planches sont estimées entre 9 000 et 25 000 €. Il en va de même pour Thorgal, celles-ci se vendant entre 2 500 et 40 000 €. La saga jouit en effet d’une bonne cote sur le marché de l’art, ses couvertures originales étant estimées entre 7 000 et 30 000€. Certaines des illustrations de Thorgal atteignent même des records : en 2007, une huile sur toile représentant les personnages emblématiques de la série, Thorgal et Kriss de Valnor, s’était ainsi vendue à 49 568 €. Les huiles sur toile de R osinski sont estimées entre 2 000 et 45 000€, ses dessins entre 2 000 et 3 000€. Se vendent également sur le marché de l’art des dessins dédicacés, estimés entre 100 et 800 €. Célèbre pour ses œuvres et reconnu pour son talent, Rosinski est un artiste dont les plus belles œuvres peuvent atteindre des prix élevés. La couverture originale du Grand Pouvoir du Chninkel réalisée à l’huile sur toile a ainsi été adjugée en 2019 à 186 760 €. Celle-ci représente au premier plan le personnage principal, J’on, derrière lequel se dresse le monolithe noir, le maître créateur des mondes.  Vous souhaitez faire expertiser une œuvre de Grzegorz Rosinski et recevoir son estimation ? Remplissez votre demande via notre formulaire en cliquant ici.  Faites estimer une œuvre de Grzegorz Rosinski en quelques clics et recevez une réponse sous quelques jours. C’est gratuit et totalement confidentiel !

(Illus.) Cartel : Couverture de l’album Aaricia, quatorzième tome de la série Thorgal, Rosinski, 2010

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Hergé

Estimation et cote de l'artiste Hergé

Hergé (1907 – 1983), de son vrai nom Georges Remi, est un auteur de bande dessinée belge, connu pour Les Aventures de Tintin, dans lesquelles il affirme avoir « mis toute sa vie ». Souvent considéré comme le « père de la bande dessinée européenne », il est l’un des premiers dessinateurs francophones à reprendre le style des bandes dessinées à bulles américaines. Découvrez ici l’histoire d’Hergé et ses œuvres emblématiques. Besoin d’une expertise Hergé ? Contactez l’équipe d’Estimon’objet !

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L’histoire de Georges Remi, dit Hergé

Hergé naît dans une famille issue de la petite bourgeoisie. Dès son enfance, il fait preuve d’un goût pour le dessin et le cinéma, appréciant particulièrement Charlie Chaplin, Buster Keaton ou encore Georges Méliès. Il reçoit une éducation catholique et fait ses études au collège Saint-Boniface. Le scoutisme, fondé sur un esprit de camaraderie, de débrouillardise et d’amour de la nature, est pour lui une expérience déterminante. Il publie ses premiers dessins dans les revues de son collège et du mouvement scout.  
À ses dix-huit ans, en 1925, Hergé intègre l’équipe du journal Le Vingtième Siècle en tant qu’employé au service abonnements. Il publie en parallèle des illustrations de textes dans Le Boy-Scout : Les Aventures de Totor, C.P. des Hannetons. En 1927, il rencontre le nouveau directeur du Vingtième Siècle, l’abbé Norbert Wallez, un proche de Mussolini et un fervent opposant du capitalisme à l’américaine ainsi que du communisme.

 Celui-ci lui propose d’animer le supplément jeunesse du journal, et de créer son propre personnage. Hergé dessine alors pour la première fois Tintin et Milou et, suivant les suggestions de l’abbé Norbert Wallez, il écrit en 1929 Tintin au pays des Soviets, une histoire du reporter en Russie soviétique. Celle-ci connaît un succès immédiat, ce qui pousse Hergé à publier entre 1930 et 1936 Les Exploits de Quick et Flupke, puis Tintin au Congo, en Amérique, Les Cigares du Pharaon et Le Lotus bleu. Mais sans doute à cause du rythme soutenu de la production s’élevant à environ quinze heures de planches quotidiennes, Hergé tombe malade en 1935. S’il connaît par la suite d’autres périodes de dépression et d’épuisement, il crée néanmoins une nouvelle série, Jo et Zette en 1936, puis une suite de doubles albums au grand succès, de 1943 à 1954, dont Objectif Lune et On a marché sur la Lune. Entraîné par sa compagne Fanny Vlamynck, Hergé s’ouvre à la modernité dans les années 1960. Il se met à voyager, s’intéresse au taoïsme et collectionne l’art moderne et contemporain (Joan Miró, Lucio Fontana, Roy Lichtenstein…).

Le succès des Aventures de Tintin

Traduites en une centaine de langues et dialectes et vendues à 270 millions d’exemplaires, Les Aventures de Tintin sont l’une des bandes dessinées les plus populaires du XXe siècle. Cette série tient son succès à plusieurs raisons, en particulier l’originalité de scénarios riches en rebondissements et celle de personnages emblématiques : Tintin, Milou, le capitaine Haddock, le professeur Tournesol… Racontant les aventures du jeune reporter sur tous les continents, cette bande dessinée offre une véritable ouverture sur le monde.
Fortes de leur succès, Les Aventures de Tintin ont été adaptées au cinéma à plusieurs reprises. En série animée d’abord, avec Les Aventures de Tintin, d’après Hergé, dans les années 1960, puis Les Aventures de Tintin en 1992. Suivront des aventures originales portées à l’écran avec les films Tintin et le Mystère de la Toison d’Or en 1961, suivi de Tintin et les Oranges bleues en 1964. En 1972, sort le dessin animé Tintin et le Lac aux requins.

Le style d’Hergé et ses inspirations

Si le style d’Hergé évolue durant ses cinquante années de carrière, celui-ci présente certaines constantes définies par l’auteur lui-même. Influencé dès ses débuts par le dessinateur de bande dessinée français Alain Saint-Ogan, auteur de Zig et Puce (1925), il adopte la ligne claire, définissant un trait simple et des couleurs posées en aplats, sans effet d’ombre et de lumière. Cela ne l’empêche pas de donner du corps à son tracé, son ami Edgar P. Jacobs, auteur de la bande dessinée Blake et Mortimer, affirmant que le « sang circule » dans ses dessins. Hergé se rappelle ainsi peut-être le mot de Jean-Auguste-Dominique Ingres, peintre qu’il aime particulièrement : « il faut mettre toute la ligne dans le contour : le modelé, les ombres, le mouvement et même la couleur ». Dans ses sources d’inspiration, Hergé compte également le dessinateur américain George McManus, duquel il reprend son style épuré et dynamique, ainsi que certains détails comme la forme du nez de ses personnages.

Faire estimer gratuitement une oeuvre d'Hergé

Quarante ans après la mort d’Hergé, Les Aventures de Tintin continuent de connaître un grand succès et les dessins originaux du maître se vendent à prix d’or. En 2021, a ainsi été adjugé à 3,175 millions d’euros un dessin pour la couverture du Lotus bleu, un record pour la bande dessinée. Fin 2023, le dessin de la couverture de Tintin en Amérique a été adugé à 2,16 millions d’euros, faisant de lui le dessin original d’Hergé en noir et blanc le plus cher. Les planches d’Hergé sont estimées entre 60 000 et 500 000 €. L’estimation de ses dessins encrés monte à 6 500 et 100 000 € et ceux dédicacés entre 1 200 et 5 000 €. Quant aux lithographies, celles-ci se vendent entre 1 200 et 4 000 €. 
L’estimation des albums de Tintin varie en fonction de leur état, leur rareté et ancienneté : certains peuvent être estimés à quelques centaines d’euros alors que d’autres seront mis sur le marché à une valeur s’élevant à plusieurs milliers d’euros, jusqu’à 15 000 €. Vous souhaitez faire expertiser un dessin d’Hergé et recevoir son estimation ? Remplissez votre demande via notre formulaire en cliquant ici.  Faites estimer un dessin d’Hergé en quelques clics et recevez une réponse sous quelques jours. C’est gratuit et totalement confidentiel !

(Illus.) Cartel : Portrait d’Hergé, Andy Warhol, 1977, acrylique sur toile, 1 x 1m, collection privée

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Estimation gratuite Morris

Morris

Estimation et cote de l'artiste Morris

Maurice De Bevere (1923 – 2001), dit Morris, est un auteur de bande dessinée belge. Il est l’un des rares dessinateurs de ce genre à s’être presque exclusivement consacré à une seule série, Lucky Luke, d’abord seul, puis avec René Goscinny au scénario au milieu des années 1950. À fort caractère humoristique, les aventures de « l’homme qui tire plus vite que son ombre » s’attachent à parodier les œuvres de western, mettant en scène des personnages emblématiques comme les frères Dalton et des figures historiques telles que Billy the Kid ou encore Calamity Jane. Lucky Luke connaît un grand succès, les albums de la série ayant été vendus à plus de 300 millions d’exemplaires. Durant sa carrière, Morris a ainsi pu dessiner 70 albums pour environ 3 000 planches. Découvrez ici l’histoire de Morris et ses œuvres emblématiques. Besoin d’une expertise Morris ? Contactez l’équipe d’Estimon’objet !

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L’enfance de Morris

Issu d’une famille bourgeoise, Morris possède un projecteur Pathé-Baby durant son enfance qui lui permet de visionner des films d’animation. Son goût pour le dessin s’affirme dès cette période : l’enfant prend plaisir à examiner image après image les mouvements saccadés de films comme Lonesome Luke (1917) et Félix le Chat (1919). À six ans, il découvre Tintin au pays des Soviets (1929) d’Hergé qui le passionne, au point qu’il redessine plusieurs fois l’album. À l’école primaire, il réalise ses propres créations sous forme de petits livres d’images. Il est sensible à la caricature et aux films d’animation américains qui connaissent une mutation dans les années 1930 avec l’apparition de la couleur et de la musique. C’est l’époque de Mickey et de Blanche-Neige et les sept nains des frères Disney, ainsi que des productions des frères Fleischer, comme Betty Boop et Popeye, que le jeune Morris apprécie tout particulièrement. Au collège, il dessine également des caricatures.

Le début de carrière de Morris dans le film d’animation

Cependant, dès 1940, la Belgique est sous occupation allemande, le divertissement américain est interdit. Mais si cet embargo est une malédiction pour le public, elle représente une occasion pour les dessinateurs belges de proposer leurs propres créations. Après une formation par correspondance de dessin animé, Morris rejoint en 1943 le studio d’animation la Compagnie belge d’actualités (CBA) en tant qu’encreur, où travaillent aussi comme dessinateurs de films d’animation Franquin, Peyo et Édouard Paape. En parallèle, il propose depuis la fin 1944 des dessins pour l’un des journaux des éditions Dupuis, Le Moustique.
À la Libération, les productions américaines sont à nouveau autorisées. La CBA est alors confrontée à la concurrence de nombreux dessins animés des célèbres réalisateurs Tex Avery, Chuck Jones ou encore Bob Clampett, ce qui provoque sa faillite.

L’affirmation du style de Morris dans le journal Spirou

En 1946, Morris, Franquin et Eddy Paape décident de se reconvertir dans la bande dessinée, un domaine qu’ils estiment être proche du film d’animation. Ils intègrent l’équipe des éditions Dupuis et se forment auprès du dessinateur Joseph Gillain, dit Jijé, qui produit l’essentiel du magazine destiné à la jeunesse : Spirou. Dès la fin des années 1946, Morris publie ses premières planches de Lucky Luke. Celles-ci témoignent d’une influence des dessins animés de Walt Disney et de Chuck Jones, mais aussi des bandes dessinées de Mickey réalisées par Floyd Gottfredson, un dessinateur de cinéma d’animation lui aussi reconverti dans ce domaine. Très marqué par Tintin au pays des Soviets, Morris reprend le principe de la ligne claire et nourrit un goût pour la lisibilité et l’épure. Ses structures sont géométriques et les perspectives maîtrisées. Le dessinateur ose innover. Appliquant à la bande dessinée ses compétences de dessinateur de films d’animation et s’inspirant des photographies instantanées d’Eadweard Muybridge, ses dessins décomposent le mouvement, ce qui est inédit à l’époque. À la différence de Franquin, il n’use pas d’effets pour signifier le dynamisme d’une action, mais utilise plutôt une grammaire corporelle maîtrisée. Il conçoit également de nouveaux types de cadrages, dessinant des cases qui occupent la moitié de la page ou des gros plans pour créer des effets cinématographiques.

La découverte des États-Unis par Morris, de 1949 à 1955

En 1949, Morris se rend aux États-Unis afin de s’imprégner de l’atmosphère des westerns et découvrir les méthodes de travail des auteurs américains. Il y fait la rencontre du scénariste de bande dessinée René Goscinny qui lui présente l’équipe du Mad Magazine. Ce journal satirique créé en 1952 s’applique à caricaturer tous les pans de la culture populaire américaine d’après-guerre : les super-héros, le cinéma hollywoodien, la publicité… Influencé par ce mensuel, Morris donne à partir de là une dimension plus parodique à Lucky Luke. La bande dessinée devient alors un véritable pastiche des westerns, reprenant les clichés du genre, citant des personnages célèbres pour les caricaturer. Des membres de l’équipe du Mad, il intègre certains aspects de leurs dessins comme les silhouettes longilignes et l’encrage caractéristiques de Jack Davis ainsi que les compositions géométriques d’Harvey Kurtzman. Son trait, jusqu’alors tout en rondeur, devient plus délié. L’humour de sa bande dessinée adopte également un ton incisif et absurde, Morris étant inspiré en particulier par le dessinateur Virgil Partch et le caricaturiste Al Hirschfeld.

La collaboration de Morris avec René Goscinny et l’âge d’or de Lucky Luke

De retour en Belgique, il propose à René Goscinny de lui écrire un scénario. Le style arrivé à maturité de Morris, couplé à l’humour visuel du célèbre scénariste, font de la bande dessinée Lucky Luke un véritable succès. Ensemble, ils publient leur premier album, Des Rails sur la prairie dans Spirou en 1955. Suivra une série prolifique jusqu’à la mort de Goscinny en 1977 : citons entre autres Les Cousins Dalton, Le Juge, Calimity Jane ou encore La Diligence. Par la suite, Morris choisit de travailler avec d’autres scénaristes.

La cote de Morris

Les ayants droit de Morris conservant ses originaux comme lui-même le faisait de son vivant, ses dessins sont extrêmement rares. En décembre 2023, pour les cent ans de la naissance de Morris, dix dessins originaux issus de la collection familiale ont néanmoins été mis en vente pour un total de 330 184 €. Les dessins de Morris présents sur le marché de l’art encrés et mis en couleur sont estimés entre 2 000 et 18 000 €. Les dessins dédicacés sont également mis en vente pour une estimation oscillant entre 100 et 300 €. L’estimation des albums en éditions originales dans un état neuf s’élève quant à elle à 200, voire 800 €. Les sérigraphies de Morris se vendent entre 100 et 250 €. Fort du succès du célèbre lonesome cowboy, les prix des dessins de Morris peuvent s’envoler. Ainsi, en 2022 s’est vendue à Bruxelles pour 70 327 € une des illustrations les plus connues de Lucky Luke et Jolly Jumper, une quatrième de couverture apparue pour la première fois dans Des Rails sur la prairie (1957), représentant le fidèle destrier léchant la cigarette de son maître. Vous souhaitez faire expertiser un dessin de Morris et recevoir son estimation ? Remplissez votre demande via notre formulaire en cliquant ici. Faites estimer un dessin de Morris en quelques clics et recevez une réponse sous quelques jours. C’est gratuit et totalement confidentiel !

(Illus.) Cartel : Lucky Luke, Morris

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Estimation gratuite Andre Franquin

André Franquin

Estimation et cote de l'artiste André Franquin

André Franquin (1924-1997) est l’un des auteurs de bande dessinée franco-belge les plus influents, connu notamment pour ses séries Spirou et Fantasio, Gaston, Le Marsupilami et les Idées noires. Il se démarque par la qualité de son dessin, qui, dans des histoires pleines d’humour, décrit avec finesse les mouvements, les expressions et les détails de ses personnages. Découvrez ici l’histoire d’André Franquin et ses œuvres emblématiques. Besoin d’une expertise André Franquin ? Contactez l’équipe d’Estimon’objet !

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La carrière d’André Franquin : de Spirou à Gaston Lagaffe

André Franquin reçoit une éducation catholique plutôt rigide. Selon ses dires, son “désir de dessiner a été de pair avec son envie de rire”, sa famille étant peu encline à l’humour. Il commence à dessiner dans sa jeunesse des situations de petits accidents, puis des croquis d’après nature ou d’après photographies. Il lit beaucoup de bandes dessinées américaines d’avant-guerre, notamment Mickey et Robinson. Son père envisage pour lui une carrière d’ingénieur agronome, mais il intègre une école d’art en 1942.
Entraîné par son ami Morris, le futur dessinateur de Lucky Luke, André Franquin intègre en 1946 l’équipe du journal Spirou, dirigé par Charles Dupuis. C’est là qu’il se forme à l’art de la bande dessinée auprès du dessinateur Jijé (Jerry Spring, Blondin et Cirage). En reconnaissance de son travail, il se voit confier le personnage phare du journal, Spirou. Il s’applique à étoffer sa personnalité et son monde, créant le comte de Champignac et Fantasio. Dans les années 1950, Spirou connaît un grand succès. André Franquin imagine dans cette même période le Marsupilami, mammifère de la forêt de Palombie. 
C’est durant une période de travail au rythme soutenu, lors de laquelle Franquin doit produire une série de Spirou toutes les semaines, que lui vient l’idée de Gaston Lagaffe, personnage distrait, maladroit et paresseux. Le dessin représente alors pour Franquin l’occasion de se divertir, celui-ci pouvant apporter à son bureau toutes sortes d’objets afin d’y puiser son inspiration. Par ses maladresses, Gaston Lagaffe provoque autour de lui de l’énervement, mais aussi des sentiments tendres, notamment chez sa collègue, Mademoiselle Jeanne. Les bandes dessinées d’André Franquin sont ainsi empreintes d’une certaine candeur, le dessin étant pour lui une activité d’enfant. 
Cependant, si les œuvres de Franquin laissent transparaître de la légèreté, celles-ci sont le fruit d’une personnalité particulièrement exigeante et soucieuse.

Les Idées noires d’André Franquin

Face à ses doutes sur l’évolution du monde qui sont pour lui source d’angoisses, André Franquin dessine en 1977 Idées noires, un ensemble de gags au caractère sinistre, bien différents des récits humoristiques bon enfant qu’il avait l’habitude de produire. Celles-ci sont publiées dans Le Trombone illustré, un supplément du journal Spirou créé sous l’impulsion de Franquin et du scénariste Yvan Delporte. Ces pages proposent un humour impertinent dans un esprit plus adulte, cela en réaction à l’esthétique conventionnelle du journal Spirou qui est la même depuis trente ans. Les Idées noires sont également publiées dans Fluide Glacial, un mensuel de bande dessinée à l’humour provocateur et décalé. Les pages sont dépourvues de couleurs, donnant à voir des silhouettes et des ombres noires. La rupture se fait en particulier dans le style graphique de Franquin, le dessinateur utilisant pour cette série une plume particulièrement fine, lui permettant de donner à ses dessins un aspect miniaturiste et particulièrement fouillé. Ce travail long et minutieux s’inspire notamment de Guido Buzzelli, un auteur de bande dessinée italien, dont les pages en noir et blanc laissent à voir un dessin vif et détaillé.

Les gags, qui oscillent entre le rire et le désespoir, critiquent les corporations qu’André Franquin exècre : les militaires, les chasseurs, les capitalistes… Ces courtes histoires se déploient sur une page, exposant toute la violence et la cruauté de la psychologie humaine à travers des gags, desquels se dégage un fort pessimisme mais qui donnent néanmoins au lecteur l’envie d’en rire. Les Idées noires sont le reflet d’un auteur en proie à la dépression, rattrapé par de sombres pensées après des années de joyeuses productions. 
Dans les années 1980, l’état dépressif d’André Franquin le pousse à ralentir son rythme de production même s’il continue à mener quelques projets, en particulier pour Gaston. Le Marsupilami est repris par Luc Collin, avec qui il travaille en collaboration, lequel signe sous le pseudonyme de Batem.

Quelle est la cote d’André Franquin sur le marché de l’art ?

Les planches d’André Franquin sont ses œuvres qui se vendent le plus cher sur le marché de l’art. Leurs estimations sont comprises entre 8 000 et 100 000 €. En novembre 2023, une planche originale du tome Un Gaffeur sachant gaffer de la série Gaston représentant l’une des innombrables inventions explosives du personnage éponyme, a ainsi été estimée entre 60 000 et 70 000 €, pour atteindre un prix d’adjudication de 74 980 €. Les comics strips (des bandes dessinées de quelques cases) de Franquin sont estimés entre 4 000 et 12 000 €.  La valeur de ses dessins dépend en particulier de leur état de finition. Les croquis et les esquisses valent entre 400 et 1 200 €, les dessins les plus fins et expressifs entre 2 000 et 6 000 €. Les estimations peuvent néanmoins s’élever à 8 000 voire 20 000 € pour ses dessins les plus travaillés, encrés et mis en couleur. Les bandes dessinées de Franquin en édition originale se vendent sur le marché de l’art pour une estimation comprise entre 100 et 2 500 €. Quant aux sérigraphies, celles-ci sont estimées entre 100 et 1 500 €. La valeur de ces différents types de production est cependant susceptible de varier selon chaque œuvre. En 2019 avait été adjugée au prix de 190 800 € une couverture originale à l’encre de Chine de la série Spirou et Fantasio, représentant un éléphant accompagné du Marsupilami. Vous souhaitez faire expertiser un dessin d’André Franquin et recevoir son estimation ? Remplissez votre demande via notre formulaire en cliquant ici.  Faites estimer un dessin d’André Franquin en quelques clics et recevez une réponse sous quelques jours. C’est gratuit et totalement confidentiel !

(Illus.) Cartel : Gaston Lagaffe, André Franquin

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Estimation gratuite Philippe Druillet

Philippe Druillet

Estimation et cote de l'artiste Philippe Druillet

Philippe Druillet est un dessinateur et scénariste de bande dessinée français, né le 28 juin 1944 à Toulouse. Considéré comme le maître de la science-fiction et un précurseur dans le domaine, il crée des œuvres empreintes d’un lyrisme sombre. Découvrez ici l’histoire de Philippe Druillet et ses œuvres emblématiques. Besoin d’une expertise Philippe Druillet ? Contactez l’équipe d’Estimon’objet !

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Les influences du jeune Druillet

Philippe Druillet naît en 1944 dans une famille de fascistes convaincus, son père étant le chef de la milice du Gers, à Auch. À la Libération, ils s’enfuient en Allemagne, où l’enfant, alors gravement malade, est soigné par l’écrivain et médecin Louis-Ferdinand Céline. Ce lourd héritage le pousse à écrire son autobiographie en 2014, publiée sous le nom de Délirium : il réalise alors que toute son œuvre cherchait à lui éviter de ressembler à son père. Il retourne en France après la mort de ce dernier en 1952. Durant sa jeunesse, le malaise qu’il ressent dans sa famille le pousse à trouver refuge dans la culture et dans les musées, qui ont, selon lui, été un moyen de se reconstruire. Philippe Druillet témoigne alors d’un goût prononcé pour le cinéma américain, la littérature de science-fiction, la musique classique et le rock, The Doors notamment. Il découvre également l’écrivain H. P. Lovecraft, qui l’a beaucoup inspiré dans son travail. À seize ans, il rencontre Jean Boullet pour qui il travaille en tant que photographe. Cet homme, grand collectionneur, amateur de cinéma, rockeur, peintre et sculpteur entre autres, lui fait découvrir un monde différent, empreint de science-fiction et de fantastique. Ensemble, ils étudient des films comme Dracula et King Kong afin d’en tirer des sources d’inspiration et collaborent pour le journal le Midi-Minuit Fantastique. 

La bande dessinée de Philippe Druillet

Dans les années 1960, Philippe Druillet dessine ses premières planches de bande dessinée en autodidacte. En 1968, il intègre l’équipe du journal Pilote, revue spécialisée dans l’humour et destinée à la jeunesse. Il y publie avec l’approbation de René Goscinny, rédacteur en chef du journal, sa bande dessinée de science-fiction Lone Sloane, dont les illustrations, inédites dans leur cadrage et leur dimension fantasmagorique, révolutionnent la bande dessinée française. Trop à l’étroit dans les cadres classiques des pages de Pilote, il participe en 1974 à la création du journal Métal Hurlant et de la maison d’édition Les Humanoïdes Associés avec Jean Giraud, Jean-Pierre Dionnet et Bernard Farkas. Leurs œuvres bousculent les standards de la bande dessinée, proposant un univers fantastique et spectaculaire, plus adulte. Ils connaissent un succès international, influencent les auteurs de Blade Runner, Alien, le Huitième passager, ou encore Tron. 

Des générations de dessinateurs ont été inspirées par leur travail. C’est dans cette période de grand succès que Philippe Druillet perd sa femme. Dévasté, il réalise en 1976 La Nuit en son hommage, qui sera selon lui son « requiem ». Dans un univers sombre où évoluent des bandes anarchistes au côté rock’n roll, il pointe l’inéluctabilité de la mort, thème alors inédit en bande dessinée. Cette œuvre, marquant un tournant dans le travail de l’artiste, connaît un grand succès. En 1980, il publie Salammbô, inspiré du roman de Gustave Flaubert. Il y mélange références à l’Antiquité et science-fiction pour livrer sa conception psychédélique de l’amour et de la guerre. Philippe Druillet a exercé de nombreux métiers : il a été photographe et sculpteur, a également réalisé des tapisseries. Il participe à l’élaboration du clip de musique Excalibur pour le chanteur William Sheller en 1990, ainsi qu’à la conception des décors de la série télévisée Les Rois maudits en 2005. En collaboration avec la cristallerie Daum, il crée des sculptures en verre.

Le style et l’héritage de Philippe Druillet

Le style de Philippe Druillet se caractérise par un trait fourmillant et une mise en page audacieuse. Son imaginaire fantastique est chargé de structures colossales qui surgissent du papier, de scènes où le fracas du combat retentit, où les personnages sont en proie à la colère et à l’agitation. Ses histoires nous emmènent au fond des abîmes pour nous en faire goûter tout le mystère. Si le maître de la science-fiction puise son inspiration essentiellement de Lovecraft, il se dit avoir également été influencé par Gustave Doré, Gustave Moreau et l’architecte Gaudi. Il a lui-même orienté Jean Giraud dans son évolution vers le fantastique, ainsi que Georges Lucas dans sa conception de Star Wars. Hans Ruedi Giger reconnaît son talent après la lecture des Six voyages de Lone Sloane (1972). La reconnaissance de Philippe Druillet a été confirmée en 1988 par le Grand prix d’Angoulême et par le Grand Prix national des arts graphiques en 1996.

La cote de Philippe Druillet

Philippe Druillet jouit d’une bonne cote, sa valeur augmentant depuis 2016. En 2017, il réalise un nouveau record avec la vente d’une planche de sa bande dessinée La Nuit, adjugée à 50 000 €. L’estimation de ses œuvres dépend notamment de leur nature. Les estampes ainsi que les dessins au crayon de couleur sont estimés entre 200 et 700 €, ses dessins à l’encre et en couleur entre 500 et 1 000 €. Les prix augmentent sensiblement pour ses peintures et ses planches, leurs estimations pouvant s’élever à plusieurs dizaines de milliers d’euros. En 2016, une autre planche de La Nuit avait été mise en vente à une estimation haute de 450 000 €. Vous souhaitez faire expertiser un dessin de Philippe Druillet et recevoir son estimation ? Remplissez votre demande via notre formulaire en cliquant ici. Faites estimer un dessin de Philippe Druillet en quelques clics et recevez une réponse sous quelques jours. C’est gratuit et totalement confidentiel !

(Illus.)Cartel : Démons et merveilles, Druillet, 1976

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Estimation gratuite Jean Giraud

Jean Giraud

Estimation et cote de l'artiste Jean Giraud

Jean Giraud (1938 – 2012) est l’un des dessinateurs français de bande dessinée les plus éminents. D’abord dessinateur d’un style réaliste sous le nom de Giraud, il est l’un des premiers à proposer dans les années 1970 des univers fantastiques, souvent inspirés de la science-fiction, qu’il signe Moebius. Ce choix de nom souligne tous les paradoxes de son œuvre, en constante évolution et en quête de nouveaux univers. Découvrez ici l’histoire de Jean Giraud et ses œuvres emblématiques. Besoin d’une expertise Jean Giraud ? Contactez l’équipe d’Estimon’objet !

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Les débuts de Jean Giraud dans la bande dessinée

Jean Giraud est élevé par sa mère à Fontenay-sous-Bois, dans une famille plutôt modeste. Enclin à la mélancolie, comme il l’affirma plus tard, il trouve très tôt refuge dans le dessin. Dès son adolescence, il publie ses premières bandes dessinées dans différents magazines tels que Far West ou encore Fripounet et Marisette. Il s’adonne alors à la réalisation de westerns, mais aussi de dessins plutôt destinés à la jeunesse ou à un public féminin. À quinze ans, il vend sa première histoire de bande dessinée. À partir de là, il réalise des westerns, des dessins pour les jeunes enfants, les filles… Cela le conduit à intégrer à seize ans l’École supérieure des arts appliqués Duperré, qui est l’occasion pour lui de s’ouvrir davantage à la culture et notamment à la Nouvelle Vague, un cinéma en rupture avec les films traditionnels et mettant en avant des noms comme Godard, Truffaut, Belmondo. En 1955, il se rend au Mexique pour rejoindre sa mère qui s’y est mariée. Envisagé pour durer quelques semaines, son voyage se prolonge sur un an. Le jeune homme est alors particulièrement marqué par les paysages désertiques du pays, passant des heures à contempler l’espace plat à perte de vue, le ciel et le soleil qui lui ont, selon ses dires, « craqué l’âme ».

Ces horizons seront une source d’inspiration pour ses dessins, Jean Giraud aimant représenter des personnages évoluant au milieu de surfaces planes et uniformes. À Paris, il intègre en 1963 l’équipe de Pilote, journal spécialisé dans l’humour et destiné à la jeunesse. Il y rencontre Jean-Michel Charlier, scénariste belge et auteur de Spirou. Ensemble, ils commencent Blueberry, un western au grand succès. Cette bande dessinée se démarque par son personnage principal, le lieutenant Blueberry, pour lequel Jean Giraud s’est inspiré de Jean-Paul Belmondo. Il lui confère ainsi une charge d’animalité et de sexualité que les personnages de bande dessinée n’avaient pas jusqu’alors (à titre de comparaison, Tintin ne semble pas particulièrement sexué…).

La naissance de Moebius et de son style fantastique

Toujours membre de Pilote, Jean Giraud sent naître en lui des idées plus surréalistes et subversives qui ne s’inscrivent pas dans la ligne éditoriale de la revue.
Habité par le souvenir du Mexique, il y retourne en 1965. Il y fait une expérience très étrange sous substances hallucinogènes qui l’ouvre au monde de l’inconscient et du rêve.
De retour à Paris, il publie en 1973 La Déviation sous le pseudonyme de Moebius : l’histoire est celle d’un dessinateur qui emprunte une déviation dont la route le mène dans un monde parallèle. En rendant ainsi compte de son expérience avec les champignons hallucinogènes, Jean Giraud affirme son refus de demeurer dans une tradition et confirme son désir de faire entrer la bande dessinée dans un univers plus fantastique.

En 1974, Jean Giraud, l’auteur de bande dessinée Philippe Druillet, le scénariste Jean-Pierre Dionnet et l’homme d’affaire Bernard Farkas fondent Métal hurlant, magazine consacré à la science-fiction et rattaché à la maison d’édition Les Humanoïdes Associés. Très vite, cette revue s’affirme comme l’un des journaux majeurs de la presse adulte, révolutionnant le monde de l’édition à l’échelle internationale. En développant son lectorat adulte, la bande dessinée se pare d’effets visuels bien plus importants que ceux de la bande dessinée destinée à la jeunesse. Jean Giraud y publie notamment La Déviation, Le Bandard fou, Arzach et Le Garage hermétique, des œuvres qui constituent un accomplissement pour les inspirations fantastiques de l’artiste. Dans la même veine, il créera, plus tard, L’Incal, Le Monde d’Edena ou encore The Long Tomorrow.

Le succès de Jean Giraud

Le succès de Jean Giraud est tel qu’il obtient une reconnaissance internationale, des pays d’Europe jusqu’aux États-Unis et au Japon. Il participe ainsi à la préproduction de certains films de science-fiction, dont Dune en 1975 à la demande de Jodorowsky, mais qui n’aboutira pas et celle d’Alien, le huitième passager de Ridley Scott en 1979 ou encore celle de Tron en 1982. En 1988, il travaille également avec Stan Lee, le fondateur de Marvel Comics, sur une histoire autour du Surfer d’argent. Son style a marqué toute une génération de dessinateurs, allant de Mike Mignola, auteur de Hellboy, à Jim Lee (X-Men) ou encore Sylvain Despretz, son propre assistant, qui a réalisé en particulier des storyboards pour le film Gladiator de Ridley Scott et La Planète des singes de Tim Burton.

Docteur Gir et Mister Moebius

Philippe Druillet, cofondateur de la revue Métal hurlant, a pu dire à son sujet « qu’il a cherché partout une identité qu’il n’a jamais trouvée mais qu’il a explorée sans cesse ». Jean Giraud est en effet un dessinateur qui a su varier les styles. Sous le nom de Gir ou de Giraud, notamment pour la bande dessinée Blueberry, son trait est académique, ses univers réalistes et particulièrement détaillés. Ce style détonne avec celui signé Moebius, dont la ligne claire et épurée dessine des mondes fantastiques proches du rêve et de la science-fiction, dans lesquels l’espace négatif est privilégié. Certains de ses dessins sont néanmoins le fruit du mélange de ces styles, nous donnant à voir des œuvres d’une grande complexité.

La cote de Jean Giraud

Fort de sa grande renommée, Jean Giraud est l’un des artistes de bande dessinée dont les œuvres se vendent le mieux sur le marché de l’art. Ses sérigraphies sont estimées en moyenne entre 50 et 600 €, ses dessins entre 2 000 € et 30 000 €. L’un d’eux, Mystère Montrouge et petit soleil, s’est vendu à 36 000 € en 2018, en Belgique. Quant à ses planches, leur estimation est comprise entre 2 000 et 3 000 € pour les story board et entre 4 000 et 18 000 € pour les planches originales. En 2015, la planche originale n°42 de l’histoire Lac d’acide, a été adjugée au prix de 61 500 €. Vous souhaitez faire expertiser un dessin de Jean Giraud et recevoir son estimation ? Remplissez votre demande via notre formulaire en cliquant ici. Faites estimer un dessin de Jean Giraud en quelques clics et recevez une réponse sous quelques jours. C’est gratuit et totalement confidentiel !

(Illus.) Cartel : Starwatcher, Moebius, Casterman, Paris, 1992

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Estimation gratuite Jean-Claude Forest

Jean-Claude Forest

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Jean-Claude Forest a participé, par son œuvre, à désenclaver la bande dessinée du domaine enfantin et a contribué à sa reconnaissance comme un art à part entière et autonome. Son œuvre, connue pour l’élégance de son trait, le sex-appeal de ses héroïnes et la qualité littéraire de ses dialogues, ouvre la bande dessinée à un public adulte.Découvrez ici l’histoire de Forest et ses œuvres emblématiques.  Besoin d’une expertise Forest ? Contactez l’équipe d’Estimon’objet !  

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Les débuts de Forest

Jean-Claude Forest est un auteur de bande dessinée français, né le 11 septembre 1930 et mort le 30 décembre 1998. Il signe sous le nom de Forest. Il souffre d’asthme dès son enfance et va développer une passion pour la lecture pour s’évader. Il est déscolarisé pendant une partie de son enfance et sa culture se compose principalement de la bande dessinée et de la littérature jeunesse. D’une part, il lit les romans d’aventures de Jules Verne, de Lewis Caroll et Boris Vian. D’autre part, il se nourrit de la bande dessinée américaine de l’Âge d’or, entre 1938 à 1954. Naturellement, il se lance dans la bande dessinée, alors qu’il rêve de faire du cinéma et de devenir écrivain, car c’est un domaine qu’il maîtrise dès le départ. Il fait ses études à l’École des Métiers d’Art de Paris et entre dans l’atelier de dessin animé. Forest publie ses premières planches de bande dessinée comique destinées à la jeunesse pour les récits complets des « Albums de Poche » : « Croquenoix l’Écureuil », dans la série Les Albums de Poche (Tom Clay Le Petit Cow-Boy) en 1948 et 1949, « Hippolyte et les diamants de Pésetas-City » en 1948 et « Le Vaisseau hanté » de la série Les Albums d’or aux éditions Élan en 1949. En 1949, il débute dans le magazine O.K. avec la publication de La Flèche noire entre mars et juin 1949. 

Forest commence sa carrière au moment où il n’est pas difficile de voir ses planches publiées, malgré une mauvaise reconnaissance du statut d’auteur qui n’est pas toujours mentionné. Il réussit à publier ses planches sans trop de peine auprès de divers éditeurs. Au début de sa carrière, Forest est influencé par les dessinateurs américains comme Milton Caniff, Nicholas Afonsky et Elzie Crisler Segar, créateur de Popeye. En 1951, il travaille pour Caméra 34, le bimensuel de poche des éditions Vaillant, un journal français hebdomadaire de sympathie communiste et l’un des plus renommés dans les journaux illustrés pour enfants. Entre 1951 et 1954, Forest dessine de nombreuses illustrations de romans mais aussi des courtes histoires d’une dizaine de pages pour lesquelles son nom n’est pas crédité. Forest se fait connaître par les illustrations des aventures de Charlot qui met en scène le protagoniste des films de Charlie Chaplin en 1952 chez Vaillant. Les cases de ses planches ont des bords arrondis pour donner l’impression d’une pellicule de cinéma. Il utilise le même procédé pour sa bande dessinée Le Copirit publiée dans le magazine Vaillant en 1952. Il y met en scène un animal imaginaire qui va inspirer Nikita Mandryka pour Le Concombre masqué en 1965.

L’affirmation de la bande dessinée pour adultes : ses premiers succès

Barbarella, héroïne libre qui renouvelle la place de la femme dans la bande dessinée. Sa première série à succès est nommée Barbarella, publiée dans V Magazine en 1962. Il met en scène une héroïne pulpeuse dans un univers de science-fiction débridé. Ce premier album mélange deux genres menacés par la censure : l’érotisme et la science-fiction. Barbarella est considérée comme provoquante, non pas pour son côté érotique mais plutôt parce que c’est un personnage libre.  Elle tranche radicalement avec le rôle de faire-valoir auquel la bande dessinée avait cantonné les personnages féminins jusque-là.  Barbarella est ensuite publiée en album aux éditions Losfeld en 1964. Malgré le scandale, Barbarella est une œuvre pionnière car elle amène la bande dessinée “pour adultes” dans un support, plus traditionnel, qui touche un nouveau lectorat. Elle échappe à tous les stéréotypes de la bande dessinée enfantine des années 1960. Barbarella va connaître une notoriété mondiale grâce au film de science-fiction mythique éponyme de 1968 de Roger Vadim avec l’actrice Jane Fonda. Le film est critiqué par Forest qui intente un procès, qu’il perd, contre son producteur, Dino de Laurentiis. L’action militante de Forest pour la reconnaissance de la bande dessinée. En 1962, Forest commence son action militante pour la reconnaissance de la bande dessinée. Il fonde avec Alain Resnais, Chris Marker et Francis Lacassin, le Club des bandes dessinées qui deviendra en 1964 le Centre d’Études des Littératures d’Expression Graphique (CELEG). Cette association ouvre le processus de légitimation de la bande dessinée comme art à part entière.

Hypocrite, tournant dans le style graphique de Forest

En 1971, Forest publie Hypocrite dans les pages du quotidien France-Soir, dans la même veine que Barbarella. Cette bande dessinée avant-gardiste ne fait pas l’unanimité auprès des amateurs de la bande dessinée franco-belge. Cette série constitue un tournant dans le style graphique de Forest. Alors que le dessin de Barbarella est marqué par l’esthétique des années 1960 et par son dessin anguleux et réaliste, il adopte ici un trait beaucoup plus souple, plus stylisé, qui se détache d’une certaine forme de réalisme. Hypocrite est aussi marqué par un usage de la couleur psychédélique qui pousse la tendance pop de l’œuvre de Forest. Forest est aussi un très bon dialoguiste. Il a un goût unique pour l’écriture et ses dialogues sont d’une qualité littéraire inattendue pour une bande dessinée, genre littéraire encore considéré comme pour enfants. Son texte est très travaillé, a un côté théâtral et manque de réalisme. Il joue aussi avec la typographie et le type de texte, à la fois dans les bulles et dans le texte de narration, avec des lettres capitales. L’écriture de Forest est la marque constitutive de son travail, montrant son ambition de devenir écrivain.

Le succès de Forest dans les années 1970

À partir des années 1970, Forest collabore avec toutes les revues d’avant-garde des années 1970 comme Fluide glacial, Métal hurlant et en particulier (À Suivre). En 1978, il collabore avec Jacques Tardi pour Ici Même. L’œuvre est écrite par Forest et dessinée par Tardi mais relève parfaitement de l’univers du scénariste. Histoire emblématique de 160 planches publiées dans le magazine (À Suivre), Forest innove une fois de plus en publiant un récit très long en bande dessinée. Avec Ici Même, la bande dessinée de Forest quitte définitivement la littérature pour enfants qui préfère les histoires courtes.

L’hommage à Jules Verne

En 1972, Forest rend hommage à Jules Verne avec sa série Mystérieuse matin, midi et soir dont les planches sont publiées dans Vaillant. Le roman L’Île Mystérieuse de Jules Verne paru en 1875 est “quasiment la bible” de Forest, il en fait l’adaptation. Le manque de présence féminine dérange Forest dès son enfance et l’introduction d’une femme dans son récit devient alors une nécessité. Forest s’efforce aussi de raconter ses histoires sur plusieurs plans afin de suggérer au lecteur un récit plus profond. C’est ce qu’il manquait, selon lui, à l’œuvre de Jules Verne. Après le succès des années 1970, Forest crée de moins en moins de bande dessinée jusqu’à sa mort en 1998, s’essayant au cinéma. En 1983, il est récompensé par le Grand Prix du Festival international de bande dessinée d’Angoulême pour l’ensemble de son œuvre.

Faire estimer gratuitement une oeuvre de Forest

Sur le marché de l’art, les planches de Forest sont régulièrement proposées à la vente. Particulièrement les planches de Barbarella, Copirit et Hypocrite, ses œuvres majeures. En 2023, la planche originale n°46 de Barbarella a été adjugée à 13 400 €. Vous souhaitez faire expertiser une œuvre de Forest et recevoir son estimation ? Remplissez votre demande via notre formulaire en ligne. Faites estimer une œuvre de Forest en quelques clics et recevez une réponse sous quelques jours. C’est gratuit et totalement confidentiel !

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Estimation gratuite Lambil

Lambil

Estimation et cote de l'artiste Lambil

Lambil est surtout connu pour être le dessinateur de la série de bande dessinée Les Tuniques Bleues, créée en 1968 en collaboration avec le scénariste Raoul Cauvin. Bien que Les Tuniques Bleues reste son travail le plus célèbre et le plus durable, Lambil a aussi réalisé la série Sandy et Hoppy. Tout au long de sa carrière, Lambil a reçu de nombreux prix et distinctions pour son travail dans le domaine de la bande dessinée. Son œuvre continue de divertir et d’inspirer les lecteurs à travers le monde, faisant de lui l’un des dessinateurs les plus appréciés de la bande dessinée franco-belge. Découvrez ici l’histoire de Lambil et ses œuvres emblématiques. Besoin d’une expertise Lambil ? Contactez l’équipe d’Estimon’objet !

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De dessinateur industriel à auteur de bande dessinée renommé  

Lambil, de son nom complet Willy Lambillotte, est né en 1936 à Tamines en Belgique. Il a forgé son talent artistique par une formation autodidacte avant de se lancer dans le monde de la bande dessinée. Lambil a notamment travaillé comme dessinateur industriel. Son parcours lui a permis d’acquérir une maîtrise technique qui transparaît dans ses dessins précis et détaillés. Il a alors développé une capacité à représenter des objets et des structures de manière réaliste, une compétence qui a certainement influencé son style graphique en bande dessinée. De plus, ce travail lui a permis de maîtriser les techniques de dessin et de perspective, des compétences essentielles pour créer des illustrations cohérentes et convaincantes. L’expérience en tant que dessinateur industriel a également contribué à forger la discipline et la persévérance de Lambil. Ce métier demande souvent de respecter des délais stricts et de produire un travail de qualité, ce qui s’est révélé essentiel dans le domaine exigeant de la bande dessinée. Lambil a ainsi pu appliquer cette dynamique de travail rigoureuse à sa pratique artistique, ce qui a sans aucun doute joué un rôle dans le succès de ses séries, notamment Les Tuniques Bleues. Lambil a puisé ses inspirations artistiques dans diverses sources tout au long de sa carrière. 

Parmi ses influences les plus marquantes figurent les grands maîtres de la bande dessinée franco-belge tels que Hergé et Franquin. Lambil a admiré le trait clair et précis de Hergé ainsi que son sens de la narration, des qualités qu’il a cherché à incorporer dans son propre travail. De même, l’humour et la vivacité des personnages de Franquin ont laissé une empreinte indélébile sur le style de Lambil, qui a également embrassé le dynamisme et la caricature dans ses dessins. Concernant son style artistique, Lambil utilise un trait clair et précis, qui donne à ses dessins une lisibilité et une netteté remarquables. Ses contours sont définis avec soin, ce qui permet aux détails et aux expressions faciales de ses personnages de ressortir. Les visages des personnages de Lambil sont particulièrement expressifs. Leurs expressions variées, qu’il s’agisse de joie, de colère, de surprise ou de tristesse, sont rendues avec finesse et subtilité, ce qui permet aux lecteurs de ressentir pleinement les émotions des personnages.

De plus, bien que son style soit largement humoristique, Lambil ne néglige pas les détails réalistes. Les décors, les costumes et les accessoires sont dessinés avec précision, ce qui confère à ses bandes dessinées une certaine crédibilité et une immersion dans l’univers qu’il crée. Les scènes d’action et les séquences dynamiques sont une autre caractéristique notable du style de Lambil. Il parvient à transmettre un sentiment de mouvement et de fluidité à travers son trait, rendant les moments d’action encore plus palpitants pour les lecteurs. En somme, le style de dessin de Willy Lambil est à la fois dynamique, expressif et plein d’humour, ce qui en fait une signature reconnaissable et appréciée par les fans de bande dessinée du monde entier : traduit en quinze langues avec plus de vingt millions d’albums vendus rien que pour Les Tuniques Bleues.

Le dessinateur derrière Les Tuniques Bleues 

Avec une telle conception, Bernard LORJOU s’oppose à l’idée de l’art pour l’art et devient un opposant farouche de l’art abstrait qui s’impose dans l’art contemporain de l’après-guerre. En 1948, il crée le groupe « L’Homme témoin de son temps » avec les artistes Paul Rebeyrolle, Gaston Sébire Michel Thompson, et Yvonne Mottet – également sa compagne. Le groupe se forme autour de la contestation de l’abstraction et de l’engagement des artistes envers les évènements historiques de leur temps. Dans sa peinture, ses dessins et ses gravures ou lithographies, Bernard Lorjou représente et dénonce des thèmes politiques et sociaux tels que la guerre, la pollution, la ségrégation raciale, l’invasion de l’Afghanistan ou encore l’épidémie du Sida. En parallèle, Bernard Lorjou fait également la part-belle, dans ses oeuvres, à des figures marginales, bien que plus classiques en histoire de l’art, telles que les arlequins, les saltimbanques ou encore les musiciens. Bernard Lorjou se laisse ainsi aller au plaisir de la peinture, ce que l’on retrouve dans ses nombreuses représentation de natures mortes. Car d’un point de vue stylistique, en effet, l’artiste se fait le maître des aplats de couleurs éclatantes et contrastées et des cernes marqués, des figures aux traits accentués et des compositions complexes, déstructurées et oniriques. Ce style si particulier à la peinture de Bernard Lorjou, et dans la peinture contemporaine, intensifie l’émotion véhiculée.

 

La cote de Lambil

La cote des bandes dessinées de Lambil, en particulier celles de la série Les Tuniques Bleue, est généralement assez stable et se situe aux alentours de plusieurs milliers d’euros. En tant que série emblématique de la bande dessinée franco-belge, elle continue de jouir d’une grande popularité auprès des collectionneurs et des fans, ce qui maintient la demande pour les albums originaux. Les premiers albums de la série, en particulier ceux des premières éditions, peuvent avoir une cote plus élevée en raison de leur rareté et de leur importance historique. Les albums signés par l’auteur ou comportant des dédicaces spéciales peuvent également être très prisés par les collectionneurs.
En 2023, la couverture originale du tome 16 des Tuniques Bleues, « Bronco Benny », signée à l’encre de Chine sur papier s’est vue adjugée 16 080 €.

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(Illus.)Cartel : Fresque située en Belgique à Ottignies rue des Deux Ponts reprenant les fameux personnages des Tuniques Bleues

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Estimation gratuite Pierre Probst

Pierre Probst 

Estimation et cote de l'artiste Pierre Probst

Pierre Probst est le père de Caroline et Fanfan, héros des enfants des années 1960. Résolument modernes, ses personnages évoluent au gré de la société et séduisent les lecteurs de toutes les générations. Pierre Probst cherche à créer un lien affectif entre l’enfant et son livre, en emmenant partout avec lui sa famille d’animaux attachants. Découvrez ici l’histoire de Pierre Probst et ses œuvres emblématiques.  Besoin d’une expertise Pierre Probst ? Contactez l’équipe d’Estimon’objet !

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La vocation de Pierre Probst, dessinateur pour la jeunesse

Pierre Probst est un illustrateur et écrivain français né le 6 décembre 1913 et mort le 12 avril 2007. Dès l’âge de cinq ans, il décide qu’il sera dessinateur. Il étudie à l’École des Beaux-Arts de Mulhouse où il y apprend l’importance de l’ornement et développe son goût du détail qui irrigue toute son œuvre. À dix-huit ans, Pierre Probst est dessinateur de cartons de soierie. Après son mariage, il s’installe à Lyon et ouvre un atelier de dessin publicitaire : « Les Graphistes Lyonnais ». Riche de sa formation artistique, il maîtrise une partie de la chaîne de production. Il est à la fois dessinateur, retoucheur photographique et photograveur. Il réalise donc ses propres planches gravées pour l’impression typographique. Il va notamment créer le chien emblématique de la marque de chocolat Suchard. Mobilisé en 1939 et fait prisonnier pendant la Seconde Guerre mondiale, Pierre Probst réussit à s’évader et à rejoindre Lyon, en zone libre. 

Il y fait la rencontre de Roger Roux, dessinateur publicitaire reconverti dans la rédaction de romans destinés aux enfants. Pierre Probst va alors suivre cette voie dès 1941 où il commence à illustrer les livres pour enfants des éditions Puits-Pelu. En 1945, il illustre deux livres pour enfants de Marie-Reine Blanchard : « Bibiche en Alsace », paru en 1945 et « Bibiche et François en voyage », en 1948 aux éditions J. Barbe. Après la guerre, en 1946, Pierre Probst décide de s’installer en région parisienne. Très vite, il travaille pour les éditions Hachette en illustrant des livres de vulgarisation scientifique et des atlas. En 1950, l’éditeur lui confie les illustrations de ses collections « Bibliothèque verte » et « Bibliothèque rose », collections françaises de livres pour la jeunesse qui se caractérisent par une couverture verte ou rose. Pour la collection des « Albums roses », collection de livres pour la jeunesse publiés dès 1950, Pierre Probst conçoit des personnages animaliers, dessinés le plus naturellement possible avec un aspect proche du jouet ou de la peluche, pour illustrer les histoires de Didier Fouert. Naissent alors des petits animaux qui seront les compagnons du futur personnage de Caroline. Pendant plusieurs années, Pierre Probst développe un véritable bestiaire pour l’éditeur Hachette, les animaux mènent une existence indépendante et font l’objet d’albums à part entière. En 1951, le premier album de la collection « Les Albums roses » met en scène Pitou la petite panthère, puis en 1952, l’ourson Boum et ses frères.

La naissance de Caroline et Fanfan

Le succès de la collection « Les Albums roses » illustrés par Pierre Probst est tel qu’il lui permet de signer un contrat d’exclusivité chez Hachette en 1952. Les animaux sont les héros d’aventures spécifiques : les chatons Pouf et Noiraud sont campeurs, le chien Pipo fait un voyage, etc. Au départ, l’éditeur souhaite un petit garçon pour accompagner les animaux mais finalement Pierre Probst tient à son idée de mettre en scène une fillette moderne, indépendante, casse-cou, à l’image de sa fille unique Simone. En 1953, naît Caroline, personnage mythique de Pierre Probst, avec l’album Une fête chez Caroline. Fillette de sept ans, vêtue de sa salopette rouge et coiffée de couettes blondes, Caroline mène une vie indépendante au milieu de sa bande d’amis : les chiens Bobi, Youpi et Pipo ; les chatons Pouf et Noiraud ; l’ourson Boum ; le lionceau Kid et la panthère Pitou. Les animaux des différents « Albums Roses » se retrouvent alors unis par leur amitié pour Caroline et prennent des caractères et comportements humains, auxquels les enfants peuvent s’identifier. Le succès est immédiat. Pierre Probst tire le prénom de son héroïne de celui de sa grand-mère et son caractère de celui de sa fille Simone dont il a réalisé de nombreux croquis depuis sa naissance. 

Pour cette série, Pierre Probst privilégie les dialogues qui accompagnent les illustrations détaillées, plutôt que des textes décrivant les images. La série comporte quarante-quatre albums auxquels il se consacre jusqu’à la fin de sa vie. En 2007, paraît l’album posthume « Caroline fait du cinéma ». Avec près de 38 millions d’exemplaires vendus depuis 1953 et traduits dans quinze langues, Caroline a bercé de nombreuses générations. En 1966, à la demande de l’éditeur Hachette, Pierre Probst crée Fanfan, le pendant de Caroline. Fanfan et sa péniche est le premier album d’une série de huit. Aventureux et amoureux de la nature, Fanfan est un écologiste avant l’heure. Son univers croise celui de Tim et Poum, un lapin et un chien mis en images dans « Les Albums roses » en 1961. Cette fois-ci, Pierre Probst s’inspire de son petit-fils, Pascal, pour donner vie à son héros. Petit garçon brun, en tenue sportive de l’époque, il porte un pull rouge, un jean et des baskets noires. Entre 1976 et 1987, Pierre Probst travaille avec son éditeur sur les séries La Vie secrète des bêtes et La Vie privée des hommes. Toutefois, le succès ne sera jamais le même que pour Caroline ou Fanfan. En 1994, un dessin animé Caroline est diffusé sur la chaîne télévisée Antenne 2.

Caroline, fillette moderne qui traverse les générations

Avec son personnage de Caroline, Pierre Probst souffle la modernité et le féminisme dans les albums pour la jeunesse. Il inaugure une révolution dans la représentation des petites filles. Caroline ne porte pas de robe rose poudré à col Claudine, ne joue pas à la poupée ni à la petite maman. Son héroïne tranche radicalement avec la célèbre Martine, de Gilbert Delahaye et Marcel Marlier, dont la représentation correspond parfaitement aux codes de la petite fille modèle. Pierre Probst veille aussi à faire évoluer son personnage au gré des changements de la société pour la maintenir moderne et ancrée dans le présent. Les baskets des derniers albums remplacent les ballerines des années 1950. La salopette rouge que porte la fillette devient le vêtement mixte populaire par excellence, indémodable et qui offre une grande liberté de mouvement. La couleur rouge, en référence à un célèbre chaperon, laisse transparaître le tempérament téméraire et actif de Caroline. La prouesse de Pierre Probst réside dans sa capacité à créer un personnage qui séduit toutes les générations. Caroline est une petite fille moderne qui fait face à diverses situations avec à la fois son regard d’enfant sur le monde et à la fois une grande maturité. Dans chaque album, Pierre Probst met l’accent sur la gaieté et la joie des personnages et y glisse une certaine portée morale. Ils abordent une grande diversité de sujets universels comme l’amitié, le respect, la générosité, la solidarité et la tolérance, permettant alors de solliciter la découverte et la curiosité de l’enfant. 

Pierre Probst emmène ses lecteurs dans des pays lointains et imaginaires, à travers les voyages de Caroline pour découvrir les diverses coutumes et costumes de chaque contrée. L’univers de Caroline est irrationnel : elle ne va pas à l’école et mène sa vie comme une petite adulte, possède une voiture et sa propre maison. Pierre Probst s’inspire de réelles mésaventures vécues par sa fille Simone. Ces éléments autobiographiques permettent d’apporter du réalisme au récit pour mieux entrer dans le monde à la fois merveilleux et familier de Caroline. Pierre Probst travaille lui-même les rééditions de ses propres albums. En 1984, quand l’éditeur Hachette opère un changement de format des albums de Caroline, Pierre Probst va redessiner entièrement ses albums en petit format. Il actualise les vêtements et les modèles des voitures en fonction de l’évolution de la société. Caroline se met à pratiquer le skateboard et à faire ses devoirs devant son ordinateur. L’univers des personnages de Pierre Probst est remis au goût du jour, par l’auteur lui-même, pour toujours s’adapter aux enfants d’aujourd’hui. Au début des années 2000, la série Caroline a encore du succès alors que son premier album est sorti en 1953. En 2013, pour les soixante ans de la petite fille, le premier album est réédité en grand format d’origine, en tirage limité et sous le nouveau titre « Caroline invite ses amis ». Hachette édite aussi douze titres des aventures de Caroline en petit format vintage, remis au goût du jour dans sa collection “Petits Albums”. Pour l’événement, l’éditeur sollicite la créativité d’une quarantaine de stylistes renommés, comme Paco Rabanne, Riccardo Tisci pour Givenchy, Vanessa Bruno et Tara Jarmon, pour créer une collection de mode autour du personnage de Caroline.

Le souci du détail dans le dessin de Pierre Probst

Le dessin de Pierre Probst est très reconnaissable, réaliste et très expressif. Il utilise l’encre de Chine mais aussi des aplats de couleurs simples et vives de gouache, appliqués au pinceau. Pierre Probst s’inspire de tout ce qui l’entoure. Très pointu dans ses descriptions, il se documente dans les musées, les bibliothèques, les parcs zoologiques. Pour les animaux, Pierre Probst a la faculté de les dessiner avec beaucoup de précision mais aussi de leur donner des expressions humaines. Lorsqu’il est étudiant à Mulhouse, il se rend régulièrement au parc zoologique pour y faire des croquis tandis qu’à Paris, il se rend à la ménagerie de Vincennes. Il dessine des animaux qui se redressent et adoptent des comportements humains. Comme des enfants, ses joyeux personnages parlent, font des bêtises, des farces et vivent des aventures en tout genre.

Pierre Probst sur le marché de l’art

En 2012, le musée Lambinet à Versailles rend hommage au « papa de Caroline » en lui consacrant une exposition. Plus de 150 dessins originaux peints à la gouache, des esquisses inédites du 45e album inachevé, « Caroline et l’invisible Bobi », sont montrés à environ 20 000 visiteurs de tous les âges, pendant trois mois. Sur le marché de l’art, les illustrations de Pierre Probst sont rares et atteignent des prix importants. En 2023, une illustration originale de Caroline en randonnée, estimée entre 3 000 et 4 000 €, a été vendue 8 710 €.

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(IIlus.)Cartel : Pierre Probst, Pouf et Noiraud campeurs, Hachette Jeunesse, 1954.

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Yves Chaland

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Yves Chaland est le talent regretté de la bande dessinée française. Auteur prometteur, sa mort soudaine a privé les lecteurs de nombreuses séries riches en second degré et en ironie. Partagé entre la France et la Belgique, il a participé à relancer le style de Ligne claire dans les années 1980, avec Ted Benoit, Serge Clerc et Floc’h tout en étant l’héritier du style atome, opposé à la Ligne claire et associé aux auteurs du journal Spirou. Yves Chaland réinterprète si bien les personnages iconiques de l’école franco-belge qu’il mériterait presque la double nationalité. Découvrez ici l’histoire de Yves Chaland et ses œuvres emblématiques. Besoin d’une expertise Yves Chaland ? Contactez l’équipe d’Estimon’objet !

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Yves Chaland, prodige de la bande dessinée française

Yves Chaland est un auteur de bande dessinée français, né le 3 avril 1957 et mort le 18 juillet 1990. Il passe son enfance dans le sud-ouest de la France et est initié très tôt à la bande dessinée par le biais de son parrain qui possède une importante collection d’albums. À dix ans, Yves Chaland prend des cours de dessin par correspondance et passe ses journées à dessiner. Sa passion est de raconter des histoires en images et de dessiner des planches aux décors soignés. Très jeune, il décide de devenir auteur de bande dessinée. À l’âge de quinze ans, Yves Chaland fait la découverte des œuvres de René Franquin. Il est fasciné par son style mais aussi par celui de Will Eisner, auteur de comic américain, ainsi que ceux d’Edgar P. Jacobs et Jijé, figures de la bande dessinée belge. Il a également beaucoup lu Hergé, de qui il collectionne les numéros du Petit Vingtième, hebdomadaire belge de bande dessinée pour la jeunesse, qui lui permettent de comprendre comment raconter des histoires, construire des pages et manier les ellipses. Il est marqué par la lecture de “Comment on devient créateur de bande dessinée”, écrit par Philippe Vandooren et publié en 1969. 

Yves Chaland développe alors une vraie passion pour l’école de bande dessinée belge. À dix-sept ans, Yves Chaland publie ses premières planches dans le fanzine Biblipop, publication imprimée indépendante, créée et réalisée par des amateurs. Entre 1975 et 1980, il fait ses études à l’École des Beaux-Arts de Bordeaux, période pendant laquelle il publie ses premières bandes dessinées. En 1975, il publie un récit de vingt planches, « Lo Parisenc en vacanças », dans le journal Vita nostra et en recueil aux éditions Revolum. En 1976, il crée son propre fanzine avec Luc Cornillon : L’Unité de Valeur. En 1978, Yves Chaland est remarqué par Jean-Pierre Dionnet grâce à l’envoi d’un fanzine de son école, ce qui lui permet de collaborer au journal Métal hurlant. Finalement, il arrête ses études d’art car il estime déjà maîtriser le dessin, l’art de la perspective et l’art de la construction. Il décide alors de s’installer à Paris pour donner un nouveau tournant à sa carrière. 

En 1979, il publie plusieurs pastiches de bande dessinée des années 1950, réunis dans l’album Captivant. Puis, pour Astrapi, il crée le personnage de John Bravo en 1980. La même année, il illustre en huit planches un court récit intitulé « La Vie exemplaire de Jijé », paru dans Métal hurlant. En 1981, les aventures de son personnage Bob Fish sont publiées dans un album aux Humanoïdes associés. Yves Chaland est aussi coloriste, notamment pour le tome 1, « L’Incal noir », de la série Une Aventure de John Difool, Alexandro Jodorowsky et Moebius, publiée dès 1980 dans Métal hurlant. Son premier succès est la série Les Aventures de Freddy Lombard, composée de cinq albums, d’abord publié dans Bananas dans la collection Atomium 58 des éditions Magic Strip en 1981, puis dans Métal Hurlant Aventure en 1983. La deuxième série à succès d’Yves Chaland, Les Aventures du Jeune Albert, est publiée en 1981 dans Métal hurlant. Il y met en scène un personnage de sa propre création, développé sous forme de gag et dont les caractéristiques physiques font beaucoup penser au personnage de Tintin imaginé par Hergé. Après sa mort en 1990, son épouse n’a jamais voulu que quelqu’un d’autre reprenne le personnage du Jeune Albert.

La contribution d’Yves Chaland au journal Spirou

Yves Chaland contribue au journal Spirou dès 1982. Il réalise une aventure de Spirou, « Spirou au Bocongo », dessiné dans le style de la bande dessinée des années 1940-1950. Cet épisode révèle ses influences. Il reprend les Aventures de Spirou et Fantasio dans un style proche de celui de Jijé par son dessin et ses formes longiformes. On ressent aussi l’influence d’André Franquin avec l’invention de robots. Il y a aussi, de façon presque évidente, une part de « Tintin au Congo » par Hergé. Le tout parait dans un format spécial : deux simples strips hebdomadaires, bande dessinée de quelques cases disposées le plus souvent de manière horizontale, en noir et blanc avec des aplats de gris. L’histoire reste inachevée. En 1984, paraît une édition pirate, Cœurs d’acier aux éditions Champaka en 1990. Les personnages ont les visages couverts de bandelettes, en réaction à l’interdiction d’utiliser les personnages de Spirou et Fantasio par les éditions Dupuis. En parallèle de la bande dessinée, Yves Chaland réalise de nombreuses publicités, notamment pour les stylos Parker, les restaurants Quick, les chocolats Poulain, les jeux Fisher-Price, etc. Il illustre aussi en 1987 la pochette de l’album Chic Planète du groupe de musique L’Affaire Louis Trio.
Le travail d’Yves Chaland est beaucoup commenté dans les revues européennes consacrées à la bande dessinée. Mais la carrière d’Yves Chaland s’arrête net lorsqu’il décède d’un accident de voiture à seulement trente-trois ans.

Yves Chaland, figure de la Ligne claire et héritier de l’école de Marcinelle

L’œuvre d’Yves Chaland se caractérise par son style particulier. Membre de la Ligne claire française, formée avec Ted Benoit, Floc’h et Serge Clerc, il cherche à simplifier le trait pour en garder l’essentiel. Ce qui prime dans les planches d’Yves Chaland c’est l’élégance du trait, l’art de la composition, la construction des plans, mais aussi ses personnages souples et mobiles. Il est également considéré comme l’héritier de l’école de Marcinelle, associée au journal Spirou, qui se caractérise par des dessins caricaturaux, des gros nez et des bulles arrondies. Les deux écoles sont pourtant opposées. La richesse de l’œuvre d’Yves Chaland réside dans cette dualité. Marqué par l’esthétique des années 1950, il a une passion pour le design et l’architecture et collectionne les meubles chinés et les magazines avec des mises en scène d’époque. Il se rend aussi sur les lieux de ses histoires pour y prendre des clichés. Par exemple, pour l’épisode « La comète de Carthage » de la série Freddy Lombard, publié en 1986, il se rend à Cassis un jour de tempête pour photographier la scène et en faire des croquis. Yves Chaland joue avec les aspects de la bande dessinée belge et parle des préoccupations des années 1970-1980 : le colonialisme, la guerre, la misogynie. Avec ironie et second degré, il remixe les personnages iconiques du journal Spirou.

La postérité d’Yves Chaland malgré une carrière avortée

Malgré sa courte carrière, Yves Chaland a une postérité importante et a influencé de nombreux auteurs contemporains de la bande dessinée européenne comme Charles Berberian, Zep, François Schuiten et Bernard Yslaire. Freddy Lombard et le Jeune Albert sont ses créations majeures dans lesquelles il exerce un tour de force graphique et fait preuve d’une grande ironie. En mai 2000 est inaugurée la fresque du Jeune Albert, la septième du Parcours BD de Bruxelles, réalisée par Georges Oreopoulos et David Vandegeerde de la société Art Mural, d’après un projet original d’Yves Chaland. Il est le premier auteur étranger à avoir sa fresque murale en Belgique. En 2008, les Rencontres Chaland sont créées au festival de la bande dessinée annuel de Nérac, ville d’origine de l’auteur, ayant pour but de mettre en valeur son œuvre et ses liens avec des auteurs contemporains.
Sur le marché de l’art, les planches d’Yves Chaland sont régulièrement proposées à la vente. En 2023, la planche originale n°16 de Freddy Lombard, F-52 est vendue à 18 700€. D’après une base de données du marché de l’art, les œuvres d’Yves Chaland ont été présentées en vente aux enchères publiques à 178 reprises : la plus ancienne répertoriée datant de 1997 et la plus récente de 2023. Yves Chaland est classé 7 067e au palmarès mondial des artistes les mieux vendus aux enchères essentiellement adjugées en France.

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Gō Nagai

Estimation et cote de l'artiste Gō Nagai

Gō Nagai est surtout connu en France pour sa trilogie de manga dont est issu le phénomène Goldorak, qui berce les enfants des années 1970-1980 notamment par la diffusion de la série animée. Au Japon, Gō Nagai est reconnu comme un auteur à la production colossale de plus de trois cent soixante mangas et d’une cinquantaine d’animés, films ou séries d’animation japonais, tirés de son œuvre. Il participe au renouvellement de la bande dessinée japonaise en proposant de nouveaux univers, controversés mais appréciés des lecteurs. Découvrez ici l’histoire de Gō Nagai et ses œuvres emblématiques. Besoin d’une expertise Gō Nagai ? Contactez l’équipe d’Estimon’objet !  

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Les débuts de la carrière de Gō Nagai, mangaka prolifique 

Kiyoshi Nagai, de son pseudo Gō Nagai, est un mangaka japonais né le 2 septembre 1945. Il est l’auteur prolifique de plus de trois cent soixante bandes dessinées japonaises. Pendant son enfance, Gō Nagai rêve de créatures et monstres médiévaux, d’êtres velus et griffus. À l’âge de quatre ans, il découvre le manga lorsque son frère lui lit le manga Lost World d’Osamu Tezuka publié en 1948. Ses lectures renforcent son goût pour le dessin et pour les personnages féminins forts. Gō Nagai fréquente très tôt les salles de cinéma et visionne environ cent cinquante films par an, ce qui l’aide à structurer ses scénarios. Il commence sa carrière dans le manga à vingt ans, lorsqu’il est remarqué par le Shōnen Sunday qui lui propose un poste d’assistant. Il a ensuite la chance de travailler pour le sensei – maître en japonais – Shōtarō Ishinomori qui est impressionné par ses qualités d’auteur. Pendant deux ans, Gō Nagai fournit un travail acharné : il dort peu et peine à se reconnaître dans le miroir tant il s’attèle à la tâche. Gō Nagai s’oblige à rendre son travail en temps voulu, ce qui lui demande beaucoup de sacrifices. En parallèle, il développe des projets personnels qui consistent en de courtes histoires comiques. Du fait de sa formation, son dessin est fortement influencé par celui des auteurs Osamu Tezuka et Shōtarō Ishinomori. En 1967, Gō Nagai publie son histoire humoristique Meakashi Poli Kichi dans le magazine Bokura des éditions Kodansha, racontant les péripéties d’un petit policier à l’époque d’Edo.

 Il devient alors un mangaka à part entière et enchaîne les publications. En 1968, la maison d’édition Shueisha crée le magazine Shônen Jump dans le but de promouvoir de nouveaux talents, libres de leurs sujets. Gō Nagai publie son premier succès, Harenchi Gakuen en 1968. C’est le premier manga qui le fait connaître au grand public et pose les bases de ses thématiques majeures : un érotisme cru et une violence explicite. Cet ouvrage est très controversé et Gō Nagai doit faire face à la commission de censure et de vertu Parental and Teacher Association, puisqu’il introduit un érotisme chez les enfants. À destination des jeunes garçons, de type shōnen, ce manga plaît aux lecteurs. Après ce premier succès, son éditeur le pousse à toujours faire la même chose, des mangas de type shōnen à destination des jeunes garçons, ce que Gō Nagai déteste par-dessus tout. Il s’efforce de s’essayer à tous les styles possibles comme ses maîtres Osamu Tezuka et Shōtarō Ishinomori. Ce dernier publie Dynamic Trois en 1959, ce qui inspire Gō Nagai pour le nom de son studio de production. En avril 1969, il fonde Dynamic Productions associé à Toei Animation pour produire des séries à la fois en manga et en dessin animé. Fonder sa propre société apparaissait effectivement comme la seule solution pour être plus libre dans sa création et avoir un meilleur rythme de travail. Il a alors la liberté d’imposer ses histoires face aux grands éditeurs. La société participe surtout à l’adaptation animée de ses œuvres. En 1970, Gō Nagai publie le premier album de sa série Abashiri Ikka chez l’éditeur Akita Shoten dans le magazine Shōnen Champion dans lequel il met en scène une femme comme personnage principal, contre l’avis du milieu du manga, considéré comme un milieu très masculin.

Gō Nagai et la science-fiction

Gō Nagai fait des allers-retours entre la science-fiction, l’humour et l’horreur. En 1970, il publie son album Oni-2889 nen no henran chez Kodansha, portant sur des démons issus du folklore japonais, qu’il a eu du mal à achever mais qui lui vaut le respect du milieu du manga et des adeptes de science-fiction. En 1972, Gō Nagai publie Devilman dans le Shōnen Magazine qui connaît un succès rapide et est suivie d’une adaptation animée. Cette histoire de démons est très difficile à écrire pour lui : « Dessiner des petites histoires humoristiques était très relaxant, mais dès lors que j’ai dessiné des histoires plus sombres ou alors avec des démons, cela a changé du tout au tout. Dessiner des histoires sombres me demandait énormément d’énergie et d’efforts. J’avais l’impression à chaque fois de pousser une porte donnant sur une autre dimension. J’étais littéralement crevé, vidé de toute énergie ». Cette malédiction va se produire pour chaque manga qui raconte des histoires de démons, notamment en 1973 pour l’écriture de “Violence Jack”, monstre qui incarne l’espoir dans un monde contemporain en proie à une série de catastrophes inexpliquées. Gō Nagai a une telle place dans la science-fiction japonaise qu’il intègre le cercle japonais restreint des auteurs de science-fiction, la Science-Fiction and Fantasy Writers of Japan (SFWJ) dont il est le président de 1996 à 1999. Gō Nagai s’essaye aussi au mecha, sous-genre de la science-fiction qui met en scène des personnages utilisant ou incarnant des armures robotisées et humanoïdes.

 Gō Nagai révolutionne les robots avec son ouvrage Mazinger Z publié en 1972. Ils deviennent des machines de guerre pilotées de l’intérieur par des humains, concept qui séduit le public japonais. Cet album est le premier tome d’une trilogie complétée par Great Mazinger en 1974 et Grendizer, plus connu sous le titre anglais et français Goldorak en 1975. Cette série fait l’objet d’une adaptation animée. Le 3 juillet 1978, les écrans de la chaîne télévisée française Antenne 2, aujourd’hui France 2, diffusent le premier épisode de Goldorak. Le succès est immédiat et contribue à populariser l’animation japonaise et le manga en France mais aussi dans d’autres pays occidentaux et au Québec. En 1973, Gō Nagai s’attaque au genre de la Magical girl – sous-genre fantastique japonais centré sur des jeunes filles qui se transforment en alter ego pour utiliser leurs pouvoirs magiques – pour en faire une parodie érotique dans Cutie Honey. Il y met en scène une fille androïde qui se transforme en héroïne à la poitrine généreuse, aux cheveux roux ou roses qui lutte contre divers méchants menaçant son monde. Elle est la première femme à être la protagoniste d’une série de manga shōnen, c’est-à-dire destinée aux jeunes garçons. Pour revisiter les genres, Gō Nagai s’inspire d’univers divers : la mythologie grecque pour ses œuvres principales, les illustrations de Gustave Doré en particulier pour Devilman, le cinéma rose (érotique) pinku eiga des années 1960-70, les récits d’horreur et de science-fiction et la mythologie japonaise.

La reconnaissance de Gō Nagai

Gō Nagai est aujourd’hui reconnu comme un auteur prolifique qui s’illustre dans des genres très variés. En 2019, Gō Nagai est l’invité de la Japan Expo, salon qui invite à découvrir la culture japonaise, à Paris, qui dédie une exposition aux adaptations animées de ses plus célèbres œuvres, à travers des croquis de personnages, de machines et de décors, mais aussi des extraits animés. Les illustrations de Gō Nagai sur le marché de l’art sont rares, mais celles de Goldorak sont les plus courantes. En 2023, une illustration originale de Goldorak s’est vendue à 46 800€. Des figures dérivées de l’œuvre de Gō Nagai sont aussi présentées à la vente. 

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Bar2

Estimation et cote de l'artiste Bar2

Dans toute la littérature, c’est la bande dessinée qui a le plus contribué à populariser la culture motarde auprès du grand public. Bar2 est un des pionniers de la bande dessinée motarde. Lui-même passionné de moto, il est imprégné de cet univers et met en scène des personnages cultes qui deviennent incontournables pour tous les mordus de moto. Découvrez ici l’histoire de Bar2 et ses œuvres emblématiques. Besoin d’une expertise Bar2 ? Contactez l’équipe d’Estimon’objet ! 

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Bar2, auteur de bande dessinée et motard passionné

Christian Debarre, alias Bar2 ou encore Chris Deb, est dessinateur et scénariste de bande dessinée français, né le 18 avril 1960. Très tôt, Bar2 apprend à dessiner par l’observation des dessinateurs de bande dessinée de tous les styles. Son dessin est méticuleux et soigné et révèle, selon lui, d’un manque de technique et de confiance en soi. En parcourant les albums de bande dessinée, Bar2 observe le dessin mais aussi la qualité des dialogues. Dès son adolescence, Bar2 a deux passions : le dessin et la moto. Sa carrière est donc pour lui le moyen de mettre en lien ces deux domaines qui l’animent. En 1977, il commence à écrire pour le magazine Plein Pot, un mensuel de moto illustré de bande dessinée. Il fait ensuite des illustrations publicitaires et des dessins de presse. Après une brève expérience comme illustrateur dans le journal Moto Crampons, il intègre l’équipe de Moto Journal en tant que dessinateur et essayeur de motos. Les premières planches de sa série mythique Joe Bar Team sont publiées chaque semaine entre 1988 et 1989 dans le Moto Journal. Puis, l’éditeur Vents d’Ouest décide de regrouper les planches en album, publié en 1990. Après ce premier album, Bar2 considère avoir fait le tour de cet univers et ne le conçoit pas comme le premier d’une série. 

Son manque de passion et de technique pour le métier d’auteur le pousse à confier la suite de la série à Fane, autre auteur de bande dessinée. Joe Bar Team est une bande dessinée humoristique qui connaît le succès dès ses débuts. Bar2 écrit les tomes 1 et 5 de la série, pour lequel il revient à la demande des lecteurs, tandis que plusieurs auteurs se passent le relais pour les autres. Le synopsis de Joe Bar Team, ou JBT pour les connaisseurs, met en scène une bande de motards qui se retrouvent au café Joe Bar dans les années 1970. Ensemble, ils font des courses en ville et maintiennent leur réputation d’être les plus rapides du quartier. Les personnages ont des noms humoristiques comme Edouard Bracame, Jean Manchzeck, Jean-Raoul Ducable et Guido Brasletti. Vingt ans plus tard, débarque une bande de jeunes motards, Jérémie Lapurée, Paul Posichon et Pierre Leghnôme qui confronte les vieux motards. Cette rencontre entre deux générations est pleine de nostalgie, regrettant la liberté des années 1970. Si les personnages sont caricaturaux dans leurs traits physiques, les dessins des motos respectent très précisément les caractéristiques des modèles existants. L’expertise de Bar2 pour les motos le pousse à être très réaliste et exact dans la représentation des bolides. Par exemple, les motards accordent beaucoup d’importance au son de leur moto, chaque modèle fait un bruit différent, il va même jusqu’à introduire les bruitages des motos par des onomatopées dans ses planches.  

Ce qui caractérise particulièrement Joe Bar Team, c’est l’humour dont la mauvaise foi est un ingrédient capital. Bar2 s’inspire de situations réelles pour ses gags. Le bar, renommé Joe Bar, où se réunissent les motards, existe réellement sous le nom de « Royal bar ». C’est le genre de « bar à motards » très répandu dans les années 1970, dont le plus célèbre était à Alfortville, car plusieurs de ceux qui le fréquentaient sont devenus de grands pilotes. Aussi, dans son recueil de nouvelles Chroniques du Joe Bar, publié en 2014 chez Vents d’Ouest, le personnage de Joe est la synthèse de plusieurs personnes que côtoient l’auteur. En 1990, il fonde le Joe Bar Mag avec Michel Bidault, une revue loufoque dédiée à la moto dont une trentaine de numéros ont été édités.

Joe Bar Team, série culte de l’univers motard 

La série Joe Bar Team est un succès éditorial. Composée de huit albums, ils se sont vendus à plus d’un million d’exemplaires chacun. S’ensuit le développement intense de produits dérivés en tout genre, des figurines, des agendas et même des préservatifs à l’effigie des personnages de la série. Ce phénomène est innovant car Bar2 fait le choix de s’adresser à un public averti et adulte. La plupart de ses lecteurs sont plus amateurs de sports mécaniques que de bande dessinée. Avant lui, seul Michel Angélini avait publié quelques planches sur l’univers motard dans Moto Journal, dans les années 1970. Joe Bar Team devient culte dans l’univers motard et va inspirer beaucoup de dessinateurs. 

Parmi les séries qui s’en inspirent, on retrouve Les Fondus de Moto de Christophe Cazenove et Bloz publié en 2009, Même pas Peur de Satô en 2007 et Sam Speed de Pierre-Yves Madeline et Batem en 2003. Après ce succès, Bar2 donne à Fane les rênes de la suite de la série. En 2003, il se remet à la tâche pour le tome 5. Depuis 2003, les auteurs Fane et le duo Pat Perna et Henry Jenfèvre partagent le succès de la série. Bar2 occupe ensuite le poste de rédacteur en chef adjoint du journal Moto Revue. En 2006, il publie L’Encyclopédie Imbécile de la Moto chez Vents d’Ouest. Depuis, Bar2 a tourné la page du neuvième art et s’est reconverti dans l’écriture. Selon lui, il n’avait pas assez de passion et de courage pour atteindre le niveau qu’il souhaitait dans son dessin. Par la même occasion, il a arrêté de rouler à moto, regrettant la liberté de rouler à vive allure dans les années 70.

Le modèle d’André Franquin

Le style de Bar2 se caractérise par sa similitude avec celui d’André Franquin, auteur de la série Gaston Lagaffe. Bar2 découvre Franquin dès son enfance et admire sa virtuosité. Il s’imprègne de ses dessins au point d’adopter son trait, comme un automatisme. C’est un dessin très rond, habituellement employé pour les bandes dessinées à destination des enfants. Derrière le « gros nez », le dessin de Franquin est très réaliste. Bar2 propose un mélange des genres audacieux en remployant ce style pour un public adulte dans un univers considéré comme subversif et viril. Pour dessiner, Bar2 emploie la plume plutôt que le crayon ou le stylo, ce qui renforce sa filiation avec Franquin. Bar2 apprécie d’autres auteurs de bande dessinée, qui se situent dans la veine réaliste comme Christophe Blain, Jordi Bernet et Daniel Goossens. Bar2 admire également René Pétillon pour la qualité et l’efficacité de ses dessins, pour son style épuré, franc, mais aussi pour son humour. Bar2 se décrit comme un « fan absolu de Pétillon », le seul qui puisse rivaliser avec René Goscinny selon lui. Bar2 mentionne aussi son engouement pour le dessin et la technique de Philippe de la Fuente qui créent un sentiment nerveux voire agressif par un cerne noir et des formes géométrisées.

Les planches de Bar2 sur le marché de l’art 

Les planches originales de la série Joe Bar Team sont présentes sur le marché de l’art et ce sont celles de Bar2, créateur, qui s’envolent le plus haut. Les estimations se hissent à plusieurs milliers d’euros et le prix d’adjudication dépasse souvent l’estimation haute. Par exemple, la planche originale n°35 du tome 1 de quatre pages portant sur le dénouement de l’épisode – habituellement les autres épisodes se déroulent sur une seule page – Jeannot pilote de course a été adjugée à 14 300€ en juin 2023.  

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René Goscinny

Estimation et cote de l'artiste René Goscinny

Créateur d’Astérix et Obélix et de Lucky Luke, René Goscinny a profondément marqué l’histoire de la bande dessinée française par son humour, ses scénarios inédits mais aussi par son combat pour la reconnaissance du métier de scénariste de bande dessinée. Découvrez ici l’histoire de René Goscinny et ses œuvres emblématiques. Besoin d’une expertise René Goscinny ? Contactez l’équipe d’Estimon’objet !

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L’enfance de René Goscinny entre Buenos Aires et New-York

René Goscinny est un scénariste de bande dessinée français né le 14 août 1926 dans une famille juive originaire de Pologne et d’Ukraine. Dès 1927, sa famille part en Argentine à Buenos Aires car son père, Stanislas Goscinny, est employé par la Jewish Colonization Association, pour aider et favoriser l’émigration des Juifs d’Europe ou d’Asie sur le continent américain. René Goscinny grandit donc dans un pays multiculturel, cosmopolite et multilingue. Il étudie au lycée français de Buenos Aires et passe ses vacances en Uruguay. Très tôt, René Goscinny commence à dessiner en ayant en tête les dessins de Dante Quinterno et particulièrement l’historiera argentine – nom de la bande dessinée sud-américaine – du chef indien Patoruzù. Il est aussi fasciné par les dessins de Zig et Puce par Alain Saint-Ogan, des héros Superman et Tarzan. Il rapportera même à Paris une copie de l’album Les Pieds Nickelés de Louis Forton. 

Pendant la Seconde Guerre mondiale, René Goscinny et sa famille proche sont en Argentine. Toutefois, les autres membres de sa famille restés en Europe sont victimes de la Shoah et déportés. René Goscinny et sa famille n’apprennent l’existence des camps de concentration qu’à la fin de la guerre, ce qui le traumatise une bonne partie de sa vie. En 1943, la mort de son père plonge la famille dans la précarité. Obligé de travailler, René Goscinny est d’abord dessinateur dans une agence de publicité. En parallèle, il publie ses premiers dessins et textes dans le bulletin interne du collège français de Buenos Aires. 

En 1945, René Goscinny et sa mère quittent Buenos Aires pour New-York. Il rejoint l’armée française en 1946 lors de son service militaire. Il devient illustrateur officiel du régiment. À la fin de son service militaire, il rentre à New-York avec pour ambition de rencontrer Walt Disney, dont les dessins circulent partout. Mais surtout, René Goscinny veut faire rire les autres. Avec ses dessins humoristiques et ses caricatures, il sollicite les éditeurs, les agences de presse et les studios de création mais n’essuie que des refus. Après cet échec, René Goscinny reste sans emploi et dépressif pendant un an et demi.  

Il fait ses premiers pas dans la publicité américaine en 1948. Il fait la rencontre d’Harvey Kurtzman, le futur fondateur du magazine Mad. Ensemble, ils collaborent sur la publication d’un livre animé pour enfants qui comporte des mécanismes pour mettre en mouvement certains éléments. Ce livre, Playtime Stories, aux éditions Kunen Publishers publié en 1949, rassemble trois histoires réinterprétées par René Goscinny : Robin Hood, Pinocchio et Aladin. 

René Goscinny, dessinateur de bande dessinée ?

La rencontre de René Goscinny avec l’auteur de bande dessinée belge Jijé, installé aux États-Unis, change le cours de sa carrière. Par son intermédiaire, il fait la connaissance de Morris, élève de Jijé. À l’été 1949, René Goscinny travaille pour une société d’édition de cartes postales peintes à la main. Régulièrement, il rend visite à Jijé et se forme au dessin à ses côtés. Mais Jijé remarque que René Goscinny n’a pas la même appétence pour le dessin que ses autres élèves. Il est plutôt doué pour son sens de l’humour, des gags et des mots. René Goscinny tente de créer une seule bande dessinée, Dick Dicks, où il écrit le scénario et dessine les planches. Refusé par tous les journaux et agences de presse de New-York, il envoie les planches à Jijé afin qu’il les montre à l’éditeur Charles Dupuis. Finalement, à cause d’une erreur d’acheminement du courrier, l’éditeur ne les voit jamais. 

La deuxième rencontre importante pour la carrière de René Goscinny est celle de Georges Troisfontaines, directeur de la World Press, agence de presse belge spécialisée dans la diffusion de bande dessinée pour différents journaux périodiques, qui collabore étroitement avec l’éditeur Dupuis. René Goscinny se rend à Bruxelles à la World Press et présente les planches de Dick Dicks à Jean-Michel Charlier, directeur artistique. Il n’est pas emballé par le dessin mais est séduit par le scénario. Dick Dicks est alors publié dans le supplément du magazine La Wallonie. En 1951, René Goscinny est employé par la World Press et part à Paris pour travailler sur sa série. Dans le bureau des Champs-Elysées, une longue amitié et collaboration naît entre René Goscinny et Albert Uderzo. Ils publient ensemble une chronique humoristique de deux cents épisodes, Sa Majesté son mari, dans l’hebdomadaire belge Bonne Soirées.

René Goscinny est envoyé à New-York en 1952 par la World Press pour lancer le magazine télévisé TV Family. C’est un bref succès qui lui vaut la promotion de directeur artistique puis scénariste de la World Press. De retour à Paris, René Goscinny écrit des nouvelles policières publiées dans le magazine Le Moustique. Il est aussi scénariste et dessinateur du Capitaine Bibobu, publié en 1955 dans l’hebdomadaire Risque-Tout. Après cette ultime tentative, il abandonne le dessin et se consacre désormais à l’écriture. 

René Goscinny, scénariste méthodique de bande dessinée 

René Goscinny commence alors à développer sa méthode d’écriture. Issu d’une famille d’imprimeurs, la mise en page esthétique d’un ouvrage est centrale pour lui. Son processus d’écriture est organisé et méticuleux. Il écrit d’abord le synopsis de l’histoire qu’il divise en paragraphes détaillés. Un paragraphe correspond à une planche. Puis, il découpe chaque paragraphe car « comme pour un film, il faut décrire chaque scène et en écrire le dialogue ». 

Au-delà de la bande dessinée pour enfants, René Goscinny est très tôt influencé par le cinéma. Avec son père, ils fréquentent les salles obscures projetant les films burlesques de Charlie Chaplin, des Marx Brothers et de Laurel et Hardy. Plusieurs scénarios de ses futurs albums sont des clins d’œil aux films de westerns du cinéaste John Ford. René Goscinny va d’ailleurs travailler dans le cinéma, comme producteur, réalisateur et scénariste de films. Il va lui-même réaliser les adaptations de ses albums, notamment Astérix et Cléopâtre en 1968.

Les premiers succès de René Goscinny 

Le premier succès de René Goscinny est le personnage de Lucky Luke. Le personnage est créé en 1947 par Morris et son frère Louis de Bevere. Morris sollicite René Goscinny pour écrire le scénario des aventures de Lucky Luke. L’épisode Des rails sur la prairie, publié dans le magazine Spirou en 1955 est la première histoire du cow-boy scénarisée par René Goscinny. Il reprend définitivement le scénario à partir de 1958 avec Lucky Luke contre Joss Jamon et Morris se consacre au dessin. L’intervention de René Goscinny fait évoluer le personnage en lui donnant plus de profondeur. Les deux auteurs connaissent bien l’Ouest Américain et mettent en scène des personnages historiques dans les épisodes comme Calamity Jane, Billy the Kid, Roy Bean et Jesse James. La série devient alors une parodie des westerns avec des personnages récurrents qui accompagnent le héros. René Goscinny invente les personnages des frères Dalton, le chien Rantanplan et Jolly Jumper le cheval qui parle. Entre 1957 et 1977, René Goscinny et Morris publient trente-six aventures de Lucky Luke. En 1960, Lucky Luke est désormais publié par Dargaud dans le magazine Pilote afin d’assurer au personnage une meilleure diffusion sur le marché français. Lucky Luke devient un personnage iconique qui fait l’objet de dessins animés et adaptations cinématographiques.

René Goscinny rencontre Jean-Jacques Sempé dans les bureaux de la World Press. Ce dernier réalise des dessins humoristiques pour le journal Le Moustique dans lequel s’incarne un enfant prénommé Nicolas. Le journal lui demande d’en faire une bande dessinée. Jean-Jacques Sempé sollicité alors René Goscinny pour le scénario. Après avoir rompu son contrat avec Le Moustique, Sempé est contacté par le magazine Sud Ouest. Le Petit Nicolas est une œuvre à part entière dans la carrière de René Goscinny. Il y met en scène un jeune garçon qui raconte, avec ses mots et son vocabulaire d’enfant, les péripéties de sa vie, inspirées des souvenirs de Jean-Jacques Sempé. Ils publient, en 1958, dans le magazine Sud Ouest, Le Noël du Petit Nicolas qui remporte un franc succès. Toutes les semaines pendant plusieurs années, un épisode de la vie du petit garçon paraît.

La fondation du magazine Pilote, point de départ des personnages iconiques de René Goscinny

En 1959, Raymond Joly souhaite créer un magazine pour la jeunesse. Avec Jean-Michel Charlier, Albert Uderzo, René Goscinny et François Clauteaux, ils fondent le magazine de bande dessinée Pilote. René Goscinny est un des auteurs les plus productifs de ce magazine dans lequel vont naître ses personnages iconiques : Astérix et Iznogoud auxquels il se consacre jusqu’à la fin de sa vie. 

Astérix est le fruit de la collaboration entre René Goscinny, scénariste, et Albert Uderzo, dessinateur. René Goscinny veut raconter l’histoire de France dans un registre comique. La période des Gaulois est inédite en bande dessinée et apparaît alors comme une évidence. Astérix est un héros malin, de petite taille et au nez arrondi, qui tranche avec les héros des bandes dessinées de l’époque. Uderzo crée un deuxième personnage imposant, livreur de menhirs. Astérix et Obélix prennent vie. Les noms des gaulois Astérix et Obélix semblent prendre leur origine dans l’atelier typographique du grand-père paternel du scénariste, en référence aux signes astérisque et obèle dont les noms anglais sont « asterisk » et « obelisk ». Les héros intègrent le journal Pilote pour son lancement le 29 octobre 1959 et dont le premier numéro s’écoule à 300 000 exemplaires. 

Astérix connaît un vrai succès éditorial. Les deux premiers albums La Serpe d’or et Astérix chez les Goths sont tirés à 15 000 exemplaires. En 1965, le cap des 100 000 exemplaires est franchi avec Astérix et Cléopâtre. En 1967, Astérix et les Normands atteint le record exceptionnel de plus d’un million d’exemplaires. À cette époque, la bande dessinée est restreinte à une clientèle infantile et seul Tintin avait atteint des niveaux de ventes comparables. C’est la consécration pour René Goscinny et Albert Uderzo. 

En 1960, le magazine Pilote est en difficultés financières puis racheté par Georges Dargaud. Les ventes continuent de chuter et il fait appel à René Goscinny et Jean-Michel Charlier pour relancer le journal. Ils sont nommés co-rédacteurs en chef en septembre 1963. L’ambition est de faire un magazine pour les adolescents en publiant des bandes dessinées plus inventives. René Goscinny donne un nouveau souffle au magazine en intégrant des jeunes auteurs. Il permet de révéler au grand public beaucoup de dessinateurs et auteurs comme Pierre Christin, Jean-Claude Mézières (Valérian, agent spatio-temporel) et Fred (Philémon).

Avec Jean Tabary, René Goscinny met en scène le personnage Iznogoud, d’abord publié sous le titre Les Aventures du calife Haroun-el-Poussah dans le magazine Record en 1962. L’origine de ce personnage se trouve dans Le Petit Nicolas dans lequel est racontée l’histoire d’un méchant vizir qui veut prendre la place du calife. René Goscinny fait une parodie du conte des Mille et Une Nuits. Il met en scène les péripéties du vizir qui, par tous les moyens, essaie de devenir calife sans jamais y parvenir. Dans cette série s’incarne l’humour de René Goscinny et son goût pour les calembours. Les épisodes d’Iznogoud sont publiés simultanément dans Record et Pilote. Ce personnage prend vie tout au long de la carrière de René Goscinny. Après sa mort en 1977, Jean Tabary continue les aventures du vizir. 

Le combat de René Goscinny pour la reconnaissance du métier de scénariste de bande dessinée

À travers ses personnages, René Goscinny fait reconnaître le métier de scénariste comme un métier à part entière. Toute sa vie, il se bat pour la reconnaissance du métier en inscrivant son nom à côté du dessinateur. L’exemple de la collaboration entre René Goscinny et Morris pour Lucky Luke est symptomatique de cette omission du nom du scénariste. Alors qu’il écrit les scénarios de la série dès 1955, le nom de Goscinny n’apparaît sur la couverture qu’en 1962 pour l’album Les Rivaux de Painful Gulch. Jusque-là, les albums étaient signés « texte et illustrations de Morris ». Il fait un premier pas en mentionnant son nom à côté de celui du dessinateur, en haut des planches, puis sur la couverture. Enfin, il obtient la mention du nom du scénariste dans les contrats d’édition, lui octroyant des droits d’auteur.

Sa lutte pour les droits d’auteurs du scénariste de bande dessinée lui a valu un procès avec l’éditeur Dargaud. En effet, quand Georges Dargaud reprend le magazine Pilote en 1960, les relations sont difficiles. Un conflit naît à propos d’un contrat pour l’édition de Lucky Luke dont certaines mentions lèsent les intérêts des auteurs. René Goscinny refuse le contrat proposé par Dargaud mais continue à écrire le scénario de l’album Le Fil qui chante. Finalement, le contrat est signé par Morris seul et l’album est imprimé en 1975. Une fois de plus, l’intérêt de René Goscinny est négligé. 

Pourtant, René Goscinny et Albert Uderzo renouvellent leur contrat pour Astérix en 1975. Après cet incident, René Goscinny fait alors mettre sous scellés les albums et demande à Albert Uderzo de ne plus dessiner les planches de l’épisode en cours : Astérix chez les Belges. Après la mort de René Goscinny, Dargaud contraint Albert Uderzo de lui remettre les planches manquantes, sous peine de dommages et intérêts. La veuve de René Goscinny, Gilberte Goscinny, s’oppose à la diffusion de l’album du Fil qui chante mais perd le procès contre Morris. En 1990, un procès contre l’éditeur Dargaud est intenté par Gilberte Goscinny et Albert Uderzo à propos des conditions d’exploitation des albums d’Astérix. En 1998, la cour d’appel de Paris leur donne gain de cause et Dargaud se voit retirer l’exploitation de tous les albums parus avant 1977. 

La postérité de René Goscinny 

Après la mort subite de René Goscinny en 1977, Albert Uderzo continue seul la série Astérix, tout en signant de leurs deux noms, en hommage à son ami. Si la suite ne fait pas l’unanimité auprès des lecteurs qui considèrent qu’elle a perdu en qualité, le succès commercial persiste. La série est traduite dans 700 langues et dialectes. Depuis la parution du premier album d’Astérix en 1961, plus de 370 millions d’exemplaires ont été vendus dans le monde entier.

René Goscinny a reçu de multiples hommages et est considéré comme l’un des pères de la bande dessinée française. Aujourd’hui, des récompenses de bande dessinée portent son nom : le Prix René-Goscinny du festival d’Angoulême est créé en 1988 ; mais aussi des noms d’école, de rues, etc. Sur le marché de l’art, les planches et albums proposés sont majoritairement de la main d’Albert Uderzo et du scénario de René Goscinny. Les éditions originales des albums sont les plus prisées. Mais en 2019, une planche de Dick Dicks par René Goscinny a été vendue 3 640€. 

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Blutch 

Estimation et cote de l'artiste Blutch

Blutch est un auteur de bande dessinée atypique. Alors qu’il est membre de la Nouvelle bande dessinée, mouvement qui propose une bande dessinée alternative à l’école franco-belge de bande dessinée des années 1950-60, il reste profondément attaché et admiratif de la bande dessinée franco-belge des années 1950. Explorant les techniques graphiques et les univers, son dessin, presque toujours en noir et blanc, révèle ses influences multiples, aussi bien traditionnelles que contemporaines. 

Cette position fait de Blutch le parfait héritier de la bande dessinée classique et le précurseur de la bande dessinée contemporaine. Sur cette page vous découvrirez l’histoire de Blutch et ses œuvres emblématiques.  Besoin d’une expertise Blutch ? Contactez l’équipe d’Estimon’objet !

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Figure de la Nouvelle bande dessinée et réinterprétation des classiques par Blutch

Blutch, de son vrai nom Christian Hecker, est un auteur de bande dessinée, né le 27 décembre 1967. Son pseudonyme est tiré d’un des personnages de la série belge Les Tuniques bleues (de Cauvin et Salvérius publié chez Dupuis en 1968), le caporal Blutch, avec lequel il a une ressemblance physique avérée. Dès son enfance, il est fasciné par la bande dessinée et le dessin. Il entreprend des études artistiques à l’École des Arts Décoratifs de Strasbourg. Blutch est découvert lors d’un concours organisé par le mensuel Fluide glacial et s’illustre dans un graphisme proche de Morris, dessinateur du célèbre Lucky Luke. Il travaille d’abord pour le magazine Umour puis va à la rencontre des éditeurs indépendants avec ses premières bandes dessinées. 

En 1994, il publie chez L’Association sa série Sunnymoon, tu es malade. L’éditeur Cornélius, lui, publie La Lettre américaine en 1995 puis Mitchum entre 1996 et 1999. En 1996, Blutch fait son entrée dans le mensuel « (À suivre) » avec Péplum et impose son style très particulier, traité en noir et blanc. Publiée en intégralité en 1997 par Cornelius, cette adaptation libre du Satyricon de Pétrone, découvert via l’adaptation italienne de Fellini, construit sa réputation dans le monde de la bande dessinée. Cet album est le reflet de l’univers sauvage et indompté exploré par Blutch. Il renouvelle perpétuellement son travail et reprend les classiques de la bande dessinée.

En 1998, il publie des souvenirs de son enfance en Alsace dans les années 1970 rassemblant les pages de Petit Christian, parues dans Fluide Glacial entre 1994 et 1996. À la fin des années 1990, il invente le personnage de Blotch, dont le prénom est choisi expressément en référence à son pseudonyme. Il met en scène un pédant dessinateur de l’entre-deux-guerres à l’humour ringard et misogyne. Il raconte ses propres aventures comme dessinateur comique au sein d’un magazine hebdomadaire titré « Fluide glacial ». Ce personnage fait étrangement écho à la propre vie de Blutch.

 En 2000, il publie Blotch, le roi de Paris avec lequel il remporte l’Alph-Art humour du Festival International de la Bande Dessinée à Angoulême. Au tournant des années 2000, l’illustration d’ouvrages pour enfants lui permet d’explorer différentes techniques et différents univers graphiques. Par exemple, les illustrations des Contes d’Amériques par Henri Gougaud, publié aux éditions du Seuil en 2004, sont réalisées au pastel gras.
Blutch est considéré comme un des principaux auteurs de la Nouvelle bande dessinée qui veut proposer une alternative à la bande dessinée franco-belge des années 1950. Pourtant, les auteurs classiques de la bande dessinée sont importants pour Blutch et il rejette toute opposition avec la bande dessinée contemporaine. Au contraire, il critique la dimension commerciale de celle-ci en proie à la pression des éditeurs. En 2014, il publie sa bande dessinée Lune l’envers chez Dargaud. 

Dans ce récit à mi-chemin entre science-fiction et comédie dramatique, il évoque la question du processus de création artistique et le rapport au temps. Il livre une caricature caustique du monde de l’édition et critique l’injonction de toujours produire une suite. Il est aussi attaché à la tradition classique du strip américain et compartimente ses planches en trois colonnes, cherchant la clarté des grands maîtres américains. Blutch veut également rendre hommage aux auteurs de la bande dessinée classique. En 2017, son album Variations regroupe trente planches en noir et blanc dans lesquelles il réinterprète des extraits d’albums classiques de la bande dessinée franco-belge et italienne (André Franquin, Albert Uderzo, Jean-Claude Forest, Michel Greg, René Pellos et Daniel Goossens) qui l’ont marqué. Comme aboutissement de cette démarche, Blutch publie en 2023 une réinterprétation de Lucky Luke de Morris, faisant du cowboy une baby-sitter d’enfants difficiles à dompter.

Blutch ou le « Mozart de la BD »

Blutch est qualifié de virtuose ou encore de « Mozart de la BD » par le cinéaste Patrice Leconte. Le dessin est, pour lui, aussi important que l’était la musique pour le compositeur. Blutch se réclame majoritairement de l’école franco-belge, avec notamment pour influences : Hergé, Ungerer, Moebius, Jijé et René Pellos. Comme beaucoup d’auteurs de bande dessinée, il est aussi inspiré par la peinture et la danse, notamment par le peintre Edgar Degas dont on connaît les représentations des petits rats de l’opéra. Le septième art est important pour Blutch et irrigue toute son œuvre. En 2008, il fait la rencontre d’Alain Resnais pour lequel il réalise l’affiche de son film Les Herbes Folles. Il s’ensuit une collaboration fructueuse avec le réalisateur pour plusieurs films, décors et bandes annonces. En 2011, il consacre un album à sa passion de cinéphile : Pour en finir avec le cinéma, chez Dargaud. 

La musique, et particulièrement le jazz, séduisent Blutch. Il y consacre un album, Total Jazz, en 2004 chez Seuil dans lequel il met en scène des histoires musicales. Il fait un parallèle entre sa pratique du dessin et le genre musical notamment dans la place que prend l’improvisation. Dans le jazz, les jazzmen travaillent sur des morceaux connus, réinventés par chaque musicien, appelés standards. A l’instar des jazzmen, Blutch reprend des planches existantes connues de tous, pour les réinterpréter, comme avec le personnage de Lucky Luke. Le dessin de Blutch est connu pour être en noir et blanc, à quelques exceptions près. Son fameux coup de « feutre-pinceau » lui permet de modeler les volumes par des petits traits veloutés et rapprochés. 

En 2002, Blutch fait appel à la coloriste Ruby pour son album Vitesse moderne, publié chez Dupuis. Cette collaboration montre l’importance du dessin en noir et blanc chez Blutch qui semble refuser toute utilisation de la couleur dans cet ouvrage, au point de devoir faire appel à un autre corps de métier. Toutefois, il utilise les couleurs dans un but précis. En 2005, il publie un recueil de dessins chez Futuropolis : C’était le bonheur, qui porte sur la famille et le couple. Son trait est fin et griffonné. Deux autres recueils voient le jour sur ce sujet : le dernier, La Beauté, rassemble des dessins au crayon de couleur. Les tonalités rouges, marrons et noires sont pour Blutch un moyen de suggérer l’érotisme des scènes et de séduire le lecteur, ou, au contraire, de le choquer par une image animale de la sexualité.

Blutch est en quête perpétuelle du dessin. Il cherche à donner une interprétation graphique du réel, vraie et subjective à la fois. Pour Blutch, un bon dessinateur doit « penser avec la main ». Mais la narration n’est pas en reste : passionné de littérature, la bande dessinée est, selon Blutch, le seul moyen pour allier le dessin et les mots. Il est d’ailleurs stimulé par des œuvres contemporaines qui se démarquent par leur dessin simple qui laisse la place au blanc comme Frédéric Poincelet ou Fabio Viscogliosi.

 

Blutch, auteur consacré par le monde de la bande dessinée et le marché de l’art

Blutch est un auteur admiré en France et à l’international. Les festivals de bande dessinée lui accordent une place particulière tout au long de sa carrière. En 2009, il est récompensé par le Grand prix de l’Académie des Grands Prix du festival de la ville d’Angoulême pour l’ensemble de son œuvre. Il est nommé président de l’édition de 2010 du Festival International de la Bande Dessinée à Angoulême au cours de laquelle une grande exposition rétrospective lui est consacrée. En 2019, Blutch est l’invité d’honneur des 4e Rencontres de l’illustration et du festival Central Vapeur à Strasbourg. À cette occasion, cinq expositions montrent ses planches au public. Dans l’exposition Art mineur de fonds au Musée d’Art moderne et contemporain de Strasbourg, ses planches originales dialoguent avec les gravures d’Antonio Pollaiuolo, Albrecht Dürer, Gustave Doré, Max Ernst ou Pierre Alechinsky. L’événement permet aussi la publication d’ouvrages concentrés sur le travail d’illustrateur de Blutch. Le livre Un Autre Paysage, publié chez Dargaud, offre un panorama sur son œuvre et ses différentes techniques utilisées, comme le pastel, le crayon de couleur, le stylo-bille, etc. Le but de cet ouvrage est de montrer l’éclectisme des influences de Blutch.

Blutch est présent dans le marché de l’art, aussi bien en galerie qu’en salle des ventes. En 2023, la galerie Barbier expose les planches originales de sa dernière publication : La Mer à boire (2023, Editions 2024). Cette exposition offrait la possibilité unique d’observer les planches avant leur colorisation et de comprendre le processus créatif de Blutch. Certaines planches étaient montrées avec des essais chromatiques. Quant aux salles des ventes, les planches de Blutch sont régulièrement soumises au poids du marteau et atteignent parfois plusieurs milliers d’euros. Il fait lui-même don de certaines planches pour les mettre en vente. En 2022, la planche originale n°11 de son album Pour en finir avec le cinéma a atteint 2 400 €.

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(Ilus.) Cartel : Blutch, Sunnymoon tu es malade, L’Association, 1994

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Estimation gratuite Marjane Satrapi

Marjane Satrapi

Estimation et cote de l'artiste Marjane Satrapi

Marjane Satrapi est une auteure de bande dessinée engagée. Bien qu’elle ne le revendique pas clairement, son œuvre met à l’honneur les femmes iraniennes, qui, depuis les années 1970, se battent pour leurs libertés. C’est d’ailleurs cet aspect précis de son œuvre qui est apprécié par ses admirateurs et lui permet d’être reconnue sur la scène internationale. 

La mémoire de son pays et des combats du peuple iranien sont essentiels. Elle se place dans la lignée de ceux qui s’efforcent de rendre perpétuels les événements que l’actualité instantanée écarte. Découvrez ici l’histoire de Marjane Satrapi et ses œuvres emblématiques.  Besoin d’une expertise Marjane Satrapi ? Contactez l’équipe d’Estimon’objet !

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L’enfance de Marjane Satrapi, entre l’Iran et l’Europe  

Marjane Satrapi est une artiste, auteure de bande dessinée et réalisatrice franco-iranienne, née le 22 novembre 1969 à Rasht, en Iran. Elle grandit dans un contexte de restriction croissante des libertés individuelles au moment de la révolution islamique et de la guerre Iran-Irak. Sa famille est sympathisante du parti communiste et son oncle, dirigeant du parti communiste iranien, est exécuté pour ses opinions politiques. À partir de 1984, Marjane Satrapi multiplie les allers-retours entre son pays natal et l’Europe. En Autriche, elle étudie au lycée français de Vienne. De retour en Iran en 1988, elle obtient une maîtrise de communication visuelle à l’école des Beaux-Arts de Téhéran. En 1994, elle est diplômée de l’École Supérieure des Arts Décoratifs de Strasbourg.

Le début de carrière de Marjane Satrapi est semé d’embûches. Elle fait plusieurs tentatives de publications de livres pour enfants mais se retrouve obligée de multiplier les emplois. Son entrée dans l’Atelier des Vosges est un véritable tremplin pour Marjane Satrapi. C’est un groupe d’auteurs de bande dessinée qui travaillent dans un même lieu à partir de 1995. Aux côtés d’Emile Bravo, Fabrice Tarrin, Christophe Blain, Joann Sfar, Frédéric Boilet et David B., Marjane Satrapi prend goût à la bande dessinée.

Le roman graphique remis à l’honneur par Marjane Satrapi

La lecture du roman graphique Maus par Art Spiegelman, qui raconte l’horreur de la Shoah et des camps de concentration juifs, est une révélation pour Marjane Satrapi. Elle est particulièrement touchée par sa manière de raconter des événements de crise avec une touche d’humour. Le roman graphique devient alors le format privilégié pour le récit mémoriel. Marjane Satrapi publie Persepolis, une bande dessinée autobiographique, en noir et blanc. Dans les quatre volumes, publiés entre 2000 et 2003 par L’Association, l’auteure raconte son enfance et sa jeunesse entre l’Iran de la révolution islamique et l’Europe des années 1980-1990. Vendue à plus d’un million d’exemplaires et traduite dans de nombreuses langues, cette œuvre la hisse sur la scène internationale de la bande dessinée.

 La série est le plus grand succès éditorial de la bande dessinée alternative européenne des années 2000 et le plus gros succès de l’éditeur. Avec Persepolis, Marjane Satrapi pose les bases de son style, qu’elle poursuit dans ses bandes dessinées postérieures : des dessins en noir et blanc, sur fond noir ou blanc, des décors non détaillés qui laissent plus de place au texte. L’image sert de support au texte. Cette particularité de Marjane Satrapi montre son goût pour la narration, alors que la plupart des auteurs de bande dessinée accordent plus de place au dessin. Elle emploie plusieurs registres de langue : courant, familier et parfois vulgaire.

Persepolis est très bien reçu par la critique et les lecteurs. Aux États-Unis, le deuxième tome se classe parmi les meilleures ventes de romans graphiques en 2004. En 2010, le Newsweek place la série à la cinquième place des dix meilleurs ouvrages non-fictionnels de la décennie. Cette bande dessinée est même devenue un manuel dans les académies militaires pour comprendre les enjeux du Moyen-Orient. L’auteure reçoit plusieurs distinctions dans divers pays dont la Suède, la Norvège et l’Allemagne. Dans la foulée de la publication de Persepolis, Marjane Satrapi publie deux bandes dessinées qui se déroulent en Iran : Broderies, publiée en 2003 et Poulet aux prunes en 2004. Ces albums sont aussi traduits dans plusieurs langues et récompensés à l’international. Le premier est récompensé du Prix suédois Urhunden du meilleur album étranger, en 2007. Le second reçoit le Prix du meilleur album au Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême, en 2005. En 2015, elle reçoit le Prix suédois Adamson du meilleur auteur international pour l’ensemble de son œuvre.

Marjane Satrapi, artiste multiple

Marjane Satrapi est une artiste multiple, c’est-à-dire que sa production artistique n’est pas limitée à celle de la bande dessinée. Elle est aussi reconnue pour sa production cinématographique et picturale.

Sa production cinématographique

Après le succès de ses premiers romans graphiques, Marjane Satrapi décide de se consacrer au cinéma. Elle co-réalise avec Vincent Paronnaud deux adaptations de ses œuvres. Le dessin animé Persepolis, réalisé en noir et blanc, est primé au Festival de Cannes en 2007 et aux Césars en 2008. Sa sélection sur la croisette a agité les relations diplomatiques entre les autorités iraniennes et le gouvernement français, bien que le comité de sélection soit indépendant. Plusieurs films iraniens avaient déjà été sélectionnés à Cannes mais ici c’est une évocation directe, à charge, de la révolution iranienne de 1979. Son album, Le poulet aux prunes, fait aussi l’objet d’une adaptation cinématographique en 2011.

Sa production picturale dédiée aux femmes

La peinture occupe une place chère dans le cœur de Marjane Satrapi. Elle peint déjà, en pratique amateur, lorsqu’elle décide de se consacrer à la bande dessinée. Elle dédie son œuvre aux « femmes fortes » qui ont marqué sa vie, « pour les rendre éternelles, pour ne pas les oublier ». Ce sujet unique, les femmes, est une obsession pour l’artiste. Elles incarnent, selon Marjane Satrapi, la beauté. Son ambition n’est pas de faire une peinture engagée ou conceptuelle. Elle préfère la peinture figurative pour « créer du beau comme les peintres anciens ».

Sa peinture est caractérisée par des aplats de couleurs explosives. Sa palette est réduite à quatre couleurs : rouge, bleu, rose et noir, elles-mêmes résultats d’un mélange d’au moins cinq ou six couleurs. Ses inspirations ne sont autres que le pop art et particulièrement Jasper Johns. Elle est aussi marquée par les œuvres d’Henri Matisse, Félix Vallotton et Balthus. Contrairement à ses dessins de bande dessinée, Marjane Satrapi accorde, dans sa peinture, une attention particulière aux ombres pour donner un caractère cinématographique à l’image. 

Les sources de lumière sont multiples et proviennent de différents endroits pour éclairer différentes parties de la composition. L’idée générale est de créer une sensation de légèreté et de gaieté qui peut être troublée à tout moment. Pour l’artiste, la peinture est un espace de liberté. Contrairement à la bande dessinée où la narration est nécessaire, la peinture n’a pas besoin de se soucier de la compréhension de l’histoire par le spectateur. Les seuls indices de lecture donnés par l’artiste sont les titres énigmatiques de ses toiles. En 2013, Marjane Satrapi expose pour la première fois ses toiles, à la galerie Jérôme de Noirmont à Paris. En 2020, elle renouvelle l’expérience à la galerie Françoise Livinec avec son exposition « Femme ou Rien ».

Marjane Satrapi, porte-parole de l’actualité

Marjane Satrapi participe à l’actualité. En 2021, elle est mandatée par le ministère de la Culture français pour concevoir le dessin d’un triptyque d’une tapisserie aux dimensions imposantes, tissée par la manufacture des Gobelins pour les Jeux Olympiques de Paris 2024. Sur fond de tour Eiffel, l’artiste représente une lanceuse de javelot, en référence à l’affiche des jeux de 1924, mais aussi des sportifs des nouvelles disciplines, comme le skateboard et le breakdance : un style de danse développé à New-York dans les années 1970, caractérisé par des mouvements de corps saccadés, des figures au sol et acrobaties.
Autre événement de l’actualité auquel Marjane Satrapi prend part : la révolte féministe en Iran débutée en 2022 après la mort de Masha Amini, tuée pour avoir mal porté le voile. En 2023, Marjane Satrapi coordonne le projet Femme, Vie, Liberté, roman graphique en soutien à cette révolte, publié aux éditions l’Iconoclaste.

Accompagnée de trois spécialistes du sujet et de dix-sept dessinateurs et dessinatrices, 192 planches dessinées mettent en image le mouvement de contestation éponyme. La diversité des plumes permet la diversité artistique. À travers des photographies, des anecdotes illustrées, des passages rédigés, des dessins sobres, le lecteur plonge dans les horreurs du conflit. Cet ouvrage contestataire donne une nouvelle visibilité au conflit et permet de mieux comprendre les enjeux contemporains iraniens. Œuvre pédagogique militante, elle retrace la genèse du pays, l’histoire des premières révolutions et des différents régimes politiques successifs par le biais de dates clés, personnages historiques et symboles. Dédié à la jeunesse iranienne, ce projet est traduit en persan et diffusé sur des centaines de sites internet iraniens. Seule ombre au tableau, l’infériorité numérique d’artistes iraniens et de femmes pour sa réalisation.

Marjane Satrapi est une auteure internationale, reconnue par les institutions du monde de la bande dessinée. Également reconnue par le marché de l’art, ses originaux font régulièrement l’objet de vente aux enchères. En 2022, quarante-quatre originaux de sa série Persepolis, en provenance de la collection de l’artiste, sont dispersés sur le marché londonien. La vente prend place au moment où la révolte féministe bouleverse l’Iran. Les planches de cet album sont estimées à plusieurs milliers de livres anglaises. Parmi les records, certaines ont largement dépassé leur estimation haute. La plus haute adjudication de cette vente est de 25 200 livres sterling.

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Christophe Blain

Estimation et cote de l'artiste Christophe Blain

Christophe Blain est un auteur de bande dessinée fortement marqué par ses voyages et ses expériences pendant lesquels il gratte de nombreux carnets de dessins. Il reprend ce principe dans la plupart de ses séries. Dans Réducteur de vitesse, son vécu à bord d’un bateau durant son service militaire l’inspire. Pour Quai d’Orsay, c’est l’expérience de son co-auteur, Abel Lanzac, qui dévoile les rouages du ministère des Affaires étrangères quand il y était stagiaire. Les personnages de Christophe Blain sont aussi guidés par l’amour, qui devient fil conducteur de ses récits. Il s’impose alors comme un auteur majeur dans son domaine et séduit de nombreux lecteurs par ses personnages attachants qui vivent des aventures proches de la réalité. Découvrez ici l’histoire de Christophe Blain et ses œuvres emblématiques.   

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Christophe Blain, illustrateur de ses voyages

Christophe Blain est un auteur de bande dessinée et illustrateur français né le 10 août 1970. Il suit une formation artistique, d’abord à l’école municipale supérieure des arts et techniques de Paris puis à l’École des Beaux-Arts de Cherbourg-Octeville. La carrière de dessinateur de Christophe Blain commence par la publication de ses carnets de dessins. Il illustre ses voyages, ses expériences, ses observations. En 1991, il part au Bangladesh, accompagné du journaliste Daniel Druesne, au moment de la reconstruction du pays après le passage du cyclone Gorky. Ses dessins d’après nature font l’objet d’une publication chez Albin Michel Jeunesse en 1992 sous le titre Cyclone à Chittagong, Bangladesh. L’expérience est renouvelée en 1994 avec Carnet d’un matelot, chez le même éditeur, qui s’appuie sur les souvenirs du service militaire dans la Marine de Christophe Blain en 1991. Embarqué à bord de la frégate « Tourville », conçue pour traquer un sous-marin soviétique dans l’Atlantique nord, cette expérience, et surtout son mal de mer, marquent Christophe Blain à vie. 

Pour tenter de se sentir mieux à bord, il dessine en cachette. L’équipage le repère et espère le voir entrer dans la tradition des « peintres de la Marine », titre officiel, décerné par le Ministère français de la Défense, pour les artistes de tout genre ayant consacré leur talent à la mer, à la Marine nationale et aux marins. Carnet d’un matelot est donc publié en souvenir de ce service militaire éprouvant et raconte un récit réaliste de la vie à bord d’un bateau. Christophe Blain reçoit sa première récompense pour cet album : le Prix Jeunesse Gabier du Salon du livre maritime de Concarneau. Parmi ses carnets de voyages publiés, on retrouve Carnet de Lettonie, en 2005, pays qu’il a visité lors du festival franco-letton « Étonnante Lettonie » à l’occasion de l’adhésion du pays à l’Union Européenne en 2004 ; mais aussi Carnet polaire en 2007 qui raconte son expérience dans la base scientifique Dumont-d’Urville en terre Adélie pendant l’été austral.  En dehors des publications de carnets de dessins, Christophe Blain s’affirme, dès 1995, comme illustrateur pour des magazines de jeunesse comme Astrapi, Okapi et Science et Vie Junior.

L’Atelier des Vosges, élément déclencheur de la passion de Christophe Blain pour la bande dessinée

Comme beaucoup d’auteurs de cette génération, Christophe Blain découvre sa passion pour la bande dessinée lorsqu’il rejoint l’Atelier des Vosges en 1996. Ensemble, ils veulent incarner une nouvelle école de bande dessinée : une bande dessinée alternative à l’école franco-belge, plus indépendante. De nombreuses collaborations vont découler de cet événement. Christophe Blain devient l’illustrateur de ses amis auteurs et scénaristes. En 1997, il réalise les dessins de la première série de David B., Hiram Lowatt et Placido, publiée par Dargaud. Christophe Blain se fait remarquer du grand public en illustrant les quatre premiers tomes de la série Donjon Potron-Minet de Joann Sfar et Lewis Trondheim, publiés entre 1999 et 2006 par Delcourt.

À ce moment-là, Christophe Blain se lance de manière autonome dans la bande dessinée. Sa première publication en 1999 comme dessinateur et scénariste est l’album Le Réducteur de vitesse, chez Dupuis. Dans ce récit autobiographique, Christophe Blain se met en scène dans un bateau gris de la Marine. Les bateaux sont des jouets énormes et les marins ont des physionomies excessives. Christophe Blain, le marin qui est personnage principal, se réfugie dans les entrailles du navire pour échapper au mal de mer et à l’ordre militaire. Cet univers révèle sa fascination pour les grosses machines et fait écho à son expérience dans la Marine nationale lors de son service militaire. 

Christophe Blain enchaîne les succès avec la publication des séries Isaac le pirate en 2001 et Gus en 2007, par l’éditeur Dargaud. Isaac le pirate reçoit le Fauve d’Or à Angoulême en 2002 pour le deuxième tome : Les Amériques. Cette bande dessinée raconte l’histoire d’un peintre qui embarque sur un navire et se retrouve à faire le tour du monde. Avec la série Gus, Christophe Blain réalise son rêve d’écrire un western. Entre braquages, bagarres, saloons, shérifs, mais aussi femmes, il raconte les aventures sentimentales de trois cowboys. En 2017, Gus est récompensé par le prix Diagonale de la meilleure série, puis nommé en sélection officielle du Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême en 2018.

Les sujets brûlants et le dessin accessible de Christophe Blain

Christophe Blain est apprécié par les lecteurs pour sa capacité à illustrer et raconter des sujets brûlants et d’actualité. Entre 2010 et 2011, il s’associe avec Abel Lanzac, pseudonyme du diplomate Antonin Baudry, pour la série Quai d’Orsay, publiée en deux volumes par Dargaud. Cette série met en scène Arthur de Vlaminck, chargé d’écrire les discours du ministre Taillard de Vorms, qui fait référence à Dominique de Villepin. Le récit est constitué d’après des souvenirs d’Abel Lanzac lorsqu’il était stagiaire au ministère. Cette série est un vrai succès pour le duo car elle traite de la politique et des dessous des institutions étatiques, sujet qui stimule la curiosité du lecteur. Ensemble, ils sont récompensés par le Fauve d’Or du Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême, en 2013 pour Chroniques diplomatiques, le tome 2 de la série. 

Autre album dans lequel Christophe Blain se consacre à un thème d’actualité, Le Monde sans fin, publié en 2021 par Dargaud avec Jean-Marc Jancovici, membre du Haut Conseil pour le climat. Sous la forme d’un dialogue entre un optimiste convaincu et un ingénieur, la bande dessinée vulgarise les questions énergétiques. Il traite des enjeux climatiques et de l’addiction des humains aux énergies, dont le pétrole. Le dessin compréhensible et expressif de Christophe Blain et la démonstration de Jean-Marc Jancovici rendent le sujet accessible. L’album rencontre un franc succès et est en rupture de stock dès sa sortie chez les libraires. Mais il fait aussi l’objet de vives critiques concernant la position de Jean-Marc Jancovici, accusé de « défendre la cause du nucléaire ». 

Christophe Blain est aussi apprécié de ses lecteurs pour son trait nerveux, schématique et expressif. Sa palette de couleurs diffère en fonction de l’univers qu’il souhaite représenter. Pour la série Gus, il emploie des couleurs vives et primaires ; dans Quai d’Orsay, il privilégie des couleurs neutres comme le bleu marine, le beige et le noir ; Le Monde sans fin est dessiné avec des couleurs sombres qui laissent paraître l’urgence climatique. Le dessin est primordial pour Christophe Blain, il s’inspire des illustrateurs romantiques et fantastiques du XIXe siècle comme Honoré Daumier, mais aussi des peintres Gustave Caillebotte et Henri de Toulouse-Lautrec.

Christophe Blain, le crayon de l’industrie musicale

Plusieurs fois en collaboration avec des artistes, Christophe Blain prête son trait pour illustrer des albums musicaux. En 2008, il participe à l’édition spéciale de l’album Comme un manouche sans guitare de Thomas Dutronc. Avec d’autres dessinateurs, il illustre le livret qui présente le texte des chansons. Il réalise aussi le clip vidéo du single éponyme. En 2011, il dessine la pochette et le livret de l’album Je suis au paradis de Thomas Fersen.

Christophe Blain est tellement lié à l’industrie musicale qu’il y prend pleinement part en réalisant une bande dessinée musicale. De sa rencontre avec la chanteuse Barbara Carlotti pour la réalisation d’une affiche, naît la bande dessinée La Fille, publiée par Gallimard en 2013. Sur le principe des livres-disques, c’est-à-dire l’association complémentaire d’un ouvrage écrit et d’un support audio ou audiovisuel, Christophe Blain conçoit la bande son comme une musique de film. Le trait de Christophe Blain se mêle à la voix de Barbara Carlotti qui incarne la narratrice et l’héroïne. Pour le cowboy fou amoureux de la Fille, c’est Christophe Blain qui est à la fois au dessin et à la voix. Pour les autres voix, les deux auteurs les ont choisies dans un casting à la manière des doubleurs et doubleuses des films de Quentin Tarantino.

La cote de Christophe Blain sur le marché de l’art

Enfin, pour couronner le succès de sa carrière, Christophe Blain est présent sur le marché de l’art. Ses originaux sont régulièrement proposés à la vente. Les séries de Gus et Isaac le Pirate atteignent des adjudications records. En décembre 2022, un dessin original à l’encre de Chine représentant le personnage Gus a été adjugé à 5 000 €. En 2013, une encre de Chine de la planche 43 de l’album Les Amériques, tome 2 de la série Isaac le pirate s’est envolée à 6 316 €. Vous souhaitez faire expertiser une œuvre de Christophe Blain et recevoir son estimation ? Remplissez votre demande via notre formulaire en ligne. Faites estimer une œuvre de Christophe Blain en quelques clics et vous recevez une réponse en 48h. C’est gratuit et totalement confidentiel !   

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Estimation gratuite François Schuiten

François Schuiten

Estimation et cote de l'artiste François Schuiten

François Schuiten est un auteur talentueux. Ayant commencé à seize ans, sa longue carrière est riche de séries poétiques qui mettent en scène les villes et les engins à moteur. Fasciné par cet univers, avec François Schuiten, le lecteur plonge dans des réalités parallèles pour suivre l’histoire de différents personnages farfelus. Découvrez ici l’histoire de François Schuiten et ses œuvres emblématiques. Besoin d’une expertise François Schuiten ? Contactez l’équipe d’Estimon’objet !

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Prodige de la bande dessinée belge, qui est François Schuiten ?

François Schuiten est un auteur de bande dessinée et scénariste belge né le 26 avril 1956. Précoce dans le milieu de la bande dessinée, il publie sa première histoire courte, Mutation, entièrement dessinée au stylo Bic, dans l’édition belge Pilote, alors qu’il n’a que seize ans. Étudiant à l’Institut Saint-Luc de Bruxelles, il fait partie de l’atelier de bande dessinée animé par Claude Renard, également auteur et professeur de bande dessinée belge. Pendant plusieurs années, François Schuiten publie des bandes dessinées dans des périodiques dédiés. Parmi ses publications, en 1977, en collaboration avec son frère Luc Schuiten, il publie Les Terres creuses, dans le magazine Métal hurlant, édité par les Humanoïdes associés. Le lien entre Claude Renard et François Schuiten s’illustre dans leur publication commune de deux albums : Aux médianes de Cymbiola en 1979 et Le Rail en 1981.

En 1983, François Schuiten publie le premier tome de sa série mythique Les Cités obscures dans la collection « (À Suivre) » aux éditions Casterman. Puis, onze albums et quatorze hors-série sont édités et traduits dans une dizaine de langues. La particularité de cette série réside dans l’indépendance de chaque album : plusieurs cités-états sont mises en scène avec des personnages et péripéties qui leur sont propres. Cet univers onirique de villes urbaines peuplées de vaisseaux, de tramways marins, de voitures volantes séduit le jury de plusieurs festivals. François Schuiten et Benoît Peeters, scénariste, reçoivent la fièvre d’Urbicande du prix du meilleur album du festival d’Angoulême, en 1985. En 2013, ils reçoivent le Grand Prix Manga au Japan Media Arts Festival. Ce festival de l’Agence pour les Affaires culturelles du Japon décerne chaque année, depuis 1997, un Grand Prix dans quatre catégories : arts numériques, jeux vidéo et sites web, animation et manga. François Schuiten n’est pas seulement auteur de bande dessinée. Affiches, illustrations, sérigraphies et lithographies constituent sa production. Il se diversifie en participant à la conception de plusieurs films, de scénographies d’opéra et de spectacles. 

Les inspirations de François Schuiten

Les inspirations de François Schuiten sont multiples et rattachées à son histoire familiale. Passionné de Jules Verne, il regarde avec attention les illustrations de ses ouvrages et certains lieux et personnages iront même jusqu’à se retrouver dans ses dessins. Né dans une famille d’architectes, François Schuiten reste marqué par l’empreinte de ce métier. Son père joue une importance capitale dans sa formation en lui apprenant à observer attentivement son environnement. Cette passion de l’architecture et de l’urbanisme s’incarne dans la ville de Bruxelles, source inépuisable d’inspiration. Tout cet univers est remarquable dans la série des Cités Obscures : les cités-états indépendantes abritent une civilisation distincte caractérisée par un style architectural particulier, tantôt futuriste, tantôt médiéval. 

François Schuiten est ferroviphile, passionné par les trains, ce qui se reflète dans son univers artistique. Il dessine des trains rapides japonais, des TGV français et des anciennes locomotives. Au-delà de ses dessins, François Schuiten a notamment scénographié la station de métro parisien “Arts et Métiers” en sous-marin Nautilus. En 2012, François Schuiten évoque la rencontre fortuite avec une locomotive Type 12 et décide de lui consacrer un album en noir et blanc, titré La Douce. Il souhaite que son dessin sente la fumée et le charbon. Pour donner cette sensation, François Schuiten utilise uniquement les nuances de noir et blanc. Son dessin est chargé en couleur sombre et donne l’impression d’un ouvrage poussiéreux tout droit venu de la mine. La machine est construite en 1935, mise en service en 1939 pour la locomotive à vapeur. François Schuiten renoue avec les dessins industriels de la fin du XIXe siècle dans un monde en plein essor. La locomotive a une forme aérodynamique et donne l’impression de fendre l’air. Les lignes de fuite, les obliques et les traits hachurés renforcent la sensation de vitesse.

Plusieurs artistes rythment son œuvre. Il se réclame de la manière d’Hugh Ferriss et Antonio Sant’elia, mais aussi de l’art de Pieter Brueghel l’Ancien. Le lien entre le style de François Schuiten et celui de ces artistes est le plus visible dans son album La Tour de la série des Cités Obscures. La Tour, un monument plutôt médiéval, rendu par l’emploi de nuances chaudes, se réfère explicitement aux toiles de Brueghel l’Ancien et d’Eugène Delacroix. En 2019, après plusieurs expositions, François Schuiten se retire du monde de la bande dessinée, considérant qu’il a fait le tour de sa carrière.

La cote de François Schuiten, bien établie après une entrée tardive sur le marché de l’art

François Schuiten fait une entrée tardive sur le marché de l’art. Plusieurs facteurs sont responsables de ce retard, à commencer par la rareté de ses planches sur le marché, en raison d’un don conséquent de l’artiste lui-même. C’est un auteur qui ne souhaite initialement pas vendre ses planches. Pour protéger son œuvre, François Schuiten fait don de 1 200 planches à des institutions belges et françaises en 2013. La Bibliothèque nationale de France possède ainsi une riche collection de planches de l’auteur. En parallèle, François Schuiten décide de mettre en vente une trentaine d’œuvres pour enfin entrer sur le marché de l’art contemporain. C’est un moyen pour lui d’attirer de nombreux collectionneurs européens qui recherchent dans la bande dessinée le caractère figuratif de l’art contemporain. Sa cote sur le marché des ventes aux enchères est bien établie, et ses planches battent des records. Par exemple, une planche des Cités Obscures a obtenu le montant d’adjudication de 10 000 € en 2016. En 2023, la vente d’une planche originale de son dernier album La Douce a atteint la somme de 12 060 €. François Schuiten devient alors l’auteur de bande dessinée belge le plus cher dans son domaine

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(Illus.) Cartel : François Schuiten et Benoît Peeters, Les Cités obscures, Le retour du capitaine Némo, Tome 12, Casterman, 2023

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Estimation gratuite Nicolas de Crecy

Nicolas de Crécy

Estimation et cote de l'artiste Nicolas de Crécy

Nicolas de Crécy est un passionné d’histoire de l’art. Son grand défi est de l’associer au monde moderne de la bande dessinée. Ses réalisations complètes, dans lesquelles il réalise le scénario, le dessin et les couleurs, ont à cœur d’initier les lecteurs à l’histoire de l’art en passant par la narration et l’illustration.Découvrez ici l’histoire de Nicolas de Crécy et ses œuvres emblématiques. Besoin d’une expertise Nicolas de Crécy ? Contactez l’équipe d’Estimon’objet !

Estimation gratuite Nicolas de Crecy

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Passionné d’histoire de l’art et auteur de bande dessinée, qui est Nicolas de Crécy ?

Nicolas de Crécy est un auteur de bande dessinée et artiste français, né le 29 septembre 1966. Il se forme à l’École supérieure de l’image d’Angoulême. Diplômé en 1987, il reçoit un Prix pour « la liberté de ses sujets et son audace communicative. » Après un passage dans la réalisation de plusieurs films d’animation, Nicolas de Crécy se lance dans la bande dessinée. En 1989, il adapte le roman Bug-Jargal de Victor Hugo, en collaboration avec Sylvain Chomet, aux éditions Ikusager. En 1991, sa première bande dessinée Foligatto, sur un scénario d’Alexios Tjoyas raconte l’histoire d’un castrat dans une cité italienne du XVIIIe siècle. Dans sa bande dessinée, il cherche à intégrer un vocabulaire issu de l’histoire de l’art. Il expérimente la gouache, l’aquarelle et l’acrylique. Alors qu’il est encore novice dans le milieu de la bande dessinée, l’album est salué par la critique et remporte plusieurs prix.

Entre 1994 et 2002, il publie la trilogie Le Bibendum céleste, aux Humanoïdes associés. Dans cette série, le personnage principal est un phoque unijambiste qui débarque à New-York-sur-Loire, ville imaginaire. Nicolas de Crécy mêle l’architecture de la ville américaine à celle des châteaux de la Loire. Ainsi, se confrontent la verticalité des building américains aux volumes des châteaux de la Renaissance. Dans la série Léon sur la came qui fait la satire d’une société post-industrielle et néo-libéraliste, parue entre 1993 et 1998 chez Casterman, Nicolas de Crécy confirme son style original par l’emploi de moyens techniques simples et de traits rapides ; alors que pour ses séries précédentes il employait un style très détaillé.

Nicolas de Crécy, auteur de bande dessinée aux influences multiples

Nicolas de Crécy s’inspire beaucoup de l’histoire de l’art. Il reprend, de l’expressionnisme allemand de Georges Grosz et Emil Nolde, mais aussi des gravures sur bois d’Otto Dix, un trait vif et noir. Il est aussi marqué par la peinture des XIXe et XXe siècle, plus particulièrement par l’œuvre de David Hockney, Edward Hopper, Egon Schiele et Oskar Kokoschka. Pour la colorisation de ses planches, Nicolas de Crécy s’appuie sur des classiques de la bande dessinée utilisant des aplats de couleur : Tintin, Astérix et Lucky Luke. Son intérêt pour l’histoire de l’art est tel qu’il y consacre une série entière, Période glaciaire, en 2005, nous poussant à réfléchir sur la conservation des images dans notre société. 

Il met en scène, dans un monde futuriste, des explorateurs accompagnés de cochons parlant qui découvrent le musée du Louvre sous la neige et tentent de retracer l’histoire de l’humanité à travers des œuvres du musée. Nicolas de Crécy y cite les œuvres de Jérôme Bosch, Eugène Delacroix et Gustave Corot, mais aussi des antiquités grecques et babyloniennes. Toujours avec humour, Nicolas de Crécy invente des personnages attachants, plus ignorants que lui lorsqu’il s’est retrouvé devant les œuvres du Louvre. Les planches et dessins de cette série ont fait l’objet d’une exposition au musée du Louvre en 2009.

Après ces succès, Nicolas de Crécy s’éloigne de la bande dessinée et se consacre à la pratique du dessin pour y rechercher le narratif, c’est-à-dire raconter une histoire à travers le dessin, sans passer par le scénario. Dans ses dessins, son style reste proche de sa bande dessinée et il y a une vraie continuité entre les deux médiums. Il fait son grand retour en 2015 avec une bande dessinée publiée au Japon, La République du catch, réalisée en partie lors d’un séjour à la Villa Kujoyama de Kyoto. Le récit est d’abord édité en quelques épisodes entre août 2014 et mars 2015 dans la revue japonaise Ultra Jump. Nicolas de Crécy se place dans un univers qui parle au lecteur japonais, sans pour autant évoquer directement le pays. Cette publication au Japon illustre les liens forts qu’entretient Nicolas de Crécy avec ce pays, dans lequel il fait plusieurs séjours. C’est un des rares auteurs européens à être traduit dans le pays du manga.

Auteur consacré par les institutions culturelles, quelle est la cote de Nicolas de Crécy ?

Nicolas de Crécy est un auteur présent sur le marché de l’art : en salle des ventes, en galerie, mais aussi dans les institutions culturelles. La Biennale du neucième art de Cherbourg de 2023 est consacrée à Nicolas de Crécy. De même, l’exposition « Etranges citées » au musée Thomas Henry présente cent trente œuvres de l’artiste représentant des villes réelles ou fantasmées, dont Cherbourg. Pour la représentation de cette ville, Nicolas de Crécy s’intéresse à l’architecture. La ville portuaire devient le sujet. L’atmosphère navale est perceptible dans ses gravures par la perspective faussée et des éléments distordus tandis que les cadrages serrés mettent en valeur les navires et les sous-marins. Cette consécration par le musée cherbourgeois montre la qualité de ses illustrations et l’importance de l’auteur dans le monde de la bande dessinée et dans le monde muséal. Si la représentation des villes par Nicolas de Crécy attire tant d’admirateurs dans les musées, ces derniers sont également présents sur le marché de l’art. Sa cote est croissante et atteint des records. En 2013, une vue de la ville « New York sur Loire » atteint la somme de 16 421 €.

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Estimation gratuite Winshluss

Winshluss

Estimation et cote de l'artiste Winshluss

Winshluss est une figure originale dans le monde de la bande dessinée. Reconnaissable par son humour noir et cynique, il raconte avec ironie l’Amérique des années 1930 et 1950, considérée par la société capitaliste comme modèle insubmersible. Winshluss dresse le constat de ce paquebot de croisière qui prend l’eau. 

Ses dessins sont presque “disneyiens” puisqu’il détourne les codes des histoires pour enfants en plaçant ses personnages dans des situations macabres. Découvrez ici l’histoire de Winshluss et ses œuvres emblématiques. Besoin d’une expertise Winshluss ? Contactez l’équipe d’Estimon’objet !

Estimation gratuite Winshluss

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Winshluss, auteur de bande dessinée aux multiples casquettes

Vincent Paronnaud, alias Winshluss, est auteur de bande dessinée, cinéaste et artiste français. Auteur autodidacte, il développe un travail extrêmement narratif au cours de ses séries. En 1995, il publie ses premiers travaux dans le fanzine Les Aventures de Miguel. Ce fanzine est une publication de faible diffusion entre passionnés de science-fiction, de bande dessinée et de cinéma, moyen pour Winshluss d’avoir un premier pas dans le milieu. En 1999, commence une solide collaboration entre Winshluss et la maison d’édition Les Requins Marteaux par la publication de son album Super Negra. Il leur reste fidèle toute sa carrière. À travers les planches de cet album, Winshluss affirme son style graphique très personnel par un trait acéré qui reflète la noirceur de son propos cynique et corrosif. 

Cet album pose les prémisses de sa marque de fabrique, son humour noir et parfois immoral. Winshluss et l’auteur Cizio, son acolyte de toujours, publient ensemble plusieurs albums dans lesquels ils se moquent, avec ironie, de la réalité de notre société (Wizz et Buzz, Delcourt, 2006).En 2007, Winshluss est récompensé dans sa carrière de cinéaste pour le film Persepolis, réalisé sous son vrai nom, Vincent Paronnaud, avec Marjane Satrapi, elle aussi auteur de bande dessinée. Ils reçoivent ensemble le Prix du Jury du Festival de Cannes et deux Césars en 2008. Le film est nommé aux Oscars la même année. Artiste touche-à-tout, Winshluss pratique presque tous les médiums artistiques : dioramas, tableaux mêlant crayons de couleur, feutre mais aussi peinture, sculptures et films d’animation.

L’écriture comme exutoire face à la vision du monde par Winshluss

Winshluss fait paraître son album Pinocchio, livre d’adaptation de Carlo Collodi, publié en 2008 chez Requins Marteaux. Il reprend les événements et personnages du roman éponyme pour en faire une parodie. Il s’attaque au libéralisme et à la mondialisation en détournant le personnage de Pinocchio : enfant robot destiné à être vendu comme arme de guerre. Il parcourt le monde et assiste naïvement à des scènes d’horreur provoquées par l’Homme. Il évoque et détourne d’autres contes pour enfants comme Blanche Neige et les Sept Nains. Pour cet album, Winshluss reçoit plusieurs distinctions. Par exemple, en 2009, il reçoit le Fauve d’or, prix du meilleur album du Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême. L’album est même traduit en anglais et diffusé en Europe.

Winshluss détourne sans cesse les codes de représentation. Son style coloré a pour but de faire passer des messages très crus, violents, immoraux et cyniques. En 2013, son album In God we trust, est la version d’une Bible dans laquelle Dieu et Superman s’affrontent. Son dernier album J’ai tué le soleil, paru en 2021, est une véritable analyse de l’être humain. Ce récit post-apocalyptique met en scène Karl qui tente de survivre dans un monde où les humains sont décimés par une terrible pandémie. Ce personnage a un projet particulier : il veut tuer le soleil. Winshluss utilise les codes du récit survivaliste et l’humour pour adoucir le pathos de son récit. Il rend compte des âmes humaines tourmentées grâce à des dessins en grisaille au trait nerveux. Ce dernier album se distingue de ses albums précédents puisque le lecteur est directement confronté à la violence des scènes. Il n’emploie plus de couleurs douces et chaleureuses dans le but de faire passer des messages très crus.

À travers ses albums, Winshluss réaffirme son humour bien à lui : proche du macabre, parfois immoral, qui détourne et travestit les mythes. Son propos corrosif et cynique est incarné par plusieurs motifs fréquemment employés dans son œuvre. L’action de tuer le soleil est, pour lui, une manifestation de la colère. Le papillon en flammes évoque la fragilité de la vie. L’écriture est, pour lui, un exutoire, un moyen ludique de constater l’absurdité du monde. Mais sa bande dessinée n’est pas, selon l’auteur, engagée. Winshluss évoque plutôt un constat de la société dans laquelle il évolue. Il se place en observateur du monde.

Winshluss, l’auteur qui ne recherche pas la célébrité

Winshluss est, malgré lui, présent dans les institutions et sur le marché de l’art. C’est un auteur qui ne recherche pas la célébrité. Il reste en marge des autres auteurs de bande dessinée et refuse les schémas du marketing et de grande diffusion. Pourtant, cette conception de la personnalité de l’auteur ne lui empêche pas de faire l’objet d’expositions. En 2013, il est exposé dans la galerie des jouets du musée des Arts Décoratifs de Paris « Winshluss, un monde merveilleux ». Dix ans plus tard, en décembre 2023, son exposition prend place à la galerie Georges-Philippe & Nathalie Vallois à Paris sous le nom de « Something is burning ». 

Il expose des dessins aux couleurs acidulées, jaunes, rouges et roses, qui donnent une sensation d’embrasement. À travers ces dessins, Winshluss pose la question centrale de son œuvre : « Quelle place reste-t-il à l’individu dans la société ? ». Le spectateur est alors plongé dans le tumulte de la guerre et de la violence. En résonance et contraste avec ces œuvres, Winshluss expose les planches de sa bande dessinée J’ai tué le soleil. Sa personnalité discrète se reflète dans le marché de l’art. Peu présent dans les salles de vente, quelques lots ont déjà été proposés aux enchères. En 2013, la planche 16 de son ouvrage Pinocchio atteint un montant d’adjudication de 3 537 €.

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(Illus) Cartel : Winshluss, Pinocchio, Les Requins Marteaux, 2008

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Estimation gratuite Olivier Ledroit

Olivier Ledroit

Estimation et cote de l'artiste Olivier Ledroit

Bien qu’Olivier Ledroit ait dû faire face à certains obstacles au cours de sa carrière, il est aujourd’hui considéré comme précurseur et leader dans la bande dessinée gothique d’inspiration médiévale-fantastique. 

Son processus créatif élaboré et réfléchi lui permet de représenter des univers aussi bien violents que féériques avec autant de talent. Découvrez ici l’histoire d’Olivier Ledroit et ses œuvres emblématiques. 

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Un début de carrière difficile pour l’auteur de bande dessinée Olivier Ledroit 

Olivier Ledroit est un dessinateur de bande dessinée français, né le 3 juin 1969. Après ses études à l’École Supérieure des Arts Appliqués Duperré à Paris, il collabore avec l’auteur Froideval pour la série Chroniques de la Lune noire, publiée en 1989. Il dessine les cinq premiers volumes de cette série et l’intégralité des couvertures. Cette série va avoir une grande influence sur son style et l’univers qu’il va déployer durant les premières années de sa carrière. En 1994, il publie son diptyque Xoco, sur un scénario de Thomas Mosdi, édité par Vents d’Ouest. Ce polar fantastique au trait très graphique reprend le style gothique et macabre des Chroniques de la Lune noire.  
 
Plusieurs collaborations sont marquantes dans la carrière d’Olivier Ledroit, en particulier
celle avec Pat Mills. Ils publient ensemble la série Sha, entre 1996 et 1998, aux éditions Soleil. D’une part, les ventes de cette série ne sont pas fructueuses et conduisent au début d’une rupture avec la maison d’édition. D’autre part, la publication du premier ouvrage complet d’Olivier Ledroit en 1998, La Porte écarlate, fait face à des résultats de vente décevants. Cela va conduire Olivier Ledroit et Pat Mills à s’associer avec Jacques Collin pour co-créer la maison d’édition Nickel Productions. 

Olivier Ledroit et sa collaboration avec Pat Mills, la clé du succès 

Avec Pat Mills, Olivier Ledroit va connaître le succès tant espéré. Pat Mills écrit des scénarios assez brefs et Olivier Ledroit y fait des ajouts. Pour lui, la prouesse de Mills réside dans sa capacité à intégrer de nouveaux personnages dans chaque épisode. Ensemble, ils publient la série Requiem, Chevalier Vampire en 2000. Dans cette série de douze tomes, les mortels se réincarnent en monstres selon leurs actions passées. Le style met de plus en plus en avant l’ambiance sanglante et violente de la série, avec une surenchère à chaque épisode. Il utilise la couleur, le découpage des cases et le contraste pour donner une impression de violence. Chaque tome est caractérisé par une couleur dominante, même si la couleur rouge reste majoritaire. Les quatre premiers albums sont déconcertants par l’agencement des cases et l’association des couleurs, effet voulu par Olivier Ledroit. Bien que publiée au début des années 2000, cette série est toujours en vogue dans le milieu de la bande dessinée. Une exposition était dédiée à Requiem au Festival de la Bande Dessinée d’Angoulême de 2024. 

La première moitié de l’exposition était consacrée à une rétrospective des premiers tomes et aux couvertures grands formats de la nouvelle édition. La seconde moitié se concentrait sur le tome 12 et présentait des objets, des sculptures et des carnets de croquis en lien avec la série. Proche de ses lecteurs, Olivier Ledroit a offert une sérigraphie à chaque lecteur venu déguisé en vampire. Cet événement témoigne de son goût pour le cosplay, pratique de jeu de rôle qui consiste à imiter un personnage de fiction en portant un costume identique, et lui permet de renouer avec les dédicaces nocturnes de ses débuts, faites dans des bars. Cette série a fait l’objet d’une réédition chez Glénat en 2016. Publiée à l’international, aux États-Unis, en Angleterre et en Allemagne, la série a eu beaucoup de succès auprès du public et de la critique. La maison d’édition va publier une suite inédite le 24 avril prochain et a prévu de sortir le dernier tome en 2025. 

Les choix créatifs d’Olivier Ledroit, adaptés à ses multiples univers

Le style d’Olivier Ledroit se caractérise par son inspiration médiévale-fantastique. Ce nouveau style de bande dessinée gothique apparaît dans les années 1990. Olivier Ledroit est alors le chef de file des auteurs fascinés par l’heroic fantasy, les jeux de rôle et la nouvelle bande dessinée anglo-saxonne. La bande dessinée gothique se traduit par des canons esthétiques et une vision du corps comme forme d’idéalisation. Le corps devient un lieu de recherche artistique à part entière. Dans ses dessins, Olivier Ledroit porte une attention particulière à la coiffure, au maquillage, aux costumes et aux bijoux. Son style est reconnaissable par un graphisme détaillé. Il utilise des techniques d’aquarelles et un trait de crayon peu marqué, le rapprochant de l’illustrateur John Howe.  
 
En fonction de l’effet recherché, Olivier Ledroit varie les procédés de dessin et de colorisation de ses planches. Il abandonne les dessins séparés et travaille directement sur la planche. Pour un monde féérique, il utilise davantage l’aquarelle. Pour un univers violent, il préfère employer l’acrylique qui permet des couleurs denses. Olivier Ledroit explique recourir à l’outil informatique uniquement pour rajouter des bulles et des cases dans son dessin. Il ne retouche jamais les couleurs car elles perdent toute leur matérialité à l’impression.  

La pratique de la peinture dans la bande dessinée d’Olivier Ledroit 

Son style évolue tout au long de sa carrière. En 2005, il publie chez Daniel Maghen un recueil d’illustrations, Univers féérique. Ce recueil regroupe des dessins inédits de l’artiste représentant des créatures imaginaires. Il tranche avec son style habituel en mettant en scène un univers doux et calme. En 2014, sa nouvelle bande dessinée Wika, sur un scénario de Thomas Day, en trois tomes chez Glénat, mêle le conte de fées et l’univers steampunk. Le steampunk, ou rétrofuturisme, est un genre littéraire né à la fin du XXe siècle qui inclut les œuvres littéraires dont l’action se déroule dans une atmosphère victorienne, mais aussi les œuvres fantastiques, de fantasy et d’anticipation. 

Ici, Olivier Ledroit met en scène un univers féerique. Dans cette série, il expérimente l’apport de matières : il introduit de la dentelle, des pièces de métal dorées ou argentées, en les collant directement sur ses dessins. L’utilisation de l’aquarelle et de l’encre lui permet d’obtenir des couleurs vaporeuses, éclatantes et douces. Ce virage dans le style d’Olivier Ledroit est corrélé à sa pratique de la peinture. Il constate effectivement avec déception que l’impression des planches fait disparaître les jeux de matières et de transparence. A l’inverse, tout cela reste en peinture. Sa pratique de la peinture, importante, lui permet de vendre ses tableaux dans la galerie Glénat. Comme complément à sa pratique artistique de la bande dessinée, la peinture finit par entrer en résonance avec celle-ci, permettant les effets que l’impression exclut. Olivier Ledroit est un auteur connu pour la cote importante de ses originaux, aussi bien en galerie qu’en vente publique. En 2023, l’adjudication d’une planche du tome 9 de la série Requiem, Chevalier Vampire, a atteint la somme de 3 280 €. 

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(Illus.) Cartel  : Olivier Ledroit et Thomas Day, Wika, édition Intégrale collector, Glénat, 2023 

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Estimation gratuite Charles Berberian

Charles Berberian

Estimation et cote de l'artiste Charles Berberian

Dès son enfance, Charles Berberian dévore les livres et particulièrement les comics et les bandes dessinées. Il échange des albums dans la cour de récréation pendant que d’autres enfants jouent avec des billes. La bande dessinée franco-belge le fascine et le pousse à dessiner ses propres histoires pour agrandir sa collection. 

Au-delà du dessin, Charles Berberian grandit dans une famille guidée par la culture du livre, qui le pousse à collectionner les albums de bande dessinée jusqu’à créer les siens.Découvrez ici l’histoire de Charles Berberian et ses œuvres emblématiques.  Besoin d’une expertise Charles Berberian ? Contactez l’équipe d’Estimon’objet !

Estimation gratuite Charles Berberian

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Charles Berberian, auteur de bande dessinée entre la Méditerranée et la France

Charles Berberian est un dessinateur et scénariste de bande dessinée, né le 28 mai 1959 à Bagdad, en Irak, d’un père arménien et d’une mère grecque. Il passe son enfance au Liban. Marqué dès le plus jeune âge par la bande dessinée, Charles Berberian fait des comics américains Batman et Superman ses premières lectures. La découverte de la bande dessinée franco-belge, comme Astérix, Lucky Luke et Buck Danny, interrompt sa passion pour les comics. Il a une vraie révélation pour l’album Le combat des chefs de René Goscinny et Albert Uderzo. Charles Berberian se met alors en quête d’un grand nombre d’albums de bande dessinée pour se créer sa collection, mais se heurte à la difficulté de se les procurer à Beyrouth. C’est ainsi qu’il commence à dessiner ses propres bandes dessinées pour agrandir sa collection. Charles Berberian parcourt le journal de Spirou, y découpe les histoires publiées et les transforme en album. En 1975, contraint de fuir son pays en guerre, il s’installe à Paris. Après une brève année en faculté de médecine, Charles Berberian suit des études d’art à l’École des Beaux-Arts de Paris.  
 
En 1983, commence une collaboration avec le dessinateur et scénariste de bande dessinée Philippe Dupuy. Ensemble, ils publient pas moins de vingt-cinq albums et illustrations, sous le nom de Dupuy-Berberian. Leur travail est vite récompensé. Leur album Le Journal d’Henriette chez Fluide Glacial remporte l’Alph-Art coup de cœur au Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême en 1989. En 1999, ils publient Monsieur Jean chez Humanoïdes associés, qui met en scène un écrivain parisien des années 1990. Cette série contribue à l’émergence de l’autofiction et du récit autobiographique, en vogue à cette époque. Pour cet album, ils reçoivent l’Alph-Art du meilleur album français. Le duo est influencé par les grands illustrateurs de l’École de Paris des années 1930 : Gus Bofa, Chas Laborde et le grand affichiste Raymond Savignac. Leur dessin, clair, limpide et direct, est très apprécié dans la publicité et ils réaliseront même des illustrations pour le célèbre négociant en vin Nicolas.

La poétique et la musique, sources du travail de Charles Berberian

Après une collaboration fructueuse avec Philippe Dupuy, Charles Berberian prend son indépendance et publie désormais des albums complets sous son seul nom. Il aime évoquer des éléments autobiographiques, plus ou moins explicites, dans ses albums. Passionné de musique, il y consacre un album en 2011 : Jukebox, chez Fluide Glacial. Il dessine des musiciens et fait voyager le lecteur à travers des souvenirs intimes et des anecdotes musicales. Pour lui, la difficulté de cet ouvrage réside dans la représentation de la musique, capturer l’insaisissable et l’impression du son. Il se rapproche alors de la démarche des journalistes de rock, de Lester Bangs aux États-Unis et de Philippe Manœuvre en France. Charles Berberian est lui-même musicien et son album, musical cette fois-ci, Tout pour le mieux est sorti en 2019. 

Charles Berberian est un dessinateur de son époque. Il croque sur papier ce qu’il voit, ce qu’il entend et ce qui l’entoure. Son dessin est simple et s’inspire de l’École belge, plus particulièrement du langage graphique de la Ligne Claire, aussi surnommé le “style Tintin”, de la fin des années 1970-1980 incarnée par Hergé. On retrouve particulièrement chez Charles Berberian le contour noir systématique, les couleurs en aplats sans effets d’ombre et de lumière ainsi que le réalisme des décors. 

Pour Charles Berberian, le dessin a le pouvoir de faire revivre des personnes disparues, « des gens qui nous manquent ». Le dessin est pour lui une retranscription poétique. De Sempé, il hérite une capacité d’observation, une manière de retranscrire le monde qui embellit tout. Charles Berberian exprime aussi son admiration pour Claire Bretécher : ses dessins lui font «  l’effet d’une belle musique  ». Son dernier album, Une éducation orientale, paru en 2023 chez Casterman, affirme son goût pour le récit autobiographique. Son désir de transmission et de mémoire l’a poussé à écrire ce roman graphique qui met en scène sa propre histoire familiale dans le chaos de Beyrouth. Riche de sa culture méditerranéenne, Charles Berberian parcourt ses souvenirs familiaux.  Charles Berberian est à la fois présent sur le marché de l’art et en galerie. En février 2021, la Galerie Barbier a exposé les planches de ses albums Une époque fantastique et Histoire secrète de la musique moderne. Les illustrations issues de sa collaboration avec Philippe Dupuy sont les plus recherchées en vente publique. En 2015, une illustration DUPUY & BERBERIAN du tome 5 de leur série Monsieur Jean a été vendue à 780 €. 

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(Illus.) Cartel  : Charles Berberian, Une éducation orientale, Casterman, 2023

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Estimation gratuite Enrico Marini

Enrico Marini

Estimation et cote de l'artiste Enrico Marini

Enrico Marini est l’auteur de multiples séries, parmi lesquelles, Les Aigles. Cette série est la plus emblématique de son œuvre, de son goût pour la proximité historique et les dessins détaillés. Mais loin de se résumer à cela, Enrico Marini est un auteur de bande dessinée, riche en diversité et apprécié pour cela par ses lecteurs.Découvrez ici l’histoire de Enrico Marini et ses œuvres emblématiques.

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Auteur de bande dessinée à succès, qui est Enrico Marini ?

Auteur italien né en Suisse en 1969, Enrico Marini étudie le graphisme en Suisse, à l’École des Beaux-Arts de Bâle. Sa carrière débute en 1987 au Festival international de la Bande Dessinée de Sierre où il est repéré par Cuno Affolter qui le présente à l’éditeur suisse Alpen Publishers. Cuno Affolter est un collectionneur suisse de bande dessinée qui y consacre toute sa vie. Grâce à cette rencontre, l’éditeur Alpen Publishers publie les dessins d’Enrico Marini pour La Colombe de la Place rouge, sur un scénario de Marelle. 

Cet album deviendra par la suite le premier tome de sa première série, Les Dossiers d’Olivier Varèse, sur un scénario de Thierry Smolderen, prolongé par trois tomes successifs entre 1990 et 1993. En 1992, Enrico Marini crée, avec Thierry Smolderen, un personnage emblématique nommé « Gispy », un héros de chair et de sang, qui s’incarne dans six tomes entre 1993 et 2002. C’est finalement à partir de 1997 qu’Enrico Marini voit son travail récompensé par différentes distinctions. Il reçoit notamment le Prix des Libraires de Bande Dessinée pour L’Etoile du désert, un western, avec Stephen Desberg, publié chez Dargaud en 1996. 

L'univers graphique de Marini, entre bande dessinée historique et comics américains

Les inspirations d’Enrico Marini sont multiples. Il s’inspire des comics américains, des fumetti italiens, nom donné à la bande dessinée italienne, et du manga japonais. Il a une admiration profonde pour divers auteurs franco-belges, comme Moebius et Hermann, mais aussi espagnols dans les figures de Jordi Bernet et Alfonso Font, et enfin l’américain Milton Caniff, connu pour ses iconiques comics strips en noir et blanc. Riche de cet univers, le graphisme et la narration d’Enrico Marini sont caractérisés par des dessins détaillés, des personnages à la personnalité profonde, une utilisation typique de la lumière et de l’ombre pour créer une atmosphère dramatique. 

Son style s’adapte en fonction du genre et de l’ambiance qu’il souhaite représenter. Cette diversité fait la richesse de son œuvre, appréciée par ses lecteurs. Enrico Marini publie, avec Stephen Desberg au scénario, sa série de bande dessinée historique Le Scorpion, en 2000 chez Dargaud ; toujours en cours et repris par le dessinateur et coloriste Luigi Cortone. Cette série de cape et d’épées est le fruit de la collaboration entre les auteurs de L’Etoile du désert. D’abord conçue comme une adaptation des Trois Mousquetaires d’Alexandre Dumas, les auteurs décident d’innover en racontant une théorie machiavélique du pouvoir religieux. Cette série est délibérément un hommage aux films de cape et d’épées et Marini s’inspire directement des héros Zorro et Scaramouche pour créer son personnage.

Le premier tome de la série historique d’Enrico Marini, Les Aigles de Rome, est publié en 2007. Cette bande dessinée est sa première création complète. Il devient alors scénariste, dessinateur et coloriste. Cette série, vendue à plus de 530 000 exemplaires, est toujours en cours avec un sixième tome publié en 2023. Dans Les Aigles de Rome, Enrico Marini explore l’histoire antique romaine et se concentre sur un événement historique précis, la bataille de Teutobourg, une défaite majeure pour les légions romaines. Dans cet univers, Enrico Marini dépeint la dualité entre deux frères romains, Marcus et Arminius, aux personnalités nuancées, loin des stéréotypes manichéens habituels. Son intrigue est palpitante tandis qu’Enrico Marini met en scène différentes machinations politiques et les tensions entre peuples. Le graphisme d’Enrico Marini est minutieux et lui permet une restitution historique détaillée dans les costumes, les décors et les scènes de batailles. Ses choix de coloration favorisent la profondeur du dessin. 

Entre 2017 et 2018, la carrière d’Enrico Marini est à son apogée, suite à sa collaboration avec le célèbre éditeur américain DC Comics pour la réalisation du légendaire héros Batman. C’est la première fois que le héros américain est confié au crayon d’un bédéiste européen. Cette collaboration est l’occasion pour le comics américain de créer un nouvel univers, à mi-chemin entre celui du comics et celui de la bande dessinée franco-belge. L’enfance d’Enrico Marini étant bercée par Batman, il apparaît comme l’auteur parfait pour en raconter son histoire. Pour cette série, Enrico Marini ne travaille pas à partir de documents existants, il s’inspire directement de ses voyages dans les villes américaines de New-York et Chicago. Il utilise une couleur dominante, le marron, puis ajoute quelques touches colorées.

 Les planches sont dessinées à l’encre de Chine et il utilise des acryliques liquides ou fluides pour couvrir les parties claires. Enrico Marini se différencie en créant à lui seul l’ensemble de la série, alors qu’une équipe est habituellement nécessaire à la réalisation d’un comics. Sa dernière série, Noir Burlesque, publiée entre 2021 et 2022 chez Dargaud, montre son attachement profond à l’univers américain. Enrico Marini s’inspire des films noirs américains des années 1950 et des polars sombres, rythmés par le crime, la violence, la jalousie et les trahisons. 

La cote d'Enrico Marini

Enrico Marini est un auteur reconnu par le marché de l’art. Il expose ses planches en galerie, comme récemment à Paris en décembre 2023, et les fait découvrir à un public averti qui cherche à collectionner divers objets de qualité liés à la bande dessinée. Les planches de sa série de capes et d’épées, Le Scorpion, battent des records d’adjudication sur le marché de l’art français allant jusqu’à plusieurs milliers d’euros. En 2016, une encre de Chine et aquarelle pour la planche 39 du tome 8 du Scorpion, publiée en 2008 chez Dargaud a été adjugée à 9 570 €.

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Illus. Cartel : Enrico Marini, Les Aigles de Rome, Tome IV, Dargaud, 2013

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